Hergé pendant l’occupation

Encyclopegeek : Hergé pendant l’occupation

ARTICLE DE JEAN-LUC-REMY

Où notre Tintinlogue Jean-Luc Remy fait le point sur les accusations de collaboration pour le papa de Tintin entre octobre 1940 et septembre 1944. 

Pas de fumée sans feu ?

Pas de fumée sans feu ?

C’est vrai !  Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hergé a publié ses dessins dans le quotidien belge Le Soir, alors sous la coupe de l’occupant allemand. A la Libération, il a inquiété et été interrogé plusieurs fois, il a même passé une nuit en prison.

Or Hergé n’appartenait à aucun parti politique, n’a participé à aucun meeting, et dans sa correspondance, (ce qui peut choquer aujourd’hui) se disait neutre.
Il fréquentait depuis l’enfance des gens qui ont accédé à de hautes fonctions pendant l’Occupation, et ils sont restés ses amis après la guerre. Chez Hergé, l’amitié a toujours été plus importante que l’idéologie.
L’itinéraire idéologique de Hergé est caractérisé par enfance très religieuse, l’appartenance aux mouvements scouts, des prises de position antibolchéviques dans Tintin au pays des Soviets mais aussi, il convient de le rappeler d’albums qu’on pourrait qualifier d’antifascistes dans les années 30 avec les personnages de méchants Japonais ou Allemands dans Le Lotus bleu, L’Île noire, Le Sceptre d’Ottokar

Illustr Satnislas Barthélémy Vie d'Hergé

Illustration de  Satnislas Barthélémy  pour  La Vie d’Hergé

LE CONTEXTE

Le 10 mai 1940, la Belgique est envahie par l’Allemagne. Hergé se réfugie d’abord en France chez le dessinateur Marijac puis rentre à Bruxelles le 30 juin 1940.
Son pays est occupé et les journaux, pour reparaître, doivent obtenir une autorisation de l’occupant. Elle est refusée au “Vingtième Siècle” et à son supplément “Le Petit Vingtième”.
Hergé accepte alors, par le biais de Paul Jamin (son ancien collaborateur au “Petit Vingtième”, sous le nom de Jam) la proposition du journal “Le Soir”, grand quotidien belge.

Ce dernier, ouvertement germanophile, reparaît donc contre la volonté de ses propriétaires, d’où son surnom du “Soir Volé” (comme “volé” par les allemands à ses propriétaires).

Le rédacteur en chef est Raymond de Becker que Hergé connaissait depuis le début des années 30 et pour lequel il avait illustré trois de ses livres.
Hergé, Paul Jamin (un de ses anciens assistants au Petit Vingtième) et le peintre Jacques Van Melkebeke décident alors de transformer la “page de l’enfance” (qui paraissait chaque jeudi dans le quotidien) en un supplément qui porte le nom du “Soir Jeunesse” et qui ressemble comme 2 gouttes d’eau au “Petit Vingtième”.

Le "grand" soir ?

Le « grand » soir ?

UNE PÉRIODE PARTICULIÈREMENT FÉCONDE…

Le premier numéro sort le 17 octobre 1940 avec la publication de ce qui constituera la dixième aventure de Tintin : Le Crabe aux pinces d’or qui verra l’apparition d’un personnage qui ne sera jamais secondaire : le Capitaine Haddock !
Ce supplément se présente pendant quelques mois sous forme de petits fascicules séparés. Mais dès l’année 1941, le papier se fait rare…En mai, le Soir Jeunesse n’occupe plus que 4 pages au lieu de 8 et le 23 septembre, la direction est contrainte de le supprimer définitivement en raison de la pénurie de papier.
Compte tenu du succès de Tintin (de nombreux lecteurs n’achetaient Le Soir, que pour y lire les Aventures de Tintin), la direction demande à Hergé de poursuivre les aventures de Tintin dans l’édition quotidienne du Soir, non plus une fois par semaine le jeudi, mais chaque jour sous la forme d’une minuscule bande quotidienne de quelques cases, située à côté des cours de la Bourse. Ces strips quotidiens vont obliger Hergé à modifier sa façon de travailler (il doit désormais livrer 24 dessins par semaine au lieu de 12). Il en tire une nouvelle discipline de travail, tant au niveau du rythme, de la mise en place des gags, de l’art de tenir le lecteur en haleine, etc.
C’est sous cette forme que paraîtront la fin du “Crabe aux pinces d’or”, “L’Étoile mystérieuse”, “Le Secret de la Licorne”, “Le Trésor de Rackham le Rouge”, “Les 7 Boules de cristal”… dont la publication sera brutalement interrompue le 3 septembre 1944 pour cause de libération de Bruxelles par les alliés.

… À LA FIN DE LAQUELLE HERGÉ A CONNU BIEN DES ENNUIS.

