Du conte philosophique à la fable humaniste : 4 versants pour un sommet (Review Metropolis)

Metropolis par Serge Lehman et Stephane de Caneva

Plongée en Ville Inconnue

Plongée en Ville Inconnue

Par OMAC SPYDER

VF : © Editions Delcourt, 2014-2017

Cet article portera sur les 4 tomes de la série Metropolis, écrite par Serge LEHMAN, auteur de La Brigade Chimérique ,Masqué, L’Homme truqué  ou encore L’Oeil de la Nuit  ; elle est dessinée par Stéphane DE CANEVA, qui met son trait élégant au service des personnages et de l’architecture urbaine, qui évoluent avec une fluidité confondante ; elle est colorisée par Dimitris MARTINOS, dont la palette transmet une atmosphère à la fois limpide et inquiétante.

Les illustrations de couverture sont de Benjamin CARRE qui traduit à travers quatre sublimes planches le substrat de la série, voilant ses mystères et éclairant ses zones d’ombre. La série a été publiée entre 2014 et 2017 aux éditions Delcourt.

 Metropolis  forme une référence appuyée aux films de Fritz Lang, mais ne nécessite pas son visionnage pour en apprécier les méandres. Les évocations de M le Maudit  ou encore  Loulou  de Pabst parcourent le récit pour l’enrichir subtilement, comme une référence supplémentaire ; le récit s’auto-suffit néanmoins. Les dessins évoquent l’Art Nouveau et les 30 Glorieuses, même si nous sommes dans une année 1935 qui n’a pas eu lieu : la France et l’Allemagne, pays amis, ont crée l’Interland, région dont Metropolis est la capitale. Gabriel Faune, enquêteur et personnage principal, va en explorer les méandres insoupçonnés… Et en révéler les fondations au prix d’un itinéraire singulier.

Introduction : les fondations

La série Métropolis est une uchronie : une fiction présentant une histoire située dans une période qui n’existe pas dans l’Histoire. Ici, la période coorespond à l’année 1934, à ce détail près que la Première Guerre Mondiale n’a jamais eu lieu. Dans le monde dépeint par l’auteur, la France et l’Allemagne ont bâti un monde sous l’égide de la Réconciliation, prônant une entente franco-allemande et proposant son hégémonie de paix au monde. Metropolis en est son symbole vivant : une ville construite sur ces fondations.

La beauté des planches Décor avant démolition

La beauté des planches
Décor avant démolition

L’auteur et le dessinateur nous livrent une oeuvre en quatre parties empreinte d’élégance tant dans son scénario que dans son graphisme. L’histoire est déployée avec méticulosité et précision. la ville de Metropolis et les personnages sont représentés avec un trait sobre et raffiné. Bref, le décor est planté. Mais ce décor va soudain être se fissurer et être en proie à une révélation qui va bouleverser cette somptueuse ville héritière de la Belle Epoque.

L’enquête peut commencer, car il s’agit d’une enquête policière menée par le lieutenant de la ville, nommé le Premier Citoyen : Gabriel Faune. Nous croisons lors de l’histoire des personnages connus par ailleurs, comme Aristide Briand, Sigmund Freud, des allusions de Gustav Klimt, un passage par Albert Einstein et ainsi de suite. Et aussi un certain Adolf Hitler.

Les acteurs principaux : un Wonderfull trio!

Les acteurs principaux : un Wonderfull trio!

Mais l’essentiel n’est pas là. Tout comme les buildings de cette mégalopole européenne, l’histoire va se hisser vers des sommets. Et comme tout sommet, il s’agit de les aborder par des versants différents pour tenter de les toucher du doigt. Comme les 4 tomes, ou les 4 faces des bâtiments à l’architecture impeccable, nous aborderons ce sommet par 4 versants différents mais complémentaires. A l’instar du héros de l’histoire, nous comprenons que la réalité ne peut s’approcher par un seul biais.

1/ Le versant philosophique : la quête de la vérité

Le personnage principal, l’enquêteur Gabriel Faune, est un enfant recueilli par la Ville. Il est donc né en même temps que celle-ci, d’où le titre qui lui est dès lors attribué de Premier Citoyen. Il est aussi un ancien patient du Docteur Freud. Ce dernier l’a soigné par la parole, même s’il a ensuite renoncé par la suite à la psychoanalyse des débuts pour mener ses traitements par le biais des électrochocs et des molécules. Gabriel est devenu ensuite Lieutenant de Police et doit se lancer dans une enquête suite à un attentat au centre même de la ville, attentat visant le bâtiment le plus important de Metropolis : la Tour de la Réconciliation, symbole de l’alliance entre le peuple allemand et français.

Metropolis2 Les fondations

Metropolis2
Les fondations

A partir de cet événement, l’histoire se met en mouvement et nous assistons à l’enchevêtrement de deux situations, amenant deux enquêtes parallèles. En effet, sous la Tour de la Réconciliation, dans ses fondations, est dévoilé par l’explosion une crypte où gisent les corps de trois femmes mystérieuses. D’un côté débute l’enquête officielle menée par deux enquêteurs, d’un autre côté s’amorce l’enquête secrètement diligentée par les fondateurs et procureurs de la Ville.

