IL ETAIT PLEIN DE FOIS…(Fables)

FABLES, par Bill Willingham, Mark Buckingham & divers artistes.

Par TORNADO, avec la participation exceptionnelle de BRUCE LIT

VO : Vertigo

VF : Urban Comics

En plein cœur de… Manhattan !
© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics

Cet article porte sur l’intégralité de la série FABLES, qui aura comptabilisé 150 épisodes écrits par Bill Willingham et en grande partie illustrés par Mark Buckingham. Bien d’autres artistes ont œuvré sur la série, le temps d’un arc narratif ou de quelques épisodes de transition (on peut citer entre autres Shawn McManus, Gene Ha, P Craig Russel, David Lapham, Mike Allred, Eric Shanower et Terry Moore). Notons par ailleurs que le premier dessinateur à l’œuvre sur la série fut non pas Mark Buckingham, qui fait son arrivée sur le tome 2, mais Ian Medina.

De 2002 à 2015, l’éditeur DC comics, via son label pour adultes Vertigo, a publié cette série régulière sans interruption, et elle a jouit d’un beau succès. Toutes les couvertures, sur la centaine des premiers épisodes, sont l’œuvre de l’illustrateur James Jean, merveilleux créateur pictural, en passe de devenir le premier dans sa catégorie à concilier les publics du monde naïf de l’illustration avec leurs ennemis condescendants de l’art contemporain !

En VF la série a été publiée de manière anarchique par Panini Comics, qui fractionnait certains arcs pour vendre plus d’albums, avant qu’Urban Comics ne récupère les droits et remettent les choses en ordre. Il y a eu 25 tomes au total. Urban a enfin réédité la série en 10 intégrales réunissant également le graphic novel 1001 NUITS DE NEIGE, placé à la fin (et pourtant idéal entant qu’introduction au monde des FABLES)…

Nous allons égrainer la série selon les arcs narratifs. Etant donné que d’autres articles y sont consacrés, nous ne développerons pas ici les séries spin-off (comme JACK OF FABLES) et autres mini-séries (telles FAIREST et CENDRILLON).

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics

Episodes #1 à 10 : LEGENDES EN EXIL + LA FERME DES ANIMAUX

Le pitch : Les personnages merveilleux des fables de notre enfance, des contes de Perrault, d’Andersen et des frères Grimm, en passant par les figures de toute les mythologies ancestrales, sont vivants et habitent New York ! Ils vivent tous dans le même quartier et passent inaperçus aux yeux des communs. Ils pratiquent divers métiers et, lorsqu’ils sont trop voyants (du genre animal parlant ou lutin cornu), sont envoyés à la Ferme, une campagne cachée au nord de l’état…
En vérité, ils ont fui leur monde d’origine après qu’un démon incarnant le mal absolu, surnommé l’Adversaire, ait déchaîné ses hordes de dragons et de gobelins afin de prendre le pouvoir.
La communauté des Fables doit donc s’adapter à la vie new-yorkaise, avec tout ce que cela comporte d’avantages et d’inconvénients…

Parmi des dizaines de personnages, nous suivons en particulier le destin de Blanche-neige, la régente de Fableville, et de son shérif Bigby (le grand méchant loup transformé en homme). Dans une enquête à la Raymond Chandler, Bigby doit ainsi élucider une mystérieuse affaire de meurtre, qui va rapidement le mener à la Ferme…

Cette première partie de la série, à la fois rafraichissante et postmoderne, est toutefois moins originale que ce qu’on voudrait nous faire croire, dans le sens où le concept de base, à savoir que le monde magique vit caché sous nos yeux, est d’abord l’apanage d’HARRY POTTER, le célèbre cycle de romans de J.K. Rowling. La comparaison est d’ailleurs rarement évoquée, alors qu’elle est flagrante ! FABLES sera toutefois copiée à son tour par la série-TV ONCE UPON A TIME, au concept similaire !

Blanche & Bigby : Je t’aime moi non plus…
© DC Comics / Vertigo


Dès le départ, l’auteur s’attache autant à la psychologie des divers personnages (faussement superficielle) qu’à l’humour généré par les divers anachronismes de la vie de ce monde magique et ancestral au cœur de Manhattan. Un humour à double facette, qui fonctionne à la fois sur le contraste entre le merveilleux et le prosaïque et sur la modernisation des archétypes, avec toute la dimension grivoise que cela suppose (bonjour les allusions salaces et les clins d’œil coquins) !

Ce premier arc narratif sert avant tout à planter le décor et à nous présenter les personnages. Soit une longue mise en exposition de ce qui s’apparente clairement à une mythologie postmoderne, dont on prépare patiemment le développement.

Pour autant, le récit est déjà très dense et le putsch à l’œuvre depuis la Ferme (menés par Boucle d’or, les êtres inhumains fomentent une révolution contre les Fables à l’apparence humaine) est raconté avec le plus grand sérieux, occasionnant par ailleurs un savoureux décalage avec l’apparence féérique de toutes ces créatures (les Trois petits cochons et le tigre Sher-khan en tête !).
Bienvenue, donc, dans le monde des FABLES, où la formule « Il était une fois » fait partie de l’ordinaire…

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
One-shot #1 + épisodes #19 à 27 : LA MARCHE DES SOLDATS DE BOIS

Passons les épisodes #11 à 18, qui développent les relations entre divers personnages, pour enchainer sur l’arc narratif suivant.

