Collants sur le Divan : Sabretooth (Victor Creed chez le psy)

Sabey par Laurent Lefeuvre

Les Productions OMAC SPYDER présentent: 

Collants sur le divan #6 : Victor ‘Sabretooth’ CREED :  Un cas de psychopathie

Par le Docteur Alex HIVENCE

Nos super-héros préférés montrent des pouvoirs des plus surprenants. Mais imaginons un instant que ces pouvoirs ne soient au fond que l’expression symptomatique de leur fonctionnement psychique. Plus question de double identité mais de troubles de la personnalité! Dans les moments où même eux sont dépassés par le retour du refoulé, ils se tournent alors vers un spécialiste de l’âme humaine : le Docteur Alex Hivence, psychologue psychanalyste, à même de déchiffrer leurs problèmes et de plonger dans leur inconscient pour en révéler les secrets. Quand il n’y a plus d’espoir, que leur trame s’emmêle, que leur personnalité s’égare, ils composent alors son numéro. Ces chroniques « Collants sur le Divan » en retracent l’histoire…

La Bête en cage! "Le silence des gloutons": Psychopathie ou perversion?

La Bête en cage!
« Le silence des gloutons »:
Psychopathie ou perversion?

Je présentai mon ordonnance judiciaire à l’entrée de la Maison Centrale où l’individu que je devais expertiser était placé en détention depuis peu. Le gardien à l’entrée me fit signe d’entrer dans le hall où étaient placés les détecteurs de métaux. Je subis le rituel incontournable des portes métalliques avant de franchir par paliers successifs me menant à la cellule dédiée aux expertises psychologiques. Je me remémorai ce qu’un ancien patient m’avait dit un jour sur l’importance des sons environnants, et leur effet sur la psychée. Ces sonneries, ces portes qui s’ouvrent et se referment par un cliquetis sec, la façon dont les pas résonnent dans les coursives que nous traversions était caractéristiques de ce lieu d’enfermement.

Le surveillant pénitentiaire qui m’accompagnait me fit comprendre que nous étions arrivés. J’entrai dans la pièce grise. Il me rappela rapidement qu’au sol se situait le bouton d’alarme en cas de problème : une pédale qu’il suffisait de presser pour que deux gardiens arrivent de suite. De l’autre côté de la pièce, la porte d’accès des détenus. Le surveillant informa par son talkie grésillant que « l’expert psychologue » était arrivé. J’entendis quelques minutes après des pas dans la coursive attenante. Deux surveillants pénitentiaires et le détenu que j’étais en charge d’expertiser franchirent la porte. On installa ce dernier devant moi, assis sur la petite chaise. Les surveillants se retirèrent l’un après l’autre. Le plus gradé d’entre eux me rappela par un signe bref la pédale d’alarme à utiliser en cas de nécessité. Je n’en étais pas à ma première visite dans ce lieu, mais l’ambiance était pour l’heure toute particulière. Le détenu restait muet avec le regard fixe, sans expression particulière. Je pris la parole.

Dr Alex Hivence :  » – Bonjour Mr Creed. Je suis le Dr Hivence, chargé de réaliser l’expertise psychologique ordonnée par le magistrat en charge de votre affaire. Pour mener à bien cet entretien, je vais vous demander de répondre aux questions que je vais vous poser.
Victor Creed me regarda avec un petit sourire… Il lâcha d’une voix rauque qui résonna sur les murs nus de la petite pièce :
Victor Creed : – Je t’écoute, Doc, mais tu peux lâcher la pédale du pied… J’ai les mains retenues et la bouche couverte de ce masque métallique… Que peut-il t’arriver? Pose tes questions, détends-toi, c’est pas toi qu’es à ma place dans cette cage…
AH : Bien, je disais donc que j’allais vous poser des questions précises afin de cerner votre personnalité pour rendre compte au magistrat
VC : Tu parles à Dents de Sabre, ici! Je ne suis pas un de tes gentils petits patients, ces oiseaux tombés du nid qui ouvrent le bec pour jacter leur misère au psy! Tu comptes creuser dans ma tête?! T’es pas prêt pour ça, Doc!
AH : C’est une ordonnance judiciaire, Mr Creed. C’est dans votre intérêt de vous y soumettre.
VC : Je ne me soumets à rien! On dirait que ça te fait plaisir cette situation : moi le fauve en cage et toi le toubib qui vas me fouiller le crâne…
Avançant ses épaules en avant, approchant ainsi son visage du mien, il ajouta :
VC : …Mais vas-y, ça peut être marrant… Pose tes petites questions, fais ton job, toubib. On va s’amuser un peu… (la pupille de ses yeux me fixa comme un prédateur fixe une proie).

Sortir ou pas les dents et les griffes : Les pulsions retenues par l'extérieur Ou La recherche de punition

Sortir ou pas les dents et les griffes :
Les pulsions retenues par l’extérieur
Ou
La recherche de punition

Je sortis les pièces du dossier composé d’auditions, de témoignages, de photos afin de préparer les questions que j’avais organisées au préalable.
AH : « Les éléments connus autour de votre enfance mentionnent des mauvais traitements. Pouvez-vous m’en dire davantage?
VC : Tu commences fort toubib! Mon bigot de père a voulu chasser le diable de mon corps… Regarde le résultat! C’est réussi, non?! Il voulait m’arracher mes pulsions en m’attachant comme un animal… C’est pas drôle, ça?! Et vous r’mettez ça!!
AH : Et de quelles pulsions s’agissait-t-il?
VC : La gourmandise, mon père!! Ah ah!! J’ai arraché la tarte de la main de mon frère… (Creed s’arrêta un instant comme pour mieux réussir son effet) Et sa tête par la même occasion!
AH : En éprouvez-vous du remords?
VC : Ah!! Oui, bien sûr… J’aurais dû m’enfuir juste après! Voilà ce que j’aurais dû faire! J’aurais évité les représailles de mon géniteur. En même temps, ça semblait tellement lui faire plaisir de m’enchaîner, là… Il ne supportait pas que je sois le préféré de ma mère! Alors il avait là l’occasion rêvée pour satisfaire son envie de me faire du mal!
AH : Et que disait votre mère?
VC : Rien!! Qu’est-ce que tu veux qu’une nana puisse faire?! C’était à moi de lui faire comprendre qui était le plus fort…

Pourquoi j'ai mangé mon frère : "ce n'était qu'un jeu, maman" Ou La frustration (pour le psychopathe) est un vilain défaut!