C’est de cette enquête parallèle dont sera chargée d’office le Lieutenant Gabriel Faune, associé dans ses recherches par l’inspecteur Lohman, spécialiste des tueurs en série, à la santé mentale fragile et le docteur Sigmund Freud. L’inspecteur Lohman présente par ailleurs une double personnalité menaçant de ressortir à chaque instant, personnalité évoquant M le Maudit.

Tout au long de l’enquête, nous comprendrons progressivement à quel point le Lieutenant Gabriel Faune est lié à la Ville. Enfant, il était sujet d’hallucinations dans lesquelles la Ville s’adressait à lui, lui parlait, lui montrait ses voies et chemins. L’enquête en cours va mener notre Premier Citoyen à interroger ses perceptions, ses sensations. Progressivement, le décor va se mettre à vaciller, Gabriel exhumant en même temps que les éléments de l’enquête des aspects de son passé, l’amenant à porter un regard différent sur la Ville qui l’entoure et qui fait véritablement partie de lui. Ce regard va progressivement interroger la réalité telle qu’elle apparaît au collectif.

En quête de Vérité : le Véritable Objectif de l'Un

En quête de Vérité : le Véritable Objectif de l’Un

Ainsi, la composante philosophique du récit va transparaître au fur et à mesure que le récit avance, avec un cheminement lancinant sur la perception et la réalité. A l’instar de ce que pouvait formuler Fontenelle en 1686 dans ‘Entretiens sur la pluralité des mondes’ :
« Les vrais philosophes passent leur vie à ne pas croire ce qu’ils voient, et à tâcher de deviner ce qu’ils ne voient point, et cette condition n’est pas, ce me semble, trop à envier. Sur cela je me figure toujours que la nature est un grand spectacle qui ressemble à de l’Opéra. Du lieu où vous êtes, vous ne voyez pas le théâtre tout à fait comme il est ; on a disposé les décorations et les machines, pour faire de loin un effet agréable, et on cache à votre vue ces roues et ces contrepoids qui font tous les mouvements(…). Ce qui augmente la difficulté, c’est que dans les machines que la nature présente à nos yeux, les cordes sont parfaitement bien cachées, et elles le sont si bien qu’on a longtemps à deviner ce qui causait les mouvements de l’univers ».

Le personnage principal, Gabriel Faune, va suivre ce cheminement, avec la sensation que le décor de la Ville qu’il perçoit devant lui n’est en fait qu’un décor pour une machinerie plus complexe et cachée. A l’instar de ce qui se passe par exemple dans le film Dark City, de mystérieux agents du contrôle apparaissent comme des ombres de la Ville pour contrôler les informations, et oblitérer les éléments qui attireraient l’attention. Car en effet, rapidement nous découvrons qu’il existe dans la Ville et dans cette réalité tout un pan qui est soumis au Secret (le mot lui-même est barré dans le livre, tout comme les éléments qui lui sont soumis). Tel un philosophe, notre héros va devoir s’affranchir de sa perception première et commune (au sens aussi de « partagée avec les autres ») pour s’affranchir et atteindre une Vérité en associant ses sensations et son esprit. Et comme l’a formulé Démocrite, notre héros va découvrir que « la vérité est au fond de l’abîme ». Il s’agira de ne pas se perdre dans la descente…

Sous les fondations, la Mort Ou: Le retour du refoulé

Sous les fondations, la Mort
Ou:
Le retour du refoulé

2/ Le versant psychanalytique : l’inconscient et le retour du refoulé

Un autre versant de l’histoire qui apparaît à la fois dans le fond et dans la forme réside dans l’évocation de la psychanalyse. En effet, le Docteur Sigmund Freud fait lui-même partie des protagonistes, même s’il a dans cette réalité délaissé la cure par la parole au traitement par les électrochocs! Un autre personnage, Erich Fromm, psychanalyste humaniste allemand, apparaît aussi dans les pages. Ce dernier a notamment écrit une étude sur la psychologie du nazisme.

Par ailleurs, il est évoqué que le personnage principal, ainsi que la femme qu’il rencontre et dont il tombe amoureux, Loulou, ont tous les deux été atteints de délire paranoïaque : ils ont chacun à leur façon vécu des hallucinations concernant la Ville et pensent, comme tout paranoïaque, que la Vérité leur est intentionnellement cachée pour un dessein secret. La conviction qu’ils se forgent progressivement est que le traitement qu’ils ont subi serait un moyen de les amener à renoncer à cette conviction délirante. Pour la femme dont notre héros tombe amoureux, celle-ci admet avoir fait semblant de renoncer à ses idées pour qu’on lui accorde davantage de liberté, qu’on la laisse reprendre le cours de sa vie. Elle est par ailleurs la compagne de l’inspecteur Lohman, partenaire de l’enquête, formant ainsi un triangle amoureux (oedipien?) entre Gabriel Faune, Lohman et Loulou.
Mais l’essentiel n’est pas là.

