HALLOWEEN STYLE (Tim Burton)

BEETLEJUICE + EDWARD AUX MAINS D’ARGENT + SLEEPY HOLLOW, par Tim Burton

Un article de TORNADO

On se fait une soirée VHS pour Halloween ?
© Warner Home Video, Fox Video, Paramount Pictures
Source :  Depop, Amazon, Back To The Media

Cet article portera sur trois films de Tim Burton à très grosse résonance halloweenienne : BEETLEJUICE, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT et SLEEPY HOLLOW.

Il y a déjà des articles sur le blog dédiés à certains opus de la filmographie de l’éternel garnement d’Hollywood, notamment un, consacré à ses deux BATMAN, et un autre, à son DARK SHADOWS. Soit trois adaptations.

Parions qu’il y en aura d’autres dans un avenir plus ou moins indéfini. Pour l’heure, nous vous proposons d’éclairer la lanterne d’Halloween en parlant de l’un des auteurs les plus en phase avec cette pure fête de geeks…

Ne répétez jamais trois fois Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice !!!
© Warner Bros Pictures

BEETLEJUICE

Tim Burton réalise BEETLEJUICE en 1988. C’est son deuxième long métrage, après PEE WEE’S BIG ADVENTURE (1985) et juste avant  BATMAN (1989).

Voici la première œuvre séminale du « style Tim Burton » (si l’on excepte ses courts métrages de jeunesse, VINCENT et FRANKENWEENIE en particulier), qui dévoilait soudain son univers si particulier, sorte de mélange entre une galerie gothique tout droit sortie d’une fête d’Halloween, de poésie lunaire un peu adolescente et de références à un cinéma de série B.
Certaines des thématiques récurrentes et autres parti-pris esthétiques du réalisateur sont instantanément présents : Les morts qui côtoient les vivants, les divers motifs visuels (carrelages en damier noir et blanc, habits à rayures, spirale), les perspectives déformées surréalistes, la demeure isolée du reste de la ville (souvent un manoir sur une colline), le pont en forme de passage (symbole de l’entre-deux mondes), et surtout deux quasi-invariables : La figure du marginal, ici interprétée par la jeune Winona Ryder, qui incarne le stéréotype de l’adolescente gothique aux yeux cernés de noir, fascinée par le monde des morts. Et la musique de Danny Elfman, aux accents étranges et joyeusement lugubres, comme si on était à la fête des sorcières !



Ici, pas question de faire peur. Toute cette imagerie macabre et perverse (le personnage de Beetlejuice est un immonde vicelard écœurant !) n’est qu’un prétexte pour rire de la mort et des peurs enfantines, exactement comme à la fête d’Halloween dans le contexte moderne des pays anglo-saxons.
Puisque le film est un hallucinant cocktail de délire surréaliste, Burton profite de cette liberté d’expression pour rendre hommage aux œuvres de Ray Harryhausen en privilégiant les effets spéciaux « image par image » à l’ancienne, insistant lourdement et volontairement sur leur côté factice (les spectateurs prétendant que tout cela est « mal fait » seraient bien entendu complètement à côté de la plaque…).
Dans un ordre d’idées similaire qui consiste à citer les « anciens », le réalisateur rend également un hommage appuyé au chanteur Harry Bellafonte et au Calypso, genre musical complètement tombé dans l’oubli, mais très à la mode dans les années 60 !

Avec BEETLEJUICE, Tim Burton s’impose dès lors comme un auteur amoureux de la mythologie populaire et des « oubliés » de cette contre-culture, ainsi que de la magie de l’enfance et des délires de geeks. Derrière son apparente innocence et sa forme incongrue de bizarrerie cinématographique, BEETLEJUICE est pourtant un authentique film d’auteur !
Mention spéciale à l’acteur Michael Keaton, qui interprète une ordure attachante unique en son genre. Il donne ainsi la réplique aux jeunes Winona Ryder, Alec Baldwin et Geena Davis. A noter également la présence de Jeffrey Jones, l’un des acteurs récurrents de la filmographie burtonienne…

Et toutes les adolescentes étaient amoureuses du beau ténébreux…
© 20th Century Fox

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT (EDWARD SCISSORHANDS) est réalisé en 1990. Souvent considéré comme le chef d’œuvre de son auteur, il s’agit en tout cas du film qui illustre le plus profondément sa filmographie et ses thématiques récurrentes.