Pourquoi j’ai mangé mon frère : « ce n’était qu’un jeu, maman »
Ou
La frustration (pour le psychopathe) est un vilain défaut!

AH : Je notais [absence de cupabilité], puis repris : Victoria, c’est bien ça?
VC : Comment ça?
AH : Votre mère, elle se prénommait Victoria, c’est cela?
VC : Oui! Et alors?! Qu’est-ce que ça peut te faire, Doc?! (J’entendais cette phrase comme un râle)
AH : Vous disiez que vous étiez son préféré en somme. Le choix de votre prénom peut s’expliquer : le pendant masculin du sien. Ou une part féminine en vous.
VC : Tu veux qu’on cause de nos parts masculines tous les deux?! T’as pas l’air taillé pour, toubib!!
Il eut un mouvement en avant comme pour se jeter sur moi puis se reprit avec un rictus. Continuez, vous m’intéressez, Doc… (Sa voix trahissait un intérêt qui était bien autre que celui d’un intérêt intellectuel. Il s’apparentait davantage à l’intérêt que portent les félins à leur proie à découvert).
AH : Vous avez commencé une vie d’errance et de délits, voire de crimes.
VC : Quand on m’cherche, on m’trouve! Tu crois quoi?! Si c’était ton môme dehors, tu voudrais pas qu’il se défende dans la jungle..? (il sonda ma réaction du regard, avançant la tête comme pour sentir une odeur...)
AH : Mr Creed, ça n’est pas le sujet.
VC : T’as pas d’enfants, Doc? Ou tu les enfermes dans la cave… Ou alors tu les protèges comme la prunelle de tes yeux… (à chaque phrase, son regard se plantait dans le mien et c’était comme s’il…respirait mes réponses…) Oui, t’as des momes, hein?! P’têt’ même une jolie petite fille… Faudrait pas qu’ils tombent sur un type comme moi…
AH : (J’entendais comme une vague menace dans sa voix, ou était-ce une projection de mon imagination impressionnée par son attitude de toute-puissance? Je décidai de suivre sur cette piste malgré tout…) Vous est-il arrivé de vous en prendre à des enfants, Mr Creed?
VC : J’en ai peut-être impressionné quelques uns sans le vouloir…
AH : Ou alors vous agressez des enfants comme pour vous assurer que désormais, ça n’est plus vous l’enfant effrayé…
VC : Toi, le toubib, tu t’sens pousser des ailes… Mais moi les petits oiseaux, j’les chasse du nid!! (Il poussa un grognement soudain comme un fauve sautant sur une proie)
AH : Vous répondez ainsi à ma question, merci… (Le détenu se débattit en faisant sonner ses entraves comme pour faire s’envoler une nuée d’oiseaux ou pour faire accélerer les battements de mon coeur… Il réussit sur ce point).
VC : T’es p’têt’ bien qu’un enfant effrayé, Doc… Sinon pourquoi tu poserais toutes ces questions, hein?! (Il avait la tête baissée, le regard remonté vaguement vers moi… Je reconnaissais ces attitudes d’agressivité retenue qu’ont certains psychopathes prêts à attaquer l’instant d’après… Je changeai de sujet). Et ta petite femme, elle sait que tu t’amuses à venir voir des mecs mieux faits qu’toi?..

Tuer l'enfant en soi ou Quand l'enfant victime devient le bourreau d'enfants

Tuer l’enfant en soi
ou
Quand l’enfant victime devient le bourreau d’enfants

AH : Justement…(Je rassemblais mes notes pour recentrer l’examen en cours) : ces femmes que vous avez tuées? Pourquoi des femmes?
VC : Ah ça! C’était pour donner une bonne leçon à un nabot! (Il avait un large sourire satisfait). C’est une affaire d’hommes, de vrais! Tu peux peux pas piger ça, toi…
AH : Expliquez-moi Mr Creed. Je suis ici pour comprendre vos motivations.
VC : Mes motivations?! Ah ah ah!! Oui, c’est ça, j’étais parfaitement motivé! Il fallait qu’il souffre ce nabot, ce moins que rien! Il croyait qu’il allait s’en tirer comme ça, alors que ça n’est qu’un animal!! Il fallait qu’il comprenne… Je faisais ça pour lui, pour son bien!!

Relation père-fils inversé Quand la victime s'invente bourreau (Et toujours cette part de gâteau!)

Relation père-fils inversé
Quand la victime s’invente bourreau
(Et toujours cette part de gâteau!)

AH : A la question  » Formulez en quoi l’auteur présumé est réceptif à la culpabilité », je notais [Inversion des valeurs avec projection du mauvais objet à l’extérieur à travers une personne choisie. Transfert s’appuyant sur une relation de haine permettant de projeter à l’extérieur les aspects négatifs et préservant le Moi de la culpabilité]
VC : Qu’est-ce que tu gribouilles, là?! Tu fais ton petit topo moral, bien propre dans ton costume civilisé! C’est le mensonge que vous vous racontez tous!!… Sous cette façade tu ne vaux pas mieux que moi! Ni ce nabot qui voulait se hisser au-dessus du lot!! Il fallait que je le ramène à la réalité, et la réalité c’est que tu ne vaux pas mieux que moi au fond! T’es juste beaucoup plus…Sinistre!
Il eut un sourire entendu en prononçant ce mot. Son regard cherchait le mien comme pour s’y planter.
AH : Je note qu’il apparaît y avoir un lien entre votre enfance où vous avez été victime de mauvais traitements après votre passage à l’acte, et votre façon de « donner des leçons » aux autres. Je notais de mon côté : [ Passage de la position de victime à celle de bourreau par idéalisation inconsciente de la figure du bourreau. Absence de dépression. Instance du Moi s’appuyant sur une image forte et sans failles]
Vous auriez pu être son père à ce… Logan?
VC : C’est tout comme! Mais il n’est pas à la hauteur! Il faut lui inculquer les choses, lui enlever cette morale et cette vie rangée!! Avant ça, on a passé du bon temps lui et moi… On aurait pu continuer longtemps, trèèèès longtemps!! Rien ne nous aurait arrêtés! Mais il s’est embourbé dans son chemin de père-la-morale!
AH : La question du père est récurrente manifestement. Vous la posez comme devant permettre à l’enfant de s’épanouir, mais pas comme devant apprendre la frustration?
VC : C’est comme ça que t’éduques tes mômes, Doc? Toi tu as l’air bien frustré, là… C’est ce que tu voulais faire petit : poser des questions à des monstres comme moi? C’est comme ça que t’en es arrivé là??! (Disant cela, je le sentis, en dépit du masque de sécurité, se passer la langue sur les lèvres).

