Born Toulouse !

Toulouse Game Show Springbreak avril 2016

TEXTE  SONIA SMITH

PHOTOS  : SONIA SMITH et VINCENT DARCQ

logo du TGS

Logo du TGS

Attirée par les grands noms présents au TGS Springbeak de ce mois d’avril 2016, je me suis décidée à faire un peu plus de six heures de route en compagnie de mon équipier, Vincent Darcq, dont je salue la patience et la bonne humeur, afin de découvrir la ville rose et cette convention dont les copains de Comics Ovore me vantent les vertus depuis des mois.

Nous voici donc partis sur les routes de France, nantis de la responsabilité de représenter à la fois Planète BD, Bruce Lit et de retrouver l’équipe de Comics Ovore fort bien représentée sur place par trois de ses membres, Robin, Benji et Loïc. Après une arrivée mouvementée – un parechoc défoncé par un Parisien un peu trop distrait – nous voici à pied d’œuvre. On se console chez Loïc autour d’un bon repas.

Nous arrivons très tôt sur le TGS alors que tout le monde est encore en train d’installer les stands, l’accueil du service presse du TGS est fort sympathique et particulièrement efficace. Quant au TGS Comics, nous n’avons pas à le chercher bien longtemps. Bien loin d’être reléguée dans un coin, la partie Comics est fort bien mise en valeur, se trouvant véritablement au cœur de la place, juste après l’entrée.
Sur le stand, les bénévoles s’affairent : Noël Gourvennec met fin, avec sa fille, aux derniers préparatifs de son stand de comics vo qui regorge de petites pépites et nous accueille chaleureusement. Un peu plus tard arrive la légendaire Katchoo, la grande prêtresse du Lesbian Geek Blog, qui seconde Paul Renaud dans l’organisation de l’événement. Nous sommes immédiatement invités à partager un café en attendant l’arrivée des auteurs.

Rencontre au sommet avec Noël de Gourvy Comics, Katchoo et Loïc

Rencontre au sommet avec Noël de Gourvy Comics, Katchoo et Loïc

Nous nous renseignons quelque peu sur l’organisation des dédicaces, tous les artistes présents dédicacent les comics sans aucun souci mais parfois avec restriction comme Humberto Ramos qui offre une dédicace gratuite mais fait payer les suivantes et les tarifs des commissions sont très variables.

Autour du petit îlot Comics commencent à défiler des cosplayers qui nous rappellent que ce TGS est aussi consacré aux fans de manga et de pop’ culture en général, nous croisons des hordes de Stormtroopers, des fans de Naruto aux déguisements plus ou moins réussis mais aussi des Jokers et des Deadpool ou autres Spiderman et des sympathiques Avengers qui posent pour nous.

Enfin arrivent les artistes, les stars que nous attendons : le plus matinal est Xavier Fournier, le grand maître de la revue de référence Comic Box dont le numéro 100 sort incessamment. Ce numéro anniversaire aura pour rédacteur en chef Mark Millar et comprendra une liste impressionnante d’invités de marque. Un numéro incontournable, à ne manquer sous aucun prétexte !

Tout d’un coup apparait, jovial, en face de nous Arthur Adams, d’une simplicité déconcertante. Je n’ai pu hélas lui prendre une commission, ses tarifs étant trop élevés pour moi, mais il a signé avec bonne humeur tous mes comics et s’est prêté au jeu de la photo souvenir. Franchement, la bonhommie d’un si grand artiste fait plaisir à voir. A ses côtés s’installe Joyce Chin dont on connait le travail pour DC et pour Dynamite sur des titres comme Vampirella, Xena ou Red Sonja. Joyce Chin est joviale et son rire franc vous met de suite à l’aise, je lui demande une commission : un Phénix noir bien sûr !

Arthur Adams

Arthur Adams

A proximité d’Arthur Adams et de Xavier Fournier se tient Olivier Vatine, l’immense auteur d’Aquablue bien connu des fans de Star Wars. Je n’ai hélas pas pu l’aborder devant repartir assez tôt mais mon acolyte Vincent a longuement échangé avec lui sur le marché de l’édition, Star Wars ou son héroïne Cixi de Troy.

