Fatale et immorale (Satanik)

Satanik de Max Bunker et Magnus

Un article de MATTIE BOY

VO : Corno

VF (partiellement) : Editions de poche & autres

Dr. Bannister & Sister Satanik
©Editions de poche
©Corno

Hello, me revoilà pour parler de Magnus, cet auteur de fumetti neri dont j’ai parlé à deux reprises : ici et .

Cette fois je vais me pencher sur la série SATANIK scénarisée par Max Bunker, un compagnon de Magnus de longue date puisqu’ils ont écrit ensemble les séries KRIMINAL, SATANIK et ALAN FORD qui leur ont survécu d’ailleurs (les séries ont été reprises par d’autres auteurs après qu’ils ont cessé de bosser dessus.)

J’avais mentionné dans mon article précédent à quel point les parutions françaises de ces BD italiennes étaient chaotiques et publiées à la va-comme-je-te-pousse dans 150 revues différentes « pour adultes » dans les années 1960, et avec des titres qui changeaient tout le temps.

Bon…eh bien il s’avère que pour lire les premiers épisodes de SATANIK (un épisode = environ 120 pages petit format), ce n’est pas encore trop compliqué. Elles sont publiées dans la revue DEMONIAK aux éditions de poche. Et au départ, le nom de Satanik est bien conservé pour le personnage principal (au point où on se demande pourquoi la revue s’appelle DEMONIAK.) Ça se gâte vachement si on veut lire beaucoup d’épisodes par la suite. Car passé les 4 premiers épisodes, il y a déjà des trous, des épisodes sautés ou publiés ailleurs, et bientôt Satanik s’appelle Demoniak dans les histoires. Puis Desdémone, Satanix, etc. Bon bref…commençons par le commencement.

Les 4 premiers épisodes de SATANIK : la legge del male (la loi du mal), nelle spire del diavolo (l’esprit du diable), sete di gloria (soif de gloire) et magia nera (magie noire) sont les 4 premiers tomes de DEMONIAK (première série de 1967 hein…parce qu’il y a eu un retour au numéro 1 de DEMONIAK en 1968…et ce sont d’autres histoires piochées au hasard.) Jusque-là, ça va.

Par la suite, l’épisode 5 de SATANIK est…introuvable. Le 5ème tome de DEMONIAK publie l’épisode 7 la crociera del terrore (la croisière de la terreur.) Il y a donc déjà un trou de 2 épisodes. J’ai trouvé l’épisode 6 atroce vendetta (qui porte le nom VF La vengeance de Satanik) dans le DEMONIAK hors-série du deuxième trimestre 1967 (pfiou !) Ensuite le DEMONIAK 6 publie donc l’épisode 8 delitto perfetto (crime parfait.) Puis le DEMONIAK 7 fait encore un bond et publie l’épisode 11 il volto de la verita (le visage de la vérité)

Les épisodes 9 il triangolo della morte (le triangle de la mort) et 10 il segreto (le secret), où qu’ils sont passés, ma bonne dame ? Dans le DEMONIAK hors-série du 3ème trimestre 1967 (argh !) Et dans un autre hors-série, nous trouvons les épisodes 14 la beffa di mezzanotte (traduit « au douze coups de minuit »), et 21 la luce che ucchide (la lumière qui tue.)

Les fruits de ma chasse aux trésors vintage

L’épisode 10 n’est d’ailleurs pas dessiné par Magnus, ça se voit comme le nez au milieu de la figure (et j’ai un doute aussi sur l’épisode 7.) Il était parfois aidé par des assistants. Et l’un d’eux, Giovanni Romanini deviendra par la suite presque indissociable du maître.

Bon bref on va s’arrêter là parce que passé ce point, ça devient imbuvable pour s’y retrouver. Il est donc plus ou moins possible de se choper les 11 premiers épisodes (sauf le 5 dont je n’ai pas retrouvé la trace. Et je n’ai pas envie de me ruiner en achetant toutes les autres publications en dehors de DEMONIAK.)

Pour ma part, après m’être procuré les petits formats d’époque au papier jauni, je les ai scannés et arrangés pour mon confort personnel (pour faire un beau noir et blanc et pas un noir et jaune…) J’ai même pu comparer les 4 premiers tomes avec une version italienne, et j’ai constaté de la « censure » de quelques pages sur les 3 premiers tomes (pas le 4ème curieusement.)

Quand je parle de censure, je ne parle en aucun cas de dessins coquins. En vérité, SATANIK n’a rien d’une BD érotique. Je soupçonne que sur certaines cases, Satanik a été rhabillée avec une culotte et un soutien-gorge noirs (bien pratique le noir pour dessiner par-dessus n’importe quoi), mais c’est déjà présent sur la version italienne et il ne s’agirait de toutes façons que d’un érotisme ultra soft. Pas de porno, on ne voit rien lorsque les personnages couchent ensemble. Il n’y avait dans cette BD que quelques scènes proto-érotiques avec une jolie femme en petite tenue, parfois un sein ou une fesse, bref des choses qu’on voit aujourd’hui dans des BD « normales » (ce qui me conforte dans l’idée qu’il est réducteur de qualifier Magnus d’auteur de BD érotiques quand on sait qu’il a produit des centaines d’épisodes de séries policières et/ou comiques sans la moindre once de nudité frontale.)

Sur quoi repose mon soupçon ? Eh bien Satanik n’a bizarrement plus de soutien-gorge ni de culotte dès qu’elle a enfilé son peignoir qui suffit à la rhabiller convenablement
©Editions de poche
©Corno

Bref, non, la censure dans DEMONIAK s’apparente à des trucs qu’on a pu voir dans les STRANGE de Lug. Des images en moins comme ça, sans qu’on sache trop pourquoi. Parce que parfois il ne s’agit que d’une image montrant des passants, ou un bâtiment. On sent que l’éditeur voulait surtout limiter le nombre de pages de la revue pour que ça ne sorte pas des clous (118 pages et pas 120 hein, Marcel !! Déconne pas où on va perdre 2 centimes de franc !) J’ai évidemment remonté ces épisodes avec les images tirées de la version italienne (et j’ai traduit).