Dans les jours qui suivent Le Soir change d’équipe rédactionnelle et le Haut Commandement Interallié interdit l’exercice de la profession à tous les journalistes ayant collaboré à la rédaction d’un journal pendant l’occupation. Ce qui est le cas de Hergé…

La galerie des traîtres

La galerie des traîtres

Son domicile est perquisitionné. Motif essentiel : avoir publié dans un journal contrôlé par l’occupant.
En quelques jours, Hergé est arrêté à quatre reprises, par la Sûreté de l’Etat, la police judiciaire, le Mouvement national belge et le Front de l’indépendance. Il sera même emprisonné la nuit du 9 au 10 septembre 1944.
Une plaquette qui porte le nom de “Galerie des traîtres” est même éditée par le journal résistant « L’Insoumis » (un mot qui est revenu à la mode ces derniers mois), Hergé y figure deux fois (ce qui prouve la qualité de l’information !), une fois sous son pseudonyme Hergé et l’autre sous le nom de Georges Remi : “Selon certains renseignements obtenus, serait rexiste, mais nous n’avons pu obtenir confirmation”. Le même journal L’Insoumis publie quelques jours durant une mauvaise bande dessinée sous le titre de “Tintin et Milou au pays des nazis”.

C’est dans ce contexte que débute une instruction judiciaire qui examine son travail dans les journaux “Le Soir volé”, “Het Laatse Nieuws” et “Het Algemeen Nieuws”.
Elle sera classée sans suite le 22 décembre 1945 et Hergé ne sera pas cité lors du procès des journalistes du « Soir volé ».
Le contenu de cette instruction est resté secret pendant un demi-siècle. A quelques semaines de la publication de sa célèbre biographie, en 1996, l’écrivain Pierre Assouline, accompagné de Fanny, la veuve d’Hergé, put exceptionnellement en prendre connaissance.
En un peu plus d’un an, qu’avaient donc rassemblé les enquêteurs ? « Le fait qu’Hergé s’est affiché en permanence avec des collaborateurs, d’avoir fréquenté de près les gens du Brüsseler Zeitung, d’avoir travaillé de bon cœur et de plein gré pour la presse « volée »… « . S’y trouvent également des lettres de dénonciation chargeant Hergé, certaines particulièrement ignobles, note Assouline.

Un strip d'Hergé dans le soir

Un strip d’Hergé dans le soir

Mais quant au contenu des bandes dessinées publiées par Hergé, rien n’est reproché. L’enquête ne rapporte pas non plus de témoignages d’actions inciviques, de dénonciations, de gestes mettant en danger des résistants.
“Rien de grave”, sanctionne le grand résistant William Ugeux en en prenant discrètement connaissance fin 1945, afin d’en avoir le cœur net.
C’est à cause de ce manque de “preuves” que le pourtant terrifiant et intransigeant auditeur général Ganshof van der Meersch explique au ministre de la Justice que “Eu égard au caractère particulièrement anodin des dessins publiés par Remi, des poursuites devant le Conseil de guerre eussent été à la fois inopportunes et aléatoires”. Ce jugement n’a toutefois pas fermé le débat public, notamment lors du démarrage en 1946 de l’hebdomadaire Tintin, au sujet duquel le “cas Hergé” fut évoqué à maintes reprises au… Parlement.

En 1985, l’ancien journaliste du « Soir » Désiré Denuit apportait une nouvelle contribution à la décharge de Hergé : “Je n’ai pas connu Hergé, mais un rédacteur du Soir, M. Vermeulen, l’a rencontré très souvent sous l’Occupation, à la photogravure du Soir, précisément.
Pour lui, Hergé n’était pas un collaborateur, bien que ses dessins fissent passer la mauvaise marchandise de Raymond de Becker et compagnie (de Becker, fut le rédacteur en chef du “Soir” pendant l’occupation).

Vermeulen m’a souvent dit qu’à la photogravure du “Soir”, on l’a malmené, lui reprochant de faire de la collaboration. Il n’a jamais donné l’impression de partager les idées des rédacteurs du “Soir “ de l’époque et il n’a jamais dénoncé ses amis de la photogravure ».
En effet, à l’imprimerie du “Soir”, où les journalistes ne descendaient guère, excepté Hergé, qui venait y retoucher ses dessins sur la plaque, on imprimait non seulement le quotidien germanophile, mais aussi des journaux et des tracts de la Résistance, ce qui ne pouvait échapper à un visiteur régulier comme Hergé qui n’a jamais dénoncé qui que ce soit.

Mauvaise blague

Mauvaise blague

…MAIS QUI SUSCITE UNE POLÉMIQUE TOUJOURS VIVE !