Le pitch : Edward est un individu différent à plus d’un titre : Créé de toute pièce par un savant telle la créature de Frankenstein, mais non achevé, il possède des ciseaux à la place des mains. Il a vécu seul toute sa vie dans un manoir, isolé du reste du monde…
Doté d’un look qui hésite entre celui de The Crow et celui du chanteur de The Cure, il trimballe sa figure gothique d’éternel adolescent marginal et solitaire, comme Tim Burton les affectionne.
Invité chez une famille affable au cœur d’une petite banlieue résidentielle, il séduit d’abord les gens par sa différence, avant d’être exclu de la société pour les mêmes raisons…

D’un simple point de vue scénaristique, il y aurait beaucoup à dire sur la profondeur thématique et philosophique du film : Le fait qu’Edward exerce son art (de sculpteur) en premier lieu sur des végétaux, puis sur des animaux et enfin sur des humains, avant d’être banni de la communauté et de ne plus sculpter que des minéraux et plus exactement de la glace, en dit long sur le parcours initiatique de cet éternel adolescent à la recherche de sa propre identité…
C’est ainsi que Tim Burton, qui avoue dès le départ s’inspirer de sa propre adolescence marginale au cœur d’une banlieue similaire, développe un éloge de la différence, en condamnant sans équivoque cette « norme » (au sens de normalité sociale), qui s’impose comme l’ennemie d’une certaine forme de pureté et de vérité. Dans ce contexte, évidemment, le droit à la différence est inconcevable et finalement impossible.
Il faut voir évoluer cette petite ville, véritable suburb métaphorique, d’abord uniforme, puis transformée physiquement par la personnalité originale d’Edward, devenir glaciale et menaçante au nom du refus de la différence !


La forme du récit, basée sur celle des contes de fées (une vieille narratrice raconte l’histoire à une petite fille), est une idée brillante puisque, depuis toujours, les contes ne sont que des paraboles sur la cruauté de l’existence, en contrepoint de laquelle ils servent d’initiation et d’exutoire.
D’un point de vue plastique, Burton se montre également très convainquant dans sa manière d’utiliser les couleurs et toute la symbolique qui en découle, opposant régulièrement le noir et le blanc à toute une gamme de teintes pastel (la fadeur acidulée de la petite bourgeoisie américaine), avant que la personnalité d’Edward, qui refoule sa colère en sculptant avec frénésie des statues de glace depuis son manoir haut-perché, ne recouvre cette banlieue hostile d’une pellicule de neige purifiante et immaculée, effaçant toute note colorée…

Film d’auteur complet dans le fond et dans la forme, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT est probablement le film le plus abouti et le plus profond de son auteur. Il marque la naissance d’un univers poético-gothique qui fera école, en même temps que la convergence d’une poignée d’artistes apparemment faits pour se rencontrer. Johnny Depp inaugure en effet sa longue collaboration avec son réalisateur fétiche, qui lui offre par la même occasion un tremplin indiscutable pour sa carrière d’acteur de premier plan. Le compositeur Danny Elfman, quasiment présent sur tous les films de Burton, réalise ici son plus beau score. S’inspirant du CASSE-NOISETTE de Tchaïkovski, il crée un univers musical unique, entre le conte de fées et le conte lugubre, façon Halloween…
Jamais par la suite le réalisateur ne retrouvera cette profondeur philosophique et cette mise en scène à la richesse thématique aux multiples symboles. Plus tard, ses figures marginales connaitront d’ailleurs un parcours initiatique inverse, pour finir intégrés dans le système social, un peu à l’image de sa filmographie…

Pour finir, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT est un hommage à l’acteur Vincent Price, célèbre pour avoir interprété les adaptations des œuvres d’Edgar Allan Poe dans les films de Roger Corman. Ce vétéran des films d’horreur, idole de Tim Burton depuis son enfance, joue ici son dernier rôle (le vieux savant qui donne la vie à Edward, mais qui meurt de vieillesse avant de pouvoir achever son œuvre…). Il était déjà la principale source d’inspiration du réalisateur lorsque celui-ci tourna VINCENT, l’un de ses premiers courts-métrages (disponible dans les bonus DVD de L’ETRANGE NOËL DE MR JACK)…