Mais vous vous en foutez de ça sans doute. Vous voulez que je vous parle de la BD, non ? C’est quoi SATANIK ? Et est-ce que c’est bien ? Bah déjà si je me suis donné tant de mal, c’est que moi j’aime bien.

SATANIK c’est une BD de type feuilleton, comme VAMPIRELLA par exemple. Même si techniquement les histoires sont indépendantes (ça ne gêne pas de lire l’épisode 8 sans avoir lu le 7 par exemple. Mais souvent le statut de Satanik en début d’histoire est une conséquence de l’histoire précédente : elle est très riche dès l’épisode 3. Pourquoi ? Elle a escroqué pas mal de monde dans l’épisode 2.)

Alors SATANIK, c’est l’histoire de Marny Bannister, une femme assez laide (qui aurait la trentaine même si elle semble en avoir 50) qui souffre en plus d’une malformation du visage sur le côté droit. Elle a deux sœurs très belles et des parents odieux qui lui font la vie dure, même si elle est techniquement intelligente, professeur de chimie et que ses sœurs ne sont que des pimbêches qui cherchent à se marier sans travailler.

Marny finit par quitter le toit familial et travaille en secret sur une formule pour devenir belle en se basant sur les recherches d’un certain alchimiste du nom de Masopust. Elle trouve cette formule (même si la transformation la fait passer par un stade monstrueux où elle ressemble à un cadavre) et elle va se servir de sa nouvelle beauté parfaite de rousse volcanique pour prendre une revanche sur le monde.

Le double visage de Satanik
©Editions de poche
©Corno

Il faut savoir que la BD est immorale. C’était une mode en Italie également avec KRIMINAL, inspiré de DIABOLIK et de FANTOMAS, peut-être pour bousculer les mentalités et provoquer le lectorat. Je ne connais pas le contexte de l’édition des années 1960 en Italie, mais on sait qu’aux USA il y avait le comic code, et qu’en France les curés aimaient bien tout censurer aussi. C’est peut-être aussi pour son côté politiquent incorrect que SATANIK a eu des problèmes avec la censure (et non pour des raisons de dessins coquins.)

En effet, Satanik est une beauté fatale très cruelle et revancharde. Elle va se venger de sa famille, séduire des hommes pour obtenir de l’argent, assassiner froidement tout gêneur, etc. Si vous êtes un lecteur qui recherche absolument un personnage principal moral et vertueux, passez votre chemin ! Mais Satanik a un problème : sa formule ne dure que quelques heures. A la manière d’un Dr. Jekyll et Mr. Hyde, elle retourne à son état de femme laide au bout d’un moment. Elle doit donc faire attention. On est complètement dans une reprise de ce classique de Robert Louis Stevenson mais dans laquelle Marny embrasse complètement son côté maléfique.
Bon, ok, mais vous allez me dire c’est sympa de suivre un personnage odieux pendant ses aventures ? 

Alors d’abord je pense qu’il faut replacer le truc dans son contexte. Les héroïnes de BD à l’époque, ça n’existe pas trop en Italie. Satanik était semble-t-il la première des fumetti. Et souvent les femmes étaient reléguées au rang de demoiselles en détresse inutiles. Cette BD prend le contrepied total de ce cliché. La femme est le personnage principal et elle est tout sauf sans défense. Elle est même une criminelle implacable, laide et belle en même temps, et les hommes sont tous à sa merci. Ça sent la provocation de la part des auteurs.

Douloureuse transformation
©Editions de poche
©Corno

Cela dit, rapidement Satanik va se retrouver face à des adversaires aussi odieux qu’elle. Si les 2 premiers tomes sont assez premier degré et qu’elle s’en prend à tout le monde, elle va rapidement, à force de graviter autour de gens friqués, se retrouver confrontée à des mafieux, des escrocs, des adorateurs du diable qui font des sacrifices humains (épisode 4), etc. Ce qui fait qu’au final, malgré son immoralité complète, on se retrouve à suivre les mésaventures d’une super-vilaine qui élimine d’autres criminels. Elle est presque trop surréaliste pour être comparée à un assassin de la vraie vie, contrairement à certains de ses adversaires.

Dans le tome 1, elle ne fait globalement que se venger de sa famille tout en se mariant avec un courtier en bourse et en s’arrangeant pour le tuer et hériter. Mais l’épisode était plus ou moins pensé comme un one-shot puisque Satanik semble mourir à la fin dans l’incendie de sa maison familiale qui emporte une de ses sœurs et sa mère.

Dans l’épisode 2, et sans doute suite au succès du premier épisode, on apprend qu’elle a survécu et elle entreprend de séduire un banquier avant de se retrouver impliquée dans une affaire louche entre le père du banquier et un mafieux. Elle continue d’éliminer des innocents qui en apprennent trop sur elle.

Dans l’épisode 3, elle essaie de se lancer dans une carrière au cinéma et charme rapidement un producteur qui la propulse en tête d’affiche. Mais elle ne magouille pas plus que ça. Seulement son succès va générer des jalousies et trahisons entre stars friquées opportunistes et producteurs véreux qui vont entrainer d’autres assassinats et trahisons.

Dans l’épisode 4, elle se retrouve dans un village paumé d’Amérique et va être confrontée à une secte étrange dont les disciples sacrifient des vies pour rester immortels. On vire dans le fantastique dans une ambiance de cambrousse horrifique.

Erotisme tellement soft que ça ne ferait même pas rougir grand-mère…et tenue de super-vilaine.
©Editions de poche
©Corno

Le tout est saupoudré d’un humour noir typique du duo Bunker/Magnus. Les personnages sont parfois stupides et il est au final amusant de les voir tomber dans les pièges de Satanik. Et parfois même, les auteurs ridiculisent leurs personnages comme dans l’épisode 8 où le truand Marcel Sanitti, occupé à ricaner après avoir quasiment commis le crime parfait, glisse sur une peau de banane qu’il a lui-même jeté par terre 2 vignettes plus tôt, se pète le crâne contre le coin de son bureau et meurt comme un caca. Dans une série noire et immorale comme ça, pleine de crimes réalistes, cela tombe comme un gros gag idiot et ça fait mouche.