Aujourd’hui encore, les virulents détracteurs de Hergé continuent à s’appuyer sur cette période, pour alimenter leurs discours. Ainsi, dans l’édition du 10 septembre 2003 du “Soir” actuel, le journaliste Luc Honorez commentait la mort de la cinéaste Leni Riefenstahl, dont les films, certes d’une beauté formelle absolue, ont cependant véhiculé sans remords ni regrets l’idéologie nazie.
Le journaliste faisait un parallèle avec Hergé, qui selon lui, continua pendant la guerre à parachever son Tintin dans « Le Soir » volé par les nazis.
Ce journaliste ne donne pas dans la nuance ! Il n’hésite pas en effet à mettre sur le même plan une cinéaste allemande (proche des dignitaires nazis et, au premier chef, d’Hitler lui-même) qui adhéra à l’idéologie nazie au point d’en faire l’apologie dans ses films et un dessinateur belge qui, sous l’Occupation, publia dans un journal contrôlé par les Allemands, des bandes dessinées dont le caractère parfaitement anodin.
(d’accord, il y a bien cette histoire de la mauvaise blague juive de « L’étoile mystérieuse » – fort heureusement supprimée dès la première édition de l’album en 1942-), ne le fit jamais soupçonner d’intelligence avec l’ennemi…

Quand, dans le même article, le “vertueux” journaliste prétend que les bandes dessinées de Hergé ont été publiées « tout à côté d’articles odieux », son “information” ne correspond pas à la réalité. Les fameux strip, la plupart du temps, voisinèrent avec des rubriques aussi neutres que les petites annonces ou les nouvelles boursières.

Dans un entretien avec Numa Sadoul, Hergé se justifiera sur le tard: « On a toujours raconté des histoires juives, des histoires marseillaises, des histoires écossaises. Mais qui aurait pu prévoir que les histoires juives, elles, allaient se terminer de la façon que l’on sait, dans les camps de la mort de Treblinka et d’Auschwitz? ».
Tout a été dit et écrit sur le Hergé de la période du « Soir ». Si vous souhaitez une information objective, pour vous faire votre propre opinion, reportez-vous aux biographies, écrites l’une par Pierre Assouline (« Hergé », éditée chez Gallimard) celle de Benoit Peeters (« Hergé fils de Tintin » chez Flammarion). Sans parler de celle de Philippe Goddin « Hergé, Lignes de vie » aux Éditions Moulinsart) et bien évidemment au numéro spécial de la revue des “Amis de Hergé” paru sous le titre “Hergé diffamé”.

Une collaboration sans fin

Une controverse sans fin….

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On a beau le répéter : Hergé n’était ni raciste, ni antisémite et encore moins collabo’. Mais pourquoi, ce procès dure ? On appelle Jean-Luc Rémy à la défense chez Bruce Lit.

La BO du jour : un autre beau blond ami de Berlin et longtemps accusé de fascisme lui aussi.

16 comments

  • Bruce lit  

    C’est limpide, engagé, convaincu et convainquant.
    Merci Jean-Luc.
    Le pire c’est que ces histoires, je les connais par coeur. Mais c’est comme la chanson de Dutronc : J’y pense et puis j’oublie. Parce que c’était il y a un siècle, mais surtout c’est tellement faux, injustes et cons ces accusations que je n’y prête plus attention. C’est la même chose en Belgique ou au Quebec Jean Luc ? Parce que cette esprit franchouillard à chercher la polémique là où il n’y en a pas, c’est tellement épuisant. Si vous écoutez bien en France, c’est une polémique par jour. Celle concernant Macron au Burkina cette semaine en est un parfait exemple : une boutade lancée dans un pays où il fait chaud qui fait marrer des africains qui sont réputés pour leur humour et qui est récupéré ensuite par une classe politique qui crie au racisme et à l’irrespect. C’est épuisant, cette tendance à voir du racisme partout mince…Même le président Burkinabais en a rigolé… Rigoler avec des personnes de couleurs c’est devenu tellement casse gueule, c’est marcher sur des oeufs…

    Euh, bref, Hergé n’est heureusement pas Macron. C’était un humaniste qui à l’inverse de 99% de l’humanité a été capable de reconnaître ses erreurs, de les gommer et de les surpasser. Personne n’aurait fait ce qu’il a fait. Sa blague juive n’est pas du meilleur gout, oui, mais sa ligne de défense devant Sadoul est aussi impeccable qu’élégante. C’est l’exploitation de ces clichés par des personnes mal intentionnées qui les rendent malsains ou dangereux. Les clichés sont des cartes postales inexactes, incomplètes mais amusantes : lorsque l’on dit que les français râlent, il faut hurler au racisme ? Les italiens, les espagnols machos ? C’est un mythe ? Il faut donc enlever le tempérament latin ? Et les COrses et les Bretons, ils sont pareils que des Guyannais ? Mais alors, non seulement Gosciny n’aurait jamais pu écrire Astérix mais en plus on serait donc tous pareils partout dans le monde ? Quelle sottise….Quel Ennui….