Un peu plus loin, Barry Kitson, connu pour ses travaux dans le magazine 2000AD puis pour DC où il dessine les plus grandes figures de la firme, est appliqué sur sa table de travail. Lorsque nous arrivons, il lève la tête et nous salue d’un sourire en coin. Il me dessine également un Phénix noir en m’expliquant qu’il adore travailler sur ce personnage haut en couleurs.

Le Phénix de Kitson

Le Phénix de Kitson

A ses côtés arrive un autre géant des comics, le dessinateur légendaire de Watchmen : Dave Gibbons. Ce monstre sacré est lui aussi d’une simplicité étonnante. Lorsque vous arrivez à sa hauteur, il se lève, vous serre la main et vous donne immédiatement l’impression que vous êtes son meilleur ami. Tout en dédicaçant vos comics – j’ai vu passer entre ses mains un nombre incalculable et toutes sortes d’éditions de Watchmen – Dave Gibbons s’intéresse à votre origine géographique. Entendre dire par Dave Gibbons que tout ce qui vient de Bourgogne est forcément quelque chose de bien, ça fait plutôt plaisir ! Nous avons eu le privilège de l’interviewer pour Planète BD et son humour anglais a fait notre bonheur.

Plus loin, Humberto Ramos est encadré de près par son agent, il est plongé en permanence dans les planches et les commissions qu’il réalise. Les dédicaces d’Humberto Ramos sont payantes, à l’exception de la première. Ce système est assez contraignant et un peu frustrant, mais au vu des valises que certains amènent avec eux pour les dédicaces, on est tentés de le comprendre. Lors de notre interview pour ComicsOvore, nous avons rencontré un homme attentif et sympathique.

Humberto Ramos

Humberto Ramos

A sa gauche, Stéphanie Hans et Marguerite Sauvage assurent le show et échangent volontiers sur leur expérience chez Marvel ou DC. Stéphanie Hans est une globe-trotteuse qui enchaîne les conventions aux quatre coins du monde. Je repars avec mon troisième Phénix noir du au talent de Stéphanie Hans et une Wonder Woman de Marguerite Sauvage. S’ensuit une interview avec Stéphanie qui évoquera ses débuts, sa carrière chez Marvel et son sentiment sur la place des femmes dans l’édition et le milieu des illustrateurs.

 Stéphanie Hans et Marguerite Sauvage

Stéphanie Hans et Marguerite Sauvage

Et puis, je dois enfin vous raconter une rencontre très marquante pour moi, mon face à face avec Claire Wendling à laquelle les autres artistes sont venus dire toute leur admiration. Je dois vous avouer que j’étais très impressionnée par cette grande dame. Oui, elle est parfois un peu lasse qu’on lui amène Les lumières de l’Amalou en dédicace – même Arthur Adams avait le sien ! Certes, elle est dépitée par la polémique honteuse et stupide au centre de laquelle elle s’est trouvée à Angoulême mais quand Claire Wendling vous parle, c’est un monstre sacré de l’illustration, une artiste d’une profondeur et d’une grandeur à nulle autre pareille. A un talent fou, elle allie un magnétisme surprenant et vous offre une attention qui vous permet de vous sentir unique. Au milieu de tous ces monstres sacrés, je dois avouer que mon cœur bat plus fort quand je parle de Claire Wendling. Je repars avec un magnifique dessin et des étoiles plein les yeux !

 deux monstres sacrés : Claire Wendling et Dave Gibbons

Deux monstres sacrés : Claire Wendling et Dave Gibbons

Il faut aussi parler du grand ordonnateur de cet événement : Paul Renaud, l’homme qui a donné de sa personne pour que le TGS Comics soit un réel succès d’année en année. Paul Renaud se multiplie pour accueillir les fans que nous sommes et prévenir tous les désirs des artistes. En plus de l’organisation, Paul réalise également des free sketches pour les nombreuses personnes qui faisaient la queue.

