Immatériels – 1° partie (Le Horla et ses émules-1)

Encyclopegeek : LE HORLA et ses émules…

Par : TORNADO

1ère publication le 14/09/17 – MAJ le 22/02/20

Cet article est le premier d’une série explorant le legs des nouvelles fantastiques de Guy de Maupassant, et plus précisément de la plus célèbre : Le Horla.
Nous nous intéressons ici aux classiques du cinéma, car le but est d’exposer une thématique développée à travers deux médiums privilégiés par les geeks : le cinéma et la BD (soit les deux vecteurs principaux de narration par l’image).

La série d’articles est publié en trois parties distinctes :
1 –Le Horla et ses émules cinématographiques (<- Vous êtes ici)
2 –Le Horla et ses émules bédéphiles
3 – Le Horla par Guillaume Sorel

Quelle est donc l’origine de cette folie ?

Quelle est donc l’origine de cette folie ?

Dans l’ensemble, les deux premières parties s’intéressent au thème développé par Maupassant à travers ses nouvelles fantastiques. A savoir cette frontière ténue entre la folie et le surnaturel, avec en corolaire d’autres thèmes immatériels comme la peur de l’indicible, la peur suggérée et enfin la schizophrénie. Où quand le lecteur et le spectateur hésitent entre le réel cartésien et les manifestations surnaturelles. Entre l’affabulation et le fantastique …

Si vous vous souvenez bien, dans sa nouvelle emblématique, Maupassant imagine un personnage de bourgeois réveillé la nuit par un cauchemar récurent : Une créature invisible vient s’agenouiller sur son corps et lui aspire son essence de vie. Le personnage se figure au fur et à mesure qu’il ne s’agit peut-être pas d’un cauchemar, mais bel et bien d’une sinistre réalité !
Le lecteur se demande alors peu à peu si ce phénomène est bel et bien dû à une manifestation surnaturelle de l’ordre du fantastique, ou plutôt à une solution bien plus réaliste, dont l’origine se trouverait dans la folie et dans l’esprit tourmenté du protagoniste…

Maupassant inventait alors une nouvelle forme de fantastique, rendant la frontière entre le réel et le surnaturel particulièrement ténue. La peur de l’indicible et la schizophrénie s’imposaient alors comme deux thèmes propres à donner le frisson…

Je vous propose sans transition de voyager dans l’histoire du cinéma avec dix titres, dix classiques propres à illustrer notre sujet…

Celle que l’on ne voit pas : la peur suggérée…

Celle que l’on ne voit pas : la peur suggérée…

Du côté du 7° art, le double thème de La peur de l’indicible et de la schizophrénie a été brillamment illustré dès les années 40, avec les productions Val Lewton au sein de la RKO (le studio de King Kong / et de Citizen Kane). Associé à des cinéastes comme Jacques Tourneur, Robert Wise ou Mark Robson, le producteur initia toute une série de films marchant sur les traces de Maupassant. A partir de La Féline, il y eut ainsi Vaudou (I Walked With A Zombie) et L’Homme Léopard (Jacques Tourneur), La Malédiction des Hommes-Chats et Le Récupérateur de Cadavres (Robert Wise), ou encore L’Île des Morts et Bedlam (Mark Robson).
Val Lewton était le maître à penser de l’école de la suggestion, où la peur devait être indicible. Ce parti-pris était né de la nécessité de palier aux impératifs commerciaux de la RKO, que son propriétaire Howard Hughes avait mis dans le rouge. C’est donc le talent combiné de ce producteur et de ses trois réalisateurs qui réussit à transcender les limites imposées par le budget de la production afin de créer des œuvres puissantes jouant sur le hors-champ et sur l’imagination du spectateur, voire des personnages….

Toutes les œuvres de Maupassant qui flirtent avec le fantastique jouent sur ce même terrain : Le personnage est-il face à une manifestation surnaturelle, ou bien cette manifestation est-elle issue de son esprit tourmenté ? Un thème fascinant que l’écrivain mêlera tragiquement à celui de la Folie, cette même folie qui s’emparera de lui peu avant sa mort…
Lewton et ses sbires vont ainsi reprendre la formule, quasiment à la lettre.

La Féline : Le prédateur (Irena, sur son lit) et sa proie (Alice, dans la piscine).

La Féline : Le prédateur (Irena, sur son lit) et sa proie.
Source Allocine 
Copyright D.R.

1- La Féline (1942).

