Coldplaylist

Focus Coldplay

Un duo pop par KAORi et JP NGUYEN Dessin de ED ILLUSTRATRICE
Will Champion (batteur), Guy Berryman (bassiste), Chris Martin (chanteur) et Jonny Buckland (guitariste)

Au fil de ses articles ou de certains commentaires, Mister Bruce a eu l’occasion d’évoquer sa vision du rock’n roll. Ce qui est assez notable, c’est son aversion pour les personnalités trop lisses. Brucie aime les aspérités, les failles, les parts d’ombre. Pour lui, une vraie star du rock, c’est un artiste qui écrit et ré-écrit sa légende, qui aura souvent visité les paradis artificiels, brûlé la chandelle par les deux bouts et sera revenu de tout, à moins qu’il y soit resté.

À ce titre, les membres de COLDPLAY, et particulièrement son leader Chris Martin, ne cochent pas trop les critères Bruciens d’éligibilité au statut de stars du rock. Dans le civil, le groupe n’a jamais trop fait de vagues : des engagements caritatifs et des vies privées plutôt sages, à peine émaillée de quelques épisodes people pour Chris Martin, qui a été marié avec Gwyneth Paltrow de 2003 à 2014 avant de se mettre en couple avec une autre actrice américaine, Dakota Johnson, en 2017. Une image très sage, sans doute trop pour ceux, qui, comme Bruce, considèrent le rock comme plus qu’une musique, mais carrément un style de vie.

Fondé en 1996, COLDPLAY a explosé à l’orée des années 2000 et, en 25 ans et 9 albums, vendu plus de 100 millions de disques. Une pop que certains qualifieront de soupe, qui passe facilement à la radio et prête le flanc aux critiques et persiflages des apôtres du bon goût, notamment sur les réseaux sociaux.

Pourtant, il y en a qui aiment ça. Il y a même des fans au sein de la Bruce Team ! Et, après avoir pointé l’intransigeance du Bruce dans sa définition des rock-stars, il nous faut évidemment louer son ouverture d’esprit pour publier cet article, après avoir avalé bien d’autres couleuvres, tels les Tops sur Queen, Phil Collins ou des singles de Lara Fabian et Céline Dion dans un Top consacré à Superman !

A tour de rôle, nous allons évoquer des singles du groupe, jusqu’à constituer notre petit Top 10 COLDPLAY !

Kaori, honneur aux dames…

Avant de commencer, je voudrais expliquer un peu ce que j’aime dans la musique de Coldplay. En fait, dans quasi tous les titres qu’ils sortent, il y a une énergie positive qui me recharge, qui me rebooste. C’est un groupe hyper positif, qui me file la banane et, n’en déplaise aux amateurs de rock pur et dur, il en faut un peu dans ce monde !

10 – YELLOW par Kaori

Je commencerai par celle par laquelle tout a commencé. Un vrai coup de cœur pour cette chanson, avec la voix angélique et innocente de Chris Martin. C’est toute la pop que j’aime, guimauve mais rythmée. Cette chanson m’évoque l’enfance, et une période où j’étais complètement à fond dans les animés japonais.

9 – THE SCIENTIST par JP

En incurable fan de comics de super-héros, j’ai le péché mignon d’établir des liens entre certaines chansons et des séries ou personnages de comics. Je vous avais déjà partagé mes associations d’idées Daredeviliennes sur l’album OLDER de George Michael. Plusieurs morceaux de COLDPLAY m’évoquent des éléments de l’univers des comics, ce sera donc le fil conducteur de mes sélections pour ce top. Pour cette chanson, j’imagine souvent une scène intimiste entre Reed et Susan Richards. Le premier étant LE scientifique du Marvel Universe, les scénaristes l’ont fréquemment écrit comme perdu dans ses travaux et recherches, négligeant son épouse, invisible à plus d’un titre.