Parlons donc de l’ambiance qui est restée vraiment familiale, chaque artiste était abordable avec des temps d’attente très variables selon les périodes de la journée mais tout le monde a pu voir qui il voulait et échanger sans aucun problème. Evidemment, il y avait quelques inévitables chasseurs d’autographes « professionnels » mais dans l’ensemble, l’attente dans les petites files était très détendue et on discutait volontiers avec ses voisins.
Enfin, je n’ai hélas pas pu assister aux conférences dont les sujets me passionnaient pourtant. Toutefois, comme les organisateurs du TGS pensent à tout, ces conférences sont visibles sur le site du TGS ce qui permet de se consoler un peu.
Je finirai en remerciant tous les organisateurs et les bénévoles qui ont fait de cet événement un franc succès à mes yeux. Loin d’une ambiance froide et mercantile, ce TGS Springbreak a permis de beaux échanges avec des artistes de premier plan. En repartant dimanche, on avait presque l’impression de quitter sa famille, ce qui est pour moi le signe d’un rendez-vous plus que réussi.
A bientôt Toulouse !

Paul Renaud

Paul Renaud

15 comments

  • Bruce lit  

    Aujourd’hui pas mal de geeks se réveillent avec la gueule de bois, des ampoules aux pieds et le porte-monnaie vide ! Deux semaines de convention quoi ! de Toulouse à la PCE hier, notre envoyée spéciale Sonia Smith nous raconte ses rencontres avec Dave Gibbons, Arthur Adams, Stéphanie Hans, Paul Renaud et Humberto Ramos. Ainsi que la légendaire Katchoo Scarlettinred et bien d’autres.
    La BO du jour : Adieu Toulouse, bonjour Paris !https://www.youtube.com/watch?v=VaYzDNfgTDc

    Une belle immersion in situ Sonia ! Cette convention sent bon l’organisation familiale et passionnée. Peut-être me laisserai je tenter pour la prochaine. Et puis Dave Gibbons quoi ! Lorsque je lis les compte rendu, de ci de là, et pour rappel de la Comic-Con, c’est juste, quoi, pas forcément tentant de se sentir comme du bétail pour des photos et autographes à des prix….Mais je comprends que l’on puisse y aller, rien que pour l’ambiance et finalement peut-être ce qui m’intéresserait plus : la rencontre avec les autres bloggers. De beaux souvenirs en tout cas….

  • Nicolas Giard  

    Toulouse Grand Sud, chez moi ! J’y ai vécu 12 ans, et j’y ai de très bons souvenirs bd et comics, avbec la Librairie Bédéciné et la defunte librairie Toutencartoon specialisée en Comics.

    Que d’heures de lecture… Et maintenant les geeks sont les rois du monde alors qu’il y a 20 ans nous étions traités comme des marginaux.

    Une belle récompense.

    • Sonia Smith  

      C’est vrai qu’on a fait du chemin quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, on nous regardait avec dédain et maintenant, on fait des papiers sur les conventions comics dans Télérama et Le Monde ou des reportages sur Arte ;-).
      Vraiment conquise par l’ambiance du TGS, je reviendrai, c’est sûr !

  • Vincent  

    « Vincent Darcq, dont je salue la patience et la bonne humeur »

    On ne peux qu’être de bonne humeur, lorsque l’on est si bien accompagné!

  • Presence  

    Excellent titre d’article, sourire garanti.

    J’aime beaucoup ces articles qui permettent de visiter une convention, avec un regard personnel, et en bénéficiant même d’un traitement VIP, laissant entrevoir les coulisses de l’organisation. Je dois dire que la doublette Stéphanie Hans & Marguerite Sauvage fait saliver, au vu de la personnalité sans compromission qu’elles ont apportée dans les comics qu’elles ont dessinés. Je n’avais jamais entendu parler de Claire Wendling, il va falloir que je cherche sur google.

    • Sonia Smith  

      Merci Cher Présence, l’avantage de ce type de rendez-vous est que tu peux aussi y découvrir des artistes dont tu avais moins entendu parler et de t’intéresser ainsi davantage à leur travail et franchement, chacune des personnalités présentes à Toulouse vaut le détour !