Les fondations de Metropolis mises à jour Le retour du refoulé Ou: Lorsque le Secret saute au Visage

Les fondations de Metropolis mises à jour
Le retour du refoulé
ou:
Lorsque le Secret saute au Visage

Le récit est lui-même construit comme une psychanalyse. Il y a un état premier de stabilité apparente, puis une explosion sous la forme d’un attentat dont on ignore la cause, engendrant la mise à jour d’un secret enfoui qui va former un effet domino tout au long de l’histoire. Et pour chacun des personnages principaux. Cela procède ainsi comme un individu stable apparemment puis manifestant un symptôme suffisamment bruyant pour mettre à jour un aspect inconscient de sa personnalité qui était jusqu’alors demeuré enfoui. La Ville de Metropolis apparaît ainsi comme un organisme vivant, humain. Et son inconscient surgit, visible seulement par les enquêteurs qui ne se laisseront pas berner par les trompe-l’oeil.
Le Lieutenant Gabriel Faune ressentira ainsi des moments d’inquiétante étrangeté, percevant de subtils changements dans la Ville dont il semble le seul à s’apercevoir. Un jour c’est une statue qui change, un autre jour une façade d’immeuble. Cela va le conduire à un état de perplexité, propre aux états psychotiques ou de dépersonnalisation, ainsi qu’à des moments fulgurants où il a l’impression d’apercevoir un labyrinthe derrière le tissu de la réalité qui se déchire ou s’ouvre parfois. Ses rêves seront aussi le lieu du retour du refoulé.

Ainsi la Ville, comme l’Inconscient, va-t-elle s’adresser à lui par le biais d’un rébus, de signes à interpréter. Le réseau de signes, de signifiants, va agir comme un langage propre que le Lieutenant va devoir mettre à jour, avec tous les risques que cela comporte pour son intégrité psychique. Le personnage principal va ainsi devoir opérer des choix, réalisant que deux chemins s’offrent à lui : celui de la signification prête à l’emploi qui formera la fin officielle de l’enquête, ou celui du sens profond visant à le rapprocher d’une vérité originelle mais le déconnectant progressivement du collectif et du langage commun. C’est la décision de ne pas hésiter à plonger dans les profondeurs et ses ramifications qui va décider de son sort.

Le cheminement du Lieutenant va dès lors suivre celui d’une cure psychanalytique, cherchant à trouver en même temps que le Secret enfoui dans les entrailles de la Ville celui de ses origines et de son passé, et de ce qui a été refoulé, oblitéré.

Le Visage au Vitriol ou : De l'Automate au Vivant

Le Visage au Vitriol
ou :
De l’Automate au Vivant

3/ Le versant symbolique : la réalité au V.I.T.R.I.O.L.

C’est un parcours initiatique qui va ainsi être celui de notre héros, Gabriel Faune. A l’instar de la Ville éventrée, dont le Secret va être mis à jour de façon brutale, et que les contrôleurs vont tenter d’endiguer, notre enquêteur va plonger dans les entrailles de la Ville pour tenter d’extraire le sens caché de ce Secret : les trois mortes. A plusieurs reprises le Lieutenant Gabriel Faune va devoir descendre, dans l’intérêt de son enquête. Et lors de ces descentes, il notera un élément important : une sensation d’apesanteur l’amenant à ne plus savoir s’il est en train de descendre ou de monter. Ainsi, quand bien même sa vue l’informe qu’il descend bel et bien, ses sensations l’informent qu’il se trouve dans un moment où descendre et monter sont équivalents, et que l’apesanteur est accrue.

Tout au long du récit notre héros va s’interroger sur ce décalage entre sa vision et ses sensations, dont il estime qu’elles se sont émoussées avec le traitement psychanalytique. Et pourtant il a l’intime conviction que ce sont ses sensations qui peuvent le rapprocher de la Réalité.

Visita Interira Terrae ou : Le Voyage commence par une descente

Visita Interira Terrae
ou :
Le Voyage commence par une descente

Est-ce à dire que notre personnage principal suit un cheminement initiatique? Si nous suivons une formule de certaines sociétés initiatiques, cela peut éclairer notre lanterne. Prenons celle-ci, à la fois obscure et éloquente : VITRIOL. C’est un acronyme qui correspond à la formule latine suivante : « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultam Lapidem ». Il faudrait un exposé à part entière pour éclaircir cette formule, mais nous pouvons nous contenter ici de la traduire presque littéralement : « Visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu découvriras la pierre cachée ». Nous pouvons nous répéter cette formule comme si nous étions dans la grotte des poètes disparus, si, si. Et revenons maintenant à nos moutons.

