DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR (Unholy Grail)

Unholy Grail par Cullen Bunn, Mirko Colak et Maria Santaolalla

Merlin et Arthur : dyade civilisatrice ©Aftershock

Merlin et Arthur : dyade civilisatrice
©Aftershock

Un article signé OZYMANDIAS

VO : Aftershock

VF : Snorgleux

Toutes les images présentées dans cette chronique sont la propriété exclusive de ©Aftershock

UNHOLY GRAIL  est une mini-série de dark fantasy publiée en 2017 chez Aftershock. Elle est écrite par Cullen Bunn, dessinée par Mirko Colak et colorisée par Maria Santaolalla. Le récit est une variation sur le mythe de Camelot et des Chevaliers de la Table Ronde.

Les racines de Merlin

C’est en 1134 que pour la première fois le nom de Merlin est mentionné dans un manuscrit latin écrit par Geoffroy de Monmouth : « les prophéties de Merlin » (Prophetiae Merlini). Dans un autre manuscrit du même auteur « l’histoire des Rois de Bretagne« , Geoffroy de Monmouth, évêque au service du Roi Henri Ier d’Angleterre, met en scène au coté de Merlin, le Roi Arthur. Ainsi commence la légende de Merlin et celle du Roi Arthur.

En 1148, Geoffroy de Monmouth poursuit son oeuvre dans la « Vie de Merlin » (Vista Merlini) où Merlin, à moitié fou, erre dans une forêt. Dans ce manuscrit, est mentionné pour la première fois Morgane, la demi-soeur d’Arthur. Merlin est décrit comme le fils d’un démon et d’une mortelle. Merlin appartient au monde du bien et du mal, dans une société médiévale où la religion chrétienne combat la sorcellerie. Il faut savoir qu’au Moyen Âge, la peur du diable et des démons était grande et la nature pouvait inspirer la peur, en particulier les forêts.

Un mythe faussement respecté  ©Aftershock

Un mythe faussement respecté
©Aftershock

C’est ainsi que commence la légende de Merlin. Autour de ce personnage, l’imagination des conteurs va tisser une histoire qui va connaître un succès formidable: celle  du Roi Arthur et des douze chevaliers de La Table Ronde.

Vers 1200, Robert de Boron fait évoluer le personnage de Merlin dans un manuscrit français écrit en vers. Merlin devient un personnage clé dans la quête du Graal. Merlin est décrit comme le fils du Diable et d’une vierge. Sauvé par le baptême, il aura pour maître, le confesseur de la mère de Merlin: Blaise. Dans ce manuscrit, le rôle de Blaise sera d’écrire tout ce que lui contera Merlin.

De la pluralité des mondes

Le lecteur de comics a parfaitement intégré la théorie du multiverse : notre Terre n’est pas unique et il existe une quantité plus ou moins infinie d’itérations au sein desquelles l’Histoire ne se déroule pas toujours de la même façon. On se souviendra aussi qu’avant la naissance de l’écriture, les grands textes étaient transmis par des poètes, aèdes, troubadours, etc… Le corpus reposait sur une même trame dont l’apprentissage était favorisé par des moyens mnémotechniques, laissant une part plus ou moins grande à l’improvisation.

La Dame du Lac, divinité païenne  ©Aftershock

La Dame du Lac, divinité païenne
©Aftershock

UNHOLY GRAIL repose sur les deux concepts d’altération et d’improvisation. Si l’on veut bien accepter que la mini-série soit une fiction, mais puisse aussi se situer sur un monde parallèle, nous y assistons à la naissance d’un Merlin fort différent de ce que notre culture occidentale a pu nous apprendre. Ici, le mage est un homme dont l’ascendance n’est pas à la hauteur de ses prétentions. Confronté à un véritable démon, sa forfanterie le condamne aussitôt à la mort et son enveloppe corporelle va littéralement servir à masquer la vraie nature de la créature qui a fui l’enfer. Comme le dit si bien l’adage, le Diable est dans les détails. Or cet infime changement dans le corpus d’origine va faire office de ver dans le fruit, transfigurant pour le pire l’utopie de Camelot.