Le pitch : Irena et Oliver tombent amoureux l’un de l’autre. La jeune femme est une immigrée serbe qui pense porter le poids d’une malédiction liée à ses origines. Elle accepte d’épouser Oliver mais se refuse à lui de manière charnelle, car elle redoute de lui faire du mal si ses instincts animaux, profondément enfouis, venaient à se réveiller. Devant cette réticence, Oliver finit par se rapprocher d’une collègue de travail, Alice, loin d’être insensible aux charmes du jeune homme. Profondément jalouse, Irena sent la malédiction de la « Féline » prendre le dessus sur sa nature humaine et paisible…

La réalisation de Jacques Tourneur, chapotée par les directives de Val Lewton, va faire date. Il faut remettre les choses dans leur contexte : A l’époque, le principe de suggestion relevé plus haut était une nouveauté absolue. Toute la décennie précédente avait été dominée, dans le domaine de l’horreur, par les films du studio Universal, qui faisaient la part belle aux maquillages en nous montrant les effrayants Dracula, Frankenstein et autres Loup-garou. Dans La Féline, Tourneur & Lewton ne montrent rien. La panthère n’apparaît même pas (on ne voit qu’une vague ombre portée complètement abstraite, lors du dénouement).
Ce parti-pris au départ imposé par les limites budgétaires deviendra alors une véritable trouvaille, riche en possibilités dramatiques et symboliques. C’est ainsi que les spectateurs de l’époque hurlaient de terreur devant la célèbre scène de la piscine, dans laquelle on ne voit rien d’autre qu’une ombre, que le réalisateur avouera plus tard être celle de son poing devant la caméra ! Et c’est ainsi que, par le biais de cette ellipse, qui mettra le spectateur face à un doute réel (la panthère était elle là ? L’héroïne s’est-elle réellement transformée ou bien a-t-elle seulement pensé qu’elle se transformait, nous obligeant ainsi à penser comme elle ?), les auteurs développaient une véritable allégorie de la schizophrénie

Vaudou : L’art de l’ombre portée. A noter une réplique du célèbre tableau d’Arnold Böcklin : L’Île des Morts…

Vaudou : L’art de l’ombre portée. A noter une réplique du célèbre tableau d’Arnold Böcklin : L’Île des Morts…
Source : Nouvelle Acquitaine 
Copyright D.R.

2 – Vaudou (I Walked With A Zombie) (1943)

Le pitch : Une jeune infirmière est convoquée dans une île des caraïbes afin de veiller sur l’épouse malade d’un riche propriétaire terrien, qui aurait tragiquement perdu la raison. Mais une ambiance familiale tendue et des tambours dans la nuit semblent indiquer que les choses sont bien plus compliquées et qu’un mystère effroyable plane sur cette île tropicale…

Onirique et indolent, cette perle du cinéma d’épouvante aligne les non-dits et laisse planer le mystère jusqu’au dénouement final qui se joue sur une révélation échappant complètement aux habituelles histoires manichéennes de bien contre le mal, annonçant le splendide et méconnu Les Amants Du Capricorne (1949), d’Alfred Hitchcock… Tout au long de l’intrigue, la plongée dans le vaudou se fait croissante. D’abord rejetée par des considérations scientifiques, cette dimension se fait de plus en plus oppressante jusqu’à laisser le spectateur perplexe à l’idée de son existence, comme s’il était passé du naturel au surnaturel sans s’en apercevoir, et sans en être certain… Une vision du vaudou exemplaire, presque documentaire, sans jugement, sans effets racoleurs ni manifestation théâtrale ampoulée.

La réalisation est une nouvelle fois, après La Féline, un modèle d’angoisse à peine perceptible (qui se joue d’ailleurs surtout une fois le film terminé). La voix-off de l’héroïne se fait murmure, l’horreur attendue laisse la place à la mélancolie, et bien entendu, les jeux d’ombres et de lumière assurent quasiment à eux-seuls le spectacle. Telle était la méthode du tandem Lewton/Tourneur : Un noir et blanc expressionniste directement issu des films d’horreur de la Universal des années 30 (dont on ne reprend ici que l’esthétique, et non les monstres…), une atmosphère onirique et mélancolique, accentuée par un voyage exotique particulièrement envoutant. Le son des tambours résonne ainsi longtemps après la vision du métrage, distillant une angoisse diffuse mais réelle, plus fascinante que terrifiante…

Elle marche avec un (des premiers) zombie (de l’histoire du cinéma) !

3 – L’Homme Léopard (1944)