C’est ici que nous découvrons une partie des origines de la série, puisque l’on assiste, au détour d’un flashback, au départ des Fables de leurs royaumes, alors en pleine guerre contre l’Adversaire, avant que la porte ne se referme sur eux et qu’ils parviennent à s’enfuir pour rejoindre le monde des communs, c’est-à-dire le nôtre. Le lecteur pénètre enfin au cœur des batailles et vit la terrible histoire de nos héros de l’intérieur.

L’Adversaire semble avoir rompu la trêve ancestrale qui permettait aux personnages des Fables de vivre en paix au cœur de New-York, loin de leurs royaumes originaires. Apparemment, le Chaperon rouge pourrait bien être à l’origine d’une Cinquième Colonne infiltrée entre les murs de Fableville…

Cet arc narratif, remarquablement construit, fluide et addictif, est un des sommets de la série. La lente montée vers la grande bataille de Fableville est menée de main de maître et le climax vous plaque sur votre fauteuil !
Bill Willingham continue d’approfondir la mythologie de son univers enchanteur et creuse enfin ses fondations en donnant de l’épaisseur aux événements. A ce stade, l’Adversaire demeure toujours une menace abstraite, mais certaines révélations permettent d’émettre quelques soupçons quant à sa nature…
Le dessinateur Mark Buckingham dévoile ici toute l’étendue de son talent. La construction et le découpage de ses planches, dans une brillante osmose entre le fond et la forme, réservent au lecteur un véritable florilège de compositions conceptuelles, à la frontière de la bande dessinée et des enluminures, faisant ainsi écho à la présentation des contes dans la tradition des livres anciens. Ce déballage imaginatif ne gêne jamais la bonne lecture du récit. Au contraire, la lisibilité de chaque planche est optimale, et la grande bataille finale est chorégraphiée avec une clarté hallucinante, scénariste et dessinateur ayant dû abattre un véritable travail de titan afin que toutes ces créatures trouvent leur place au milieu d’une gigantesque bataille au cœur des rues de Manhattan !

C’est la guerre !
© DC Comics / Vertigo

Bill Willingham poursuit son autopsie des contes de fées revus et corrigés à la sauce postmoderne. Son humour classieux et son sens du détail font mouche et s’affinent au fur et à mesure que l’on avance dans la série. Certains anachronismes sont particulièrement truculents comme en témoigne le dialogue d’ouverture, qui voit l’arrivée d’un personnage issu du monde merveilleux des contes à la frontière canadienne :
– « Vous prendrez l’avion à Saskatoon.
– Un engin volant ? Je vais vraiment voler ?
– C’est sans risque. Tout le monde prend l’avion, ici.
– C’est bien le pays des miracles qu’on m’a décrit !
– Et vous n’avez encore rien vu : Les gens peuvent se parler d’un bout du monde à l’autre. Dans chaque maison, il y a une boîte qui fait de la musique, qui collecte des infos, et une autre qui joue… un spectacle de marionnettes permanent ! Comédies, tragédies… On appuie sur un bouton et on a ce qu’on veut, et pas seulement chez les nobles. Les paysans en ont aussi !
– Incroyable ! Et on appelle ça le monde des communs ! »

Et la série d’offrir au lecteur une irrésistible interprétation décalée de la vie new-yorkaise, dans un esprit soap qui colle à notre époque, où les séries télévisées sont de véritables phénomènes de société.

© DC Comics / Vertigo
Episodes #36 à 41 : LES ROYAUMES

Nous passons directement à l’arc narratif suivant, les épisodes #28 à 35 étant de petits récits d’entracte comme autant de one-shots semblant avoir été introduits afin de laisser le dessinateur principal terminer son labeur…

LES ROYAUMES est une étape importante de la saga puisqu’elle dévoile au lecteur l’identité du mystérieux Adversaire, dissimulé depuis des siècles !
Cet arc n’est toutefois pas le meilleur. On prend conscience que le concept même de la série, à savoir l’anachronisme induit par le fait que les créatures magiques vivent à New-York sous nos yeux sans que nous en ayons conscience, perd un peu de son mordant lorsqu’il est délocalisé dans les royaumes originaux de toutes ces créatures, à la fois connues pour la plupart, puisqu’elle font partie de notre folklore, mais réinventées sous un vernis postmoderne grivois et caustique.

Pour autant, le scénariste donne de l’épaisseur à son univers en approfondissant les origines du conflit opposant les Fables à leur adversaire, et parvient à nous surprendre en évitant les facilités d’un manichéisme primaire. L’ennemi se révèle en définitive plus complexe et ambivalent que prévu, et ses motivations donnent de la hauteur à la série en lui procurant une toile de fond sur le thème du pouvoir et toutes les complications liées à son ascension, avec des résonnances métaphoriques limpides quant à nos civilisations…

© DC Comics / Vertigo
Episodes #46 à 51 : LES LOUPS – Par Bruce Lit.

Nouvel arc pour une série débordante d’imagination et de charme mais au rythme plus lent que la tortue de La Fontaine et constamment entrecoupée de one-shots d’entracte pas forcément intéressants. C’est long, trop long, et lorsque les histoires ne sont pas bien développées, c’est l’intérêt pour la série qui en pâtit.

Je ne comprends toujours pas pourquoi Willingham, à l’instar de Gaiman dans SANDMAN, ne publie pas ses entractes (comme au temps de 1001 NUITS) dans des volumes indépendants pour alléger son récit. La parenté avec la continuité y est ampoulée et pour ainsi dire artificielle.
Lorsque celle-ci reprend, Willingham semble pressé de conclure son arc autour des retrouvailles entre Bigby et Blanche. Le problème c’est qu’après les avoir écartés de Fableville pour donner plus de latitude à d’autres personnages, ceux-ci notamment la Belle et la Bête n’ont rien accompli de très significatif.