Le titre de la mini-série, que l’on pourrait traduire par SANG/GRAAL IMPUR, marque bien ce passage à travers le miroir, un peu comme le célèbre épisode de Star Trek où l’équipage de l’Enterprise est confronté à des doubles moralement à l’opposé de leurs convictions et idéaux. Tout comme l’école sataniste qui se contente souvent d’inverser les rituels et les enseignements de l’église chrétienne, le récit corrompt les fondements des romans de chevalerie et de la quête du Graal. Le sacré chrétien disparaît pour laisser place à la cabale d’un démon exilé sur Terre et désireux d’y apporter chaos et entropie. Oublié le rôle civilisateur du mage ; il ne participe à l’édification du château et à la création des Chevaliers de la Table ronde que dans le but pervers de les détruire. Si le démon se cache, pour des raisons évidentes, sous la défroque charnelle de sa victime, à aucun moment il ne cache ses intentions malignes au lecteur.

Le ver est dans le fruit ©Aftershock

Le ver est dans le fruit ©Aftershock

Autre trahison envers les textes connus, la Dame du Lac devient une créature païenne, presque lovecraftienne, si l’on en juge par ses tentacules. Dieu n’a aucune place dans cette dystopie médiévale qui cite le nom du Christ uniquement pour amener les chevaliers idéalistes à quitter Camelot et favoriser l’accession de Mordred au trône.
La nature humaine, ses faiblesses, sont mises à contributions par le Serpent, toujours prompt à susurrer à l’oreille des mortels pour inspirer luxure, jalousie ou haine. Dans un tel contexte, l’homme n’est pas perfectible ; la quête n’est plus une initiation qui purifie les âmes et participe à la grandeur de l’Humanité. L’amour bat en retraite devant l’adultère, la loyauté devant la trahison, les femmes enceintes (pas toujours) enfantent des monstres ou des morts-nés. La figure du roi elle-même est minée ; Arthur n’étant qu’une marionnette sollicitant constamment les conseils pernicieux de Merlin pour diriger sa vie et son peuple. D’ailleurs, l’ensemble de la Cour ressemble à des pions placés sur un échiquier dominé par la figure de Merlin. L’enchanteur est devenu le corrupteur.

Un exercice de style un peu vain ?

Devant un tel scénario, le lecteur pourrait être en droit de renâcler. Après tout, Cullen Bunn se contente simplement de corrompre un mythe de l’intérieur, comme la pomme pourrie infestée d’asticots. Un procédé classique qui vise à transformer l’utopie chrétienne en dystopie sataniste, à transfigurer l’initiation de la Quête du Graal en farce cynique et païenne (cf. le sort de Perceval dans le premier épisode). La rédemption finale de Lancelot et Guinevere ne débouche sur aucune note optimiste, malgré la destruction du Serpent. À croire que le Mal insufflé (ou réveillé) dans le coeur des hommes par le mage continuera de causer son malheur. La dernière page ne laisse aucun doute sur la fin définitive de Camelot et du roi Arthur. Le paradis a été perdu une seconde fois.

Cela étant, et contrairement au DEVOLUTION  de Rick Remender dont je parlais récemment, les personnages incitent à l’empathie. On les voit constamment manipulés par Merlin, y compris Morgana Le Fey dont la vie est liée à celle de sa soeur. Personne n’est à l’abri du Seigneur des Mensonges et si le péché existe sans doute à l’état larvé dans le coeur humain, il ne se manifeste que par la volonté du Mal. Malgré l’adultère, la trahison, l’envie… nous les plaignons comme nous le ferions pour nous-mêmes.

Le Graal : une farce cruelle ©Aftershock

Le Graal : une farce cruelle ©Aftershock

Notons aussi que le mythe du Graal est quasiment enraciné dans notre culture occidentale. Peu de gens ont sans doute eu l’occasion de lire les romans courtois et de chevalerie, mais le cinéma, la bande dessinée, les arts en général nous rendent cet univers étrangement familier. Cullen Bunn n’a donc pas nécessité à forcer le trait pour développer ses personnages, ils existent déjà plus ou moins dans notre inconscient collectif.