Ce troisième film réalisé par Tourneur est certainement le moins impressionnant de la trilogie Lewton/Tourneur du fait qu’il n’est pas vraiment un film fantastique. C’est surtout un exercice de style cinématographique sur fond d’intrigue policière, le tout nimbé d’une atmosphère angoissante, qui lui donne un statut de film d’épouvante et une aura de film fantastique. C’est également l’un des pionniers du genre dans le domaine des tueurs psychopathes.
Très court mais particulièrement bavard et hiératique, il déçoit un peu dans le fond, mais se révèle éblouissant dans la forme dès lors que l’on s’intéresse un peu à sa construction. Les auteurs se servent de toute une série d’artifices filmiques (la nuit, le mystère, le suspense, les bruitages, une menace invisible) afin de donner corps à une intrigue plutôt banale. Tout se joue ainsi dans la manière dont l’histoire est racontée, davantage que dans son contenu. Les scènes bavardes et domestiques laissent ainsi la place, de manière chronique, à des séquences graphiques et expressionnistes de pure angoisse, comme celle du tunnel, celle du cimetière ou encore celle de la procession finale. La fameuse scène de la mort de la jeune Teresa Delgado, dont on entend les cris avant de voir le sang couler sous la porte, résume à elle-seule le pouvoir de suggestion d’un cinéma de la peur diffuse, qui devient plus impressionnante encore lorsqu’on se retrouve dans l’obligation d’imaginer les événements, plutôt que de les voir…

Film relativement mineur dans le fond, L’Homme Léopard est à prendre comme un exercice de style qui démontre que face aux limites budgétaires, l’inventivité de la mise en scène et les trouvailles formelles peuvent à elles-seules transcender leur sujet.

But where is the leopard-man ?

But where is the leopard-man ?
Source Attaboy
Copyright D.R.

4 – La Malédiction des Hommes-chats (Curse of the Cat People – 1944)

Réalisé par un Robert Wise débutant, tout droit sorti du montage de Citizen Kane, conçu comme une suite de La Féline, ce film au titre incongru n’a pourtant rien avoir avec la précédente histoire. Pas plus qu’il ne comporte de malédiction, ni d’homme-chat !

Il s’agit en fait d’un conte pour enfants, superbe d’ailleurs, qui convient parfaitement à l’ambiance de Noël, avec en plus un zest d’épouvante, ce qui est la marque de fabrique des productions Lewton. Le titre ne se justifie en réalité que dans l’emploi des personnages de La Féline, à savoir le couple formé par Kent Smith et Jane Randolph, ainsi que le personnage joué par Simone Simon, qui ne se transforme plus en panthère puisqu’elle est morte, mais qui vient visiter la petite fille du couple sous la forme d’un fantôme bienveillant. La petite fille trouve alors dans cette compagne de l’au-delà, l’alter-égo qui lui est refusé dans le monde réel. A moins que cette amie ne sorte tout simplement de son imagination, après qu’elle ait aperçue une photo de la défunte…

Voilà une remarquable parabole sur la difficulté de passer la barrière de l’enfance, comme une sorte de pendant mystique au Peter Pan de J.M. Barrie, ou de Walt Disney ! Mais le sous-texte va beaucoup plus loin puisqu’il suggère que l’éducation des parents, lorsqu’elle est trop exigeante et se manifeste par un dogme trop appuyé, peut mettre en danger l’évolution psychologique des enfants, danger marqué dans le film par un climax angoissant durant lequel l’enfant risque une mort bien réelle…

Nous retiendrons de ce petit bijou d’un autre temps, outre son histoire merveilleuse, une atmosphère onirique parmi les plus envoûtantes que nous ait offertes le 7° art, ainsi qu’une nouvelle allégorie de la schizophrénie

Fantôme ? Ou bien hallucination ?  Source Allociné
Copyright RKO Radio Pictures Inc.

5 – L’Île des Morts (1945)

Nous terminons ici le cycle Val Lewton.
Le pitch : En pleine Guerre des Balkans, le général Pherides (Karloff) se rend sur une petite île grecque qui fait fonction de cimetière. Il vient se recueillir sur la tombe de sa femme, mais constate qu’elle a été profanée. Parallèlement, il découvre que les quelques résidents de l’île sont victimes d’une épidémie de peste. A moins qu’ils soient victimes d’une menace bien moins tangible…

L’originalité du projet vient de la fascination qu’éprouvait Val Lewton pour le tableau romantique d’Arnold Böcklin. Ainsi, au début du film, c’est une véritable reconstitution en trois dimensions du tableau vers laquelle se dirige la petite barque dans laquelle se trouvent le général Pherides et son ami Oliver Davis. Mais qui est « Caron » ?

Comme tous les films produits par Lewton, celui-ci exhale une atmosphère onirique particulièrement envoûtante. Peu à peu, le spectateur se retrouve pris au piège d’un exercice de style qui le met face à ses doutes : Sommes-nous dans le réel ou dans le fantastique ? La dimension surnaturelle est-elle présente de manière littérale ou bien ne se dissimule-t-elle que dans l’esprit des protagonistes du récit, et par extension de celui du spectateur ?
Jusqu’au bout, cette ambiguïté demeurera le fil rouge d’une intrigue à la fois extrêmement simple dans le fond, et très originale dans la façon d’aborder le sujet. Soit, une fois encore, le parti-pris d’une épouvante invisible et purement conceptuelle….