Dans l’épisode 11 (le visage de la vérité), Satanik a cependant un cas de conscience et se met à pleurer en pensant à toutes les morts qu’elle sème sur son chemin. Elle se rend compte qu’elle est aigrie, furieuse, et qu’elle n’a fait que se venger du monde entier. Elle a obtenu de l’argent mais au final elle n’est pas plus aimée qu’avant puisque les hommes qui tombent à ses pieds n’en ont qu’après son corps.

N’ayant pas pu lire des tonnes d’épisodes, je ne sais pas trop comment le personnage évolue par la suite, mais je sais que la série prend un virage de plus en plus fantaisiste et fantastique. Il semblerait par exemple qu’un ennemi récurrent de Satanik soit un vampire du nom de Wurdalak.

Satanik développe des scrupules ?
©Editions de poche
©Corno

Dans le tome 4, Satanik récupère un grimoire de magie noire qu’elle dérobe à une secte, et elle s’en sert ensuite pour obtenir quelques pouvoirs (elle peut hypnotiser les gens, ou voir des trucs dans une boule de cristal.) Elle perd ce grimoire dans l’épisode 11 quand d’autres types louches cherchent à s’en emparer chez elle et qu’il est détruit dans la lutte.

Parlons du dessin de Magnus. Bon…j’en ai déjà parlé précédemment. Mais là je vais parler de son travail spécifiquement sur cette série. Déjà, il faut savoir qu’il s’agit d’une BD petit format dont chaque planche contient 2 vignettes (ou parfois une seule grande vignette.) Et qu’il s’agissait d’une BD publiée périodiquement (comme les comics de super héros quoi), donc ce n’est pas du même niveau que ce que Magnus fera plus tard sur du grand format. Néanmoins, j’aime beaucoup son trait. Les dessins sont simples, mais élégants. Avec pas mal de jeux d’ombres. Les décors ne sont parfois qu’esquissés, mais Magnus trouve toujours ce qu’il faut pour instaurer une ambiance (vieux château, nuit inquiétante, intempéries, etc.) J’appellerai bien ça « l’élégance de la simplicité » L’ombre d’un château en arrière-plan, un ciel noir, une ombre qui avale le personnage dans un couloir sombre, etc. Ce sont des choses simples mais tout le monde ne sait pas tirer partie de peu d’éléments pour donner des indications de lieux ou poser une atmosphère. Et Magnus y arrive très bien.

Ambiance maison de l’horreur ou tempête de neige
©Editions de poche
©Corno

SATANIK est donc une variante du DR. JEKYLL qui emprunte des codes aux films noirs et fantastiques, avec une anti-héroïne immorale, le tout écrit sur un ton provocateur avec une dose d’humour noir. On dirait un peu du EC comics mais sans la morale de fin où le méchant est puni. Quoique…techniquement tous les truands et escrocs qui s’opposent à Satanik finissent pas y passer…mais Satanik s’en sort toujours. C’est une série qui a un certain charme suranné un peu naïf mais beaucoup moins enfantin que d’autres BD de l’époque, le tout illustré de bien belle manière. L’intérêt de la BD réside un peu dans son côté feuilleton, et c’est pourquoi vous n’allez pas crier au génie en lisant juste le premier épisode qui raconte la transformation de Marny. Cela devient plaisant à suivre au fil des aventures quand on se met curieusement à s’amuser des crimes du personnage principal trop surnaturel pour être vrai. La série a eu 231 épisodes (si on en croit le site comicvine) publiés entre 1964 et 1974 mais je ne sais pas à partir de quand exactement Magnus a quitté le navire.

Je suis pour ma part content d’avoir pu mettre la main sur ces BD (même si évidemment cet article n’est pas là pour vous inciter à en faire de même puisque les vieux formats de poche ont pris un coup de vieux, sont chers, et qu’il faut être un grand maniaque comme moi pour scanner 800 pages et les restaurer soi-même.)

En tous cas j’ai bien peur que rien de tout ceci ne soit jamais réédité chez nous. Dans le climat actuel en plus, ce serait surement jugé trop immoral. Sauf si quelqu’un m’entend et que l’idée fait son chemin dans l’esprit de certains éditeurs. Donc même s’il s’avère que j’ai des versions tronquées au-delà des 4 premiers épisodes, ce sera toujours mieux que rien.

Non, SATANIK, ce n’est pas pour tout le monde. Et ce n’est pas non plus de la grande BD révolutionnaire (mais les comics de super héros de l’époque ne l’étaient pas non plus si on va par là.) Mais c’est divertissant, joliment dessiné, et délicieusement anti bien-pensants !

Les couvertures italiennes de Luigi Corteggi
©Corno

La BO du jour : Une Jekyll au féminin


57 comments

  • Matt  

    Ah c’est marrant que ce soit publié aujourd’hui. Je viens juste de finir hier la traduction de l’épisode 5 introuvable en VF.
    Non je ne traduirai pas 231 épisodes…mais l’épisode 6 est exceptionnelement une suite directe du 5…qui n’a pas été traduit en VF.
    Ils ont même dessiné quelques pages de résumé au début du 6…qui n’existent pas en italien. Et le résumé n est pas correct. Bref on sent le rafistolage pour publier une 2ème partie de récit sans la première. Très bizarre.

  • Matt  

    Ah pour info une preuve de censure. Regardez la différence entre mon image d’intro et celle ci :

    https://images.app.goo.gl/zfKvQnZ185adUYHP6

    Décolleté moins apparent hein ! Attention aux enfants ! Ah mais…c’est pas du tout pour enfants. Allez comprendre.
    C’était la censure italienne hein. Pas française. Les vieux recueils italiens ont cette censure. Ils l’ont supprimé pour les rééditions modernes. Sauf que…c’est pas très bien fait. A mon avis ce ne sont pas les originaux de Magnus. Ils ont modifié les dessins pour enlever la censure mais ça sent le boulot d’une tierce personne. Et Magnus étant mort…

  • Nikolavitch  

    On ne dit jamais assez de bien de Magnus, en effet…

    • Matt  

      Oh ! Un connaisseur ?

