Du conte philosophique à la fable humaniste : 4 versants pour un sommet (Review Metropolis)

Metropolis par Serge Lehman et Stephane de Caneva

Première publication le 11/05/17- Mise à jour le 27/12/17

Plongée en Ville Inconnue

Plongée en Ville Inconnue

Par OMAC SPYDER

VF : © Editions Delcourt, 2014-2017

Cet article portera sur les 4 tomes de la série Metropolis, écrite par Serge LEHMAN, auteur de La Brigade Chimérique ,Masqué, L’Homme truqué  ou encore L’Oeil de la Nuit  ; elle est dessinée par Stéphane DE CANEVA, qui met son trait élégant au service des personnages et de l’architecture urbaine, qui évoluent avec une fluidité confondante ; elle est colorisée par Dimitris MARTINOS, dont la palette transmet une atmosphère à la fois limpide et inquiétante.

Les illustrations de couverture sont de Benjamin CARRE qui traduit à travers quatre sublimes planches le substrat de la série, voilant ses mystères et éclairant ses zones d’ombre. La série a été publiée entre 2014 et 2017 aux éditions Delcourt.

 Metropolis  forme une référence appuyée aux films de Fritz Lang, mais ne nécessite pas son visionnage pour en apprécier les méandres. Les évocations de M le Maudit  ou encore  Loulou  de Pabst parcourent le récit pour l’enrichir subtilement, comme une référence supplémentaire ; le récit s’auto-suffit néanmoins. Les dessins évoquent l’Art Nouveau et les 30 Glorieuses, même si nous sommes dans une année 1935 qui n’a pas eu lieu : la France et l’Allemagne, pays amis, ont crée l’Interland, région dont Metropolis est la capitale. Gabriel Faune, enquêteur et personnage principal, va en explorer les méandres insoupçonnés… Et en révéler les fondations au prix d’un itinéraire singulier.

Introduction : les fondations

La série Métropolis est une uchronie : une fiction présentant une histoire située dans une période qui n’existe pas dans l’Histoire. Ici, la période coorespond à l’année 1934, à ce détail près que la Première Guerre Mondiale n’a jamais eu lieu. Dans le monde dépeint par l’auteur, la France et l’Allemagne ont bâti un monde sous l’égide de la Réconciliation, prônant une entente franco-allemande et proposant son hégémonie de paix au monde. Metropolis en est son symbole vivant : une ville construite sur ces fondations.

La beauté des planches Décor avant démolition

La beauté des planches
Décor avant démolition

L’auteur et le dessinateur nous livrent une oeuvre en quatre parties empreinte d’élégance tant dans son scénario que dans son graphisme. L’histoire est déployée avec méticulosité et précision. la ville de Metropolis et les personnages sont représentés avec un trait sobre et raffiné. Bref, le décor est planté. Mais ce décor va soudain être se fissurer et être en proie à une révélation qui va bouleverser cette somptueuse ville héritière de la Belle Epoque.

L’enquête peut commencer, car il s’agit d’une enquête policière menée par le lieutenant de la ville, nommé le Premier Citoyen : Gabriel Faune. Nous croisons lors de l’histoire des personnages connus par ailleurs, comme Aristide Briand, Sigmund Freud, des allusions de Gustav Klimt, un passage par Albert Einstein et ainsi de suite. Et aussi un certain Adolf Hitler.

Les acteurs principaux : un Wonderfull trio!

Les acteurs principaux : un Wonderfull trio!

Mais l’essentiel n’est pas là. Tout comme les buildings de cette mégalopole européenne, l’histoire va se hisser vers des sommets. Et comme tout sommet, il s’agit de les aborder par des versants différents pour tenter de les toucher du doigt. Comme les 4 tomes, ou les 4 faces des bâtiments à l’architecture impeccable, nous aborderons ce sommet par 4 versants différents mais complémentaires. A l’instar du héros de l’histoire, nous comprenons que la réalité ne peut s’approcher par un seul biais.

