BIG BRAIN (Top 10 : ROGER WATERS)

BIG BRAIN (Top 10 : ROGER WATERS)

Une checklist au bord de la rupture concoctée par : TORNADO

Illustrations de ED ILLUSTRATRICE

La douceur de vivre…

Cet article est la suite du TOP 10 de David Gilmour. Prévoyons qu’il  y aura peut-être deux autres TOP dédiés à Pink Floyd…

Dans le précédent, je disais que si Gilmour était considéré comme l’âme du groupe, pour ce qu’il a représenté en termes d’identité sonore et émotionnelle de par sa voix et son jeu de guitare, on pouvait alors s’amuser à imaginer que Nick Mason (batterie) en a été le cœur et Rick Wright (clavier) les veines. Quant à Roger Waters (basse), il a indubitablement été le cerveau du groupe, comme on le verra tout au long de ces lignes.

Bien évidemment, les puristes de toute une génération ont estimé que le seul artiste digne d’intérêt au sein du groupe a été Syd Barrett, l’unique véritable frontman qu’ait connu la formation. Sauf que Barrett n’a été présent que sur le premier album…

C’est vraiment dommage mais c’est un fait : Toute une génération de rockers a décrété, à la queue-leu-leu derrière le journaliste Nick Kent (puisque de mémoire il a été le premier à le décréter), que Pink Floyd après le départ de Syd Barrett c’était bof, et qu’à partir de l’album DARK SIDE OF THE MOON, publié en 1973, c’était de l’excrément (1). Avec le recul, c’est au pire idiot, au mieux difficilement recevable tant on peut mesurer désormais, que les meilleurs, les plus aboutis, les plus puissants albums de Pink Floyd, pour ne pas dire certains des plus importants albums de toute l’histoire du rock, sont ceux qui ont été enregistrés entre 1970 (MEDDLE) et 1979 (THE WALL).

Bien évidemment tout cela est en premier lieu affaire de goût et de sensibilité, et il n’est d’ailleurs pas question de minimiser l’importance et les multiples qualités de THE PIPER AT THE GATES OF DAWN (le premier album de Pink Floyd enregistré en 1967, avec Syd Barrett et sans David Gilmour), mais il serait inconsidéré de ne pas préciser que THE PIPER n’était pas encore vraiment un album de Pink Floyd puisque quasiment entièrement écrit, composé et interprété par Barrett, et que les albums parus à partir de 1973 jusqu’à l’implosion du groupe à l’issue de THE WALL, ont démontré une progression sans précédent pour un groupe de rock, que ce soit d’un point de vue purement musical, artistique ou conceptuel.

Et c’est là qu’il est intéressant d’éclairer le cas Roger Waters.

The Brain
(c) Ed Illustratrice

A l’époque où Syd Barrett est encore à la tête du groupe, rien ne présage l’ascension de son bassiste. Celui-ci ne chante presque pas, il n’a écrit qu’un titre du premier album, plutôt anecdotique sur le moment (il est vrai le seul à ne pas avoir été créé par Barrett), et il ne bénéficie pas d’un physique avantageux. Il est le bassiste du groupe, c’est-à-dire l’un des musiciens que l’on remarque le moins, en principe. A côté de lui se distinguent Nick Mason, un batteur limité techniquement, mais exubérant, et surtout Rick Wright, qui apparaît comme un second leader puisqu’il est beau, qu’il joue des claviers, parfois d’autres instruments, tout en chantant sur plusieurs titres d’une voix de baryton immédiatement reconnaissable.

Mais… lorsque l’on regarde attentivement les archives du groupe, notamment les interviews de cette époque, on s’aperçoit que Waters est volontaire dès qu’il faut parler aux journalistes ou aux animateurs. Il est sur tous les coups dès qu’il s’agit de se mettre en avant et, d’ailleurs, il est un peu le seul à se donner en spectacle sur scène, n’hésitant pas à remuer dans tous les sens, à pousser des cris et à taper dans des cymbales ou autres gongs disposés à sa demande. Pas de doute, le mec en veut…

Il prend doucement l’ascendant créatif dès le second album en 1968 (A SAUCERFUL OF SECRETS), dont il signe plus de titres que les autres. Mais il ne deviendra pas le nouveau frontman. Car non seulement le remplaçant de Barrett, David Gilmour, chante bien, mais il va devenir peu à peu un grand guitariste soliste. Cependant, le départ prématuré de Syd Barrett, dont le cerveau a été tragiquement grillé par le LSD, a fortement traumatisé le groupe (Gilmour ayant d’ailleurs été appelé en urgence parce qu’il était le meilleur ami de Syd). Impossible de le remplacer littéralement. Et jamais le groupe, en tout cas jusqu’à THE WALL, n’imposera un nouveau frontman…

C’est donc par des chemins de traverse que Roger Waters va devenir le chef. Son ambition et son intelligence, largement au dessus de la moyenne, vont lui permettre de se démarquer en devenant peu à peu le parolier, puis l’auteur, puis le concepteur exclusif du groupe. Sa ténacité et sa volonté vont le pousser à travailler sa voix, jusqu’à lui permettre d’assurer seul le chant sur plusieurs morceaux emblématiques de la discographie floydienne, au point d’éclipser d’abord Rick Wright et finalement Gilmour, soit deux chanteurs beaucoup plus capables que lui.

Avec le temps, son emprise sur le groupe va être telle qu’il va lui-même en être persuadé : Pink Floyd, c’est lui. A partir de là, le groupe va se disloquer et finalement imploser en même temps que l’explosion de THE WALL. La formation se reconstruira dans la douleur, sans lui, pour encore une minuscule poignée d’albums, il est vrai peu intéressants en comparaison de ceux qu’il avait en grande partie conçus.

(c) Ed Illustratrice

La suite est tragicomique : Alors qu’il ambitionnait une carrière solo grandiose, il va connaitre la traversée du désert. Le public va largement lui préférer le nom de Pink Floyd, boudant massivement ses albums, pourtant beaucoup plus aboutis.

Il faudra attendre bien des années avant qu’il ne décide de produire la gigantesque tournée THE WALL, qui deviendra l’une des plus rentables jamais organisées, et qu’il soit enfin reconnu comme l’un des auteurs majeurs de l’histoire du rock.

Aujourd’hui, Pink Floyd n’existe plus. Rick Wright est mort et David Gilmour ne veut plus entendre parler de Roger Waters. C’est bien triste. Mais le vieux Roger en a encore sous la patate. En témoigne un dernier album assez réussi pour nous en laisser espérer un autre…

Nous allons à présent égrainer sa carrière en dix titres choisis.

C’est parti !

LET THERE BE MORE LIGHT (1968)

Si nous avions consacré l’essentiel de l’article dédié à David Gilmour sur son jeu de guitare et ses solos d’anthologie, nous allons apporter à la carrière de Roger Waters un éclairage radicalement différent en nous focalisant nettement plus sur ses aptitudes d’auteur, de concepteur et… de chanteur.

Nous commencerons toutefois par ses qualités de bassiste. Certes, aucun des membres de Pink Floyd ne brille par sa virtuosité technique et Waters ne fait pas exception. Mais c’est un bon bassiste, sous-estimé comme le sont tous les membres de Pink Floyd. Très capable et surtout très bon lorsqu’il s’agit de jouer sur le groove et sur les textures sonores. Il forme avec Nick Mason une paire basse-batterie épurée mais d’une efficacité rarement égalée sur ce dernier registre.

LET THERE BE MORE LIGHT, entièrement écrit par Waters, est construit sur une intro à la basse, intro reprise par le groupe Placebo, probablement en hommage, dans leur titre TASTE IN MEN.

Ce qui est cool, c’est que, depuis peu, nous avons droit à des archives exhumées des premières années de Pink Floyd. Et notamment des archives filmées de LET THERE BE MORE LIGHT !

ONE OF THESE DAYS (1971 / 1973)

On parle encore de basse dans ce morceau. Toujours pour ces mêmes qualités de travail sur les textures sonores, sauf que cette fois Gilmour joue également la basse en duo avec Waters sur l’enregistrement de la version studio.