Père-fils : Mode d'emploi et miroir inversé Une vision du monde entre bourreau et victime : entre prédateur et proie

Père-fils : Mode d’emploi et miroir inversé.
Une vision du monde entre bourreau et victime : entre prédateur et proie

AH : Puisque vous êtes en détention suite à une affaire d’agression sur une femme, nous allons aborder ce sujet. Je vous lis la question : quel lien entretenez-vous avec les femmes, Mr Creed?
VC : (ses yeux se plissent doucement)… Le lien qui les tient bien fort!! Ah ah ah!! T’es pas d’accord Doc?!
AH : Vous avez à plusieurs reprises commis des agressions graves sur des femmes. Veuillez répondre à la question Mr Creed.
VC : Ouh! Ça y est…Il montre les griffes!! (il avait un rictus satisfait)
AH : Et vous évitez la question, Mr Creed.
VC : Elles ont bon goût, les femmes! Surtout celles qui courent avant que je ne les attrape…
AH : Et pourquoi leur courez-vous après?
VC : … T’es jaloux?! Sors, et trouve-moi une poupée, on va s’amuser…
AH : Aviez-vous des idées sexuelles envers votre mère?
Le détenu tira furieusement sur ses entraves pour s’approcher de moi, je sentis son haleine animale à travers son masque, ses yeux étaient écarquillés et ses pupilles dilatées, comme un félin prêt à attaquer. Je posai machinalement le pied sur le bouton pressoir au sol, prêt à appeler les gardiens si les entraves lâchaient…
VC : (il éructait littéralement) Toi mon bonhomme tu vises haut, là!! Tu te crois à l’abri grâce à ces chaînes, mais ça ne durera pas!! C’est écrit dans ton dossier de me poser cette question-là ou c’est toi qui te lances, là, Doc?!!
AH : (Je tentai de garder mon sang froid) J’essaie de faire avancer notre entretien vers le but que je vous ai formulé au départ, à savoir : éclairer vos motivations dans les agressions qui vous sont reprochées, Mr Creed.
Le détenu se relâcha d’un coup, comme si tout ceci n’avais pas eu lieu.
VC : Tu me fais rire, Doc! T’as de drôles d’idées dans ta petite tête quand même…

"Maman, je suis plus fort que papa" Ou: Sans la castration oedipienne, chaque homme est un prédateur et chaque femme une proie

« Maman, je suis plus fort que papa »
Ou:
Sans la castration oedipienne, chaque homme est un prédateur et chaque femme une proie

AH : Vos relations avec les femmes ont l’air instables d’après les éléments de votre dossier.
VC : Ou ce sont les femmes qui sont instables!! Elles sont un peu… Mystiques, vous savez : changeantes comme un parfum! ( il leva le nez en l’air comme pour humer l’air ambiant, reniflant presque) Le parfum d’une femme apeurée est un nectar… Elles servent à vider la tête, comme des petits oiseaux qui chantent pour nous détendre… Et qu’on plume quand elles ne nous servent plus!!
AH : Avez-vous eu des relations suivies avec des femmes, Mr Creed?
VC : Pour les suivre, je les ai suivies, Doc! Plutôt deux fois qu’une… Le problème c’est que des fois je suivais pour deux, si vous voyez ce que je veux dire! Mais plus on est proche d’elles, plus elles nous laissent tomber ces incapables! On ne peut pas compter sur elles : J’ai connu de près une certaine Raven…qui n’a eu de cesse de me planter des couteaux dans le dos… On peut dire que je lui rendais bien!! Et aussi un charmant petit oiseau, Birdy, qui m’enlevait la crasse que j’avais dans la tête… Mon fils l’a tué : l’ironie du sort!! (Il sourit en plantant ses yeux dans les miens) Alors, ça te plaît ça, Doc, hein? Je te facilite le job, là… Tu m’en dois une!
AH : Cela ne fonctionne pas comme ça, Mr Creed. Comme je vous l’ai dit, c’est dans votre intérêt de répondre aux questions.
VC : (Il prit le temps de répondre cette fois) Oui… et je fais toujours les choses dans mon intérêt.

La répétition du lien haine-amour, rupture-fusion Ou L'instabilité des relations précoces comme élément d'instabilité psychique

La répétition du lien haine-amour, rupture-fusion
Ou
L’instabilité des relations précoces comme élément d’instabilité psychique

AH : Nous devons mettre fin à cet entretien pour aujourd’hui, le temps imparti par le directeur de la Maison Centrale est écoulé. Je reviendrai demain pour terminer l’expertise psychologique.
VC : Oui, on reprend demain. N’y manque pas, petit toubib! J’te l’dis comme je l’pense : ça fait toujours du bien de creuser dans la cervelle… (le sourire glacial qu’il m’adressa alors me fit froid dans le dos).

Je rentrai et mis mes notes au propre pour le lendemain.
Victor CREED : Cas de psychopathie.
Absence de frustration dans la prime enfance. Relation mère-enfant possiblement établie sur un mode de fusion-rupture amenant une insécurité affective chez l’enfant Victor Creed. Le meurtre du père s’est opéré dans la réalité du sujet, entraînant une perception de l’environnement comme source immédiate de plaisir sans freins ni retenues de type névrotique. Les pulsions présentes n’apparaissent régulées par aucune inhibition, engendrant des passages à l’acte fréquents. Les actes du sujet apparaissent en lien avec une culpabilité inconsciente qui se trouve projetée à l’extérieur, sur des figures choisies et représentant sa part de culpabilité. Ainsi ce Logan paraît représenter une figure de choix pour Victor Creed, lui permettant de rejouer les scènes de violence et de maltraitance dans une répétition incontrôlée. CE Logan représente à la fois les mauvais aspects de lui-même qu’il doit punir sans cesse, jouant ainsi le rôle de l’enfant à punir, et à la fois la figure paternelle que Victor Creed provoque dans le but inconscient que celui-ci finisse par le stopper, stoppant ainsi ses actes par une intervention extérieure. Ce Logan joue ainsi le rôle d’un Surmoi, d’une conscience projetée à l’extérieur, que Victor Creed ne cesse de provoquer. Ce transfert se base sur un rapport de haine, ce qui correspond à la relation la plus stable que le sujet est capable d’instaurer pour l’instant.

