Grandeur et décadence des publications en kiosque

Grandeur et décadence des publications en kiosque

Un article signé OZYMANDIAS

Cette chronique vous est offerte par le parfum Nostalgia™

Une forme nouvelle de mécénat ©Panini comics

Une forme nouvelle de mécénat ©Panini comics

« Il ne peut y avoir une exception, que s’il existe une règle.» Dans mon cas, c’est le rejet quasi-absolu du prétendu adage : « Avant, c’était mieux. » Quasi-absolu car quand on aborde le sujet des parutions en kiosque, la carapace se craquèle, le dogme laisse place aux élans du coeur et je ne tarde pas à invoquer les nombreuses madeleines de Proust qui ont fait de mon enfance une terre d’aventures et de découvertes.

Heureux le lecteur qui a fait un beau voyage…

Au commencement, il y eut Oui-Oui au pays des jouets, dont j’ai complètement oublié la provenance et par la faute (depuis longtemps pardonnée) duquel je n’ai plus jamais su dire non aux sollicitations d’un livre. J’avais six ans et j’ignorais encore que je venais de mettre le doigt dans le plus merveilleux des engrenages : la lecture. Un roman jeunesse, donc, mais pas encore une publication en kiosque. Il faudra attendre quelques mois, deux ans peut-être avant que je ne m’aventure seul dans un bureau de tabac et que j’y découvre une manne encore insoupçonnée : les productions Walt Disney. De fait, si je devais ancrer ma passion du livre, mon bateau ivre s’échouerait ce jour-là, devant ces funnies que je dévorais, immobile et protégé du temps, dans ma chambre d’enfant. Je me souviens des caprices destinés à obtenir, chaque semaine, chaque mois, les aventures de Mickey, Picsou et compagnie. Première étape d’une longue histoire d’amour avec les maisons de la presse.

Bien entendu, il y a eu quelques infidélités ; je me souviens notamment d’un mardi, jour de marché, où, en compagnie de ma mère, je rencontrai un de mes oncles, lequel m’offrit un billet de cinquante francs. Un bonheur n’arrivant jamais seul, je découvris quelques minutes après la caverne dont le petit morceau de papier allait servir de sésame. Plusieurs étals formaient un quadrilatère bancal sur lequel reposaient des cagettes en plastique, remplies à ras bord de publications Lug, Mon Journal, Impéria, Arédit, etc… Ma sensibilité de l’époque me porta directement vers Blek le Roc, luttant contre les troupes anglaises (« les homards rouges ») aux côtés de Roddy et du Professeur Occultis. Je ne le savais pas encore, mais je venais soudain de rejoindre le rang des collectionneurs.

Sur les traces du Fantôme noir ©Walt Disney Company

Sur les traces du Fantôme noir
©Walt Disney Company

Par la suite, j’eus l’occasion d’échanger l’essentiel de mon écurie automobile Majorette™ contre des Zembla. Je n’eus de cesse, alors, de défricher ces nouveaux territoires, inconscient et indifférent à l’existence des librairies et des bibliothèques, mais fasciné par l’offre généreuse des publications en kiosque : Janus Stark, Antarès, Rodéo, Pirates, etc… Ma dette envers les « maisons de la presse » est infinie car, sans elles, je n’aurais sans doute jamais développé cet amour de la lecture… et des comics.

Athée depuis l’adolescence, j’ai néanmoins voué un véritable culte à une divinité celte prénommée LUG. Père de la création et surtout protecteur des Arts, il prêta son nom à une maison d’édition dont l’héritage perdure encore aujourd’hui. J’avais jusqu’à présent « limité » mes lectures aux seuls domaines de l’aventure, du fantastique, de l’humour et de la science-fiction. Nombre de ces titres étaient majoritairement en noir et blanc, notamment les publications Arédit, disponibles au marché susnommé ou chez les bouquinistes que j’aie eu l’occasion de fréquenter durant de longues années (période dérive situationniste), me permettant ainsi de faire de belles économies, mais aussi de compléter ma collection. Leurs prix attractifs, les sommaires copieux m’ont permis de vagabonder à travers la jungle des éditeurs US.

