C’est plus beau qu’un Soutine. (Ailefroide)

Ailefroide – Altitude 3.954, par Olivier Bocquet & Jean-Marc Rochette

Article de PRESENCE

VF : Casterman

 © Casterman

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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. La première édition date de 2018. Il a été réalisé par Jean-Marc Rochette (scénario, dessins, encrage, couleurs), et Olivier Bocquet (co-scénariste). Il comprend 278 pages de bandes dessinées. Il s’ouvre avec une citation de Gaston Rébuffat (1921-1985, alpiniste français) sur le Massif du Haut-Dauphiné. Il se clôt avec une postface de 5 pages rédigée par Bernard Amy (1940-, alpiniste, écrivain et chercheur français) sur l’entrée en montagne, la première expérience, texte accompagné de 7 pages de photographies. Rochette a déjà travaillé avec Bocquet pour Transperceneige : Terminus (2015), la suite de Transperceneige (1982, 1999, 2000, avec Jacques Lob et Benjamin Legrand). Récemment a été réédité Le tribu avec Benjamin Legrand.

Au musée de Grenoble, un jeune Jean-Marc Rochette reste en arrêt devant le tableau Le bœuf écorché (1925), de Chaïm Soutine (1894-1943). Il s’apprête à céder à la tentation de le toucher quand sa mère le rappelle à l’ordre. Il est temps de partir. Ils sortent et remontent dans leur voiture, une Ami 6 Citroën. Sa mère décide que son fils a besoin de faire une promenade dans la montagne avoisinante. Ils marchent sous la pluie, avec leur poncho à capuche. Ils arrivent en bordure d’un lac alors que la pluie a cessé, et Jean-Marc grimpe sur un sommet proche. 3 ans plus tard, Jean-Marc est adolescent et son copain Philippe Sempé sonne à sa porte. Il porte son casque sur la tête et son matériel d’escalade dans son sac à dos. Sempé constate que Jean-Marc n’a pas de matériel digne de son nom. Il lui présente son propre matériel, et l’emmène voir un copain Éric Laroche-Joubert pour lui emprunter du matériel. Ils arrivent à le convaincre. Ainsi équipés, ils se rendent sur le cyclomoteur Solex de Sempé, au pied d’une falaise d’entraînement que Jean-Marc trouve particulièrement moche.

Sempé prend le guide pour vérifier la difficulté de l’ascension et il explique la cotation des voies à Jean-Marc. Il lui explique ensuite comment passer son baudrier, comment s’encorder, comment faire un nœud de chaise, et comment l’assurer. Sempé passe en premier, et Jean-Marc le suit en suivant scrupuleusement ses conseils. Après un moment d’inquiétude dans un passage difficile, Jean-Marc rejoint Sempé au sommet. Les 2 amis apprécient la vue et se charrient sur leur performance respective, en se marrant bien. Le temps est venu de la descente. En revenant chez lui, Jean-Marc indique à sa mère le plaisir qu’il a pris à grimper, encore tout excité par l’expérience. Sa mère n’est pas très réceptive, ni encourageante. Il lui indique qu’il va avoir besoin de matériel ; elle lui indique que c’est conditionné à l’obtention d’un 15 en allemand. Il obtient la note nécessaire et quelques jours après, il se rend à la Bérarde avec Sempé pour une nouvelle ascension. Après une montée assez longue en vélomoteur, ils arrivent au refuge. Ils indiquent au responsable qu’ils veulent manger et y dormir. Ils se font jeter avec moult invectives parce qu’ils n’ont pas de quoi payer. Ils en sont réduits à passer la nuit à la belle étoile à un bivouac, et à lire le Topo pour se renseigner sur l’emplacement des différentes voies d’escalade.

