Collants sur le divan : Pietro « Quicksilver » Maximoff

Collants sur le divan : Pietro « Quicksilver » Maximoff

Par le Docteur Alex HIVENCE 

Et si les superpouvoirs de nos chers personnages en collants n’étaient en réalité que l’expression de leurs symptômes? Que raconteraient-ils d’eux-mêmes… et de nous? Le Dr Alex Hivence les reçoit sur son divan pour explorer leur psyché et révéler leur inconscient sous un jour inattendu. Bienvenue à « Collants sur le Divan »

Tous les scans de cet article sont la propriété de Marvel Comics.

L’hyperactivité en action Ou Casser le mur du fond

L’hyperactivité en action
Ou
Casser le mur du fond© Marvel Comics.

Séance n°1 : Où le patient s’engouffre sans freins

L’heure du rendez-vous fixé quelques minutes plus tôt par téléphone arrivait lentement. La journée s’était déroulée avec quelques creux dans mon emploi du temps, et j’avais accepté ce rendez-vous de dernière minute. Le patient surgit d’un coup dans mon bureau. Il ouvrit la porte d’un trait et alla s’asseoir d’emblée dans le fauteuil qui lui tendait les bras…
Pietro Maximoff : BonjourDocteur! Ilfautquevousécoutiezcequejaiàvousdire! Jailimpressiondêtredansunmondefigédepuissilongtemps!
AH : Un instant, Monsieur Maximoff, veuillez vous calmer un instant. Je n’arrive pas à vous suivre…
PM : Ouioui.. Onnesestpasdéjàvu??
AH : Ne vous en souviendriez-vous pas Monsieur Maximoff..?
PM : Pietro, appelez-moi Pietro…Cela fait tellement longtemps que l’on m’a dit de venir, mais je cours tout le temps. Et puis je ne pensais pas avoir besoin de… Enfin vous voyez ce que je veux dire… Je préfère me débrouiller tout seul, après tout c’est ainsi que je fais depuis le début. Personne n’a été là pour m’aider, enfin ça n’est pas aussi simple non plus, enfin vous voyez… Mais je compte sur moi-même en premier. D’ailleurs personne n’arrive vraiment à me suivre, alors me « faire suivre! » Ah, elle est pas mal celle-là hein! Vous ne l’avez pas vu venir… Donc voilà, à force de tourner autour je me suis dit que je n’avais rien à perdre à venir ici. Vous me confirmez n’est-ce pas Docteur?
AH : Si vous me laissez…
PM : Parce que si je viens il faut que ça me serve à quelque chose voyez-vous! Je déteste perdre mon temps, et j’espère d’ailleurs que ça ne va pas me ralentir, parce que moi ça me va d’avoir un temps d’avance sur les autres, enfin c’est plutôt les autres qui ont un train de retard sur moi ; et j’espère que vous suivrez ce que je vais dire, parce que je déteste me répéter ; ça n’est pas contre vous, ça a toujours été ainsi.
AH : Pourquoi venez-vous…
PM : Pour que vous m’aidiez, Docteur! Enfin si c’est dans vos cordes.
AH :Et vous aider à quoi, précisément, Pietro?
PM : A ne plus être dans un monde figé.
AH : Avez-vous parfois du mal à dormir, Pietro?
PM : Quand je rêve, je cours aussi, mais rien ne m’arrête…
AH : Alors voici ce que je vous propose : je vais guider votre « course ». Bien sûr vous suivrez la règle selon laquelle vous pourrez associer librement. Mais vous allez devoir dans le même temps accepter de suivre les directions que je vous indique et accepter mes interruptions. J’accepte de vous suivre, de vous recevoir dirons-nous plutôt, à cette condition. Êtes-vous d’accord?
PM : Ai-je le choix?
AH : Oui. Accepter ou repartir aussi vite que vous êtes arrivé.
PM : J’accepte. Vous voici aussi en demeure de m’aider, Docteur. J’espère que vous êtes bien accroché et que vous n’allez pas me lâcher…
AH : Ne vous inquiétez pas trop pour moi. Et revenez la semaine prochaine.

Baisser les armes et les défenses Ou Montrer ce qu’on a dans le moteur

Baisser les armes et les défenses
Ou
Montrer ce qu’on a dans le moteur© Marvel Comics.

Notes : Ce début de thérapie démarre sur les chapeaux de roues. Ce patient, Pietro Maximoff, paraît présenter une forme d’hypomanie : une agitation conséquente, un rythme de parole frôlant la logorrhée, des changements d’humeur et des changements de sujets dans la conversation, ce qui le fait aller dans toutes les directions à la fois, une pensée accélérée. Le principe de plaisir paraît prépondérant : l’immédiateté est recherchée et la frustration semble être difficile, voire douloureuse. Cette hypomanie à l’âge adulte était-elle consécutive d’une hyperactivité lors de son enfance? Une piste à explorer si tant est qu’il m’en laisse l’occasion. J’allais avoir intérêt à tenir le rythme, à stopper les élans stériles, à contenir l’impulsivité. Les séances allaient devoir être sur un temps court, resserré, afin de couper l’élan et conserver la direction de la cure.

Séance n° 2 : Où l’un-père s’invite

PM:RavidevousrevoirDocteur!Alorspensez-vouspouvoirm’aider?Jenesaispassijaimaplaceici…
AH : Bien sûr que si ! Mais cela ne dépend pas que de moi, voyez-vous. Je vais avoir besoin de faire un retour en arrière, appuyer sur la touche « Rewind »pour mieux comprendre ce qui vous arrive, ce que vous traversez…
PM : Revenir en arrière! J’aurais dû m’y attendre ; vous les psys c’est toujours la faute au passé, moi je suis un homme du présent ; mais je vous l’accorde : par quoi voulez-vous commencer ce retour sur mes pas, Docteur? Un classique !Mon père peut-être?
AH : Pourquoi pas, en effet, si c’est la première idée qui vous vient en tête…
PM : Oh les idées qui me viennent en tête sont bien plus nombreuses ; quand vous dîtes un mot, c’est cent mots qui me viennent en attendant la fin de votre phrase, je pense malgré moi à plusieurs choses à la fois, mais il va falloir que je cale mon pas…
AH : Sur celui de votre père..?
Pietro Maximoff se retourna et me jeta un regard qui aurait pu passer pour un regard furieux. Cependant il se reprit rapidement…
PM : Vousvoulezparlerdemonpère? Alorsilsvafalloirmedirelequel!
AH : Vous accélérez à cette évocation, Pietro. Commencez par le père que vous voulez.
PM : Celui qui me servit de père a été mon bourreau, mon ennemi, mon allié d’un instant, mon manipulateur, mon meurtrier.
AH : Votre meurtrier..? Que voulez-vous dire Pietro?
PM : Que mon père a tenté de me tuer ! Après des années passées à me manipuler, à me maintenir à ses côtés lorsqu’il accomplissait ses forfaits, à me rabaisser sans cesse, à m’entraîner dans ses guerres intestines sans jamais porter un regard sur moi. Il m’a rendu incapable d’aimer et de faire confiance, incapable de penser par moi-même, incapable de me fixer en tant que frère, époux, père. Il m’a fait courir pour lui, et j’ai passé mon temps à courir ensuite loin de lui! N’est-ce pas Oedipe qui tue son père habituellement Docteur? N’est-ce pas « tuer le père » qui rend adulte ?
AH : A ce qu’il paraît oui…
PM : Et bien ici Œdipe est en retard! C’est le père qui a pris les devants en voulant tuer le fils. Il m’a d’abord tué dans la reconnaissance qu’il ne m’a jamais accordée. Et il a voulu me tuer ensuite!
AH : Ne pouvons-nous pas imaginer que vous l’auriez provoqué afin qu’il vous tue plutôt que l’inverse? N’était-ce pas une dernière course loin de lui pour qu’il vous rattrape cette fois-ci, même si c’était de façon fatale?
PM : S’il était parvenu à ses fins, tout ceci se serait enfin arrêté.
AH : … Mais vous n’auriez pas eu l’occasion d’essayer d’être un homme différent.
PM : Ah! Oui, être un homme différent, être un père différent… J’ai rêvé d’être ce père idéal comme on rêve d’aller sur la Lune! Et ce fut un autre.. désastre!
AH : L’idéal que vous vous fixez est peut-être pour vous un piège qui rend la moindre tentative, disons, inhumaine, inatteignable. Vous poursuivez peut-être sans le savoir le travail de sape de votre père en courant derrière une reconnaissance impossible à attraper. Mais arrêtons là pour aujourd’hui, nous poursuivrons la prochaine fois.