Le personnage de notre histoire suit précisément ce cheminement dans le récit : il descend visiter, examiner, l’intérieur de la terre, et en corrigeant ses perceptions, en modifiant son rapport à la réalité, il est à même de trouver la pierre cachée, qui est ici comme dans les sociétés initiatiques la Vérité ; la pierre cachée est ici le symbole de ce qui ne saute pas aux yeux, de ce qui doit être découvert par un cheminement. Ici, Gabriel Faune ne commence à entrevoir une Vérité derrière la Réalité qu’après être descendu dans les entrailles de la Ville et dans so propre for intérieur. Les escaliers qui sont évoqués dans le récit, ceux qui permettent d’accéder à la crypte, sont d’ailleurs en double involution : un escalier montant est enchâssé dans un escalier descendant, se masquant mutuellement. Il faut emprunter l’escalier pour le déceler réellement.

Inquiétante étrangeté : Le Visage Vivant ou La Machine Masquée?

Inquiétante étrangeté :
Le Visage Vivant
ou
La Machine Masquée?

4/ Le versant humaniste : la machine comme finalité?

Le quatrième versant qui paraît sous-tendre le propos du récit pourrait consister en un versant humaniste. A plusieurs reprises, dans cette Ville d’automates, réglée par des machines dont l’Horloge centrale de la Ville forme un des grands symboles, les personnages s’interpellent de façon a priori étrange sur l’instant, ou qui pourrait être banalisée : « Vous êtes vivant ». Cela va de soi. Certes, en est-on vraiment sûr? Cela dépend de la définition que l’on donne à ce qualificatif. Etre animé ne suffit pas pour être vivant ; les personnages du récit sont animés, mais pourtant il apparaît progressivement que la plupart obéit à un dessein qui le surpasse ; nous pourrions dire : à une fonction. Et qu’il n’en déborde pas. D’ailleurs nous apercevons dans l’histoire certains des patients du Docteur Freud, comme Antonin Artaud, brillant écrivain et poète dans notre réalité, qui est ici un fou soumis aux électrochocs. Alors que signifie cette interpellation diffusée tout au long du récit en contrepoids de la mise à jour de la réalité et de ses automates? Une notion peut éclairer ce point : la pulsion de mort.

La Machine telle qu’elle apparaît dans le récit est progressivement associée à la pulsion de mort, c’est-à-dire à une entropie : l’absence de mouvement, de créativité et d’innovation au profit d’un ensemble composé de fonctions, protocoles, procédures. Si dans le récit ces mots ne sont pas utilisés, nous pouvons tenter de les transposer dans notre réalité. La Machine incarnée par Metropolis trouve d’ailleurs différents émissaires à travers ses personnages : M le Maudit, le mystérieux groupe W pour Wolff. Notons au passage ces effets miroirs dans les lettres inversées, M et W, qui rejoignent ces aspects d’inversion de la réalité, mais pas seulement…

La Machine à rêVer? Ou: Est-il Midi, l'heure de se leVer?

La Machine à rêVer?
Ou:
Est-il Midi, l’heure de se leVer?

Mais revenons à nos moutons électriques : dans notre société contemporaine, l’ère de la Machine du Management par la Procédure et le Process est bel et bien advenu. La pulsion de mort a envahi les discours pour les vider de toute substance vivante. A l’instar de Diogène parcourant Rome avec sa lanterne et demandant sous le nez des soldats : « Êtes-vous un Homme », nous pourrions interroger lequel de nos semblables est « encore vivant ». Le capitalisme paraît former une Machine automatique, sans plus personne aux commandes, avec tous les effets mortifères et l’irruption bruyante dans le Réel qu’elle produit. Un psychanalyste a écrit en 2004 dans un essai : « L’homme sans qualité » : « Devenez comme des machines, vous serez des machines ». Au vu de la logique comptable et quantifiable de nos sociétés actuelles, la prophétie n’est pas erronée.

Dans Metropolis, l’issue que trouve le personnage principal est celle orientée par l’amour. Après une nuit d’amour avec Loulou, Gabriel lui déclarera : « je ne suis plus sûr de rien, sauf de ce qui s’est passé cette nuit ». Et lorsqu’il lui proposera de s’enfuir, elle proposera «Le  Midi », ce que Gabriel traduira par le Midi de la France, il apparaîtra à l’aune de la conclusion que ce Midi est bien au-delà : c’est celui d’un Voyage Vivant, d’une traversée.

Mise en abyme ou : Sous le langage, le Vide Vertigineux

Mise en abyme
ou :
Sous le langage, le Vide Vertigineux

Epilogue : une mise en abyme

Le récit présente ainsi des simulitudes avec ce qui fut développée notamment dans Matrix ou Dark City : le questionnement autour de la réalité et le Monde qui peut se cacher au-delà. Metropolis comporte une dimension supplémentaire : le récit est construit comme son propos. Le lecteur suit l’enquête, et est amené à s’interroger avec les personnages qui se croisent. A la fin, tous les éléments ne sont pas en place, il existe des ellipses qui demandent au lecteur de les combler avec le sens qu’il peut y accorder.
Le canevas n’est pas complètement formé, le lecteur possède une part active s’il en décide ainsi.