Épiphanie  © Casterman

Épiphanie
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Il s’agit donc d’une bande dessinée autobiographique qui retrace la période la vie de l’auteur Jean-Marc Rochette, depuis son coup de foudre pour la montagne, jusqu’à l’abandon de son projet de devenir guide haute montagne. Afin de l’aider à prendre un peu de recul sur sa vie, il a travaillé avec Olivier Bocquet qui a structuré les séquences, l’architecture de la biographie, et ramassé les événements et écrits les dialogues. Avec le dessin de couverture, le lecteur prend conscience que la narration va présenter un aspect brut, des dessins fonctionnels, pas pour faire joli, plus l’impression que produisent les montagnes, les pics, les versants, la roche, les glaciers, qu’une représentation photoréaliste. Le ton de la narration est en phase avec les dessins, sans lyrisme, sans romantisme, sans enjolivement. Le lecteur éprouve l’impression d’un reportage réalisé sur le vif, sans chercher à mettre en valeur les individus, avec des phrases courtes et factuelles qui laissent le lecteur libre de sa réaction émotionnelle. Le lecteur sait qu’il s’agit d’une reconstruction de souvenirs, réalisée 40 ans après les faits et présentée sous la forme d’une bande dessinée, c’est-à-dire une adaptation des faits se pliant aux règles de la bande dessinée. Pour autant, il se retrouve transporté aux côtés de Jean-Marc dès la première page devant le tableau de Chaïm Soutine, sans jamais songer à remettre en cause ce qu’il voit, sans éprouver l’impression d’une hagiographie à quelque moment que ce soit.

Les 2 premières séquences servent à mettre en place les passions de Jean-Marc Rochette : la peinture, la montagne. Ces 2 séquences sont sobres et efficaces montrant la réaction de l’enfant face au spectacle qui s’offre à lui, le lecteur éprouvant son émotion, se trouvant en phase avec son état d’esprit. C’est une leçon de dosage des éléments présents sur la page, sans sensation démonstrative, sans dramatisation exagérée. La séquence suivante dure un peu plus de 20 pages, pour la première grimpe de Jean-Marc, son initiation à un sport de haut niveau et très technique. Pour un lecteur profane, c’est également une initiation indispensable pour comprendre qu’il s’agit d’alpinisme et pas de simple balade en montagne, avec des passages difficiles. De l’avis des apprentis guides de haute montagne ayant vécu cette époque, c’est une restitution fidèle des sensations de la première fois, et par la suite de la manière de pratiquer, du matériel, de l’entraide, des prises de risques. La première qualité de ce récit est donc le témoignage de la pratique de l’alpinisme dans les années 1970, que ce soit pour le matériel, pour les termes techniques (du nœud de Prusik au Topo, le guide papier utilisé par les grimpeurs pour trouver l’emplacement des voies d’escalade sur les falaises et en montagne), pour les installations, pour l’organisation, pour les caractéristiques de l’émulation dans ce milieu. Les pratiquants de ce sport ont loué l’exactitude des dessins du point de vue descriptif des techniques et du matériel.

Un sport technique  © Casterman

Un sport technique
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Le récit et les images ne se limitent pas au témoignage de la pratique de l’alpinisme dans ces années, car ils contiennent aussi la reconstitution historique des environnements où se déroule l’histoire, lorsqu’il ne s’agit pas de la montagne. En page 9, le lecteur reconnaît tout de suite le modèle Ami 6 de la marque Citroën, et la Deudeuche en page 176. Le dortoir de l’internat apparaît plus vrai que nature dans son dénuement. L’évocation du surgénérateur Phénix de Creys-Malville semble être extraite directement des archives télévisuelles de l’époque. La découverte des rues d’une grande métropole étatsunienne donne l’impression d’être en train de marcher aux côtés de Jean-Marc.

La restitution des conventions sociales de l’époque est plus discrète, mais tout aussi présente, que ce soit la liberté dont jouissent les adolescents pour escalader sans encadrement, les méthodes d’enseignement très directives, l’absence de formation à la gestion de la douleur des patients pour le personnel soignant, la montée des mouvements libertaires avec la participation au magazine Actuel. Ces éléments sociétaux sont intégrés au récit comme faisant partie de la vie de l’auteur. Le lecteur comprend que lorsqu’il y consacre plusieurs cases ou plusieurs pages, c’est qu’il s’agit événements ayant compté dans sa vie, ayant une valeur formatrice. Il évoque aussi ses premiers travaux en bande dessinée, comme la série Edmond le cochon (1979) avec Martin Veyron.

Toute une époque  © Casterman

Toute une époque
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Au vu du titre de l’ouvrage, le lecteur se doute que la montagne ou l’alpinisme tiennent un rôle aussi important que Jean-Marc Rochette lui-même. Environ 70% du récit se déroule en montagne, à marcher, à grimper, à redescendre. Jean-Marc Rochette donne son avis sur 13 voies d’escalade, par une courte annotation en bas de la page racontant sa propre ascension. Il consacre également 9 dessins en pleine page à la montagne. Le lecteur se rend compte qu’il n’éprouve jamais l’impression de voir 2 fois le même paysage. Les ascensions se déroulent de manière différente, racontée par quelqu’un qui les a faites. Le relief et les revêtements sont très différents d’une ascension à l’autre : la forme des parois, la nature de la roche, la présence ou non de neige ou de glace, etc.