Halloween spirit !
© Paramount Pictures

SLEEPY HOLLOW

LA LEGENDE DU CAVALIER SANS TÊTE selon Tim Burton, voilà de quoi alimenter les fantasmes de tout cinéphile amateur de contes gothiques dans la grande tradition des fêtes d’Halloween !
Au départ, il y a le livre de Washington Irving (publié en 1820). Et puis le dessin animé de Walt Disney (un moyen-métrage couplé avec une autre adaptation (LE VENT DANS LES SAULES de Kenneth Grahame) intitulé LE CRAPAUD ET LE MAITRE D’ECOLE) réalisé en 1949. Pour les américains, cette histoire de cavalier sans tête qui s’en prend à celles des pauvres ères dans la petite commune de Sleepy Hollow est une véritable institution, indissociable de la fête des morts !

SLEEPY HOLLOW est le huitième long-métrage de Tim Burton (ainsi que sa troisième collaboration avec l’acteur Johnny Depp). C’est une période un peu spéciale pour lui puisque le film est réalisé en 1999, entre MARS ATTACKS (1996) et LA PLANETE DES SINGES (2001), soit deux de ses films les moins représentatifs de sa signature si particulière.
Pourtant, SLEEPY HOLLOW est un film burtonnien en diable, et pas qu’un peu ! Il s’agit ni plus ni moins de la déclaration d’amour du réalisateur adressée au cinéma horrifique de sa jeunesse, auquel il voue un véritable culte, une passion sans limites : celui des années 50 et 60. A cette époque, un trio de pays (les Etats-Unis, l’Italie et la Grande-Bretagne) produit une impressionnante série de films d’horreur profondément gothiques, peuplés de goules et de vampires. Aux Etats-Unis, ce sont les films de Roger Corman dont on parlait plus haut. En Italie, les films de Mario Bava et d’une poignée de réalisateurs transalpins. En Angleterre, enfin, ce sont les productions de la Hammer Films, qui reprennent les grandes figures de la littérature horrifique (à commencer par FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE et LE CAUCHEMAR DE DRACULA).

SLEEPY HOLLOW est donc une succession de tableaux qui rendent tour à tour un hommage flamboyant à ces films représentatifs du cinéma fantastique et horrifique d’une époque toute entière, qui s’épanouissaient dans une somptueuse matérialisation graphique, tantôt dans un noir et blanc expressionniste inspiré des classiques des années 30, tantôt baignés d’une gamme de couleurs vives aux contrastes tout aussi appuyés. Dans cette volonté de brosser des tableaux, on trouve même des toiles de maître puisqu’au détour de certaines images, Buron reconstitue ouvertement l’univers visuel de Johannes Vermeer, notamment la célèbre JEUNE FILLE A LA PERLE.
Durant 105 minutes, le spectateur est livré à des compositions picturales aussi splendides que ténébreuses, d’une perfection esthétique rarement atteinte sur un écran de cinéma, le tout rehaussé, comme d’habitude, par la musique funèbre et lyrique de Danny Elfman.
Et puisqu’il s’agit d’un film d’horreur, Burton et son équipe n’hésitent pas à traiter cet élément de manière frontale, livrant une saisissante série de scènes gores, d’une noirceur contrebalancée, juste ce qu’il faut, par un humour tout aussi noir…


Beaucoup de critiques ont vu dans SLEEPY HOLLOW une très belle mise en forme, digne d’un travail d’orfèvre, mais ont reproché à Tim Burton une toile de fond plutôt légère, à travers laquelle le réalisateur ne laissait percer que quelques unes des thématiques récurrentes que l’on retrouve dans la plus-part de ses films. A bien y regarder, il y a pourtant beaucoup d’éléments intéressants. Il y a tout d’abord le déploiement de certains de ses motifs visuels principaux (la spirale, l’arbre décharné), ainsi que le pont en forme de passage. Il y a ensuite le thème principal de Burton, celui du marginal esseulé (le personnage interprété par Johnny Depp, lunaire et incompris de ses supérieurs, traumatisé par une enfance épouvantable). Mais il y a surtout une nouvelle thématique qui reviendra sans cesse dans la suite de sa carrière : celle de l’absence, ou du déni du « père ».
Accuser le scénario d’une certaine vacuité sous prétexte qu’en soignant ses compositions picturales avec maniaquerie, Burton et ses scénaristes ont un peu délaissé la toile fond devient dès lors un non-sens, tant les éléments fédérateurs de sa filmographie sont ici réinjectés avec beaucoup de cohérence. Et puis le script n’est pas si mal, certes classique (une sombre histoire de vengeance teintée de sorcellerie), mais qui recèle de belles résonnances sur l’opposition entre la raison et le surnaturel (un policier qui réfléchit plus que les autres se retrouve opposé à un meurtrier sans tête !), avec une réflexion tout à fait intéressante sur la frontière entre la science et les croyances. Ichabod Crane (Johnny Depp) est un enquêteur aux méthodes rationnelles, à la pointe de la technologie et en avance sur son temps. Il sera néanmoins confronté au surnaturel, obligé ainsi de redéfinir les fondements de son existence, jusqu’à replonger dans un passé enfoui dans les limbes de l’oubli. Ce sera finalement l’amour d’une sorcière qui lui permettra d’évacuer tous les cauchemars qui le tourmentaient jusqu’ici…
Soit, en définitive, une toile de fond tout à fait adaptée au traitement iconique, gothique et ténébreux du réalisateur, même si elle a tendance à être parfois éclipsée par ces tableaux noirs et baignés de brumes…