Creed_8 Logan ou la figure castratrice du Père : La haine comme attachement, le Surmoi aux effets tranchants!

Logan ou la figure castratrice du Père :
La haine comme attachement, le Surmoi aux effets tranchants!

Je passai une nuit agitée, traversée d’images sanguinaires. La dernière phrase de Victor Creed ne cessa de me revenir : « ça fait toujours du bien de creuser dans la tête », comme un signal, au sens animal, que je ne parvenais pas à décoder correctement. Etait-ce une demande d’aide déguisée? Etait-ce une façon de m’indiquer que tous ces aspects lui échappaient? La sonnerie de mon téléphone retentit soudainement, le numéro du bureau du Procureur s’afficha. Je décrochai. J’entendis la voix blanche du substitut du Procureur qui énonça avec une voix qui trahissait la nouvelle fraîchement arrivée :
« Il y a eu un incident qui concerne le détenu que vous avez expertisé hier… C’est un incident sur sa coursive, nous ne savons pas encore s’il est concerné directement…
 Dîtes-moi, répondis-je brièvement.
 Un détenu a eu le crâne fracassé et des bouts de sa cervelle ont été projetés sur les murs, une partie même n’a pas été retrouvée… On pense qu’un des détenus l’a…ingérée.
 Je devais aller voir Mr Creed aujourd’hui pour poursuivre l’expertise psychologique.
 Faîtes. Mais le JAP demande d’ajouter à la liste des questions celle de sa responsabilité dans cette histoire. Vous prenez?
 Oui, je m’en charge. Le rapport sera sur votre bureau dans les plus brefs délais.
 Le directeur de la prison vous attend.

Je me mis rapidement en route. Mr Creed possédait manifestement cette capacité à projeter les gens dans la surprise et l’effroi. L’ambiance à la Maison Centrale était encore plus glaciale que d’ordinaire. Glaciale et en ébullition à la fois. Faisant partie des établissements classés en catégorie « Sécuritaire », c’était un endroit qui en avait vu d’autres. Mais ce Mr Creed savait faire monter la pression de plusieurs crans et mettre un endroit sens dessus dessous. La phrase me revint encore une fois : « ça fait toujours du bien de creuser dans la tête »…

Victor Creed : (m’accueillant avec un large sourire) Content de vous revoir Doc! Avez-vous passé une bonne nuit? Moi, j’ai dormi comme un bébé.
Dr Alex Hivence : Nous allons poursuivre l’entretien comme prévu. Aux questions que nous devons aborder s’ajoute, du fait des évènements récents survenus entre-temps, celle de connaître votre part dans l’agression et le meurtre commis sur le détenu Mr Saule. Pouvez-vous me dire si vous avez à voir avec cette affaire?
VC : « Saul », dites-vous, comme un de mes frères décédé…
AH : (je consultai mes notes rapidement) Oui… En effet… Y a-t-il un rapport, Mr Creed?
VC : A vous de savoir, Doc! Moi je pense qu’on peut choisir sa confrérie!
AH : Vous voulez dire « fratrie » sans doute… En parlant de votre famille, je constate que vous êtes le seul homme encore vivant. Votre père et vos deux frères sont décédés de mort violente tandis que votre mère a visiblement assez bien vécu ainsi que votre soeur Clara. La violence semble caractériser le sort des hommes de votre famille?
VC : Vous vous engagez dans de sombres tunnels, toubib… Moi aussi j’ai arpenté ces zones-là, mais on n’en sort pas indemme…
AH : Je ne vous suis pas, Mr Creed, voulez-vous m’éclairer?
VC : Ah oui! C’est vous qui avez besoin de mes lumières, p’tit Doc! C’est l’inconvénient de vos limites, moi, je n’en ai pas! Je suis mon flair, mon instinct…

Arpenter les tunnels de l'inconscient de Sabretooth Là où rôdent la violence et la mort : L'agir qui laisse libre cours aux pulsions!

Arpenter les tunnels de l’inconscient de Sabretooth
Là où rôdent la violence et la mort :
L’agir qui laisse libre cours aux pulsions!

AH : Vous ne parlez pas de vous, ici. Ces endroits sombres que vous arpentez, ne sont-ils pas une façon d’éviter d’affronter votre propre culpabilité? De vous regarder dans un miroir et voir la noirceur en vous?
VC : Ce petit conseil en vaut-il pas pour vous, hein, Doc..?
AH : Nous sommes en train de réaliser l’expertise psychologique qui vous concerne, Mr Creed. Et de plus, nous devons éclaircir votre part éventuelle dans l’affaire qui s’est déroulée cette nuit.
VC : S’il est mort, c’est sa faute, voilà tout! Réussir à ne pas mourir, c’est à cela que l’on reconnaît les hommes, les vrais! Les autres sont du petit gibier…
AH : Ainsi vous concevez le fait d’avoir survécu aux sévices de votre père comme une façon d’avoir prouvé votre virilité?
VC : Mon père croyait avoir une poigne de fer, et il croyait pouvoir m’extirper ce qui est en moi!! Il a fait tout le contraire!! S’il est mort, c’est sa faute!! J’avais prévenu ma mère de ce qui allait arriver…
AH : Vous n’avez donc aucune responsabilité dans sa mort, ni celle de vos frères?
VC : Je vous le répète : s’ils sont morts, c’est parce qu’ils le méritaient!! Mon sinistre père a voulu m’arracher mes crocs et mes griffes, il a cherché ce qui lui est arrivé! Je l’ai étripé, ce bon à rien!!
AH : Ne regrettez-vous pas que quelqu’un ne vous soit pas venu en aide? Un travailleur social par exemple? Avez-vous déjà imaginé ce qu’aurait été votre vie si on vous avait protégé?