C’est un exploit extraordinaire d’avoir pu ainsi rendre compte de la diversité des sites, de la rendre visible pour des lecteurs qui ne pratiquent pas la montagne. De prime abord, le lecteur peut être dubitatif devant les traits un peu bruts des dessins, le fait qu’ils ne soient pas peaufinés pour être plus précis, avec une qualité plus photographique. Très rapidement, il s’habitue à ce rendu esthétique, et constate qu’il transcrit avec force le caractère sauvage et minéral de la montagne. Le lecteur peut ressentir son caractère inhospitalier, la sensation de devoir se battre pour mériter sa place dans ces lieux, la conquête que cela représente, les risques de chute malgré le matériel, le gigantisme des massifs rendant minuscules les grimpeurs, la nécessité d’une attention de tous les instants pour déceler les crevasses, les endroits moins stables, etc. Rochette a l’art et la manière de faire voir les prises de risques, sans devoir se reposer sur les dialogues ou des explications, un exercice de vulgarisation aussi sophistiqué qu’élégant.

La montagne, c'est ça aussi. © Casterman

La montagne, c’est ça aussi.
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Très rapidement, le lecteur prend conscience qu’il ne s’ennuie jamais lors des ascensions. Il voit aussi qu’il dévore les pages à un rythme rapide, sans être creuses. L’artiste a intégré une quarantaine de pages silencieuses qui laissent au lecteur le temps d’admirer le paysage, d’en profiter, de prendre la mesure du gigantisme du spectacle qui s’offre à lui. Les dialogues sont concis et expressifs, portant à la fois des informations factuelles, à la fois des informations sur l’état d’esprit de celui qui s’exprime. Il en va de même pour les cartouches de texte, qui ne sont jamais envahissants, jamais du remplissage. Sous des dehors qui peuvent sembler frustes, les visages se révèlent expressifs, que ce soit celui toujours souriant de Philippe Sempé, ou celui souvent fermé de Rochette, se protégeant par un mutisme, même s’il n’en pense pas moins. Les personnages ne sont jamais réduits à des artifices narratifs, à des coquilles vides pour donner la réplique à Rochette. Les dialogues permettent de comprendre leur motivation propre, et le fait qu’ils ont une histoire personnelle.

Tous ces éléments (les voies d’escalade, les différentes facettes de la reconstitution historique, les individus rencontrés et leurs interactions) font que le lecteur peut ressentir les émotions, l’évolution de la construction personnelle de Jean-Marc Rochette par incidence, par un processus d’empathie tellement organique qu’il se transforme en intimité consentie, sans être intrusive. Le lecteur voit évoluer cet adolescent, au fur et à mesure de ses expériences. Il y a l’amitié avec Sempé, la sensation d’être vivant en pratiquant l’alpinisme, de se sentir bien et serein en montagne, l’éloignement progressif d’avec sa mère, les relations avec les femmes, le soutien de sa grand-mère, la révolte contre l’autoritarisme, le rapport aux autres, le jugement sur les adultes installés dans la vie, le rapport à l’effort et au dépassement de soi, etc.

Deuxième épiphanie  © Casterman

Deuxième épiphanie
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Les auteurs ne recourent jamais à un discours psychologique, encore moins psychanalytique, tout en mettant en lumière des moments d’une rare intimité personnelle. Juste après l’exaltation de la première grimpe avec Sempé, Jean-Marc évoque son sentiment de bonheur avec sa mère, et se retrouve déconcerté par son manque d’enthousiasme. Plus loin dans le livre, Jean-Marc a l’occasion d’emmener sa mère grimper en montagne et il se retrouve à lui servir de guide (inversant le schéma éducatif parent / enfant) dans une séquence d’une rare finesse, aussi bien psychologique qu’émotionnelle. Au fil des grimpes, le lecteur s’interroge également sur les risques pris par Jean-Marc Rochette, sur sa mise en danger, sur un comportement présentant parfois des symptômes d’addiction. Il voit comment le jeune adulte est confronté à la réalité de la mort à plusieurs reprises, sous des formes différentes. De scène en scène, le processus d’apprentissage se fait, provoquant des réminiscences, des échos chez le lecteur quant à ces points de passage de l’adolescence à l’âge adulte, par lesquels il est lui aussi passé au cours d’expériences de vie différentes. Ce récit très particulier d’apprentissage et de pratique de l’alpinisme participe de l’universalité de l’apprentissage de la vie.