Mais la plus grande réussite de SLEEPY HOLLOW réside peut-être dans son état d’esprit, au carrefour des cauchemars et des contes de fée. Avec un sens de l’alchimie unique, le réalisateur parvient à faire converger toutes les influences relevées plus haut dans une œuvre-somme où se retrouvent tous les éléments que l’on aime dans les fêtes d’Halloween, lorsque les obsessions morbides qui sont les nôtres sont transformées en fête cathartique, où la beauté lugubre de ces images gothiques devient si parfaite qu’il est possible de s’en délecter, d’en rire et d’en apprivoiser les noirceurs.
En définitive, tout cela n’est pas si mal pour un film souvent qualifié d’œuvre mineure dans la filmographie de son auteur, non ?

En bonus: la version Disney !

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La BO du jour

Qui a peur de la peur ?

32 comments

  • Bruce lit  

    Eh !
    Pour une fois, je les ai tous vus ! ET globalement tous aimés, même si dans mon souvenir BEETLEJUICE m’était apparu comme trop grand-guignol. Mais n’étant pas connaisseur de tous les Hammer je suis surement passé à côté.
    EDWARD : film parfait, rien à dire. Quant on se rappelle d’un film 30 ans après sa sortie, c’est plutôt bon signe. Si j’ai l’occasion de le faire, je le regarderais volontiers avec les enfants. Tu l’as fait avec les tiens ?
    Je ne me rappelais pas que le film avait une portée autobiographique.
    SLEEPY HOLLOW : ah, c’es années VHS ! Tim Burton, c’était une valeur sûre en Vidéo Club. Je me rappelle que le film avait déçu. Je l’avais trouvé chouette même si pour le coup je ne me rappelle que du couple Depp- Ricci.
    Mon préféré de Burton restera cependant ED WOOD.
    Merci en tout cas pour cette review ludique au pied levé.

    • Tornado  

      Avec les enfants on a regardé pour l’instant BEETLEJUICE et L’ETRANGE NOËL DE MR JACK, avec une nette préférence, de leur part, pour le 2°.
      Cet article m’a donné envie d’en faire d’autres sur Burton.
      Il pourrait y en avoir un pour les animations en pâte à modeler (L’ETRANGE NOËL, LES NOCES FUNEBRES et FRANKENWEENIE), un pour les films qui traitent vraiment de l’absence du père (BIG FISH, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, SWEENY TODD), un pour les blockbusters (MARS ATTACKS !, LA PLANETE DES SINGES, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES), un sur les artistes ratés (ED WOOD, BIG EYES). Un sur le Burton absorbé par le système (DARK SHADOWS, MISS PEREGRINE, DUMBO). Y a de quoi faire…

      • Bruce lit  

        Sacrée filmo quand même.

        • Jyrille  

          Ah oui Dumbo était très bien ! Mais pas trop burtonien je trouve… A part Micheal Keaton et Danny DeVito ^^

          • Jyrille  

            Quant à mes enfants, ils étaient juste assez âgés pour voir Charlie et la chocolaterie, au cinéma. Je me répète, mais c’est un des trois DVD que j’ai dû racheter faute d’usure (alors que le premier Spider-Man non, ce qui m’étonne). Ils ont dû voir L’étrange Noël de Mr Jack aussi peu de temps après, ils aimaient bien.