Ainsi, à l’heure où j’écris ces lignes, il ne me viendrait jamais à l’idée de marquer ma préférence pour Marvel ou DC, pour la simple et bonne raison que, contrairement aux générations suivantes, j’ai baigné dans les deux. D’ailleurs, si je conserve une affection toute particulière pour les « mauvais genres », c’est peut-être aussi à cause de titres comme Big Boss, Étranges Aventures, Minuit l’heure des sorcières, etc…

Quand l’adoration des livres conduit au culte d’un dieu païen…

L’ère des Tarzanides ©LUG/SEMIC

Mais revenons à LUG qui « par son intervention, restaure l’ordre et le droit », tout comme les personnages dont je fis connaissance par le plus grand des hasards, au cours d’une visite dans le grenier de mes grands-parents maternels. J’y trouvai, perdu au milieu d’un capharnaüm d’objets obsolètes, plusieurs périodiques Nova mal en point, peuplés de héros aux pouvoirs surhumains, évoquant la mythologie dont j’étais féru à l’époque. Le Tisseur et le Surfeur d’Argent allaient me servir de guides vers les autres publications de l’époque : Strange, Titans, Spécial Strange, Spidey, etc… Oubliés les détectives de la bibliothèque verte, les enquêtes de Mickey, les Tristus et les Rigolus, j’eus l’impression d’avoir retrouvé la corne d’abondance. Chaque titre était l’occasion de merveilleuses rencontres, parfois aussi de belles retrouvailles, notamment avec Jack Kirby, dont je n’aurais manqué pour rien au monde les aventures des Fantastiques et des X-Men. N’ayant pas de gros moyens, il me fallut compter sur la générosité de mon grand-père (paternel, cette fois) pour, de temps à autre, m’offrir un album relié chez le buraliste. J’en profitais pour jeter un oeil gourmand sur les autres titres de l’éditeur, espérant pouvoir tous me les acheter, mais bien conscient des limites de ma bourse.

Contrairement à nombre de lecteurs, je n’aimais pas beaucoup les épisodes mélodramatiques de la vie de Peter Parker, lui préférant les sagas du Dieu du Tonnerre (la mythologie, toujours), la noblesse christique du Silver Surfer ou les venelles interlopes de Hell’s Kitchen dessinées par Gene Colan. Je ne voulais pas d’un adolescent me rappelant mes propres revers avec les filles, ma timidité maladive et toutes les plaies de cette période ingrate qui donneront naissance à un adulte de la classe moyenne. Tout au contraire, je rêvais d’enfiler l’armure de Tony Stark, de posséder son charme et peut-être aussi son compte en banque. Voyageur immobile, je suivais, frémissant, les exploits de Reed Richards et de sa famille confrontés à Diablo, Dr. Doom ou Red Ghost. Je m’identifiais aussi à ces jeunes mutants incompris, luttant contre la haine et pour le droit à la différence. Bien sûr, je n’avais pas toujours conscience du message sous-jacent, mais un bon dessinateur et une bonne bagarre suffisaient amplement à mon bonheur. La période LUG a donc été pour moi une époque privilégiée, même si la majorité des titres proposés provenaient de Marvel. J’avais pourtant pris plaisir aux histoires de DC comics, ce qui explique sans doute que j’ai beaucoup de mal à comprendre, aujourd’hui, cette propension maladive des fans à vouloir choisir un camp. Par chance, il me restait les publications Arédit/Artima qui favorisaient l’alternance comme aujourd’hui Panini et Urban.