"Et si quelqu'un s'était préoccupé de toi quand tu étais enfant?" Le défaut de protection de l'enfant comme source de la personnalité déviante

« Et si quelqu’un s’était préoccupé de toi quand tu étais enfant? »
Le défaut de protection de l’enfant comme source de la personnalité déviante

VC : Ahahah! J’en ai croisé un mec qui faisait dans l’social : il m’a r’cueilli pour se prouver qu’il était un homme bon… ça doit vous plaire ça, hein?! Xavier qu’il s’appelait, et il m’a hébergé dans une école… Tu ferais ça, toi, Doc, de me mettre dans une école avec de jeunes poussins?! (il sourit à cette évocation). Il était Professeur! Et il a cru qu’il me remettrait dans le droit chemin! Et tu sais comment il s’y est pris le vieux chauve?.. Ben il m’a enfermé et muselé! Ça m’a rappelé des souvenirs…
AH : Mais ce Professeur voulait votre bien visiblement…
VC : Grand bien lui fasse! Le bien, c’est quand on a des trucs à se reprocher… Il voulait sûrement racheter ses fautes en me rééduquant… Sauf que c’est lui qu’a pris une leçon : on ne retient pas longtemps ce qui sommeille au fond…(il planta ses yeux dans les miens comme pour y trouver quelque chose). N’est-ce pas Doc? D’ailleurs, c’est quoi cette mèche blonde sur votre veste? (Il huma l’air étrangement) Mmmh..Maintenant, je saurai quoi chercher en sortant d’ici… (il m’adressa un clin d’oeil qui me fit frémir).
AH : (Je coupai court à ses insinuations) Il se peut que ce soit vous qui ayez des choses à vous reprocher. Je lis dans le rapport de ce Professeur que vous vous souvenez de chacune de vos victimes. Nous pouvons imaginer que vous vous êtes reproché des choses avant même de commettre l’irréparable : comme tuer votre père et séduire votre mère, et que désormais votre sentiment de culpabilité rejaillit sur ceux qui vous entourent : les mauvais, ce sont les autres, et vous les chassez. Mais revenons si vous le voulez bien à nos moutons. Pensez-vous qu’il en aurait été autrement si quelqu’un vous avait vraiment aidé?

La tentative de guérison : Le risque d'impair commis face au déviant Ou C'est moi ou l'autre : être soigné versus contaminer l'autre?

La tentative de guérison :
Le risque d’impair commis face au déviant
Ou
C’est moi ou l’autre : être soigné versus contaminer l’autre?

VC : La question arrive trop tard, Doc! Je suis ce que je suis. Et pour ce Saule, là, vous pouvez toujours courir! Je ne vous dirai rien. Débrouillez-vous!
AH : Bien. Je note donc que « Malgré un lien possible entre le patronyme du détenu et le prénom de votre frère qui aurait pu former un motif d’agression par réminiscence, vous n’êtes vraisemblablement pas l’auteur de cette agression ».
VC : Pourquoi notez-vous ça?!
AH : Si vous aviez été l’auteur, vous l’auriez revendiqué, et vous m’auriez donné les raisons pour lesquels cet individu méritait la mort. Peut-être un jour viendra où vous arriverez à penser que vous-même n’avez pas mérité ce qui vous est arrivé. Jusqu’à présent, vous donnez raison à votre père de vous avoir maltraité en étant de façon irréductible ce méchant garçon qu’il corrigeait violemment. Vos pulsions vous ont trahies, mais vous ne trahissez pas votre père : vous lui donnez raison en arborant désormais le caractère animal dont il vous affublait. Un jour peut-être saurez-vous vous libérer de ces entraves.
VC : (dans un feulement soudain) Des conneries tout ça!!! Vous êtes un petit homme, vous ne comprenez rien à rien!!
AH : Dans votre système de pensée, il y a les petits et les grands, les bons et les mauvais, et vous pensez avoir « choisi » votre camp. Avez-vous déjà pensé que vous n’êtes peut-être jamais sorti réellement de cette cave sombre, Mr Creed?
VC : Arrrghhhhhh!!!! Sortez d’ici!!
AH : Je vous transmets ce que je noterai dans le rapport vous concernant. Au revoir, Mr Creed. Je vais recommander que vous soyez tranféré dans un autre établissement que je connais où existe une équipe de traitement pour les personnalités déviantes psychopathiques ; il s’agit du Service Interprofessionnel de Cure et de Soins des Asociaux : L’unité SIXA, pour faire plus court. Portez-vous bien Mr Creed.

La cage intérieure Le noyau de la personnalité et les défenses comportementales Ou :  "Chasser, c'est plus fort que moi..."

La cage intérieure
Le noyau de la personnalité et les défenses comportementales
Ou :
« Chasser, c’est plus fort que moi… »

Je quittai la petite cellule en entendant derrière moi le son des entraves métalliques s’entrechoquer sous l’agitation du détenu. J’avais le dos trempé d’une sueur froide…
Dans la soirée, j’allai courir sur mon parcours habituel, et ressentis le besoin de le rallonger comme pour épuiser les pulsions qui avaient contaminé mes pensées, comme pour m’en « nettoyer ». Je parcourus sans peine 7km de plus que d’ordinaire.

Le lendemain, je transmis mon rapport complété au bureau du Procureur et du Juge d’Application des Peines.
Victor CREED : Personnalité à caractère psychopathique qui s’est organisée dans la petite enfance du fait d’absences de frustrations et d’attachement sécurisant dans la relation précoce parent-enfant. Il apparaît que le souvenir du meurtre du frère en lien avec une part de tarte soit un déplacement d’une pulsion sexuelle orientée vers la mère et non barrée, entravée, par un père sans doute trop absent dans un premier temps dans cette relation. Le complexe oedipien n’a dès lors pas pu s’organiser de façon structurée, engendrant une absence de protection interne face à l’excitation sexuelle se cristallisant sur une envie de sang. Le frère mort représente l’échec de la figure paternelle, et à la fois un appel adressé à celui-ci. Mr Victor Creed se vit à la fois comme la victime des sévices paternels mais s’est surtout construit autour d’une identification à ce bourreau, formant ainsi une défense psychique verrouillée pour l’instant. Ultérieurement, cette même ambivalence caractérisera la relation qu’entretiendra Mr Victor Creed avec le prénommé Logan : les rappels répétés de l’échec de ce dernier par Mr Creed s’articuleront à des provocations constantes amenant une « correction » par cet homme. Ce ‘Logan’ agit dès lors comme un Surmoi que Mr Creed tente de se greffer par une figure extérieure, y confrontant aussi ses pulsions de mort en transformant ses pulsions hétéro-agressives en auto-agressions punitives. Si ce facteur ‘Logan’ venait à disparaître de la sphère relationnelle de Mr Creed, il se peut qu’un réaménagement de la personnalité psychopathique soit possible en permettant à celui-ci d’intégrer un Surmoi ‘interne » lui permettant de réguler ses comportements hétéro-agressifs.

Dis-Axis (Dés-axé) Ou Un frein aux pulsions : le Surmoi en action!

Dis-Axis (Dés-axé)
Ou
Un frein aux pulsions : le Surmoi en action!