Retrouvailles donc, sur fond d’espionnage, où Willingham ne nous avait pas habitué à du travail si bâclé.
Bigby s’est retiré de Fableville depuis 5 ans et essaie d’oublier son exil dans les bras d’une autre femme, qui disparait deux planches plus tard… Blanche lui pardonne aussitôt cette infidélité en deux cases pour l’épouser… alors que l’on sait qu’elle n’a jamais pardonné les adultères du Prince Charmant….
Enfin que dire de l’incursion de Bigby chez l’adversaire, qui en 10 pages (!) fait ce que les Fables n’ont pas réussi en plusieurs siècles : Infiltration directe chez Gepetto, Ultimatum, destruction d’une partie du Royaume et échappée belle sans transpirer…
Au passage les opinions politiques de Willingham arrivent comme un cheveu sur la soupe dans une série où l’imaginaire et le second degré prévalait toujours. Dans les épisodes précédents, la délégation de Sinbad présentait des arabes arriérés et esclavagistes tandis que dans ce volume Bigby caricature et défend 70 ans de conflit Israélo-palestinien… Les opinions de Willingham le regardent mais il nous avait habitués à plus de recul et d’intelligence.

Enfin le mariage célébré manque d’émotion, d’imagination et regorge de clichés à l’inverse du superbe mariage entre Jean Grey et Cyclope à la grande époque de Fabian Nicieza.
Ce volume, le plus mauvais à mon sens de la série, possède de bon moments (la traque de Mowgli, l’attachante Cendrillon et les bambins de Bigby) et reste indispensable à la continuité, mais la série méritait mieux.

© DC Comics / Vertigo
Episodes #52 à 55 : LES FILS DE L’EMPIRE

Le terrible Adversaire a subi l’une de ses premières défaites personnelles, puisque Bigby Wolf est venu lui infliger une sévère correction. Le temps des représailles est venu…

Ces épisodes sont destinés à préparer la grande guerre à venir. Du fin-fond de l’Empire, l’Adversaire et ses sbires préparent leur revanche. On suit virtuellement (dans une sorte de « What If ? ») les terribles événements qui mènent à la conquête du Monde des communs (le nôtre), à l’extermination de la race humaine et à la fin des Fables. Puis on imagine les représailles qui pourraient mettre ces plans en déroute, avec l’invasion des Royaumes par les armées de notre monde et la défaite finale de l’ennemi…
Il faut avouer que le concept de cet arc narratif, au récit presque entièrement virtuel, n’est pas banal. D’un certain point de vue, il ne sert à rien, puisqu’il échoue sur un statuquo. Mais d’un autre côté, il permet au scénariste d’avancer ses pions sur l’échiquier d’un récit dense et ambitieux qui nécessite manifestement beaucoup de préparation en amont et un certain nombre d’épisodes nécessaires à l’introduction de nouveaux personnages, destinés à jouer un rôle important dans la suite des événements.
Ainsi, le récit virtuel est entrecoupé de séquences « réelles » qui suivent à la fois les personnages principaux de la série et les nouveaux venus, probablement appelés à participer de manière croissante au futur conflit, inévitable. Ce faisant, Willigham nous familiarise avec d’innombrables figures à la fois connues puisqu’issues des contes de notre enfance, et à la fois complètement repensées et actualisées, qui échappent le plus souvent à toute composante manichéenne.

Un nouvel arc de transition (ça commence tout de même à faire beaucoup), qui étend néanmoins la richesse et la densité de la série à des proportions exponentielles.

© DC Comics / Vertigo
Episodes #60 à 69 : LE BON PRINCE


C’est la guerre ! Cela commence dans les Royaumes, où le Roi Ambrose Ier (anciennement Gobe-mouche), vient réclamer ses terres ancestrales.
Nous y voici ! Après avoir étiré à l’envie cette montée en puissance vers une guerre totale entre les Fables, les auteurs nous plongent dans la bataille ! Comme on pouvait s’y attendre avec Bill Willingham, la lutte prend des atours inattendus et se solde par une conclusion plus poétique et symbolique que la chute classique à laquelle on pouvait penser…

L’idée de départ est plutôt surprenante puisque le scénariste prend le parti de faire fructifier le passif de la série en ramenant sur le devant de la scène des personnages secondaires, en particulier celui de Gobe-mouche, que l’on ne s’attendait pas à voir prendre une telle envergure. Avec sa délicatesse habituelle, Willingham confère à son personnage une caractérisation profonde et cohérente, pleine de truculence, pour aboutir à une succession de scènes de bravoure inoubliables.
On pourra trouver que le scénariste succombe trop facilement à la tentation du Deus Ex Machina dans la mesure où ses héros sont régulièrement gratifiés de pouvoirs gigantesques, qui leur permettent de renverser systématiquement la situation à la dernière minute. Mais nous sommes dans le monde des contes, et cet élément est utilisé au second degré. Dès lors, le plus important semble être, non pas la manière dont les Fables vont combattre leur adversaire, mais la poésie qui pourra jaillir de toutes ces péripéties…

Ainsi, la guerre du Roi Ambrose est menée comme une chanson de geste qui prend sa source dans les grands récits chevaleresques en même temps qu’elle s’en émancipe pour s’imposer, au final, comme une relecture des grandes batailles des contes et légendes de type Heroic Fantasy. Un des grands moments de la série, qui parvient à dépoussiérer et à magnifier cet univers connoté en le débarrassant de ses oripeaux sous une plume inspirée et vivifiante.