L’Œdipe inversé Ou Les ravages d’un père

L’Œdipe inversé
Ou
Les ravages d’un père© Marvel Comics.

Notes : J’ai réussi à garder le contrôle du rythme de la séance. Couper au bon moment est primordial, pour l’éviter d’aller dans le mur. Ainsi la place du Père prend ici une place centrale, mais pas en tant que figure sécurisante, mais davantage en tant que figure génératrice d’un ravage psychique. Cette image paternelle n’occupe aucune fonction apaisante venant structurer un rapport à la Loi symbolique, c’est-à-dire organisant les interdits fondamentaux de l’inceste et du meurtre. Ici bien au contraire, la figure du père est associée aux forfaits, aux débordements, aux revirements incessants, même au meurtre. En même temps qu’il apparaît une forme d’emprise, il apparaît un évitement massif, une tentative permanente de se dégager de cette emprise dans cette relation père-fils qui ne fonctionne ici que de façon duelle ( aucune triangulation par une autre figure ) et de façon dévastatrice. C’est un face à face permanent. L’emprise agit soit comme un aimant inexorable soit comme comme un repoussoir engendrant une fuite permanente.

Séance n° 7 : Où la relation à la soeur écarlate n’est pas blanc-bleue

AH : J’aimerais que vous me parliez davantage de votre soeur aujourd’hui, Pietro.
PM : C’est vous qui dirigez la parole, Docteur? Je pensais que je pouvais associer librement, dire ce que je voulais. La règle a-t-elle évolué?
AH : Du tout. Je vous formule seulement une suggestion afin de vous orienter. C’est ce que je vous ai posé comme condition pour vous suivre, souvenez-vous.
PM : Je n’apprécie pas vraiment être ainsi manipulée, mais puisque vous dîtes que c’est pour mon bien… Ma soeur, Wanda, et moi, comme je vous l’ai déjà raconté, sommes très proches. J’ai toujours été à ses côtés, immanquablement, pour la protéger et…
AH : Pour la protéger de quoi, exactement?
PM : Vous me coupez la parole?!
AH : Si nous voulons avancer vraiment, je dois vous aiguiller… Je vous ai parlé des nécessaires interruptions…
PM : Alors pour répondre à votre question : la protéger du monde extérieur! C’est un lieu hostile pour des gens comme nous, deux…orphelins. Notre relation de jumeaux nous rend très liés l’un à l’autre. Nous avons dû nous montrer forts, et j’étais l’homme qui…
AH : Ah! L’homme donc..? Quel homme étiez-vous donc pour elle? Vous avez parlé d’un autre homme que vous aviez jugé n’être pas assez bien pour elle par le passé…
PM : C’est qu’il n’était même pas humain!! C’était un homme froid, insensible…
AH : Vous vous sentiez concerné par des aspects plutôt intimes de cette relation…
PM : Ce n’est pas ce que je veux dire! Il l’était! Et je ne pouvais pas accepter cette relation contre-nature!! J’étais, j’étais…
AH : Jaloux?
PM : Comment?!
AH : J’ai dit « jaloux », Pietro. Dans le sens où cette relation de protection vis-à-vis de votre soeur vous donnait le rôle vital auprès d’elle tout en vous assurant l’exclusivité. Le bénéfice secondaire que vous obteniez était d’être assuré qu’elle ne vous abandonne pas : puisqu’elle avait besoin de votre « protection » face au monde extérieur. Est-ce que cela ne vous semble pas une relation quelque peu trop exclusive entre frère et soeur, quand bien même vous êtes jumeaux? Et qui la protégeait de vous, en fait?
PM : J’ai agi d’instinct! Je ne me pose pas ce genre de questions! Et par la force des choses, j’ai été amené à accepter cette relation…
AH : Vous avez qualifié votre relation avec la mère de votre fille d’ »inhumaine » aussi. Cela semble redondant cette histoire selon laquelle le partenaire de l’un comme de l’autre n’est jamais aussi satisfaisant que votre relation fraternelle absolue.
PM : Je n’ai jamais voulu que son bien. C’était la seule vision que j’avais. J’aurais donné ma vie, un royaume entier pour ma sœur !
AH : C’est exactement ce que je vous dis. Arrêtons là pour aujourd’hui.

Remake moon-oedipien Ou Ciel! Un homme en rouge me surprend dans le lit de ma soeur!

Remake moon-oedipien
Ou
Ciel! Un homme en rouge me surprend dans le lit de ma soeur!© Marvel Comics.

Notes : La relation frère-soeur apparaît ici à caractère incestueuse : une proximité fusionnelle laissant une place implicite au désir et excluant les autres relations affectives et sexuelles. Si Pietro a cherché très tôt à protéger sa soeur Wanda, il a inconsciemment cherché à la protéger de lui-même, de ses désirs refoulés. L’incarnation de ses désirs refoulés dans cette vision d’un homme froid et insensible a ainsi activé un mécanisme de projection. Il a attribué à cet homme « froid » tous les désirs contre-nature qui étaient les siens propres.
Cette relation gémellaire sans figure parentale consistante a ainsi entériné le principe d’une dyade : une relation à deux comme modèle de relation. Là où les enfants doivent ordinairement affronter un modèle triangulaire avec l’oedipe (l’enfant, la mère, le père), Pietro paraît avoir toujours fonctionné autour de relations duelles avec cette agressivité et ses désirs contenus. Le désir charnel envers sa soeur, le désir meurtrier envers son père. Et le mécanisme de projection l’amenant à chercher à l’extérieur qui pouvait chercher à nuire, courant sans cesse alors que le véritable danger était intérieur et résidait dans ses désirs refoulés. La projection, ça fait forcément courir…

Séance n° 12 : Entre repaire et repère : s’abriter et s’orienter pour trouver sa place de père