      • Nikolavitch  

        J’aime beaucoup Alan Ford et Necron.

        pas relu tout ça depuis un bail, ceci dit…

  • Eddy Vanleffe  

    Rapido: Plein de souvenirs Matt, Merci, il en avait plein chez mes oncles…. ça et des turcs plus ou moins érotiques en effet, je me souviens du’une version de Psychose au féminin… pas mal Je suis quasiment sûr d’avoir lu la casa degli spiriti.

    • Matt  

      Pourquoi rapido ? Reviens ici et fais moi un gros commentaire généreux !!^^

      Ah je ne pensais pas que quelqu’un de la team en aurait eu entre les mains.
      Je trouve ça injuste que ce soit tombé dans l’oubli. C’est pas du tout de la BD érotique bon marché. Il y a du talent là dedans. Bon ok c’est pas grandiose non plus, mais ça vaut bien des publications Warren, et si tous ces vieux comics sont réédités (EC comics, Warren, tous les vieux trucs Marvel et DC), bah je trouve ça pas cool que les BD italiennes comme celle-ci restent perdues dans les limbes.

      Bon après comme j’ai tendance à avoir la poisse, après m’être bien cassé la tête à traduire, scanner, rafistoler, je pense que les chances de réédition ont du augmenter^^ Juste histoire de m’avoir fait bosser pour rien.

      • Bruce lit  

        L’ordinateur de Eddy a rendu l’âme. C’est déjà un miracle qu’il soit passé commenté.
        J’aimerai beaucoup lire ces épisodes de cette Hyde au féminin, encore une femme vénéneuse comme tu les affectionnes Matt. Le pitch et le déroulement que tu décris sont très intrigants. Etrange qu’aucun éditeur ne soit risqué à rééditer tout ça. J’en conclus que tu parles couramment italien.
        J’ai feuilleté la semaine dernière le dernier Creepy de Delirium. Comme ici, les dessins et l’ambiance me plaisent, mais punaise, toutes ces cellules de texte, c’est au dessus de mes forces.
        Qui va investir dans le DRACULA de Panini ?

        • Matt  

          Je ne parle absolument pas italien^^
          Google trad + un peu de jugeotte pour reformuler correctement. Ce ne sont pas des dialogues très philosophiques.

          Il y a peu de cellules de texte dans les Satanik.
          Par contre ne t’attends pas à un personnage auquel tu pourras t’attacher. C’est pas le but de la BD. Satanik est une ordure au delà de toute rédemption. Les auteurs nous la montrent parfois triste, mais au final dans des épisodes plus tardifs, elle est toujours aussi meurtrière^^

          Mais toutes les BD d’horreur, de suspense de type EC comics ou Warren Publishing des années 50/60, on se fichait pas mal des personnages. Le truc c’était l’ambiance, les histoires, le suspense, l’horreur, l’humour noir.

          Satanik c’est clairement ça. Alors c’est vrai qu’il y a ce personnage récurrent de garce impitoyable. Mais souvent elle vient s’incruster dans une autre histoire avec pas mal d’autres personnages. Elle est l’élément perturbateur mais dans l’épisode 7 on suit des escrocs qui organisent un trafic de diamants en pleine mer, dans le 8 on suit des truands qui veulent se débarrasser d’un autre en commettant le crime parfait, etc. Satanik vient foutre le bazar et essayer de grapiller un peu d’argent au milieu de tout ça, mais ce n’est pas comme si c’était LE personnage qu’il fallait aimer pour apprécier les histoires.

          Et puis si les premiers tomes ont un côté un poil premier degré, cela change rapidement, avec le dessin de Magnus qui devient un peu plus caricatural pour ridiculiser certains persos, et un ton « humour noir » beaucoup plus prononcé dans certains épisodes.

          J’ai lu le 18 : la vedova nera (la veuve noire) dans lequel Satanik se fait passer pour la veuve d’un truand corse Pascal Santini.
          Tout l’humour repose sur la caricature de la famille corse au traditionalisme absurde : il ne faut pas toucher la veuve, il ne faut pas la trouver belle ni la regarder en petite tenue, etc.
          Résultat Satanik prend un malin plaisir à se montrer peu pudique, et certains tombent sous son charme. Sauf que même en le regardant juste 10 secondes, il y a le cousin Doumé sensible de la gâchette qui va flinguer tout membre de la famille qui ne respecte pas les règles.
          Je crois que c’est un épisode ou Satanik ne tue personne elle-même, mais c’est la grosse hécatombe absurde dans la famille^^

          J’ai préco le Dracula Marvel.

          Pour lire du Satanik…j’ai des épisodes en numérique rafistolés par mes soins…

        • Jyrille  

          Trop cher le Dracula de Panini…

          • Matt  

            Il y a 784 pages quand même…

    • Tornado  

      Y avait des turcs érotiques chez ton oncle, Eddy ? 😀

      • Eddy Vanleffe  

        A donf’…^^
        ily avait plein de numéros d fluide glacial, d’Hara Kiri, des Playboys et aussi ces fameuses bd poches en noir et blanc où on pouvait retrouver Jean Sidobre, l’illustrateur du Club des 5…ça fait drôle je te jure!
        mais il y avait aussi surtout les Blueberry, les Commanche, les Hugo Pratt, les Comès et tout un tas de A suivre avec les compagnons du crépuscule…
        seul gamin au milieu des ados, (j’avais 5 ans de différence avec le plus jeune des cousins…) Personne faisait gaffe à ce que je faisais et en plus tout ce qui était considéré comme subversif était encouragé. J’ai connu comme ça les Renaud, Thiéfaine, Font et Val, Pink Floyd (Umaguma), Brel, Brassens, Léo Ferré, Gainsbourg, les Stones…

  • Matt  

    C’est vrai que j’aime bien les femmes méchantes super intelligentes et tout ça^^
    En fiction hein !!Peut-être que j’ai un problème…

    Dans un sens c’est un peu féministe, non ?
    Le féminisme de pacotille c’est de dire que toutes les femmes sont héroïques et meilleures que les hommes. Mais en vrai…ce serait pas juste de dire qu’elles peuvent faire la même chose que les hommes ? Ou même mieux que les hommes ? Mais sans que ce soit forcément gentil ou légal^^
    Là c’est une super criminelle surnaturelle, c’est clairement un personnage féminin super fort qui ne se laisse pas marcher dessus. Et ça a quelque chose de fun.