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #70 à 75 : LA GUERRE DES NERFS

Voici LE grand moment tant attendu de la série, puisqu’il met un terme à la grande guerre qui végète depuis des siècles.
Beaucoup de lecteurs, dans l’attente extrêmement longue de cette grande catharsis tant et tant promise, ont été déçu de la brièveté de la chose, notamment de la manière dont Bill Willingham l’avait expédiée.

D’un côté, l’auteur prend soin de développer les arcanes du conflit en justifiant la montée en puissance de l’armée rebelle (on pense énormément au RETOUR DU JEDI !). Il explique très intelligemment comment l’Adversaire, en privant son peuple de ses armes magiques afin d’éviter toute rébellion, a commis sa plus grande erreur. Ce faisant, il a oublié qu’une menace militaire autre que magique pourrait grandir au-delà des Royaumes, et que le Monde des Communs pourrait en quelques siècles posséder une puissance qu’il n’avait jamais soupçonnée : celle des armes à feu ! Et c’est ainsi que les Fables exilés dans notre monde s’en sont revenus, flanqués des meilleures armes de pointes de l’homme du XXI° siècle…
De ce point de vue, le script de Willingham est très futé et justifie parfaitement ce retournement de situation spectaculaire.
Mais d’un autre côté, le scénariste fait preuve de vacuité en utilisant de grosses ficelles poussives avec ses héros omniscients pour une issue du conflit particulièrement expédiée, inoffensive et indolore.

Le dessinateur Mark Buckingham fait pourtant des efforts dans la composition de ses planches en citant Frank Miller, période DAREDEVIL, avec des vignettes toutes verticales, comme des frises thématiques.

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #76 à 82 : L’ÂGE DES TENEBRES


L’Adversaire vaincu, les Fables fêtent leur victoire dans leur quartier de Manhattan. Mais alors que l’on pensait vivre une époque de paix enfin retrouvée, l’effondrement de l’Empire va déclencher une succession d’événements néfastes auxquels personne ne s’attendait. En effet, sans l’autorité de l’Empire, les Royaumes se retrouvent désormais soumis à une forme d’anarchie. Des pilleurs de trésor vont ainsi libérer, de manière accidentelle, une terreur mille fois plus terrible que celle du pauvre Gepetto…

Si Bill Wilingham avait résolu sa Grande Guerre avec peu d’entrain, voilà qu’il transforme un soi-disant épilogue en véritable descente aux enfers !
La lecture de cet arc narratif est de ce fait une véritable valeur ajoutée à la série dans le sens où le scénariste développe largement plus la dimension tragique de la Guerre des Fables ici qu’il ne l’avait fait dans l’arc précédent. C’est ainsi qu’il inflige à nos héros un terrible retour de bâton.
Voilà un développement très intéressant puisqu’il vient justifier tout ce qui, au cours de ce fameux conflit, nous avait paru tellement facile : Il ne fallait tout simplement pas se réjouir trop vite, car une victoire si aisée sous-entendait qu’il y avait un prix à payer, largement proportionnel à la victoire en matière de tragédie…

La série est donc entièrement relancée et les nouveaux enjeux exposés sont largement au-dessus des précédents sur le plan du danger, de la noirceur et de l’impact émotionnel.

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #94 à 100 : ROSE ROUGE


Nous passons sur le crossover LA GRANDE ALLIANCE (qui regroupe les épisodes #83 à 85 de la série FABLES, #33 à 35 de la série JACK OF FABLES et la minisérie THE LITTERALS), que nous réservons à notre article JACK OF FABLES. A noter que ce crossover s’écarte temporairement des événements survenus dans l’arc précédent, et qu’il est nécessaire, pour le comprendre, d’avoir suivi la série JACK OF FABLES. Sinon, autant le zapper directement…

Passons également les épisodes # 86 à 93, série d’entractes, pour arriver au nouvel arc narratif et à la suite de l’affrontement avec le terrible Mister Dark !
Ce dernier s’est fait construire un château à Fableville par ses esclaves, qu’il tourmente à volonté.
Les Fables se sont réfugiés à la ferme. Tandis que Blanche-neige et Bigby envoient leurs enfants chez leur grand père (le Vent du Nord) et que Rose Rouge sort enfin de sa torpeur, reprenant ainsi les reines de la Ferme, la sorcière Frau Totenkinder, la plus puissante des Fables (transformée pour l’occasion en Campanule, une jolie fée) prépare son combat final contre Mister Dark…

C’est le moment pour Rose Rouge de nous révéler ses origines et, par enchainement, celles de sa sœur Blanche-neige. L’épisode où l’on apprend que Blanche a été maltraitée et sexuellement abusée par les sept nains est aussi surprenant que corrosif et Willigham se rappelle à notre mémoire entant qu’auteur satirique capable de dépoussiérer les contes de manière aussi facétieuse que sarcastique. On est donc bel et bien dans une sorte de routine feuilletonesque, pimentée de notes acides, où les mythes sont constamment réinventés par le prisme d’une modernité débridée.