Nietzsche et le Surhomme  ©LUG/SEMIC

Nietzsche et le Surhomme
©LUG/SEMIC

Un autre aspect important des parutions en kiosque, c’est qu’elles ont tôt fait de vous transformer en collectionneur, archiviste, historien, voire en érudit. Ma passion était telle que mon argent de poche me servait, chaque samedi, à trouver de nouvelles acquisitions, aussi bien chez le buraliste que chez les bouquinistes. Ces heures passées dans la poussière et les bacs de livres comptent parmi mes meilleurs souvenirs. C’est une forme de nostalgie que je considère comme acceptable, parce qu’elle n’a rien de dogmatique.
Ces lectures, trop souvent décriées par les adultes qui n’en lisent pas, m’ont donné le goût du livre, de la littérature en général. C’est à elles aussi que je dois d’avoir repris l’apprentissage de l’anglais en autodidacte, pour mieux savourer les titres censurés par la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, mais aussi profiter de l’offre plus importante des catalogues US. Autre avantage, non négligeable, elles m’ont permis de nouer de belles et solides amitiés au fil des années.

À mes yeux, le principal atout des PF (petits formats) était de proposer majoritairement des histoires complètes. Une grande partie de mon plaisir était de savourer chaque mois (le délai de parution aussi pouvait varier) une aventure de mon personnage favori (Ombrax, Zembla, Puma Noir, Capt’ain Swing) sans avoir à attendre le prochain numéro pour connaître la fin. De même pour nombre de parutions Arédit, notamment Big Boss ou les titres estampillés Horreur qui contenaient parfois plus d’une dizaine de short stories ne dépassant pas la dizaine de pages. Il est vrai que les épisodes étaient publiés de manière anarchique, les planches souvent re-découpées, certaines passant même à la trappe et il faudra attendre bien des années avant que l’auto-censure ne devienne obsolète. Simplement, avec l’arrivée des publications LUG, le lecteur a fait connaissance avec un concept endémique : la continuité. Outre les fameux À suivre en fin d’épisode, favorisant la frustration autant que la fidélité, le récit est passé d’une suite d’épisodes indépendants à une histoire sans fin, insensible aux changements ponctuels de numérotation. L’offre a commencé à influer sur la demande.

Voyages vers l’impossible ©Arédit

Voyages vers l’impossible ©Arédit

Malheureusement, ce qui était vrai pour les lecteurs de ma génération, n’est plus d’actualité aujourd’hui. Au fil des années, nombreux furent les éditeurs à mettre la clé sous la porte. L’offre s’est réduite à une peau de chagrin et le scandale de Prestaliss  a forcé les principaux acteurs du secteur à modifier leur offre en réduisant leur présence dans les kiosques. Il est vrai que les prix restent abordables, mais objectivement, et quoi qu’en dise la minorité vociférante sur les réseaux sociaux, le nombre de lecteurs n’a cessé de chuter au fil des années. On pourra vainement s’interroger sur la nécessité de proposer des titres qui paraîtront par la suite en librairie, d’autant que le format rigide semble être devenu tendance chez les collectionneurs, on pourra concomitamment regretter l’absence d’une politique plus axée sur les inédits et la complémentarité, mais le débat viendrait trop tard. La surproduction actuelle n’est sans doute pas non plus étrangère à cette désaffection du public qui préfère sans doute se tourner vers une offre plus ciblée (un album = un personnage)plutôt que payer pour un contenu qui ne les satisfait pas entièrement. La demande a repris le pouvoir.

 

Né en 1971, j’ai eu l’occasion d’assister au lent déclin des parutions en kiosque, moins choqué par la nouvelle politique éditoriale de Panini et Urban qu’attristé par l’inexorable extinction des petits formats qui m’ont donné le goût de la lecture. Certaines initiatives ponctuelles tentent de ressusciter cet engouement, mais oublieuses du caractère populaire de ce loisir, leurs prix restent trop souvent prohibitifs, surtout quand certains opportunistes tentent de thésauriser sur la nostalgie. J’aurais souvent l’occasion de le dire dans mes chroniques, la philosophie du « c’était mieux avant » n’a aucune valeur à mes yeux. L’évolution du marché implique certains sacrifices. Pour autant, je me refuse à voir cette culture populaire disparaître ou être prise en otage par des vautours avides de bénéfices rapides. L’offre de Glénat avec la collection 2 heures et demi représente à mes yeux la meilleure approche pour proposer Blek, Janus Stark, Dylan Dog, etc… à un nouveau public. En soi, elles n’ont absolument pas vieilli, mais leur manque de visibilité les condamne à l’oubli.