    • Bruce lit  

      Complétement d’accord sur le féminisme de pacotille.
      Je n’ai rien contre les Femmes Fatales en fiction comme celles de SIN CITY, 100 BULLETS ou TOMIE. Je crois n’en avoir jamais rencontré dans la vie. Des femmes toxiques, certes, mais jamais d’aussi jolies.

      • Matt  

        ça fait plus d’un mois que je bosse sur mes restaurations d’épisodes de Satanik.
        Je me sentais obligé d’en faire un article. Je me sens moins seul d’en parler^^

        Je vais devoir imprimer tout ça aussi. En version complète avec toutes les pages. Un peu de d’investissement financier en perspective^^

        J’ai trouvé les dessins ou pages manquantes des épisodes 1,2,3, 5 et 6 sur Satanik Zone sur Facebook. C’est tout en italien évidemment. C’est là aussi qu’on peut trouver certains épisodes scannées depuis les revues d’époque (donc avec la censure) et certains « décensurés » tirés des rééditions récentes italiennes (mais honnêtement ce n’est pas toujours hyper bien fait, et ça ne dérange pas vraiment que la madame soit un peu rhabillée pour apprécier l’histoire)

        les autres épisodes que j’ai récupérés (4, 7, 8, 9 , 11, 14, 18) ne semblent pas avoir de pages manquantes dans la version française.
        Les editions de poche ont du commencer à faire de la censure « à la LUG » en retirant quelques dessins pour les premiers tomes puis arrêter ensuite. Très étrange.
        Par contre après il y a des publications dans des revues d’autres éditeurs et c’est parfois n’importe quoi. Mais je ne tiens pas à tout chiner pour tout retrouver. Trop de boulot et ça coûte cher à force. Je suis content d’avoir déjà une douzaine d’épisodes.

  • Tornado  

    Dès que j’ai vu l’annonce du programme de la semaine sur FB, j’ai su que cet article était de Matt !

    C’est chouette comme présentation. J’ai été emporté par ton travail d’investigation et ta présentation passionnée.
    Du coup, de fil en aiguille, on comprend pourquoi tu y consacres autant de ton temps (et de ton argent). Et d’ailleurs, sur quoi imprimes-tu les planches remastérisées ? Quand même pas sur du simple papier-machine ? Sur du bristol ? Du papier-photo glacé ? 🙂 (là ça coûterais une blinde !). As-tu essayé sur du papier-Canson A4 ? Ce n’est pas si cher et le résultat est magnifique si ton imprimante est assez performante.

    Quant à la BD : On songe bien sûr a du Warren Publishing. Mais niveau référence, il y en a une autre qui me parait flagrante et que tu n’as pas relevée faute, sans doute, de ne pas la connaitre : C’est le film Dr JERRY & Mr LOVE de Jerry Lewis (un homme laid et bon invente une formule pour devenir beau, mais sans aucune morale). Alors il y a aussi les films de la Hammer (LES DEUX VISAGES DU Dr JECKYLL et surtout Dr JECKYLL & SISTER HYDE). Mais celui de Lewis me parait plus flagrant comme influence car la planche que tu as publiée où l’on voit la transformation de l »héroïne qui passe par une phase monstrueuse renvoie directement à la scène du film dans laquelle Lewis se transforme également (on dirait carrément un remake). Le film datant du milieu des années 60, cette ressemblance ne me parait pas fortuite.
    Tiens, puisque l’on y est : Qui a vu le film de Jerry Lewis ? Voilà un chef d’oeuvre du cinéma fantastique (rayon comédie) dont on parle rarement aujourd’hui. Avec LE TOMBEUR DE CES DAMES (tous deux écrits, produits et réalisés par Lewis en personne), ils forment un magnifique dyptique sur le thème de l’acceptation de soi. J’en ferais bien un article, tiens. Mais est-ce que ça intéressera quelqu’un ?

    • Matt  

       » Quand même pas sur du simple papier-machine ? »

      Si si. Mais du 120 gr lisse (ou « couché ») de qualité, Et impression laser. Les noirs sont brillants^^
      Mais j’ai pas tout imprimé encore hein ! Houlà.

      Ah je connais pourtant Dr Jerry et Mr Love. Mais je l’ai vu il y a un bail !! Je n’y ai curieusement pas pensé. Et c’est vrai que je ne m’en souviens pas assez pour relever la similitude de la première transformation.
      Surtout qu’en plus techniquement la c’est le remontage que j’ai fait que j’ai mis dans l’article. Dans la VF il manque 2 images : celle ou elle se voit dans le miroir et celle ou elle tombe sur la table en criant. Eh oui j’ai tout remonté^^ Du coup à ma première lecture je risquais encore moins de faire le rapprochement.

      Bon par contre là Satanik ne regrette pas sa transformation^^ C’est clairement un personnage immoral.

      • Tornado  

        Essaie au moins une fois d’imprimer avec l’imprimante laser sur du Canson 120 g. Franchement tu vas voir comme c’est beau !
        Peut-être qu’on pourrait même descendre à 90g. Là je n’ai jamais essayé par contre.

        • Matt  

          ça fait pas buvard le Canson ?

    • Matt  

      C’est vrai que le film date de 1963. Satanik a commencé en 1964. ça peut coller.
      Et Marnie était aussi un perso d’Hitchcock qui ne pouvait s’empêcher de commettre des crimes (pas meurtriers cela dit) et le film date de 1964 (c’est peut être un peu limite pour être une référence, mais qui sait ?)

      Je ne connais pas plus que ça les références et inspirations de ces auteurs. On sait vraiment peu de chose sur tout ce pan culturel de la BD italienne.
      Je sais surtout que Magnus était un grand fan de Alex Raymond et son Flash Gordon.
      Il a d’ailleurs adapté un roman chinois « au bord de l’eau » dans un univers de SF à la Flash Gordon, sous le nom « I briganti » (les brigands…renommé « les partisans » dans une autre version augmentée publiée en VF…je dois lire le truc, on verra si j’en cause dans un article si jamais j’aime bien.)