  • Manu  

    Une vaste fumisterie ! Il y a vraiment des gens qui se sont donné comme mission digne d’une inquisition de faire suer leur monde.
    Je voudrai bien voir aussi comment auraient agi ces pinpins à la place d’Hergé à cette époque trouble.
    Voir qu’en 2016 cette polémique continue, c’est à se demander ce qui motive vraiment ces personnes enragées… Je suis dubitatif…

  • Jean-Luc Rémy  

    Par avance, car il se peut que dans les commentaires à venir, certains fassent la part belle à Raymond Leblanc en proclamant que c’est grâce à lui que Hergé a obtenu son certificat de civisme, je prends la peine, là aussi de remettre les pendules à l’heure…Il existe en effet une drôle et tenace légende concernant le fameux certificat de civisme de Hergé. Celle selon laquelle c’est Raymond Leblanc, qui fort de son passé de résistant le lui aurait obtenu.
    Quelle belle histoire ! C’est aujourd’hui ce qu’on l’appelle du « storytelling », c’est-à-dire le fait, dans un contexte marketing, de raconter une histoire à des fins de communication.
    Essayons de faire la part des choses dans cette légende.

    RAYMOND LEBLANC : « LE SAUVEUR DE HERGÉ »
    Voilà ce qu’affirmait Raymond Leblanc dans une interview avant son décès :
    « À l’époque, seuls les résistants avaient le droit d’éditer ou de publier des histoires. Cela nécessitait un certificat de civisme. Pour l’obtenir pour Hergé, il fallait avoir accès aux plus hautes autorités du pays. Des hommes qui, chance pour moi, étaient de bonnes connaissances… Je lui ai donc d’abord obtenu un certificat de civisme pour qu’il puisse rouler à vélo. Aujourd’hui, ça peut paraître surréaliste, mais à l’époque, il fallait passer par là. Ensuite, j’ai réussi à décrocher un autre document pour qu’il puisse avoir un chien… Ce n’est qu’ensuite que j’ai pu obtenir le document qui lui a permis de redessiner ».
    Et voilà… Raymond Leblanc devenu sauveur de Hergé et de l’un des plus grands auteurs au monde de bande dessinée ! Un certificat pour posséder un chien ! Pourquoi pas pour posséder aussi un presse-purée !!!

    LE RÉSISTANT RAYMOND LEBLANC
    C’est parce qu’il se targuait d’être « un grand résistant » (décoré de la Croix de Guerre, à la Libération) que Raymond Leblanc aurait pu obtenir tout cela. Alors donnons-nous la peine d’examiner ses actes de bravoure…
    - D’abord on découvre que Raymond Leblanc a publié en 1942, (en pleine occupation, donc) un modeste opuscule : « Dés pipés – Journal d’un Chasseur Ardennais » (consacré à ses réflexions sur la « campagne des 18 jours » en référence à la bataille menée par les armées belges du 10 au 28 mai jusqu’à la capitulation décidée par le roi Léopold III).
    - Cet ouvrage paru, faut-il le souligner avec bien évidemment en Belgique occupée avec l’aval de la Propaganda Abteilung…. Donc lui aussi il publiait pendant l’occupation…. Comme Hergé…

    - Ensuite Raymond Leblanc a effectivement adhéré à un mouvement de résistance, mais chose surprenante, on nous précise rarement lequel… C’était « Le Mouvement National Royaliste » Il s’agissait d’un mouvement politique monarchiste nationaliste belge, fondé par des adeptes de Léon Degrelle au début de l’occupation allemande, dont l’objet était d’instaurer un régime autoritaire autour de la personne du Roi Léopold III. Une brochure publiée en mai 1941 et intitulée « Les principes fondamentaux du MNR » expose les idées de cette organisation : indépendance de la Belgique, la famille est la cellule de base de la société, suffrage plural, corporatisme, État fort dirigé par le Roi entouré de conseillers qu’il choisit lui-même, collaboration des classes, etc.
    - Le mouvement finira par rompre en février 1941 avec Rex. Le MNR participera à l’évacuation de pilotes alliés, aidera des familles juives entrées dans la clandestinité. Le MNR réalisera certains sabotages et participera, au côté de l’Armée secrète à la mise au point d’un plan d’action en vue de la libération. Le MNR viendra particulièrement en aide aux réfractaires.

    EN RÉALITÉ, HERGÉ N’A PAS EU BESOIN DE FAIRE APPEL À RAYMOND LEBLANC
    Reprenons la Chronologie.
    D’abord une remarque amusante. Casterman qui a publié tout au long de l’occupation les albums des Aventures de Tintin qui étaient parues dans Le Soir (Le Crabe aux Pinces d’or, l’Étoile Mystérieuse, Le Secret de la Licorne, Le trésor de Rackham le Rouge) n’a jamais, au grand jamais était inquiété par les « épurateurs »… À signaler au passage.