Et si Reed devait se rabibocher une énième fois avec Sue, il y aurait pire comme paroles :
I was just guessing at numbers and figures
Pulling the puzzles apart
Questions of science, science and progress
Do not speak as loud as my heart

8 FIX YOU par Kaori

Celle-ci est plus douce, une balade réparatrice, toujours portée par la voix angélique de Chris Martin. C’est presque une berceuse, pour entrer dans le sommeil de manière apaisée. Et puis il y a cette accélération, comme un cœur qui s’emballe, une communion. Un sentiment exacerbé par la version officielle avec le public qui termine la chanson…

7 PARADISE par JP

Celle-là, mon esprit comixophile l’associe à… Wonder Woman ! Bah oui, à cause de Paradise Island ! Et le refrain, avec son effet d’écho, correspond tellement bien à la fière Princesse Amazon s’envolant dans le ciel !

When she was just a girl she expected the world
But it flew away from her reach
So she ran away in her sleep
Dreamed of para-para-paradise
Para-para-paradise, para-para-paradise
Every time she closed her eyes

6 IN MY PLACE par Kaori

Il y a quelque chose qu’il faut que j’avoue. Je suis fan des intros de Coldplay. Le groupe est reconnaissable aux premières notes qui mettent tout de suite dans l’ambiance « Coldplay », ce petit nuage moelleux qui m’accompagne lors des journées un peu trop mornes…

5 TROUBLE par JP

Oh no, I see
A spider web is tangled up with me
And I lost my head
And thought of all the stupid things I’d said
Oh no, what’s this?
A spider web and I’m caught in the middle
So I turned to run
The thought of all the stupid things I’ve done
And I, I never meant to cause you trouble
And I, I never meant to do you wrong
And I, well if I ever caused you trouble
Oh no, I never meant to do you harm

Des notes de piano qui posent une ambiance mélancolique, des paroles au parfum de repentance et une toile d’araignée évoquée dès les premières lignes ? Un être peinant à s’extirper de ses problèmes et qui y entraîne son entourage, à son corps défendant ? Nous tenons là un morceau parfait pour refléter la vie de Peter Parker aka Spider-Man !

4 HIGHER POWER par Kaori

Celle-ci est très particulière, parce que pour la première fois, j’ai pensé à un autre groupe en l’entendant. Avec sa batterie qui matraque et le débit vif et saccadé de Chris, elle est très proche d’une chanson de mon autre groupe fétiche, Imagine Dragons, avec son ZERO.

Ce titre de Coldplay est encore une fois bourré d’une énergie revigorante, un titre qui met la pêche le matin.

3 A SKY FULL OF STARS par JP

Une égérie comparée à un ciel constellé ? Les étoiles semblent alignées pour évoquer une romance du Silver Surfer ! Et parmi ses conquêtes, celle qui collerait sans doute le mieux est Nova, alias Frankie Raye, ancienne héraut de Galactus, détentrice de la flamme cosmique !

‘Cause you’re a sky, you’re a sky full of stars
Such a heavenly view
You’re such a heavenly view

2 TALK par Kaori

C’est assez étrange mais dans ce morceau, je ne suis pas fan du refrain, par contre j’adore l’intro et le pont qui donnent cette sensation étrange, comme une autre réalité…

Difficile également d’oublier le clip assez drôle qui se déroule dans l’espace… Et ces paroles dans lesquelles je me retrouve assez…

Are you lost or incomplete?
Do you feel like a puzzle, you can’t find your missing piece?
Tell me, how do you feel?
Well, I feel like they’re talking in a language I don’t speak
And they’re talking it to me

So you don’t know where you’re going and you wanna talk
And you feel like you’re going where you’ve been before
You tell anyone who’ll listen, but you feel ignored
Nothing’s really making any sense at all, let’s talk
Let’s talk, let’s talk, let’s talk

1 VIVA LA VIDA par JP

Des monarques déchus, l’univers Marvel n’en manque pas… Mais au jeu du « je perds mon trône pour le regagner puis le re-perdre », il est probable que Namor détienne une longueur d’avance (voire un bassin olympique) sur ses concurrents. Ajouté à l’évocation des mers dès le début de la chanson, ce sera donc avec le Souverain d’Atlantis que je terminerai ce top (et puis,ce doit être un personnage que Bruce apprécie au moins autant que Coldplay…)

