10 guitaristes Métal qui ont marqué les années 90

10 guitaristes Métal qui ont marqué les années 90

Un article de Emmanuel Ballandras

Où un fidèle lecteur du blog et musicien averti décide de rentrer sur le ring.

Où un fidèle lecteur du blog et musicien averti décide de rentrer sur le ring.

Je me préparais ce soir-là à entrer en studio d’enregistrement  quand Bruce me contacta au téléphone avec sa voix reconnaissable entre toutes :

– Ah, salut coco ! Bon, ‘faut passer la vitesse supérieure en terme de rédaction là ! Parce que tu vois, c’était mignon ton p’tit bout d’essai avec Barbe Rouge, mais je sens qu’il y a du potentiel pour autre chose et j’ai un imprévu de dernière minute : un p’tit trou à combler dans mon planning de publication déjà bien surchargé de jeunes talents en devenir. Bon, j’ai que toi sous la main, mais ça fera l’affaire !Alors, t’as quoi en stock ?
– Qui, moi ? Heuuuu mais rien, j’allais grattouiller un peu de musique là, et…
– De quoi ? De la musique ? Tu m’intéresses, coco ! * il tire sur son havane et recrache la fumée * Quel genre ? C’est quoi ta musique favorite ?
– Bin, j’aime bien le métal et j’en joue un peu depuis les années 90 mais je ne voulais…
– Et bin voilàààà ! Tu vois quand tu veux ? Allez c’est décidé, tu vas m’causer des guitaristes qui ont été marquants pour les années 90. Et tu m’ fais ça pour avant-hier, dernier délai, hein ?
– Non, mais moi je ne demande rien, je voulais juste…
– Tutututut ! Tu réfléchis trop, coco ! Laisse l’inspiration venir, et t’as qu’à suivre le flow, je sais que tu peux le faire ! Bon allez, j’te laisse parce que j’ai encore du boulot : des interviews importantes à faire avec de vrais artistes, gérer de vrais rédacteurs, et j’ai un bullshit detector à préparer ! Allez, à la prochaine, et rends-moi fier de toi, hein ?
– Non mais je…
– *clic*
– Allô patron ? Allô ?

Le Boss n'aimerait pas mon home-studio. Qui devinera pourquoi ?

Le Boss n’aimerait pas mon home-studio. Qui devinera pourquoi ?

Je précise tout de suite que cette liste est un habile mélange d’objectivité et de parti-pris volontaires, et que l’on pourra trouver matière à discussion. Mais gardez en tête qu’il me faut rester dans les clous des 2 objectifs fixés par le boss du site :

–  rester dans la période 1990-2000,
–  se cantonner au monde du métal

Il m’aura donc fallu faire des choix, et mettre de coté certains groupes qui ne sont pas réellement « métal » mais qui auront marqué l’époque pour leur coté rock, comme Nirvana, Rage Against The Machine, Guns’n’Roses, Extreme, Alice In Chains, ou encore Faith No More.  

D’abord c’est quoi le Métal ?

C’est une excellente question, et je vous remercie de me l’avoir posé ! Surtout que chez Bruce Lit, on a plutôt le goût du rock ! On pourrait résumer  très basiquement ce style par du « hardrock en plus énervé ».

Hard-rock, métal, etc… C’est la même chose pour le grand public. Les néophytes s’y perdent, tandis que les amateurs éclairés connaissent parfaitement la différence, sans compter les « experts » qui arrivent à parfaitement distinguer les particularités et les parentés des divers styles. C’est vrai qu’il y a de quoi s’y perdre au début…
Pour tous ceux qui n’y entendent vraiment rien en la matière, voici un petit récapitulatif d’exemples qui vont crescendo dans la violence des divers styles musicaux : pop- pop-rock- rock- hardrock- heavy-metal – thrash-metal etc.

A tout cela, il faut aussi préciser que « métal » est le nom assez commun de ce qu’on peut trouver dans la galaxie métal. En effet, on y trouve plein de styles différents, car c’est comme en cuisine : chacun a sa propre recette. C’est pourquoi on vous parlera de « Speed-metal » (spécialisé dans la vitesse), de « Metal Fusion » (fusion de plusieurs genres), de « Métal symphonique » (avec l’emploi d’instruments de musique classiques), etc.