Quelques temps plus tard, j’eus un appel téléphonique. Un certain Victor Creed souhaitait, après son passage à l’Unité SIXA s’entretenir avec moi afin de poursuivre le travail entamé. Je devais réfléchir au sujet… Victor CREED : littéralement, la « Victoire des Convictions » ; c’était décidément inscrit dans son ADN dès le début...
AH : Oui, Monsieur Creed? Et pourquoi m’appeler moi?
VC : C’était pas trop con c’que tu m’avais dit, Doc. J’ai besoin d’un garde-fou, d’une barrière, et toi t’as pigé des trucs. Pas tout, mais disons quelques uns. Faudrait pas que tu prennes la grosse tête…
AH : Vous savez que déontologiquement, puisque j’ai réalisé votre expertise psychologique, je ne suis pas à même de vous recevoir en psychothérapie…
VC : Moi c’est de toi qu’jai besoin, là. Il me faut une limite… C’est nouveau c’qui m’arrive. Si c’est pas toi, j’irai pas voir un d’tes acolytes… On peut p’têt s’arranger, non?
AH : J’ai pourtant d’excellents confrères, mais je pense que l’on peut « s’arranger », oui. Venez me voir après-demain, à 18h. Juste un « deal » avant : je vous demanderai de me vouvoyer, Monsieur Creed.
VC : Si ça peut t’faire plaisir, Doc! Marché conclu! (Il raccrocha d’un coup sec et je crus entendre un léger sourire dans la voix)

Je pris quelques notes rapides en tirant le plan coulissant de mon bureau :
La personnalité psychopathique de Victor CREED paraît s’être stabilisée sur une personnalité de type état-limite, après avoir intégré un Surmoi comme barrière aux pulsions. Il va désormais avoir besoin d’une figure d’attachement « sécure », c’est-à-dire lui apportant un lien sécurisant et stable pouvant lui permettre d’aborder ce changement, en affrontant toute la culpabilité qui va rejaillir. Un peu comme on encorde quelqu’un pour escalader un versant rocheux… Une sorte de figure totémique va lui être nécessaire.
Si j’ai dérogé à la règle proscrivant à un psychologue ayant mené l’expertise de prendre le rôle du thérapeute, c’est que certaines personnalités comme celle de Victor CREED nous demandent de modifier les règles classiques pour ne pas les lâcher. Ici, la personnalité limite de départ : une personnalité montrant un trouble de l’attachement se construisant sur un lien de dépendance à l’autre, s’exprimant sur un versant psychopathique paraît pouvoir se stabiliser en intégrant un verrou : le Surmoi. Cette instance psychique de régulation va permettre de limiter les manifestations pulsionnelles non contrôlées : maintenant que le fauve a construit une nouvelle cage, bénéfique celle-ci, il va s’agir d’entrer à l’intérieur avec lui… Nous avons changé de cage et de verrous, ceux-ci sont maintenant intérieurs. Victor CREED va devoir chasser à nouveau : mais cette fois-ci, il va s’agir de ses démons intérieurs.

Dans les habits du Père ou L’habit fait le tabou!

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33 comments

  • Bruce lit  

    Depuis les années 90, Victor Creed est un personnage qui me fascine. Une véritable ordure que le quatrième mur me permet d’adorer sans grande culpabilité. En très peu d’épisodes en fait, Hama et Lobdell ont développé un personnage passionnant repoussant et séduisant, une brute à l’intelligence aiguisée. Je suis très fan de la période Silence des Agneaux chez les Xmen.
    Merci 1000 fois pour ce passionnant Focus sur mon vilain préféré de tous les temps. Tu as encore une fois su trouvé la voix du personnage, je me suis régalé à la préparation et aux relectures de cet article. Je suis toujours épaté par l’iconographie qui puise dans toutes les époques du personnages : il y a du Texeira, du Buscema, du Madureira du Churchill et même du Mastuda dont je détestais le style.
    Je n’ai par contre aucune idée de la provenance de ceux avec Dillon et Gillen. C’est quoi ? C’est bien ? Je suis pas peu fier d’être le possesseur de la cover faîte par Laurent Lefeuvre.

    Une question : la psychopathie de Sabey est elle la même que celle Bullseye ? Ils ont bcp en commun : une nemesis identifiée, l’obsession de tuer des femmes, un squelette en adamantium et un humour ravageur.
    Je sais en tout cas pourquoi Victor s’acharne sur Generation X, c’est limpide. Et le fait que Sabey reste prisonnier aussi bien physique que psychique de ses pulsions est bien amené.
    Je n’aime pas du tout le fait que Axis l’ait transformé en gentil. Ça rend bien ?

    Tu veux qu’on cause de nos parts masculines tous les deux?! T’as pas l’air taillé pour, toubib!! Aviez-vous des idées sexuelles envers votre mère? : Bordel, faut pouvoir le demander à Sabretooth ça !!!! Je me suis vraiment marré.

    Toi, le toubib, tu t’sens pousser des ailes… Mais moi les petits oiseaux, j’les chasse du nid! Et aussi un charmant petit oiseau, Birdy: délicieuses allusions au rapport ambigu entre Birdy et Sabretooth. Je pense aussi à ses rapports avec Boom-Boom.

    Je lis dans le rapport de ce Professeur que vous vous souvenez de chacune de vos victimes
    : encore une fois ce genre de détail m’enchante sur le sérieux de la préparation de tes dossiers. Sabey se rappelle de ses victimes grâce à Gambit qui lui a rafraîchi la mémoire.

    Le monde est comme un énorme gâteau, il faut apprendre… à se servir en premier!
    : elle a dit non…..

    Merci, merci, merci !

  • Matt  

    « J’ai pourtant d’excellents confrères, mais je pense que l’on peut « s’arranger », oui. Venez me voir après-demain, à 18h. »

    R.I.P docteur ! C’était le dernier collants sur le divan ? Parce que ça semble mal barré là^^

    Très sympa comme analyse. J’aime assez aussi ce personnage qui est assez flippant et imprévisible (pour qui n’est pas psy) J’aime bien la mini série Sabretooth de Hama.
    Je n’ai pas lu des tonnes de trucs sur lui à part ça cela dit. Peut être que les prochaines intégrales X-men qui se pencheront sur sa détention me permettront de lire ce passage. Je n’en ai lu qu’un petit bout dans le prélude à Onslaught.

        • Bruce lit  

          Yep. J’en garde un très bon souvenir. C’est très noir et violent.