L'individu devant l'escalier : Après la plongée,une Ascencion

L’individu devant l’escalier :
Après la plongée,une ascension

L’auteur Serge Lehman a déclaré dans des interviews qu’il avait lui-même suivi la perte de repères symboliques que son personnage éprouve, une traversée du langage qui transporte au-delà et fait atterrir à un endroit (ou un moment) où le langage, comme une Machine, atteint ses limites. Il ne recouvre pas le Réel complètement, et son réseau, bien que labyrinthique, ne borde pas l’ensemble de la Réalité. Il est intéressant de noter que trois personnages utilisés par l’auteur dans des récits différents possèdent cette particularité de « voir » autrement : le Nyctalope de l’Oeil de la nuit, l’homme truqué et donc Gabriel Faune. La question de l’oeil, du regard qui porte plus loin que la réalité partagée paraît ainsi traverser les récits de l’auteur.

Serge Lehman, à l’instar de Gabriel Faune et la découverte de la réalité et sa Machine automatique, déclare ainsi être lui aussi avoir « fait son petit tour en bas(…) sous le langage, là où il n’y a plus rien ». Une mise en abyme supplémentaire qui rend le voyage à Métropolis d’autant plus sidérant. Et revigorant à la remontée! Merci Messieurs pour la Visite Vivifiante!

La Ville intérieure ou: Essai de Géopsychologie?

La Ville intérieure
ou:
Essai de Géopsychologie?

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La Lehman Connection 4/6
Un thriller sur toile de fond uchronique. Une ville aux entrailles donnant le vertige métaphysique. Une enquête aux allures de quête de vérité philosophique L’amour comme naufrage ou sauvetage. Au scénario ciselé :Serge Lehman, aux dessins raffinés : Stéphane De Caneva, aux couvertures sublimées : Benjamin Carré.
Bienvenue à Metropolis : n’oubliez pas (de suivre) le guide Omac Spyder…

LA BO du jour :

Le vertige, c’est côtoyer les parages du vide, à la fois ce qui les habille mais aussi ce qui en préserve. Et approcher les reflets du vide…

24 comments

  • Matt  

    Houla ! Alors c’est un sacré boulot d’analyse cet article. Mais du coup, je ne sais pas trop quoi en penser. ça a l’air très intéressant. Mais ça semble aussi très complexe. A moins que ce soit juste ton analyse qui est complexe.^^
    Vu que tes commentaires sont souvent complexes (déformation professionnelle j’imagine, à tout décortiquer^^) ben du coup je ne sais pas si je vais être largué dans cette BD ou si ça va être super.
    En tous cas le thème me plait, les dessins aussi.
    C’est tentant.

  • Matt  

    J’oubliais : les couvertures sont magnifiques.

  • Bruce lit  

    Le clin d’oeil à Objectif Lune est savoureux. Tout comme à celui de Céline que bizarrement tu n’as pas relevé.
    Longtemps, je me suis levé de bonne heure. Surtout pour lire au calme ce genre d’article passionnant sur une BD mille feuilles ou chaque couche ne se déguste qu’après dégustation du tout.
    Ne serait ce que pour voir Freud en héros de BD, je prends. Même si j’attends plutôt la rentrée et le retour souhaité, hypothétique et peut être illusoire de mon temps de cerveau disponible (l’y attendent tous les tomes de Lucifer et Unwritten de Carey).
    Et merci aussi pour le Teaser !

  • Seb  

    Un article aussi riche que son sujet. Merci !

    • OmacSpyder  

      Merci! Hélas le sujet déborde mais l’idée était de tenter de s’encorder pour approcher ce sommet! :)

  • JP Nguyen  

    Ouh punaise, quel article !
    Dire que tu as écrit tout ça et que dans ma tête de lecteur, je songe simplement : »Ca m’a l’air sympa, les dessins sont biens, je vais essayer… »

    Ceci dit, pour essayer d’être au niveau de ton analyse, le « Midi » évoqué comme destination pourrait-il être une allusion/référence au Grand Midi de Nietzsche ?
    « Le Grand Midi est le moment où l’homme se trouve à mi-chemin entre la bête et le Surhomme et où il fête sa marche vers le soir comme sa plus haute espérance, parce que c’est aussi une marche vers un nouveau matin. »

    • Matt  

      Ouais…
      Moi j’espère un peu que Omac fait du zèle quand même parce que j’espère qu’il ne faut pas connaître tous ces concepts pour comprendre quelque chose à la BD^^

  • OmacSpyder  

    @Matt: L’analyse vient en fait d’avoir lu les 4 tomes 4 fois : une fois l’un après l’autre suivant la date de sortie, une autre une fois que j’aie eu les 4 volumes rassemblés, une troisième fois en me disant : « attends, il y a quelquechose qui m’interpelle mais je ne saisis pas bien », une quatrième pour l’article. D’où peut-être ces 4 versants qui ne sont que des propositions de (re)lectures.
    Pour répondre à ta petite apprehesion : j’ai pris du plaisir dès la première lecture, transporté par l’histoire simplement :)