Objectivement, le film n’est pas parfait. Sa construction est particulière car durant une heure, aucune action, ni même aucune véritable tension ne vient nous réveiller de l’atmosphère suspendue et onirique d’un montage particulièrement lent et bavard. Et ce n’est qu’au bout de ces soixante minutes de dialogues en huis-clos que le film décolle soudain, pour dix minutes d’épouvante cathartique, d’une poésie macabre absolument somptueuse, magnifiée par un noir et blanc expressionniste et des décors de toute beauté.
Une expérience troublante et magnifique pour ceux qui savent dépasser le poids de l’âge dont souffrent les vieux films d’épouvante, afin d’en redécouvrir toute la beauté et la poésie…

L’île des Morts… vivants ?

6 – L’Aventure de Mme Muir (1947)

Toujours dans les années 40, on peut citer l’unique incursion dans le fantastique de Joseph L. Mankiewicz.
Le film nous conte l’amour impossible entre une veuve (Gene Tierney, l’une des plus belles actrices de l’histoire du cinéma !) et le fantôme d’un vieux loup de mer (Rex Harrison, futur Jules César dans le Cléopâtre du même réalisateur). Mais au cœur d’une Amérique puritaine et catholique, le récit nous parle en vérité de l’émancipation de la femme, jouant de la métaphore…
Dès le départ, Lucy Muir tente de fuir les conventions sociales et de mener sa propre vie. Hélas, le destin semble sans cesse lui barrer la route la menant à ses rêves.
A partir d’un portrait accroché au mur de sa chambre qui la fascine, se matérialise alors le fantôme d’un aventurier à la hauteur de ses fantasmes. A moins que ne ce soit une création purement onirique et freudienne sortie tout-droit de son esprit !

L’Aventure de Madame Muir fait ainsi partie de ces films qui, sous les atours du conte fantastique, ne font rien d’autre que de poser les bases d’une réflexion sur la vie.
Cette toile de fond accompagne le récit comme une vague au dessus de la mer. Elle en devient le sujet principal, les événements surnaturels et paranormaux (ou tout bonnement parapsychologiques…) n’étant que le vernis derrière lequel se développe la parabole humaine et sociale. Et c’est bien ce qui fait de ce cas d’école une œuvre unique en son genre : Cette manière de raconter le drame humain, celui d’une femme ne pouvant s’émanciper au cœur d’une société sclérosante, où l’on voit poindre le thème de la schizophrénie, sous les atours d’un conte fantastique et onirique, envoûtant comme un tableau diaphane…

Un drôle de Horla !

7 – Au Cœur de la Nuit (1945)

Une fois n’est pas coutume, ce sont les anglais qui nous offrent à la même époque un fleuron du cinéma d’épouvante avec cet étonnant film à sketches.
Le pitch : Un architecte est invité dans un vieux cottage anglais afin d’y effectuer des travaux de rénovation. Arrivé sur les lieux, il a l’impression de revivre son cauchemar récurent, reconnaissant tous les convives qu’il rencontre pourtant pour la première fois. L’un des invités, un éminent psychanalyste, reste septique, mais les autres prennent très au sérieux ses élucubrations. Car chacun d’eux a vécu une expérience surnaturelle du même type, revenant sur un événement de leur vie pour le moins étrange (d’où les sketches)…

A cette époque, le cinéma fantastique vit le chant du cygne de son âge d’or. Le studio Universal est sur le déclin et n’a de cesse de ramener Dracula, Frankenstein et le Loup-garou de manière quasiment systématique (jusqu’à la parodie avec le truculent Deux Nigauds Contre Frankenstein…).
Au Cœur de la Nuit va jeter un pavé dans la marre en renouvelant complètement le genre.
Plutôt que de convoquer les monstres et les fantômes, le script va opérer un virage à cent quatre vingt degrés et lorgner du côté des récits fantastiques naturalistes comme on pouvait les trouver chez Maupassant (le genre de truc qui tombe au poil pour mon article !), où la question du surnaturel surgissait du réel le plus domestique. Le personnage du psychanalyste pragmatique devenant ainsi le pivot d’une série de petites histoires pouvant être interprétées par le spectateur, ce dernier décidant d’y croire, ou pas…
Ce faisant, le film révolutionnait le genre en proposant une nouvelle approche du fantastique, distillant une angoisse complètement subjective

Voilà une merveille surannée qui a certes beaucoup vieilli, mais qui conserve un charme indéniable. Les sketches sont inégaux mais l’humour noir n’a rien perdu se son mordant et le final demeure superbe, d’une puissance incroyable, qui devait être bien angoissant à l’époque. Le dernier sketch intitulé Le Ventriloque offre à lui seul les cinq étoiles d’un film désormais hors du temps et des oripeaux propres à sa genèse.
Aucun des acteurs n’est connu et les quatre réalisateurs (Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Basil Dearden et Robert Hame) ont fait des carrières modestes. Mais le film n’en est pas moins un chef d’œuvre du genre.