I used to rule the world
Seas would rise when I gave the word
Now in the morning, I sleep alone
Sweep the streets I used to own

JP, d’abord, je voudrais souligner que j’approuve à 200% tes choix. Si tu ne les avais pas mis, je l’aurais fait ! Ensuite, si on a droit à quelques bonus alors j’aimerais ajouter, même si c’est un featuring, SOMETHING JUST LIKE THIS qui parle de Batman et Spider-Man, même si c’est pour dire qu’il ne sera jamais un super-héros… Comme nous d’ailleurs ! Mais c’est ce que j’apprécie chez Chris Martin : il ne se prend pas pour une superstar. Et pourtant il améliore le quotidien des gens ordinaires comme nous…

Punaise, sommes-nous déjà arrivés à la fin de ce top ? (ou enfin, dirait le Bruce, qui a pris ses cachets pour tolérer des mélodies contraires à l’orthodoxie tringalienne)

Mince ! Je n’ai même pas pu caser EVERGLOW, dont il existe une version live émouvante où Chris fait monter un fan sur scène pour qu’il l’accompagne au piano… Ou ADVENTURE OF A LIFETIME, avec son clip simiesque, qui donne toujours la patate à mes filles lorsqu’elles l’écoutent. Allez, je vous dois un aveu. Bien qu’ayant pointé, en début d’article, le penchant du Boss pour n’adouber au rang de stars du rock que des spécimens cabossés par la vie, je ne suis, moi non plus, pas insensible à la personnalité des célébrités. Et, pour ce que j’en ai vu, comme par exemple lors d’un passage chez Howard Stern, Chris Martin est à la fois un très bon musicien et un être humain éminemment sympathique. Mais quand bien même il devait être révélé qu’il extermine les chatons au gaz sarin (ce que j’espère ne jamais apprendre), il a signé un paquet d’airs entrainants, des mélodies simples et punchy capables d’illuminer la grisaille du quotidien. Il y aura toujours des gens pour dire que la soupe c’est fade, n’empêche que ça réchauffe aussi ! (paroles de vieux crouton).

Le quatuor vu par Ed Illustratrice (encore merci à elle !)

92 comments

  • Bruce lit  

    Pour revenir à l’article de Kao et JP.
    J’ai écouté dans la plus grande abnégation tous ces morceaux. Si comme d’habitude j’ai grand plaisir à retrouver la sensibilité de Kaori et la malice de JP, cette fois-ci le miracle n’a pas pris.
    C’est assez insupportable non pas parce que c’est nul (on ne fait pas carrière 20 ans si on a pas une once de talent) mais parce que c’est tout ce que je fuis en musique.
    Pourquoi ? Ils sont gentils ! Mais Goldman aussi, Bruce. Ils ont des bonnes mélodies, comme U2 qu’ils suivent de très près.
    Sauf que je ne leur trouve aucune intensité (oui, je peux vous disserter que JJG a été intense).
    Puisque Présence voulait ma définition du rock, j’y ai réfléchi toute la journée, sachant que JP m’ a bien mâché le travail.
    Le rock pour moi c’est une intensité qui rencontre une incarnation. Je parle de sentiments extrêmes, douloureux ou tout du moins aventureux qui seraient les dialogues d’acteurs emblématiques.
    Voilà pourquoi je ne peux pas aimer Coldplay qui sont, volontairement et c’est tout à l’honneur du groupe, au rock ce que François Hollande est à la politique : un groupe normal et un peu mou.
    Ces gens ont donné naissance à tout ce qui m’horripile : Imagine Dragons, Ed Sheeran.