ONE OF THESE DAYS est issu de l’album MEDDLE enregistré en 1971, mais la version choisie ici est celle du LIVE AT POMPEII. Un document qui nous montre le groupe à une époque où il n’existait pas beaucoup d’autres témoignages -de bonne qualité- de leurs prestations scéniques, quand bien même ce concert, joué dans les ruines de Pompéi en 1973, est enregistré sans public !

Manque de bol, on ne voit pas Waters dans cet extrait. Effectivement, l’un des techniciens du film, de retour du tournage, a paumé la plupart des prises de vue. Raison pour laquelle on ne voit quasiment que Nick Mason tout au long du concert ! Et c’est d’ailleurs l’une des seules fois où l’on entend la voix du batteur (enregistrée en studio) sur un titre de Pink Floyd, puisque c’est lui qui prononce le guttural One of these days I’m going to cut you into litlle pieces, les seules paroles de ce titre, l’un des plus violents du répertoire floydien.

C’est un morceau composé de manière collégiale par tous les membres du groupe. Le seul titre de MEDDLE entièrement écrit par Waters est St TROPEZ, soit le morceau le moins intéressant de l’album. Roger n’est donc pas encore, à ce stade, le créateur prolifique que nous vous avions promis. Mais ça va venir…

CAREFUL WITH THAT AXE, EUGENE (1968 / 1973)

Voici l’un des titres emblématiques du groupe (encore un, construit autour de la basse !) dans sa première période de l’après-Barrett, le plus régulièrement joué en concert durant toutes ces années. Il n’est pourtant issu d’aucun album ! On le trouve par le biais d’une version live dans l’album UMMAGUMMA, puis dans sa version originelle enregistrée en studio dans la compilation RELICS en 1971. On en trouve également une version alternative en 1970 dans la BO du film ZABRISKIE POINT de Michelangelo Antonioni.

A cette époque, Roger Waters ne chante pas très bien. Alors que fait-il ? Et bien il fait des bruits, il chuchote et il crie ! Ou plus exactement il rugit dans ce titre extraordinaire (basé sur un unique accord !), qui annonce les longues plages planantes dont le groupe fera sa spécialité à partir du début des années 70.

La version choisie est également issue du LIVE AT POMPEII. Mais, cette fois, on voit bien notre homme !

Money – 1973

Difficile de dresser un panorama de la discographie de Roger Waters, ou de Pink Floyd, sans citer MONEY.

Principal tube planétaire du groupe avec ANOTHER BRICK IN THE WALL, il est entièrement écrit et composé par Waters.

Nous sommes en 1973 et MONEY est le titre central de l’album THE DARK SIDE OF THE MOON. Ce disque va changer la face du monde en plus de celle de la lune pour moult raisons, parmi lesquelles il entérine la notion de Concept Album en représentant la première version réellement aboutie du genre, bien plus que ne l’avaient été avant lui SERGENT PEPPERS des Beatles, TOMMY des Who ou encore DAYS OF FUTURE PASSED des Moody Blues (certainement le plus convaincant des trois en la matière).

Tout l’album, conçu comme une suite de plages illustrant le thème des conséquences de la société moderne sur l’humanité, est d’une perfection telle qu’il va demeurer à jamais comme le mètre-étalon du genre.

Mais c’est aussi la première fois que l’intégralité des textes est signée Roger Waters, et c’est aussi la première fois qu’il impose sa voix en termes de lead vocal sur des titres importants (les deux derniers de l’album).

Pour le reste, MONEY est un des rares titres du groupe construit sur un rythme complexe, plus exactement sur une mesure en 7/4 (habituellement, le groupe joue le plus souvent en 4/4, comme la plupart des groupes de rock). Une fois encore, la paire Mason/Waters nous concocte une rythmique impeccable, avec un incontestable sens du groove. Le chant est l’œuvre de Gilmour, qui signe également l’un de ses plus grands solos de guitare.

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est avant tout le fait que l’auteur Roger Waters, l’homme capable de concevoir des albums-concept d’une richesse et d’une profondeur sans équivalent dans l’histoire du rock (2), vient de naitre…

Et si on se faisait plaisir avec la version du LIVE 8  de 2005, la seule fois où l’on a vu les quatre membres du groupe se reformer après le départ de Waters ? Un concert unique en son genre, donné à l’occasion d’une œuvre de charité, où l’on va même avoir le luxe de retrouver Dick Parry en personne, le saxophoniste de l’album originel de 1973 !

Un moment inespéré pour les fans. Pas un concert exceptionnel cela-dit. Mais cette version de MONEY est très bonne.

PIGS ON THE WINGS (PART 1 & 2) (1977)

On ne peut pas non plus faire l’impasse sur l’album ANIMALS.

Après THE DARK SIDE OF THE MOON, Pink Floyd enregistre WISH YOU WERE HERE en 1975. A cette époque, Waters prend vraiment confiance en lui d’un point de vue vocal et interprète SHINE ON YOU CRAZY DIAMOND, le titre principal de l’album. Le groupe va progressivement instaurer la même règle que les Beatles : Celui qui écrit et compose une chanson est également celui qui la chante (avec quelques exceptions lorsque c’est nécessaire). Le truc, c’est qu’à partir d’ANIMALS, enregistré en 1977, Waters va également composer seul quasiment toutes les chansons…

A cette époque, Rick Wright est consumé par sa vie privée et David Gilmour ne parvient pas à tenir la cadence tant Waters devient prolifique. C’est ainsi que ce dernier va composer trois des quatre titres de ce nouvel album-concept (une relecture de la FERME DES ANIMAUX de George Orwell, qui dénonce les conditions sociopolitiques délétères de notre civilisation).

PIGS ON THE WING n’est sans doute pas la meilleure chanson d’ANIMALS et encore moins celle de Pink Floyd. Le titre a été coupé en deux pour des raisons obscures et il sert à ouvrir et à clôturer l’album. Dans la version initiale, c’était une chanson de trois minutes avec un solo de guitare joué par Snowy White, le guitariste qui accompagnait le groupe sur scène. Une version encore inédite aujourd’hui (on attend toujours un coffret IMMERSION d’ANIMALS, seul album de cette période à ne pas avoir eu droit à son édition ultime et tous ses bonus consacrés). Du coup je me suis dit que c’était une bonne occasion de l’écouter, voire de la découvrir pour ceux qui ne la connaissent pas encore.

THE TRIAL (1979)

En 1979, c’est l’album THE WALL, dont Roger Waters est quasiment l’auteur complet, Gilmour ayant coécrit trois titres sur les vingt-six qui composent l’ensemble de la galette. Waters, qui sent qu’il tient là son chef d’œuvre, (opération qui va culminer avec le film PINK FLOYD THE WALL, réalisé par Alan Parker en 1982), va basculer dans le despotisme, imposant, supervisant et décidant à peu-près tout, jusqu’à commettre le pire en faisant exclure un membre du groupe avant la fin des enregistrements : Rick Wright.

A ce stade, notre homme a réussi à devenir le chanteur de rock qu’il rêvait manifestement de devenir et s’applique à chanter sur une majeure partie des chansons de l’album, même s’il en partage plusieurs avec Gilmour, les deux hommes alternant le chant sur les mêmes morceaux comme ils l’avaient fait sur l’album ANIMALS avec le titre DOGS.

Ainsi, Waters, décomplexé, s’autorise tous les défis, y compris l’interprétation façon opéra-rock sur le climax de l’album, l’impressionnant THE TRIAL, coécrit avec le pianiste et chef d’orchestre Bob Ezrin (qui, en vérité, façonne sans être crédité la majeure partie des titres de l’album).

S’il a appris, à force de persévérance, à chanter juste, les capacités vocales de notre bon vieux Roger restent limitées. Mais comme tous les grands artistes, il va réussir à transformer ses défauts en qualité, car il a compris une chose : En poussant sa voix jusqu’à la rupture, il va générer une émotion accrue de son jeu, parti-pris qui va devenir sa signature pour un bon moment (jusqu’à ce que sa voix soit littéralement brisée, avec le temps). Un style d’interprétation baroque, qui va bouleverser l’auditeur !