1/ Le versant philosophique : la quête de la vérité

Le personnage principal, l’enquêteur Gabriel Faune, est un enfant recueilli par la Ville. Il est donc né en même temps que celle-ci, d’où le titre qui lui est dès lors attribué de Premier Citoyen. Il est aussi un ancien patient du Docteur Freud. Ce dernier l’a soigné par la parole, même s’il a ensuite renoncé par la suite à la psychoanalyse des débuts pour mener ses traitements par le biais des électrochocs et des molécules. Gabriel est devenu ensuite Lieutenant de Police et doit se lancer dans une enquête suite à un attentat au centre même de la ville, attentat visant le bâtiment le plus important de Metropolis : la Tour de la Réconciliation, symbole de l’alliance entre le peuple allemand et français.

Metropolis2 Les fondations

Metropolis2
Les fondations

A partir de cet événement, l’histoire se met en mouvement et nous assistons à l’enchevêtrement de deux situations, amenant deux enquêtes parallèles. En effet, sous la Tour de la Réconciliation, dans ses fondations, est dévoilé par l’explosion une crypte où gisent les corps de trois femmes mystérieuses. D’un côté débute l’enquête officielle menée par deux enquêteurs, d’un autre côté s’amorce l’enquête secrètement diligentée par les fondateurs et procureurs de la Ville.

C’est de cette enquête parallèle dont sera chargée d’office le Lieutenant Gabriel Faune, associé dans ses recherches par l’inspecteur Lohman, spécialiste des tueurs en série, à la santé mentale fragile et le docteur Sigmund Freud. L’inspecteur Lohman présente par ailleurs une double personnalité menaçant de ressortir à chaque instant, personnalité évoquant M le Maudit.

Tout au long de l’enquête, nous comprendrons progressivement à quel point le Lieutenant Gabriel Faune est lié à la Ville. Enfant, il était sujet d’hallucinations dans lesquelles la Ville s’adressait à lui, lui parlait, lui montrait ses voies et chemins. L’enquête en cours va mener notre Premier Citoyen à interroger ses perceptions, ses sensations. Progressivement, le décor va se mettre à vaciller, Gabriel exhumant en même temps que les éléments de l’enquête des aspects de son passé, l’amenant à porter un regard différent sur la Ville qui l’entoure et qui fait véritablement partie de lui. Ce regard va progressivement interroger la réalité telle qu’elle apparaît au collectif.

En quête de Vérité : le Véritable Objectif de l'Un

En quête de Vérité : le Véritable Objectif de l’Un

Ainsi, la composante philosophique du récit va transparaître au fur et à mesure que le récit avance, avec un cheminement lancinant sur la perception et la réalité. A l’instar de ce que pouvait formuler Fontenelle en 1686 dans ‘Entretiens sur la pluralité des mondes’ :
« Les vrais philosophes passent leur vie à ne pas croire ce qu’ils voient, et à tâcher de deviner ce qu’ils ne voient point, et cette condition n’est pas, ce me semble, trop à envier. Sur cela je me figure toujours que la nature est un grand spectacle qui ressemble à de l’Opéra. Du lieu où vous êtes, vous ne voyez pas le théâtre tout à fait comme il est ; on a disposé les décorations et les machines, pour faire de loin un effet agréable, et on cache à votre vue ces roues et ces contrepoids qui font tous les mouvements(…). Ce qui augmente la difficulté, c’est que dans les machines que la nature présente à nos yeux, les cordes sont parfaitement bien cachées, et elles le sont si bien qu’on a longtemps à deviner ce qui causait les mouvements de l’univers ».

Le personnage principal, Gabriel Faune, va suivre ce cheminement, avec la sensation que le décor de la Ville qu’il perçoit devant lui n’est en fait qu’un décor pour une machinerie plus complexe et cachée. A l’instar de ce qui se passe par exemple dans le film Dark City, de mystérieux agents du contrôle apparaissent comme des ombres de la Ville pour contrôler les informations, et oblitérer les éléments qui attireraient l’attention. Car en effet, rapidement nous découvrons qu’il existe dans la Ville et dans cette réalité tout un pan qui est soumis au Secret (le mot lui-même est barré dans le livre, tout comme les éléments qui lui sont soumis). Tel un philosophe, notre héros va devoir s’affranchir de sa perception première et commune (au sens aussi de « partagée avec les autres ») pour s’affranchir et atteindre une Vérité en associant ses sensations et son esprit. Et comme l’a formulé Démocrite, notre héros va découvrir que « la vérité est au fond de l’abîme ». Il s’agira de ne pas se perdre dans la descente…