    • Le 7 septembre 1944, 4 jours après la libération, ça ne traîne pas, le domicile de Hergé est perquisitionné. Voici le résultat d’après le rapport de l’officier de police judicaire qui a mené les opérations :
    « Nos recherches les plus minutieuses ne nous ont pas permis de trouver la moindre trace de documents ou autres pièces de nature à établir que l’intéressé ait eu une activité quelconque en faveur ou en collaboration avec les Allemands ».
    C’est la Police qui le dit.

    • Le 9 septembre, la Sûreté de l’État, en personne, vient arrêter le « suspect » et il est emprisonné à Saint Gilles. Le lendemain matin il est entendu par un magistrat dépendant du Procureur du Roi. Résultat : il est rapidement libéré car aucune charge ne peut être retenue contre lui.
    C’est la Justice qui le dit.

    • Mais la Justice poursuit inexorablement son chemin. En mars 1945, le magistrat chargé d’examiner les charges qui pèsent sur Hergé, adresse un rapport confidentiel à l’Auditeur Général Walter Ganshof van der Meersch (signalons que ce dernier avait la réputation d’être un « teigneux » et qu’il était redouté puisqu’on le surnommait « Jupiter »), voici ce qu’il écrit :
    « …J’incline à ne pas exercer de poursuites… J’estime que ce serait de nature à ridiculiser la Justice de se prendre à l’auteur d’inoffensifs dessins pour enfants. Cependant une expertise a été instituée… J’attends le rapport d’expertise avant de prendre une décision définitive »

    • le 10 septembre 1945, les premiers contacts sont pris avec Hergé par Pierre Ugeux pour le lancement d’un magazine pour la jeunesse qui reprendrait la formule du Petit Vingtième en la modernisant. 3 hommes sont intéressés :
    1. André Sinave, résistant lui aussi, qui vient de lancer un magazine de cinéma et qui connaissait Hergé car, tout jeune, il écrivait de petites histoires dans Le Petit Vingtième.
    2. Albert Debaty, un ancien journaliste à Voilà, (vous savez, cet hebdomadaire pro allemand, qui paraissait pendant la guerre en Belgique et qui était un véritable plagiat par sa présentation et l’imitation des rubriques du célèbre Pourquoi pas). Il semblerait donc que ce Monsieur Debaty n’ait pas été considéré comme « un journaliste au service de l’ennemi » lui, … Étrange !
    3. Et enfin Raymond Leblanc, officier de réserve

    Les 3 hommes avaient dans l’idée non seulement de publier un journal dont Tintin aurait été le héros, mais aussi (et peut-être surtout) de récupérer l’édition des albums. Mais Casterman (on comprend pourquoi) refusera.

    • Pendant ce temps, la Justice continue d’avancer. Le 12 novembre 1945 le premier Substitut Vinçotte, chargé du « Dossier Hergé » rédige un nouveau rapport dans lequel il écrit :
    « L’expertise en cause n’a fourni aucun élément nouveau… D’autre part, aucune activité, telle que caricature à caractère de propagande, appartenance à un mouvement pro allemand, ou même manifestation de sentiments favorables à l’Ordre Nouveau n’est venue au jour… Je me propose de clôturer cette information par une décision sans suite »

    •Le 21 décembre 1945 enfin le « Dossier Hergé » est donc définitivement classé sans suite. Avec cette mention :
    « Je n’ai pas l’intention de faire inscrire Georges Remi sur la liste des inciviques en vue de la déchéance de ses droits »
    Faut-t-il préciser que le premier numéro du journal Tintin sortira en septembre 1946, 9 mois plus tard

    CLAP DE FIN
    Hergé n’a jamais été considéré par la justice Belge par comme « incivique »
    Ainsi lorsque au début de l’été 1946, Hergé envisage l’achat d’une Peugeot 202 d’occasion il demande, comme il se doit à l’époque pour n’importe quel individu souhaitant posséder une voiture, à l’Administration le certificat de civisme indispensable pour conduire un véhicule.
    Il l’obtiendra tout naturellement sans la moindre difficulté. Preuve qu’il n’a eu besoin ni de passe-droits, ni de la moindre intervention, et encore moins de celle de Raymond Leblanc n’en déplaise aux biographes hagiographes de ce dernier.
    Désolé d’avoir été un peu long, mais Hergé le vaut bien.☺

    • Bruce lit  

      C’est un article dans l’article ton truc :)

      Comment explique tu J-Luc cet acharnement contre Hergé Jean -Luc ? Celle que Bruckner appelait La tyranie de la repentance ?
      C’est très, très étrange….
      Et quand bien même Hergé aurait été un vrai connard, pourquoi s’acharner ?
      Céline l’a été et n’a jamais émis l’ombre d’un regret pour son haine des Juifs même après la guerre. J’ai parfois l’impression qu’il est moins traîné dans la merde que ce pauvre Georges Rémi….D’ailleurs, Rémi admirait l’écriture de Céline (à juste titre). Sais-t’on si la réciproque fut vraie ?