Alors oui, bien sûr, UNHOLY GRAIL pourrait n’apparaître que comme un simple exercice de style, épuré et pastel comme le dessin et la colorisation, mais il marque aussi l’infinité des variations sur un même thème. Au fil du temps, nous ne sommes plus comme l’enfant qui demande à réentendre encore et encore la même histoire, sans le moindre changement dans les détails. La sécurité que nous y puisions s’émousse et la lecture devient un terrain de jeu où nous expérimentons les possibles.
UNHOLY GRAIL n’est pas un futur classique, c’est un fait, mais son postulat – une histoire peut être déclinée de mille et une manières – nous offre une forme de consolation, à nous qui ne possédons qu’une vie.

——–

La BO du jour : Cullen Bunn pervertit de l’intérieur le mythe d’un Merlin civilisateur.

25 comments

  • Nikolavitch  

    Ce qui m’a frappé, c’est la briéveté du récit. Il a tellement de potentiel qu’il aurait pu faire le double de taille sans coup férir, en développant les pistes à peine esquissées. et il y en a des tas.

  • JP Nguyen  

    La conclusion de ton article est très joliment tournée, Ozy !
    Par contre, Camelot en version pessimiste, ça ne me tente guère… Je préférerais retrouver la version d’Alexandre Astier !

    • Matt  

      L’un n’empêche pas l’autre, si ? Parce que si tu comptes sur la version de Astier pour une transcription assez fidèle des légendes, c’est raté^^

  • Présence  

    Mon seuil de tolérance pour Cullen Bunn est assez faible. Il s’arrête en fait à Harrow County et rien d’autre, parce que le peu que j’ai pu lire de lui ici et là ne m’a pas intéressé. Or cet auteur multiplie les projets avec une cadence incroyable et souvent d’excellents artistes : Juan Doe (série Dark Ark, également chez Aftershock), Dale Eaglesham (Sinestro), Joelle Jones (Hellheim), Vanessa R. del Rey (Empty Man), sans compter son omniprésence chez Marvel, et avant chez DC. C’est donc une chance de pouvoir regarder son travail par les yeux d’un autre lecteur.

    Je suis impressionné par la manière dont tu présentes l’intérêt d’une énième nouvelle version sur le mythe de Camelot, par le biais d’un Merlin différent. Je n’aurais pas cru qu’on puisse encore innover en la matière et trouver des plages de liberté, chose à laquelle je suis très sensible. Le principe de s’appuyer sur des personnages préexistants pour pouvoir raconter son histoire sans avoir à les installer rappelle tous les comics de superhéros récurrents et peut être très efficace. Les images de l’article font apparaître que la mise en couleurs de Maria Santaolalla est assez exubérante, apportant beaucoup aux dessins.

    Ta présentation de cette histoire me fait reconsidérer la manière dont j’appréhende les scénarios de Cullen Bunn. Arghhh… Non… Résister à la tentation, je le dois…

  • Ozymandias  

    J’ai la chance d’avoir lu pas mal de titres encore inédits de Cullen Bunn. J’ai d’ailleurs l’intention, l’année prochaine, de faire une autre chronique, consacrée à DEATH FOLLOWS.

    https://www.darkhorse.com/Books/28-934/Death-Follows-TPB

    A contrario, je n’apprécie pas énormément son travail alimentaire (à mes yeux) chez Marvel. Je me souviens notamment d’un épisode de Moon Knight que j’avais trouvé vraiment insipide. Du coup, je préfère m’en tenir à ses projets horrifiques pour des éditeurs indépendants. Preuve de mon intérêt pour ce scénariste, j’avais traduit plusieurs mini-séries (Death follows compris) pour un ancien forum.

    J’ai prévu aussi de prendre la défense de EMPTY MAN que Bruce n’a pas apprécié du tout. Le temps de le relire et vous aurez mon commentaire dans la section idoine.

    @JP Nguyen : Il ne s’agit pas d’une version « pessimiste », parce que le mythe de la Table Ronde est déjà relativement sombre à la base. L’intrigue m’a plutôt fait penser à l’épisode Mirror, Mirror de Star Trek.

