Cadence to arms

Michonne ressort le sabre

Michonne ressort le sabre©Image Comics

The Walking Dead tome 26 : Call to arms par Robert Kirkman et Charlie Adlard

Par : THIERRY ARAUD

VO : Image

VF : Delcourt

Cet article portera sur le tome 26 de la série Walking Dead par Robert Kirkman et Charlie Adlard.

Ce tome comporte les épisodes 151 : Call to Arms, 152 : United in fear, 153 : Heavy hangs the head, 154 : Led to slaughter, 155 : Tip of the spear et 156 : Queen and King.

Cet article est garanti sans spoilers.

On a pût, tout a fait légitimement, trouver qu’à une certaine période, The Walking Dead ronronnait doucement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis plusieurs tomes ce n’est plus le cas. Et ce tome là en est un exemple incontournable.

Au point que le pauvre chroniqueur que je suis s’est longuement demandé comment vous le présenter. Car, le moins que l’on puisse dire c’est que cela bouge dans tous les sens.
Les coups de théâtre se succèdent sur un tempo plutôt rock’n’roll et les 30 jours d’attente entre chaque parution m’ont été une torture insupportable. Je ne sais plus combien de boîtes de Xanax il m’aura fallu pour tenir le coup…

Comme au bon vieux temps

Comme au bon vieux temps ©Image Comics

Bref, il y a dans ce tome des situations qui impacteront gravement la suite de la série. Je vais tenter de vous en parler sans spoiler votre plaisir de lecture.

Cela pourra paraître une évidence, mais ce tome est la suite du précédent. Suite d’un point de vue narratif, bien sûr, mais suite d’un point de vue thématique également. C’est à dire que Robert Kirkman continue d’examiner la relation au pouvoir de certains de ses personnages. Le tome 25 montrait Rick devant faire face à la fin de son utopie et être obligé de créer une force armée pour protéger Alexandria des Whisperers.
L’entraînement a commencé, sous l’égide de Dwight et, avec quelques morts vivants qui passaient par là, les « soldats » s’entraînent en conditions réelles.

Tous ne s’en sortent pas forcément bien et celui qui se plante le plus c’est… Rick lui-même. Comme s’il avait définitivement tourner la page de l’homme d’action d’avant pour celle du gouvernant, du Prince.
Le père Gabriel revient plus précisément dans le récit en demandant à subir lui aussi l’entraînement armé. Cela peut paraître un peu étonnant pour un prêtre et si l’on peut comprendre que tirer sur des choses déjà mortes peut ne pas causer de problèmes déontologiques, dégommer du whisperers comme au stand de tir, c’est une autre histoire.
Mais Kirkman à l’habitude de ces situations qui semblent idiotes et qui se transforment en récit poignant. Wait and see.

Sur ces entrefaites, il va se produire en 2 épisodes, 2 coups de théâtre qui, personnellement, m’ont fait dresser les poils des avants bras. Pas question ici d’en parler. Sauf à dire que même quand on se dit qu’un truc va bien finir par arriver et qu’il arrive enfin, ça vous laisse quand même sur le popotin.

Si cet arc n’est pas avare d’action (on tourne même les pages avec frénésie), Kirkman prend le temps de ralentir le tempo de loin en loin pour creuser les relations entre personnages, creuser un peu plus la psychologie de certains et cela donne un rythme aéré et une lecture agréable. Bref, du grand art.

Une petite pause

Une petite pause ©Image Comics

La deuxième partie de l’arc va voire les choses s’accélérer notablement. Plus d’action, certes mais aussi une certaine dérive de Rick dans son rôle de leader.
Suite à la création de la « force armée », Rick entreprend d’entretenir la haine entre les habitants d’Alexandria et les whisperers. On voit ainsi apparaître, sur les murs de la ville des slogans du style : Silence the whispers.