    @Bruce : Question superposition nous sommes ici bien servis : un millefeuille savoureux! Pour Céline, il est vrai que je n’ai pas exploré de ce côté. Comme quoi un sommet se prête à plusieurs ascensions! J’ai fait avec ce qui me venait. J’attends que tu lises, il faut mettre Métropolis sur ta top liste! :)

    @JP : Ma grille de lecture n’est pas, loin s’en faut, exhaustive. Cette histoire laisse chacun la (com)prendre à sa façon. Et ça j’adore! Ton ajout à propos du midi de Nietzsche me semble tout à fait pertinent! Lehman est un lecteur de Nietzsche. Et nous irons d’ailleurs creuser un peu dans ce sens très prochainement… ;)

    • Matt  

      Lu 4 fois déjà ? Woah !
      Le dernier tome est à peine sorti il y a quelques mois.
      Bon ça fait vraiment envie. Mais c’est pas cool, c’est pas gratuit tout ça^^

      • OmacSpyder  

        @Matt : Si tu peux le lire plusieurs fois, le prix est d’autant divisé. C’est donc une excellente affaire! ;)

  • Présence  

    Des fois je parcours les sites de BD sur internet et je me dis que j’aimerais bien découvrir des articles de fond sur une BD avec un regard personnel… et à chaque fois je reviens sur Bruce Lit, en me disant : mais c’est ce que je cherche. L’article du jour en ait encore un éclatant exemple. Whouahhhh !!!

    Je n’ai pas encore lu cet article 4 fois mais déjà deux fois et demi. Suite à cette visite guidée, j’ai mis cette série sur ma Top Liste (ce qui veut dire que je le lirai sûrement d’ici la fin de l’année, parce que c’est déjà une liste très longue). Au risque d’être taquin, ce qui m’avait retenu de la lire était mon peu d’appétence pour les dessins, certes méticuleux avec un trait sobre, mais un peu impersonnels (à mes yeux) et appliqués.

    La forme et la densité de l’article sont extraordinaires. Toi aussi, tu passes en revue de nombreux éléments constitutifs de l’œuvre. :) La liste des personnages invités fait plaisir à voir, y compris Loulou dont l’interprète Louise Brooks est déjà apparue sur ce site pour une enquête plus rurale. Le découpage en 4 versants est passionnant en ceci qu’il donne à voir plusieurs interprétations à partir de points de vue différents. Il a suffi que je lise le premier pour être convaincu que cette BD est faite pour moi.

    S’affranchir de sa perception et atteindre une Vérité en associant ses sensations et son esprit – Mais c’est tout le programme des meilleurs romans de Philip K. Dick ! Si en plus on rajoute une couche de délire paranoïaque, c’est du K. Dick. Une vérité intentionnellement cachée pour un dessein secret. Ces éléments m’ont tellement rappelé K. Dick, qu’en découvrant la formule VITRIOL, j’ai cru qu’elle était tirée de la BD, et qu’elle faisait directement référence au roman VALIS (SIVA en VO, 1980) de K. Dick. Bon, je me calme. Cette relation à l’architecture et à la structure de la ville évoque aussi pour moi la psychetecture développée par Dean Motter, dans sa série Mister X, un concept où la vie de l’individu est modelée pour partie par l’architecture de la ville.

    Plutôt que de projeter mes souvenirs et mes obsessions sur l’article, j’en poursuis la lecture en me concentrant. Dernière partie : la machine. L’ère de la Machine du Management par la Procédure et le Process incarne la pulsion de Mort. Ton commentaire attaque là même un cinquième versant qui est politique. D’un côté, je partage ce constat du capitalisme qui paraît former une Machine automatique, sans plus personne aux commandes, et même automatisée par des intelligences artificielles effectuant des opérations boursières sans intervention humaine. D’un autre côté, cette bande dessinée utilise elle-même ces process et ces procédures. Elle est né d’un processus industriel qui met des dizaines de nouveautés sur le marché tous les mois, en passant par chacune des étapes, des auteurs à la distribution en points de vente, en passant par les recommandations des éditeurs, pour aboutir aux bénéfices.

    Pire encore, cette BD respecte un découpage par case avec des phylactères contenant de simples mots, et toutes les conventions contraignantes associées à ce média. Or ce degré de contrainte n’obère en rien la possibilité de créer du neuf, de s’aventurer plus loin dans la réalité. Les créateurs (Lehman & de Caneva) créent de la nouveauté en se servant de ces processus, en respectant ces procédures. Du coup, je suis un peu moins pessimiste, un peu moins convaincu que le langage, comme une Machine, atteint ses limites, ou que la société tend vers une absence de mouvement, de créativité et d’innovation au profit d’un ensemble composé de fonctions, protocoles, procédures.