          • OmacSpyder  

            Je l’ai lu en v.o.
            Où l’as- tu trouvé de ton côté?

          • Bruce lit  

            En VO aussi, c’est un one shot inédit en France.

          • Matt  

            Bah nan, il est pas inédit. Dans le lien que j’ai mis au dessus on voit qu’il est publié en 2 parties dans 2 revues Wolverine.

          • Matt  

            Je mets ces liens pour vous aider à trouver les trucs bande de nazes^^ Regardez mieux !

          • OmacSpyder  

            @ Matt : c’est écrit en tout petit à la fin! Hey, du calme… tu veux que je t’envoie mon nouveau patient… pas très patient d’ailleurs!! ;)

  • Manu  

    Je me suis régalé à tout lire. Chapeau bas pour l’excellente narration très respectueuse du personnage de Dent de Sabre

  • Vindicator  

    Quel travail remarquable. Tu as lu tout Dents de Sabre. Où est racontée l’histoire de Victoria Creed?

  • OmacSpyder  

    @Bruce : Pour Sabretooth l’idée de la rencontre avec le Dr Hivence a été lancée sur le blog en commentaires d’un autre numéro. L’idée a fait son chemin jusqu’à la rencontre!
    Pour Gillen c’est Sabretooth Origins. Pour Dillon, je pense que tu parles de Neal Adams? Car Dillon n’apparaît pas ici.

    Pour Bullseye, il faudrait s’y pencher mais il y a certainement des aspects psychotiques associés à sa psychopathie qui ne sont pas présents chez Sabretooth.

    Pour Axis c’est en effet un parti pris particulier mais ça pose la question de la guérison de la psychopathie. Quel élément permet de l’installer? Ici l’aspect intéressant est que c’est concomitant de la mort de Wolverine, ce qui donne un support d’identification positive pouvant expliquer une stabilisation de ses manifestations pulsionnelles. Dans le scan concerné (l’avant-dernier), on voit d’ailleurs que ça n’est pas une mince affaire!

  • OmacSpyder  

    @ Matt : Serait-ce un souhait inconscient de voir ce cher Doc passer l’arme à gauche? ;)
    Il y a y numéro au frigo, et non ça n’est pas la dernière visite de Creed qui a amené le Dr Hivence au congélo^^
    Donc, le Dr Alex Hivence reviendra…
    Pour lire davantage de Sabretooth les intégrales X-men devraient en effet arriver un jour au complot Phalanx. Et puis il y a toutes les histoires où il apparaît avec Logan!

    @ Manu : Merci beaucoup! La bête n’est pas si simple à apprivoiser mais avec Bruce et la bande son, ça aide! ;)

    @ Vindicator : Merci!! Oui, un bon psy prépare consciencieusement son dossier, d’autant plus pour une expertise psychologique!^^
    Pour la préparation, j’ai donc lu des épisodes où il déboule dans Wolverine, les Sabretooth Classic qui rassemblent des épisodes où il croise d’autres personnages, le Sabretooth Origins où l’on croise justement Victoria Creed (voir le scan), les Avengers 1959, les First X-men de Neal Adams et Cage, Mary Shelley Overdrive, la mini série Sabretooth avec les dessins de Texeira bien sûr, les numéros des X-men où il apparaît : entre le complot Phalanx et Onslaught, celui avec Psylocke… Voilà pour l’essentiel de mémoire ;)

    • Matt  

      Normalement la prochaine intégrale X-men c’est Fatal attractions. C’est à cette période que Creed arrive je crois. Ils viennent juste de publier les épisodes « skinning of souls » avec tout le bazar autour de l’échange de corps de Psylocke.

      • OmacSpyder  

        Oui, j’ai lu ça. Donc patience… Creed is coming! ;)

  • Présence  

    Quel début d’article étonnant, à la fois premier degré pour planter le décor, et à la fois totalement métacommentaire sur la prise de risque à s’attaquer à la psyché d’un personnage écrit par autant d’auteur, avec l’objectif d’en tirer quelque chose de cohérent.

    J’ai bien aimé les notes insérées dans le dialogue, comme : Passage de la position de victime à celle de bourreau par idéalisation inconsciente de la figure du bourreau.

    S’il est mort, c’est sa faute !! – C’était une remarque qui m’a pris par surprise et qui sonne incroyablement juste.

    Vraiment très convaincant la métaphore de Logan en surmoi de Creed. Je n’y avais jamais pensé, mais l’image s’impose maintenant à moi comme une évidence.

    C’était un régal de lire ce texte à tête reposée et de pouvoir en savourer la progression de l’analyse au fil des échanges.

    • OmacSpyder  

      @ Présence : Ta remarque sonne juste. Il faut pour trouver la cohérence d’un personnage accepter mess contradictions et articulations qui l’ont construit. Rechercher la structure de sa psyché, progressivement. Au fil des lectures comme au fur et à mesure d’une rencontre. Et appréhender le personnage pour le laisser s’exprimer sur ses zones d’ombre.
      Les notes semblaient importantes pour suivre le fil, ou la piste, enfin on se comprend…:)
      Un « régal » donc?^^ Une autre part de… gâteau..? ;)

  • JP Nguyen  

    Encore un exercice de style maîtrisé, avec le souci de diversification dans la mise en scène…
    J’ai toutefois trouvé l’intro un peu grandiloquente, façon « Capitaine Flam » : « Quand il n’y a plus d’espoir, que leur trame s’emmêle, que leur personnalité s’égare, ils composent alors son numéro.  »

    Le Dents de Sabre de la continuité régulière m’est toujours apparu au-delà de toute rédemption, vu l’ampleur de ses crimes passés. Je trouve que certains scénaristes ont trop facilement passé l’éponge sur tous les meurtres qu’il a pu commettre.
    Je préfère sa version Age of Apocalypse, où son changement d’allégeance fonctionnait mieux dans un monde plus rude et avec sa posture de mentor protecteur vis à vis de sa coéquipière Blink…

    • OmacSpyder  

      C’est tout à fait ça JP : J’ai fait volontairement une intro à la Capitaine Flam! Merci de l’avoir relevé. Et justement, c’est du second degré vu cette référence.
      La rédemption est une chose, connotée d’ailleurs pour moi d’un aspect religieux qui n’a pas lieu d’être ici. Est-ce que Creed peut « racheter ses péchés »? Je ne suis pas prêtre. Et quand bien même ne dit-on pas que Dieu pardonne tout.
      Ici, l’attention est portée sur ce qui construit un Homme, avec ses forces et ses failles, ses désirs, son vécu et son inconscient. Et Creed avait le mérite de poser la question : peut-on soigner un psychopathe? Et si oui, grâce à quels ressorts? Le monstre apprend sur l’humain. C’est mon côté Charles Xavier sûrement…