AH : Bonjour Pietro. J’aimerais bien que nous puissions aborder la question de votre mariage et de votre fille aujourd’hui.
PM : Ah ! C’est simple en fait : on en a déjà parlé, ça a été un désastre! Littéralement. Je ne me suis jamais senti à ma place auprès d’elle et des siens. Pourtant je nourrissais de sérieux espoirs! J’avais l’impression auprès d’elle de quitter mon triste sort, de m’arracher de la Terre! Elle était pure, mais je ne pouvais pas m’empêcher de courir après des ombres. Tout comportait une face cachée, j’avais l’impression que tout était suspect. Les intentions, les siennes et celles de sa famille, me paraissaient malavisées, inhumaines. J’étais persécuté et jaloux. C’est ce que vous diriez vous ! Un enfant perdu. Ils étaient tous exceptionnels à leur façon, et ils me faisaient sentir…
AH : Pietro, voyons, reformulez…
PM : … Je. .. moi je me sentais du coup ordinaire, voire inférieur. Et ils étaient une famille entière là où je n’avais qu’une soeur! On dirait que ça vous plaît de me voir faire des virages …
AH : Restons sur l’essentiel voulez-vous : Vous les haïssiez pour cela?
PM : Je me haïssais de ne pas trouver ma place auprès d’eux. Et je les haïssais parce que c’était plus facile. Je n’avais plus de repère, je me sentais toujours aux aguets, sans refuge possible sous leurs regards réprobateurs. Jamais à la hauteur! Quand je suis devenu père, ça a été à la fois le pire moment et le meilleur.
AH : Devenir père, ça n’a pas dû être une évidence pour vous.
PM : Je voulais devenir meilleur père que celui que j’avais eu! Avais-je le choix?!
AH : Être meilleur qu’un absent donc?
PM : Qu’un tyran! Qu’un défaillant! Je voulais être un père stable pour ma fille, plutôt que cette girouette qui change à tous les vents!
AH : Et vous avez donc appelé cette enfant..?
PM : Luna
AH : Comme la Lune, celle qui, dit-on, fait varier l’humeur des lunatiques…
PM : Elle devait être mon satellite, ne tourner qu’autour de moi, être fière de son père. Et c’était aussi mon refuge, elle aurait pu me réparer, me canaliser…
AH : « Ne tourner qu’autour de vous » ? Comme votre soeur devait s’appuyer sur son frère. Vous voulez incarner à chaque fois pour l’être qui vous est cher une figure solide, stable, presque immuable, alors que tout ce que vous dîtes de vous tend à faire penser que vous n’êtes pas cet homme-là. Vous voulez protéger, rassurer, mais dans ce rôle mal taillé que vous cherchez à prendre, vous courez en fait après votre propre image, Pietro…
PM : Et en quoi est-ce mal de vouloir être un père idéal? Ne peut-on vouloir le meilleur pour ses enfants ?!
AH : Je ne parle pas de bien ou de mal, ici. Mais « idéal », dans votre bouche, puisque vous l’opposez à votre père qui a failli et qui était absent, cela résonne comme infaillible et omniprésent. La tâche est hors d’atteinte. Vous ne pouvez que vous effondrer à tenter de la soutenir, ou vous épuiser en pure perte.
PM : J’ai d’ailleurs tout perdu à ce jeu-là…
AH : Parce que votre « Je » n’était pas là. La question de votre place reste à creuser, Pietro. Nous y reviendrons. Arrêtons déjà là.

La désertion : La répétition inconsciente du passé Ou Tourner en boucle autour du père

La désertion : La répétition inconsciente du passé
Ou
Tourner en boucle autour du père© Marvel Comics.

Notes : Pietro paraît avoir vécu son intégration auprès de sa belle-famille sur un mode paranoïaque, une facette de l’hypomanie lorsqu’elle s’ajoute à des mécanismes de projection : le milieu devient hostile et il s’agit de l’abattre ou le fuir. Son hyperactivité s’est canalisée un instant mais ce sentiment de persécution l’a rapidement réactivé. Pietro a cherché de toute évidence à restaurer l’image paternelle en l’incarnant lui-même, sans avoir conscience que cette idéalisation l’amenait à courir après une place hors de portée. L’articulation entre sa place de fils et celle de père s’est appuyée sur un désir de restauration de sa propre image, l’amenant à une répétition inconsciente de son propre vécu : défaillance de l’image paternelle, attitudes tyranniques et désertion. Parlant de « désertion », et de « place », il sera intéressant de revenir lors d’une prochaine séance sur son choix d’intégrer les forces de l’odre plutôt qu’une école supérieure.

Séance n°15 : Où venger vaut mieux qu’étudier, comme courir vaut mieux que penser…

AH : Vous êtes en retard Pietro.
PM : Ouivoussavezjesuisparfoisappeléauderniermoment… Jevouslaidéjàexpliquéjenaipaslechoix…
AH : Oui, je sais. Justement à ce sujet : vous m’avez expliqué lors d’une séance que vous aviez eu l’occasion à un moment d’intégrer une école « supérieure », mais que vous avez préféré intégrer les « forces de l’ordre ». Vous auriez eu l’opportunité d’apprendre, d’étudier, de profiter d’une transmission par des professeurs. Pourquoi ce choix selon vous?
PM : Cestassezsimpleenfaitjétaisadmiratifdesexploitsdecespersonnes…
AH : Moins vite s’il vous plaît, Pietro. Nous avons le temps ici.
PM : Oui, c’est vrai. Enfin, le temps, oui et non. J’ai besoin que ça avance assez vite quand même.
AH : Oui, je comprends, mais vous avez constaté que votre promptitude n’était pas forcément synonyme de rapidité, depuis le temps que vous tournez en rond.
PM : Ce que vous dîtes ne fait pas forcément plaisir à entendre, mais j’imagine que je dois affronter cette vérité comme on se prend le mur de la réalité. Et vous êtes ce mal nécessaire ?
AH : C’est une bonne direction, dirons-nous. Donc poursuivez…
PM : Oui, j’étais admiratif de ces personnes dévouées à une véritable protection désintéressée des autres. Je n’avais pas envie d’une école : on m’avait assez retourné la tête comme ça. Et cette occasion pouvait racheter mon passé de… jeune délinquance. Contre toute attente, ils m’ont accepté parmi les leurs. Le Cap’tain qui m’a recruté, c’est comme s’il avait cru d’emblée en moi alors que moi-même je n’y croyais pas. Je pense que ça a été la chance de ma vie. Je tenais ma revanche sur la vie. Et on m’acceptait tel que j’étais. Ma soeur s’est engagée à mes côtés mais nous nous sommes séparés à un moment. Sans doute parce que dans cet environnement nous étions en sécurité. Nous savions où nous retrouver. C’est devenu une famille. Que j’ai pu quitter et qui m’a toujours accueilli à bras ouverts au fil des ans. Ils m’ont même soutenu vis-à-vis de conflits avec mon père. Enfin celui que je considérais comme tel. J’avais une place. Ils ne m’ont jamais abandonné.
AH : Contrairement à votre mère?
PM : Mais… ça n’était pas un abandon…. enfin…
AH : Pour un enfant, une mère qui s’en va, c’est un abandon Pietro. C’est en tout cas le sentiment qui reste au fond, même si là encore vous avez couru devant pour ne pas le ressentir. Sauf lors de certains moments où votre monde s’effondrait. Le monde d’un enfant, c’est la première figure parentale qui prend soin de lui : votre mère, en l’occurrence.
PM : Si je suis ce que vous me dîtes, Docteur, cette famille que j’ai trouvée a représenté la mère que je n’ai pas eue? Et quand je la quittais, j’étais susceptible de courir à nouveau en rond, de m’effondrer comme en tentant de courir trop longtemps sur l’eau…
AH : Ou au-dessus de la mère, oui…
PM : Je cours devant quoi alors selon vous?
AH : Devant une dépression. Mais stoppons ici, nous y reviendrons.
Pietro se lève lentement du divan, croise mon regard un instant sans dire un mot, laisse le montant de la séance sur le bureau, puis s’en va dans un courant d’air.

Mon royaume, mon refuge perdu Ou Comment l’abandonné fait mère

Mon royaume, mon refuge perdu
Ou
Comment l’abandonné fait mère© Marvel Comics.