    @Nikolavitch : Cet argument revient à plusieurs reprises dans les chroniques VO et VF que j’aie pu lire. J’ai, pour ma part, trouvé que cette mini-série se suffit entièrement à elle-même, sachant qu’il vaut mieux quatre épisodes réussis qu’une saga ennuyeuse. Je n’ai pas encore pris la peine de lire des ITW de l’auteur sur ce projet ; il se pourrait bien que ce soit un ancien fond de tiroir ressuscité pour l’occasion. Cela n’enlève rien à ses qualités. Mais, oui, je peux comprendre une certaine frustration chez certains, au vu de la richesse du mythe d’origine. Je leur conseillerai de lire Le Cycle du Graal de Jean Markale.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cycle_du_Graal

    Ils pourront ensuite s’imaginer toutes les histoires que Cullen Bunn n’a pas voulu raconter.

    Notons aussi, la trilogie de Michel Rio Merlin, Morgane, Arthur.

    https://journals.openedition.org/crm/12004

    Notons, pour finir, que si ma fille se prénomme MORGANE, ce n’est pas un hasard. :-)

    • Bruce lit  

      Oui, j’avoue faire partie de ceux qui n’ont aucune envie de se taper de la littérature moyen ageuse et ultra pointue sur le mythe du roi Arhtur. Ca passe déjà limite avec LA PRINCESSE DE CLEVES….
      Pour le reste, j’ai bien aimé cette version what if tout partait en couilles à Camelot. On survole d’avantage les personnages qu’on ne les ressent, mais c’est suffisamment inventif et rempli de sadisme pour que l’on n’y s’ennuie pas. Quelques chapitres n’auraient effectivement pas nuit à l’ensemble mais effectivement l’inconscient collectif pallie à cela.
      Pour l’avoir lu en VF, j’ajoute que c’est aussi une des trads les plus imagées de Nikolavitch.
      Trois articles ce mois-ci Ozy. Tu rentres dans la mythologie du blog (Troie)….

  • Ozymandias  

    Tu me mets la pression avec ton commentaire sur ma présence (envahissante ?) sur Bruce Lit. Je vais devoir tenir la cadence les prochains mois… Mon dieu, le bénévolat est pire qu’un emploi rémunéré.

    Je suis d’accord avec ton commentaire sur les personnages, et sur le fait que c’est notre inconscient collectif de lecteur, voire tout simplement notre culture générale qui pallie à leur manque de profondeur. Du coup, j’ai pu lire ici et là que certains n’avaient pas apprécié cet album parce qu’il n’explicitait pas assez ses références. D’où mon clin d’oeil à Jean Markale dont l’écriture alerte permet de se plonger dans cet univers sans passer par les lourdeurs des textes originaux.

    Je ne commenterai pas la traduction de Nikolavitch car j’ai uniquement lu cette mini-série en VO. Cela dit, il n’est pas impossible que j’offre cet album à mon fils, lequel je vous rassure ne se prénomme ni Lancelot, ni Arthur… :-)

    • Bruce lit  

      Morgane est un très joli prénom…
      Ceci dit, elle a sûrement appris à détester la chanson de Renaud, non ?

  • Jyrille  

    Jamais entendu parler ni même lu ces auteurs (enfin, je pense), merci donc pour la culture ! Ton introduction et ta conclusion sont parfaites.

    « mais le cinéma, la bande dessinée, les arts en général nous rendent cet univers étrangement familier » C’est exactement mon cas. Contrairement à Mattie ou JP ou Nikolavitch, je ne me suis jamais penché sur les vraies histoires, les vraies racines de la Table Ronde. Et pourtant, j’adore ce mythe, comme tout le monde je pense.

    La BO : top.

  • Ozymandias  

    @Bruce : Ma fille n’écoute pas Renaud, contrairement à moi. Mon ex-femme et moi avions choisi ce prénom pour des raisons différentes. Par la suite, j’avais même imaginé ma propre version de Merlin, quand je lui racontais, ainsi qu’à son frère, des histoires de mon cru.

    @Jyrille : Je ne lis pas, heureusement que des comics, donc il pourra m’arriver de fournir quelques pistes de lecture, mais sans me faire beaucoup d’illusions. J’ai fait du prosélytisme pendant bien des années, aujourd’hui je continue moins par motivation que par habitude. C’est triste à dire, mais beaucoup de mes relations sur les blogs ou ailleurs manquent de curiosité et/ou de temps.