  • Tornado  

    Je n’ai lu que deux récits sur Sabretooth qui m’ont plu :
    - Wolverine (2°) #8 (06/89) It It Ain’t Broke…! : Le dernier épisode écrit par Claremont pour la série Wolverine, avant la reprise par Peter David (en VF paninouille, c’est dans l’intégrale volume 2). C’était la 1° fois, si je ne m’abuse, que l’on suggérait un lien mystérieux entre Sabretooth et Logan. Un épisode superbe, tout en voix-off. L’un des meilleurs que j’ai pu lire du maitre Claremont.
    - Le run de Jeff Loeb & Simone Bianchi. Oui, je sais, les fans détestent parce que par rapport à la continuité gnagnagna… Mais entant que lecture seule, c’était chouette, je trouve.

    Je n’ai pas lu grand chose d’autre. J’ai lu les origines par Gillen et j’ai trouvé ça pire que mauvais. J’ai lu les origines de Wolverine par Jenkins où ils sont sensés être frères et c’était pas terrible. J’ai lu « Avengers 1959″ et je n’ai pas aimé du tout. J’ai lu Onslaught et je n’en garde aucun souvenir, zéro. J’ai lu le run de Remender sur X-Force qui revisite « Age of Apocalypse » et j’ai détesté. J’ai essayé de lire « Age of Apocalypse » et le 1° tome m’est tombé des mains à cause du style 90′s illisible et j’ai revendu la totale… Puis j’ai revendu la totale des X-men en intégrale… etc. Purée, qu’est-ce que je fous là ?..

    • Matt  

      Et t’as pas essayé le top BD dents de sabre ?^^ La mini série de Hama et Texeira.

      http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=album&album=top_bd34

      Moi j’aime bien.

      Si ça te rassure, à part X-force de Remender que j’aime bien, j’ai pas trop aimé non plus tout ce que tu mentionnes. Enfin j’ai pas lu les origines de Gillen. Et…moi j’aime bien les X-men encore. Mais AoA, wolverine origins, Avengers 1959 et Onslaught, bof. Bon onslaught j’ai apprécié, ça ne mérite pas sa réputation de pire truc du monde, mais c’est surtout le prélude qui est bien. Ensuite c’est un merdier pas possible qu’on ne peut excuser qu’avec le contexte de l’époque comme le décrit Bruce dans son article.

      • PierreN  

        @Matt: La mini-série d’Hama est assez connoté « mainstream 90′s » graphiquement, et j’ai cru comprendre que c’est typiquement un style visuel en mesure de faire fuir Tornado.

        • Matt  

          Euh mouais. Je trouve quand même que le trait gras de Texeira et son boulot sur les ombres font que son style a plus de personnalité que tous les ersatz de Jim Lee par exemple.
          Mais bon…

      • Bruce lit  

        @Matt: gasp, pourquoi faire de la pub à la concurrence puisque l’article en question est ici ?
        @Omac: Sabretooth Origins : dans quelle revue vf est-ce publié ?
        Diable ! Victor Creed serait plus sain d’esprit que Bullseye ?
        Tu parles de rédemption le concernant. Un psychopathe peut s’humaniser ?(comme Dexter d’ailleurs).

        • OmacSpyder  

          @ Bruce : J’ai lu Sabretooth Origins en v.o. car pas trouvé en vf. Tu as vu comme le dossier est bossé!! ;)

          • Bruce lit  

            ok.
            Tu n’as pas répondu à ma question sur la rédemption psychopathique.

        • Matt  

          oups, j’avais oublié.
          Roo y’a pas de pub, y’a zéro critique, juste une info sur la BD

    • OmacSpyder  

      Welcome Tornado!
      Alors prenons cette séquence sur Victor Creed comme une histoire seule qui rassemble toutes les autres! ;)
      Sabretooth est un personnage assez fascinant, non?

    • Bruce lit  

      @Tornado : effectivement….vacuité la plus totale, évidemment c’est du Gillen….(Sorry Présence).
      L’épisode que tu mentionnes est effectivement celui avec Sabretooth et Cyclops. Scott part se saouler la gueule au club des Damnés (n’importe quoi en passant…., c’est aussi idiot que si un déporté allait prendre à café à Auschwitz, mais Morrison n’en est jamais à une ânerie près) et Logan fait un concours de bière avec lui. En allant pisser, il croise Sabretooth avec qui il gagne un concours de bites. C’est un passage pour le coup que j’aime beaucoup.

    • OmacSpyder  

      Merci pour le lien. C’est vrai qu’en dehors de l’éclairage au début sur l’enfance de Creed, le reste ne vaut pas « tripes-hate »!^^

  • OmacSpyder  

    @ Bruce : Sur la rédemption du psychopathe, j’ai fourni un premier élément de réponse sous le commentaire de JP mais n’ai pas terminé en effet.
    Tout d’abord oui, on peut dire non pas forcément que Sabretooth est plus sain d’esprit que Bullseye mais que la construction et l’organisation de la personnalité de Creed laisse davantage de place à un traitement. Comme nous l’avons vu, Sabretooth utilise en somme Wolverine comme une figure d’étayage, de soutien, d’appui à ses propres pulsions, l’utilisant comme une figure paternelle dans un premier temps avant, à sa mort, d’intégrer cette image à son fonctionnement psychique pour se créer un Surmoi. En cela il retrace le développement ordinaire de l’enfant : ça s’appelle l’introjection. On peut dire que Creed n’a pas eu tout le matériel pour construire sa personnalité sur un mode régulé et que de fait ses pulsions sont restées sans contrôle, comme un enfant destructeur.
    Si l’on suit cette piste, de fait un traitement est possible en permettant à Creed d’accéder à cette régulation via un transfert positif. C’est donc une personnalité souffrant d’une pathologie limite avec déviance psychopathique.

    Pour Bullseye, sa personnalité apparaît plutôt psychotique avec déviance psychopathique. D’où des aspects délirants autour de Daredevil (avec si je me souviens des éléments hallucinatoires parfois). Le traitement serait de fait différent et sans doute plus difficile. Même si le Doc Alex Hivence ne recule devant rien! ;)

    Voilà pour un résumé avec de gros raccourcis!

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