    • Matt  

      Et pour info, j’ai imprimé le premier tome en petit format aussi. Mais un peu plus grand que les trucs de poche d’origine. J’ai fait du 16×24 avec des marges, donc les dessins ça doit être du 14 par 22 ou un truc du genre.
      Mais ça rend très bien. C’était prévu en petit format de toutes façons. Si on zoome trop, ça peut devenir laid. Surtout quand je ne pars pas des originaux mais de machins en mauvais état péniblement remasterisés…
      Et avec un massicot électrique du boulot j’ai retaillé les feuilles A4 en 16×24 ^^

    • Jyrille  

      J’ai vu ce Jerry Lewis, enfant ou adolescent. Je n’en ai aucun souvenir. Un article me plairait bien !

  • Matt  

    A noter que la BD est bourrée de références.
    Il y a l’épisode 15 « le portrait d’Alex Bey » qui est une transposition du portrait de Dorian Gray. Alex Bey est exactement comme Dorian : un jeune homme avec un portrait qui devient plus horrible à chaque crime qu’il commet.
    Satanik enquête sur lui parce qu’elle est sincèrement intéressé par lui (les salauds s’attirent^^)
    Et ça finit en drame évidemment.

    Le baron Wurdalak est l’équivalent d’un Dracula du pauvre, pas très habile d’après ce que j’ai compris^^
    Wurdalak est un terme slave qui qualifie un vampire d’ailleurs. Personnage inspiré peut être par le segment « I Wurdalak » de Mario Bava dans les 3 visages de la peur en 1963 ?

  • Surfer  

    Merci pour la découverte. Je connais très mal les Fumettis.
    Mais je suppose qu’il doit exister pas mal de belles choses dans la BD italienne.
    Je ne connaissais pas Magnus. Il est vrai qu’il a un trait élégant et il en faut pour dessiner les femmes.

    Je suis impressionné par ta passion qui va jusqu’à scanner 800 pages de BD. A traduire certains épisodes, à tout mettre en forme, à imprimer, à relier…
    Je ne sais pas si tu fais aussi les couverture ?

    Un travail de dingue …
    Bon, ce que je te propose c’est que dès que tu as fini ton exemplaire, tu en fais un second que tu me vends au prix d’un omnibus Panini.
    J’y gagnerai peut-être au change.

    • Matt  

      « Bon, ce que je te propose c’est que dès que tu as fini ton exemplaire, tu en fais un second que tu me vends au prix d’un omnibus Panini. »

      Juste l’exemplaire du premier épisode par exemple ? Deal^^
      Je sais pas si t’es gagnant cela dit.

      Les couvertures italiennes, je les ai déjà imprimées oui. Pareil pas évident de trouver es exemplaires potables sur le net. Y’a un épisode, j’ai acheté le recueil italien des années 1960^^ Pas juste pour la couverture mais pour quelques images toutes défoncées en VF…afin de remonter tout ça dans une forme potable.

      C’est surtout pénible que malgré tout ce boulot…ce ne soit pas parfait. Parce que ouais bon je pars de trucs vieux et usés. Je peux pas non plus obtenir du flambant neuf comme rendu.

    • Matt  

      Tu as 2 autres articles de moi pour découvrir Magnus. Mais je parlais de ses travaux érotiques^^ Faut aimer le truc.
      C’est hélas les seuls trucs qui sont réédités correctement chez nous.
      Toutes les séries « feuilleton » avec Max Bunker au scénar mériteraient d’être rééditées chez nous.

  • Présence  

    Hé bien !!! Quel travail de titan pour réussir à lire ces épisodes. C’est encore pire que d’essayer de suivre un titre secondaire de comics Marvel…

    J’ai beaucoup aimé ton article, car la bande dessinée italienne et un continent que je ne peux pas exploré faute de savoir parler la langue. Tes précisions sur l’absence de dimension érotique dans cette série sont indispensables, car c’est vrai que j’associe ces petits formats avec les séries publiées par Elvifrance. Le paragraphe sur le contexte de l’existence ou plutôt de l’inexistence des héroïnes m’a bien plu, permettant de mettre en lumière l’originalité d’un personnage principal féminin à l’époque.

    Parlons du dessin de Magnus. – Tu tiens ta promesse faite dans un commentaire sur un article précédent. 🙂 C’est un sacrée contrainte narrative que ces petits formats, surtout avec uniquement 2 cases par page : pas facile de raconter quelque chose de substantielle en 1 page. L’iconographie montre bien comment l’artiste parvient à montrer beaucoup d’éléments en avec des traits simples, à installer ainsi une ambiance. Comme tu le dis si bien, tout le monde ne sait pas tirer parti de peu d’éléments pour donner des indications de lieux ou poser une atmosphère.

    • Matt  

      « car c’est vrai que j’associe ces petits formats avec les séries publiées par Elvifrance. »

      Alors figure-toi…le plus amusant, c’est que si tu fouilles dans les publications VF, il y a des épisodes de Satanik publiés aux éditions Bois de Boulogne (mal traduits, avec plein de jurons qui je suis sûr n’existe pas en italiens, et dans un langage de l’époque…on dirait du Coulomb) et le tout avec une couverture de revue érotique !
      Et la BD est qualifiée de BD adulte érotique !
      Alors qu’il n’y a RIEN ! RIEN d’érotique dans la BD ! Que dalle !
      Magnus est super mal catégorisé en France, c’est un truc de fou.
      Même les DEMONIAK des éditions de poche, sur Internet on trouve ça catégorisé en BD érotiques !!
      Nan mais t’as vu le niveau d' »érotisme » des scans ? C’était même auto censuré en Italie.

      ça me choque un peu. Et puis pour ceux qui voulaient voir de la fesse à l’époque, ça devait être la déception les épisodes de Satanik^^

      • Présence  

        J’imagine effectivement très bien la tête du client ayant acheté une BD petit format dans une étagère du haut dans son bureau de tabac habituel, sans oser le feuilleter pour ne pas attirer l’attention ou s’attirer une remarque du buraliste, et étant rentré chez lui découvrant une vraie histoire, au lieu d’un prétexte pour des scènes érotiques. 🙂

    • Matt  

      Je me demande d’ailleurs si Magnus n’a pas fini par faire de l’érotisme (même du porno) très cru histoire d’être emmerdé par la censure pour une bonne raison^^
      Parce que son travail avec Max Bunker, c’était ultra soft. Politiquement incorrect oui avec ces personnages criminels, mais super soft visuellement. Et pourtant censuré un poil dans son pays avec des décolletés repeints pour qu’on ne voit pas trop les seins…

      Alors que tu prends les 110 pilules de Magnus, ou Necron…et tu vois jusqu’où il pouvait aller le mec hein^^ Très très explicite.