  • OmacSpyder  

    Une introduction bienvenue pour cet article qui évoque la mythologie arthurienne au travers d’une version dans laquelle un grain de sable déplacé fait vaciller Camelot.
    Tu vends le diable avec une telle malignité que je soupçonne ta langue de fourcher un peu… Le propos est tissé d’une dentelle ou d’une toile qui nous amènerait aisément à se laisser prendre.
    Et comble! Tu cites – comme pour enfoncer le clou – Michel Rio en commentaires dont les récits empreints de mythologie possèdent le voyage sans la pesanteur de leur version médiévale d’origine.
    Bref, il est évident que tu fais ton Merlin, pour une cause néanmoins valable : nous perdre dans des lectures innombrables!

    Ceci dit, aimant beaucoup me balader en forêt de Brocéliande, il n’est pas impossible que je succombe à l’appel…

  • Tornado  

    C’est bizarre : Je n’arrive pas à m’intéresser au mythe du roi Arthur en dehors du film Excalibur et des parodies (Les Monty-Python, Kaamelot).
    Les fans hardcore du mythe m’ont vraiment saoulé et assommé avec leur déferlante de détails historiques, histoire de faire les marioles en trainant le chef d’oeuvre de John Boorman dans la fange parce que, contrairement au film, en réalité c’était pas comme ci ou pas comme ça…
    Du coup, ça m’a détourné de toutes les nouvelles versions qui traitent de ce même sujet dont on ne peut rien dire si on n’a pas un doctorat en Merlinpimpin. Je préfère revoir Excalibur en boucle ^^

    • Matt  

      Mais tout le monde te saoule dis donc !^^

      Je suis moi-même un peu versé dans les légendes (même si le mythe arthurien n’est pas ce que je préfère parce que c’est le bordel), ça m’intéresse Et oui le film de Boorman n’est pas bien fidèle. Après ça n’empêche pas de l’apprécier pour ce qu’il est.
      L’enchanteur de Barjavel est sympa aussi^^ Même si en gros c’est la version chrétienne simpliste avec Morgane en grosse vilaine.
      Mais pour adapter, t’es bien obligé de faire des choix. Car justement il y a plusieurs versions du mythe, les divinités celtes ayant été simplifiées et diabolisées par les chrétiens.

      Enfin bon les celtes on ne sait pas grand chose avec certitude sur leurs croyances, donc faut bien faire des choix. Parfois j’en regrette certains dans les adaptations si le récit ne prend pas la route que je préfère, mais bon…hein…c’est impossible à adapter dans toutes les versions en même temps.

    • Nikolavitch  

      sauf qu’il n’y a pas de « réalité arthurienne », en fait. juste 150 versions… d’un type qui n’a probablement pas existé.

      mais bon, toi tu vas détester mon prochain roman : c’est la « vraie » histoire d’Uther Pendragon…

      • Bruce lit  

        juste 150 versions… d’un type qui n’a probablement pas existé.
        Ah mais j’y suis ! C’est le deuxième livre de celui qu’a écrit La Bible, en fait !

      • Bruce lit  

        Et Sacré Grâal ?
        Personne ne parle des Monthy python !

        • Matt  

          C’est celui avec le lapin tueur ? Enorme ça.
          Tu sais que dans un jeu dont j’ai déjà parlé (Dragon’s Crown), il y a une énorme référence à Sacré Graal. Un boss qui n’est autre qu’un…petit lapin.Et il est plutôt chiant, il peut te tuer d’un coup.^^

          Ici : https://www.youtube.com/watch?v=-Vg1Kum1DO0

        • Nikolavitch  

          amenez la Sainte Grenade d’Antioche pour faire taire cet hérétique !

          (pour la petite histoire, j’avais réussi à glisser le « Iesu domine » des flagellants de Sacré Graal dans mon Saint Louis, et je l’avais vraiment fait à titre de clin d’œil… jusqu’à ce qu’un des historiens attachés au projet me signale que ce passage n’est pas attesté dans les messes de Requiem avant le 16e siècle… il a fallu que je le remplace par autre chose en catastrophe. j’étais mortifié)

  • Tornado  

    Ah j’ai oublié l’autre chef d’oeuvre vers lequel je retournerais toujours : Le Merlin L’Enchanteur de Disney ! ^^

  • JP Nguyen  

    @Ozy : oui, c’est vrai, le mythe est plutôt sombre à la base, puisque tout doit partir en c… et que ça se finit dans la ruine et tout…
    Mais mon imaginaire sélectif garde des représentations plus légères du mythe, comme Kaamelott ou, comme évoqué par Tornado, le Merlin de Disney.
    Ton intro montre d’ailleurs que le mythe a connu bien des réécritures et que du coup, il est un peu vain de se réclamer d’une version « originelle et véritable ».