La disparition des titres « redondants » en kiosque n’est donc pas un problème en soi. En revanche, nous devons veiller à protéger et préserver le fonds culturel que représentent les petits formats. C’est d’autant plus difficile que, une fois ma génération disparue, il n’y aura peut-être plus personne pour reprendre le flambeau tout en respectant son essence populaire.

Cela étant, l’existence même des maisons de la presse peut-être aujourd’hui remise en cause sur le moyen terme. La perte du marché de la cigarette (malgré quelques irréductibles gaulois(es)) a obligé la profession à s’adapter et à trouver de nouvelles sources de revenus. Le scandale de Prestaliss met aussi en avant la crise de la presse papier en général. La disparition des PF en kiosque est quasiment entérinée et le changement d’offre des éditeurs de comics ne doit pas nous faire oublier que le lecteur ne va globalement rien y perdre au change. La surproduction en librairie est déjà un fait patent et la situation financière des artistes du terroir assez alarmante pour qu’on cesse de s’apitoyer, parfois de manière hypocrite, sur la disparition de quelques publications, en partie redondantes, qui ne trouvent plus leur public. De manière plus personnelle, je continue à lire des albums traduits de l’américain, mais depuis quelques années, je privilégie la VO. Il m’arrive aussi de profiter de la manne du téléchargement illégal, comme tout un chacun, mais sans que cela m’empêche de rester attaché au support papier. Une page se tourne, c’est certain, mais l’offre n’a jamais été aussi riche et il me semble normal, puisque nous donnons notre argent, de reprendre la main et de consommer différemment. Le lecteur a un véritable pouvoir sur la politique éditoriale, il est temps qu’il en use avec sagesse, sans bashing, ni faux débats.

L’ultime avatar ?  ©Urban Comics/Dargaud

L’ultime avatar ?
©Urban Comics/Dargaud

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La fin des kiosques et l’affaire Prestalis inspirent à notre nouveau contributeur Ozymandias une élégie des années Lug / Artima et autres petits formats. C’est à lui qu’incombera la lourde tache d’ouvrir la saison en plus de la boite à souvenirs chez Bruce Lit.

Les kiosques ? Qui s’en soucie encore, c’est les papiers d’hier !

47 comments

  • Lionel GARCIA  

    Très bel article Ozymandias. Etant né en 1971, je me retrouve totalement dans ta perception. Hormis deux détails :
    Je suis entièrement d’accord avec ton propos sur la collection 2 heures et demi de Glénat. Malheureusement celle-ci a été un échec. Et quand on voit la difficulté d’avoir les titres Bonelli en France (hors considération goût), on peut craindre que tout ce pan d’une bande dessinée populaire en noir et blanc tendent à disparaître faute de lecteurs en librairie.

    Et je suis convaincu, par contre, qu’avec la disparition de l’offre en kiosque, les lecteurs perdent quelque chose d’essentielle : la proximité avec la BD. Si il n’y avait pas eu de publications kiosques dans mon enfance, je n’aurai jamais pu avoir axé -géographiquement et économiquement- à la Bande Dessinée.

    Et je pense que Panini et Urban -même si je peux comprendre leurs choix- risquent de se mordre les doigts dans les prochains mois concernant leurs ventes. Tout le monde ne peut pas aller en librairie. Dernièrement, j’ai voulu acheter Marvel Legacy Epics 1, le temps que je puisse aller en libraire le titre était épuisé ainsi que sur le net.