Notes : Cette incorporation au sein des forces de l’ordre permet d’envisager celle-ci comme la l’occasion pour Pietro de trouver une constance, une stabilité, un regard non jugeant, et une valorisation de ses capacités. Son hyperactivité s’est trouvée valorisée dans son travail et auprès de cette « famille composée ». La permanence, c’est-à-dire la sécurité de trouver un accueil indéfectible, que cette famille lui a assuré l’a restauré et a ainsi canalisé sa personnalité. En somme, il a trouvé une mère, une figure de sécurité.
Cependant, les moments d’éloignement dont il a parlé rapidement d’autres fois laissent entrevoir des aspects de dépression primaire en lien justement avec une angoisse d’abandon qui se réactive. Ce sera un élément à aborder à nouveau plus en détail, car il forme l’origine, la cause de son hyperactivité, que Pietro présente souvent comme la cause de ses maux.

Séance n°21 : Où il est quesltion de la poule et de l’oeuf, de la cause et de ses effets, ou comment Pietro se prend les pieds dans le tapis!

PM : Jemesenstrèsénervéaujourdhuiet…
AH : Oui..?
PM : C’est ce que le Dr Samson appelait le Pietro Maximoff Syndrome!! Toutménerveparcequeriennevaassezvitepourmoi! Imaginezuninstantdocteursivousdevieztoujoursattendredesgensbloquésdevantunguichetautomatique…
AH : Ah… Justement, revenons un instant sur ce point : sur comment vous décrivez votre malaise permanent. Si je reprends certains de vos propos, vous posez comme point de départ votre rapport à un monde « ralenti » comme la source de votre agacement permanent, de votre irritabilité et de votre impulsivité. L’avantage que vous tirez de cette façon de présenter les choses est que vous êtes ainsi, cher Pietro, la victime. Hyperactif, tout autour de vous vous irrite par son mouvement trop lent.
PM : Ouivoilàvousrésumezparfaitementmonsentimentmaisoùvoulezvous…
AH : Où je veux en venir? Voilà : imaginons un instant que votre hyperactivité ne soit pas seulement une cause mais qu’elle soit aussi, même surtout, une conséquence. Vous vous plaignez sans cesse d’un monde ralenti selon votre perception. Victime du monde qui ne lui apporte pas la reconnaissance demandée et qui mésestime ses attentes. Mais si votre hyperactivité était la conséquence : celle de votre comportement maniaque pour lutter contre une dépression majeure, pour échapper à l’angoisse d’abandon, pour vous défendre de vos fantasmes incestueux et vos pulsions de meurtre? Suivez-vous toujours Pietro?
PM : …
AH : Vous « séchez »? Cette explication vous retire le tapis sous les pieds, là où vous vous en serviez pour légitimer vos comportements et vous présenter en victime. Les psychanalystes américains laissent aisément leur patient se présenter ainsi pour ensuite les réassurer. Ici, vous voici face à votre vérité… Comme vous dîtes parfois : « Vous ne l’avez pas vue venir celle-là »…
PM : Je ne m’attendais pas à prendre ça au tournant, en effet. J’ai bel et bien connu des moments difficiles lorsque j’ai dû ralentir… ça a été particulièrement éprouvant en effet, donc je ne peux que vous suivre… Je suis tombé dans une addiction à un produit pour compenser, pour continuer à survivre. Je ne me sentais plus rien sinon, immobile… Ma fille s’en est rendu compte, j’étais une épave, dans le déni. Je suis devenu manipulateur, menteur, falsificateur. Je suis devenu comme mon père! Enfin, celui que j’ai appelé ainsi le plus longtemps. Parce que ça aussi, ça a évolué.
AH : L’addiction vient parfois pallier des dépressions, comme le fait « naturellement » votre hyperactivité. Je ne vous demande pas de ralentir pour autant, Pietro. Ce que nous tentons d’éclairer ici, c’est : pourquoi continuez-vous à courir? Quel homme voulez-vous être, ou… atteindre? Coupons là pour l’instant.

Pietro Maximoff me tendit l’argent de la séance. Pour la première fois il ne le laissait pas sur le petit bureau à côté pour filer ensuite. Il me les donna de la main à la main, en soutenant mon regard. Le sien avait désormais une… direction, et son geste était mesuré.

Fuir les sentiments Ou La dépression au tournant

Fuir les sentiments
Ou
La dépression au tournant© Marvel Comics.

Notes : Inverser le rapport de cause à effet n’est pas une moindre avancée. C’est même une progression rapide. J’aurais pu aller plus lentement dans la mise en lien, mais j’ai l’impression que le psychisme de Pietro peut suivre ces avancées rapides. Les séances font parfois comme un « Fast Forward », et je peux ressentir une difficulté à rassembler mes idées qui semblent aspirées par l’hyperactivité de Pietro. Je dois à la fois lui indiquer la direction, aller suffisamment vite par rapport à son rythme de compréhension et d »intégration des idées, tout en contenant les éléments pour que ça n’explose pas en route. Et contenir au demeurant une dépression toujours possible si aucun élément de sécurité n’est mis en place lorsque le tapis va se dérober sous ses pieds… Ne pas commettre d’impair, fournir les repères essentiels, comme une boussole possède ses points cardinaux. Il sera temps de revenir sur ses pères, d’ailleurs, à l’occasion…

Séance n°24 : Où les pères sont de retour dans le discours pour fournir les repères idéalisés

PM : Je me sens ereinté aujourd’hui, épuisé… Comme si je n’avais plus la force d’avancer. C’est quasiment physique Docteur…
AH : Ah…Vous voici donc… « Père-clus »?
PM : Excellent! J’ai entendu vous savez! Vous associez vite Docteur, vous aussi vous avez le mouvement rapide! Mais je garde la vitesse…
AH : Ne tournez pas autour, Pietro. Avancez…
PM : C’est la meilleure, c’est vous qui me dîtes d’avancer! Aucune pitié : quand je vais vite, vous me faîtes ralentir, quand je vous dis que je suis comme paralysé, vous me dîtes d’avancer! On dirait… un père et son enfant.
AH : Oui? Alors parlez-moi de vos pères, ou de vos im-pères…
PM : J’ai eu, disons, différents « foyers » dirons-nous, comme différents pères. J’ai été fils de gitan, puis fils d’un… hyperactif, comme moi, fils d’un tyran manipulateur repenti à ses heures, fils en partie d’un homme pour qui évoluer est le maître mot. Quel homme être avec ces morceaux de pères? Je suis un peu le fils des quatre, puisque je l’ai imaginé un temps, comme le fils de personne. I am Son of Nobody!
AH : Fils de personne, c’est déjà se situer d’une certaine façon. C’est aussi être le fils d’une certaine idée d’un père : celui composée à partir de toutes ces images, comme un puzzle qui vous constitue…
PM : … Mais dont je dois moi-même rassembler les pièces éparses! Je suis là aussi sans cesse en mouvement. A peine ai-je attrapé un père qu’il se dérobe pour en faire apparaître un autre. Voilà, je cours après un père tout en fuyant mes pères et en craignant de tomber à nouveau dans l’abandon d’une mère. Joli tableau, n’est-ce pas ?!
AH (j’étais toujours assez bluffé par la vitesse à laquelle il rassemblait ses idées) : Voilà qui n’est pas mal résumé du tout, Pietro! Tout compte fait, votre vitesse sert à quelquechose. Tant que votre attention est maintenue, votre hyperactivité ne vous pose pas trop de souci, elle peut même être une alliée…

D’un père à l’autre Ou Courir après le secret des origines jusqu'à la paralysie

D’un père à l’autre
Ou
Courir après le secret des origines jusqu’à la paralysie© Marvel Comics.