Sur THE TRIAL, Waters interprète tous les personnages de son procès imaginaire. Le résultat, délirant, est sublimé, dans le film d’Alan Parker, par le dessin animé de Gerald Scarfe, traumatisme de toute une génération…

4:41 AM – SEXUAL REVOLUTION (1984)

Fort de ce succès, persuadé d’être Pink Floyd à lui tout-seul avec dans sa poche l’un des plus grands guitaristes de son temps, Waters offre un coda à l’album THE WALL avec THE FINAL CUT (on écoute la chanson éponyme dans l’article dédié à Gilmour), qui va être sous-titré A requiem for the post-war dream by Roger Waters, performed by Pink Floyd, démontrant qu’il est le seul maitre à bord (il n’y a d’ailleurs pas Rick Wright et Nick Mason ne joue pas sur le dernier titre). Après cet album, Waters décide d’entamer concrètement une carrière solo.

THE FINAL CUT lui avait permis de finaliser sa formule : Un album concept avec une toile de fond récurrente (une virulente critique des institutions), une interprétation baroque bien au point, écorchée vive, et beaucoup de solos de guitare…

Il va reprendre cette formule à la lettre avec son premier album solo, THE PROS AND CONS OF HITCHIKING, un concept (une plongée obscure dans les rêves d’un homme en proie à la crise de la quarantaine) datant de l’époque de THE WALL qui avait été refusé par les autres membres de Pink Floyd.

Parce qu’il aime donc beaucoup les solos de guitare, et parce qu’il veut prouver à Gilmour qu’il n’a plus besoin de lui, Waters va faire fort en s’offrant les services, sur cet album, de Dieu en personne, à savoir Eric Clapton, alors considéré comme le plus grand guitariste du monde ! (il refera le coup en 1992 en embauchant Jeff Beck pour l’album AMUSED TO DEATH).

Trêve de suspense : Je ne fais absolument pas partie de la cantonade qui estime qu’AMUSED TO DEATH est le chef d’œuvre solo de Roger Waters. C’est un album au concept intéressant, les textes sont sans aucun doute plus riches que ceux de THE PROS AND CONS OF HITCHIKING, mais l’album en lui-même est musicalement décousu, répétitif et inégal. Waters y chante catastrophiquement mal, et les bruitages en tout genre sont tellement mal dosés qu’ils ruinent la majeure partie de l’écoute, dont certains passages sont vraiment pénibles, et plusieurs titres carrément en trop.

Mon préféré est de très loin THE PROS AND CONS OF HITCHIKING. Le concept est certes nébuleux, la construction musicale est simplissime, mais la formule est tellement maîtrisée que l’album est d’une extraordinaire fluidité, sans aucune fausse note, avec une interprétation de notre Roger à fleur de peau.

Le casting musical regroupe un panel inégalé de grands musiciens : Clapton à la guitare, Michael Kamen au piano et à la direction d’orchestre, Ray Cooper et Andy Newmark aux percussions, David Sanborn au saxophone. De l’avis général, Clapton livre peut-être ses meilleures prestations à la six-cordes jamais enregistrées. Exemple avec le titre choisi (patientez 3 minutes et vous aurez le solo qui tue) :

FOLDED FLAGS (1986)

C’est au lycée que j’ai vraiment commencé à écouter de la musique avec passion. Et si Pink Floyd était déjà mon groupe préféré, que WISH YOU WERE HERE et THE WALL passaient déjà en boucle, je découvrais alors THE FINAL CUT et THE PROS AND CONS OF HITCHIKING. Ces trois derniers albums, qui constituent une trilogie parfaite, ont eu une résonnance très importante pour l’adolescent que j’étais. Un impact émotionnel extrême, qui a en grande partie défini ma conception de la musique et du rock en particulier : J’axe absolument tout sur le son et l’émotion, tout le reste m’indiffère en dehors de la mélodie, des harmonies et des arrangements (mais je ne suis pas contre une note de groove non plus).

A cette époque, l’album WHEN THE WIND BLOWS n’existait pas en CD. C’est donc bien plus tard que j’ai pu le découvrir, avec une grande frustration dans la mesure où j’aurais tellement aimé l’avoir au lycée, alors que j’écoutais THE FINAL CUT et THE PROS AND CONS OF HITCHIKING jusqu’à la lie, sans même me douter un instant de l’existence de cette bande-originale. Sinon j’aurais retourné ciel et terre pour l’obtenir, surtout après la douche froide subie à l’écoute de son album suivant : l’immonde RADIO K.A.O.S !

WHEN THE WIND BLOWS est un film d’animation réalisé en 1986. On y trouve entre autres une chanson de Genesis, une autre de David Bowie, et dix titres de Roger Waters. qui représentent un véritable album à l’intérieur de l’album. Waters développe de nouveau l’un de ses concepts habituels, bien aidé par le sujet du film (en Grande-Bretagne, un couple de personnes âgées se retrouve confronté à une guerre nucléaire et à ses retombées), tout à fait raccord avec ses thèmes de prédilection. La signature musicale de l’ancien Pink Floyd est immédiatement reconnaissable, de même que sa voix baroque, encore puissante à l’époque. Ces compositions sont dans la parfaite continuité de son cheminement artistique effectué depuis THE WALL. Le son et l’ambiance sont exactement les mêmes que sur THE FINAL CUT et THE PROS AND CONS OF HITCHIKING (prédominance des cœurs féminins incluse), avec un thème principal porté par un arpège de guitare irrésistible (effectué par Waters lui-même), hérité des grandes heures du Floyd. La guitare cristalline (jouée par Jay Stapley) et les solos de saxophone (on avait déjà entendu Mel Collins sur le WET DREAM de Rick Wright) sont également de la partie, ainsi que les divers bruitages.
Bref, un incontournable pour les amateurs de Pink Floyd et de Roger Waters, introuvable pendant des années.

Bird on a gale (2018)

25 ans ! C’est ce qu’il aura fallu attendre (on zappe l’opéra ÇA IRA, ok ?) entre AMUSED TO DEATH et le dernier album inespéré de Waters : IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT.

Même s’il faut plusieurs écoutes pour bien s’imprégner du disque, on retrouve le sens mélodique de Waters. On a souvent pointé ses faiblesses en la matière. Mais pourquoi son écriture musicale devrait-elle être complexe ? Car il possède une signature bien à lui, qui touche profondément l’auditeur avec des mélodies et des intonations immédiatement assimilables comme les siennes propres.

L’album surprend d’emblée par sa sobriété, inédite chez Waters, habitué à nourrir ses créations de bruitages divers, de bribes de dialogues, de solos de guitare et surtout de chœurs féminins tonitruants parfois insupportables. C’est d’autant plus étonnant que certains témoins rapportent qu’à l’époque de l’enregistrement de l’album THE DARK SIDE OF THE MOON, Waters et Gilmour se chamaillaient constamment quant à l’orientation sonore de l’album au moment du célèbre mixage effectué par Alan Parsons : Alors que Gilmour désirait un son moite, gorgé de reverb’s (c’est lui qui a gagné pour le coup), Waters préférait apparemment un son très sec, comme sur le premier album solo de John Lennon qu’il vénérait !

C’est un son très sec que l’on entend sur ce dernier album. On raconte que c’est Nigel Godrich (ancien producteur de Radiohead) qui aurait insisté pour obtenir un résultat aussi dépouillé, débarrassé de toutes les aspérités présentes sur les albums précédent !

Franchement, c’est un très bon opus que notre homme nous a livré aussi tard. Rien d’original dira-t-on en l’écoutant distraitement. Mais c’est ce qui fait son charme : Une version épurée du style Waters, dans laquelle il n’y a rien à jeter. J’ai fini par choisir BIRD IN A GALE, un rock direct, sans concessions et sans fioritures qui démontre, si on ne le savait pas déjà, que Waters demeure, parmi tous les membres de Pink Floyd, le créateur le plus intéressant et le plus convaincant dès qu’il s’agit de livrer un album solo.