            J’ai récemment vu pour la première fois le GRINCH avec Jim Carrey, et je le trouve très réussi mais également très burtonien. Ma fille l’a beaucoup regardé enfant.

            On a tous adoré Ms Peregrine. Toujours pas vu les Noces funèbres mais pareil je crois qu’il est sur Netflix.

          • Tornado  

            Ah oui bien sûr ! J’ai aussi regardé CHARLIE avec mon fils, j’avais oublié ! Il a adoré.

  • Matt  

    Que dire ?
    Bah…rien.
    J’aurais pas pu dire mieux. Je suis 100% d’accord sur tout.
    Apparemment Sleepy Hollow n’avait pas eu un gros succès aux USA, mais pas mal de spectateurs n’avaient pas saisi les références à la Hammer. Ces américains qui ont le nez dans leurs films ne connaissent pas tous les films d’horreur anglais.
    Mais il est évident que ces films sont des hommages, et une déclaration d’amour au cinéma de la part de Burton.
    Pour sa fascination pour la mort et sa tendance à la rendre « amusante », il paraitrait que cela vienne aussi de son éducation. Ses parents étaient croyants il me semble et il ne fallait pas parler de tout ça. Acte de rébellion du petit Tim qui a décidé que la mort pouvait être amusante ?

    Pour le Burton absorbé par le système, moi j’aurais mis les Alice dedans hein^^ Structure beaucoup trop « logique » avec vilain dragon à la fin et tout…pour un univers qui n’a normalement aucun sens.

  • Surfer  

    Pareil, je les ai tous vus

    J’ai EDWARD aux mains d’argent et SLEEPY HOLLOW en DVD
    Généralement quand les DVDs figurent encore dans mes étagères c’est que j’apprécie énormément les films.

    EDWARD est un film merveilleux. Une leçon sur la tolérance. Il faut évidemment le partager avec ses enfants et en discuter après visionnage.

    SLEEPY HOLLOW est un film d’une esthétique magnifique …exceptionnelle. Il est digne des peintures de grands maîtres dont il s’inspire. Un des plus beau film que j’ai vu. Visuellement dans la lignée du BARRY LYNDON de Kubrick qui s’était lui aussi inspiré de tableaux.
    J’ai aussi le DVD de L’ÉTRANGE NOËL DE Mr JACK où figurent effectivement les 2 premiers court-métrage de Tim Burton.

    BEETLE JUICE un des films de Burton que j’apprécie le moins. J’ai du le voir une fois lorsqu’il est passé à la télé. Le côté loufoque ne m’a pas du tout fait rire et m’a, au contraire, plutôt agacé.

    Les autres films que tu cites en commentaire je les ai quasiment tous vus aussi

    Grosse déception pour LA PLANÈTE DES SINGES. Il n’arrive pas à la cheville de l’original avec Charlton Heston.

    Et, je m’attendais à beaucoup mieux pour ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES.

    • Tornado  

      LA PLANETE DES SINGES est clairement le moins bon film de Tim Burton (le seul que je n’ai pas gardé). ALICE est également décevant, notamment à cause de son final trop gentil, comme le relève Matt, mais reste quand même séduisant dans son côté burtonien et vaut franchement le coup d’oeil en 3D. C’est l’un des quatre films où j’estime que la 3D apporte vraiment un sens au spectacle (avec AVATAR, HUGO CABRET et GRAVITY).

      BEETLEJUICE je suis tombé dedans à l’adolescence (au collège). Il doit y avoir de ça. Effectivement mes enfants n’ont pas accroché plus que ça. Ils ont nettement préféré L’ETRANGE NOËL.

  • Matt  

    J’ajouterai que j’aime bien le Calypso moi^^
    Il y a un côté exotique sympa, différent du reste.
    Je me souviens de la présence de Sir Lancelot dans I walked with a zombie de Tourneur, avec sa chanson Shame and Scandal

    • Tornado  

      Le film emblématique de la période Calypso c’est JAMES BOND CONTRE DR NO. La bande-son est truffée de titres Calypso du début à la fin. C’est fou que ce genre musical soit tombé dans l’oubli à ce point. Ce n’est pas le cas de la bossa nova brésilienne apparue au moment de son déclin.

      • Matt  

        Ah il faudrait que je revois ce Bond. Je ne me souviens plus de la bande son.