Notes : les séances se dérouient très rapidement. J’ai eu raison dès le départ de mener cette analyse selon des séances courtes mais tranchées. Il s’agit d’une opération à chaque fois où les mots servent de scalpel, où la précision est de mise sur un temps très bref car mon patient avance à toute allure, même lorsqu’il semble ralenti. Cela tient sur le fil du rasoir, tel un funambule qui garde l’équilibre grâce au mouvement de balancier permanent de sa perche. Et je dois avoir les idées claires et mon psychisme suffisamment prompt pour diriger les séances là où elles doivent aller. Je sors d’ailleurs de chacune d’elle assez épuisé, comme après un sprint!

Séance n° 38 : Où la toute-puissance trouve une fin, et où la suite se fige enfin...

PM : Bonjour Docteur. Comme vous l’avez dit la dernière fois, nous voici donc à la dernière séance. Cette idée me donne une sorte d’élan. Je me rends compte que pour mener la vie que j’ai menée, il aurait fallu que je sois deux à la fois ; ça serait mortel! D’ailleurs, j’ai un collègue pour qui ça serait dans les cordes… Mais passons. J’ai parcouru ma vie en courant d’un maître à l’autre, d’un père à l’autre, en cherchant la reconnaissance et ma place, mais où je me suis aussi évité autant que possible…
J’ai fait un rêve, vous savez?
AH : Pas encore, je ne vais pas assez vite pour ça! Mais racontez-moi…
PM : En fait j’étais dans un monde où tout était figé.
AH : Cela ressemble assez à votre réalité, non?
PM : Oui et non. Car cette fois le monde était figé sans que je cherche à me fuir moi-même. Car c’est aussi ce que j’ai fait tout ce temps. J’ai cherché à éviter le désir et mes angoisses de meurtre, et de mort, en courant plus vite, toujoursplusvite… J’étais en fait dans une sorte de présent permanent. Rien ne pouvait changer vraiment.
AH : Jusqu’à ce que vous vous arrêtiez un instant, et que vous vous trouviez des balises pour éclairer ce qui vous faisait courir autant. Ce besoin de mouvement permanent, cette excitation, cette impulsivité étaient vos addictions : un moyen de vous étourdir pour ne pas penser, pour vous perdre en route. En cela, vous avez plusieurs fois réussi haut la main! Il s’agissait ici de vous retrouver en chemin…
PM : Mais je me sentais ou tout-puissant ou impuissant, aucune nuance! Un coureur précoce en quelque sorte! Je dois apprendre à tenir la distance… A courir sans me fuir, à protéger les autres d’autre chose que de moi-même. A affronter le vide sous mes pieds aussi…
AH : Cela n’est peut-être pas aussi vide que vous le pensez. Si vous courez, il y a bien quelquechose qui vous sert d’appui. C’est en refusant de regarder sous vos pieds que vous avez sombré ; ici, en regardant, vous avez aperçu vos angoisses, mais vous n’y êtes pas tombé : vous y avez aussi puisé un élan.
PM : Voilà! Un élan! Un nouveau souffle! Plutôt que fuir le vide, je peux porter un message, rapide tel le vif-argent!
AH : Tel le vif-argent! Bien trouvé. Voici le poteau d’arrivée, Pietro. Je vous sais sur la bonne voie.
PM : Au revoir, Docteur! Je repasserai peut-être si vous êtes sur ma route, qui sait?

Et il s’en alla, deux mèches claires tombant de son front, un air sérieux et enfantin à la fois sur le visage. Comme délesté, léger comme l’air.

Trouver sa direction et expulser sa colère Ou L’hyperactivité au service commun

Trouver sa direction et expulser sa colère
Ou
L’hyperactivité au service commun© Marvel Comics.

Notes : Si Pietro Maximoff a manifesté ce symptôme d’hyperactivité, il est à relier à la défaillance des figures parentales pour lui donner un socle sécurisant et une autorité bienveillante permettant de canaliser toutes les excitations et les pulsions qui traversent n’importe quel enfant. Les configurations familiales en dyade (c’est-à-dire en couples de deux personnes à chaque fois) : lui et sa soeur, lui et sa femme, lui et son père, n’ont jamais formé de relation triangulaire oedipienne. Cela aurait permis de structurer ses angoisses et ses pulsions. Bien au contraire, ces dynamiques familiales ont agité la pulsion sexuelle envers le féminin, la pulsion de meurtre envers les figures du père, et le refoulement a engendré de fait un sentiment fort de culpabilité, et par conséquent une mauvaise estime de soi. Il aurait pu rester un mauvais garçon s’il n’y avait eu un sursaut et de bonnes rencontres.

Ce cas clinique montre par ailleurs que l’hyperactivité au sens strict n’existe pas en tant que structure de personnalité. Tout comme l’a montré Pietro Maximoff, celle-ci n’est pas un trouble mais une défense contre une dépression. Ici l’angoisse d’abandon jamais surmontée, parfois canalisée, mais toujours retenue sur un fil. Et Pietro Maximoff n’a cessé de courir dessus sans en avoir conscience.
Cette étude de cas montre aussi, avec d’autres, que l’hyperactivité est un mal de notre époque. La stimulation et l’excitation pulsionnelle à tout-va, le fait de privilégier l’immédiateté, l’absence de figures paternelles consistantes dans la dynamique psychique des garçons, tantôt tyranniques tantôt absentes : tout ceci concourt à retrouver cette symptomatologie galopante. Autant d’êtres insuffisamment retenus, insuffisamment frustrés, insuffisamment sécurisés, aux angoisses non élaborées. Le fait que cela permet d’attirer le regard pour les plus jeunes et qu’elle soit valorisée socialement pour les plus adultes, amène à une inflation de ce trouble dans nos sociétés en mutation. Plus rien ne les leste durablement. Pourvu que Pietro Maximoff, mon vif-argent, ait trouvé de quoi le retenir pour continuer d’affronter ses fantômes qui iront, toujours, un peu plus vite que lui. Je le pense sur une bonne voie.

Fin de traitement Ou Affronter à vitesse grand V ses angoisses et ses désirs© Marvel Comics.

——

Un papa rescapé de la Shoah qui tente de le tuer et qui finalement n’est plus son papa.  Un sorcière bien aimée en guise de soeur pour qui il en pince. Une femme inhumaine. Une carrière de super héros sous le signe de l’hyperactivité.  Il serait peut être temps pour Pietro Maximov de voir un psy, non ?  Le rdv est pris avec le Dr Hivence chez Bruce Lit pour ce dernier Collant sur le divan de la saison !

La BO du jour :  Quicksilver n’a jamais eu comme seule option que parcourir « la distance », maintenir sa course folle pour échapper à son inconscient galopant.« But he’s in a time of need » : Mais le voilà dans une période de besoin. Et ça ne va pas être… du gâteau pour notre brave Docteur! Allez! Go!

36 comments

  • Bruce lit  

    Début de la session 7

    Où Pietro assume son désir de posséder sa soeur en parlant de lui au féminin ! Un lapsus qui a échappé à ce bon Dr Hivence, pourtant en mode hyper contrôle !