Pour préciser davantage cette vulgarisation, disons :
1- que le son du métal est bien plus agressif dans son spectre sonore que le hardrock. Les fréquences aiguës ( surtout pour les guitares saturées) sonnent un peu plus agressives tandis que les fréquences graves sonnent plus percussives et martiales, donnant l’impression que les guitares sont presque des scies sauteuses. Quant aux médiums, ils sont souvent mis en retrait !
2- Le gain du son des guitares peut être très élevé. Le gain ? Oui, mais on ne parle pas d’argent là ! Le gain sert à saturer le signal d’une guitare.

Pour faire simple, il existe plusieurs façon de tordre le son des guitares, et on pourrait classer le son ainsi :
– le son clair : on a le son de la guitare propre, très pur ( exemples : « Sultans of Swing » de DIRE STRAITS, « Blue Hotel » de Chris ISAAK, le solo d’intro de « Shine On You Crazy Diamond » de PINK FLOYD ). Le gain est quasiment à zéro.

Le secret du son métal ? Le gain et l'égalisation sur l’ampli!

Le secret du son métal ? Le gain et l’égalisation sur l’ampli!

– le son crunch : l’ampli guitare commence à monter dans les tours. Le gain est d’environ à 3 sur une échelle de 10. Le son devient un peu plus sale mais reste encore limite clair ( exemples : « La Grange » de ZZ TOP, « The Jack » d’AC/DC, « Start me up » des ROLLING STONES).

–  le son overdrive : on monte d’un cran ! Cette fois on monte entre 4 à 6 sur 10. Selon la quantité de gain, une overdrive peut aller d’un son crunch à un son limite distordu. On va du blues au gros rock ( exemples : « Smoke on the water » de DEEP PURPLE, « Paranoid » de Black Sabbath, « Sweet child o’ mine » de Guns’n’Roses).

–  le son distorsion : bon, là on a atteint le maximum ! Le son ressemble à un tronçonneuse et grince comme s’il voulait mordre. On commence carrément du hardrock jusqu’au Grind le plus inintelligible ( exemples : « Rock like a hurricane » de SCORPIONS, « Hostile » de PANTERA, « Inner Incineration » de NAPALM DEATH).
Bref, ajoutez à cela un tempo souvent élevé, et vous obtiendrez grosso modo ma définition du genre « métal ».

Je finirai mon laïus d’intro en précisant que les groupes cités ci-après ne sont pas du tout placés dans un ordre de préférence. Vos ceintures sont accrochées ? Let’s go !

KK DOWNING et Glenn TIPTON de JUDAS PRIEST sur l’album « Painkiller » ( 1991)

Si le Hard Rock est né grâce à Led Zeppelin, et que le Heavy Metal est né sous l’influence de Black Sabbath ; Judas Priest restera pour beaucoup de monde le mètre-étalon du Heavy Metal en fusion. Beaucoup l’ignorent, mais le cliché du métaleux biker entouré de cuir, de motos, de chaînes, et des guitares saturées en furie, c’est grâce à eux !

Dans la fin des années 80, la plupart des groupes de hardrock et de métal déjà en place ont du mal à suivre l’émergence des nouveaux groupes qui sont « faster, better, stronger ». De plus, certains groupes sortent du carcan établi du hardrock et commencent à faire de la fusion entre plusieurs styles ( Faith No more, Suicidal Tendencies, Extreme…) pour ratisser un plus large public.
Le prêtre de Judas n’échappe pas à la règle, d’autant que leurs disques sortis entre 1981 et 1988 ont eu un bon succès relatif mais n’ont pas atteint le niveau de « British Steel ». Il faut donc cogner plus fort ! Et c’est ainsi qu’arrive le titanesque Painkiller ! Le titre éponyme tue dès la première salve et lorgne pratiquement vers le style thrash !

Sur cet album, les anglais ne font pas semblant ! J’ai envie de parler d’hystérie parfaitement contrôlée. Riffs rapides, chant techniquement parfait et qui ne laisse personne debout, double pédale de batterie martiale ! Tout est là pour le retour gagnant !
Les guitaristes Glenn et KK se connaissent depuis assez longtemps pour savoir comment fonctionner ensemble et rester complémentaires. A l’instar d’Iron Maiden, ils utilisent souvent les soli de guitares qui se suivent en prenant le relais l’un de l’autre. Glenn reste super précis, méthodique, et sonne très shredder  terme désignant un guitariste ayant une maîtrise technique qui va bien au-delà de la moyenne) là où KK en fait des tonnes et marque bien les esgourdes.