    Concernant les super-héros, le problème est que la continuité de Marvel s’étire sans fin et l’histoire des personnages en perd toute consistance. Il ne reste guère que des récits hors-continuité ou dans des mondes parallèles pour susciter mon intérêt (Old Man Hawkeye, par exemple, c’est pas révolutionnaire, mais j’ai trouvé la première moitié très sympa).

  • Ozymandias  

    @Jyrille : Je confirme, Morgane est une belle réussite.

    @Matt : J’ai beaucoup aimé le roman de Barjavel. J’avais oublié (Freud où es-tu ?) le versant chrétien du bouquin. Mais bon, mon athéisme ne m’a jamais empêché de lire les auteurs qui ne partagent pas mes croyances. Heureusement, sans quoi je n’aurais pas grand-chose à lire…

    @Tornado : C’est un peu le même problème avec la Bible et le Coran. Il y a une version canonique qui ne doit pas être remise en question (interdiction de moderniser l’Ancien français pour les rendre lisibles à tous). Excalibur est une oeuvre majeure que je revois régulièrement, sans me préoccuper des universitaires ou des rabats-joie. Si j’avais dû m’intéresser à l’opinion d’autrui pour m’inciter à lire ou ne pas lire de la BD ou des comics, je ne serais pas ici aujourd’hui. Ce qui serait bien dommage… pour moi.

    C’est un peu triste que ces esprits chagrins soient parvenus à t’écoeurer à ce point de cet univers. Essaie au moins de lire cet album, pas nécessairement en l’achetant, car c’est aux antipodes de ce que tu détestes.

  • Ozymandias  

    @JP Nguyen : Je suis un peu comme toi, en ce qui concerne les comics. Mini/Maxi séries, OGN ou run qui se démarque (Moon Knight de Warren Ellis/Declan Shalvey).

    Pour le reste, genre la mort, résurrection de Wolverine entraînant l’apparition/disparition de Old Man Logan, je laisse ça au complétistes.

  • Eddy Vanleffe....  

    mon commentaire d’hier a planté alors je vais recommencer… :)

    Mythologie/mythe arthurien/comics… même combat! :)
    il ya des version antérieure à la chrétienté du mythe du roi Arthus où figurent parfois Myrdiwinn ou Arthus et où le Graal est un chaudron rempli d’or ou de…?
    la passation du paganisme s’y incarne tellement bien qu’elle sera souvent l’axe de réflexion des fictions depuis la fin du siècle dernier. On a évidemment Kaamelott où Arthur après un baptême totalement bidon unifie les peuples de l’île contre les romains, les angles, les vikings etc… profondément attaché à ses racines celtes il porte encore le symbole du dieu Ogma de l’éloquence.
    C’est un peu le point de vue de la saga des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley qui en extrait un manifeste féministe et néo-païen dans lequel Arthur mis à la tête de la Bretagne par les anciens Dieux les trahit au profit de celui des chrétiens par amour, et qui devra donc subir leur vengeance.
    l’article parle donc d’une autre théorie assez curieuse et j’e dois dire que je suis assez séduit.
    Il faudrait que je lise Cullen Bunn parce qu’il fait des Merveilles au rayons horreur alors qu’il écrit des horreur au rayon « Merveille ». cette partie le dessert presque.

    • Matt  

      Voui parce que chez les celtes il existait la déesse mère, mais les femmes chez les chrétiens c’était plutôt « vilain vilain ». Donc Morrigane est devenue une déesse maléfique, alors qu’à la base elle était plutôt une force de la nature, à la fois déesse de la guerre mais de la fertilité, presque comme une Athéna chez les grecs.
      Et Morgane (dont le nom pourrait provenir de plusieurs sources, dont même Morrigane puisque dans le cycle de la mort d’Arthur, Morgane est une prêtresse d’Avalon avec des pouvoirs de guérisseuse) n’est pas juste la méchante sorcière. Bien que dans beaucoup de récits, elle a tout de même fait des conneries.

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