    PM : Je n’apprécie pas vraiment être ainsi manipulée,

    Pour le reste, tu as réussi, Omac, un presque exploit avec ce dernier numéro : me faire ressentir de la compassion et de l’empathie pour ce fils de personne qui ne m’a jamais passionné. Enfin, si. Je l’aime bien en personnage secondaire, Quicksilver est présent dans beaucoup d’histoires majeures avec Magnus. Il introduit souvent des relations triangulaires intéressantes; si Wolverine est grièvement mutilé, c’est pour le sauver. Tiens, autant Logan a toujours éprouvé de la culpabilité de cet accès de rage envers Magnus (son mentor Charles Xavier qui se transforme en monstre « par sa faute »), autant je n’ai pas souvenir d’une scène où Pietro éprouve une quelconque gratitude/culpabilité pour ce qui est arrivé à Logan.
    House of M : idem. On soupçonne encore Magnus d’être à l’origine du changement de réalité alors que c’est l’idée de Pietro. Cette fois, c’est Wanda qui commet l’irréparable avec son No more mutants, toujours pour empêcher son père de massacrer son fils.
    MAximof = Maxi problèmes !

    Je n’aurais jamais pensé à associer Pietro à un hyperactif qui fuit en avant. C’est limpide et plein de sens désormais. Ton article m’a aussi permis d’apprécier le parcours amoureux de ce personnage qui s’associe au vent (Crystal/Storm dans AoA) et en rivalité avec les flammes et lutte pour trouver le magnétisme qui lui manque contre son père.

    La preuve que les personnages Marvel sont d’une incroyable richesse malgré les bourdes de cet éditeur.

    Question : comment différencierais-tu Pietro de Vega de Alpha Flight. En apparence, on a presque les mêmes personnages non ? Des speedsters arrogants et tête à claques avec des vues sur leurs soeurs jumelles à moitié dingue.

    • PierreN  

      « Question : comment différencierais-tu Pietro de Vega de Alpha Flight. En apparence, on a presque les mêmes personnages non ? Des speedsters arrogants et tête à claques avec des vues sur leurs soeurs jumelles à moitié dingue. »

      Avec Namor, ils pourraient former le club des mecs narquois/hautains/sarcastiques/pédants (douchebags avengers ou amazing jerks).

        • PierreN  

          Je crois pas.
          Par contre il me semble qu’il a fricoté avec sa cousine Namora (bah oui, les blondes c’est son truc). Namora, Namorita Marina, je finis par les confondre à force (surtout quand l’une d’elles alterne peau blanche et peau bleu).

          Et pourquoi il n’ya pas de tag « Avengers » (Pietro est membre depuis une paye quand même) ? C’est en raison du favoritisme du boss pour les X-Men ? ^^

          • OmacSpyder  

            Namor a eu son Collants sur le Divan en mode poisson d’avril Team Up JP ;)
            Tu décris le trait du sarcasme comme un point commun, ici la question est de savoir : sarcastique, yes. But what else? Un mécanisme de défense commun mais pour cacher des choses différentes…

  • Eddy Vanleffe  

    Omac met en évidence une sorte de miracle du comic book,
    On peut faire une étude approfondie de personnages « accidentellement » profond…
    L’histoire de Marvel est remplie de délires, d’incohérences, de contradictions voire même d’erreurs que le fan tel l’oeil qui traduit ce qu’il voit pour lui donner un sens, interprète et recolle lui-même les morceaux.
    certains auteurs comme Kurt Busiek ont même consacré une partie de leur travail et carrière à expliquer l’inexplicable…
    Quand on sait que c’est une accumulation de bourdes qui mené à ce que Hank Pym batte sa femme….

    • Bruce lit  

      Quand on sait que c’est une accumulation de bourdes qui mené à ce que Hank Pym batte sa femme…
      Non, je ne sais pas. Raconte !

      • Eddy Vanleffe  

        De mémoire mais il faudra faire confirmer par les pointures…
        Roy Thomas fait un script à la Marvel très léger dans lequel il indique de Yellow Jacket pousse Janet
        le dessinateur interprète par un mouvement très ample et brutal avec un choc dans les traits du mouvement
        le lettreur rajoute un « Whak » très explicite…
        quand le truc se retrouve en rayon, il est déjà trop tard.
        Un petit malin se dit que c’est un bon moyen de rajouter de la profondeur dans les personnages et qu’il faut exploiter ça…
        beaucoup de scénaristes sont embêtés, parce qu’ils n’aiment pas que les héros » se retrouvent non pas avec des défauts mais des tares qui les mettent d’avantage dans le camp des psychopathes que celui des vertueux…
        Busiek tente de rattraper l’image du personnage,bizarrement Bendis aussi…
        l’aura cinématographique du personnage désigne Scott Lang comme itération et Marvel se sent de plus en plus gêné d’avor un « woman-abuser » dans ses rangs et décide de s’en débarrasser dans Rage of Ultron…
        Mais rien n’est jamais définitif, Hank est revenu depuis le temps. Mais d’après les rumeurs, l’éditeur toujours aussi gêné par les actes d’un personnages fictif aurait décider de la retconner prochainement ….

        • Bruce lit  

          Très intéressant.
          Merci Eddy.
          Là encore ce serait dommage de rebooter…

          • OmacSpyder  

            @ EddyVL :
            Ton propos à travers cet exemple corrobore bien mon idée.
            Roy le scénariste= le Surmoi qui donne le ton. Qui sait ce qui est bien.
            Le dessinateur = le Ça qui échappe au Surmoi. Les pensées refoulées qui surgissent.
            Le lettreur = le Moi qui tente de donner un sens à l’ensemble pour que ça tienne entre le Ça et le Surmoi.
            Et voilà comment on construit une personnalité! :)

        • Matt  

          Ah je savais que Hank avait battu sa femme mais je ne savais pas où ni quand, et encore moins que c’était une série de bourdes involontaires. Le lettreur ne s’est pas dit « éh, je transforme un truc en violence conjugale ? »^^

          • Eddy Vanleffe  

            Je me méfie de moi-même et j’espère ne pas avoir déformé la réalité avec mes souvenirs mais en gros tous les acteurs ont crée une situation qui n’était pas prévue telle quelle.
            C’est difficile d’imaginer à cette époque mais, on ne faisait pas « polémique » à tout bout de champ…
            rajouter des défauts, des travers humanisait les personnages et ça pouvait être pris comme une sorte d’avancée dans la maturité…
            Donc, c’est devenu un trait de caractère très développé dans les années 80

            aujourd’hui, il faut éviter d’être segmentant pour éviter de stigmatiser qui que ce soit..

        • PierreN  

          « Roy Thomas fait un script à la Marvel très léger »

          Je crois que c’est plutôt Shooter (mais à vérifier).

          « In that story (issue 213, I think), there is a scene in which Hank is supposed to have accidentally struck Jan while throwing his hands up in despair and frustration—making a sort of “get away from me” gesture while not looking at her. Bob Hall, who had been taught by John Buscema to always go for the most extreme action, turned that into a right cross! There was no time to have it redrawn, which, to this day has caused the tragic story of Hank Pym to be known as the “wife-beater” story. »

          Et ensuite, avec Stern, il y a eu le procès de Hank.

  • Ed'  

    Il m’aurait bien plu de découvrir d’autre séances puisque finalement nous assistons à sa ‘cure’ et suivre étape par étape son ‘réaménagement psychique’.
    Je le trouve néanmoins très courageux de s’exprimer d’une parole vraie ! Se libérer des obstacles imaginaires pour ce sujet de science fiction est très pertinent.

    Traduisez nous le monde Docteur Hivence puisque nous ne sommes que des Goonies !!
    Mercis !!!

  • OmacSpyder  

    @ Bruce : ce lapsus ne se dévoilant pas à l’oral, il fallait qu’il soit relevé par un lecteur attentif prenant le temps^^ L’analyse en lien avec sa sœur, thème de la séance, tient la route! Une façon de se projeter en elle..?