      Si on se penche sur l’histoire du Rock, Elvis a clairement balancé les Beatles au FBI et à Nixon, Sinatra collaboré avec la Mafia et Dennis Wilson était pote avec Charles Manson. Quant aux Stones, à deux reprises, des gens sont morts à leurs concerts. Avec le temps, ces gens ont pu s’expliquer sans que l’on leur en tienne encore préjudice. Hergé non. Pourquoi ? POURQUOOOOIIIII ?

  • OmacSpyder  

    Hergé est un conteur de l’innocence et de la pureté à travers les aventures de Tintin. Pureté de la démarche : Tintin n’est animé que de bonnes intentions. De là à ce que certains pavent celles-ci d’enfer pour son créateur dès qu’il apparaît une contradiction possible, ça n’est peut-être pas impossible.
    Les autres personnages publics évoqués ici peuvent supporter autrement un côté sulfureux : écrivain, rock-star etc. Tintin confondu avec son créateur ne souffre pas de la même capacité à absorber cette odeur de souffre qui hypothèque la pureté du personnage, celui-ci ayant de plus accompagné l’enfance. On peut alors lui en vouloir s’il nous a trompés, comme une figure de confiance. Il n’en va pas de même de Céline ou autres.

    L’ambiguïté sied mal à Hergé peut-être de ce fait – là.
    L’article pointu précise les aspects historiques eut objectifs. Mais le lien avec Tintin est subjectif et affectif. De fait les arguments glissent davantage.
    Pourtant tout est dit et bien dit ici. Mais comme au sujet de la sexualité d’Hergé, le sujet est sensible pour les mêmes raisons, avec des effets différents.

  • Tornado  

    Et bien oui. C’est une histoire sans fin que cette polémique souvent mise en avant, d’ailleurs, par des nigauds qui n’ont pas lu les albums de Tintin. Le Sceptre d’Ottokar, Le Lotus Bleu et bien d’autres albums engagés contre le totalitarisme étant pourtant des preuves ABSOLUES de la pensée humaniste de l’auteur.

    Nous sommes aujourd’hui empêtrés dans une époque de bienpensance crasse et je lutte quotidiennement contre ça. Nous vivons dans une civilisation qui ne connait pas la demi-mesure, et qui passe régulièrement d’un extrême à l’autre sans la moindre nuance et sans le moindre recul.
    Dans mon boulot, je suis entouré de bobos bienpensants qui sont douillettement installés dans le système et qui passent leur temps à hurler qu’ils sont « choqués » parce que untel a dit ça ou a fait ça. Ces gens utilisent clairement, à mon avis, cette attitude de « choqué » pour leur propre image personnelle et se parent ainsi d’une belle armure de chevalier blanc défenseur des opprimés. Une armure des plus factices en réalité : Car dans le même temps, ils invectivent constamment leur entourage, sont malveillants avec leurs voisins, se plaignent en permanence de leurs collègues et donc de tous ceux qui les côtoient. Ils vous jugent atrocement dès lors que vous ne pensez pas la même chose qu’eux (en ce moment, si t’es pas Mélanchon, t’es forcément un facho. C’est quand même complètement con comme vision des choses !!!). Une fois qu’on a compris ça, on voit bien le schisme : Ces gens sont capables de s’engager (ou de faire croire qu’ils s’engagent) pour des causes lointaines, clament à tout-va que des habitants de pays lointains sont formidables sans les connaitre, et dans le même temps, sont incapables d’aimer leur prochain direct, celui qui est à côté. Il m’a fallu un moment pour percevoir cette supercherie, mais aujourd’hui je ne supporte plus le bienpensant. C’est trop facile d’accuser ses compatriotes et dans le même temps de se faire passer pour un défenseur de l’Afrique ou de la Papouasie. Même combat pour ces connards qui ont trainé Hergé dans la boue. Ils ne lui arrivent pas à la cheville, et n’ont même pas perçu ce qu’il avait développé dans son oeuvre : Un magnifique message humaniste qui les dépassent à des millions d’années lumières célestes. Ces gens sont des abrutis.

    • Bruce lit  

      100% avec toi Tornado. On ne va pas trop s’égarer dans les méandres politiques mais effectivement, il existe tout ce courant en France assez insupportable de traiter notre pays comme une sorte de IV ème Reich tout en faisant l’apologie de républiques militaires. Cette indignation qui se courrouce à la moindre virgule mal posée parce que le président est centre-droit (ce qui en l’empêche pas d’voir fait de belles conneries, ça c’est une autre histoire) mais qu’on l’on entend moins ni pour l’affaire Ramadan et encore moins avec cet épouvantable trafic d’esclave en Lybie.