La peur de voir ce que l’on ne veut pas voir…

Au final, Au Cœur de la Nuit est une œuvre séminale qui représente un renouvellement total du genre. Le principe du film « à sketches » sera repris à maintes reprises. Mais le modèle des courts récits surnaturels où la résolution prend une forme de justice poétique fera école bien au delà du simple médium cinématographique, donnant naissance, quelques années plus tard, aux célèbres EC Comics (les Contes de la Crypte et autres anthologies) et par extension aux éditions Warren (Creepy, Eerie & Vampirella).
Du côté du cinéma, Au Cœur de la Nuit connaîtra de nombreux émules fondamentaux, à commencer par le Psychose d’Alfred Hitchcock, dont le segment Le Ventriloque peut être considéré comme une ébauche. Ce même « Ventriloque » qui donnera naissance à pas moins de deux épisodes de la Quatrième dimension qui en proposeront le remake !

En plus de constituer le lien entre l’œuvre de Maupassant et le cinéma fantastique, Au Cœur de la Nuit incarne le renouveau qui va transcender le genre depuis la fin de l’âge d’or des films de monstres. On retrouvera cette influence marquée dans tous les mediums, de Stephen King aux X-Files, pour ne citer que les plus évidents. Un film majeur, que tout amateur de fantastique doit impérativement voir au moins une fois…

On retrouve cette thématique autour de 1960 avec une superbe série de films sur la frontière entre l’esprit et le surnaturel, à commencer par Rendez-vous Avec la Peur de Jacques Tourneur (encore lui !), et notamment à travers les films de maisons hantées, dont La Maison du Diable de Robert Wise (encore lui aussi !) et surtout Les Innocents de Jack Clayton.

8 – Rendez-vous Avec la Peur (Curse of the Demon) (1957)

Le pitch : En Angleterre, le Dr Julian Karswell est à la tête d’un culte démoniaque. Il élimine ses ennemis en levant sur eux une terrible malédiction, qui prend la forme d’un démon de l’ancien temps. Jusqu’au jour où un psychologue américain nommé John Holden, adepte des théories cartésiennes qui ne croit pas en la magie, se dresse sur son chemin. Qui l’emportera, de la raison ou du surnaturel ?

Tout comme il l’avait fait dans ses films précédents, le réalisateur met en scène un récit conceptuel, dans lequel l’élément fantastique demeure la plus-part du temps hors-champ, de manière à ce que le spectateur hésite sans cesse entre le réel et l’imaginaire. De ce point de vue, la réalisation de Jacques Tourneur est brillante et les scènes d’anthologie ponctuent le film de leur puissance d’évocation, comme celle où le Dr Karswell déconcerte son ennemi incrédule en provoquant soudain une tempête en pleine campagne. Ou encore celle dans laquelle Holden hypnotise un adepte du culte de Karswell, qui lui révèle la teneur de la malédiction, avant de se défenestrer…

Hélas, comme tous les fans le savent, le producteur Hal Chester remonta lui-même le film et ajouta les images du démon, une marionnette absolument grotesque. Tourneur tenait absolument à ce que ce monstre n’apparaisse que furtivement à la fin, de manière à ce que les spectateurs se demandent s’ils l’avaient réellement vu. Mais Chester ajouta son joujou à trois endroits : Au début du film, ruinant ainsi tout le suspense et l’ensemble du travail du réalisateur afin d’installer une terreur croissante ; lors du dénouement à l’heure de la malédiction fatidique, ainsi que sur l’affiche originale !

Quoiqu’il en soit, Rendez-vous Avec la Peur demeure un grand classique du cinéma d’épouvante. Ceux qui le découvrent aujourd’hui doivent l’appréhender en toute connaissance de cause, prenant les apparitions du monstre au second degré, afin de profiter de l’atmosphère magique et envoûtante de l’un des plus beaux films fantastiques de son époque…

Un monstre ajouté au montage par un producteur qui aurait mieux fait de lire Le Horla…

Un monstre ajouté au montage par un producteur qui aurait mieux fait de lire Le Horla… Source Imdb 
Copyright D.R.

9 – La Maison du Diable (The Hauting) (1961)

Le pitch : Un éminent docteur en parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale.

Ce film divise beaucoup de cinéphiles. Non pas sur sa qualité puisqu’il s’agit de l’œuvre fondatrice sur le thème de maison hantée, mais sur la question de la peur. En effet, nombreux sont ceux qui considèrent que l’œuvre ayant beaucoup vieilli, elle ne fait plus peur !
Pour ma part, je me positionne clairement dans l’autre camp : Je trouve le métrage toujours terrifiant !