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #101 à 106 : SUPER TEAM


Les Fables sont à présent réfugiés dans le royaume du roi Gobe-Mouche. Ils préparent un dernier baroud d’honneur dans l’espoir, sait-on jamais, de remporter la victoire contre Mister Dark, désormais maitre de Fableville…

Ce qui fait le sel de ce nouveau sommet de la série, c’est encore cette alchimie miraculeuse où des personnages de papier, à peine considérés comme n’en étant pas, sont écrits avec profondeur et sensibilité. Bill Willingham offre un beau cadeau à ses lecteurs en écrivant de superbes passages dévolus aux personnages et à leurs relations, notamment celle, extrêmement tendue et fluctuante, qui unit Bigby et son père Mister North. Le rapport entre ces deux personnages plus grands que nature échoue sur un final poignant et magnifique qui offre à lui seul la valeur d’une histoire décidément bel et bien féérique, au sens premier du terme !
Un merveilleux sens de l’équilibre, vraiment magique, où tout un univers factice parvient à vibrer aussi sûrement que n’importe quelle histoire, fut-elle naturaliste.

Au moment où les Fables tentent de créer un « super-groupe » destiné à affronter Mister Dark, Willingham s’amuse à se moquer malicieusement des comics de super-héros en caricaturant leur attirail ridicule empreint d’un agglomérat de panoplies et de surnoms à coucher dehors, la plupart du temps aussi peu crédible qu’il est possible de l’être. Ce faisant, l’auteur insiste sur la dimension assumée de ces histoires au départ pensées pour les enfants, qui font parfois tout ce qu’elles peuvent pour évoluer et parler aux adultes, tout en gardant leur substrat enfantin, voire infantile !
Les connaisseurs, notamment les fans des X-men, apprécieront les divers clins d’œil et notamment celui d’un Pinocchio qui se prend très au sérieux dans son rôle de coordonnateur de l’équipe, au point de rester cloué dans un fauteuil roulant sensé lui apporter davantage de charisme et de crédibilité en tant que mentor autoproclamé !

Quand bien même ce coquin de Willingham nous aura encore mystifiés en ne nous donnant absolument pas le dénouement attendu (le combat final n’étant pas celui que l’on pensait), on ressort de cette lecture avec le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux.

© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #108 à 112 : L’HERITIER DU VENT

Mr Dark a été vaincu.
Blanche et Bigby sont au royaume du nord où leurs enfants doivent subir une série d’épreuves afin de savoir qui sera digne de succéder au Vent du Nord, tandis que les Fables, emmenés par Rose Rouge et le Roi Cole, entreprennent de revenir dans notre monde, en commençant par la Ferme…

Après le climax du recueil précédent, la série reprend son rythme feuilletonnesque. Bill Willingham nous déroule presque un récit-chorale en multipliant les sous-intrigues et ménage une période de transition comme s’il s’agissait de construire de nouvelles fondations à chaque fois que les Fables sortent d’une guerre.
A ce stade, le lecteur est habitué à ce rythme de croisière et profite pleinement de ces nouveaux épisodes pleins d’esprit en appréciant chaques nouvelles idées comme autant de friandises délicates, plutôt que de guetter la nouvelle « grande révélation » (ce dont on n’a plus rien à fiche arrivés à ce niveau d’une série dont la trame narrative est nettement moins intéressante que ses figures, ses rouages et sa tonalité intrinsèque).

Chef d’œuvre !
© DC Comics / Vertigo/ Urban Comics
Episodes #114 à 121 : AU PAYS DES JOUETS

Thérèse, l’une des filles de Bigby et Blanche-neige, se retrouve embarquée par un étrange jouet dans un pays sombre et dévasté. C’est le monde des jouets cassés. Ceux-ci l’accueillent comme leur nouvelle reine. Prisonnière de ses sujets, alors que tout le monde est à sa recherche, Thérèse va découvrir le secret de son nouvel univers.

Parallèlement, cet événement forme la première pierre d’un grand bouleversement qui va bientôt ébranler, à tout jamais, le monde des Fables…

Voici le début du dernier grand arc narratif de la série. Bill Wilingham se révèle grandiose en choisissant ici de ne pas se répéter et imagine un tournant inattendu pour ses personnages principaux. Il nous concocte alors un pur conte de fées, ténébreux et original, d’une cruauté sans concession et d’un premier degré auquel il ne nous avait pas encore habitués.
C’est l’heure à présent pour la série d’entamer sa dernière ligne droite vers son grand final.

Episodes #121 à 150

La trentaine d’épisodes restants consiste donc à terminer la série en développant un dernier grand arc narratif sensé échouer sur une bataille finale entre tous les personnages. Il est donc temps de détruire Fableville et de seller le destin de ses habitants, dont certains vont faire le grand voyage (celui de la mort).

Bigby Wolf Vs Prince Brandish : L’un des derniers climax de la série.
© DC Comics / Vertigo

Le travail de Bill Willingham sur cette dernière ligne droite est d’une belle densité, puisqu’il double son récit d’une réflexion sur la nécessité de changer et d’évoluer pour survivre et durer, en même temps qu’il développe son thème de prédilection, à savoir celui de la Famille. Mais si certains épisodes sont d’un excellent niveau, il convient de reconnaitre qu’ils ne constituent pas le meilleur passage de la série.

Outre le fait que le dernier conflit entre les Fables (qui reconstituent le contexte de Camelot au 21° siècle) n’est pas le plus palpitant, le lecteur se retrouve baladé d’un coin à l’autre de l’univers afin d’accompagner chaque personnage vers son destin le long d’un récit choral qui se disperse en une multitude de sous-intrigues. Soit un final qui multiplie ce qui jusqu’ici représentait le principal défaut de la série : Les petits récits connexes. Le scénariste n’est pas très bon dans cet exercice et son concept est toujours le même : Tourner la chose avec un second degré pseudo-poétique, détaché et humoristique. Soit une lecture légère mais ennuyeuse, étirée et répétitive.