    • Matt  

      D’ailleurs est-ce caractère politique d’une société automatisée qui pousse les auteurs à s’inspirer du film de Fritz Lang ?
      Parce que ce film a été revisité pas mal de fois quand même. Sans forme de film d’animation de Katsuhiro Otomo aussi (avec le style graphique d’Osamu Tezuka)
      J’ai été surpris la première fois de voir la femme robot sur la couverture de cette BD. Je ne pensais pas que, malgré le titre, ça se rapprochait du film.

    • OmacSpyder  

      @Présence: Quel commentaire étoffé et argumenté! Ce que tu évoques de Philip K.Dick renvoie bien à l’esprit de la science fiction qui est à l’oeuvre dans cette série. La vision paranoïaque qui devient une planche de salut face à un monde aux desseins cachés. Je te rejoins tout à fait.
      Sur la Machine à l’oeuvre comme pulsion de mort, je pense que tout ce qui nous aide à en comprendre les mécanismes nous aide aussi à lutter contre elle. Je crois aussi en la force créatrice issue des contraintes mais pouvant s’en libérer. C’est le sens de la fin de la série pour ceux qui iront jusque là… ;)

  • Tornado  

    Tiens, il n’y a pas que moi qui écrit des articles longs… ,)

    Bon, il va sans dire que j’adore cette approche par le biais de la psychanalyse et des divers points de vue recoupés. En lisant chaque chapitre, j’avais envie de copier/coller tout un tas de phrases qui exprimaient à merveille le concept du sujet ainsi que sa profondeur.
    J’ai les quatre tomes. Ouf.
    J’adore ta manière de raconter ta vision d’une oeuvre avec des effets d’échos et de miroirs, comme par exemple à propos des fondations et du retour du refoulé. Et comme Présence, il faudrait relire plusieurs fois ton article pour bien tout retenir et tout digérer.

    « Certains des patients du Docteur Freud, comme Antonin Artaud, brillant écrivain et poète dans notre réalité, qui est ici un fou soumis aux électrochocs »
    - Mis à part que Freud n’était pas là, Artaud a bel et bien été soumis à un traitement aux électrochocs. Et c’est ce qui l’a rendu temporairement fou, ou du moins trépané. C’est une abominable histoire vraie, où le poète a servi de cobaye à une expérience atroce.

    La contre-plongée dans l’escalier évoque le scène emblématique du film M le Maudit.
    A part ça, je n’ai rien à ajouter… :)

    • OmacSpyder  

      @Tornado : Ah Ah! Je ne me plains pas d’articles longs, ou si je le fais c’est du second degré :)
      Bon ici l’article passe en revue 4 volumes quand même! ;)
      Mon article doit, quand je lis ton commentaire et d’autres, refléter la série qu’il commente : propre à être relu! Bref, le fond et la forme, ça s’assemble, non? ;)
      Pour Freud et Artaud, je parlais de la réalité dans l’histoire, puisque nous les croisons dans Metropolis.
      En effet, dans notre réalité, Freud n’a pas croisé Artaud le poète, qui a subi des thérapies par électrochoc avec les dégâts de celles-ci, hélas… Ça ne l’a pas véritablement rendu fou, il avait déjà commencé ;) mais les électrochocs lui ont fait perdre ce qui le guérissait vraiment : l’écriture!
      Merci pour ton précieux avis!

  • Jyrille  

    Et bien pour une fois cela va être simple : tout comme Présence !

    Mmm bon ok, c’est trop court… Je dois avouer que je n’ai jamais lu Artaud, Freud, Balzac, Nietzsche et tout un tas d’autres classiques. Et souvent je me dis que je n’ai pas le background pour attaquer toutes ses oeuvres. De même que je n’ai pas vu Metropolis. Par contre j’ai vu le M le maudit du même Fritz Lang mais il y a tellement longtemps que je n’en ai très peu de souvenirs.

    Quoiqu’il en soit, ton article est fantastique, Omac, pour l’instant, c’est mon préféré de ceux que tu as écrit. Lorsque j’ai lu le titre, j’ai cru avoir affaire à notre ami Présence et puis non, j’ai vu un autre dessin à côté du nom de l’auteur.

    J’ai tellement été séduit par ton analyse (qui évite tout spoiler ou presque) que j’ai cherché dès ce soir à m’acheter le premier tome mais je ne l’ai pas trouvé. Je me suis donc rabattu sur la réédition de The Big Guy and Rusty the Boy Robot.

    Par contre, tu fais bien de citer Dark City. Avant même que tu le fasses toi-même, j’avais déjà pensé à cette référence. Je l’ai vu en DVD mais je ne l’ai pas gardé malgré la beauté plastique et formelle du film. Je l’ai trouvé un peu artificiel et la fin n’est pas fantastique… Mais ça vaut le coup d’être vu. Quant à Philip K. Dick, j’y ai également pensé (cela fait plus d’un an maintenant que je me suis mis en tête de lire tout Dick, je suis loin d’avoir fini, d’ailleurs je n’ai pas encore réussi à tous les rassembler), c’est pourquoi je rejoins Présence, même si je n’ai jamais lu Siva.