HEY YOU (1979)

Comme d’habitude, on garde le meilleur pour la fin.

HEY YOU est la chanson qui ouvre le troisième acte (la troisième face de vinyle) de THE WALL : Pink cherche à se couper du monde, se terre dans son appartement et, rongé par la solitude, appelle à l’aide.

Ce choix peut paraître paradoxal car Roger Waters ne fiche pas grand-chose sur ce titre. Effectivement, il est le seul membre du groupe à ne tenir aucun instrument : c’est Gilmour qui joue la basse, en plus des diverses guitares, acoustiques et électriques, sans oublier qu’il chante la moitié du morceau et qu’il y glisse un de ses excellents chorus ! Cependant, c’est bien Waters (qui s’empare du lead vocal sur le pont, vers le milieu de la chanson) qui tire son épingle du jeu. Il livre alors ce qui restera sans doute son interprétation la plus déchirante, qui culmine par un appel à l’aide tétanisant qui laissera plus d’un auditeur en larme. Sans doute l’une des plus belles chansons de Pink Floyd, où l’émotion est générée par un art de la composition, des arrangements et de l’exécution qui tient du génie absolu. Et le chef d’œuvre de Roger Waters, l’homme de tous les paradoxes…

Notre TOP 10 est terminé.

Il manque évidemment des titres à ce podium tant il est difficile d’en sélectionner aussi peu. Afin de mieux explorer la carrière de Roger Waters, il faut signaler ses premières compositions intimistes, interprétées par lui seul, comme GRANDCHESTER MEADOWS sur l’album UMMAGUMMA en 1969, et IF sur ATOM HEART MOTHER en 1970.

On peut également citer PIGS et SHEEP sur l’album ANIMALS, ainsi que, bien sûr, plusieurs titres de l’album THE FINAL CUT, voire THE TIDE IS TURNING, le seul morceau à sauver de RADIO K.A.O.S.

Les amoureux d’AMUSED TO DEATH ne me pardonneront probablement pas d’avoir omis cet album, souvent le préféré des fans hardcore de Waters, capables d’écouter ÇA IRA, l’opéra indigeste sur la révolution française écrit en 2012 avec Etienne Roda-Gil. J’aurais effectivement pu choisir le très beau titre éponyme qui clôture l’album (mais il y a aussi THE BALLAD OF BILL HUBBARD et TOO MUCH ROPE qui valent le coup d’oreille).

Enfin, la chanson GIVE BIRTH TO A SMILE, dernier titre de MUSIC FROM THE BODY, bande-originale (par ailleurs inécoutable) d’un documentaire sur le corps humain que Waters cosigne avec le spécialiste des musiques électroniques Ron Geesin en 1970, aurait pu figurer dans la liste. Un morceau caché étonnant, dont l’interprétation, la mélodie et les chœurs féminins annoncent ce qui deviendra la signature définitive de Roger Waters, voire de Pink Floyd (elle fut d’ailleurs écrite en parallèle à BREATHE IN THE AIR, qui fut recyclée pour l’ouverture de THE DARK SIDE OF THE MOON). Vous la trouverez en bonus.

  • Nick Kent et les autres journalistes de sa génération ont-ils décrété que Pink Floyd c’était de la merde après l’éviction de Syd Barrett ? C’est un peu plus compliqué parce qu’au fil du temps, certains se sont radicalisés dans cette position, tandis que d’autres ont fini par changer d’avis (Nick Kent le premier, d’ailleurs). Mais tous demeurent ambigus, n’osant avouer que le dénigrement du groupe était un « genre » que les rockers avaient pris l’habitude de se donner afin d’afficher une image de « pur et dur »…
  • Les albums-concept les plus riches et profonds de l’histoire du rock : Nombreux sont les détracteurs du groupe qui vont trouver moult points de contradiction (par exemple avec THE LAMB LIES DOWN ON BROADWAY de Genesis, également très abouti). Mais j’insiste : De 1973 à 1983, Pink Floyd va aligner les albums-concept avec une constante dans l’excellence qui écrase la concurrence…
(c) Ed Illustratrice

Pour s’y retrouver voici la discographie de Roger Waters :

1967 : Pink Floyd – THE PIPER AT THE GATES OF DAWN

1968 : Pink Floyd – A SAUCERFUL OF SECRET

1969 : Pink Floyd – MORE

1969 : Pink Floyd – UMMAGUMMA

1970 : Pink Floyd – ATOM HEART MOTHER

1970 : Roger Waters & Ron Geesin – MUSIC FROM THE BODY

1971 : Pink Floyd – MEDDLE

1972 : Pink Floyd – OBSCURED BY CLOUDS

1973 : Pink Floyd – LIVE AT POMPEII (film avec un live sans public)

1973 : Pink Floyd – THE DARK SIDE OF THE MOON

1975 : Pink Floyd – WISH YOU WERE HERE

1977 : Pink Floyd – ANIMALS

1979 : Pink Floyd – THE WALL

1980/81 : Pink Floyd – IS ANIBODY OUT THERE ? THE WALL LIVE

1983 : Pink Floyd – THE FINAL CUT

1984 : Roger Waters – THE PROS AND CONS OF HITCHIKING

1986 : Roger Waters & divers artistes : WHEN THE WIND BLOWS

1987 : Roger Waters – RADIO K.A.O.S.

1990 : Roger Waters – THE WALL LIVE IN BERLIN

1992 : Roger Waters – AMUSED TO DEATH

2000 : Roger Waters – IN THE FLESH (live)

2005 : Roger Waters & Etienne Roda-Gil – ÇA IRA

2015 : Roger Waters – THE WALL (live)

2017 : Roger Waters – IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT ?

A cette discographie il faut ajouter les compilations PINK FLOYD : THE EARLY YEARS 1965-1972’ (énorme coffret constitué de plusieurs heures de titres inédits et alternatifs), les coffrets IMMERSION de THE DARK SIDE OF THE MOON, WISH YOU WERE HERE et THE WALL (on attend toujours celui d’ANIMALS !), regroupant également des versions live et alternatives de très grande qualité.

Côté solo, la compilation FLICKERING FLAME contient trois inédits dont le titre éponyme, KNOCKIN’ ON HEAVEN’S DOOR (la reprise du chef d’œuvre de Bob Dylan, idole de Waters) et LOST BOY CALLING, coécrit avec Ennio Morricone. Il existe d’autres singles inédits, comme TO KILL THE CHILD, LEAVING BEIRUT et HELLO (I LOVE YOU), une assez bonne chanson que l’on entend dans le film MIMZY, LE MESSAGER DU FUTUR. Elle aurait pu figurer dans la liste…

Bonus BO :

49 comments

  • Bruce lit  

    C’est un article que je veux garder pour moi tellement je suis d’accord en tout. Tiens, en fait, durant nos vacances à Toulon je ne crois pas que l’on ai parlé plus que ça de Roger Waters.
    Tu as raison : Roger Waters c’est le ver qui devient un papillon avant de devenir un papillon de nuit pas très beau.
    Je me suis toujours demandé ce qui s’était passé entre Final Cut et Radio Kaos. En moins de 4 ans, Waters sonne comme un papy asthmatique. Ma théorie est que sans cours de chant, il s’est ruiné à jamais les cordes vocales avec ses aigues mal maitrisées. Il était également un grand fumeur.
    Ces temps-ci je ne le supporte plus, il s’est vraiment conduit comme une merde auprès de Gilmour et Alan Parker. Parfois je me demande pourquoi le gars ne s’est pas lancé en politique. Je le vois parfaitement comme un Mélenchon du Rock…

    Sur l’article en soi, je n’ai rien à ajouter si ce n’est que je suis en désaccord total sur les valeurs de CA IRA et AMUSED TO DEATH et que le dernier album n’a que la 1ere face de convenable.
    Je reviens plus tard pour la suite .