Sous les fondations, la Mort Ou: Le retour du refoulé

Sous les fondations, la Mort
Ou:
Le retour du refoulé

2/ Le versant psychanalytique : l’inconscient et le retour du refoulé

Un autre versant de l’histoire qui apparaît à la fois dans le fond et dans la forme réside dans l’évocation de la psychanalyse. En effet, le Docteur Sigmund Freud fait lui-même partie des protagonistes, même s’il a dans cette réalité délaissé la cure par la parole au traitement par les électrochocs! Un autre personnage, Erich Fromm, psychanalyste humaniste allemand, apparaît aussi dans les pages. Ce dernier a notamment écrit une étude sur la psychologie du nazisme.

Par ailleurs, il est évoqué que le personnage principal, ainsi que la femme qu’il rencontre et dont il tombe amoureux, Loulou, ont tous les deux été atteints de délire paranoïaque : ils ont chacun à leur façon vécu des hallucinations concernant la Ville et pensent, comme tout paranoïaque, que la Vérité leur est intentionnellement cachée pour un dessein secret. La conviction qu’ils se forgent progressivement est que le traitement qu’ils ont subi serait un moyen de les amener à renoncer à cette conviction délirante. Pour la femme dont notre héros tombe amoureux, celle-ci admet avoir fait semblant de renoncer à ses idées pour qu’on lui accorde davantage de liberté, qu’on la laisse reprendre le cours de sa vie. Elle est par ailleurs la compagne de l’inspecteur Lohman, partenaire de l’enquête, formant ainsi un triangle amoureux (oedipien?) entre Gabriel Faune, Lohman et Loulou.
Mais l’essentiel n’est pas là.

Les fondations de Metropolis mises à jour Le retour du refoulé Ou: Lorsque le Secret saute au Visage

Les fondations de Metropolis mises à jour
Le retour du refoulé
ou:
Lorsque le Secret saute au Visage

Le récit est lui-même construit comme une psychanalyse. Il y a un état premier de stabilité apparente, puis une explosion sous la forme d’un attentat dont on ignore la cause, engendrant la mise à jour d’un secret enfoui qui va former un effet domino tout au long de l’histoire. Et pour chacun des personnages principaux. Cela procède ainsi comme un individu stable apparemment puis manifestant un symptôme suffisamment bruyant pour mettre à jour un aspect inconscient de sa personnalité qui était jusqu’alors demeuré enfoui. La Ville de Metropolis apparaît ainsi comme un organisme vivant, humain. Et son inconscient surgit, visible seulement par les enquêteurs qui ne se laisseront pas berner par les trompe-l’oeil.
Le Lieutenant Gabriel Faune ressentira ainsi des moments d’inquiétante étrangeté, percevant de subtils changements dans la Ville dont il semble le seul à s’apercevoir. Un jour c’est une statue qui change, un autre jour une façade d’immeuble. Cela va le conduire à un état de perplexité, propre aux états psychotiques ou de dépersonnalisation, ainsi qu’à des moments fulgurants où il a l’impression d’apercevoir un labyrinthe derrière le tissu de la réalité qui se déchire ou s’ouvre parfois. Ses rêves seront aussi le lieu du retour du refoulé.

Ainsi la Ville, comme l’Inconscient, va-t-elle s’adresser à lui par le biais d’un rébus, de signes à interpréter. Le réseau de signes, de signifiants, va agir comme un langage propre que le Lieutenant va devoir mettre à jour, avec tous les risques que cela comporte pour son intégrité psychique. Le personnage principal va ainsi devoir opérer des choix, réalisant que deux chemins s’offrent à lui : celui de la signification prête à l’emploi qui formera la fin officielle de l’enquête, ou celui du sens profond visant à le rapprocher d’une vérité originelle mais le déconnectant progressivement du collectif et du langage commun. C’est la décision de ne pas hésiter à plonger dans les profondeurs et ses ramifications qui va décider de son sort.