  • Matt  

    Pour moi le dernier bon film « gothique » de Burton c’est Sweeney Todd. Et je dis ça sans être fan de comédies musicales. Du coup je ne le revois pas souvent.
    Mais bon…le film est bien fait quoi.
    Dark Shadows, ça sentait déjà un peu la caricature de Burton. Il est connu pour du gothique farfelu, alors il fait du gothique farfelu. Mais à ce stade, cela ressemblait presque à un cahier des charges obligatoire et pas à un film d’auteur du tout.
    ça n’empêche pas le film de se regarder sans déplaisir. Mais bon…ce n’est plus du Burton qui surprend. C’est devenu la formule classique digérée par le système.
    Big Eyes est un bon film. Mais très classique. Ce qui n’est pas un mal en soi. Justement pour éviter de tomber dans la caricature, c’est bien qu’il fasse des films plus classiques.
    Mais je suis tout de même moins emballé par ce qu’il fait maintenant.

    • Tornado  

      C’est vrai. Mais dans le fond je m’en fous. Dark Shadows n’est pas un film d’auteur ? C’est vrai. Il est digéré pas le système ? C’est vrai. Mais quand je le regarde, je me régale. Il incarne tellement le cinéma que j’aime, que je me régale.
      J’aime aussi Miss Pérégrine et Dumbo. C’est familial, ce n’est plus le Burton d’avant et tutti quanti mais ce sont de bons petits films. La Planète des Singes était un mauvais film. Mais si dorénavant Tim Burton ne fait que des films de l’ordre de Dark Shadows, ça me va. Ça reste pour moi meilleur que 99% de ce que je vois au cinéma. Et en plus c’est tout ce que j’aime voir.
      J’ai détesté lire les critiques de Mad Movies qui ont commencé à déglinguer Burton à partir de Big Fish parce que soi-disant c’est à partir de là qu’il s’est laissé digérer par le système et qu’il a « trahi » ses fans. Pour moi c’est typique de la mauvaise foi qui consiste à reprocher au film non pas ce qu’il est, mais ce que l’on aurait voulu qu’il soit.

      • Jyrille  

        Je trouve que Ms Peregrine est bien plus qu’un petit film, et qu’il s’éloigne grandement de Dumbo. Il a un côté angoissant et désespérant qui n’était pas apparu depuis longtemps chez Burton. C’est très profond, tous ces enfants handicapés abandonnés et perdus au milieu des horreurs de la guerre et de la méchanceté. La fin n’est même pas définitive, on pourrait avoir une suite sans souci.

      • Matt  

        Pour ma part je ne partage pas cette colère vis à vis de Burton qui aurait trahi ou je ne sais quoi.
        Cela dit, je peux comprendre les fans déçus.
        Je ne pense pas que ce soit seulement de la mauvaise foi. Ses films Disney, ça n’a plus grand chose à voir.
        J’apprécie Dark Shadows mais je comprends aussi qu’on n’y trouve plus la fraicheur de ses premiers films, et que ça devienne redondant et un peu trop « cahier des charges burtonien »
        Je me situe au milieu. Je comprends la déception. Après j’apprécie tout de même ses films récents. Sans crier au génie.
        C’est moins inspiré qu’à ses débuts tout de même. Et…voilà.

        • Bruce lit  

          Cela dit, je peux comprendre les fans déçus
          La même chose n’aurait pas été reprochée à John Woo avec sa carrière à Hollywood ?

          • Matt  

            C’est différent.
            Les réalisateurs HK ont souvent été ridiculisé à Hollywwod. On ne leur laisser pas faire ce qu’ils voulaient. Tsui hark s’est coltiné Jean Claude Van Damme dans des films horriblement nazes sur lesquels il n’avait aucun contrôle.
            Du coup, John Woo s’en est plutôt bien sorti à Hollywood par rapport à d’autres de ses pairs. Il a réussi à faire des films potables. Parce que peut être que son délire de magnifier et styliser la violence s’accordait un peu plus avec le ciné américain.
            Du coup les fans déçus ? Peut être, mais pas tant que pour Ronny Yu ou Tsui Hark qui ont vraiment pondu des navets.
            Tiens tu devrais jeter un oeil sur cette chronique d’un film US tout naze de Tsui Hark pour en apprendre un peu plus là dessus :