Bien que restant mélodiques, ils reluquent du coté des petites dissonances et des contre-temps bien placés sur cet album ! Fini les mid-tempo, il faut envoyer du boulet rouge ! En sortant de leur zone de confort, ils ont franchi un nouveau cap, et prouvent à nouveau qu’ils sont les rois du Heavy.

Dave MURRAY et Janick GERS de IRON MAIDEN sur l’abum « Fear of the dark » ( 1992)

Bon, puisque j’ai parlé de Judas Priest, je dois parler aussi d’Iron Maiden pour rester impartial, hein ?
Tout comme leurs compatriotes cités précédemment, Iron Maiden a un peu de mal à sortir du creux de la vague au début des années 90, surtout que leur dernier album « No prayer for the dying » a donné des résultats de ventes couçi-couça d’après le groupe. Et ce dernier n’a pas apprécié le résultat sonore final de cet album.
Mais c’était sans compter sur les excellentes qualités de compositeur du bassiste/leader Steve Harris ( qui fait pratiquement office de 3ème guitariste) et de ses 2 guitaristes Dave et Janick.

Janick a un jeu plus shred là où Dave est plus bluesy et mélodique. Mais c’est surtout grâce à la marque de fabrique du groupe qu’ils se font remarquer : les célèbres twin-guitars ! Le principe est simple : on joue la même mélodie à l’unisson mais en la doublant à la tierce. Je vous renvoie aux traités de musique si vous avez du mal à suivre et qui…Euh…… Non, en fait, c’est trop barbant à lire, écoutez plutôt les morceaux d’Iron Maiden, et vous comprendrez plus vite de quoi je parle !

Yngwie MALMSTEEN sur l’album „Fire and Ice“ ( 1992)

Alors le suédois volant, c’est le genre de mec qui énerve BEAUCOUP de monde. Lorsqu’il découvre enfant Jimi HENDRIX, il sait quel sera son métier plus tard : guitariste! Biberonné par la suite à tous les chef-d’oeuvres de la musique classique, il découvre rapidement DEEP PURPLE, et commence à porter une admiration sans bornes à son guitar hero : Ritchie BLACKMORE. Plus tard, les nouvelles découvertes du hardrock ( comme SCORPIONS, VAN HALEN…) achèvent de le convaincre qu’il sera une rock-star un jour! Travaillant d’arrache-pied, il devient un véritable shredder et compose ses chansons en mélangeant la musique classique et le hardrock qui frise souvent le métal. Cette approche influencera d’ailleurs une quantité astronomique de guitaristes affiliés à la scène néo-classique.

Yngwie a deux caractéristiques qui l’ont rendu mondialement célèbre :
– il peut véritablement jouer à la vitesse de la lumière des milliers de notes ( au point même de souvent jouer BIEN TROP de notes et de vite saouler l’auditeur),
– une très haute estime de lui-même, et parfois même assez caractériel! Il est d’ailleurs souvent méprisant avec les autres guitaristes du monde entier, et plein de journalistes appréhendent de l’interviewer.

J’ai choisi l’album „Fire and Ice“ car c’est celui qui ratisse le plus large dans sa discographie… et que je suis capable de réécouter en entier avec plaisir ( contrairement à tous ses précédents opus qui sont techniquement très bons, mais sans être forcément indispensables)! Il y a de VRAIES chansons sur cet album, la production est excellente, et les instruments classiques ajoutent un vrai plus aux compositions!

James HETFIELD et Kirk HAMMETT de METALLICA sur « Live Shit, binge and purge » (1993)

Impossible pour moi de ne pas citer le groupe qui m’a fait sauter à pieds joints dans le monde de la métallurgie sonore avec les albums « Master of Puppets » et « Ride the lightnings » !

Bien sûr, pour la période qui nous intéresse, j’aurai pu citer le très célèbre « Black Album » du groupe que le monde entier connaît ( ne serait-ce qu’avec la balade « Nothing else matters »), mais naaaaan ! Ça m’embêtait de citer en exemple cet album qui reste certes dantesque, mais qui n’est pas le réel reflet de la carrière des Four Horsemen. Alors je cite l’album live peu connu du groupe qui est un pot-pourri de leurs meilleures chansons. Comment ça je triche ? Hé, ho, mais c’est mon article non ?