    • Matt  

      Alors je suis d’accord avec Tornado mais Bruce, euh…c’est pas pour faire le sale con râleur mais il y a aussi des chauvins qui ne supportent pas qu’on critique leur soi-disant pays parfait alors que comme tu le dis notre président il en fait des conneries aussi. Et c’est pas parce qu’il se passe des trucs pires en Lybie qu’il faut la fermer On trouvera toujours pire. Si c’est pire en Afrique par exemple, alors les Lybiens devraient s’estimer heureux ? J’ai du mal avec ce raisonnement du « moins pire que ». Après c’est peut être pas ce que tu voulais dire…^^

      Sinon les gens râlent sur ce qui les concerne le plus ou ce qui a des conséquences sur leur vie. C’est triste à dire mais plein de gens se foutent de la Lybie parce que ça n’a pas d’impact sur eux.
      Pour Hergé je sais pas ce qui motive cet acharnement. Mais c’est devenu comme un jeu pour certains de trouver des trucs racistes partout. Comme le noir dans Astérix aussi. Il bégaie et ne prononce pas les R ! Raciiiiisme !

      • Bruce lit  

        @Matt : Il est souvent reproché à La France son trafic d’esclaves il y a trois cents ans (le grand cheval de bataille de Dieudonné pour montrer que La Shoah « vole » la souffrance des autres peuple) ou sa politique coloniale. Par contre lorsqu’un trafic d’esclaves est organisé là, maintenant, tout de suite sur un autre continent, cette indignité est tout de suite plus silencieuse…. C’est ce qui me gêne. Je ne suis pas du tout dans la logique du moins pire et ne pense pas être chauvin. Je constate juste que dès qu’il s’agit de salir notre pays, beaucoup de français vomissent avec tous leurs ennemis de concert. Notamment les Djihadistes qui ont peu ou prou les mêmes arguments à un niveau plus extrème : La France est un pays qui méprise les étrangers à part les juifs. Personnellement, je vais arrêter de tourner autour du pot, ça sera plus simple : je déteste le discours de Mélenchon et son idéalisation des régimes sud-américains. Un continent que je connais très bien pour y avoir vécu et travaillé. Mon beau-père a vu les économies d’une vie volées par une banque argentine (oui, il n’y a pas que les américains pour foutre la merde dans le monde) qui a fermé du jour au lendemain. Il attend son remboursement depuis 10 ans.
        Mon beau-frère est atteint d’une pathologie mentale : on le soigne à base de vitamines (!) et de prières….
        Mes amis sont issus de la classe moyenne : on leur supprimé des biens immobiliers pour soi-disant les redistribuer aux pauvres.
        Un autre journaliste a fait de la prison pour avoir critiquer le président Corréa. Un arnaqueur de première qui a piqué dans les caisses, s’est permis de faire la morale à la France lors d’une confréence à la Sorbonne et est parti sous les huées.
        Ma femme a été très malade l’an dernier. Tout simplement, dans un autre pays, elle aurait été mal soignée et je me serais retrouvé au chômage avec mes enfants sans la Sécu. Quant aux enfants, ils sont déscolarisés dès 6 ans et lavent les chaussures dans les parcs en vivant à la rue.
        C’est ce modèle qui est régulièrement vendu par ce triste sire que j’ai rencontré personnellement. Oh oui, il n’y a pas de 115 ou de gens à la rue. Parce que l’avortement est interdit, fumer un joint passible de 20 ans de prison.
        Alors notre système est loin d’être parfait, je le sais, j’en fais partie. Simplement qu’on ne vienne pas me dire que l’économie d’un pays pauvre vaut le nôtre, c’est insultant pour les latins qui n’ont qu’une aspiration : une économie à la française….
        je suis d’accord avec toi Matt pour le reste : je ne savais pas que Baba bégayait chez Astérix. C’est navrant et c’est une victoire de ces chantres de l’égalitarisme absolu qui se transformera en esclavage comme l’avait prédit Tocqueville.
        @Omac : la pureté de Tintin est tellement impossible. Même les personnages d’Hergé ont du mal avec ça. Le premier réflexe de Haddock n’est il pas de vouloir le tuer ?

        • OmacSpyder  

          @ Bruce : Donc bref! Si on ne peut le tuer, on peut lui trouver des torts… Et puisque le tort tue, Tintin est enfin chât…ié^^

        • Matt  

          Pour ma part je ne connais pas bien les régimes sud-américains, et je n’ai jamais dit que je partageais l’avais de Mélanchon.
          Sans crache sur tout un pays, je voulais juste dire que ce n’est pas parce qu’il y a pire qu’il faut se priver de dire ce qui ne va pas chez nous. C’est un discours que j’entends aussi et qui me gonfle. Comme par hasard ça vient surtout de gens qui ne sont pas touchés par les réformes du gouvernement.
          Disons qu’on y vient aux gouvernements qui ne sont que des pantins au service de groupes financiers comme l’Incal semblait le prophétiser selon Tornado. On a des types qui, certes, ne sont pas des Hitler (j’ai jamais dit ça) mais planent dans une autre sphère, rendent service aux puissants et accablent encore les plus pauvres (car eux, on peut les faire chier sans représailles).
          Alors bien sûr qu’on a tout de même de la chance en France par rapport à d’autres pays. Moi même avec mes soucis de santé je sais pas trop ce que je serais devenu dans un pays craignos, mais on sent bien quand même qu’avec la mentalité de nos politiques qui reprochent aux malades et aux chômeurs de couter du pognon, on commence à s’y diriger vers la suppression possible de la Sécu et autres trucs du genre.
          Disons que moi ça me travaille déjà suffisamment pour que je refuse de me pencher en avant, d’écarter les fesses et de remercier béatement mon beau pays en attendant qu’il me cale un cactus dans le rectum. Il faut quand même rester critique sur ce qui se passe chez nous. Je sais pas quelle tournure ça prend mais ça sent pas bon.