Le combat final est finalement annulé. Ce qui en soit n’est pas si grave, mais l’auteur boucle ses intrigues principales et secondaires de manière décousue et parfois précipitée (quid, par exemple, du mariage entre Gepetto et la Fée bleue ?).
L’épisode #150 constitue quant à lui un tome entier en forme de conclusion. Il a été chroniqué ici-même.

Le lecteur achève donc la série au bout de 150 épisodes (davantage pour ceux qui se sont aventurés dans les spin-off), un poil lassé par le délitement du récit.

Au final, FABLES est une grande série. C’eut été un chef d’œuvre si Bill Willingham ne s’était pas si souvent égaré dans ses petites entractes parasites et ennuyeuses, et s’il s’était contenté, du début à la fin, de resserrer son écriture sur ses principaux arcs narratifs. En l’état, l’ensemble souffre de plusieurs passages à vide et d’un final conceptuel relativement ennuyeux et parfois emprunté. C’est tout de même une très belle expérience de lecture, chaudement recommandée à tout amateur de féérie et de lecture adulte pleine d’esprit et de verve.


La BO : Badbadnotgood : SEASONS CHANGE (Reinterpretation)

Lorsqu’une relecture réinvente et transcende les originaux…

23 comments

  • Bruce lit  

    Super travail de synthèse Tornado.
    Globalement je suis d’accord en tout points avec toi : une série importante voire majeure de Vertigo qui a fini cependant au bac à soldes car les défauts que tu pointes ont fini par m’exaspérer à tel point que j’en ai rejeté les personnages et leurs intrigues : les affrontements escrocs, ces putains de récits entrelacés qui alourdissaient déjà une narration supra compressée et les épisodes saucissonnés par Panini et des réactions par fois WTF des personnages.
    Pourtant jusqu’à la marche des soldats de bois, c’est irréprochable
    Tome 1 : bien vu pour la comparaison avec Harry Potter, un truc que je n’ai jamais vu
    Tome 2 incroyable en tout
    Je continue après le café

  • Présence  

    Je suis en totale admiration : je suis bien incapable de rédiger une rétrospective sur une série aussi longue.

    C’est un vrai plaisir que de pouvoir ainsi se replonger dans cette série fleuve, en prenant du recul. J’ai beaucoup aimé certaines analyses. En vrac :

    Certains anachronismes sont particulièrement truculents.

    Le scénariste parvient à nous surprendre en évitant les facilités d’un manichéisme primaire. L’ennemi se révèle en définitive plus complexe et ambivalent que prévu, et ses motivations donnent de la hauteur à la série en lui procurant une toile de fond sur le thème du pouvoir et toutes les complications liées à son ascension, avec des résonnances métaphoriques limpides quant à nos civilisations…

    Ls fils de l’Empire – Il faut avouer que le concept de cet arc narratif, au récit presque entièrement virtuel, n’est pas banal.

    Un merveilleux sens de l’équilibre, vraiment magique, où tout un univers factice parvient à vibrer aussi sûrement que n’importe quelle histoire, fut-elle naturaliste.

    Quand bien même ce coquin de Willingham nous aura encore mystifiés en ne nous donnant absolument pas le dénouement attendu…

    Tourner la chose avec un second degré pseudo-poétique, détaché et humoristique.

    Autant de qualité qui ont fait, pour moi, une lecture très agréable de bout en bout, y compris pour les couvertures de James Jean, absolument incroyables, et pour les nombreux dessinateurs invités, souvent excellents. Quelle agréable remémoration, grâce à cet article si ambitieux, et si synthétique. Bravo.

    • Jyrille  

      Ah oui j’ai oublié de dire que je ne passe pas des couvertures de James Jean qui sont toutes magnifiques. Je crois qu’un recueil existe… Je le suis sur Instagram d’ailleurs.

  • Tornado  

    En réalisant cet article, j’ai recherché sur le blog ce qui avait déjà été fait à propos de cet univers.
    Il y a un article sur la mini FAIREST (par Présence) et un autre sur CENDRILLON (par Cyrille). Puis il y a un article signé Bruce sur la chute de Gepetto et l’article de Présence sur le dernier tome de la série FABLES.
    J’ai tenu à ce que mon article s’articule avec ceux-là, notamment avec celui de Présence qui en constitue le prolongement et le final. Le seul article qui faisait doublon était celui de Bruce, raison pour laquelle j’en ai incrusté une partie dans mon article global.
    Avec l’article sur JACK OF FABLES qui arrive, on aura un bon panorama de cette aventure littéraire.

    Il manquera juste un article sur 1001 NUITS DE NEIGE, un sur WEREWOLVES OF THE HEARTLAND et un dernier sur THE WOLF AMONG US. Si quelqu’un se sent de s’y atteler (Présence ?)…

    • Présence  

      Je n’ai lu ni Werewolfs of the Heartland, ni The wolf among us. Quant à mon commentaire sur 1001 nuits de neige, il date de 2010 (!), il faudrait que je le reprenne entièrement.

    • Jyrille  

      Ah j’ai et j’ai lu WOLF AMONG US.