    • Tornado  

      Donc tu es d’accord et pas d’accord en fait ^^
      Pink Floyd reste, heureusement, un terrain d’entente entre nous pour ce qui est de la musique. On reparlera de Waters la prochaine fois que tu viens à la maison ! 🙂

  • Eddy Vanleffe  

    J’adore Pink Floyd quand j’en écoute…
    gamin Umaguma était un album culte de ma famille. Careful with that Axe Eugene m’a traumatisé.
    j’avais la cassette de Wish you were here et c’était vraiment un album que j’appréciais beaucoup
    Pourtant j’en ai jamais acheté, je ne saurais pas expliqué pourquoi, toujours un truc que je préfère à prendre…
    du coup les personnages m’échappent totalement et j’avoue que j’apprends plein de trucs dans ces lignes, c’est fascinant de lire Tornado disséquer son ressenti là dessus

  • Jyrille  

    Encore un article sur le Floyd ?! Je suis admiratif de ta passion pour ce groupe, Tornado, car tu exposes tes fondations dans ces articles, et ta propre admiration (mélange d’amour et de haine) pour ses membres. Tu comptes faire encore deux tops après ? Tu n’as pas peur de la redondance des titres ?

    Je suis incapable d’avoir ça, je n’ai presque jamais suivi un musicien en dehors de son groupe de prédilection. Et si cela arrivait, c’était sans me fader toute la disco. Même mes idoles de jeunesse ont rapidement laissé la place à une admiration lointaine, certain que je n’étais qu’en face d’êtres humains avant tout, que ce soient des réalisateurs, des dessinateurs, des musiciens, des scénaristes, des écrivains… Finalement, je n’ai aucune idole. Des héros, des modèles, oui, mais pas d’attachement aveugle envers un artiste, pas même Bowie, pas même Elliott et Robert Smith.

    Par contre je remercie ton sens de l’analyse et ta présentation du cerveau. Tous les articles vont donc avoir un titre qui commence par « Big » ^^

    Les illustrations de Ed sont tip top comme d’habitude. Dans la seconde, je jurerai voir le trait de Byrne.

    « une progression sans précédent pour un groupe de rock, que ce soit d’un point de vue purement musical, artistique ou conceptuel. » Je ne suis pas certain de cette assertion, car là aussi, les goûts et la subjectivité entrent en compte. L’évolution et la recherche artistique sont incontestables, mais la qualité reste subjective. Et surtout, ce n’est jamais une ligne droite. La plupart des groupes perdent leur identité pour devenir plus professionnel, plus policés, plus faciles d’accès (ce qui est super compliqué à atteindre). Mais Pink Floyd non, ils ont toujours cherché. THE WALL est finalement un album que je n’écoute plus (en tout cas pas en entier), trop entendu, trop lourd parfois.

    Cela dit, j’ai toujours un blu-ray prêté par un ami de la tournée THE WALL de Waters d’il y a quelques années (sans doute celui de 2015, merci ta chronologie !). Il faut que je le regarde bon sang.

    Let There Be More Light : les musiciens de Pink Floyd sont sous-estimés ? Ce n’est pas le cas de Gilmour pourtant. Tu m’apprends un truc pour le titre de Placebo. A l’écoute il semble que ce soit un sample de l’intro oui. La chanson est plutôt anecdotique.

    One Of These Days : terrible. Un titre qui m’a fait revoir ma vision du groupe à l’époque, alors que j’avais usé DARK SIDE et THE WALL. MEDDLE reste sans doute mon préféré, mais les deux autres que je préfère sont tellement différents que je les aime énormément aussi (DARK SIDE et WISH). J’aime bien St Tropez, c’est une respiration bienvenue dans ce monstre de MEDDLE.

    Careful With That Axe, Eugene : ça fait vachement Magma non ? 😀 Voire Can, enfin krautrock quoi.

    Money : un titre désormais étudié au collège, en cours de musique. Le disque a surtout plusieurs records à son actif, dont celui d’être resté le plus longtemps dans le Top 200 Billboard américain (14 ans ?). Ca a aussi été longtemps le meilleur disque test des vendeurs de chaîne hifi (Connexion, des mecs qui en ont). Je crois que le rythme est un 7/8, pas un 7/4.

    Pigs On The Wings :

    The Trial : un très beau titre, sans doute un de mes préférés de THE WALL. Un de ceux qui me paraissait le plus clair au niveau des paroles quand je l’écoutais au lycée. Je me répète, mais j’ai entendu quelques demos du disque avant l’arrivée de Bob Ezrin et cela sonnait très folk, très Dylan. Je te rejoins donc lorsque tu dis qu’il a autant façonné l’album que le groupe l’a fait.

    Précision : à part le dernier en date IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT (et encore, d’une oreille distraite, pour me faire comprendre que j’étais en face d’une autre resucée de THE WALL), je n’ai jamais écouté d’album solo de Waters (ni de Gilmour ni d’aucun membre du Floyd). Et ce n’est pas près d’arriver même si je ne dis jamais jamais ^^

    4:41 AM Sexual Revolution : trop blues rock pour moi. Et rien de bien différent. J’ai presque l’impression d’entendre une face B de A MOMENTARY LAPSE OF REASON alors que Waters n’y est pour rien…

    Folded Flags : je n’avais jamais entendu parler de ce dessin animé ni de sa bande son. THE BRAZILIAN est un titre instrumental de Genesis tiré de leur album INVISIBLE TOUCH. Une ballade où on entend bien Waters insister sur sa voix émotionnelle. Pas mon délire mais ça s’écoute bien.

    Bird In A Gale : ça me rappelle toujours trop THE WALL. Ca ne me touche pas du tout.

    Hey You : je n’aime pas trop ce titre. Un des plus faibles de l’album pour moi.

    La BO, Give Birth To A Smile : ah tiens un truc un peu différent. Sympa, j’aime bien. Vachement soul, Motown.

    Onze titres, ça va, tu n’as pas eu trop d’excès ce coup-ci ^^ Cependant, ils font 6 minutes en moyenne, c’est tout de même long.

    • Tornado  

      Il y aura sans doute encore deux TOP oui. J’ai envie de les proposer à Bruce. C’est mon idée de base puisqu’elle me permet à la fois de mettre tous mes titres préférés de Pink Floyd et des albums solos.
      Du coup aucun doublon n’est prévu sur les quarante quatre titres (en comptant les bonus).
      Et ils commenceront tous par « BIG », en effet ! 🙂

      Careful With That Axe ? J’ai horreur du krautrock. Magma, à la rigueur (pour la comparaison. J’adore Magma). Pour moi c’est un des premiers titres hypnotiques et planant du groupe, comme il va en faire sa spécialité ensuite.

      MONEY est bien un 7/4. Je ne suis pas très fort pour lire la musique. Mais là j’ai lu et appris. 🙂

      4:41 AM Sexual Revolution : Personnellement je ne perçois aucun rapport avec A MOmentary Lapse.

      Et je le redis : Il n’y avait que 11 titres aussi dans l’article précédent 😉

      Merci pour ton retour. Toujours sympa de se retrouver là ensemble, même si on est quasiment jamais sur la même longueur d’ondes niveau musique ! 🙂

  • Jyrille  

    Arf, j’ai oublié de dire pour Pigs on the wings que j’aimais bien mais que comme souvent, il me fait penser à un brouillon de THE WALL ^^

  • Bruce lit  

    Je continue
    La séparation en deux titres de PIGS ON THE WING : A partir de de DSOTM, toutes les fins des albums de PF sont conceptuelles et terriblement tristes.
    A chaque fois EMI enjoint Waters de terminer sur une note optimiste. Ce qui explique que THE WALL ou ANIMALS se terminent sur des lueurs d’espoirs, des chansonnettes peu convaincantes à mon sens. Tu ne peux pas chanter ta haine pendant 90 minutes pour dire en 45 secondes « mais derrière le mur , on t’aime ».