Le cheminement du Lieutenant va dès lors suivre celui d’une cure psychanalytique, cherchant à trouver en même temps que le Secret enfoui dans les entrailles de la Ville celui de ses origines et de son passé, et de ce qui a été refoulé, oblitéré.

Le Visage au Vitriol ou : De l'Automate au Vivant

Le Visage au Vitriol
ou :
De l’Automate au Vivant

3/ Le versant symbolique : la réalité au V.I.T.R.I.O.L.

C’est un parcours initiatique qui va ainsi être celui de notre héros, Gabriel Faune. A l’instar de la Ville éventrée, dont le Secret va être mis à jour de façon brutale, et que les contrôleurs vont tenter d’endiguer, notre enquêteur va plonger dans les entrailles de la Ville pour tenter d’extraire le sens caché de ce Secret : les trois mortes. A plusieurs reprises le Lieutenant Gabriel Faune va devoir descendre, dans l’intérêt de son enquête. Et lors de ces descentes, il notera un élément important : une sensation d’apesanteur l’amenant à ne plus savoir s’il est en train de descendre ou de monter. Ainsi, quand bien même sa vue l’informe qu’il descend bel et bien, ses sensations l’informent qu’il se trouve dans un moment où descendre et monter sont équivalents, et que l’apesanteur est accrue.

Tout au long du récit notre héros va s’interroger sur ce décalage entre sa vision et ses sensations, dont il estime qu’elles se sont émoussées avec le traitement psychanalytique. Et pourtant il a l’intime conviction que ce sont ses sensations qui peuvent le rapprocher de la Réalité.

Visita Interira Terrae ou : Le Voyage commence par une descente

Visita Interira Terrae
ou :
Le Voyage commence par une descente

Est-ce à dire que notre personnage principal suit un cheminement initiatique? Si nous suivons une formule de certaines sociétés initiatiques, cela peut éclairer notre lanterne. Prenons celle-ci, à la fois obscure et éloquente : VITRIOL. C’est un acronyme qui correspond à la formule latine suivante : « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultam Lapidem ». Il faudrait un exposé à part entière pour éclaircir cette formule, mais nous pouvons nous contenter ici de la traduire presque littéralement : « Visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu découvriras la pierre cachée ». Nous pouvons nous répéter cette formule comme si nous étions dans la grotte des poètes disparus, si, si. Et revenons maintenant à nos moutons.

Le personnage de notre histoire suit précisément ce cheminement dans le récit : il descend visiter, examiner, l’intérieur de la terre, et en corrigeant ses perceptions, en modifiant son rapport à la réalité, il est à même de trouver la pierre cachée, qui est ici comme dans les sociétés initiatiques la Vérité ; la pierre cachée est ici le symbole de ce qui ne saute pas aux yeux, de ce qui doit être découvert par un cheminement. Ici, Gabriel Faune ne commence à entrevoir une Vérité derrière la Réalité qu’après être descendu dans les entrailles de la Ville et dans so propre for intérieur. Les escaliers qui sont évoqués dans le récit, ceux qui permettent d’accéder à la crypte, sont d’ailleurs en double involution : un escalier montant est enchâssé dans un escalier descendant, se masquant mutuellement. Il faut emprunter l’escalier pour le déceler réellement.

Inquiétante étrangeté : Le Visage Vivant ou La Machine Masquée?

Inquiétante étrangeté :
Le Visage Vivant
ou
La Machine Masquée?

4/ Le versant humaniste : la machine comme finalité?

Le quatrième versant qui paraît sous-tendre le propos du récit pourrait consister en un versant humaniste. A plusieurs reprises, dans cette Ville d’automates, réglée par des machines dont l’Horloge centrale de la Ville forme un des grands symboles, les personnages s’interpellent de façon a priori étrange sur l’instant, ou qui pourrait être banalisée : « Vous êtes vivant ». Cela va de soi. Certes, en est-on vraiment sûr? Cela dépend de la définition que l’on donne à ce qualificatif. Etre animé ne suffit pas pour être vivant ; les personnages du récit sont animés, mais pourtant il apparaît progressivement que la plupart obéit à un dessein qui le surpasse ; nous pourrions dire : à une fonction. Et qu’il n’en déborde pas. D’ailleurs nous apercevons dans l’histoire certains des patients du Docteur Freud, comme Antonin Artaud, brillant écrivain et poète dans notre réalité, qui est ici un fou soumis aux électrochocs. Alors que signifie cette interpellation diffusée tout au long du récit en contrepoids de la mise à jour de la réalité et de ses automates? Une notion peut éclairer ce point : la pulsion de mort.

