Atomes crochus : Superman contre Wonder Woman

Superman contre Wonder Woman par Gerry Conway, José Luis Garcia Lopez et Dan Adkins

1ère publication le 11/10/15- Mise à jour le 17/08/18

une couverture qui annonce une grosse baston !

Une couverture qui annonce une grosse baston !© DC Comics

AUTEUR SONIA SMITH

VO: DC Comics

VF : Sagédition (1978)

A la fin des années 1970, plusieurs aventures de Superman l’opposent à d’autres héros de l’univers DC mais aussi à des personnages issus d’autres maisons d’édition comme Spider-Man ou encore des personnages bien réels comme Mohamed Ali.

Ainsi, Superman défie Flash à la course, combat le Tisseur de Marvel par-dessus les toits et, dans l’album qui nous occupe, affronte la princesse amazone, Wonder Woman. Le scénario est du à Gerry Conway –l’homme qui a tué Gwen Stacy – accompagné au dessin par José Luis Garcia Lopez et Dan Adkins.

A l’origine sorti aux Etats-Unis dans un numéro All-New Collectors’ Edition en 1978, ce récit parait en France chez Sagédition dans la collection présence de l’avenir à la fin de la même année. Cette édition en format A 3 laisse place à des planches spectaculaires qui permettent d’exalter la puissance de frappe des deux principaux protagonistes.

tu vas voir ta g…à la récré !

Tu vas voir ta gueule à la récré !© DC Comics

Le combat opposant deux stars de l’univers DC a de quoi intriguer les lecteurs. Pourquoi ces deux membres de la Justice League en viennent-ils aux mains sous le regard accusateur de l’Oncle Sam ? Ce récit est pretexte à ramener les deux héros en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale sur fond de course à l’atome et d’évoquer de manière pas toujours subtile les dangers du nucléaire. C’est l’occasion pour le duo de croiser Albert Einstein et le président Roosevelt tout en cognant sur des nazis et des nippons.

Ainsi, cette histoire n’est évidemment pas qu’une simple histoire de baston entre deux personnages afin de savoir qui est le plus fort. Conway, à travers ce récit, souhaite délivrer plusieurs messages à connotation féministe et pacifique. L’intérêt n’est donc pas de savoir qui sortira vainqueur d’une joute entre Superman et Wonder Woman mais bien plutôt de s’interroger sur le sens de ce combat dans un monde fragile au bord de la destruction. N’oublions pas que cette histoire est écrite en pleine guerre froide, dans un contexte de regain de tensions et de séquelles fraîches de guerre au Vietnam.

Albert Einstein sauvé par une Amazone !

Albert Einstein sauvé par une Amazone !© DC Comics

Ce récit met en valeur ces deux héros DC alors que la série Wonder Woman, diffusée pour la première fois entre 1975 et 1977, connait un très grand succès, l’amazone étant incarnée par l’inoubliable Lynda Carter. La première saison de la série se déroule d’ailleurs dans les années 1940 et est remplie d’espions nazis et asiatiques. Le premier film Superman avec Christopher Reeves dans le rôle-titre sort fin 1978 aux Etats-Unis. C’est dont un moment idéal pour mettre en avant ces figures tutélaires de l’univers DC comics qui sont ainsi popularisés par le petit et le grand écran.

L’histoire commence alors que le lecteur ouvre un dossier d’archives ultra-secret dont on nous indique qu’il s’agit d’un exemplaire unique. Un vrai document d’archives, à tel point que Gerry Conway signe ce récit comme archiviste et non comme scénariste. Le document est estampillé du Ministère de la Guerre et évoque des faits restés cachés qui révèlent non seulement l’existence du différend entre Wonder Woman et Superman mais également des expériences que les Etats-Unis s’étaient gardé de porter à la connaissance du public.

Des crédits mystérieux....

Des crédits mystérieux….© DC Comics

Le suspense ne dure pas longtemps : dès la seconde page, Superman se retrouve en pleine bataille de Midway en train de descendre des avions japonais pilotés par des robots et un sous-marin nippon qui n’ont pour d’autre but que de créer une diversion afin de masquer l’arrivée d’un agent japonais chargé de mettre fin à un projet top secret : le projet Manhattan dont Superman ignore tout jusqu’à ce que la Maison blanche ne le mette au courant des plans américains visant à créer la bombe atomique.

Pendant ce temps, Wonder Woman arrête une bande de nazis kamikazes qui se font sauter en tentant de tuer le professeur H. Andrews et l’agent chargé de sa protection. Après avoir exterminé les sbires nazis, l’Amazone n’est pas au bout de ses peines, elle suit une voiture qui semble appartenir aux nazis jusqu’à l’aéroport de Washington et se retrouve…à la gare de New York en train de sauver un vieillard des mains des séides d’Hitler. Le vieil homme n’est autre qu’Albert Einstein. Intriguée par ces attaques contre les savants, l’alter ego de Wonder Woman, Diana Prince enquête et farfouille dans les archives de l’Intelligence service et met la main sur des informations sur le projet Manhattan. Ca tombe bien, le dossier est bien indiqué avec une menton « secret absolu » indiquée en rouge, histoire de le repérer plus facilement !