Alimenter la haine, placer les gens dans une situation de crainte continue, est-ce vraiment une solution fiable ? Surtout quand les gens sont armés. Les risques d’accident peuvent devenir nombreux et, avec au départ la volonté d’assurer la sécurité des gens, n’est ce pas quelque peut contre productif ?

La politique du pire ?

La politique du pire ? ©Image Comics

Il me semble que la question habilement posée par Robert Kirkman est celle de l’instrumentalisation de certaines peurs et leur utilisation pour justifier des comportements ou des décisions qui peuvent devenir dangereuses.
On ne peut manquer de penser à la même instrumentalisation qui a lieu en France aujourd’hui même concernant certain fait vestimentaire.

Il y a deux façons de régner par la terreur : en se faisant craindre ou en entretenant une peur légitime mais qui peut se tromper lourdement de cible. A ce niveau là, il me semble que c’est l’une des premières fois que Robert Kirkman s’attaque de front à un problème politique.

Kirkman creuse aussi la psychologie de deux autres personnages et plonge au plus profond de leur conscience pour essayer de déterminer, chez des êtres violents, quelle est l’origine de cette violence et quelles émotions contradictoires elle sert à cacher.
C’est alors que certains qui semblaient impitoyables se révèleront bien plus faibles qu’ils n’osent le prétendre ou bien alors, morts au monde qu’ils subissent suite à un traumatisme indépassable.
Bon, sur ce point de vue là, j’aurai, certes, des tonnes de trucs à écrire, mais je me contenterai de vous laisser sur votre faim.

Qu’il me soit permit toutefois de vous révéler que la dernière image du numéro 156 est d’une force et d’une puissance incroyable et aura immanquablement une portée qu’on devine indicible (d’ailleurs vu le titre du prochain arc…). Kirkman est le roi du contre pied. Ce type ne finit jamais là où vous l’attendiez.

Où l’on s’aperçoit que Rick n’a pas que des amis

Où l’on s’aperçoit que Rick n’a pas que des amis©Image Comics

Depuis, qu’avec « All out war », il prend l’habitude de développer ses récits sur un format moins strict que 6 épisodes, on le sent de plus en plus libre et capable de construire des histoires profondes, humaines, avec des thématiques adultes, des questionnements éthiques, sociétaux, philosophiques et bien évidemment de l’action.

Mais surtout avec une vision sur le long terme de l’évolution des personnages et de leurs modes de vie. C’était de toute façon inévitable maintenant que le but n’est plus la survie au quotidien, mais la création d’une nouvelle façon de vivre apte à produire de l’espoir et du lien social. Robert Kirkman en a complètement conscience et sait adapter la forme et le fond de ses récits à cette situation. C’est une technique qu’il utilise de longue date sur Invincible et il l’a transposée avec talent et efficacité à The Walking Dead.
Bref et pour résumer, un des meilleurs arcs de The Walking Dead ! 5 étoiles sans hésitation.

Qui va devoir essuyer  ?

Qui va devoir essuyer ?©Image Comics

« Ca va charcler »3/5
Pour cette 26ème édition qui sort aujourd’hui, découvrez si Rick Grimes souffre d’hémorroïdes ou d’une terrible constipation. Le Dr Thierry Araud a dévoré ce nouveau Walking Dead et vous le jette en pâture chez Bruce Lit sans aucun spoilers !

La B.O. du jour :
Comme il est question d’appel aux armes, voici un petit live d’un classique écossais, revu et corrigé par les dignes successeurs des Pogues : Dropkick Murphys :

37 comments

  • Jyrille  

    J’ai donc lu ce tome et effectivement, les coups de théâtre s’enchaînent à grande vitesse. Cela faisait bien longtemps que TWD n’avait plus fait ça ! Au-delà de ce que tu pointes, je trouve que l’idée la plus intéressante est celle de la radio. Il y aurait beaucoup à en dire non ? Et bien sûr cela ouvre une tonne d’autres portes pour la suite de la série. Sinon, bravo, tu ne divulgues rien.

    Et encore une fois, je trouve que Adlard s’améliore.

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