    Lorsque je parle d’incarnation, je parle de personnages qui emportent l’auditeur dans des contrées loin de sa zone douillette, des figures qui vont au-delà de la musique, des zones sombres, tristes, violentes. JP a raison, je crois en la vie en rock, je crois que le rock peut changer la vie, je sais qu’il peut aussi tuer. Pour moi, ce n’est pas que de la musique mais une manière de voir le monde, les autres et aussi soi-même.
    Les rockers sont les nouveaux shamans qui absorbent les vibrations d’une époque quitte à en crever.

    Mais attention, Kaori et JP, je respecte vos choix. Car le rock est une musique normée. Nous parlions hier de la Shoah. Je comprends parfaitement qu’après une journée de boulot, on a pas envie de se plonger dans les mémoires d’un Sondercommando. Il y a ceux qui veulent vivre ces émotions fortes que le rock proposent (et moi, je le veux en permanence) et ceux qui veulent paisiblement, simplement, tranquillement écouter de jolies mélodies chantés par des artistes sécurisants comme Coldplay. Coldplay n’est ni intense ni incarné. J’ai lu une dizaine de leurs interviews où ils ne parlent souvent que de leur rapport au succès.
    Ce qui ne m’empêche pas d’aimer ABBA ou A-HA mais qui, à leur manière, souvent mélancolique approchent une certaine intensité. Comme une mélodie triste de France Gall ou la mégalomanie de Johnny.
    Je n’oublie pas cependant chère Kaori que tu m’as rendu heureux en terme d’incarnation et d’intensité avec Saez, un artiste singulier comme je les aime.

    Bravo de vous être ainsi courageusement exposés sous les railleries pour ce groupe qui a un immense mérite : rendre les gens heureux sans prise de tête et c’est tout. Mais pour moi, ça ne suffit pas.

    La bise.

    • Jyrille  

      Je viens de regarder le reportage MILES DAVIS BIRTH OF COOL et ça pourrait te parler, Bruce. Il a pas mal de parallèles avec la vie de Gainsbourg en plus de partager la même année de mort (1991).

      • Fletcher Arrowsmith  

        MILES DAVIS BIRTH OF COOL : beau documentaire sur un très grand. So what !!!

    • Présence  

      Jolie définition très ouverte. Merci de t’être prêté à cet exercice périlleux.

    • Eddy Vanleffe  

      ma définition du rock, c’est celle des vieux: guitare/basse/batterie…
      après les artistes font ce qu’il peuvent…
      certains chouinent sur l’existence
      d’autre veulent améliorier les choses
      d’autres encore cherchent la mélodie parfaite!
      puis d’autres encore hurlent de rage!
      et il y a ceux qui veulent danser (parce que le rock ‘n roll c’était une danse aussi…)

      • Jyrille  

        Oui mais guitare basse batterie ça marche aussi pour les balloches des samedis soirs