  • JP Nguyen  

    Merci pour le reportage ! Du coup, j’ai presque l’impression d’y avoir été…
    Personnellement, je ne suis pas grand amateur de conventions. La perspective des longues files d’attente et mon naturel réservé ne me font pas rechercher les endroits très fréquentés.
    Les dédicaces et commissions, c’est super-cool mais ça peut aussi tourner à la foire d’empoigne quand l’orga est défaillante, ce qui ne semble pas du tout le cas pour le TGS…
    Ma dernière visite dans un festival, c’était il y a 10 ans, à Angoulême. J’avais croisé Jim Lee dans le TGV et étais reparti avec un sketch de DD par Lee Bermejo. Chouettes souvenirs mais pas de quoi me motiver pour y retourner.

    • Sonia Smith  

      J’avoue que je suis toujours un peu effrayée avant d’aller dans une convention, je ne suis pas non plus adepte des foires d’empoigne. Au TGS, tout le monde a pu trouver sa place et parler avec les artistes, les files étaient bien organisées et la bonne ambiance était au rendez-vous. Il y a toujours des inévitables collectionneurs compulsifs, un peu effrayants et pas très épanouis, mais à Toulouse, ils étaient peu nombreux 🙂

  • Tornado  

    Je connaissais Claire Wendling mais par… « Les Lumières de l’Amalou ». Du coup, il n’est pas certain que ça lui fasse plaisir d’après ce que j’ai cru comprendre…

    Comme je l’ai déjà dit, j’ai un rapport ambivalent avec les conventions et autres festivals de BD. J’ai horreur de la foule et des manifestations et je refuse de faire la queue en toute circonstance. De plus je n’assume pas toujours ma part de geekitude… Mais en même temps j’adore ça et j’aime beaucoup admirer les cosplays et les stands où on peut chiner pour trouver des raretés en tout genre ! 😀

    Merci pour ce tour d’horizon, qui me fait regretter de ne pas aller à la convention Star Wars de Cusset le 30 avril prochain. Je l’ai fait l’an dernier parce que j’étais en vacances chez mon beau-père et que c’est à 5 mn de chez lui ! Mais cette année, niet… 🙁

    • Sonia Smith  

      Je te comprends parfaitement, je hais profondément la foule mais pour rencontrer ces personnalités, je n’avais pas d’autre choix, alors banco et finalement, l’ambiance est tellement extra que ça se passe fort bien ! Le TGV pour aller à Paris la semaine suivante me fut bien plus pénible que la foule du TGS, c’est pour dire. On est bien entre geeks et personne n’émet de jugement, personnellement, ça me fait du bien d’échanger avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêt que moi autrement que virtuellement et regarder les artistes dessiner me fascine réellement alors, j’ai pris sur moi et je ne le regrette pas, c’était vraiment bien 🙂

  • Jyrille  

    Sonia, merci beaucoup pour la visite guidée ! D’un côté, je suis jaloux de tes rencontres, de l’autre, je me dis que ce n’est vraiment pas pour moi, ces grandes concentrations… Claire Wendling, je la connais un peu, mais je n’ai jamais lu sa bd. C’est une illustratrice de très très haut niveau, une spécialiste du dessin d’animaux. Stanislas Gros en est fan. Elle a une page Facebook je vous y invite à jeter un oeil, ses dessins sont vraiment splendides et très impressionnants.

    • Sonia Smith  

      Sincèrement, le TGS Springbreak est très accessible et vraiment à taille humaine, la foule reste gérable (elle est surtout du côté manga) et les artistes très faciles à aborder, donc là, pas de stress, tout se passe vraiment bien

  • Matt & Maticien  

    Merci pour ce reportage très sympa. On a le sentiment d’y être et effectivement de bénéficier de ton statut VIP 😉 merci

    • Sonia Smith  

      De rien, c’est un plaisir d’avoir pu faire ce petit compte-rendu qui prolonge un peu ce séjour agréable 🙂

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