  • Bruce lit  

    Le tome 2 : je parlais de La Ferme des animaux, superbement construit. La publi Semic s’arrête là et il faudra attendre genre 4 ans ? pour que Panini réédite tout.
    Soldats de Bois ; J’avais adoré. Tous les affrontements auraient dû avoir cette saveur.
    Les Royaumes : là encore, l’identité de l’Adversaire était un choc total
    Mon désamour commence donc après les Loups
    Pour les tomes suivants, je n’ai pas été comme toi sensible à une quelconque poésie. J’avais l’impression que Willingham s’était Bendisié et qu’il se foutait de la gueule du monde, notamment avec Ambrose.
    « De ce point de vue, le script de Willingham est très futé et justifie parfaitement ce retournement de situation spectaculaire.
    Mais d’un autre côté, le scénariste fait preuve de vacuité en utilisant de grosses ficelles poussives avec ses héros omniscients pour une issue du conflit particulièrement expédiée, inoffensive et indolore. » Putain les mecs ont mis quoi, 2000 ans pour se réveiller ? Ca ne fonctionne pas pour moi.

    « Passons également les épisodes # 86 à 93, série d’entractes, pour arriver au nouvel arc narratif et à la suite de l’affrontement avec le terrible Mister Dark » A ce stade, ras le bol. Je crois être passé directement au dernier arc sans me ficher de toute cohérence. On s’était assez foutu de moi.

    « C’est le moment pour Rose Rouge de nous révéler ses origines et, par enchainement, celles de sa sœur Blanche-neige. L’épisode où l’on apprend que Blanche a été maltraitée et sexuellement abusée par les sept nains est aussi surprenant que corrosif et Willigham se rappelle à notre mémoire entant qu’auteur satirique capable de dépoussiérer les contes de manière aussi facétieuse que sarcastique. On est donc bel et bien dans une sorte de routine feuilletonesque, pimentée de notes acides, où les mythes sont constamment réinventés par le prisme d’une modernité débridée. »
    J’avais trouvé le procédé facile et attendu

    Donc j’arrive au dernier arc et….
    « Outre le fait que le dernier conflit entre les Fables (qui reconstituent le contexte de Camelot au 21° siècle) n’est pas le plus palpitant, le lecteur se retrouve baladé d’un coin à l’autre de l’univers afin d’accompagner chaque personnage vers son destin le long d’un récit choral qui se disperse en une multitude de sous-intrigues. Soit un final qui multiplie ce qui jusqu’ici représentait le principal défaut de la série : Les petits récits connexes. »
    C’en fut trop. Les FABLES ont valsé à travers la pièce et atterrit dans mon sac à dos pour Gibert.
    Désormais c’est sur ton article que je les retrouverai.

    Merci

  • JP Nguyen  

    Comme Présence, j’applaudis le grand effort de synthèse pour couvrir toute la série sans se limiter à en faire un résumé mais en articulant une critique, tout en restant sur une taille raisonnable de texte. Un bel exercice d’équilibriste réussi.
    « Une grande série mais pas un chef d’oeuvre ». Je l’ai aussi ressenti dans ta prose, d’une emphase mesurée (et l’incursion du Monsieur Bruce en mode « pas content » tranchait de manière amusante avec le ton posé du reste de l’article).

    Ce que j’en retiens : des covers absolument magnifiques. Je les connaissais déjà pour avoir survolé des reviews VO à l’époque, mais ici, réunis dans un article, on voit que ce n’était pas seulement une ou deux illus réussies Je ne me souvenais plus que James Jean n’avait pas fait toutes les covers de la série. Je trouve que les artistes après lui ont aussi bien assuré, pour ce qui en est montré dans l’article.
    Je suis retourné lire la chro de Présence sur le dernier chapitre, que j’avais déjà commenté à l’époque. J’en suis toujours au même point mais ayant un peu changé dans mes attentes de lecteur et à la lumière de ton article qui ne passe pas sous silence les coups de mou de la série mais en montre aussi les points forts, je me laisserai presque tenter…

    • Tornado  

      J’avoue avoir tout revendu. Mais franchement je ne regrette pas cette lecture qui a été quelques fois exceptionnelle. J’ai revendu car j’ai compris que je ne relirai jamais tout. Et maintenant que je suis revenu en médiathèque, si un jour je le souhaite, je n’ai qu’à me replonger dans un de mes arcs préférés en louant la bonne intégrale…
      Mais oui, JP, tu devrais te laisser tenter, au moins la 1° intégrale.

  • Surfer  

    Je n’ai jamais vraiment été attiré par cette série, malgré les avis dithyrambiques et une certaine curiosité.
    Je viens donc de lire avec attention ta longue rétrospective pour me faire un avis un peu plus précis

    Conclusion : je suis probablement passé à côté de quelque chose de très bien.
    J’ai raté le coche tant pis ! Dans la vie il faut aussi faire des choix.

    Trop tard pour moi, même si Urban propose cette série dans une belle réédition en 10 tomes. Il faudrait vraiment que je sois en manque de lecture pour me lancer dans quelque chose d’aussi long aujourd’hui.
    Ce n’est pas le cas, j’ai déjà trop de choses à lire et pas beaucoup de temps.

    La BO: Très bon titre 👍

  • Bruce lit  

    J’ajoute qu’avant de créer Bruce Lit, c’était ce genre d’articles qui couvrait toute une série dont je rêvais.
    Ils sont longs et fastidieux à écrire mais du plus grand intérêt aussi bien pour les novices que les érudits.
    Encore merci.

    • Tornado  

      Alors ça tombe bien, puisque j’en ai fait un peu ma spécialité, et que j’en prépare encore des nouveaux pour bientôt… 🙂

  • Matt  

    Bon…désolé, aujourd’hui j’aurais techniquement le temps de lire tout ça.
    Mais en fait, je n’ai aucune envie qu’on me donne envie de lire une série en 150 épisodes^^ Donc moins j’en sais, mieux c’est.
    Je n’ai que le jeu video narratif the wolf among us qui se déroule dans cet univers. Et c’était cool. Et je m’en tiendrais là.