La Machine telle qu’elle apparaît dans le récit est progressivement associée à la pulsion de mort, c’est-à-dire à une entropie : l’absence de mouvement, de créativité et d’innovation au profit d’un ensemble composé de fonctions, protocoles, procédures. Si dans le récit ces mots ne sont pas utilisés, nous pouvons tenter de les transposer dans notre réalité. La Machine incarnée par Metropolis trouve d’ailleurs différents émissaires à travers ses personnages : M le Maudit, le mystérieux groupe W pour Wolff. Notons au passage ces effets miroirs dans les lettres inversées, M et W, qui rejoignent ces aspects d’inversion de la réalité, mais pas seulement…

La Machine à rêVer? Ou: Est-il Midi, l'heure de se leVer?

La Machine à rêVer?
Ou:
Est-il Midi, l’heure de se leVer?

Mais revenons à nos moutons électriques : dans notre société contemporaine, l’ère de la Machine du Management par la Procédure et le Process est bel et bien advenu. La pulsion de mort a envahi les discours pour les vider de toute substance vivante. A l’instar de Diogène parcourant Rome avec sa lanterne et demandant sous le nez des soldats : « Êtes-vous un Homme », nous pourrions interroger lequel de nos semblables est « encore vivant ». Le capitalisme paraît former une Machine automatique, sans plus personne aux commandes, avec tous les effets mortifères et l’irruption bruyante dans le Réel qu’elle produit. Un psychanalyste a écrit en 2004 dans un essai : « L’homme sans qualité » : « Devenez comme des machines, vous serez des machines ». Au vu de la logique comptable et quantifiable de nos sociétés actuelles, la prophétie n’est pas erronée.

Dans Metropolis, l’issue que trouve le personnage principal est celle orientée par l’amour. Après une nuit d’amour avec Loulou, Gabriel lui déclarera : « je ne suis plus sûr de rien, sauf de ce qui s’est passé cette nuit ». Et lorsqu’il lui proposera de s’enfuir, elle proposera «Le  Midi », ce que Gabriel traduira par le Midi de la France, il apparaîtra à l’aune de la conclusion que ce Midi est bien au-delà : c’est celui d’un Voyage Vivant, d’une traversée.

Mise en abyme ou : Sous le langage, le Vide Vertigineux

Mise en abyme
ou :
Sous le langage, le Vide Vertigineux

Epilogue : une mise en abyme

Le récit présente ainsi des simulitudes avec ce qui fut développée notamment dans Matrix ou Dark City : le questionnement autour de la réalité et le Monde qui peut se cacher au-delà. Metropolis comporte une dimension supplémentaire : le récit est construit comme son propos. Le lecteur suit l’enquête, et est amené à s’interroger avec les personnages qui se croisent. A la fin, tous les éléments ne sont pas en place, il existe des ellipses qui demandent au lecteur de les combler avec le sens qu’il peut y accorder.
Le canevas n’est pas complètement formé, le lecteur possède une part active s’il en décide ainsi.

L'individu devant l'escalier : Après la plongée,une Ascencion

L’individu devant l’escalier :
Après la plongée,une ascension

L’auteur Serge Lehman a déclaré dans des interviews qu’il avait lui-même suivi la perte de repères symboliques que son personnage éprouve, une traversée du langage qui transporte au-delà et fait atterrir à un endroit (ou un moment) où le langage, comme une Machine, atteint ses limites. Il ne recouvre pas le Réel complètement, et son réseau, bien que labyrinthique, ne borde pas l’ensemble de la Réalité. Il est intéressant de noter que trois personnages utilisés par l’auteur dans des récits différents possèdent cette particularité de « voir » autrement : le Nyctalope de l’Oeil de la nuit, l’homme truqué et donc Gabriel Faune. La question de l’oeil, du regard qui porte plus loin que la réalité partagée paraît ainsi traverser les récits de l’auteur.