      • Présence  

        Je me souviens bien de tes articles sur Les 110 pilules (une BD érotique/pornographique de référence) et sur Necron. J’aime beaucoup la manière dont ta remarque fait ressortir que les risques à publier une BD politiquement incorrecte sont de même nature que ceux d’une BD pornographique.

  • Surfer  

    Non pas de Deal !

    Tu es pire que Panini Là….. 180 pages pour 70 €!!!
    Je ne veux pas remettre en cause tes talents de traducteur Coulombien…mais là tu abuses 😉

    À ce prix, je m’attendais à 800 pages de BD sur papier glacé avec une couverture en cuir fleur de peau 😉

    • Matt  

      120, pas 180^^

      Ah ouais mais je ne relie pas tout ensemble. Je fais un exemplaire par épisode. Et tu me parles de « mon » exemplaire, alors je croyais que t’en voulais qu’un moi^^
      Je ne « relie » pas à proprement parler. J’utilise des baguettes de reliure qui tiennent les pages entre elles. Assez pratique. Et comme j’ai prévu des marges, ça ne gêne pas du tout la lecture.

      Y’a pas moyen que j’imprime tout 2 fois ! Il est fou lui^^

    • Matt  

      D’ailleurs c’est plutôt le double que j’ai en nombre de pages maintenant…
      12 épisodes (avec le 5 que j’ai fini de traduire hier) d’environ 120 pages…on est autour de 1400 pages^^

  • Kaori  

    Evidemment, je ne connaissais pas cette BD, merci pour la découverte.
    Tu dis que ce n’était pas érotique etc, mais je trouve que pour l’époque, c’était bien osé, d’où la classification « pour adultes ». Aujourd’hui on en voit autant et c’est classé quoi, pour ado ? Tout public ?
    Les moeurs et les modes changent. On parle d’une époque où les femmes n’avaient pas le droit de porter le pantalon, les garçons les cheveux longs etc.

    Pour en revenir à ton travail, je n’ai pas tout saisi. Les scans sont issus de ton travail, mais je n’ai pas compris si c’était ta traduction ou les numéros français…
    En tout cas, bravo, j’adore ce genre de passion.

    Quant au personnage, il semble évident qu’elle a plu au public dès le premier numéro.
    J’aime bien le scan où elle se questionne sur ses actions.
    J’espère que tu nous reparleras d’elle à l’occasion 🙂 .

    • Matt  

      Oui je me suis dit la même chose pour l’aspect « pour adultes »
      Mais je pense malgré tout que la BD très crue avec scènes de see explicites existaient déjà dans les années 60. C’était peut être considéré comme de la BD pourrie bas de gamme, mais ça m’étonnerait que ça n’existait pas du tout…
      Quand même quoi…les humains passent leur temps à penser au sexe. Dès l’instant où la BD à existé, certains ont du y penser^^

      Enfin disons que le problème, c’est que de nos jours ça reste dans nos esprits comme des BD érotiques…donc pour un public de niche…alors que selon nos moeurs actuels, c’est une bonne blague quoi^^ Y’a rien de choquant.

      Les scans de l’article sont des scans de la version française de DEMONIAK publié chez les Editions de poche. Mais remasterisés par moi. C’est pas d’une couleur toute jaunie moche, et j’ai ajouté les dessins manquants qui avaient été censurés et/ou supprimé pour je ne sais quelle raison. Exemple : la scène de transformation : dans le Demoniak 1, il n’y a qu’une seule page, car l’image ou elle se voit dans la glace puis tombe à terre n’y étaient pas. Je les ai récupérées dans la version italienne.
      De temps en temps, j’ai traduit aussi quand il y avait des bulles (là en l’occurrence ce n’est pas le cas dans la transformation…même si j’ai copié/collé le « N » à la fin du « NOOON » parce qu’en italien, c’est juste NOOO ^^)

    • Matt  

      Ah j’oubliais, pareil dans la scène que j’ai prise pour expliquer le coup du soutien gorge^^…dans la VF, l’image ou voit sa silhouette qui s’éloigne en haut de la page de droite, elle n’existait pas. Récupérée aussi dans la version italienne.
      Il y avait une douzaine d’images en moins comme ça, pour un total d’environ 6 pages en moins par rapport à la version italienne.
      C’était le cas des 3 premiers épisodes (le 3 était le pire je crois. Facilement 10 pages en moins : 20 dessins a réintégrer)

      • Kaori  

        Et ben je te tire mon chapeau, car ça ne se voit pas !

        Ca serait cool que certains éditeurs soient intéressés par ton travail 🙂
        Ca me rappelle la version non censurée de NADIA par Cyril Lambin !

        • Matt  

          Ouiii exact, c’est comme ça que j’ai découvert NADIA sur Game One d’ailleurs^^
          Bon depuis tout ceci a été restauré et tout.

          Ce serait surtout bien que ça motive des éditeurs. Mon travail c’est pas non plus un truc pro et je pars de planches en mauvais état.
          Mais si ça motivait un éditeur pour contacter les editions Mondadori en Italie qui ont réédité la série, ce serait cool.

  • Jyrille  

    Respect Mattie pour cette chasse au trésor ! Ta description pour trouver les épisodes fait mal à la tête ^^

    Je crois bien n’avoir jamais lu ça même si j’ai vu et lu ce genre de publications (des bds érotiques surtout). C’est ça : deux cases par planche. C’est vraiment marrant de voir ça de nos jours.

    Tu parles italien ? J’adorerai… Je comprends un peu, mais je ne connais pas et n’ai jamais pris de cours.

    Cela a l’air amusant et surtout très suranné malgré le thème original et en avance sur son temps. Cela dit, aujourd’hui, impossible d’avoir un tel personnage sans être taxé de misogyne !