  • Matt  

    En nombre de pages, c’est l’équivalent de plus de 60, voire 70 albums franco belges…
    Nope^^

    Sorry

    • Tornado  

      Ah mais oui ! C’est toi qui a couvert THE WOLF AMONG US. Mince, j’aurais dû l’ajouter en début d’article.

    • Matt  

      Eh voui !
      Bon je sais qu’il y a Manu maintenant, mais tu voulais que ce soit qui d’autre qui cause de jeux video à l’époque ?^^
      Bon après je sais que ça te fait fuir donc je n’étais même pas sûr que ça te rappelerait quelque chose quand je l’ai mentionné^^

      • Tornado  

        En fait il y a eu une adaptation en comics de 8 épisodes. Evidemment ce n’est pas l’avis sur le jeux qui m’intéresse… (sorry 🙂 (j’aurais bien aimé lire cette adaptation centrée sur Bigby, le meilleur personnage de FABLES (le plus fort en tout cas))…

        • Matt  

          Je pense hélas que l’adaptation en comics doit être une pâle copie du jeu.
          Vu que c’est un jeu narratif avec plein de choix, de bons doublages, une ambiance et tout…

          Mais bon après pour les allergiques aux jeux, peut être que ça fait le taf.
          Mais c’est comme quand je voie un film en premier et que je le trouve très bien, ça ne m’intéresse pas vraiment d’avoir une adaptation BD tirée du film…

  • Eddy Vanleffe  

    Tout d’abord SORRY GUYS, j’étais persuadé que la semaine ne démarrerait qu’aujourd’hui et je n’ai lu l’article qu’hier en après midi… j’ai pas trouvé le temps de répondre…

    si on m’avait posé la question Quel est ton comics préféré il y a quinze ans j’aurais dit sans hésiter FABLES.
    l’intertextualité m’ a toujours passionné et c’est bien le comics où cette tendance (très à la mode au début des années 2000 et je renvoie tout le monde à la trilogie romanesque des vampires de Kim Newman où l’auteur recrée une généalogie et une continuité entre tous les livres sur le sujet…)
    j’étais vraiment fondu et achetais les tomes à la sortie…
    mais comme le précise l’article L’auteur fait soudain une aparté sur ses opinions politiques, de manière brutale, transparente,imposée au lecteur dans un cadre métaphorique où un subtilité aurait rendu la chose bien plus digeste.
    le problème étant que comme beaucoup de fans de Renaud ont du mal à écouter Sardou, ben j’ai bien du mal avec cet angle là.
    j’ai pu discuter beaucoup de ce problème (moyen-orient) avec ma moitié qui fait pourtant parti des plus modérés et rien à faire, pour les orientaux, ça passe pas!

    depuis, un truc est brisé dans ma lecture.
    il faudrait que je reprenne ce qui me manque chez Urban parce que C’EST UNE VRAIE BONNE BD MALGRE TOUT. mais voilà c’est clairement un truc que j’ai oublié d’acheter depuis 10 ans…
    dommage que la série en pâtisse en fait… parce que la première partie de FABLES est un chef d’oeuvre au dessus (kilomètres) de moult trucs qu’on vend comme des oeuvre cultes depuis…

    • Tornado  

      Je pense que Willingham s’est très vite rendu compte qu’il n’était pas doué pour dissimuler des opinions politiques. Après l’aparté sur le Moyen-Orient, il n’en fera plus jusqu’à la fin de la série.
      Je n’ai pas saisi le sens de ta phrase « j’ai pu discuter beaucoup de ce problème (moyen-orient) avec ma moitié qui fait pourtant parti des plus modérés et rien à faire, pour les orientaux, ça passe pas! ».

  • Jyrille  

    Bel acte de bravoure les gars ! La totalité de Fables ! Chapeau bas. Ayant eu du monde un peu tout le temps ce week-end, j’avais également zappé cette preéière publication de la semaine.

    J’ai très envie de relire tout FABLES depuis un bout de temps, je n’ai relu que quelques épisodes. Je n’ai qu’un seul FAIREST, j’ai arrêté les JACK OF FABLES au quatrième tome par contre j’ai 1001 NUITS, qui est magnifique. Tout ça chez Panini (et peut-être Urban sur la fin), Bref, 25 tomes. Mon fils les as lus deux fois voire trois.

    Tu as raison en tout cas : l’arc Au pays des jouets est peut-être mon préféré, tout comme les épisodes finaux ayant Boy Blue en personnage principal. Et Cendrillon lorsqu’elle devient espionne.

    J’ai oublié plein de trucs en fait (mais pas Mister Dark).

    La BO : c’est une reprise de la BO de l’autre jour c’est ça ? Ca sonne vachement Raphael Saadiq je trouve. Bien cool.

    • Tornado  

      La BO : Non c’est une reprise d’un titre de Future Island, le groupe principal du chanteur. Elle est juste 1000 fois plus belle comme ça… (dès qu’il chante avec Badbadnotgood, ça fait des étincelles)

      Ça ne te dirais pas une petite review sur 1001 NUITS DE NEIGE et THE WOLF AMONG US ?

      • Jyrille  

        Si si je note pour une revue… Sans doute The Wolf parce que j’attends la remasterisation de l’article de Présence pour 1001 Nuits.

        D’accord ok pour le titre je me pencherai dessus plus tard.

        Ah et au fait : excellent titre.

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