  • Ozymandias  

    Je ne suis malheureusement pas certain que les éditeurs s’en mordent les doigts. Panini augmente une nouvelle fois ses prix, on peut craindre que le public jeune préférera opter pour la librairie et des titres thématiques. Un album consacré uniquement à Batman, sans Batgirl et Catwoman, ça parle plus à un adolescent (là, je me réfère à mon propre fils). J’ai de mauvais souvenirs de l’époque SEMIC qui nous abreuvait de séries TOP COW titillant les bas instincts de l’ado/adulescent. Il y a eu, il y a des erreurs commises au niveau de la politique éditoriale. Aujourd’hui, les titres féminins sont empreints de féminisme et les personnages ne sont plus SEULEMENT des objets sexuels, mais attirent-elles le public masculin ? Je n’ai pas les connaissances requises pour me prononcer.

    Le problème avec les périodiques, c’est que le concept du reboot, du relaunch favorisent la création de collector, donc de la spéculation, aussi bien chez les amateurs que les professionnels. J’ai déjà observé des clients acheter plusieurs exemplaires d’un n°1 pour le revendre quelques semaines plus tard. Je connais des amis prêts à débourser une coquette somme pour compléter leur collection. Nous sommes dans un système consumériste où la lecture est la quatrième roue du carrosse.

    L’autre problème en France est qu’un premier échec est souvent le dernier. Vous tentez, comme SEMIC, d’imposer des séries comme CONCRETE, NEXUS, etc… mais c’est un échec. Du coup, le titre en question porte un boulet NON BANKABLE pendant des années. D’autant plus que le petit monde de l’édition est très petit et qu’on retrouve souvent les mêmes noms. Donc si Mr. X en 1990 a constaté chez SEMIC que Nexus n’a pas fonctionné, une fois embauché ailleurs, il va continuer à véhiculer cette mauvaise réputation. C’est du moins la seule raison valable qui explique pourquoi ce chef-d’oeuvre n’est pas encore disponible chez nous.

    On fait peser une lourde responsabilité sur le dos des lecteurs, mais la surproduction actuelle limite les achats. Un portefeuille, même quand on dispose d’un salaire régulier, n’est pas une corne d’abondance. Il faut faire des choix : ce sont les kiosques qui en pâtissent.

    Concernant Bonelli, je crois me souvenir qu’il y a eu une désaffection de l’éditeur italien pour se concentrer sur le marché italien (à vérifier). Encore une fois, la collection 2 heures 1/2 n’était peut-être pas intéressante à l’époque de sa parution, mais peut-on être certain d’une récidive de l’échec aujourd’hui ? Là encore la surproduction fausse les données.

    Pour conclure, je pense que la passion des PF était avant tout d’ordre générationnel. Les jeux vidéo, les mangas, entre autres, ont eu une incidence sur les habitudes de lecture, voire la pratique de la lecture. Mon fils, par exemple, lit sur son portable (c’est une hérésie à mes yeux, mais c’est comme ça). Le problème des passionnés, et j’en fais partie malgré tout, est qu’ils ont une vision solipsiste du marché. Nous aimons donc ça doit se vendre. Non, ce n’est malheureusement pas ainsi que le système fonctionne et il faudra bel et bien nous résoudre à assister aux funérailles d’une époque. C’est triste, mais d’autres merveilles nous attendent déjà, sans compter les souvenirs, nos collections et le partage avec la communauté.

    Cela ne doit pas non plus nous faire oublier que les couvertures variantes, les éditions collector et autres gimmicks du merchandising grèvent notre budget. Quand on sait que toutes les couvertures peuvent être récupérées gratuitement et LÉGALEMENT sur la Toile, pourquoi acheter cinq fois le même périodique ?

    Nous avons le pouvoir de dire NON à certaines pratiques et d’imposer certaines choses aux éditeurs. La seule chose à craindre c’est que ce loisir populaire devienne le privilège d’une élite.

