A Forest…..(La forêt des suicidés)

Aokigahara , La forêt des suicidés par El Torres et Gabriel Hernandez Walta

Première publication le 17/06/15. Mise à jour le 05/07/17

Et en route pour la joie....

Et en route pour la joie….

AUTEUR : 6 PATRICK FAIVRE

VO : IDW

VF : Atlantic BD

Aokigahara , La forêt des suicidés par El Torres et Gabriel Hernandez Walta est un roman graphique paru dans nos contrées chez Atlantic BD. Hernandez Walta est actuellement le dessinateur de la série Magnéto.  Il a également oeuvré chez les Xmen de Marjorie Liu de triste mémoire.

Quand à El Torres il scénarise actuellement les Sorcières de Westwood chez les copains de RL Comics.
Bon tout d’abord situons le cadre général : ce roman graphique parle de solitude, de dépression, d’horreur froide, d’oppression, d’impossible pardon… et finalement de suicide. Voilà. Bon, vous êtes encore là ? Bien ! Puisque vous voilà prévenu tachons tout d’abord de situer le contexte :

Alors oui Aokigahara (青木ヶ原) la forêt des suicidés existe vraiment, elle se trouve au Japon au pied du Mont Fuji et s’étend sur 35km2. Connue sous le nom de Jukai 樹海, littéralement « mer d’arbres » on prétend qu’au cœur de la forêt on ne peut plus voir le ciel tant la végétation est dense !

Regarde autour de toi. Aokigahara. Une immense mer d’arbres grouillante de vie et d’une beauté indescriptible. Mais qui pue la charogne ironiquement, il y a plus de suicides ici qu’en n’importe quel endroit au monde. »

Regarde autour de toi. Aokigahara. Une immense mer d’arbres grouillante de vie et d’une beauté indescriptible. Mais qui pue la charogne ironiquement, il y a plus de suicides ici qu’en n’importe quel endroit au monde

De nombreuses légendes courent sur l’origine de ce bois. L’une d’elle prétend qu’en l’an 864 une coulée de lave du Mont Fuji ensevelit une ville et que sur les cendres de cette cité poussa cette forêt des âmes… Une autre dit que durant une époque de famine de nombreuses familles ne pouvant plus nourrir leurs enfants vinrent les abandonner dans ces bois… « On prétend qu’on peut entendre leurs fantômes gémir dans le vent. »

Il est impossible de nos jours de faire le tri entre faits historiques et légendes urbaines cependant plusieurs livres consacrés à la question ont largement contribués à populariser ce mythe : En 1959 Seichō Matsumoto écrivit Nami no tō (波の塔, littéralement « Pagode de vagues ») où deux amants venaient chercher la mort dans Aokigahara. En 1993, Wataru Tsurumi finit d’assoir définitivement la légende de la forêt dans son livre Kanzen Jisatsu Manyuaru (完全自殺マニュアル comprenez « Mode d’emploi complet du suicide »), où Aokigahara est vantée comme l’endroit idéal pour mettre fin à ses jours !

Depuis lors le nombre des suicides ne cesse de d’augmenter chaque année. Plus d’une centaine de corps sont retrouvés annuellement ! (sans compter ceux qui ne sont précisément jamais retrouvés…). Pour dissuader les candidats au suicide de nombreux panneaux sont disposés à l’orée du bois les enjoignant de faire demi-tour. Devant ces avertissements certains renoncent… hélas d’autres pas.

Les panneaux de mise en garde à l’entrée de la forêt : « Prenez le temps de lire ses lignes, vos parents vous ont transmis le cadeau précieux qu’est la vie. Ne gardez pas vos ennuis pour vous-même, s’il vous plait demandez conseil 

Les panneaux de mise en garde à l’entrée de la forêt :  « Prenez le temps de lire ses lignes, vos parents vous ont transmis le cadeau précieux qu’est la vie. Ne gardez pas vos ennuis pour vous-même, s’il vous plait demandez conseil »

Alors tenté par une balade en forêt ? Le scénariste Espagnol El Torres et le dessinateur Gabriel Hernandez bien que n’ayant jamais mis les pieds à Aokigahara se sont néanmoins laissé tenter par l’adaptation de ce mythe en Bande dessinée !

Alan, un jeune expatrié Américain, s’installe au Japon. Il y rencontre Masami avec qui il vivra une relation passionnelle pendant un an. Poussé à bout et n’en pouvant finalement plus de cette relation tumultueuse, Alan décide de rompre. Folle de chagrin et ne supportant pas la perte de son amour Masami prendra un aller simple pour Aokigahara sans espoir de retour…

Fatale rupture

Fatale rupture

Dans un cadrage très scolaire (6 cases carrés par page) le dessinateur décrit en détail la soirée de chacun des amants désunis : Alan succombera aux charmes d’une de ses collègues de travail « prédatrice sexuelle » et fera l’amour fougueusement avec elle sous un porche tandis que Masami, elle, se pend au fond du bois. Un autre genre d’étreinte en somme… mortelle celle-ci.

Rien ne nous sera épargné de sa lente agonie, ni son asphyxie progressive, ni l’urine qui ruisselle le long de ses pieds, pas plus que le sangs qui coule de son nez. Le réalisme est cru et glacial, rappelant au passage qu’une pendaison n’a rien de glamour ni d’esthétique

La cover VO

La cover VO

Présentant sans doute l’acte irréparable de son ex-compagne Alan est rempli de doutes et de remords… Son ami Japonais lui explique « Tu as beau avoir les cheveux jaunes et détester la soupe Miso, aujourd’hui tu ressens et tu penses comme un vrai Tokyoïte : Tu te sens seul et maltraités par les filles !»

Hélas bien vite Alan se rendra compte que la disparition de Masami n’est pas sans conséquence pour lui : ses amis sont retrouvés un par un morts dans des circonstances cauchemardesques… Pour lui il n’y a pas de doute : Masami, revenue d’entre les morts, est devenue un « Onryo », un esprit dont la colère et la soif de vengeance n’ont d’égal que son ivresse de sang. Elle finira par lui apparaître et lui demandera de la rejoindre à Aokigahara…

Le doigt de la culpabilité

Le doigt de la culpabilité

Parallèlement Ryoko une jeune apprentie moine Shintoïste (Une Miko, capable de communiquer avec les esprits et d’apaiser la colère des Onryo) travaille comme garde forestière à Aokigahara.
Obsédée par le souvenir de son père, lui aussi disparu corps et bien dans la forêt maudite. Elle s’est fixée comme but de prévenir les nouveaux candidats au suicide, mais surtout retrouver la dépouille de son père.

C’est précisément lors d’une de ses patrouilles au cœur de la forêt qu’elle rencontre Alan, hagard, errant sans but et possédé par le fantôme de son amour défunt… La rencontre de ses deux personnages tous deux rongés par la culpabilité et la solitude va les conduire à affronter les esprits de la forêt pour remplir leur quête de rédemption…

Ryoko, une garde forestière du 3éme type

Ryoko, une garde forestière du 3éme type

Bien plus qu’une simple histoire de revenants ce qui fait la pertinence de cette histoire c’est que l’horreur n’est utilisée que comme révélateur des maux de notre époque (au Japon comme ailleurs) où la solitude des vivants n’a d’égale que celle des morts. La BD pose l’inquiétante question : comment trouver la force de vivre lorsque l’on a le sentiment que sa vie est un immense désastre ?
Le scénario égraine le suspense jusqu’à la dernière page en se basant sur des dialogues aussi profonds qu’émouvants.

Graphiquement le style de Gabriel Hernandez très sombre et tourmenté (on pense parfois à Ben Templesmith, voir même à Ted McKeever) colle parfaitement à l’atmosphère horrifique du récit et nous plonge dans une ambiance glauque et sinistre mais au demeurant réaliste. La moiteur et l’humidité de la forêt est par ailleurs parfaitement rendue.

Seul petit bémol, la relative brièveté du récit, empêche le scénariste de développer la psychologie des personnages secondaires, donnant parfois l’impression de rester en surface et de ne pas expliquer leurs motivations réelles. Au final on comprend bien que le scénariste n’a construit son récit qu’autour des trois acteurs principaux au détriment des autres.

Une rumeur actuelle sur internet prétend que Hideo Nakata le créateur de Ring a racheté les droits de cette BD pour un prochain film… Un choix parfaitement pertinent puisque d’une part le film Nippon est cité par Ryoko au début de l’histoire et qu’ensuite Masami n’est pas sans évoquer la Sadako du cinéaste… La boucle est bouclée.

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Quelqu’un saurait où j’ai rangé mon flingue ?

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Le teaser : au Japon, il existe une forêt où les jeunes vont se suicider. Il n’en fallait pas plus pour inspirer à El Torres et Gabriel Walta un comic book d’horreur dans la lignée de The Ring. Et il n’en fallait pas moins pour que Patrick Faivre vous en parle chez Bruce Lit.

La BO du jour : impossible de rejoindre un club de suicidaires dans une forêt sans la bande à Robert :

27 comments

  • Tornado  

    Et bien !
    En temps normal, jamais je n’aurais pensé à feuilleter une telle BD. Mais là, après lecture de l’article, j’avoue que ça me tente beaucoup !
    Je suis très fan des films « The Ring ». Ils me font très peur. Et je préfère, contrairement à tout le monde, les versions américaines qui sont plus efficaces.

  • Patrick 6  

    @ Tornado : Bigre ! Effectivement tu es la seule personne que je connaisse à préférer la version US de Ring ! Ceci dit je comprends ce que tu entends par « Plus efficace » car les films Nippons (et asiatiques de manière générale) sont plus contemplatifs que les Américains, plus habitués aux rythmes effrénés…

    • Jyrille  

      En ce qui concerne The Ring, la version US a, disons, l’avantage d’un savoir-faire : le script y est nettement plus solide, la photo beaucoup plus jolie, les acteurs plus convaincants. Mais il devient un film d’ambiance alors que le Ring version japonaise est bel et bien terrifiant, sans doute partiellement grâce à son budget limité.

  • Bruce lit  

    Sous l’insistance d’un certain Patrick F j’ai acheté et lu ce comics. J’ai trouvé ça pas mal mais un peu creux. Les personnages n’ont pas de personnalité et j’ai surtout pensé à un script plutôt qu’un scénario approfondi.J’ai eu la sensation que le sujet de ce bouquin était de broder autour de la mythologie de cette forêt.
    Maintenant arrête de frimer Patrick en incrustant tes idéogrammes japonais dans tes articles!

  • patrick 6  

    Sugoï ! Ceci dit en effet l’histoire aurait gagné à être plus fouillée et développée mais l’atmosphère reste très prenante et les dessins sauvent largement l’entreprise !

  • Présence  

    Damned ! Comme Tornado, je n’ai pas pensé à feuilleter cette histoire lors de sa sortie, et je m’en mords les doigts. Ton article a éveillé en moi une envie croissante de la lire.

    Contrairement à Bruce, je suis très impressionné et sensible à l’inclusion d’idéogrammes japonais, chapeau bas monsieur Faivre. Je suis tout aussi épaté par l’inclusion d’idéogrammes sur la couverture de la version espagnole (en supposant qu’il n’y a pas de fautes). Je ne connaissais pas du tout l’existence de cette forêt à la réputation déconcertante.

    • Patrick 6  

      Merci Monsieur Présence !
      Ceci dit la couverture avec les Kanjis est tout simplement la couverture de l’édition Japonaise. L’édition originale Espagnole était écrite… en Espagnol ;)
      Pour info le duo d’auteur a sorti une autre histoire chez le même éditeur, « Le voile des ténèbres » tout aussi tourmentée mais plus mélancolique…
      (Un très bon rapport qualité prix vu les tarifs plus qu’accessibles)

      • Présence  

        Pour les kanji, je me suis fourvoyé parce que l’image avec la légende « La cover VO », comprend des kanji, et la mention « El bosque de los suicidas ».

        J’avais déjà lu un comics illustré par Gabriel Hernandez : une adaptation d’une histoire de Clive Barker (The thief of always), ainsi que quelques comics de superhéros (2 épisodes de Magneto, et 1 ou 2 épisodes sur la série FF de Jonathan Hickman). J’avais également reconnu le nom d’El Torres parce qu’il a écrit 2 miniséries « Nancy in hell » que j’avais feuilletées à plusieurs reprises, pour finalement les délaisser au profit d’autres comics.

      • Jyrille  

        Tout comme Présence, je suis épaté par l’incrustation de kanji dans le texte, et j’ai eu de plus en plus envie de lire cette bd au fur et à mesure de la lecture de ton article, Patrick. Et puis j’aime bien ce genre de dessins.

        Cependant je viens d’apprendre l’existence de cette forêt via un ami, il y a deux mois environ, qui a écrit une nouvelle sur cette forêt, « Jukaï », justement. Pour la petite histoire, mon ami s’est lancé le défi Ray Bradbury, celui d’écrire une nouvelle par semaine pendant un an, et je suis un de ces correcteurs. Je ne savais rien de cette forêt avant qu’il ne m’explicite les différents commentaires que j’avais lui fare sur sa nouvelle.

  • Tornado  

    Pour en revenir à « The Ring », j’ai très largement préféré la version américaine (voire hollywoodienne !) car j’ai trouvé les versions originales japonaises vachement mal fichues, très opaques (fumage de moquette). Mon préféré reste « The Ring 0″, que je trouve le plus réussi, le plus flippant et le seul à ne pas avoir été adapté aux USA ! Le pire est pour moi le « Ring 2″ version japonaise, complètement brumeux et incompréhensible.

    • Patrick 6  

      En matière de cinéma nos goûts divergent radicalement (ce qui n’est pas grave) car j’ai détesté les versions US mais aussi Ring 2 et Ring 0 Japonais :)) A mon sens seul l’original Nippon est un chef d’œuvre ! Le film qui m’a le plus fait flippé de toute l’histoire du cinéma !! J’ai passé une semaine à penser que Sadako aller me faire ma fête :))

      • JP Nguyen  

        Ca me rappelle ma dernière rando en Corse : j’ai passé une semaine à penser que mon Sakado allait me tuer… (désolé, c’était trop tentant…)

        • Jyrille  

          T’as fait le GR20 JP ?

          • JP Nguyen  

            Non, le GR 20 c’est pour les vrais. Mare a mare sud et mare monti.

      • Tornado  

        Nos goûts ne divergent pas forcément (voir Hammer ou autres). Mais effectivement, j’ai autant accroché sur le Ring américain que j’ai détesté le japonais. Ces films sont tout de même incroyables en tout cas, car j’ai vraiment eu peur de voir le fantôme venir me faire ma fête après vison de la cassette (à l’époque) !

        • Patrick 6  

          Oui c’est tout à fait ça d’autant plus que sur la VHS d’époque ils avaient mis la « cassette video maudite » en intégralité à la fin du film ! Effet terrorisant garantie :))

  • JP Nguyen  

    Cett histoire de forêt aux suicides m’était vaguement familière et j’ai retrouvé la dernière fois où j’en ai entendu parler : pour le dernier film de Gus Van Sant, « The Sea of Trees », avec Matthew McConaughey, qui a fait un bide à Cannes (ce qui ne veut pas forcément dire grand chose sur la qualité du film…)
    Dans mon inculture immensime, le concept m’évoquait un autre nom, « la forêt des étranglés », rencontré dans un volume de la Quête du Graal, une série de Livre dont vous êtes le héros (série très marrante mais qui n’a rien à voir avec l’article, désolé, on a les références qu’on peut…)

    • Jyrille  

      YES ! La Quête du Graal fait partie des livres (tout courts) que je préfère, tous genres confondus. Je ne me souviens plus de cette forêt aux étranglés, tu te souviens de quel tome il s’agit ?

      • JP Nguyen  

        Tome 7, Le tombeau des maléfices.

        • Jyrille  

          Pourtant je les ai refaits récemment, je ne m’en souviens plus. Merci JP, c’est le pire tome celui-là. Je n’ai pas honte de dire que j’ai cherché la soluce sur le net, ça m’a permis de tomber sur un site génial, La bibliothèque des aventuriers.

          • JP Nguyen  

            Pour la quête du Graal, j’ai découvert l’existence d’un tome 1.5 écrit par un fan qui paraitrait pas trop mal… Faut que je mette la main dessus…
            Ils en parlent là :
            http://rdv1.dnsalias.net/forum/thread-1464.html

            Mais bon, on va peut-être arrêter de squatter l’article de la forêt des suicidés avec nos élucubrations sur les LDVH…

  • Lone Sloane  

    Un article intrigant, et l’occasion de découvrir l’éphémère existence d’un éditeur indépendant (un lien pour ceux que ça intéresse: http://www.northstarcomics.com/2013/11/coeur-perdu-en-atlantic-bd/)
    La forêt est un lieu riche de tant mythes et légendes que celle-ci, quoique macabre et tu est très clinique dans la description de la pendaison de l’héroïne, à l’air de mériter la balade.
    La première vignette est encore légendée par Noir désir, Bruce a-t-il encore sévi?

    • Patrick 6  

      Oui tout à fait :))

  • Bruce  

    ….et je précise que je n’aime pas plus cela la bande à Cantat…..

  • Léo Vargas  

    Hello,

    Si ce n’est pas la mer, c’est la forêt qui inspire les histoires inquiétantes.
    Ton article m’a tout de suite fait penser à Wytches de Snyder et au film versus.
    Toute proportion gardée bien sûr, vu que je n’ai pas encore lu cette histoire.
    Les comics orientés vers l’épouvante ou l’horreur m’intéresse et je note celui-ci dans ma petite liste !

  • PierreN  

    Cet article me rappelle l’existence du film de Van Sant avec McConaughey (qui se déroule également dans la forêt des suicidés), connu pour avoir été très mal reçu au festival de Cannes, à tel point que le titre a été changé et la sortie a été repoussé.
    J’aime bien le style de Walta sinon, en particulier pour ses planches de la série Vision de Tom King.

  • Patrick 6  

    @ Léo Vargas : Pour le coup c’est moi qui n’est pas vu Versus, je vais me renseigner, merci à toi ;)

    @ Pierre N : Oui j’ai entendu parler du film de Gus Van Sant « Sea of trees », intitulé « Nos souvenirs » en France.
    https://www.youtube.com/watch?v=md8gPhiEfcI
    N’étant pas spécifiquement fan de Van Sant je dois dire que j’ai quelques inquiétudes…

    Un autre film a été directement inspiré par la forêt des suicides en 2016 « The forest ». https://www.youtube.com/watch?v=mCuh23RNRUE
    Sans être un chef d’œuvre (loin de là) le film se laisse cependant regarder, un film d’horreur « classique » plutôt sympathique mais sans grande ambition.

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