    La fin de Animalx est donc celle-ci : seul l’amour, celui que Carolyne Waters (une bourgeoise qui vient quand même casser le concept de l’album) lui voue l’empêchera de devenir un un Cochon.
    On pourrait en rester là.
    Mais….
    Ici commencent les vrais litiges du Floyd : le pognon, jusque là équitablement réparti puisque tout le monde touchait sa part de royalties tant qu’il composait. Lorsque ce n’était pas le cas, Waters créditait Nick Mason son copain même s’il n’écrivait rien.
    A partir d’Animals, Waters fait son connard : un sou est un sou.

    Le compositeur est celui qui touche le pognon. Un système qui trouve vite ses limites. Prends MONEY : Waters compose le riff de basse et les paroles. Mais le morceau n’existerait pas sans le solo de guitare de Gilmour considéré comme un arrangement, c’est à dire un « simple » habillage.
    Waters est donc le seul à se faire de l’argent sur ce morceau.

    Autre exemple : PIGS ON THE WING, donc. Pourquoi est-il coupé ? Parce que en le séparant en deux parties, Waters touche…deux droits d’auteurs pour la même chanson ! Et hop, comment que je t’embrouille, vu que le pourcentage est le même pour 45 secondes ou DOGS de 17 minutes de Gilmour !

    Là commencent donc réellement les embrouilles qui durent depuis 40 ans puisque ce sont pour les mêmes raisons que Gilmour s’oppose à la remasterisation de ANIMALS, ce qui déclenche de nouveau l’ire de Roger Waters pourtant milliardaire….

    Pour finir sur une note positive, bravo à Edwige qui a trimé dur pour ces Roger Waters, jeunes et arrogants tel qu’en lui-même.

  • Tornado  

    Alors bien évidemment un grand merci à Edi !!! 🙂
    J’ai eu la surprise ce matin même : Je ne pensais trouver qu’un dessin, et il y en a trois !
    Et ils sont au TOP ! 🙂

  • Présence  

    Est-ce que j’ai besoin de lire encore un article sur Roger Waters ? Non, pas a priori. Et un article de Tornado ? Sûrement oui. Alors c’est parti.

    Premier aveu : je n’ai jamais eu l’occasion d’écouter l’album The Piper at the Gates of Dawn, donc j’ai été épargné par cette approche de puriste.

    Deuxième constat : je change d’avis avec les deux dessins d’Ed : bien sûr que j’avais besoin d’un autre article sur Pink Floyd, ne serait-ce que pour pouvoir apprécier ces deux illustrations. Merci Ed.

    Troisième constat : je n’aime même pas besoin d’écouter les titres (même si je ne les connais pas, et je l’ai quand même fait) pour prendre plaisir à la lecture de leur commentaire. En effet d’un titre à l’autre, il se dessine un portrait chronologique orienté de l’artiste et du groupe, avec un point de vue personnel très enrichissant, avec des anecdotes étonnantes. Qualité de bassiste, perte des prises de vue, qualité très relative de chanteur, construction d’un morceau sur la partie de basse (en 7/4 donc), l’adjectif prolifique associé à Waters (ironique au regard de la suite de sa carrière), progression des talents de chanteur de Waters, reproduction d’une formule en louant les talents de guitaristes prodiges (Eric Clapton, Jeff Beck), et retour en grâce avec Is this the life we really want ? En fait cet article est un vrai roman, et je l’ai terminé en me demandant comment j’ai pu penser un instant que je n’avais pas besoin d’un autre article sur Roger Waters dans ma vie… oui, mais écrit par Tornado.

    • Tornado  

      Ahahahah ! Mais comment fais-tu, à chaque fois, pour donner autant l’impression à l’auteur de l’article qu’il a fait quelque chose de bien ? 😀
      Merci beaucoup.
      Tu n’as jamais écouté THE PIPER AT THE GATE OF DOWN ? Ecoute, je serais très curieux de connaitre ton ressenti. Je n’ai jamais encore rencontré de personne ayant déjà une solide culture musicale rock qui n’avait pas écouté cet album dans sa jeunesse. Du coup, vraiment, j’aimerais beaucoup savoir l’effet que procure cet album chez quelqu’un qui le découvre sr le tard. Si jamais tu venais à l’écouter, n’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé !

  • Surfer  

    Chronique très intéressante ou j’ai appris beaucoup de choses.
    Je ne connais pas très bien les albums solo de Roger Waters, je vais essayer de les découvrir. Concernant les albums concept, c’est vrai que dans la période des années 70 Pink Floyd a fait ce qu’il y a de plus cohérent. Malgré tout, Sgt. Pepper’s est un incontournable, une pure merveille mais les morceaux ne s’enchaînent pas tous sans interruption.
    Le premier album solo de John Lennon a effectivement un son sec et je découvre que Roger Waters a voulu s’en inspirer pour The Dark Side Of The Moon et qu’il s’est chamaillé avec Gilmour.
    Malgré tout le résultat est une réussite, un pur chef-d’œuvre.
    C’est amusant car le week-end dernier, je suis allé dans un auditorium car je voulais remplacer mon ampli de salon et mes enceintes. Le vendeur nous a encore passé Money de The Dark Side Of The Moon pour tester la qualité du son de la Hi-Fi. Décidément, le temps passe et cet album est encore une référence absolue pour tous les audiophiles.
    Du coup je suis reparti avec mon ampli Marantz, mes colonnes Davis Hera….et une nouvelle platine vinyle.

  • Tornado  

    Je t’envie. Je regrette le son vinyle de ma jeunesse avec le fabuleux ampli Akaï de mes parents. Un avion de chasse !
    Aujourd’hui, si tu n’écoutes pas la musique dématérialisée au casque, tu as un son de merde. Le truc, c’est qu’avec ma famille et mes voisins, je ne suis pas prêt de pouvoir de nouveau faire pêter les watts ! Donc, pas la peine d’investir pour rien… 🙁

  • Tornado  

    Tiens, les copains, quels sont pour vous les meilleurs albums concepts ? (Cyrille a presque soulevé la question) ?
    Pour ma part je cite, comme ça au feeling et dans le désordre :
    – Pink Floyd – The Wall
    – Pink Floyd – The Dark Side of the Moon
    – Gainsbourg – L’Homme à Tête de Choux
    – Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson
    – Genesis – The Lamb Lies Down on Broadway
    – The Moody Blues – Days Of Future Passed
    – Alice Cooper – Welcome To My Nightmare
    – Lou Reed – Berlin
    – David Bowie – Ziggy Stardust &…
    – Jethro Tull : Aqualung

    Evidemment on peut ajouter le séminal mais imparfait Sergent Peppers des Beatles (en fait c’est un album parfait, mais entant qu’album concept il est encore un peu brut de décoffrage) et plein d’autres albums d’autres genres musicaux :
    – Magma – Mekanïk Destruktïw Kommandöh
    – Marvin Gaye – What’s Going On
    – Marvin Gaye – I Want You
    – Miles Davis – Il A Silent Way
    – Santana – Caravanserai
    – James Brown – The Payback
    – Frank Sinatra – Sings For Only The Only
    Etc…

    Et j’en oublie sûrement des caisses, je reviendrai en rajouter dès que ça me reviendra…

    • Jyrille  

      Je ne suis pas un grand spécialiste des albums concepts et ta liste me convient, surtout que je ne les connais pas tous. Personnellement je mettrai surtout les Gainsbourh en avant, le Genesis et Tommy parce que je l’ai beaucoup écouté à l’époque. Désormais je préfère sa version du Live au Leeds que tu devrais essayer.

      J’ajouterai The Downward Spiral, Beaster de Sugar. Outside de Bowie, Illinoise de Sufjan Stevens et Frances the mute de Mars Volta.

      • Tornado  

        Je connais très bien le Live At Leeds des Who que je trouve terrible (tiens voilà un groupe pour lequel on pourrait être d’accord). En revanche, je trouve TOMMY assez indigeste. Je ne connais aucun des autres albums que tu cites, excepté Outside de Bowie que je ne supporte pas (je n’avais même pas conscience qu’il s’agissait d’un album concept) et le Mars Volta que je n’ai pas encore assez bien exploré (une seule écoute).