        • Eddy Vanleffe  

          un 14 juillet où il jouent du Rolling Stones sur l’estrade, ça me suffit…

          • Tornado  

            J’ai la dent dure avec ça et j’espère que je ne passe pas (trop) pour un emmerdeur parce que dans la vie je fais quand même tout pour être l’homme le plus gentil du monde et que parfois, par le biais de l’écriture, je me « lâche » un peu plus. Je l’ai dit et je le répète : Je ne m’entends en général qu’avec des gens qui ont des goûts opposés aux miens et mes meilleurs amis ont toujours eu des goût radicalement différents et la plupart sont des rockers puristes…
            N’empêche que je n’ai pas envie de vivre dans un monde où il faudrait dire que tu es fan de Dylan parce que ça assoit une hyper-crédibilité d’être fan de Dylan. Je n’ai pas envie de dire que j’aime Springsteen parce que sinon j’y comprends rien au rock parce que Springsteen c’est le « vrai » rock. Je n’ai pas envie de me cacher d’aimer Coldplay ou Muse parce que j’ai peur de passer pour un gland parce que ça fait gland d’aimer Coldplay et Muse. Je n’ai pas envie de me forcer à écouter Sex Pistols et les Ramones parce que ça fait trop cool de dire que ce sont tes disques de chevet.
            J’ai envie de continuer d’être fan de Julio Iglesias, des Doors, d’Elvis période Vegas, de Neil Young et des CSNY, de soft rock en général, d’ACDC et de Sinatra, de Stan Getz et de Miles Davis, de Chick Corea et de Magma, de Pat Metheny et de John Barry, d’Anathema et de Marillion, de Jeff Buckley, de Pink Floyd, de Brel, de Ferré, de Jonasz et de Gainsbourg.
            J’ai envie de continuer de détester le rap en entier, tout le punk, les Ramones, Television et Buzzcocks inclus parce que je trouve que c’est la musique la plus moche et chiante au monde, idem pour Springsteen qui chante la « société » avec un rock premier degré qui m’emmerde et dont je me contrefous.
            J’ai envie de continuer de n’être pas plus fan que ça de Dylan dont les albums à texte me passent au dessus parce que je ne traduis pas les paroles et que j’en ai pas envie, et que seuls ses albums mélancoliques (au moment de son divorce) me plaisent vraiment.
            J’ai envie de vivre en ayant des goûts éclectiques et personnels, sans me prendre au sérieux (je trouve que les puristes se prennent beaucoup trop au sérieux avec le rock) et sans être jugé pour ça. Et c’est vrai que déteste qu’on me renvoie l’air de rien que j’ai des goûts de chiotte si je n’épouse pas le bon goût rock véhiculé par la presse rock depuis quarante ans maintenant. Ou pire : Que je n’y comprends rien.
            C’est vrai que je déteste détecter les litanies qui reviennent en boucle sur la bonne rock attitude, la sacro-sainte sincérité et tout le bastringue quasiment étudié à coup de toucher rectal qui va te donner l’étiquette « crédible ». Litanies que je repère à des km.

            J’aime Coldplay. C’est pas dans mon TOP 10, ni même dans mon TOP 100, mais j’aime cette musique pop rock simple et efficace, propre, gentille et luisante. Je ne me sens pas plus bête que les autres pour ça, et je n’ai pas envie de m’en laisser compter. Ce qui me rend pugnace pour le coup et certainement un peu chiant 😅

          • Jyrille  

            On est d’accord Tornado (chacun écoute ce qu’il veut) mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi tu appuies sans cesse là-dessus alors que personne ici ne tient le discours que tu pointes du doigt ?

          • Tornado  

            Et bien oui et non. Parfois toi ou Bruce, ou un commentateur de passage peut, sans méchanceté aucune, colporter ce genre de litanie sans penser à mal, et sans le faire exprès. Sauf que ça tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Je suis persuadé que vous ne vous en rendez pas compte. Vous êtes tellement habitués à des réflexes qui viennent probablement de dizaines d’années de lectures de presse rock que ça fait partie de vos réflexes naturels. Moi-même j’ai le même type de réflexe sur les arts plastiques, dûs à des années d’études et de lectures qui obèrent quasiment une déformation intellectuelle. Résultat ? Combien de fois n’ai-je pas été désagréable, maladroit et méprisant sur des sujets de type comics de super-héros ?
            Bien sûr on ne le fait pas exprès. Mais en tout cas mon « insistance » au sujet du rock dit ça : c’est pénible les litanies. Et le bon goût rock n’est pas une vérité universelle.
            Mais je m’excuse aussi de mon insistance. Je suis lourd, je le sais bien. On en discuterait en vrai ce serait réglé en une heure (ou un peu plus avec apéro, barbeuc et digeo…). 😀
            Souvenirs : Bruce et moi dans la piscine de mes parents en train de parler de rock en sirotant des verres de rosé à 2h du matin en plein mois d’aout… 😎