Le cinéma d’épouvante possède effectivement deux tendances bien distinctes : la peur montrée (Exemple : L’Exorciste, La Nuit Des Morts Vivants, Evil Dead) ET la peur suggérée. La Maison Du Diable boxe essentiellement dans la seconde catégorie, raison pour laquelle elle possède une dimension effrayante résistant mieux au poids de l’âge : Les fantômes, on ne les voit jamais. On les devine, on les imagine, on les ressent. Et de là à penser qu’ils sont issus de notre esprit, il n’y a qu’un pas !

Robert Wise (réalisateur sous-estimé au vu de son impressionnante carrière dans laquelle on peut puiser L’Invasion des Profanateurs de Sépultures, Le Jour Où La Terre S’arrêta, Nous Avons Gagné ce Soir et Marqué Par La Haine , West Side Story, La Mélodie Du Bonheur, La Canonnière Du Yang-Tsé, Star Trek Le Film…) va faire de La Maison du Diable un véritable laboratoire de la peur, étudiant toutes les possibilités de terrifier le spectateur sans jamais lui montrer la source de sa frayeur ! Bruitages, musique insoutenable (rarement l’art du son aura été autant décliné), gros plans sur les visages, zooms brutaux, déformation du décor à coup de focale hypertrophiée et de travelling contrarié, ellipses cauchemardesques (mais qu’y avait-il à cet endroit ?!!!)… Le tout culminant dans cette scène tétanisante où l’une des protagonistes croit serrer la main de sa voisine de chambre avant de s’apercevoir, une fois la lumière allumée, qu’elle est à l’autre bout de la pièce !

Qui a peur de quoi ? ou de qui ?

Qui a peur de quoi ? ou de qui ?

La caractérisation des personnages joue également un rôle important dans le malaise distillé tout au long du métrage, car les vivants eux-mêmes ne sont pas des modèles d’identification (Julie Harris interprète une vieille fille hystérique, Claire Bloom une lesbienne frustrée, et Russ Tamblin un noceur alcoolique !).

A l’arrivée, La Maison du Diable s’impose comme une œuvre fédératrice. Une école de la peur suggérée toute en nuances et en poésie macabre. Une peur de l’indicible qui prend tout son sens lorsque l’on prend conscience que les manifestations surnaturelles viennent autant de l’esprit tourmenté de l’une des invités que des fantômes ! Et le dénouement nous laisse sur le carreau, lorsque le personnage de Julie Harris (c’est donc elle, l’invitée qu’il fallait à la maison !) doit choisir entre la folie ou la mort, entre une vie morne avec les vivants ou une existence post mortem en compagnie de fantômes qui ne sont peut-être que la manifestation de son esprit particulièrement propice à la suggestion paranormale et à la schizophrénie…
Soit une brillante déclinaison sur le sujet de la peur qui nait de l’esprit tourmenté… Nul doute que Maupassant aurait adoré !

En 1998, le réalisateur Jean DeBont proposera un remake complètement à côté de la plaque produit par Spielberg (Hantise), où il nous montrera les fantômes (Pfff !)… Mais Stephen King écrira le scénario original d’un très bon téléfilm en forme d’hommage au chef d’œuvre de Robert Wise : Rose Red .

10 – Les Innocents (1963)

Le pitch : Miss Giddens (Déborah Kerr) est la nouvelle préceptrice de Miles & Flora, deux jeunes orphelins isolés dans un vieux manoir victorien. Avant elle, la gouvernante l’ayant précédée s’était adonnée à des plaisirs interdits avec le jardinier et ce, devant les enfants ! Avant de mourir avec ce dernier, dans d’atroces circonstances…
Notre nouvelle nounou, vieille fille frustrée, surprise par l’attitude étrange des deux bambins, soupçonne l’ascendance des défunts libertins de perdurer. Comment ? Et bien peut-être par leur présence spectrale…

Adaptation extraordinaire du roman Le Tour D’Ecrou d’Henry James (maintes fois adapté au théâtre, à la télévision et à l’opéra), Les Innocents est peut-être la plus belle itération jamais réalisée sur le sujet de la peur suggérée et de la schizophrénie.
Réalisé par Jack Clayton (le polar ultime Les Chemins de la Haute Ville, avec Richard Widmark, c’était lui !), scénarisé par Truman Capote, photographié par Freddie Francis (le chef opérateur d’Orson Welles sur Citizen Cane), avec une musique de George Auric, Les Innocents préfigure, avec plus de trente ans d’avance, moult films contemporains sur le sujet qui nous intéresse ici, tels Sixième Sens, Les Autres et autres pépites ibériques comme L’Echine du Diable

Voyez-vous LE HORLA ?