    Amener le personnage à dévoiler ce qui l’anime et/ou des impasses permet de dépasser le stade sympathique/ antipathique. Ravi que Pietro ait trouvé un peu d’empathie! ( voire d’écho? ;) )

    Différences et ressemblances entre Pietro et Jean-Paul Beaubier/Véga? Comme tu le pointes, les points communs sont nombreux. La présence d’une figure paternelle souvent écrasante par sa présence ou son indifférence est une différence entre les deux. Mais ils semblent se rejoindre sur beaucoup d’aspects. Hormis la sexualité, élément de taille…

    @EddyVL : Ta remarque éclaire un point qui me paraît évident mais que je n’ai peut-être jamais explicité : à l’instar de chaque individu possédant ses propres conflits psychiques internes (vous savez ces petites voies qui nous disent un truc puis son contraire…), ses propres contradictions, les personnages Marvel ont les éditeurs et auteurs qui les entraînent sur des voies différentes. Mais tout compte fait, ça se ressemble beaucoup! Ce qui de fait rend ces personnages très humains et proches de nous.
    Les voies de l’inconscient sont impénétrables (sauf pour le Doc Alex Hivence qui a les clefs!^^ )

  • OmacSpyder  

    @Ed’ : Merci pour cette incitation à développe davantage! Il est vrai que des extraits choisis permettent de condenser la retranscription. J’espère toujours que le fil sera néanmoins suffisamment clair…
    Voici qui résume en tout cas très bien le propre de la psychanalyse : le courage et la parole vraie. Certains font la remarque comme quoi, parler, on ne fait que ça. Donc, quel intérêt? Quelle spécificité? Et bien vous avez parfaitement répondu! :)
    Et au bout de la fiction de chacun, le sens… ;)

  • Présence  

    Je suis toujours autant épaté par ta capacité à rétablir la cohérence dans un personnage dont le développement s’est fait au fil de décennies, aux mains de nombreux scénaristes.

    Le principe du superhéros qui va plus vite que les autres a également été développé pour Flash dans ses différentes incarnations, essentiellement Barry Allen et Wally West, ce qui fait qu’une partie des développements de ces séances a déjà été mis en scène dans leur série… mais jamais avec la même acuité pénétrante.

    Outre le jeu constant sur le registre de langage et les expressions associés à la vitesse et à la course (respect pour cette abondance d’expressions imagées), ces séances démarrent très fort avec la remarque sur l’immédiateté, donnant un éclairage que je n’attendais pas sur le caractère de Pietro. J’ai regardé avec admiration et émotion (pour ce que ces remarques me renvoient de ma propre relation avec mon père) la mise en lumière de la riche tapisserie de liens et et de leur nature que Pietro entretient avec les figures paternelles, plutôt abusives à son encontre (il a été servi le pauvre). Je m’attendais beaucoup moins à l’analyse de la relation à la sœur et de l’élan pour la protéger de lui-même.

    De même, je n’aurais jamais pensé à tirer parti du mot Inhumain. Du coup, ça a été une révélation pour moi cette intégration à une famille plus nombreuse pour Pietro, et à sa dimension inhumaine, ou au moins ressentie comme telle.

    • OmacSpyder  

      Il s’agit comme avec un patient au parcours sinueux de retrouver le fil, de trouver les points, les noeuds qui caractérisent sa personnalité. D’en cerner les contours, les points de fragilité et comment tout cela s’organise.

      Je ne connais pas les développements sur Flash mais si tu dis que ça a suivi un fil similaire, c’est amusant. Surtout si c’est avec moins d’acuité :D

      Ton propos sur l’écho que ces séances a trouvé chez toi me confirme que celles-ci sont réalistes. Elles s’appuient d’ailleurs sur mon expérience de praticien. Certains extraits sont quasiment vécus, entendus en séances.
      Tant mieux aussi qu’on ne voit pas tout venir! La surprise, c’est important! C’est comme si un patient n’était pas surpris de ce qu’il apprend sur lui-même…
      Utiliser les mots dans une acception différente ( comme inhumain ) est une façon aussi d’éclairer une problématique, un ressenti. Ici, en effet « inhumain » prend une portée différente et éclairant le complexe de Pietro…
      Merci pour ce…retour!

  • JP Nguyen  

    J’ai lu cet article à toute vitesse et il faudrait que je le relise… Mais ma première impression est que c’est un de tes meilleurs Collants sur le Divan, avec un personnage secondaire dont tu revisites minutieusement l’histoire éditoriale pour donner du sens à ses multiples vies…
    Les sous-entendus et les clins d’oeil sont toujours savoureux et dénotent un vrai travail d’écriture, en plus du travail de psy. En tant qu’amateur de jeux de mots, je ne puis que te saluer chapeau bas.
    Un seul détail : les séances sont courtes et il y en a beaucoup… Il prend combien par séance, le Docteur Hivence ? J’espère que Pietro en a eu pour son (vif) argent !

  • Tornado  

    Voilà un « Collan sur le Divan » (« CslD ») qui m’a davantage emballé que les autres par son éclairage sur le thème de l’Oedipe, thème qui me passionne toujours énormément.
    Je réévalue ainsi à la hausse la richesse d’un personnage que j’ai toujours trouvé extrêmement désagréable. Je me souviens d’une mini-série lui étant consacrée à l’époque de « House of M », dans laquelle il était particulièrement puant (commentaire à ma zone). Mais bon, avec tout ce qu’il a enduré ce pauvre jeune homme, on aurait tendance à porter sur sa désagréable personne un jugement moins sévère…

  • OmacSpyder  

    @ JP : Oui! C’est sensé pouvoir se lire vite (au moins en première lecture) et ainsi correspondre au rythme de notre speedster hyperactif Pietro! Cela explique peut-être que tu trouves ce numéro comme le meilleur de la série : le rythme est resserré et les réflexions du Doc doivent être suffisamment développées mais précises pour suivre le rythme! Ça n’est pas une ciné- cure ce job parfois! :D

    Ce qui nous amène aux séances courtes utilisées dans ce numéro et dont tu relèves justement la brièveté : selon la théorie psychanalytique lacanienne, le temps des séances s’adapte au « rythme interne », psychique du patient. Dans cette conception on n’utilise pas un temps fixe de la séance mais un temps « à géométrie variable » pour faire avancer, bouger le patient. Ici, c’était de circonstance! Le tarif, c’est Bruce qui règle à la fin, non? ;)

    Et merci pour le compliment sur l’écriture : venant du narrateur de FR j’en prends toute la saveur! :)

    @ Tornado : ah! Tu as noté que le Doc avait saisi l’occasion pour illustrer un thème dont je savais qu’il t’était cher! ;)
    Et je suis content de lire que cet éclairage amène à une certaine empathie. Comme il disait bébé : « maman pa’tie, papa pa’ti, les gens lents pa’tis » ( 1 seconde de réflexion :D)
    Comme Kirikou avec la sorcière : quand quelqu’un est désagréable, il s’agit de trouver l’épine qui est enfoncée dans son corps…

    • Bruce lit  

      selon la théorie psychanalytique lacanienne, le temps des séances s’adapte au « rythme interne », psychique du patient.
      Ce qui explique les séances de 15 minutes ?

      Comme il disait bébé : « maman pa’tie, papa pa’ti, les gens lents pa’tis » ( 1 seconde de réflexion :D) Excellent ! Pablo en est totalement à ce stade ! (2ans)

      L’article sur Kirikou reste à écrire. C’est un dessin animé merveilleux.