    • Kaori  

      Merci Bruce. J’ai pu constater au fil des années (3 ans bientôt ?) que ta plume acerbe se faisait toujours plus douce quand il s’agit de commenter les articles des « gentils » du blog. Je ne saurai dire si c’est parce que tu as mis de l’eau dans ton vin avec le temps ou si c’est parce que tu prends le temps de répondre de manière bienveillante. Sache que j’apprécie en tout cas.
      J’ai pu constater également grâce à cette journée, ses commentaires et les discussions qu’elles ont engendrées, que j’avais moi aussi pris du recul et que j’arrive à mettre une distance entre ce que j’aime et ce que je suis. Et que je comprends enfin que détester ce que j’aime ne veut pas dire détester ma personne. Il m’aura fallu du temps et le blog pour arriver à cela. C’est une belle victoire. Je suppose que c’est ce que tu voulais dire en parlant d' »assurance » dans l’interview pour Phyl.

      Au-delà du terme « gentil », je pense que le terme « sage » colle mieux au groupe Coldplay.
      JJG est gentil, mais pas toujours sage.
      Imagine Dragons, par contre, j’ai du mal à les mettre à côté de Ed Sheeran, mais soit, je vois bien l’idée. Je leur trouve pourtant un côté plus abrasif que j’apprécie beaucoup. Tu n’es pas à l’abri d’un top 10, je te préviens.

      Je ne sais plus qui soulignait qu’il était de bon ton de critiquer, détester ces groupes « populaires ». Comme si aimer ce qui est populaire faisait de nous des êtres fades, sans consistance, sans importance. Comme s’il fallait toujours se démarquer du lot pour ne pas rester invisible. J’accepte qu’on puisse aimer des raretés pour ce qu’elles sont, et je me demande comment vous avez eu accès à tous ces groupes que je ne connais absolument pas. Ce que je n’aime pas, c’est cette vague qui veut que c’est classe de dénigrer les films, les musiques à la mode. « Je suis mieux que la masse populaire, je suis au-dessus ». Je ne dis pas que c’est le cas ici, je vous connais depuis suffisamment longtemps pour faire la part des choses. Mais le fait est que globalement, dire qu’on aime Coldplay ou Imagine Dragons, c’est prendre le risque de se faire traiter de moutons. Même dans le MCU, ils s’en moquent. C’est ironique, je trouve. Cela dit, j’avais quand même trouvé la scène assez drôle (un malfrat du clan des « survets rouges qui se plaignait qu’il ne pourrait pas aller au concert des Imagine Dragons avec sa copine et Kate Bishop qui lui dit un truc du genre « mais c’est une super nouvelle ! » et le gars qui lui répond « mais j’adore Imagine Dragons ! » 😀 )

      • Bruce lit  

        Ma plume ne sera jamais acerbe envers les gens que j’apprécie. Jamais.
        En tant que redac chef, c’est aussi important que personne ne se sente floué ou dévalorisé. Monter sur scène, c’est toujours intimidant mais méritant. Je n’ai jamais aimé les mecs qui sifflaient les 1ère parties.
        J’aime bien ta distinction entre sage et gentil.
        COLDPLAY est populaire comme dans Pop. C’est le risque des films /groupes /romans populaires d’être ciblés comme encore récemment le dernier houellebecq qui occulte les autres romans.
        Le maché de la culture est un marché comme les autres régi par l’offre et la demande. Selon de quel côté on se situe, il y a des avantages et des inconvénients.
        Pour reprendre l’interview de Phyl, le fait que Bruce reste généraliste permet d’aller et venir entre le commercial et le moins connu en tenant de ne pas privilégier l’un ou l’autre.

        • Kaori  

          Tout à fait d’accord, il faut de la place pour tous 🙂 .