Derrière un titre énigmatique et une couverture dépouillée et austère, le lecteur découvre un parcours de vie extraordinaire, avec une narration visuelle personnelle exprimant parfaitement le caractère de l’auteur, transcrivant la beauté austère de la montagne. Les auteurs réussissent un récit exceptionnel, donnant envie de s’adonner à la montagne (même sous forme de simple randonnée), un passage de l’adolescence à l’âge adulte rendant compte des différentes facettes de ce moment de la vie, une reconstitution d’une époque, d’une société, une étude de caractère pénétrante… Sans pouvoir se douter de la richesse de cette biographie, le lecteur éprouve un grand plaisir de lecture à s’immerger dans ce parcours de vie à la narration fluide et intelligente, à ressentir la puissance des émotions éprouvées, à se reconnaître dans certaines étapes (prise d’autonomie par rapport aux parents et aux figures tutélaires, passions, amitiés, tests de ses limites) attestant de l’universalité de certaines expériences humaines, indépendamment de la forme qu’elles prennent.

Partager les sommets à deux  © Casterman

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25 comments

    • Jyrille  

      Merci pour le lien, les planches sont vraiment splendides. Je pense en avoir vu certaines, notamment la planche avec la contre-plongée sur le type en train de monter et regarder vers le haut, car je suis Rochette sur FB, et c’est toujours passionnant de voir le travail évoluer…

    • Présence  

      Merci pour ce lien. Je suis très surpris par l’énorme différence qu’il y a entre les planches en noir & blanc, et les mêmes en couleurs. Les premières me semblent toutes nues, incomplètes. Cela tient bien sûr au fait que j’ai lu la BD en couleur, ce qui s’est imposé dans mon esprit comme son état naturel.

      Je reste très impressionné par la dextérité avec laquelle Rochette sait donner à chaque paroi rocheuse une identité distincte, différente des autres, perceptible même par un béotien en alpinisme (comme moi).

  • Jyrille  

    Impeccable comme toujours, merci beaucoup pour ton retour Présence. Cela fait longtemps que je tourne autour, mais je sais que je vais finir par l’acheter. En fait, je n’ai que LE TRIBUT récemment réédité, une histoire de SF assez étrange, mais au dessin évocateur que j’aime beaucoup. J’ai lu les trois premiers tomes de Transperceneige, et je crois que je vias finalement tout acquérir, y compris TERMINUS que je n’ai pas lu : le dessin me parle énormément.

    Merci de me rappeler ce qu’est une épiphanie, car ce sont des mots précis dont la définition devrait me servir bien souvent, et avec lesquels j’ai envie de communiquer.

    A pas BO ? Ah si, sur FB, c’est The Mountain de PJ Harvey. Je l’ai réécouté récemment, c’est vraiment le dernier PJ que j’aime beaucoup.

    • Présence  

      Après avoir lu Ailefroide et fait quelques recherches pour nourrir mon commentaire, je me sus dit que si je devais lire un autre Rochette, j’essaierai sûrement Le tribu.

  • OmacSpyder  

    Un article à l’élévation progressive partant d’une description précise nous plaçant tout le matériel dans le sac à dos pour ensuite nous proposer une ascension vers le contenu du récit.
    L’article fait ainsi la part belle au versant subjectif de cet appel de la montagne. Un appel chevillé au corps. Ce qui, comme tu le mentionnes, renvoie à un cheminement qui ne fait pas appel à un vocabulaire psychanalytique. Et pourtant, c’est ici manifestement le corps qui parle, à travers sa quête de sensations, sa peur du vide existentiel, et sa recherche de transformation intérieure. Comme l’article l’évoque très bien, corps et nature se rejoignent dans un effet de miroir, l’ascension extérieure et intérieure se rejoignant…

    J’ai offert cette BD à une amie ayant déménagé pour rejoindre « ses montagnes ». Ce que j’en ai lu avant de le confier à mon amie, alpiniste à des heures, a continué de me faire comprendre en quoi cette verticalité appelle. En quoi cette ascension fait écho à ce que l’on recherche au plus profond de soi, dans un corps se rompant à l’effort et au risque face au vide. Dans une métaphore existentielle qui amène chacun à se confronter à ce qui pèse, élève, risque au fond de soi.
    C’est un cheminement, avec ses accessions, ses sommets provisoires et ses risques d’errements quand bien même il existe des guides et des moniteurs.