      • OmacSpyder  

        @ Bruce :
        Seulement si c’est fait avec sérieux et de l’éthique et pas pour faire du chiffre! D’ailleurs dans ces cas le temps « gagné » est pris à côté pour réfléchir sur la problématique du patient…

        Voilà! Pablo élabore autour de la disparition-réapparition dans le langage. Ça se construit! ;)

        De Kirikou j’avais beaucoup aimé cette idée de la méchanceté comme une aiguille oubliée plantée en soi…

  • Totoro  

    Bonjour, première fois que je lis Collants sur divan. C’est super bien écrit et brillant. Je ne sais sur quelles lectures tu t’appuies mais j’ai vraiment trouvé cela intéressant et crédible.

    • OmacSpyder  

      Merci et bienvenue ! C’est le numéro 7 de la rubrique. Tu peux donc lire les numéros précédents si tu apprécies…
      Pour les lectures, tout ce qui concerne le personnage et notamment les passages marquants de son histoire. Et de la psychanalyse forcément…

  • Jyrille  

    Je vais sans doute mettre un certain temps pour lire cet article (très long) mais je voudrais déjà réagir à la première phrase : « Et si les superpouvoirs de nos chers personnages en collants n’étaient en réalité que l’expression de leurs symptômes? »

    C’est un effet souvent utilisé depuis quelques temps dans les fictions, j’ai l’impression. Dans la série Misfits, c’est exactement ça. Chaque personnage se voit doté d’un pouvoir en lien avec sa personnalité ou ses capacités : le gars sans amis et timide devient invisible, celui qui est champion d’athlétisme remonte le temps etc… Tu avais déjà ce genre de métaphore dans Buffy, où un évènement traumatisant donnait de nouveaux pouvoirs ou changeait totalement un personnage (comme dans la vraie vie mais avec du fantstique). Si on prend donc les super-héros dans l’autre sens, ceux que nous aimons, qui sont de bons personnages, devraient symboliser un caractère ou un traumatisme, et ainsi parler à toutes et tous.

  • Jyrille  

    Fini ! Bon je n’ai pas tout saisi, ne connaissant pas l’histoire, mais j’apprécie beaucoup tes réflexions de psychologues. Quelque chose me chiffonne cependant : est-ce toujours basé sur le double-sens des mots ? Sur la possible interprétation (ou surinterprétation) de termes parfois simples (je me souviens d’un film où une fille se fait mal au genou. La psy lui demande si cela ne lui fait pas penser à « je-nous » puisqu’elle était en vacances pour fuir son couple…), mais qui n’ont possiblement pas de fondement ? Je reste très circonspect.

    Quoiqu’il en soit, c’est rafraîchissant et original.

    La BO : je kiffe. Ainsi que leur reprise de Gloria Gaynor.

  • OmacSpyder  

    @ Jyrille : Oui, j’ai raccourci l’intro pour la rendre plus « rapide » à lire (c’était de circonstance) et tu saisis tout à fait l’angle de vue et l’esprit de Collants sur le Divan. Ta dernière phrase (de ton 1er commentaire) résume l’idée qui anime cette rubrique!
    @ Jyrille post-lecture :
    Le double -sens des mots comporte ici deux usages. L’un repose sur un principe théorique simple selon lequel l’inconscient est structuré comme un langage. Et donc les mots comportent des sens différents, peuvent à travers leur homophonie, leur synonymie, leur côté métaphorique éclairer l’inconscient. C’est un peu comme un rébus. Bien sûr cet usage ne se pratique qu’avec la technique nécessaire et sans abus!
    Un autre aspect, qui est lié, est aussi de permettre de resituer l’historique du personnage en détournant les mots. Et d’éclairer ainsi d’une autre façon ce que tu évoquais dans ton 1er commentaire : ces personnages aux super pouvoirs parlent finalement d’histoires bien humaines…
    Merci pour tes pertinentes remarques!! :)

    • Jyrille  

      Merci Omac ! Je comprends mieux ce rapport au langage puisqu’il nous permet effectivement de nous exprimer. Si ces raccourcis ou détournements sont faits sans abus, cela peut sans doute faire sens parfois. Je ne m’en souviens plus car cela remonte à très longtemps, mais les cours de grammaire informatique m’avaient passionné pendant mes études. Ce doit être un peu la même chose, une construction d’une logique interne.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Grammaire_formelle

  • Ed'  

    Bonsoir,
    Ne serait il pas pertinent de proposer à Pietro d’illustrer ses propos puisque Freud nous démontre que l’inconscient n’est pas directement accessible. Et on le lit bien ici aussi. De ce fait, ses traits de pinceau, crayon ou processus de créa collage sculpture… pourraient etre révéler comme..’des lapsus ‘? Ce patient pourrait peut-être être en mesure de représenter sous forme matérielle ses éléments inconscient ? Et puis pas seulement sont contenu en tant que tel mais aussi ce que cela pourrait éventuellement succiter en lui (colère, frustration, tristesse etc…). En cela est ce que l’on pourrait considérer que l’art reposerait sur un accès de notre inconscient ? Un personnage créer, entièrement dessiné en collant aurait il un potentiel créatif ? Certes, le temps de consultation serait plus large. Et est ce bon, nécessaire de sonder son inconscient avec ou sans collant ^^ ? (je ne porte que des bas…)

    • OmacSpyder  

      @ Jyrille : Je suis allé voir le lien sur la grammaire informatique, c’est très intéressant. Ici la psychanalyse s’appuie notamment sur la linguistique structurale quant à la théorie du langage, des signifiants (l’usage des mots dans le langage et le réseau de signifiants propre à chacun), et de ce qui est signifiant pour le sujet. « Ce qui fait sens » comme tu l’énonces, tout à fait! D’où l’écoute particulière du psychanalyste qui doit entendre au-delà de l’énoncé…

      @ Ed’ : L’inconscient n’est pas accessible directement en effet. Il existe ainsi des « voies d’accès » (qui ne sont pas impénétrables) à travers le rêve, la parole : ses lapsus, les actes : à travers les actes manqués, et les symptômes : leur expression est une forme de langage à décoder.
      Proposer à Pietro une « méditation thérapeutique » à travers une expression graphique aurait pu être intéressant. C’est ce qui est proposé à travers l’art thérapie par exemple mais aussi les psychothérapies avec médiation : l’utilisation du dessin, de la peinture etc. (Ce qui est pertinent notamment auprès d’enfants voire d’adolescents ). Et en effet le travail autour des émotions traversées se réalise dans un aller er retour entre l’expression graphique et le verbal. D.W. Winnicott (un pédiatre psychanalyste anglais) a même théorisé un principe : le  » squiggle ». Le principe est le suivant : tour à tour thérapeute et patient esquissent un tracé rapidement sur une feuille, l’autre doit continuer en créant un dessin à partir de ce « gribouillage » sans réfléchir. C’est le principe de l’association libre version dessin ;)
      L’art comme expression de l’inconscient? Tout à fait. Lacan dit même que l’artiste précède la psychanalyse en ce sens où l’art (le vrai) est un propos sur le Réel à travers l’inconscient de l’artiste (en rapide résumé). L’expression artistique apparaît de fait comme une voie supplémentaire d’accès à l’inconscient mais avec une portée universelle.
      Certains personnages seraient-ils à même de créer? Certainement! Cela demanderait à imaginer leur création graphique. Et à rédiger un Collants sur le Divan utilisant des images de celles-ci. Le débat (des bas?) reste ouvert… :)

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