    Le dessin a l’air sympa en tout cas. Comment as-tu restauré ces pages ? Tu les scannes et ensuite, tu les retravailles avec un logiciel ?

    Merci en tout cas pour le voyage !

    La BO : cool !

    • Matt  

      Je ne parle pas italien non.
      Sinon je ne me fatiguerai pas à traduire^^ Les comics anglais que je lis, je ne les traduis pas.
      C’est justement parce que je ne connais pas grand chose à l’italien que je ne peux pas laisser ça dans cet état^^
      Je fais du Google trad…et j’utilise ma tête parce que ça traduit un peu à l’arrache. Mais ça donne une bonne idée du dialogue. Et comme c’est une BD, tu as le support du dessin aussi pour comprendre un truc qui serait mal traduit.

      Je scanne et je retravaille avec The Gimp.
      Passer en noir et blanc est simple. Le problème c’est que le vieux passé usé et granuleux, ça laisse plein d’imperfections. Donc il faut jouer avec les filtres pour obtenir un truc joli. Souvent renforcer les noirs sinon tu as une zone mouchetée de petits points blancs…mais sans rendre le dessin hyper gras.
      Enfin c’est du taf quoi…

      • Jyrille  

        Merci de tes précisions ! J’ai oublié de te dire que ton article est vraiment passionnant.

        • Matt  

          Grazie mille ! ^^

  • Matt  

    J’ajouterai que j’adore les pages de titre.
    Vous pouvez en voir pas mal ici (cliquez sur l’image puis faites défiler de gauche à droite^^) :

    https://www.facebook.com/MarnyBannister/photos/a.511269408894318/511269422227650/?type=3&theater

    Certains dessins ne sont pas signés Magnus parce que régulièrement d’autres dessinaient quelques épisodes. Le 10, 13, 16, 19, 22, 25, etc. sont d’un autre dessinateur (et c’est vachement moins bien^^)
    C’est plutôt bien renseigné sur comicvine

  • Franz  

    Bonjour et merci pour votre remarquable travail d’exhumation d’une oeuvre attachante mais jetée à la poubelle après usage.
    Magnus est un dessinateur exceptionnel. Le Tex Speciale qu’il a réalisé pour Bonelli est incroyable. Il y a d’ailleurs une mine d’or à explorer chez cet éditeur avec une pléiade de dessinateurs talentueux à peine connus chez nous.

    • Matt  

      Merci de votre retour.
      Je suis très fan de Magnus aussi. Je ne connais pas ce Tex Speciale.
      Mais j’ai pu mettre la main sur la publication française de son I briganti.
      Pareil, je ne sais pas si c’est complet. Il semble y exister une première édition publiée dans Metal Hurlant, incomplète, et celle intitulée « les partisans » réédité dans les années 1990 que j’ai pu me procurer.
      Mais cette dernière est qualifiée de « réédition augmentée » et ne semble pas contenir les planches de la version Metal Hurlant…enfin c’est toujours un sacré casse tête les publications françaises de Magnus et autres auteurs italiens.

      • Tornado  

        Au rayon des fumetti, le best seller absolu c’est DYLAN DOG. C’est une série mensuelle qui perdure depuis 1986 et qui arrive bientôt à son 400ème numéro. Chaque éditeur qui a tenté la publication en France (LUG, Glénat, Panini) a lâché l’affaire. Il n’y a que Mosquito qui sort quelques albums aujourd’hui, mais pas la série intégrale. Ça montre bien le peu d’intérêt pour ce genre en France.
        J’en avais écrit l’article. L’un des premiers écrits pour le blog :
        http://www.brucetringale.com/pauvre-france/

        • Franz  

          J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt.

      • Matt  

        Je trouve ça fou parce que pour moi un pays, c’est pas un genre !
        Je veux dire…c’est comme si on ne publiait aucun comics américain si les super héros ne marchaient pas chez nous. Bah et le reste ??

      • Matt  

        Après avoir écrit ça, je réalise qu’en fait, c’est peut être justement via le succès des super héros qu’on s’est mis à publier de l’indé chez nous^^
        A l’époque de Lug, y avait-il d’autres comics qui sortaient chez nous ?

        • Tornado  

          Hé oué tu vois, c’est aussi con que ça : Ou on publie un pays (USA, Japon), ou on le publie pas (Italie). Aujourd’hui le monde de l’édition c’est violent !

        • Jyrille  

          Je ne suis pas sûr mais je crois que certaines indés américains des années 70 avaient un peu de visibilité dans Métal Hurlant (Crumb, les Fabuleux Freak Brothers…) mais c’est à vérifier.

          • Tornado  

            Oui mais pour le coup les italiens aussi. Par contre c’est aujourd’hui que ça parait radical selon les pays. Bon c’est logique mais c’est dommage pour un lecteur ayant accroché à une publication qui disparait ou qui ne prend pas à cause de ce genre de marché.

  • Franz  

    Bonjour,
    La référence biblio est :
    Tex. Spécial n° 9, La vallée de la terreur / scénario Claudio Nizzi ; dessin Magnus. – Clair de lune, 2014. – 240 p.
    Le dessinateur Magnus s’est habilement glissé dans les codes du genre et a respecté le cahier des charges. Il s’est immergé dans l’histoire, reproduisant les moindres détails du décor, feuille à feuille, pierre à pierre tout en conservant une totale lisibilité. Les habituels aplats noirs de Magnus cèdent le terrain à un superbe jeu de hachures d’une grande finesse. Il aura fallu à l’auteur transalpin pas moins de sept années pour venir à bout de son Tex. Roberto Raviola alias Magnus s’est éteint dans la foulée. Il en aura été de même pour Guido Buzzelli mettant le point final à son Tex et disparaissant ensuite. Le héros de papier imaginé dès 1948 par Bonelli et Galleppini a la peau (de papier) plus dure que ses auteurs de chair.

  • JP Nguyen  

    Je n’avais pas lu cet article jusqu’au bout : tu édites et imprimes ta propre version de cette BD, quel passionné !
    Ca me fait penser aux fans de John Byrne qui ont créé un pdf de ses histoires inédites « X-Men : Elsewhen » et qui l’ont rendu disponible pour que ceux qui veulent se fassent leur propre impression (via imprimeur).

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