    • Matt  

      « J’ai déjà observé des clients acheter plusieurs exemplaires d’un n°1 pour le revendre quelques semaines plus tard. »

      ça ce sont les scalpers, c’est un peu le cancer ces mecs mais bon…difficile de les en empêcher. Certains éditeurs de jeux-vidéo qui sortent des versions physiques d’un jeu en tirage limité interdisent par exemple plus de 2 exemplaires achetés par compte client.
      M’enfin après j’imagine qu’en créant plusieurs comptes, certains arrivent à en acheter plus malgré tout.
      Et résultat, quand le stock est épuisé, on trouve à 150€ un jeu qui coutait 20€. Parce qu’il est épuisé.
      Il y en a surement qui font ça avec Panini aussi vu qu’ils font des tirages limités de leurs comics librairie.

  • Lionel GARCIA  

    Je suis toujours d’accord avec toi. Et mon expérience de libraire m’ a confirmé que la passion ne fait pas obligatoirement vendre et que nous vivons la fin d’une époque. Et la seule chose que je regrette et qui arrive « c’est que ce loisir populaire devient le privilège d’une élite. »

    La fin des kiosques signe la fin d’une bande dessinée populaire tant par le prix que par l’accessibilité géographique.

  • Ozymandias  

    La culture nécessite quelques efforts, c’est évident, mais pas nécessairement financier. Je pense plutôt à la motivation de l’enfant à qui l’on raconte des histoires de manière passive, et qui se complaît dans le plaisir de répétition, mais qui finit par s’affranchir de cette tutelle et, c’est tout le mal qu’on lui souhaite, qui finit par s’intéresser aussi bien à la BD qu’à la littérature blanche. Le problème est que si, dès ses premiers pas en tant que lecteur indépendant, il se retrouve freiné dans ses découvertes par l’argument financier, on peut douter qu’il poursuive l’aventure… Au final, les éditeurs se tirent une balle dans le pied. Quant à la centralisation des espaces culturels, réels ou virtuels, elle menace les petits artisans du 9e Art.

  • Jyrille  

    Tout d’abord, bienvenue Ozymandias ! Beau pseudo que voilà… je rejoins mes camarades : belle plume, donc belle forme, mais beau fond surtout. Je te rejoins totalement sur l’adaptation de la lecture et sur les changements que nous, lecteurs, devrions pouvoir infléchir. Il me semble que les ventes de manga sont toujours très bonnes en France (mon fils en est un très bon exemple, il possède déjà plus de 250 mangas à 17 ans), mais du côté des franco-belge, la demande est moins forte. Quant aux comics, c’est une niche dont quelques titres surnagent en explosant tous les compteurs.

    Les Tristus et les Rigolus : bon sang ! Je les avais oubliés. Ils étaient dans Mickey ou dans Spirou ? En tout cas, ça me parle. Je n’ai pas été baigné dans les petits formats, j’ai surtout le souvenir de quelques zembla et de quelque fumetti pornographiques piqués à mon oncle. A l’époque, je n’avais pas vraiment accès aux kiosques. C’est pourquoi ma mère m’achetait chaque semaine mon Spirou et avant ça, mon Pif (ou alors j’y étais abonné). La seule boutique qui vendait un peu tout et n’importe quoi (« La bimbeloterie », que nous nommions personnellement d’après le nom de la vieille taulière dont j’ai oublié le nom) avait quelques magazines, mais rien pour moi…

    Je n’ai pas encore passé le cap du téléchargement. Cela m’est arrivé, mais je n’ai pas pris cette habitude. Je crois que tout comme toi, je suis très attaché aux livres, à l’objet. Le dernier jour des vacances, avant de reprendre le ferry, mon fils et moi avons trouvé une super librairie Album. On y est resté une heure avec des étoiles dans les yeux et nous en sommes repartis allégés de quelques euros…

    Quoiqu’il en soit, c’est une superbe carte de visite que tu nous présentes, et j’espère que tu parleras encore de ces petits formats que je ne connais pas assez. Welcome !