            https://www.dailymotion.com/video/x4yzane

          • Eddy Vanleffe  

            Oui les réalisateurs HK se sont fracassé sur le parebrise de la machine hollywoodienne.
            croyant fuir la rétrocession, ils sont bien souvent revenu dans leurs pénates tant le s studios ne les laissaient pas faire
            John Wu, Ringo Lam et Tsui Hark sont repartis sans aucun remords.
            Woo a pu ressortir ses 3 royaumes et Hark revenir à son top niveau sur Time and Tide, Detective Wu et le retour de Zu
            quant aux acteurs Chow yun fat vivote puisque boycotté par les instances chinoises après avoir critiqué le gouvernement. et Jet Li oscille entre les rôles hollywood ne lui proposant que les rôles hyper stéréotypés…. (a chaque fois que je vois un film fast food avec lui, je pleure pour lui, sincèrement …)

  • Jyrille  

    Superbe article Tornado, car on sent bien que tu maîtrises le sujet à fond ! Cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu tous ces films, mais pour une fois je les ai tous vus. Je tenais le même discours à l’époque : Edward était le meilleur film de Burton. Mais en te relisant, je remarque que j’ai surtout envie de revoir Beetlejuice avec la frimousse de Winona et Sleepy Hollow avec celle de Christina Ricci <3

    En fait je n'ai que Sleepy Hollow en DVD, mais également la version Disney que je n'ai jamais regardée ! Il va falloir pallier à ça.

    Je n'avais pas fait attention au pont qui revient comme élément récurrent, mais lorsque tu l'as relevé, j'ai immédiatement pensé à Sleepy Hollow.

    Je n'ai pas vus tous les Burton, je devrai essayer de voir Sweeney Todd qui est sur Netflix en ce moment. Mais j'aime beaucoup Mars Attacks et Ed Wood. Je l'ai déjà dit mais son dernier que j'ai vraiment adoré, c'est Ms PEREGRINE.

    La BO : Rhââ Lovely !! Bien vue et tellement bonne…

    • Bruce lit  

      Ah oui la BO.
      Mais c’est prog Metal ! Tool est un groupe super respecté que j’ai écouté souvent en coup de vent. Là je fais ça au casque. Il y a pas mal de sonorités à la AIC et parfois de Metallica sur l’instrumental de fin. C’est toi qui est fan de RATM non ? La structure du morceau s’y apparente parfois. C’est pas mal, je m’attendais à nettement plus violent. Pas fan de la voix de Maynard cependant.
      Tu aimais Voivod ?

      • Tornado  

        Je dois rendre à César ce qui appartient à Cyrille : C’est lui qui m’a fait découvrir cet album. J’étais complètement passé à côté de Tool, comme de la plupart des groupes grunge et métal des 90’s. Et oui, je suis fan absolu de RATM. Celui-là je ne l’ai pas raté ! 🙂
        Je ne connais pas Voivod.

        • Jyrille  

          Qu’est-ce que ça me fait plaisir d’ailleurs. De rien, vraiment. Je me répète, mais si vous avez accroché à ce dernier album, vous pouvez découvrir le groupe à rebours :

          – 10000 days : sonne quand même comme du A Perfect Circle, un des autres groupes du chanteur
          – Lateralus : le meilleur
          – Aenima : terrible
          – Undertow : les débuts.

          Ils n’ont sorti que 5 albums en 25 ans, 13 ans séparent Fear Inoculum du précédent 10000 days. Ca va vite à en faire le tour donc 😀

          • Jyrille  

            Et dans A Perfect Circle, Bruce, il y a Paz Lenchantin à la basse sur un album 😉

          • Jyrille  

            Et je ne connais pas Voivod non plus.

  • Présence  

    Je n’ai vu qu’un seul de cs films : Sleepy Hollow, que j’avais bien aimé, mais sans plus, étant juste resté au niveau de l’intrigue, ans aller chercher plus loin. Ton article me permet de découvrir par tes yeux ce que les miens étaient incapables de voir. Merci.

    Bien sûr, j’ai souvent entendu parler des 2 autres mais sans avoir envie de les découvrir. Pourtant, je suis assez sensible à ce réalisateur pour avoir vu certains films que tu cites : Mars Attacks, Big Fish, Sweeney Todd, Ed Wood.

  • Kaori  

    Voilà aussi 3 films que j’ai vus.