    Je n’ai pas lu assez de fois ton article pour en aborder le fond, mais sache que je suis désormais plus que convaincu de m’acheter cette série. Et même si le dessin semble effectivement un peu académique, je le trouve assez classe pour ne pas me repousser. Les couvertures sont splendides, et les scans pleine page que tu as mis sont terribles. Le dernier fait fortement penser au générique de la série télé True Detective (cf. le lien que nous avait passé PierreN sur Arte).

    http://statics.programme-tv.net/var/i/2014-11/true-detective-1.jpg

    • OmacSpyder  

      @Jyrille : Si tu t’es jeté sur l’achat de ce petit bijou, mon article a atteint son objectif! Bon c’est visiblement différé mais ça n’est que visite remise…
      Pour ce que tu évoques du background, tout cela est inutile pour apprécier le bon moment de lecture qui t’attend!
      Le dessin peut sembler académique en effet, mais il colle bien au propos en le suivant avec une belle élégance. Stéphane De Caneva fournit ici un travail d’orfèvre! Si tu as apprécié l’article, tu vas adorer la série! Mille mercis en tout cas, ton commentaire fait plaisir à lire :)

      • Jyrille  

        Merci à toi, Omac ! En lisant les derniers commentaires de Mattie, je me rends compte que j’ai oublié de parler d’une bd de Marc Antoine Mathieu qui m’a énormément fait penser à la bd du jour : Mémoire Morte, que je vous conseille fortement si vous ne la connaissez pas. Notamment pour le dessin noir et blanc très différent de celui de Sin City et de Courtney Crumrin.

        https://www.google.fr/search?hl=en&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1536&bih=687&q=mam+memoire+morte&oq=mam+memoire+morte&gs_l=img.3…59.8224.0.8343.20.18.2.0.0.0.269.1606.9j5j1.15.0….0…1.1.64.img..3.6.855…0j0i30k1j0i5i30k1j0i5i10i30k1j0i8i30k1j0i24k1j0i10i24k1.7FQn8kEuWys#imgrc=66SewcDm_CdIpM:

        • OmacSpyder  

          Merci pour la référence Jyrille! La mémoire morte et les murs… Ça peut valoir d’y aller voir en effet^^

          • Jyrille  

            Si tu ne connais pas Marc-Antoine Matthieu, je t’invite à te pencher sur toute sa production, notamment sa série Julius Corentin Acquesfacques (il y a un court article de ma pomme sur ce blog). Il vient de sortir un album nommé Otto pour lequel je n’ai pas encore craqué mais je pense qu’il ne peut que te parler.

          • OmacSpyder  

            @Tornado : Merci pour ces références! C’est bien ici, on écrit sur ce son lit, et on repart avec… des trucs à lire! :)
            J’irai voir ton article et verrai pour Otto!

    • Matt  

      Je dis parfois que l’originalité n’est pas forcément gage de qualité. Et c’est valable pour le dessin. C’est un avis purement subjectif hein, avant que quelqu’un prépare les tomates.
      Je préfère largement voir ce type de dessin classique ou « académique » que les dessins de Chicagoland chroniqué la veille.
      Non, je ne m’acharne pas spécialement contre Chicagoland, c’est juste que c’est une discussion récente qu’on a eu sur le dessin.
      Parfois il y a des dessins originaux mais qui ne m’attirent absolument pas voire me repoussent. Du coup dans ces cas là je me retrouve à souhaiter un dessin plus classique. C’est comme quand on me montre une peinture d’art moderne. Que ça inspire des gens, que l’idée soit intéressante ou innovante, que ce soit de l’art malgré l’aspect moche, ok. Sauf que si j’aime pas, je vais préférer un dessin de Jae Lee à un Picasso. ça ne veut pas dire que « tout se vaut », ça veut dire que je m’intéresse à ce qui me plait, c’est tout.

      D’ailleurs c’est même dur ce jugement de dessin « classique, bof » quand on voit le niveau de détails et le boulot que ça représente au niveau des ombres, etc. ça ne fait pas tout bien sûr, certains seront plus séduits par un style plus épuré avare en décors, mais de là à vouloir éviter ce classicisme, c’est quand même dommage. Parfois ça fait même du bien je trouve car à force de l’éviter, c’est lui qui devient rare et moins classique dans notre BDthèque^^ Et du coup appréciable.
      Avis personnel encore une fois.

      • OmacSpyder  

        Pour ma part, un dessin dit classique ne me rebute pas, d’autant moins ici que celui de Stéphane De Caneva apporte une touche singulière à l’histoire. C’est un peu comme l’esthétique du Prisonnier, pour faire un pas de côté ;)
        Demain, nous verrons qu’un autre type de dessin peut servir un autre propos, plus onirique…

    • Matt  

      Disons que moi je suis pour la variété, pas juste l’originalité.
      La variété englobe l’originalité, mais aussi le classicisme. ^^

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