      • zen arcade  

        « Je ne sais plus qui soulignait qu’il était de bon ton de critiquer, détester ces groupes « populaires ». Comme si aimer ce qui est populaire faisait de nous des êtres fades, sans consistance, sans importance. Comme s’il fallait toujours se démarquer du lot pour ne pas rester invisible. J’accepte qu’on puisse aimer des raretés pour ce qu’elles sont, et je me demande comment vous avez eu accès à tous ces groupes que je ne connais absolument pas. Ce que je n’aime pas, c’est cette vague qui veut que c’est classe de dénigrer les films, les musiques à la mode. « Je suis mieux que la masse populaire, je suis au-dessus ». Je ne dis pas que c’est le cas ici, je vous connais depuis suffisamment longtemps pour faire la part des choses. »

        Bon, j’ai passé une partie de mon temps hier à dire du mal de Coldplay et vu que tu ne me connais pas depuis longtemps (désolé, je débarque un peu comme un éléphant dans un magasin de procelaine), je tiens à préciser que c’est la musique de Coldplay que je n’aime pas et évidemment pas ceux qui l’écoute.
        Parmi les fans de Coldplay, je ne doute pas qu’il doit y avoir un quota de connards, pleins de gens gentils et tout ce que l’espèce humaine est capable de générer entre les deux. Je ne doute pas un seul instant que tu fasses partie des gentilles.

        Moi aussi, je n’aime pas ceux qui dénigrent ce qui est populaire sous prétexte que parce que quelque chose est obscur, c’est forcément mieux. Je le déteste sans doute d’autant plus que c’est une attitude dont je sais que je n’ai pas toujours été exempt. Mais bon, on grandit, on change et on évolue.
        Mes goûts continuent à me porter majoritairement vers des choses qui ne sont pas nécessairement très populaires mais bon c’est comme ça, je n’y peux rien. Ca provoque souvent des malentendus mais bon, j’ai pris l’habitude d’essayer de les dissiper.
        La seule règle qui vaille, c’est l’émotion et la curiosité.
        Là, j’écoute un vieux disque de Labradford du milieu des années 90, un truc de « connaisseurs », parce que c’est un disque que j’adore depuis 25 and mais promis, direct après, j’enchaîne avec le dernier Billie Eilish.
        J’aime beaucoup Billie Eilish.
        Et j’écoute aussi des trucs comme Dalida, Michel Delpech et d’autres trucs que d’aucuns trouveraient inavouables.
        Mais pas Coldplay. 🙂
        Bisous.
        Et enchanté d’avoir fait ta connaissance à travers ta prose.
        La qualité que j’apprécie le plus au monde, c’est la bienveillance. Il ne faut jamais hésiter à m’en faire grief quand parfois il m’arrive d’en manquer.

        • Kaori  

          J’apprécie ta démarche de clarifier les choses, et j’apprécie d’autant plus d’une personne qui sait se remettre en cause et reconnaître les erreurs du passé, ce n’est pas le cas de tout le monde !

          Bienvenu parmi les bavards du blog, et merci pour les compliments 🙂

    • Surfer  

      « (oui, je peux vous disserter que JJG a été intense). »
      Alors je veux bien, parce que j’ai beau me récurer les oreilles jusqu’à en crever les tympans je ne comprends pas ton paradoxe :
      Pour moi GOLDMAN et COLDPLAY c’est bonnet blanc et blanc bonnet😧😧😧.
      CHUCK, Le petit RICHARD et ELVIS doivent se retourner dans leur tombes. Heureusement qu’ils ne sont plus de ce monde pour t’entendre blasphémer. Chuck aurait même pu en venir aux mains😀😀😀. Pour moins que ça il a collé une droite à KEITH RICHARDS. Il avait simplement osé touché sa guitare 😀😀😀.

      Tu nous donnes une belle définition du ROCK en tant qu’intensité et incarnation. J’essaierai qu’au lieu de citer GOLDMAN, à minima, que tu nous parles par exemple de PETE TOWNSHEND.
      Lui au moins avec l’intensité des moulinettes qu’il applique à sa guitare, n’a pas besoin de monter le potard de l’ampli. 😀😀😀.

      Bruce…voyons…Un vrai rockeur c’est HOUND DOG TAYLOR. Comme dirait JOJO tout viens de là tout viens du blues. J’aime pas JOHNNY mais des fois, il ne dit pas que des conneries
      Pour en revenir au virtuose de la guitare, je veux parler d’H.D.TAYLOR pas de JOJO…hein !
      Le pauvre il était atteint de polydactylie. Un jour , estimant qu’il n’avait pas besoin de son 6ème doigt pour jouer de son instrument il le tranche avec un rasoir. Si c’est pas Rock’n Roll ça 😀.