    • Ozymandias  

      Merci pour ce chaleureux accueil. Les Rigolus et les Tristus est une série qui paraissait dans PIF GADGET. C’est ne création de Jean Cézard qui nous donna aussi Arthur, le fantôme justicier.

      Oui, le format papier conservera toujours une place à part dans mon univers de lecteur. J’ai opté pour le numérique à cause de la place qui vient immanquablement à manquer, mais ça ne me dispense pas de passer régulièrement en librairie.

      Je ne critique pas les mangas, je suis moi-même un lecteur assez éclectique et je préfère encore voir mon fils lire des BD japonaises qui ne rien lire du tout. Il existe, comme dans tous les domaines, des titres commerciaux (mon fils affectionne les productions JUMP, en rapport avec ses jeux vidéo) et des oeuvres plus littéraires, plus profondes.

  • Tornado  

    Les « Rigolus & les Tristus » étaient dans les recueils « Pif Parade Comique » (dont j’ai parlé dans mon article ici même sur Pif Gadget).
    Je me souviens aussi que je lisais à l’époque une BD où les personnages étaient des pieds, des mains et des culs. Si quelqu’un est capable de me dire ce qu’était cette série oubliée, il aura ma reconnaissance éternelle…

    Les fumetti pornographiques ont constitué ma première approche de la sexualité lorsque j’avais environ 8 ou 9 ans. Les PF en question étaient planqués en haut de l’armoire dans la chambre de mes parents ! J’en ai trouvé récemment quelques exemplaires dans un festival de BD. C’est assez mauvais, mais plutôt bien dessiné ! :D
    J’ai songé un temps à en faire un article, mais je ne suis pas sûr que ça en vaille le coup.

    • Matt  

      Tu sais j’ai chroniqué Necron moi^^
      Mais bon dans un sens c’est fendard Necron. Pour le WTF total super gore et pervers du truc bien nanardesque. Mais alors vaut mieux pas que ce soit la première approche de la sexualité de quelqu’un !^^

      Pour ta BD avec des pieds et des culs…euh…t’as pas plus précis ? Tu ne sais plus dans quel magazine tu as lu ça ? Couleur, noir et blanc ? Pour adulte ?

      • Tornado  

        Au milieu d’une revue GF. Papier glacé. Couleur. Quelque pages. Aucun autre souvenir…

        • Matt  

          Sacré défi de retrouver ça. Peut être que tu peux demander sur le site BDoubliées.

  • Jyrille  

    Merci pour la précision, Tornado ! J’avais oublié, vois-tu, y compris ton article (mais bon, tu te connais, tes articles sont tellement longs que forcément, j’en oublie des passages… une fois, je me suis chronométré pour en lire un (il y a quelques mois, un de tes articles ciné) : 25 minutes de lecture)…

    Je n’ai pas parlé de la BO : une chanson sympa d’un album que je n’ai toujours pas acquis et que je ne connais pas vraiment. Peut-être un jour.

    • Bruce lit  

      C’est la chanson qui m’a fait venir aux Stones. C’était l’époque de leur réédition en SACD et je trouvais la photo de l’album superbe. Between The Buttons est mon premier album Stones.

        • Patrick 6  

          Effet Jyrille, l’article sur les pochettes de Despeches Molles est excellent ! J’ai enfin compris pourquoi la réédition du vinyle de Broken Frame (top 10 des plus belles pochettes du monde) était légèrement différente de l’original… Par contre Bruce je ne vois pas trop pourquoi tu aimes la photo de l’album Between The Buttons tant elle est plutôt quelconque… (hein comment ça elle ressemble à 17 seconds ?? ^^)

          • Jyrille  

            Merci Pat ! Content de t’avoir fait plaisir.

            Autre question : le logo de Ozy, c’est bien un warning ? En tout cas l’image du parfum Nostalgia est on ne peut plus pertinente et belle.

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