Toute la force de ce chef d’œuvre réside dans sa mise en scène toute en nuance et en tension psychologique (la bande son venant renforcer les images, avec écho lointain et chuchotements). Le spectateur, qui voit les événements à travers le personnage de Déborah Kerr, se trouve à plusieurs reprises persuadé d’apercevoir les fantômes… Sans pouvoir le jurer ! Dès lors, une question se pose : Sont-ce réellement des morts-vivants ou sortent-ils purement et simplement de l’imagination de notre bien instable gouvernante ?
Le film bascule alors dans une atmosphère angoissante n’ayant pas pris une ride et se révèle bien plus effrayant que la plus-part des films d’épouvante actuels, avec un final qui vous laissera assurément sur le carreau !

En bref, une autre illustration de la frontière ténue entre la peur et la folie, avec le fantastique tapis dans l’ombre du quotidien…
Mais aussi un film sur le monde de l’enfance et la cruauté du parcours initiatique qui mène à l’âge adulte. Effrayant, angoissant, sublime, bouleversant, un des plus beaux films de l’histoire du cinéma.

Notre petite promenade dans le cinéma flirtant avec l’esprit de Maupassant est terminée… Nous achevons ainsi notre voyage au pays de la peur. La peur de l’indicible. La plus insaisissable. La plus inquiétante de toutes. Celle qui se cache dans notre esprit…

Les dix exemples relevés ci-dessus ne prétendent bien entendu à aucune exhaustivité et, sans doute, de nombreux autres classiques peuvent figurer sur le podium. Je vous invite donc à venir faire vos suggestions, même s’il s’agit de films moins anciens (Fight Club ?)…
Quant à moi, je vous donne rendez-vous dans la deuxième partie de notre article, qui traitera cette fois de la bande-dessinée…

 Une vue de l’esprit…

Une vue de l’esprit…

——
Lorsque Maupassant écrit Le Horla, il ne se doute pas qu’il va creuser le sillon d’un genre qui s’épanouira quelques années plus tard dans un tout nouveau médium, celui du cinéma !
C’est le thème de notre article du jour, qui explore le legs de Maupassant à travers l’Histoire du 7° art ! Tornado vous éclaire à la torche et vous montre votre fauteuil chez Bruce Lit.

Dans notre sélection de films sur le thème de la peur suggérée et de la schizophrénie, vous trouverez le magnifique « The Ghost & Mrs Muir », de Joseph L Mankiewicz. L’occasion est donc trop belle de vous faire écouter la magnifique BO de Bernard Herrmann, le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock…

88 comments

  • Matt  

    Ayé j’ai vu les innocents. Woah la classe quand même pour l’époque. Super bande son avec ce petit chant inquiétant, bonne ambiance…et une histoire assez sordide quand même. Sans spoiler, disons que la nature des manifestations spectrales sous-entend des situations tordues, surtout pour l’époque. Le film est très efficace, et la fin…euh…nous laisse un peu dans le flou volontairement. Je ne sais pas si je me fais des idées mais ça me semble osé pour l’époque.
    Je ne regrette pas du tout de me l’être procuré^^

  • Tornado  

    Cool ! :)
    Tu as vu un des plus grands films de tous les temps, sans déconner (le mec pas du tout dans l’emphase :D ) !
    Pour l’avoir vu plusieurs fois :

    Spoilers :

    Elle a tout affabulé. C’était tout dans sa tête. Les gamins sont normaux et il n’y a jamais eu de fantômes. Quel est ton avis ?

    • Matt  

      SPOILERS

      Je me suis posé la question en effet. Elle semble être la seul à les voir. On a quand même un doute si la servante Mrs Grose a vu ou non la silhouette sur l’étang. Elle ne semble pas nier non plus. Et les enfants, on ne sait pas trop s’ils sont dans le déni ou s’il n’y a vraiment rien. On ne sait pas non plus pourquoi le gamin claque à la fin.
      ça va te paraître bizarre mais en fait ça ne me dérange pas d’être pas sûr. Je n’ai pas forcément envie d’affirmer ta théorie. ça peut marcher. Tout comme ça peut aussi marcher que le fantôme tue le gosse lié à lui en partant. Parce que le gosse a quand même un comportement bien bizarre aussi. Comme quand il l’insulte et puis s’excuse ensuite. En tous cas s’il n’y a pas d’élément fantastique, le fameux valet décédé lui a bien retourné le cerveau au gamin.
      En gros je crois qu’on peut y voir plusieurs possibilités. ça dérange les gens en général, il leur faut une réponse claire^^ Mais on retrouve ça aussi dans le maison du diable. Même si la femme du professeur semble avoir eu peur d’un truc, et qu’il y a une ou deux manifestations étranges dont tous les personnages sont témoins (la porte qui gonfle), on se demande quand même si Eleanor ne pète pas un plomb.

      Le plus grand film de tous les temps ? T’as fait option ciné à l’école alors tu dois aussi mettre Citizen Kane parmi les meilleurs non ?^^
      Mais c’est vrai que les films de fantômes plus modernes doivent beaucoup à ce film, ça se sent.