      Mais pour moi la véritable définition du ROCK vient de mon poète préféré.
      ISIDORE DUCASSE dit COMTE DE LAUTRÉAMONT
      l’a donné bien avant tout le monde dans ses CHANTS DU MALDOROR.
      Mais laissons le s’exprimer :

      « J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j’ai voulu rire comme les autres ; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J’ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté ! C’était une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d’ailleurs de distinguer si c’était là vraiment le rire des autres. Mais, après quelques instants de comparaison, je vis bien que mon rire ne ressemblait pas à celui des humains, c’est-à-dire que je ne riais pas. »

      Un JOKER bien avant l’heure 😉

      • Bruce lit  

        Alors je n’ai jamais dit que Goldman était un rocker hein… Je tentais de comprendre pourquoi je pouvais apprécier Goldman et pas Coldplay.
        La raison est simple : oui, sur certains albums, certaines chansons JJG propose une vision de la vie assez noire voire dépressive.
        Tu prends une chanson comme LE RAPT sur son premier album, ça parle quand même d’un mec de la classe moyenne qui prend en otage une femme de la haute pour la faire déchoir de son arrogance de classe.
        SANS UN MOT est son hymne nihiliste très rock. Plus que ne le sera jamais Coldplay.
        De manière globale et dans toute son oeuvre, JJG aura craché sur toutes les idéologies qu’elles soient libérales, communistes ou socialistes. Il ne se fait pas baiser comme Renaud et Berger par Mitterand dans les 80’s et refuse tous les honneurs. En refusant le rock system de son vivant il devient une légende. Souvent photographié par Claude Gassian, l’homme de la mythologie rock.
        Enfin, et on l’oublie souvent, sa vie personnelle est marquée par une série de deuils violents : son demi-frère assassiné, Sirima assassinée, son ami Balavoine brulé vif, sa choriste emportée très jeune. Tout ça a une influence sur le chanteur et notamment sur des chansons terriblement lucides. Donc oui, si tu fais le tri, JJG c’est intense et habité.
        +100 pour LAutréamont.

        • Surfer  

          Merci Bruce pour toutes ces précisions . Je comprends mieux où tu veux en venir.
          Je ne connais pas assez GOLDMAN pour te contredire .
          De lui je ne connais que ces quelques tubes que nous ont imposé les radios…et ses très rares apparitions dans les médias.
          Effectivement je me rends compte que ce n’est pas assez pour juger.
          Tu démontres que le paradoxe que je demandais que tu explique prend tout son sens:

          « Enrefusant le rock system de son vivant il devient une légende. Souvent photographié par Claude Gassian, l’homme de la mythologie rock. »

          Bien vu 👍👍👍

          • Bruce lit  

            Un jour peut-être je ferai un top sur les chansons noires de JJG. Le titre est déjà trouvé : JJG, cet inconnu.
            En amuse gueule, la vacuité du sentiment amoureux. C’est plein de colère froide et très sombre.

            https://www.youtube.com/watch?v=RFrrlG79_6c

  • Tornado  

    Jolie conclusion, Boss. Après on peut prendre plus à la légère son rapport à la musique. Mais ce que tu dis est très beau. Et encore une fois c’est très cool que tu laisses tout le monde sa tribune ici.
    MILES DAVIS BIRTH OF COOL : Inratable !

  • JP Nguyen  

    Ma définition du Rock ?
    C’est pas un acteur américain qui joue dans des films un peu bourrins ? 😉

    Merci à tous pour vos retours bienveillants dans l’ensemble.
    Mention spéciale à Tornado pour s’être fait notre avocat.

    @Bruce : avec ta définition, Nine Inch Nails, ce sont des ongles… incarnés ? 🙂

    • Kaori  

      Tu m’auras bien fait rire en ce samedi matin XD

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