        • Jyrille  

          Tu as écouté la version deluxe du Live at Leeds ? C’est uniquement dans cette édition qu’il y a TOMMY en entier.

          https://en.wikipedia.org/wiki/Live_at_Leeds

          Tu n’as jamais écouté le NIN malgré le lobby de Bruce ?

          • Tornado  

            Ah, tu as raison, je n’ai écouté que la version « classique » du Live At Leeds. Enfin je crois. Je prends note pour la version deluxe.
            Au départ je ne supporte pas NIN qui est pour moi l’équivalent d’un viol de l’oreille, c’est-à-dire du bruit pas beau et très fort qu’on te hurle en faisant tout pour que ça fasse très mal…
            Néanmoins, Bruce m’a récemment fait écouter quelques titres introspectifs qui ont éveillé mon intérêt, on va dire… Des titres assez lyriques, piano et voix. Donc j’avance tout doucement. Mais, faut pas rêver : Je n’écouterais jamais de l’indé/indus/bruitiste/expérimental/hardcore…

      • Bruce lit  

        Antechrist Superstar de Manson, Quadrophenia des Who qui explose Tommy, Welcome to my Nightmare de Alice, Ziggy Stardust, Starmania est très bien aussi.

        • Tornado  

          Jamais accroché (pleinement) à QUADROPHENIA : j’aime plusieurs chansons, je le préfère à TOMMY, mais ça reste un album où je n’aime pas tout. Enfin je le mets quand même dans les grands albums rock, faut pas déconner !
          @Bruce : Un jour tu devrais essayer THE LAMB de Genesis. Je sais, rien que l’idée te révulse. Mais franchement, c’est un cousin très germain de THE WALL qui devrait pouvoir te toucher.

          • Jyrille  

            Ah ben oui THE LAMB c’est terrible (et c’est sorti quatre ans avant THE WALL). Alors que je n’ai jamais accroché à Quadrophenia. Je retenrai un jour.

    • Présence  

      Super question sur les albums concepts.

      Il existe un article wikipedia très détaillé sur l’historique des albums concepts. Pour le rock, l’article indique que le premier album concept dans le genre rock est soit Sgt. Pepper Lonely Heart Club Band, soit Freak out (Mothers of invention), ou même peut-être Pet Sounds, tous en 1966. Mais il en cite d’autres avant dans le registre de la country et de la variété et en particulier Frank Sinatra Sings for Only the Lonely.

      En ce qui concerne les albums concepts qui m’ont marqué, mon souci est que je les ai tous comparés à The Wall, et je les ai tous trouvés moins aboutis. En vous lisant, je me rends compte qu’il faut absolument que j’écoute The lamb lies down on Broadway.

      – Alice Cooper – Frm the inside
      – Ayreon – The Theory of Everything
      – Blue Öyster Cult – Imaginos
      – David Bowie – The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars
      – The Gentle Storm – The diary
      – Manowar – Gods of War
      – Queensrÿrche – Operation Mindcrime
      – Rhapsody – Symphony of Enchanted Lands II: The Dark Secret
      – Spock’s Beard – Snow
      – Spock’s Beard – Octane
      – Tori Amos – Night of Hunters

      https://en.wikipedia.org/wiki/Concept_album

      • Tornado  

        La vache, je n’en connais que deux…

          • Tornado  

            Un peu foutoir cette liste. Certains albums n’ont rien à y faire et d’autres n’y sont pas.
            Mais il y en a plusieurs que je pourrais choisir parmi mes albums concepts préférés (en plus de la liste précédente) :
            – Jethro Tull : Thick As A Brick
            – Daft Punk : Discovery
            – Eagles : Desperado
            – The Smashing Pumpkins : Mellon Collie and the Infinite Sadness[

            J’ajouterais bien volontiers Pink Floyd : Wish You Were Here et King Crimson : In the Court of the Crimson King, mais est-ce que ce sont de vrais albums concept, au sens premier du terme ? Pour moi un album concept a plus qu’un simple fil rouge. Il raconte plus ou moins une histoire. Il développe plus ou moins un thème, chaque titre faisant partie d’un tout et le tout étant la somme de chaque titre.

          • Présence  

            Je me demandais justement si tu allais ajouter Discovery à ta liste : j’ai la réponse. 🙂

            Je partage ton avis sur le périmètre un peu flou de la notion d’album concept, et sur la présence ou l’oubli de certains albums dans cette liste. Par exemple, King Diamond a réalisé beaucoup plus d’albums racontant une histoire. D’un autre côté, au vu des albums inclus dans cette liste discutable, je me serais attendu à trouver Bat out of Hell, avec ses chansons ayant toutes pour thème les pulsions de l’adolescence, sexe, mais aussi besoin irrépressible d’émancipation, de mise en danger, de test des interdits, ce qui fait qu’au global la suite de ces chansons ne racontent pas une histoire, mais qu’elles dressent le portrait d’un adolescent en pleine rébellion.

          • Jyrille  

            Le TWELVE REASONS TO DIE de Ghostface Killah est très bien, il faut que je le réécoute. Je suis un énorme fan du MELLON COLLIE des Smashing. Content de voir que le ILLINOIS de Sufjan Stevens s’y trouve. Tornado, tu dois écouter ce disque ! Je ne pensais pas que le FEAR OF MUSIC des Talking Heads fut un album concept. En tout cas c’est un grand disque. Idem avec le PINKERTON de Weezer (leur meilleur). Même sentence pour THE WHO SELL OUT, que je place bien au-dessus de TOMMY. Pareil pour MELODRAMA de Lorde, j’avais oublié le BERLIN de Lou Reed, bref, très intéressante cette liste.

          • Tornado  

            De quel disque est-ce que tu parles tu ? 🙂

          • Jyrille  

            ILLINOIS !

            Et tous les Talking Heads si tu ne connais pas…

          • Tornado  

            Ah ! oui, je crois que tu m’en avais déjà parlé. Ça m’a l’air dans l’americana. Je prends ! (je reviendrai quand j’aurais écouté)

          • Tornado  

            (arf ! faut toujours qu’on oublie de répondre à un truc)
            Je ne connais rien de Talking Heads.

          • Jyrille  

            Americana ? Pas du tout ! ^^

          • Jyrille  

            De Talking Heads, je te conseillerai le premier, 77, mais surtout les albums avec Brian Eno : More Songs About Food and Buildings, Fear of Music et Remain in Light. J’aime bien Speaking in Tongues aussi, et puis bien sûr leur live STOP MAKING SENSE.

  • Bruce lit  

    Mais sinon, je suis d’accord, j’ai appris à aimer la section rythmique de PF. Waters est un bassiste talentueux. Dommage qu’il abandonne cet instrument dès FiNAL CUT.
    Sur scène, il fait chier : il ne joue que de la guitare sèche. Il est vraiment à côté de la plaque.

    • Tornado  

      Chercherait-il à faire comme son héros, Dylan, à ne jamais donner à ses fans ce qu’ils attendent ?

      • Bruce lit  

        Sauf Que Dylan est bcp plus intègre et réellement doué que Waters.
        Comme tu le mentionnes dans ton article, quand on voit qu’il a accouché de 5 albums solos en 40 ans, on est en droit de se demander pourquoi tout ce bordel, hein….
        Il est très mauvais guitariste même en rythmique, même sur ses vidéos où tu vois bien qu’il lui faut plusieurs prises pour venir à bout des accords basiques de MOTHER.
        Quant aux arpèges, je devais mieux les jouer lorsque j’ai commencé la guitare.

        Mon top 10 de ses meilleurs chansons

        1 – Echoes pour sa basse mysterieuse en osmose avec le groupe
        2- Money
        3- Confortably Numb bien sûr
        4- Nobody Home où il fait montre d’un vrai talent d’interprète
        5- The Final Cut qui me fait finir en larmes à chaque fois. Grandiose. Comme toute l’album.
        6- Every Stranger Eyes : une merveille, sans doute les lyrics que je préfère de lui en solo.
        7- Amused to death : un vrai effort mélodique qui m’a beaucoup marqué à l’époque.
        8- Sheep : pour le fiel dans sa voix
        9 L’ouverture de CA IRa qui est magnifique
        10 The trial où j’ai appris à imiter sa voix pendant des années.

        • Tornado  

          Incroyable de trouver à la fois quelqu’un qui n’aime pas du tout les mêmes choses, et qui aime également absolument les mêmes choses…
          Ton TOP 10 est très bien pour moi excepté ÇA IRA.
          « The Final Cut qui me fait finir en larmes à chaque fois » : Te souviens-tu que je disais la même chose dans mon article sur Gilmour ?
          « Every Stranger Eyes : une merveille » : Oui, il me fait également un très gros effet. Depuis toutes ces années…

          Waters n’est pas un guitariste mais parfois il sort des arpèges sympas. Exemple (je trouve) avec le titre que j’ai choisi de sa BO WHEN THE WIND BLOWS.

        • Tornado  

          Je n’irai pas aussi vite en besogne concernant la comparaison entre Waters et Dylan.
          Dylan me fait penser à Picasso : Un créateur génial doublé d’un bel opportuniste. Dylan passe à l’électricité pile au bon moment pour la postérité. C’est-à-dire suffisamment tôt pour faire partie des pionniers. Il se met au country rock juste après Gene Clark dont il jalouse l’album (WHITE LIGHT), et juste avant que le genre soit à la mode. Il reprend le duo avec Emylou Harris juste après le décès de Gram Parsons, dont les albums sont passés inaperçus (à l’époque). Il se met au reggae pile au bon moment, etc.
          Il ne valait mieux pas, de son vivant, inviter Picasso chez soi si l’on était un artiste car il te piquait toutes tes idées et s’arrangeait pour que ça marche mieux que toi. Avec le recul je trouve que Dylan est de la même race. Donc, autant pour l’intégrité…
          Il a été un million de fois plus prolifique que Waters. Mais ce dernier, pour moi, a créé des oeuvres plus puissantes et plus originales.
          Je ne suis pas musicologue. Mais c’est comme ça que je vois les choses de mon niveau.

    • Tornado  

      J’ai lu quelque part que les trois meilleurs bassistes de l’époque auraient été John-Paul Jones, John Entwisle et Roger Glover. Peut-être mais personnellement j’ai toujours été fan du jeu de basse de Waters et de Mac Cartney. Et ceux-là ne sont jamais cités comme des bassistes importants (on les cite évidemment pour bien d’autres choses, mais pas pour ça), alors que pour moi c’est une évidence.

      • Jyrille  

        Y avait pas Jack Bruce dans le tas ?

        • Tornado  

          Non. Le bouquin citait « John-Paul Jones et John Entwisle, et peut-être Roger Glover »…

  • Bruce lit  

    Parce que, quand même, il faut en parle de Roger Waters.
    Je ne sais pas si tu t’en rappelles mais dans les années 80-90 voire début 2000, Waters était vraiment considéré comme un loser. Je considère sa carrière solo comme un échec total. Le mec dit : Pink Floyd, c’est moi, je vais aller me la péter ailleurs. Or son Pro et Cons est un chouette album, mais personne ne le comprend. Sur scène, il y a 6000 personnes dans des salles de 12000. Waters ne s’en remettra jamais. Dommage, car c’est à ce moment qu’il joue tous ces titres solos sur scène et une poignée de ceux du Floyd. Kaos est un album nul. Il lui faudra ensuite 12 ans pour Amused qui fait un un tel four qu’il ne tourne même pas.
    Lorsqu’il recommence à le faire , il joue deux titres de son nouveau répertoire et la dernière tournée aussi. Voilà pourquoi je ne veux plus le voir sur scène : je n’y ressens rien. Son projet ne tient plus la route. La place de Waters est inconfortable. Paul Mc Cartney ou Sting sont des bassistes mais aussi des chanteurs prodigieux et musiciens polyvalents.
    Waters ne brille pas à la guitare, ne joue plus de son instrument de prédilection et la moitié du répertoire est chanté sur scène par ses choristes ou ses musiciens. Dès lors, son show c’est un Tribute Band animé par l’ex de Pink Floyd. Il marche, fait des poses bizarres et très convenues. Le jour où il chantera plus de 6 chansons de son répertoire solo, je suis capable de claquer une fortune pour aller l’applaudir. Mais là, pour le voir faire son « ouh Trump est un porc », « Israel est une dicatature » « Le capitalsme, c’est pas gentil » , je trouve que c’est indigne de lui et le boycotterai autant que lui a appelé au boycott de tel ou tel artiste.
    Sur scène, Gilmour reste plus intéressant : son répertoire solo et Floydien est équilibré et revisité même si il n’y a plus d’effets spéciaux.

  • Tornado  

    Entièrement d’accord, sur tous les points.
    J’avais acheté AMUSED TO DEATH dès sa sortie quand j’étais étudiant, et revendu au bout du compte car, après RADIO KAOS, revendu aussi en son temps, je n’y retrouvais pas la magie passée. Et pendant ce temps je n’arrivais pas à me défaire des albums de Pink Floyd post Waters qui, bien que n’étant pas terribles, perpétuaient un peu cette magie, même de loin. Près de quarante années après son départ du groupe (40 ans !!!), il n’a quasiment rien fait… C’est sûr que de ce côté c’est pas Dylan ou Mc Cartney… Et effectivement je n’irai pas le voir, personnellement, pour l’entendre déblatérer contre les méchants de ce monde…

    Tu aimes vraiment ÇA IRA ? Tu aimes vraiment AMUSED TO DEATH en entier ? Il n’y a que 5 titres de l’album que j’écoute. Et ce sont loin d’être mes préférés de son répertoire.

  • Bruce lit  

    Oui j’aime AMUSED TO DEATH
    Sa face A est du très bon Roger Waters solo. La Face B aurait pu être du Pink Floyd. Je connais ce disque par coeur.
    Et j’adore CA IRA même si certaines parties musicales sont assez bancales. Voilà un truc que je verrai probablement les larmes aux yeux si le show était monté. Le disque est sorti en VF et en VO (traduites en anglais soi disant par Roger Waters, n’importe quoi…il ne parle pas français….).
    C’ets la VF qu’il faut privilégier.

  • Tornado  

    J’écoute de l’opéra. Je connais tous les classiques. J’ai été abonné à l’opéra de Toulon pendant des années. ÇA IRA c’est de l’opéra très, très moyen. Même assez kitsch je dirais. En règle générale les fans de Waters qui vont jusqu’à écouter ÇA IRA ça m’agace parce qu’ils aiment un truc moyen alors qu’à côté ils ne connaissent pas un seul vrai chef d’oeuvre du genre. Bon, avec toi je ferais une exception parce que tu es mon ami 😉

    The Ballad of Bill Hubbard, Three Wishes, Too Much Rope et la chanson-titre sont très bien dans AMUSED TO DEATH. It’s a Miracle est Ok mais un peu énervante à la longue. Tout le reste de l’album m’est insupportable. Je précise que je n’écoute pas les paroles et que dans ce cas je ne réagis qu’à l’émotion de la musique et du chant. Waters est à la ramasse de ce côté là sur cet album. Alors que franchement je suis très agréablement surpris de Is This The Life We Really Want ? Après plusieurs écoutes, tout l’album me plait. Quelques paroles par ci par là me disent que c’est un album engagé politiquement. Mais encore une fois quand j’écoute du rock je ne me focalise pas du tout sur le texte. J’aime beaucoup ce dernier album.

    • Bruce lit  

      AMUSED TO DEATH a un son exceptionnel. C’est vraiment du cinéma pour les oreilles. WATCHING TV est une chanson assez émouvante mais j’aime tout l’album.
      CA Ira : quelle version as-tu écoutée ?

  • Tornado  

    La version française. Les paroles sont d’Etienne Roda-Gil non ?

    • Bruce lit  

      Oui, j’en suis fou, tout comme de la voix des chanteurs. C’est très puissant. La version anglaise n’a aucun intérêt.

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