Pour James : sa grande force vient de ses rythmiques puissantes et parfaitement calibrées comme des Magnum 44 ainsi que sa capacité à chanter en même temps sur des rythmes différents de sa guitare. Sa main droite gratte toutes les notes vers le bas à la vitesse d’un TGV là où d’autres guitaristes préfèrent les allers-retours ( mais du coup, le son perd un peu en puissance ). James est régulièrement cité en parfait exemple de rythmicien par plein de guitaristes métal.

Quant à Kirk : ancien élève de Joe SATRIANI, il s’est rapidement forgé un statut de soliste très habile, et très friand de gammes exotiques. Par contre ; il manque de concentration et son utilisation abusive de la pédale wha-wha lui vaut d’être souvent moqué dans la communauté des guitaristes métal ( même un peu trop à mon goût). Cependant, il ne faut pas oublier qu’il est lui aussi un excellent riffeur et qu’il a écrit certaines mélodies très accrocheuses du groupe.

Kerry KING et Jeff HANNEMAN de SLAYER sur l’album « Seasons in the Abyss » ( 1990)

Z’en voulez du glauque ? Slayer répond présent ! Jusqu’à présent, le groupe donnait dans la surenchère avec des tempos toujours plus élevés en écrasant tout sur son passage avec la douceur d’un rhinocéros lancé au galop. Mais avec cet album, on ralentit et on part dans des mélodies pesantes, bien malsaines, qui illustreraient sans problème des films d’horreur. Outrageux, provocateurs, même le son des guitares n’est pas qualifiable de vraiment métal, mais plutôt de « sale », qui gratte bien les tympans, et donne malgré tout envie de secouer la tête en tapant le tempo du pied.

Si Jeff compose la plupart des riffs avec une attitude très « keupon » et aux allures de rafales de mitraillettes, les soli de Kerry sont… euh… assez spéciaux puisqu’on devrait davantage parler de bruitages que de notes. L’utilisation abusive du vibrato et les notes choisies assez bizarrement rendent l’ensemble encore plus malsain. Pour les musiciens, sachez que l’utilisation de la gamme tritonique est obligatoire ici !
J’avoue que SLAYER n’est pas mon groupe favori pour plein de raisons, mais il fallait bien en parler pour rester objectif.

Richard Zven KRUSPE de RAMMSTEIN sur l’album « Sehnsucht“ (1997)

Comment ne pas parler de ce groupe germanique ?  Dès ce deuxième album, les teutons deviennent les chef incontestés de l’Indus Metal, mêlant habilement les styles Métal et Electro avec des riffs basiques mais écrasants, et soutenus par des mélodies de synthé. Les riffs saccadés de « Engel » et surtout de « Du Hast » restent bien entêtants une fois qu’on les a écouté.

Le chant de Till est bien reconnaissable, surtout lorsqu’il roule les „R“ ( alors qu’en allemand, la diction n’a rien à voir avec l’espagnol).
En associant leurs mises en scène pyrotechniques devenues célèbres et leur textes corrosifs ( voire très contestables pour certains), RAMMSTEIN appartient définitivement à la scène métal mais pas seulement, puisqu’il n’est pas rare de voir plein de gothiques et de technoïdes venir à leur concert!
Si Richard reste (non-officiellement) la tête pensante du groupe, il laisse quand même une marge de liberté aux autres membres. Mais la formule reste la même sur tous les albums : les guitares doivent être tranchantes, syncopées, abruptes et lourdes. Pas de vrais soli ici, juste des riffs! Tout doit être prévu, millimétré, avec une ambiance glaciale, et des mélodies qui reviennent de façon hypnotique. L’approximation et l’improvisation n’existent pas ici ! D’ailleurs Richard recommande souvent des idées à ses camarades, y compris à Paul LANDERS l’autre gratteux de ce groupe de joyeux drilles.

Dave MUSTAINE et Marty FRIEDMAN de MEGADETH sur l’album „Countdown to extinction“ ( 1992)

L’ancien soliste de Metallica qui se fit jeter pour ingestion trop fréquente d’alcool est un gars parfois compliqué. Les journalistes qualifient souvent le rouquin de mauvais client en interview, souvent mal luné… mais il a en lui un côté attachant, et question gros riffs, il a largement prouvé de quoi il était capable. Sur cet album, on quitte les rivages du thrash des débuts, et on va plus vers le heavy.