    Une bien belle BD pour nous initier à ce que la montagne peut appeler en chacun. Dans le sens où nous avons tous nos saisissent intérieurs, montagnes ou autres, artistiques ou physiques. Avec ses mirages et ses épiphanies ( j’aime beaucoup ce mot aussi )

    • Présence  

      C’est ici manifestement le corps qui parle. – Maintenant que tu l’as dit, cela devient une évidence. C’est vrai aussi que j’aurais pu développer la métaphore de l’ascension, du risque de la chute, du défi au vide. Tes propos me font prendre conscience d’un pan entier du récit qui était sous mes yeux, et que je n’ai pas su évoquer.

  • Matt  

    Intéressant article.
    Je ne pense pas que ce soit mon truc cela dit. Je préfère l’aventure en BD, pas trop la biographie…oserai-je dire avec ce mot galvaudé…naturaliste^^
    A la limite si le dessin me transporte et me donne l’impression d’être perdu dans une immensité sauvage, ça peut me tenter. Mais là ce n’est pas le cas. Je pencherai plutôt pour le sommet des dieux de Taniguchi dans ce genre là.

    • Bruce lit  

      J viens de mettre la main sur les derniers Tezuka et Taniguchi. Le Tezuka est inachevé !!! Grrrr !
      Et je me suis trouvé le journal des chats de Ito à 10€ !!!!

      • Matt  

        Ce Ito là n’est pas dur à trouver. Mais c’est très différent, c’est comique^^
        Pas encore franchi le pas de m’acheter le sommet des dieux. C’est que 18€ par tome quand même…
        C’est pas du format poche pas cher…

      • Jyrille  

        De quels Tezuka tu parles ?

        Le sommet des dieux ne m’intéresse pas du tout… je ne sais pas pourquoi, vraiment.

        • Matt  

          Parce que c’est joliment dessiné peut être ?^^

          • Jyrille  

            Ahah

            Non, j’aime beaucoup Taniguchi, je ne possède que Le journal de mon père mais je m’achèterai Quartier lointain un jour (j’en ai lu plusieurs qu’on m’avait prêtés). Mais là j’ai le sentiment que c’est un peu vain, trop étalé sur un nombre trop élevé de tomes.

          • Bruce lit  

            Taniguchi, ça peut semble un peu répétitif par moment.
            Le Tezuka = Neofaust

          • Jyrille  

            Merci Bruce, jamais entendu parler.

    • Présence  

      @Matt – Oui, je pense que le terme naturaliste n’est pas dévoyé en ce qui concerne cette bande dessinée. En l’occurrence, lors de ma lecture, le dessin a réussi à transporter dans ces sites, alors qu’en feuilletant juste a bande dessinée, ce n’était pas le cas. Du coup, j’en profite pour remercier Bruce de me l’avoir prêtée et d’avoir ainsi pu découvrir cette œuvre.

  • Tornado  

    Et bien moi j’ose dire que c’est un truc naturaliste, donc à priori pas mon truc. Sauf que… ça parle de nostalgie et des années 70, soit deux éléments qui me passionnent. Pour le coup, mon intérêt est hautement éveillé, alors que je n’aurais même pas daigné feuilleter ça en librairie. Merci pour la découverte, donc :)

    • Présence  

      A la lecture, je n’ai pas ressenti de regret pour cette époque, ou pour l’activité de l’alpinisme, ni même pour les amis disparus. Du coup, je ne parlerais pas de nostalgie. Cela n’empêche pas qu’il y ait de la tristesse pour Sempé, ou une acceptation du fait que Rochette n’ait pas poursuivi sa carrière de guide de haute montagne.