    – BEETLEJUICE d’abord.
    Je n’ai connu le film qu’assez tardivement. Après EDWARD, je dirais.
    J’en avais un apriori assez négatif. Je l’ai connu d’abord par son adaptation en dessin animée. Truc que je détestais. Mais qui avait beaucoup de succès auprès de mes copines, qui elles, avaient vu le film.
    J’en garde un souvenir assez mitigée. Le grand-guignolesque, c’est pas trop mon truc…

    – EDWARD AUX MAINS D’ARGENT
    Ah, comment dire… Celui-là, c’est un de mes films préférés. Un de ceux que je peux regarder à chaque fois qu’il passe à la télé. Je l’aime. Pour toutes les raisons que tu évoques. Par contre, je suis étonnée que tu estimes que Burton n’aborde la disparition du père qu’à partir de SLEEPY HOLLOW. Pour moi, le créateur d’EDWARD était clairement sa figure paternelle, et devoir affronter sa disparition et la solitude qui en découle est un des moments les plus touchants du film.
    Quand je lis « Vincent Price », je ne peux pas m’empêcher de penser à VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE, qui lui rend là aussi, un hommage à cet acteur, via le rôle de Peter Vincent (rôle qui avait d’ailleurs été écrit pour Vincent Price).
    Pour en revenir au film, tout est brillant, vibrant, à la fois drôle, absurde, touchant, émouvant… Il n’y a rien à jeter.
    Est-ce que ça à voir avec le fait que le rôle-titre était joué par Johnny Depp ? Non, je craquais davantage sur lui pour son rôle dans la série 21 JUMP STREET 😉 . Là il est parfait dans sa prestation, à la fois repoussant et attendrissant. Je trouve d’ailleurs que c’est un de ses meilleurs rôles.

    – SLEEPY HOLLOW maintenant
    Celui-ci, j’étais en âge d’aller le voir au ciné. Et malheureusement, je dois avouer que je n’en garde aucun souvenir… Ceci dit, je n’ai jamais eu l’occasion de le revoir, et ton article me donne envie de réparer cette erreur !!

    • Jyrille  

      Tu m’apprends un truc pour VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE. Je l’ai sur mon DD, il faut que je le revoie (pas revu depuis sa sortie ciné…) !

  • Tornado  

    @Kao : Oui, tu as raison. Il y a bien déjà cette dimension de l’absence du père dans EDWARD. J’aurais dû me relire mieux. 🙁
    J’adore les deux VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE. J’ai failli me les revoir la semaine dernière. A la place j’ai choisi le director’s cut de FANTÔMES CONTRE FANTÔMES (vachement mieux, en director’s cut) que j’adore aussi.

    • Kaori  

      Je n’ai jamais vu FANTOMES CONTRE FANTOMES… C’est bien de Peter Jackson avec Michael J. Fox, c’est ça ?
      Bon, va falloir que je me trouve cette director’s cut…
      Tiens, en parlant de director’s cut, j’ai appris que la version BvsS que j’ai vue, c’était la director’s cut, ce qui explique sans doute que j’aie aimé 😉 .

      Sinon, je n’ai pas vu MS. PEREGRIN, ni DUMBO. Ce dernier est toujours en attente d’être visionnée avec les enfants.

      Je n’ai pas aimé du tout du tout MARS ATTACKS. Et je n’ai pas osé voir SWEENEY TODD…

      En ce qui concernte V,VADV? 1 et 2, c’est marrant de voir comment on est passé d’un film d’horreur particulièrement flippant à une comédie horrifique. Le 1 me faisait flipper à mort. Le 2 est vraiment tordant.
      Je n’ai jamais revu le 1. Je garde trop bien en mémoire la mort de son meilleur pote… J’étais sans doute trop jeune pour ça (10 ans…)

      • Tornado  

        Oui, c’est bien de Peter Jackson avec Michael J. Fox.

        V,VADV? 1 et 2 : Les deux sont dans le même esprit, même si le 2nd est plus ouvertement comique encore. C’est du pur fun 80’s. Ça ne fait pas peur du tout !

  • Eddy Vanleffe  

    Confidence pour confidence, je n’ai jamais vu Edward aux Mains d’argent…. je ne suis pas très attiré par Burton en général même si j’aime bien plein de films de lui notamment Beeteljuice qui est juste le film d’Halloween parfait. et Sleepy Hollow est quant à lui une merveille de gothique en effet, avec un johnny Depp en roue libre qui préfigure celui des Pirates.
    Merci donc pour cet article très attractif qui donne envie de s’y remettre.

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