Tout comme les gars de Slayer, Dave tire son jeu de guitare de l’attitude punk avec un coté frénétique et syncopé, mais pourtant pas dénué de mélodie. Le bougre se fend même parfois de soli pas mal du tout.
Pour Marty, c’est complètement l’inverse : shredder dans l’âme depuis sa jeunesse, le gars a oublié d’être manchot! En puisant dans des gammes très orientales et en décornant du médiator à vitesse grand V, Marty fait preuve d’une dextérité ( à mon sens) bien plus appuyée que Kirk HAMMETT.

Max CAVALERA de SEPULTURA sur l’album „ROOTS, BLOODY ROOTS“ ( 1996)

La recette du jour :
– prenez une pincée de sonorités dissonnantes façon SLAYER,
– ajoutez des riffs simples et hypnotiques façon RAMMSTEIN mais en plus crus et bien moins propres,
– mélangez en saupoudrant le tout avec des symboles typiquement brésiliens, des percussions tribales,
– et vous obtenez l’albums les plus viscéral et primitif de cette liste!

Le chef du groupe, Max CAVALERA, est très sensible à tout ce qui touche à son pays, avec parfois des prises de positions politiques fortes ( il aura connu quelques déconvenues avec des policiers véreux, chose malheureusement assez courante au Brésil), mais aussi avec tout ce qui peut promouvoir en bien son pays ( y’a pas que le foot dans la vie d’un brésilien, mais ‚faut pas déconner sur ce sujet avec eux)!
Le concept de l’album est venu immédiatement à Max après avoir vu le film « En liberté dans les champs du Seigneur“.
Techniquement parlant, rien de révolutionnaire… mais ce côté organique et primitif, ce son cru ( on frise parfois le hardcore et le punk), ces rythmiques qui restent gravées dans la tête… Pffff, impossible de ne rien ressentir! Pour jouer ces rythmes, il vous suffit d’un seul doigt car les guitares sont accordées en Drop de Ré.
Très simple, mais efficace comme une rafale de mitraillette!

Dimebag DARRELL de PANTERA sur l’album « Far Beyond Driven » ( 1994)

Lorsque j’ai découvert PANTERA, j’avais à peine 17 ans et je ne connaissais rien du monde Heavy metal. Je demandais à un ami comment il fallait caractériser PANTERA, et il m’a répondu « C’est du bourrin très bourrin, mais très intelligent ». Heuuu… C’est possible ça ? Puis j’ai découvert Dimebag sur mon album préféré du groupe « The Great Southern Trendkill ». Mais j’ai préféré choisir « Far Beyond Driven » qui a réellement marqué au fer rouge le style Groove-Metal pour cette période.
Dimebag… Alors lui, c’est un cas complet ! Mais genre VRAIMENT ! Rien que son surnom en dit long sur le bonhomme ( un « dimebag » désigne la plus petite quantité de marijuana qu’on puisse acheter aux USA).
PANTERA avait la réputation d’être un groupe complètement incontrôlable et plein de folie.  Si tout cela ne vous fait pas peur, alors regardez le documentaire « Pantera : 3 watch it go » et vous comprendrez rapidement que l’expression « Sex, drug, and rock’n’roll » était parfaitement adaptée au groupe, et que Dimebag était loin d’être le dernier en terme de déconnade irresponsable !

A part ça, DARRELL était véritablement doué à la guitare ! Fan de VAN HALEN, de ZZ TOP, et de KISS ; Dimebag avait compris que pour être un bon guitariste, il fallait d’abord être un excellent rythmicien. Et c’est ce qu’il est parvenu à devenir bien avant ses 17 ans. Comme il était le seul guitariste du groupe, il fallait qu’il soit parfaitement en place dans ses notes lorsqu’il jouait ses riffs, et il y arrivait parfaitement… même en étant sous l’emprise de stupéfiants.
Ses marques de fabrique ? Un son très agressif (Dimebag jouait sur des amplis à transistors plutôt qu’à lampes ; chose assez rare pour le souligner), l’accordage presque exclusif en Drop de Ré, l’utilisation très intelligente des pédales wha-wha et surtout whammy, des soli plein de groove et dignes des meilleurs shredders, et des harmoniques sifflées à outrance !