Serge Lehman, à l’instar de Gabriel Faune et la découverte de la réalité et sa Machine automatique, déclare ainsi être lui aussi avoir « fait son petit tour en bas(…) sous le langage, là où il n’y a plus rien ». Une mise en abyme supplémentaire qui rend le voyage à Métropolis d’autant plus sidérant. Et revigorant à la remontée! Merci Messieurs pour la Visite Vivifiante!

La Ville intérieure ou: Essai de Géopsychologie?

La Ville intérieure
ou:
Essai de Géopsychologie?

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La Lehman Connection 4/6
Un thriller sur toile de fond uchronique. Une ville aux entrailles donnant le vertige métaphysique. Une enquête aux allures de quête de vérité philosophique L’amour comme naufrage ou sauvetage. Au scénario ciselé :Serge Lehman, aux dessins raffinés : Stéphane De Caneva, aux couvertures sublimées : Benjamin Carré.
Bienvenue à Metropolis : n’oubliez pas (de suivre) le guide Omac Spyder…

LA BO du jour :

Le vertige, c’est côtoyer les parages du vide, à la fois ce qui les habille mais aussi ce qui en préserve. Et approcher les reflets du vide…

48 comments

  • Tornado  

    Le plus important reste à mon humble avis que les auteurs de Metropolis eux-même ont beaucoup apprécié l’article d’Omac. A partir de là, les posts de Cubik sont autant de coups d’épée dans l’eau (pour rester poli, entre profs, il le faut bien…). :)

  • Matt  

    Tout ça ne change rien au fait qu’on peut faire des remarques poliment sans dire « mais c’est n’importe quoi, vous êtes ridicule »
    Omac s’est peut être trompé de mot à un moment, oui. Et ça arrive qu’on se relise et qu’on zappe une faute. Ce n’est pas notre boulot à temps plein d’écrire des articles. Et comme on trouve aussi de grosses coquilles dans des bouquins ou articles pro, pas la peine de le faire remarquer de manière agressive. Prof ou pas prof, ça ne donne pas le droit d’être impoli. Un « vous n’auriez pas fait une erreur en parlant de l’homme sans défaut ? » c’est si dur à dire à la place d’un « mais vous racontez n’importe quoi ! Pitié ! »

  • Jyrille  

    Et bien Cubik, je crois que c’est mort : tes réactions et leur constant manque de politesse et d’humilité ne feront que desservir tes propos. Comme JP, je pense que l’electrochoc ne fonctionne pas, donc vu d’ici, je plains tes élèves.

  • cubik  

    Ce ne sont pas de simples coquilles, je pourrais reprendre une à une chaque phrase bancale, y compris dans vos commentaires, qui ne passerait pas la rampe dans une dissertation universitaire et vous vaudrait d’être sévèrement noté, mais si vous préférez persister dans la médiocrité, c’est votre choix. Surtout ne vous remettez pas en cause, c’est bien connu, c’est comme ça qu’on fait des progrès dans la vie. Continuez à écorchez le français et à écrire comme un cochon sur internet si ça vous chante mais n’espérez pas être publié un jour, cher Omac. Aucun éditeur, même de bd, ne vous ouvrira ses portes, tant que vous n’aurez pas fait une salutaire auto-critique. Et arrêtez de vous référer à Lehman pour justifier votre style indigent et ampoulé, celui-ci est évidemment dans l’impossibilité de dresser un réquisitoire semblable au mien vis-à-vis de vous, il est pas idiot, il tient à garder ses fans, à sa place je ferais pareil. Enlevez vos œillères et n’écoutez pas la meute ici présente qui vous jette dans cette impasse. Jetez un oeil sur les critiques de Bruce Lit par exemple, c’est fluide et écrit correctement, sans afféteries inutiles et maladresses de style, vous feriez bien de vous en inspirer.