      • Tornado  

        Dans mon esprit l’idée de nostalgie est très positive. Je suis sans cesse à la recherche du temps perdu, dans le sens proustien du terme ; de la madeleine qui me rappelle mes souvenirs. Je n’aime pas l’idée de passer ma vie à oublier mes souvenirs. Du coup, pour moi, la nostalgie me nourrit au quotidien. C’est une de mes richesses les plus précieuses.

        • Présence  

          N’étant pas très sûr de ce que je raconte, je suis allé consulter wiktionnaire pour vérifier la nuance du sens de nostalgie : regrets, non seulement d’un pays, mais d’un milieu auquel on a cessé d’appartenir, d’un genre de vie qu’on a cessé de mener, d’amis qu’on a perdus, d’un passé qui ne reviendra pas. C’est donc ce qui m’a conduit à utiliser le mot de regret.

          C’est rigolo parce que mon rapport aux souvenirs est très différent. Ma femme se moque régulièrement de moi sur le fait que j’oublie facilement des événements, des vacances, des repas de famille, même un an plus tard. Je sais que je suis la somme de ma vie de tous les jours, et je n’éprouve pas le besoin de me souvenir de ce temps perdu. En en discutant ainsi avec toi (et avec d’autres), je me rends compte de la bizarrerie de mon rapport avec ces jours passés. C’est gave docteur ?

          • Bruce lit  

            MA parole ! Présence, se livre à des confessions privées au bout de 6 ans ???
            Cette Aile Froide a de biens étranges vertus !
            Je sais que je suis la somme de ma vie de tous les jours, et je n’éprouve pas le besoin de me souvenir de ce temps perdu C’est ce qui fait je pense ta qualité de lecteur tout terrain : tu es capable d’appuyer sur le bouton reset de tes souvenirs pour apprécier chacune de tes lectures, toujours de manière bienveillante. Ce qui nous oppose en tout : mon exeperience de lecture est une experience de vie avec des allers et retours entre expérience et nouveauté avec un paramètre important : mon humeur du jour !
            Psssttt, une confidence ? En 6 ans je n’ai jamais rencontré Présence de mauvaise humeur ! Un vrai Goku ! Simple, humble et rigolo. Un bout coup de fourchette hélas gachée pour son aversion pour l’alcool. Un homme presque parfait vous dis-je….

            Je te transmets l’appréciation d’Olivier Bocquet sur ton article sur le FB : Eh bien merci beaucoup à Présence pour cette lecture aussi complète que son avis est détaillé ! (en plus il a pris un ton « minéral » pour parler de ce livre, ce qui est une belle façon d’être raccord avec le sujet dont il parle !)

          • Présence  

            Merci beaucoup pour le retour d’Olivier Bocquet. Je craignais en rédigeant mon commentaire de ne pas réussir à restituer la part de son travail dans cette BD. En y repensant après coup, je me dis que j’ai dû le minimiser parce que l’art de l’autobiographie est finalement délicat, et que son regard extérieur a dû permettre de prendre le recul nécessaire. Je me suis fait cette réflexion en repensant aux autres BD autobiographique que j’ai pu lire, en particulier celles de Joe Matt.

            Appuyer sur le bouton reset de tes souvenirs pour apprécier chacune de tes lectures – Pour le coup, je ne dispose par du recul nécessaire pour me faire un avis. Fut une époque, j’étais assez attaché à la continuité, ce qui ne se concilie pas avec une forme de reset. Je pense que c’est mon inclination naturelle à chercher les différences ou l’originalité qui fait aussi que je trouve plus de choses dans mes lectures. Dans le même temps, je porte en moi mes lectures passées. Du coup je n’aborde pas mes lectures d’un œil neuf.

          • Tornado  

            Ce ne doit pas être grave puisque la plupart des gens sont comme toi. C’est plutôt mon rapport à la nostalgie qui est moins répandu. Parfois je discute avec mon père de mes souvenirs d’enfance, je lui montre des trucs qu’on avait ou qu’on faisait dans les années 70, et je vois très vite qu’il s’en fiche comme de l’an 40 ! Il a une mémoire de poisson rouge et ne cultive absolument pas ses souvenirs. Ça ne l’intéresse tout simplement pas ! :D

  • Jean Marc Rochette  

    C’est toujours passionnant de lire le retour des lecteurs, j’ai surtout eu beaucoup de commentaires des gens du milieu de la montagne, guides ou alpinistes, merci donc pour vos commentaires.

    • Présence  

      Merci beaucoup de votre gentil mot.

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