Kai HANSEN de GAMMA RAY sur l’album « Heading for Tomorrow » ( 1990)

Pour finir, voici un petit plaisir que je m’accorde pour rendre hommage à celui qui est surnommé le « parrain du power-metal »! Kai n’est pas un inconnu puisqu’il a contribué à rendre célèbre le fameux groupe allemand HELLOWEEN. Imaginez un groupe qui aimerait jouer des twin-guitares comme IRON MAIDEN mais encore plus vite et avec un chanteur amateur de JUDAS PRIEST ! Avec des hymnes comme « I want Out », « Eagle fly free », ou « Future World », HELLOWEEN a eu une renommée plus que rapide ! Mais vers la fin des années 80, des tensions diverses apparaissent. Fatigué de tout cela, Kai préférera prendre le risque de partir fonder son projet solo qu’il nommera GAMMA RAY.

Ce premier album, sorti en février 1990, est une suite logique de ce que HELLOWEEN faisait alors : tempo très élevé, guitares et batterie au taquet, mais toujours en respectant une vraie mélodie qui reste dans la tête.
En 1996, je ne connais ni HELLOWEEN, ni GAMMA RAY, ni le speed metal ! Je tombe par hasard dans un magasin sur une cassette audio d’occasion  qui n’est autre que cet album. Je l’achète à l’aveuglette sans me douter que lorsque je vais appuyer sur le bouton « lecture » de mon walkman, je vais prendre une énorme baffe mélodique dès les premières notes de l’introduction. Popopoooooo mais c’est quoi ce truc-là ? C’est puissant mais très mélodieux ! C’est rapide mais intelligible ! Je passe en boucle « Lust for Life » et son intro 8 fois d’affilées avant de me prendre une autre mandale sonore avec « The Silence » ! Arrive enfin la chanson éponyme de l’album qui me fera une fatality digne de Mortal Kombat avec ses 14 minutes qui sont un vrai orgasme sonore !

Kai, en bon teuton, est un excellent rythmicien, et un sacré compositeur ! Non seulement il joue vraiment très vite ( sa vitesse d’exécution des notes est impressionnante), mais en plus ses soli sont flamboyants ! Ses talents d’arrangeurs seront aussi bien utilisés pour mettre en valeur les compositions que son chant ( il devra chanter sur plusieurs albums). Des groupes mélodiques tels que SONATA ARCTICA ou encore HAMMERFALL se réclament de l’école « Kai HENSEN » pour leur style de musique!

Merci beaucoup de m’avoir lu, et… Ah tiens, c’est vous patron ? Comment ? Plus besoin de mon article parce que vous vous êtes débrouillé autrement ? Mais mais mais… Hein ? Que c’est pas grave et que je n’ai qu’à proposer mon « papelard » aux Inrockuptibles ou à Rolling Stones ? Arghhh… Ma tête tourne, je, je…
*BOUM !!!*

Remerciements spéciaux à ma femme Sonia pour sa précieuse aide, et à mon ami Jean-Bernard avec qui nous parlons si souvent des comics, jouets, et de tout ce qui nous aide à rêver encore un peu…

72 comments

  • Manu  

    Haaa cher Jyrille, MERCI de tout coeur pour ta longue prose! Ca m’a fait très plaisir à lire, surtout que tu as pris le temps de TOUT détailler. Et encore merci pour l’encouragement en me disant de revenir une prochaine fois ( si JJJ ne m’a pas liquidé avant, hahaha)!
    Du coup, je suis allé voir ton article sur les Melvins. Pas trop ma came, mais y’a une énergie dingue, et la voix puissante de Buzz est dantesque!
    Metallica, je les ai vu en concert à Marseille en 1996 ( ça date!) à la sortie de LOAD. Même si c’était une époque de transition, ils étaient époustouflants! C’est grâce à eux que j’ai commencé sérieusement la guitare et le métal! J’ai passé des heures sur les riffs de Master of Puppets et de For whom the bells tolls.
    Au fait, y’a que toi qui a trouvé le trop-plein de Batou dans mon home-studio ( mon fils n’est pas plus fan que ça, mais lui aussi trouve que ça donne un bon style). Bravo, t’as droit à un bon point!

    Pour l’explication de la gamme tritonique, cette vidéo explique tout : https://www.youtube.com/watch?v=KJjZ_6D375E

    • Jyrille  

      Merci beaucoup Manu ! Et de rien, c’est la moindre des choses. Surtout que si j’ai des trucs à dire, je le fais. Merci pour la vidéo, je vais écouter et regarder ça !

      Metallica je les ai vus deux fois : en 2015 au festival Rock Im Riever, et cette année. Un compte-rendu que je devrais remasteriser : http://trhansat.blogspot.com/2015/06/rock-im-revier.html

    • Jyrille  

      Et merci d’avoir écouté les Melvins !

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *