Folie intérieure (Batman TellTale 2)

BATMAN, THE TELLTALE SERIES : THE ENEMY WITHIN par Telltale Games

Un article de MATTIE-BOY

L’article d’aujourd’hui sera consacré au deuxième jeu Batman (ou à la « saison 2 » comme ils le disent) de Telltale games : BATMAN : THE ENEMY WITHIN.

Je vous avais parlé de la saison 1 ici. Donc pour que j’évite de me répéter sur le type de jeu dont il s’agit, vous pouvez aller vous rafraîchir la mémoire sur cet ancien article.

Une autre version de la naissance du Joker
©Telltale games

Telltale games est un studio de jeux spécialisé dans les jeux narratifs. Des sortes de films interactifs qui proposent des histoires bien écrites avec des choix qui influencent le déroulement de l’histoire (et aussi des scènes d’action où il faut réagir vite pour cliquer sur des boutons au risque de mourir.) Cela affecte rarement la fin du jeu, mais les évènements au cours du jeu. Par exemple certains personnages secondaires peuvent mourir, vous détester ou vous pouvez les garder en vie ou les faire vous apprécier…souvent au détriment d’autres évidemment. La destination est donc la même, mais pas le voyage. C’est d’autant plus vrai dans ce jeu, surtout le dernier épisode.

Dans le premier jeu, l’histoire nous proposait un Bruce Wayne qui réalisait que son père travaillait main dans la main avec la mafia et une secte nommée les enfants d’Arkham cherchait vengeance pour eux ou leurs proches qui avaient fini à l’asile à cause de Thomas Wayne et de l’ancien maire de Gotham qui voulaient éliminer des rivaux politiques. Le jeu nous faisait aussi nous confronter à Two-Face, une victime collatérale qui voulait sortir Gotham de la corruption mais finissait très mal, ainsi que le Pingouin, ancien camarade de Bruce qui tentait une OPA sur Wayne Enterprise en détruisant la réputation de Bruce.

C’était une histoire bien écrite, assez sombre et plein de révélations glauques. Il y avait quelques trucs un peu exagérés comme souvent dans les histoires tirées de comics, mais globalement c’était un très bon jeu avec des choix cornéliens à faire.

Dans ce second opus, le jeu nous propose cette fois-ci de nous pencher sur un des plus célèbres ennemis de Batman : le Joker. Mais attention ! Il n’est pas seul.

Tout commence alors que le Riddler revient à Gotham. Dans cet univers vidéoludique, c’est un criminel qui n’est plus de première jeunesse qui aurait déjà commis des crimes avant que Batman existe. Le premier épisode (il s’agit toujours d’un jeu constitué de chapitres ou épisodes) lui est consacré. Batman doit simplement arrêter le Riddler et gérer les fédéraux de l’Agence dirigés par Amanda Waller qui ont débarqué à Gotham pour s’occuper de l’affaire, mettant le pauvre commissaire Gordon de côté.

Une nouvelle histoire avec des têtes connues

Il s’avère que Waller connait l’identité secrète de Batman (elle le lui révèle à la fin du chapitre), ce qui rend difficile de continuer à favoriser Gordon. Elle nous tient un peu par les burnes, la madame. Mais elle n’est pas bête pour autant. Ce qu’on pourrait prendre pour une guerre des polices qui vient foutre le bazar pour rien dans l’histoire devient en fait surtout un choix moral à faire (la nouvelle venue contre le vieil ami Gordon) mais au final c’est Gordon qui est le plus dépassé dans l’histoire. Encore une fois, cela dépend du joueur s’il veut se mettre à dos Waller ou pas. Personnellement j’ai choisi de coopérer.

Le fait est qu’à la fin de l’épisode, le Riddler se fait assassiner avant qu’arrivent ses complices dont on ignore encore tout. Il va s’avérer qu’il s’agit d’un gang appelé « le Pacte » composé de Bane, Mr.Freeze, Harley Quinn et…John Doe.

John Doe, c’est le Joker. Avant qu’il devienne le Joker. Bruce Wayne l’a croisé à l’asile d’Arkham dans le premier jeu et a sympathisé avec lui. Déjà, on soupçonnait John Doe d’avoir compris que Bruce était Batman, sans en être sûr. Et John semblait…instable, mais pas vraiment méchant. Du moins ce n’était encore ni un meurtrier ni rien. Mais un type étrange et un poil inquiétant.

On le retrouve donc dans ce jeu, libéré mais hélas rapidement pris en charge par Harley Quin…qui a beaucoup plus de cerveau ici que dans n’importe quelle itération du personnage. Manipulatrice, séductrice, et grande malade, Harley est clairement celle qui tient John en laisse au début. Elle joue le rôle de la femme enfant quand nécessaire, et sait clairement comment gérer les tarés qu’elle dirige (oui, c’est elle le chef du Pacte.) Et c’est bien pour cela qu’il est dans ce gang.

En tant que Bruce Wayne, le joueur est amené à utiliser John en continuant de feindre être son « pote de l’asile » pour avoir des infos sur les secrets du Riddler et infiltrer le Pacte.
Quoi ? Comment ? Vous trouvez ça bizarre qu’un milliardaire infiltre un gang sans que personne ne trouve ça étrange ? Bah le truc c’est que dans cet univers, les Wayne ont déjà la sale réputation d’avoir fricoté avec la mafia et Bruce va utiliser ça. Même si évidemment, il va être testé. Et va devoir se procurer une clé de décryptage stockée chez Wayne Enterprise.

Une Harley Quinn manipulatrice et maligne

Sans tout vous révéler sur l’histoire, il va s’avérer que nos vilains, aussi tarés et meurtriers soient-ils, ont été victimes d’un projet secret : SANCTUS, une ancienne branche de l’Agence pour laquelle bosse Waller. SANCTUS est responsable de la création du Riddler au moyen d’un virus appelé Lotus qui a largement augmenté ses capacités intellectuelles mais l’a également rendu fou. Le Pacte cherche à infiltrer SANCTUS, le détruire, exposer ses secrets, et se servir de leur savoir pour se soigner eux-mêmes (Bane, Freeze, la femme de Freeze, et peut être la santé mentale de Harley mais là…c’est pas gagné.)

Le problème est évidemment que leurs méthodes sont létales, qu’ils massacrent des policiers, etc.

Bien sûr, on retrouve Catwoman, avec laquelle on pouvait se fâcher ou former une relation intime dans le premier jeu (et selon nos choix, cela change la relation dans ce deuxième jeu. Il faut pour cela bien importer la sauvegarde du premier jeu au début du lancement de la partie de ce nouveau jeu.) Selina avouera avoir déjà travaillé pour le Riddler, même si comme d’habitude elle se contentait de voler des trucs sans pousser l’illégalité jusqu’au meurtre.

Tout le jeu tourne ensuite autour des relations de confiance, de double jeu, etc. Lucius Fox va se faire tuer tôt dans le jeu, et sa fille (oui, il a une fille dans cet univers) va par la suite se méfier de Bruce. A moins que vous jouiez vos cartes correctement pour qu’elle ne vous déteste pas et ne vous balance pas. Car si Waller sait qu’on est Batman (et qu’elle ne tient donc pas à nous arrêter, mais plutôt à nous utiliser) Gordon va bien avoir envie de nous coffrer après le vol chez Wayne Enterprise (c’est pour ça que je dis que Gordon est un peu dépassé dans cette histoire, et représente surtout une nuisance. Mais il faut faire avec.)

Espionnage, morale trouble, dangereux alliés

Evidemment, progressivement tout ceci va se recentrer sur John Doe. Wayne joue tellement bien la comédie que John se met à vraiment l’apprécier. Sa personnalité est presque celle d’un gosse influençable qui cherche un bon pote. Il va intervenir en notre faveur auprès d’Harley pour le recrutement dans le Pacte, il va souvent nous parler comme à un ami, tenter même un deal avec Batman, etc. Bref c’est un peu l’électron libre qui se cherche encore, et ne suit pas forcément les règles du Pacte non plus. On devine qu’il peut être dangereux mais il n’est pas le Joker. Pas encore.

C’est là toute la beauté de ce jeu. Les dilemmes moraux et l’émotion. Ouais au final l’histoire du braquage d’un labo secret pour choper un anti-virus machin, c’est sympa mais ce n’est pas du même niveau que le premier jeu. Les personnages par contre, c’est autre chose.

Le truc, c’est que nous-même en tant que Bruce Wayne, on va se servir de John Doe pour arriver à nos fins. Se servir d’un malade mental fragile pour piéger de dangereux criminels qui ont déjà assassiné. John n’a encore rien fait à ce stade et on va encourager cette sorte de relation toxique qui va le faire basculer du mauvais côté.

Et en faisant de lui notre allié pour ensuite le trahir et faire arrêter tout le monde, ça va faire dégénérer les choses. Déjà on va chercher à le faire trahir Harley sur laquelle il craque (oui, là c’est l’inverse niveau dépendance affective par rapport aux comics. Harley utilise John comme son toutou et John craque à fond et demande des conseils de drague à Bruce.)

Bruce et John qui parlent de femmes

Dans un sens, John devient…sympathique. On sent bien qu’il serait mieux dans un hôpital vu ses dépendances affectives et sa capacité à s’amuser de trucs…dangereux (bagarres, vols.) Il reste inquiétant. Mais on le sent aussi très loyal et amical avec Bruce. Lors d’une discussion, il explique même que parfois il sent qu’il y a quelque chose en lui qui ne demande qu’à sortir. On peut lui conseiller d’être lui-même, ou de savoir se contenir. Et c’est là que le plus gros changement du jeu arrive : le 5ème épisode.

Il est complètement différent en fonction d’un choix fait dans le 4ème. Pour le coup il s’agit vraiment de deux fins différentes (même si l’épilogue sera presque le même.) Et on parle de 2h de jeu différentes, là. Pas 10min différentes.

Soit vous êtes resté loyal jusqu’au bout envers John et il ne va pas devenir le Joker…mais un vigilante comme le Punisher (ce qui n’est pas forcément le top non plus…) Soit il deviendra le Joker qu’on connaît. Après ses premiers meurtres dans l’épisode 4 où il a été obligé de se défendre quelque chose va se briser en lui. Il va en rire, mais va sembler en conflit aussi. On peut le rejeter et l’exposer comme le malade qu’il est, ou essayer de continuer à jouer le bon pote.

Il est évident que si on veut voir le Joker qu’on connaît, on a envie de faire le choix où on veut l’arrêter et mettre fin à la comédie dans laquelle on prétendait être son ami. Et je l’ai fait. Mais l’addition d’un autre twist avec un Joker qui pète les plombs différemment et devient un justicier cinglé est une vraie bonne idée.

Si John devient un justicier cinglé, l’histoire se focalise sur l’Agence de Waller qui va prendre le contrôle du gang de criminels (façon Suicide Squad.) Le John vigilante va d’abord aider Batman mais, frustré et agacé par son obsession de ne pas tuer, il va finir pas capturer Amanda Waller et tenter de la tuer. Là c’est presque Batman qui n’est plus du bon côté, même si Waller et son utilisation des criminels est très discutable aussi.

L’épisode 5 avec un Joker justicier

Si John devient le Joker, il va balancer le virus Lotus (mortel sur 99% des gens, Riddler étant l’exception, l’expérience partiellement réussie) sur le conseil d’administration de Wayne Enterprise (en prenant soin de ne pas tuer Bruce, pour mieux lui pourrir la vie ensuite) et placer des bombes un peu partout (écoles, églises, hôpitaux) pour jouer à un jeu de piste avec Batman. Car on sait qu’il aime ça le Joker, s’amuser à des jeux de cinglés avec son Batounet préféré. Les rôles vont également changer. En tant que Joker, on perçoit très bien que lui et Harley sont à présent sur un pied d’égalité, voire même que Harley perd ses mots quand John va plus loin qu’elle dans la folie. On est dans le cas de figure où l’élève est en train de dépasser le maitre. Ils vont kidnapper Gordon, Selina et la fille de Lucius Fox et les inviter à un diner tordu dans un vieux parc d’attractions abandonné qui rappellera la fin de THE KILLING JOKE . Même l’étrange rigolade entre les deux personnages à la fin de KILLING JOKE, leur complicité, semble avoir inspiré cette idée de rapprochement entre Bruce et John.

C’est évidemment le second scénario que je préfère, même si je suis sans doute partial parce que j’avais envie de créer le vilain des comics. Après, dans les deux cas, le Joker devient un fou qui va bien trop loin, mais les évènements sont très différents niveau histoire.

Le fait est aussi que la relation entre Bruce et John est très bien écrite et que la trahison n’en est que plus émotionnelle. Le conflit entre les deux n’est pas aussi fort quand John devient un justicier. Il pète les plombs mais l’effet « Batman a créé sa Nemesis » n’est pas aussi fort.

L’épisode 5 avec le Joker qu’on connaît tous

Le jeu est sombre et triste. L’épilogue nous met face à un Alfred (fatigué et malade pendant une bonne partie du jeu) qui nous déclare qu’il s’en va si on n’abandonne pas le manteau de Batman. Il est fatigué, et ne sait pas quoi penser de ce qu’il s’est passé. Il est vrai qu’au final dans cette histoire, Bruce a manipulé un malade mental, l’a mis dans des situations dangereuses et a clairement contribué à créer le fou qu’il est devenu. Alfred nous sort une tirade difficile à encaisser sur les responsabilités, sur la mauvaise influence de Batman. Il dit bien qu’il est conscient que Bruce est une bonne personne, mais qu’il doit faire attention à ne pas trop regarder dans l’abime. Et que ses méthode créent d’autres monstres.

J’ai bien sûr choisi la fin solitaire et tragique où je reste Batman mais où mon plus fidèle ami Alfred s’en va, laissant Bruce complètement seul.

Bref, comme toujours avec ces jeux, le gameplay se résume à des choix, des QTE lors de combats, et quelques éléments à chercher dans les décors.

On peut s’amuser à rendre jaloux John en acceptant les avances de Harley (non, il ne se passera rien. Elle fait d’ailleurs juste ça pour provoquer John) mais évidemment la relation avec lui sera plus tendue. On peut révéler à Tiffany Fox (la fille de Lucius) qu’on est Batman assez rapidement pour qu’elle évite de croire qu’on a tué son père et essaie de nous faire arrêter. On peut la jouer cool avec Harley, Waller, etc. ça ne changera pas la fin (les 2 fins, pour le coup) mais on peut se mettre Gordon, John, Harley, Tiffany à dos, ce qui provoque des évènements variés. On peut même plus ou moins créer une sorte de Batgirl à la fin si on accepte d’entrainer Tiffany.

Une confrontation finale émouvante et…malsaine.

Après bien sûr, ce genre de jeu à ses limites. J’en parle à chaque fois. Le voyage varie, mais pour que l’histoire tienne la route et reste bien écrite, on ne peut pas tout bouleverser. Les changements se jouent donc surtout sur les relations avec les personnages. Certains n’aiment pas ce type de jeux, mais ce que j’apprécie déjà, c’est qu’ils n’essaient pas de les vendre comme autre chose. Il existe des jeux hyper dirigistes (notamment les jeux de Quantic dreams comme BEYONF TWO SOULS) dans lesquels tu peux diriger ton personnage pour te promener librement dans les décors…mais avec absolument rien à faire et rien avec quoi interagir à part, par exemple, une lumière à éteindre qui va faire avancer le jeu. Pour ma part ça ressemble à une fausse publicité. Quel intérêt de pouvoir bouger son personnage dans un lieu clos où tu ne peux rien faire d’autre ? Autant assumer le côté « film interactif » et nous montrer une cinématique dans laquelle le personnage va éteindre la lumière.

La qualité d’écriture est toujours au rendez-vous cela dit. Et cela pourrait faire une excellente série courte sans avoir grand-chose à changer tant le jeu est cinématographique (on perdrait bien sûr la notion de choix, mais je dis ça pour les allergiques aux jeux.)

Pour moi on tient même là sans doute une des meilleures origin stories du Joker, avec un rôle pour Harley qui ne se résume pas à l’illuminée qu’elle est souvent. Et Bruce Wayne, qui ne sert pas souvent à grand-chose dans les comics tant qu’il n’est pas sous l’identité de Batman avec son costume, a droit à un développement réellement profond et intelligent depuis le premier jeu. Je pense même qu’on passe plus de temps sous l’identité de Bruce que de Batman dans ce jeu. Seuls Bane et Freeze ne sont pas très développés mais…Bane n’a rien de particulièrement intéressant, et Freeze fait suffisamment bonne impression en exposant ses motivations et son obsession de sauver sa femme.

En bref, c’est un autre jeu de Telltale qui m’a convaincu. Et à présent que le studio, précédemment ruiné suite à une mauvaise gestion financière, est revenu d’entre les morts avec un changement d’équipe, on peut éventuellement espérer d’autres bonnes histoires à venir.


BO du jour :

26 comments

  • Manu  

    Merci beaucoup pour ce descriptif bien amené Mattie-Boy. La qualité des jeux Telltale est également ce que j’aime le moins à titre personnel : la narration d’une histoire qui ne peut finalement que changer à peine. Cependant cela ne lui retire aucunement ses qualités.
    On m’a offert le premier opus que je ne connaissais pas et c’est vrai qu’ être dans un elseworld a du charme car la qualité d’écriture du scénario est très intéressante. En cela, on peut leur tirer notre chapeau.

    • Matt  

      Ah quelqu’un qui connait, cool^^
      Pour le coup dans ce 2eme opus ils ont fait un effort de proposer 2 versions de l’épisode final. ça devrait satisfaire ceux qui veulent que l’histoire change.

      C’est toi qui doit causer de Arkham Asylum ou je me trompe ?
      Pour le coup j’ai préféré Arkham City parce qu’Arkham City c’est cool en tant que jeu pour taper du méchant, mais l’histoire à base de virus qui change les mecs en gros monstres (même le Joker…qui n’est pas un personnage dont l’intérêt est de devenir une sorte de Hulk mutant…), c’est quand même un poil nul^^

      Les jeux Telltale, il faut les prendre presque comme des visual novel ou films interactifs. ça a quelque chose de satisfaisant de choisir des réponses, laisser mourir des persos ou en sauver d’autres.
      J’ai bien accroché aux Walking Dead aussi (alors que je me fiche du comics ou de la série TV) Clementine est un perso super chouette et bien écrit, attachant, etc (et pourtant je suis pas fan des enfants en général dans la fiction^^ Mais là c’est le top)

      En tant que jeux on est d’accord que c’est limité. Mais bon…il y a tout de même plus de choix et d’interactions que dans des visual novel qui est un genre populaire au Japon. Alors why not ?
      Et niveau écriture les mecs de chez Telltale (l’ancienne équipe du moins) ont un vrai talent. Cette version de Batman, j’ai vachement plus kiffé que n’importe quel film.

      • Manu  

        En effet c’est bien moi qui vais parler de Asylum, et il faudrait que je me penche aussi sur l’écriture de l’article sur Arkham city.
        Les jeux telltale ont un avantage : c’est qu’ils rappellent beaucoup les « livres dont vous êtes le héros ». Chacune de nos actions à des conséquences.

        • Matt  

          C’est un peu ça oui.
          Moi j’aime la variété dans les jeux.
          Parfois j’ai envie d’un truc bourrin avec peu d’histoire.
          Et des fois j’aime beaucoup ces jeux narratifs bien écrits. Il y a un temps pour tout.

          Dans Asylum, à part Poison Ivy et l’épouvantail, les combats de boss ne sont pas extra non plus. Je trouve que City améliorait un peu tout.

  • Eddy Vanleffe  

    le procédé du telltale m’intéresse finalement…
    je suis tombé sur un jeu walking dead il n’y a pas longtemps et j’ai trouvé ça vraiment sympa à jouer…
    Sur Batman, c’est tentant.
    très bon décorticage Matt!

    • Matt  

      AH, lequel Walking Dead ?
      Il y en a 4.
      Ils appellent ça 4 « saison »
      Dans la première on joue Lee, un black qui va s’occuper d’une fillette appelée Clémentine. La fin de ce jeu m’a fait chialer.
      Dans le 2 on joue Clémentine qui a un peu grandi et trouve un autre groupe.
      Dans le 3 elle apparait comme perso secondaire pendant qu’on joue Javier, un mec qui s’occupe de la femme et des enfants de son frère qu’ils pensent mort, le tout évidemment toujours dans un contexte post-apo zombie avec des rivalités entre clans humains.
      Et le 4 on rejoue Clem qui trouve refuge dans une ancienne école avec des anciens gosses à problèmes qui essaient de se débrouiller entre eux. Et au final c’est le groupe qui marche le mieux, le plus soudé.

      Il y a aussi un spin-off avec Michonne en perso principal

      • Eddy Vanleffe  

        Le Premier qui commence par un accident de la route…

  • Matt  

    Un passage émouvant dans le 4eme jeu de Walking Dead, ou Clementine rêve qu’elle discute avec Lee (qui est mort, hein…) Elle se revoit gamine dans son rêve, puis on la voit adulte sur la fin du rêve.
    Bon…faut avoir fait les 4 jeux pour trouver ça émouvant mais bref…
    La relation « père adoptif »/fille entre Lee et Clem est très belle dans ces jeux

    https://www.youtube.com/watch?v=kk9izaiMk0o

    • Matt  

      Enfin quand je dis qu’elle est adulte…elle doit avoir 17 ans. Mais faut grandir vite dans ce monde de cauchemar.
      Elle a 7 ou 8 ans dans le premier jeu, 11 ans dans le 2ème, on suppose 14 ou 15 dans le 3ème.
      Et c’est super sympa comme fil rouge de suivre sa vie.
      Dans le 4eme jeu elle essaie d’éduquer un gosse qui a grandi avec elle (mais pris en charge un moment par une communauté parce qu’elle ne pouvait pas gérer un gosse en bas âge toute seule)
      C’est le schéma inverse : on endosse le rôle de Lee et on doit enseigner des choses à un gosse qui n’a rien connu du monde « avant ». Faut lui apprendre à se défendre mais faut éviter aussi d’en faire un psychopathe…en lui causant morale et tout, envers les humains (même si y’a des ordures qui rendent ça difficile)
      Selon ce qu’on lui dit, je crois qu’on peut en faire un gosse psychopathe…
      J’ai essayé d’éviter ça…même s’il a du tuer quand même. ‘tain les choix moraux sont durs dans Walking Dead. Si t’es trop gentil, quelqu’un se fait tuer…si t’es trop méchant, bah…c’est pas bon pour le gosse ni pour toi ni pour la façon dont te voient les autres.

  • Bruce lit  

    Et si l’audace scénaristique on l’a trouvait dans le 10 art ? Moi je dis, la question elle est vite répondue dans ce qui est décrit ici d’un scénario qui semble explorer toutes les facettes de l’histoire et des caractères qu’elle prétend rencontrer. Faire du Joker un ami de Batman, voilà qui n’est pas insensé quand on sait que les deux sont le revers d’une même médaille. Les vidéos sont vraiment alléchantes et si je reprends un jour les JV celui-ci en aura la primeure.
    Un truc simple auquel j’ai réfléchi l’autre fois : pourquoi ces adaptations ciné ne m’intéressent pas ? Et bien parce que tout bêtement tu peux avoir un bon scénario, à l’exception de SIN CITY ou 300, le trait du dessinateur disparaît totalement.
    Cyrille parlait de OLD GUARD une histoire passe partout fonctionnelle dans laquelle Greg Rucka excelle. C’est le dessin de Leandro Fernandez qui en assure toute l’originalité. Une fois à l’écran avec son esthétique téléfilm netflix, tous les grumeaux de Rucka apparaissent dans toute leur viscosité.
    En animé ou JV justement, on peut se permettre toutes les libertés tout en restant fidèle. C’est décidément plus intéressant pour moi.

    • Eddy Vanleffe  

      Je souscrit TOTALEMENT à ta dernière phrase fearless leader! 🙂

    • Matt  

      C’est bien vrai tout ça^^
      J’adore le cinéma mais déjà de base les adaptations de super slips partent avec une balle dans le pied : tout ce qu’on a connu sous forme de dessin franchit difficilement la frontière du réalisme sans avoir l’air ridicule (les costumes, tout ça)
      Des fois certaines choses sont réservées à un univers graphique « dessiné »
      Il y a des trucs qui marchent, comme la version gothique de Batman de Burton avec un esthétisme travaillé. Mais ça marche sur Batman qui est devenu gothique même dans les comics. Mais pour d’autres héros c’est plus problématique.

      Attention tout de même Bruce : c’est un film interactif quasiment comme type de jeu. Pas forcément ce que tu kiffes.^^ Mais si tu cherches une bonne histoire, c’est la bonne adresse. Les 4 jeux Walking Dead sont top aussi. Et The wolf among us aussi^^
      Faut varier les plaisirs aussi en jeu. Pas juste de la baston.

      • Bruce lit  

        J’aime bien les films interactifs aussi. Je garde un assez bon souvenir de Farenheit sur PS2 avec ses scenarii évolutifs et la musique de Angelo « Twin Peaks » Badalamenti tout de même.

        • Jyrille  

          Et tu n’as pas aimé le Black Mirror interactif… tu m’étonnes vraiment, Bruce. Pour ta réflexion film vs JV, je suis assez d’accord. Car le film se doit d’avoir un angle artistique plus fort, rencontre bien plus de problèmes qu’un jeu vidéo à développer (humeur des acteurs, image rendue et ressenti par les interprètes, ton général choisi etc… même si développer de tels jeux n’est pas simple).

          C’est pour ça que THE OLD GUARD ou BABY DRIVER pêchent, mais pour des raisons différentes : le premier déroule sans imagination, aligne les plans sans originalité, le second n’a pas choisi où il voulait aller (soit vers HUDSON HAWK soit vers THE DRIVER (pas DRIVE)). On n’est beaucoup plus critiques sur un film je pense.

          • Bruce lit  

            Black Mirror : dans mon souvenir, l’histoire de base ne m’avait pas suffisamment intéressé pour que je m’y investisse. Ceci dit ma femme qui est très bon public (elle a même aimé LA TOUR SOMBRE, c’est dire…) et fan de BLACK MIRROR n’avait pas aimé non plus.

  • Matt  

    D’ailleurs je connais mal Amanda Waller dans les comics, mais je trouve aussi qu’elle est bien écrite dns le jeu. Vachement ambigue. Un coup on se dit que c’est une vraie ordure…mais plus tard on voit qu’elle respecte complètement les accords conclus (on peut lui demander d’effacer le casier de Catwoman et elle tient sa promesse quand on l’aide), elle est également efficace, c’est pas les fédéraux débiles qui ne croient personne et sont pas foutus d’avancer dans l’enquête.
    Elle a un côté Nick Fury où elle est évidemment très « grise » : elle se sert de ce qu’il faut pour arriver à ses fins, utilise des criminels, tout ça…mais j’ai jamais eu l’impression que c’était une conne méchante juste pour être méchante. C’est au contraire un personnage qui te rappelle qu’on est dans un monde de merde et qu’on ne peut rien solutionner sans se salir un peu les mains, surtout dans ce métier là.

  • Présence  

    À nouveau, comme pour la première saison, je suis épaté par la qualité narrative de ce jeu que tu décris, ainsi que par la dimension ludique qui joue sur les dilemmes moraux.

  • Jyrille  

    Le studio a ressuscité, c’est une bonne nouvelle ! Mais ce jeu est récent, il date de quand ? En lisant le pitch, je me disais que cela ressemblait fortement au script de Suicide Squad, le premier film (un second va sortir mais avec une équipe complètement différente sauf Harley, toujours jouée par Margot Robbie). Ca peut être très sympa en fait. J’ai le jeu The Wolf Among Us, téléchargé gratuitement, mais je n’y ai pas encore joué (trop de trucs à regarder). Par contre j’ai fini la bd et même si je ne suis pas fan des changements incessants de dessinateurs, ça se lit sans déplaisir (et j’ai enfin compris pourquoi on l’appelait Bigby).

    Que se passe-t-il si on a pas joué au premier et que donc, on n’a ni sauvegarde ni choix pré-enregistré ?

    La BO : wow, c’est de qui ? On jurerait du Mozart.

    • Matt  

       » En lisant le pitch, je me disais que cela ressemblait fortement au script de Suicide Squad, le premier film  »

      Oh non pitié hein ! C’est une insulte. Il y avait un script dans ce film de merde ?

      « Que se passe-t-il si on a pas joué au premier et que donc, on n’a ni sauvegarde ni choix pré-enregistré ? »

      Je ne suis plus très sûr pour ce Batman. Mais dans les walking dead, tu as un recap au début qui te demande de choisir ce que tu as fait. Du genre « vous avez choisi de sauver truc à la place de machin », « vous êtes partie seule ou avec truc à la fin » etc.
      Alors si tu n’as pas joué aux premiers jeux ça fait que tu vas un peu devoir choisir au hasard…mais bon…
      Le mieux c’est de faire les jeux dans l’ordre quand même.
      Dans Batman ça ne change pas trop. Il y a Catwoman qui t’en veut (ou pas) mais comme le reste est une nouvelle histoire, ça n’a pas trop d’importance. Du coup je ne sais même plus si tu as un recap avec des choix en début de partie.

      La BO c’est un extrait de l’opera Mefistofele. Je ne sais pas qui joue.
      A 1h20 et 30 secondes ici :
      https://www.youtube.com/watch?v=vd1XL9-lBpY

    • Matt  

      Bon ben ça doit être ce Arrigo Boito le compositeur

      • Jyrille  

        Merci.

        • Matt  

          Dans les commentaires de la vidéo, ils disent que ce morceau est aussi utilisé dans Batman Begins.
          Comme je ne suis pas fan du film…pas fait gaffe et oublié^^

    • Matt  

      Je ne vois pas en quoi ça ressemble à Suicide Squad. Parce qu’il y a des vilains et Amanda Waller ?
      Dans le film Waller rassemble une équipe (de bras cassés) pour lutter contre d’éventuels menaces de type Superman (ouais ben…je sais pas ce que Harley Quinn pourrait faire contre Zodd) et…un de leurs membres devient méchant. Youhou.
      Et on a une Harley à chier (pas l’actrice, mais son rôle), un Joker miteux. Et voilà, fin.

      Là dans le jeu…bah ok y’a un groupe de méchants (comme dans 99% des histoires de héros) qui cherchent à voler un truc. Waller fait du chantage à Batman pour obtenir sa coopération pour découvrir ce qu’ils cherchent. Bruce s’infiltre dans le gang avec l’appui de John. Et puis double-jeu, trahison, le Joker qui nait, etc.

      • Jyrille  

        Pas de panique, je ne dis pas que c’est la même histoire. Mais que tu as des éléments communs oui : Waller et Quinn. Waller qui débarque avec une grosse équipe. Mais cela n’a rien à voir avec le jeu puisque dans le film le Joker existe et il n’y a pas Batman.

        • Matt  

          Techniquement Waller ne débarque qu’avec des fédéraux dans le jeu. Des gens normaux. Batman sympathise même avec l’agent Avesta, une femme intelligente qui va douter un peu de sa patronne.
          Waller ne se retrouve en mode « suicide squad » que dans l’épisode 5 avec le Joker vigilante quand elle veut prendre le contrôle du Pacte.
          Si on fait l’épisode 5 en mode « Joker vilain », elle n’a même jamais de criminels sous ses ordres (sauf Catwoman qui joue double-jeu aussi et bosse pour Waller)

  • JP Nguyen  

    Première remarque à deux balles : le Studio Telltale porte bien son nom ! Deuxième constat : « tu racontes bien, Tonton Matt !  » (ah merde, t’es plus jeune que moi)
    Comme je ne pense jamais jouer à ce jeu (pas le matos ni le temps), ton topo me donne un bon vernis culturel. Et le côté « histoire à choix multiples » est effectivement une richesse de ce média. (dans les antiques livres dont vous êtes le héros, j’exécrais les chemins uniques et obligatoires).

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