          • Bruce lit  

            Oui, on est d’accord Matt. Beaucoup d’injustices sont criantes et méritent d’être ajustées. Oui, il faut les combattre, les dire, les dénoncer. Ce qui équivaut à mon sens à changer un pneu usé, remettre de l’essence, refaire un contrôle technique. Pas changer de voiture ;)

  • Présence  

    Merci pour cet exposé clair et limpide sur une polémique qui s’avère n’avoir aucun fondement. Il est effectivement facile de porter des jugements sur des individus qui ne peuvent plus se défendre et qui ont vécu des périodes troublées pour lesquelles personne ne peut dire comment il se serait comporté, d’autant plus que personne ne pouvait prévoir l’issue de la guerre ou concevoir l’ampleur de l’Holocauste.

    J’aime bien la remarque d’OmacSpyder sur l’exigence d’absolu des lecteurs envers le créateur, qu’il soit aussi pur et innocent que Tintin. Cela repose la sempiternelle question de savoir s’il faut dissocier l’œuvre du créateur, alors même que dans le cas de Georges Rémi, cette question n’a pas de fondement. Or la beauté de Tintin et d’autres œuvres littéraires réside dans la construction d’un idéal, d’une perfection morale inaccessible, mais servant d’inspiration pour devenir meilleur.

    Cette polémique me fait penser à la phrase de Francis Bacon : Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Cela m’évoque également l’imposture des Protocoles des Sages de Scion dont il faut prouver régulièrement qu’il s’agit d’un faux, alors que cela a déjà été établi de manière irréfutable.

  • Jyrille  

    J’avoue que je ne saurai absolument pas comment je pourrai réagir dans une telle situation mais je comprends que la position de Hergé puisse provoquer une polémique. Merci pour l’article qui m’éclaire sur une période de la vie de Hergé que je ne connaissais pas (je déteste Tintin donc bon…) et qui est extrêmement convaincante, mais je reste malgré tout peu admiratif de l’auteur : effectivement, se prononcer en tant que neutre à cette époque est assez choquant. Mais bon, personne ne savait pour les camps, à l’époque.

    Cependant, traiter les oeuvres de Hergé d’anodines reste pour moi un raccourci. Toute oeuvre véhicule quelque chose. Celles éditées pendant cette période me semblent bien éloignées de l’idéologie nazie mais peuvent, quelque part, être une apologie de la résistance. Tintin court toujours pour sauver les autres…

  • Pingback: Hergé non era fascista, ne’ nazista e nemmeno… incivile!  – afNews.info

  • Eddy Vanleffe  

    BRAVO pour ce dossier aussi complet que revigorant.

    je n’ai pas réagi sur les articles sur tintin parce que en gros je savais déjà tout ça, en gros fan fou furieux de Hergé que je suis…
    Mais c’est toujours aussi intéressant à lire.

    en ce qui concerne les polémiques, elles reviendront toujours, tout simplement parce que l’oeuvre de Hergé perdure, lui survit et se régénère encore revêtant de plus un aspect patrimonial fascinant. il a traversé le xx ieme siècle et toutes les mutations qui l’on façonné. l’auteur a révisé ses bouquins les modernisant sans cesse permettant à tous de pouvoir faire le même travail que ceux comparent les photos de 1900 et aujourd’hui…

    du coup Tintin au Congo est toujours la pour témoigner du « temps béni des colonies » :)
    on a là l’illustration parfaite d’un truc inexplicable aujourdhui.
    Comment expliquer sans froisser, que l’européen moyen (je parle pas du pays en terme de puissance) était persuadé de bonne foi qu’il rendait service aux populations africaines. C’était assurément raciste et pourtant si on lit bien aujourd’hui, totalement dépourvu d’hostilité, de haine et de malveillance.
    cet aspect est peut-être même ce qui rend le plus mal à l’aise…ça et le safari permanent :)
    L’étoile mystérieuse est à mes yeux celui qui le plus tangent quant à l’allégeance d’Hergé vis à vis de l’envahisseur, mais là encore il faut être particulièrement observateur et je n’en dis pas plus puisque j’ai cru comprendre que Tornado avait un truc sur le feu à ce sujet…

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