    • Matt  

      C’est la première fois que vous mettez les pieds sur Internet ou quoi ? Vous avez déjà vu certaines personnes « ki écriv kom sa ? lol » Merci de ne pas exagérer, on n’en est pas là.
      Et il ne s’agit pas de refuser d’admettre de potentielles erreurs, il s’agit de ne pas accorder foi à quelqu’un qui vous prend de haut. C’est quoi ces manières ? Votre propre médiocrité dans les rapports humains cordiaux, elle ne vous gêne pas ? Comme on dit hein…on voit la paille dans l’œil du voisin mais pas la poutre sans le sien. Dans un domaine différent, certes, vous êtes peut être très bon en français, mais très mauvais diplomate, très mauvais correcteur aussi (c’est comme ça que vous encouragez vos élèves, en disant qu’ils n’arriveront à rien dans la vie s’ils n’écrivent pas mieux ?)

    • Tornado  

      Heu… Y a des fautes dans ton post… Faut s’relire mon bon monsieur (et je précise une nouvelle fois que je suis prof certifié moi aussi…).

    • OmacSpyder  

      @cubik :
      Puisque vous saisissez l’instance universitaire, voici l’interview de Serge Lehman commise par mes soins et partagée sur le mur d’une… universitaire : chercheur et chargée de cours à l’école doctorale de Bordeaux.
      Certainement une autre personne de mauvais goût ou hypocrite ou les deux. Ou l’autre hypothèse est que votre avis ou rien, ça vaudrait au final à peu près la même chose :)

      Diantre! J’espère que votre doigt dans l’oeil ne vous fait pas trop mal^^

      http://www.brucetringale.com/interview-serge-lehman/

  • JP Nguyen  

    Hey dis, Cubik, c’est quand que tu la fais, ta salutaire auto-critique ?
    Si tu préfères persister dans l’agressivité et la méchanceté, c’est aussi ton choix. Mais faut pas t’étonner si le réflexe de la team est de défendre l’un des siens.
    Au vu de ce qui sort en librairie, penses-tu vraiment que le style et la qualité d’écriture sont déterminants ? Et même si il y a une part de vérité, pourquoi faudrait-il se limiter à un style, celui qui serait orthodoxe, conforme à TES attentes ?
    D’ailleurs, tu ne réponds pas à Matt, Cyrille et moi-même, qui disons que tu pourrais dire à peu près les mêmes choses en étant moins insultant, dédaigneux et… professoral.
    Mais ça doit être pratique pour toi, d’être prof, dans ton boulot, tu as sans doute peu ou pas d’effort relationnel à faire et du coup, ça te ferait trop mal au cul de dire que le ton que tu as employé était trop agressif…

  • Matt  

    Voilà Cubik. Si tu bouscules par inadvertance un mec dans la rue un jour, et qu’il te met un pain dans la gueule en représailles, on verra si tu as envie de faire ton auto-critique et reconnaitre tes torts éventuels. Si la punition est pire que le crime, celui qui punit devient le gros con^^
    On ne défend pas la prose de Omac puisqu’il a lui-même reconnu que sa longue (ou sa plume) a fourché sur un titre de livre, mais tu lui fais un procès inquisitorial là. Pas la peine d’être aussi désagréable.

  • OmacSpyder  

    @ cubik
    C’est étonnant, je n’entends aucunement l’ autocritique que vous prônez dans vos commentaires. Seriez-vous démuni de ce côté- ci aussi? :)
    Pour ma part si vous aviez lu mes réponses plutôt que vous acharner à mordre, vous auriez lu que j’admettais quelques erreurs glissées dans cet article.

    Quant à votre histoire de publication, nous ne pouvons y voir ici, puisque ce n’est nullement dans mes projets, qu’une projection de votre part qui éclaire d’un jour nouveau votre agressivité gratuite. Que mon style ne vous plaise pas, soit. Je ne prétends pas à l’universalité. Et je ne vous sais pas éditeur non plus. Mais n’en avoir aucun comme vous est en effet un aveu que vous faites ici bien involontairement. Et de vous voir étaler ainsi vos idées avortées par une projection aussi lapidaire que révélatrice est un petit plaisir bienvenu. Il faut, paraît-il, se méfier de ce que révèle votre inconscient ;)

    Et je suis certain que traiter les deux auteurs d’hypocrites est certainement une voie prometteuse. Une hypocrisie au point de faire des phrases longues (certainement alambiqués) plutôt qu’un merci de courtoisie, au point de faire la publicité de l’article, au point que l’éditeur Delcourt se manifestât aussi, au point qu’une interview découlât de ces échanges… Bref, vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère pour préférer taxer les auteurs d’hypocrisie plutôt qu’effleurer l’idée que vous racontez… des conneries.
    Vous êtes décidément impayable!

  • Eddy Vanleffe  

    Houlà !
    Tant de réponses à ce monsieur qui, s’il écrit correctement n’en est pas moins impoli sont trop d’honneurs que vous lui faites à mon humble avis.

    J’en viens à l’humilité.
    J’en sais quelque chose que lorsque l’on décide de rédiger, un texte, un article, une nouvelle, n’importe quoi. on se heurte soudain à une sorte de mur qu’est la langue, bien entendu.
    Il y a dès lors tout un vrai exercice d’humilité et de remise en question à se mettre ainsi à merci du regard d’autrui.
    Si nous savons bien que la critique se tapit toujours aux aguets, nous attendons toujours une certaine bienveillance.
    A quoi sert-il de cracher son fiel sur un site gratuit où le partage et la convivialité sont des fondamentaux?
    Vous être prompts à condamner les efforts des autres mais je vous en prie, rédigez, relisez-vous et soumettez-vous à votre tour à la critique, vous verrez que vous trouverez toujours un « instruit « qui tentera de vous rabaisser.
    Je vous souhaite à ce moment de biens bons échanges, vous que la joute verbale semble faire vibrer.

  • OmacSpyder  

    En guise d’épilogue : cubik ou le contre-exemple

    Tout est sujet à apprentissage, y compris les interventions inattendues. Si nous découpons cubik avec les 4 versants de l’article, voici qu’il éclaire à chaque fois le propos en fournissant son exact opposé.

    1. Sur le versant philosophique, cubik avance une vérité absolue en invoquant les erreurs contenues dans l’article, ceci sans le moindre doute ou la moindre interrogation. C’est la vérité unique qui tombe et son couperet avec : ni le fond ni la forme ne tiennent ; ils ne sont pas académiques et ne rentrent pas dans la vérité posée comme postulat.

    2. Sur le versant psychanalytique, cubik ne laisse aucune occasion à l’inconscient de s’exprimer. Là où le lapsus remplaçant « gravité » par « qualité » nous fournit une mise en abyme supplémentaire pour éclairer justement le vertige du personnage principal, cubik reste planté sur une lacune de connaissance. Or, l’inconscient sait ce que nous ne savons pas encore, et cette intervention aura encore démontré ce propos.

    3. Sur le versant initiatique, celui qui rappelle que le chemin parcouru compte autant que le résultat atteint, et que la descente participe de la remontée, là encore cubik se présente comme le seul initié pouvant juger. Ne s’attardant pas sur le cheminement, il critique la forme sinueuse. Sinueuse justement parce qu’elle chemine. Cubik y oppose une démonstration universitaire liée au savoir universel là où l’initiation s’adresse au savoir singulier.

    4. Sur le versant humaniste, cubik illustre cette machine inhumaine et quantitative : cette machine qui peut quantifier objectivement un propos sans état d’âme, et produire une censure. Aucune humanité ni considération, la machine est imparable : elle se saisit de tout et donne ensuite le ticket de caisse froid de son évaluation indiscutable et broyant l’humain.

    Voici donc en quoi l’intervention de cubik nous illustre le parfait contre-exemple de ce que tente vraisemblablement de nous enseigner ce récit et ses auteurs. La vérité comme voilée, l’inconscient comme source de savoir, l’initiation comme chemin, l’humanisme comme voie.
    Merci à cubik de nous avoir démontré par son intervention l’importance de ce propos en incarnant exactement son opposé. Chaque occasion de savoir est bonne à prendre!

    • Jyrille  

      Et bien superbe épilogue, bravo Omac !

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