A l’assaut au lasso !

A l’assaut au lasso !© DC Comics

La réaction des deux protagonistes est totalement opposée. Superman, en bon patriote, se laisse convaincre de l’utilité pour les Etats-Unis de se doter de l’arme nucléaire alors que Wonder Woman y voit une abomination, la perte de l’humanité. Au contraire du Kryptonien, tout dévoué à sa patrie d’adoption, l’Amazone n’est pas doté de sentiment patriotique envers les Etats-Unis malgré l’affection qu’elle porte à ce pays.

On peut y voir, au second degré, une opposition entre la force brute masculine de Superman et la sensibilité féminine et féministe de Wonder Woman. Cette dernière ne cesse de fustiger les actions des hommes de manière très directe. Gerry Conway n’y va pas par quatre chemins quand il fait dire à son héroïne qu’elle aime les USA mais que ça reste un pays régi par des hommes qui font souvent fi de considérations humanitaires.

Wonder Palabres !

Wonder Palabres !© DC Comics

Ce discours féministe est assez régulier dans le récit et même s’il manque de subtilité, on peut reconnaître à Gerry Conway qu’il ne fait pas de Wonder Woman un faire-valoir à l’homme à la cape, elle est son égale et elle est bien plus lucide que lui sur les dangers que fait courir au monde la course à l’armement nucléaire.

Parlons maintenant des vilains qui parsèment le récit. Après les sous-fifres, le Japon et le Reich envoient en toute tranquillité leurs meilleurs éléments, leurs super-soldats sur le sol américain. Le Japonais, dernier des Samouraïs se nomme Sumo tandis que l’Allemand dont le visage est dissimulé par un masque qui rappelle celui d’Iron Man est le baron Blitzkrieg, proche d’Hitler dopé par un sérum (ça ne vous rappelle pas un certain Captain ?). Aucun des deux ne fait confiance à l’autre et c’est finalement la rivalité de ces deux pseudos alliés qui les mènent à leur perte.

Un nazi aux allures d’Iron Man

Un nazi aux allures d’Iron Man© DC Comics

Le clou du récit se veut être le combat entre Superman et Wonder Woman, on a failli l’oublier au milieu de tous ces espions…En résumé, la princesse amazone, furieuse de voir les Américains fabriquer une arme nucléaire décide de tout casser forçant Superman à intervenir. Pour éviter de détruire leur environnement, les deux champions décident de combattre sur la Lune où ils trouvent, au milieu de leur lutte fratricide, les restes d’une civilisation disparue, décimée par la radioactivité. Wonder Woman voit là l’occasion de raisonner son ami, peine perdue, ce dernier tape comme un sourd, jusqu’à ce qu’un SOS parvienne de la Terre et que les héros s’allient contre la menace des forces de l’Axe.

Tout est bien qui finit bien, l’ouvrage se referme sur la promesse du président Roosevelt qui jure aux deux héros que tant qu’il sera en vie, la bombe nucléaire ne sera pas utilisée dans une guerre. Effectivement, c’est son successeur, Harry Truman qui prendra la décision de bombarder Hiroshima et Nagasaki.

Battle for atom....

Battle for atom….© DC Comics

Que penser de cet album ? Son côté old school rebutera une partie du lectorat – mais encore faut-il parvenir à se le procurer – tout comme l’aspect parfois moralisateur du propos. Toutefois, cet album est un hommage aux comics des années 1940 où les super-héros castagnaient Hitler et coursaient les espions du Reich. C’est aussi un album aux accents féministes et pacifistes, ce qui en fait un témoignage historique à lui seule puisqu’il reflète ainsi les préoccupations de l’Amérique des années 1970 confrontée à la montée des revendications des mouvements de femmes et à la peur panique du nucléaire sur fond de guerre froide.

C’est en cela que ce récit mérite qu’on s’y arrête bien plus que pour le combat des héros qui n’est finalement qu’un prétexte à développer des thématiques sociétales et politiques. C’est aussi cela les comics.

 

Paroles, paroles, paroles, l’Amérique et l’arme nucléaire...

Paroles, paroles, paroles, l’Amérique et l’arme nucléaire…© DC Comics

19 comments

  • JP Nguyen  

    Merci Sonia pour cette plongée dans les « archives » ;-)

    Quelque part, ton avis sur cette BD rejoint le mini-débat que nous avions hier avec Tornado sur l’article Sin City. Ce comic-book a été réalisé à des fins commerciales (exploitation de la notoriété renaissante des deux héros) mais glisse quand même des réflexions sur la société et la politique.
    Au final, on a un produit reflet/témoin de son époque mais sans doute pas une « oeuvre d’art » aboutie. Et pourtant, j’ai souvent de l’affection pour ce genre de récit (celui-là, je ne le connaissais pas).

    Pour le coup, avec Superman et la bombe, Frank Miller écrira un passage à mon sens plus marquant dans DKR, quand le monologue de Clark montre son étonnement et son humilité face à la puissance du feu nucléaire que l’homme peut déclencher…

    • Sonia Smith  

      Merci Jean-Pascal, comme toi, c’est pour cette lecture sociale et politique des comics que j’ai choisi d’évoquer ce récit qui n’est a priori qu’une histoire de gros muscles mais, finalement, cet aspect transparaît assez peu et sert avant tout d’argument commercial comme tu le soulignes si justement. Bon, tu m’as donné envie de relire DKR du coup, merci à toi

  • Bruce lit  

    « Bruce Lit teamup : ultimate conclusion finale, c’est fini, j’vous le jure ! »
    « Ben et moi alors ? » Sonia Smith moins en retard qu’ Esad Ribic sur les Deadlines impitoyables du blog, introduit enfin Wonder Woman chez Bruce Lit. Sous fond de menace atomique, elle affronte Einstein, Roosevelt et Superman ! Une publication légendaire de Sagédition pour un récit ne l’étant pas moins. Quelle en est la lecture 40 ans après ?
    La BO du jour : On hésitait avec ‘Atomic » de Blondie mais c’est finalement « Cant we still be friends » qui l’emporte pour le calin après la bagarre entre les deux super héros ! Et c’est également sorti en 1978 ! https://www.youtube.com/watch?v=jI_oBXzLNmw

    • Bruce lit  

      Grâce à toi Sonia, c’est coup double ! Superman est enfin revenu dans les hashtags du blog chassé par l’homme chauve souris qui visiblement inspire plus les chroniqueurs de ce blog. Et c’est aussi la grande entrée de Wonder Woman que mes félons de chroniqueurs n’ont jamais voulu traité malgré mes vindictes éditoriales.
      J’avoue être très intrigué par l’objet: d’abord parce que je n’ai jamais rien lu de cette héroïne et parce que ce genre de récit m’intéresse. Pour rebondir sur les commentaires d’hier, les Comics sont aussi une photographie des interrogations américaine sur la société d’alors. Et la réaction de Wonder Woman semble tout à fait saines pour me la rendre sympathique. Nul doute, que les empoignades entre Capatin America et Iron Man à propos de la Civil War paraîtront puériles dans 40 ans aux nouveaux lecteurs de Comics.
      Merci pour cette page d’histoire qui m’a captivé durant sa mise en page. Je me suis posé la question suivante : « Comme le rock ? , le comics peut il être engagé ? « 

      • Sonia Smith  

        Merci à toi Bruce de m’avoir donné l’occasion et de m’avoir poussée à écrire sur ce titre qui est cher à mon coeur. A l’époque, j’étais fascinée par Lynda Carter dans la série Wonder Woman, enfin une héroïne à laquelle s’identifier ! Maintenant, c’est surtout le côté historique et le reflet de la société américaine qui m’intéresse. Même si le discours pacifiste et féministe est parfois un peu trop appuyé, c’est plutôt agréable de retrouver un engagement (aussi soft soit-il) dans un comics.
        Donc, si tu veux des articles sur Wonder Woman, n’hésite pas à demander, ce sera avec plaisir à chaque fois!

  • Présence  

    Merci beaucoup pour cette présentation d’un comics que je ne connais et que je n’ai pas lu. Cet article est très édifiant dans la mesure où il montre qu’en 1978 Superman était déjà montré comme étant au service du gouvernement des Etats-Unis, et Wonder Woman comme une ambassadrice de la paix opposée à l’usage d’armes de destruction massive.

    De mémoire, Gerry Conway n’était pas le plus engagé des scénaristes. Dans les années 1970, la tendance sous-jacente était souvent de gauche (américaine, tout est relatif) pour les scénaristes. Certains parlaient franchement d’inégalité sociale, ou de problèmes de société (drogue, SDF). Pour d’autres, c’était plus sous-entendu dans les valeurs morales des héros, à commencer par la défense de l’opprimé et du pauvre.

    • Sonia Smith  

      Merci pour ces précisions sur les scénaristes et leur engagement à gauche (américaine), c’est ce que je trouve vraiment très intéressant ici ou dans d’autres comics de la même période qui abordent tout un tas de sujet passant effectivement des problèmes nucléaires aux problématiques sociales. J’aime beaucoup par exemple Green Lantern/Green Arrow pour cette raison, cet ouvrage évoque, certes parfois naïvement pour les lecteurs d’aujourd’hui, les problèmes écologiques, la question féministe, la drogue, le racisme et la pauvreté. Je retrouve avec bonheur cette forme d’engagement chez certains auteurs de comics français comme Laurent Lefeuvre, Chris Malgrain ou Pierrick Collinet. C’est aussi pour ça que j’aime les comics :-)

      • Bruce lit  

        Sans être un fana d’artistes engagés, je reste convaincu qu’un comics qui abandonne la métaphore sociale est inintéressant. Du moins pour moi….

  • Patrick 6  

    Merci Sonia pour cette madeleine de Proust !
    Je me rappelle que cette édition grand format qui hantait les cours d’école avait fortement marqué l’enfant que j’étais… Je pense que c’est l’un des numéros qui a fait que j’ai commencé à me passionner pour le comics quelques mois plus tard !
    De nos jours si le scénarios parait…euh… « light » (doux euphémisme), on reste cependant impressionné par le dynamisme des planches !
    « Superman contre Wonder woman » reste un petit bijou « Pop » et fun dans la lignée des grandes interrogations enfantines du genre « C’est qui le plus fort Hulk ou la Chose ? ».
    Le tout saupoudré de guerre des sexes et péril atomique, ma fois pas si mal pour une BD destinée initialement au moins de 10 ans !

  • Marti  

    Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire, merci du coup de projecteur fort instructif ! Superman n’est pas le personnage qui a été le plus touché par les récits à caractère de critique sociale dans les 70′s (à ma connaissance du moins, merci de me corriger sinon), et c’est intéressant de voir que lorsque c’est le cas ici ce n’est pas vraiment lui qui détient « la » vérité.

    • Sonia Smith  

      Sur Superman, je ne saurais trop répondre car autant Wonder Woman est un personnage que j’affectionne, autant Superman me donne plus de mal, je le trouve souvent assez insipide, trop « boy scout » et j’ai du mal à trouver un récit qui accroche mon attention (sauf paradoxalement la Mort de Superman), donc si vous avez des conseils de lectureur ce perso, je suis preneuse

  • Jyrille  

    Sonia, merci pour cet article : je ne connaissais pas du tout cette bd et encore une fois, je pense que mettre en avant des préoccupations sociales via le medium du comic est toujours bienvenu. De plus je ne connais pas bien le personnage de Wonder Woman et grâce à un article que tu as partagé ailleurs, je me rends compte que c’est une féministe depuis ses débuts. Je ne pense pas avoir envie de lire ça un jour, mais j’avoue que Superman a toujours eu cette image négative de patriote alors que les albums plus récents lui redonnent une humanité perdue pour les USA dans les années 70 et 80 (DKR comme le dit si bien JP). Merci encore, super article !

    • Sonia Smith  

      Merci Cyrille pour ces compliment, je vais également me pencher sur les origines de Wonder Woman que je connais finalement assez peu, mais c’est un personnage passionnant et finalement assez attachant

  • Tornado  

    Si j’ai vu passer cette Bd à l’époque, je ne m’en souviens pas. Je serais bien incapable de supporter ce genre de récit old-school aujourd’hui mais, en tout cas, cette version format A3 doit être un sacré bel objet vintage en soi. Car je trouve les planches de Lopez absolument magnifiques !

    • Sonia Smith  

      Effectivement, le propos parait aujourd’hui moralisateur et un peu simpliste, c’est l’aspect historique qui en fait l’intérêt. Je confirme : le format A 3 sublime vraiment ces planches magnifiques. j’ai redécouvert Lopez en rédigeant l’article et en contemplant son travail que je trouve vraiment réussi

  • OmacSpyder  

    Je découvre cet article. Cette bd, c’est pour moi un véritable petit bijou que je conserve précieusement, juste à côté de Superman contre Flash. Mais ce Superman contre Wonder Woman je me souviens l’avoir lu et relu de nombreuses fois. Quelle couverture! Et ces planches grand format où les pleines pages prennent des allures titanesques!
    Ce sous-texte entre le discours patriotique et le discours pacifique est en effet présent. Ce qui me fascinait à l’époque déjà était cette confrontation entre le principe masculin et le principe féminin qui se pose sur un pied d’égalité mais avec des positions différentes.
    Parlant de positions, je trouve que même lors du combat la violence masculine et féminine sont bien différenciées. José Luis Garcia rend un travail de force et de finesse à la fois. Superman est fort et majestueux en dépit de sa candeur, Wonder Woman est superbe et somptueuse en dépit de son propos un peu naïf.
    Un combat mémorable parce qu’il se passe sur différents plans. Le combat sur la Lune reste mon passage préférée : une vison lunaire de la guerre des sexes!

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