    • Matt  

      Je me rends compte maintenant que La Maison des ombres (The Awakening) de Nick Murphy ressemble pas mal à ce film. Bon…les avis sont partagés dessus, et on peut trouver qu’à force ça ne renouvelle pas le genre face à des films anciens qui tentaient déjà ce mélange d’histoires de fantômes et de problèmes psychologiques, mais le film est sympa tout de même.

      • Tornado  

        Il y a tout un tas de films, qui sont sortis dans le giron de « Les Autres », qui s’inspirent largement des « Innocents ». « La Maison des Ombres », entre autres.

        • Matt  

          Oui enfin…il y a 10 ans d’écart entre les films quand même. Sacré giron^^
          Ce ne sont pas forcément tous de pâles copies. Je reste curieux en général parce que j’aime bien ce genre de cinéma.
          Après c’est plus difficile de se renouveler dans le cinoche d’horreur. Tiens j’ai vu Oculus récemment (The mirror en français…vu qu’on donne des titres anglais en français maintenant…à ne pas confondre avec un autre « the mirror » de 2016 parce qu’en plus on est con on donne des titres identiques) et c’était pas mal. Une histoire de miroir soi-disant maléfique avec une narration en miroir également qui raconte en même temps le passé d’une famille et les évènements du présent.

          • Tornado  

            Oh oui, il y a eu des ersatz de « Les Autres », et par extension des Innocents pendant une bonne quinzaine d’années. Surtout en Espagne, d’ailleurs (« L’Orphlinat », ce genre de film). La plupart sont d’ailleurs tout à fait respectables et fonctionnent bien. Toutefois, avec le recul, je les confonds un peu tous dans mon souvenir.

  • Tornado  

    Ah nonononon ! Je suis parfaitement d’accord ! :) Toute la force du film réside dans le fait que l’on ne sait pas si les fantômes sont réels ou pas. C’est ça qui est fort, en fait.

  • Jyrille  

    Imaginez donc que je dois lire cet article depuis deux ans et neuf mois… fou non ? Et pourtant vrai.

    J’ai lu la nouvelle de Maupassant (et peut-être d’autres associées dans le livre de poche que je dois encore avoir à la maison – aucune certitude), j’avais bien aimé. Depuis j’ai lu un article sur la paralysie du sommeil, qui pourrait expliquer partiellement cette histoire.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Paralysie_du_sommeil#:~:text=La%20paralysie%20du%20sommeil%20est,tout%20%C3%A0%20fait%20conscient%2C%20se

    Je suis finalement peu étonné que tu ne parles pas de Lovecraft, le maître de l’indicible, car l’univers développé ici n’a rien à voir avec ses écrits.

    Je n’ai vu aucun des films que tu cites ici. Cela fait très longtemps que je dois voir LA FELINE, toujours pas fait. Je n’ai jamais entendu parler des AMANTS DU CAPRICORNE de Hitchcok. C’est pendant sa période anglaise ?

    En tout cas, tout cela te rend extrêmement poétique et contemplatif, tu t’es lâché sur la forme, avec réussite !

    Gene Tierney était vraiment magnifique. Daho la chantait dans son La notte, la notte (second album).

    https://www.youtube.com/watch?v=RGRk5TbSmkA

    Tu me donnes très envie de voir Au coeur de la nuit, La maison du diable (et d’autres Robert Wise que je n’ai pas vus… il faut que je revoie West Side Story en VO !) et Les innocents. Mais les autres aussi sont intrigants, surtout La Féline.

    La BO : superbe. Il faut que j’écoute plus de BO de ce genre.

  • Tornado  

    Les Amants du Capricorne fait partie des années 40 américaines, avec Rebecca, La Maison du docteur Edwardes, Les Enchaînés, Le Procès Paradine et La Corde. Avec La Corde, c’est le 2nd film où il expérimente ces long plans séquences virtuoses.
    J’ai revu Les Amants du Capricorne récemment, en blu-ray. Je l’ai bien aimé mais quand un peu moins qu’avant. Il a vraiment vieilli, comme Rebecca. Si je devais écrire l’article aujourd’hui, je ne dirais plus « le splendide et méconnu Les Amants Du Capricorne ». Je trouverais quelque chose de moins dithyrambique.

    Un peu plus loin dans l’article, j’ai également écrit une grosse erreur : « Réalisé par Jack Clayton (le polar ultime Les Chemins de la Haute Ville, avec Richard Widmark, c’était lui !) ». Je me suis gouré de film ! Je voulais effectivement citer Les Chemins de la Haute Ville, autre très grand film de Clayton, mais je l’ai confondu avec Les Forbans de la Nuit. Les Chemins de la Haute Ville est un drame social (raison pour laquelle je l’ai offert à Bruce) et non un polar. Et ce n’est pas avec Richard Widmark (qui joue dans Les Forbans de la Nuit), mais avec Laurence Harvey (et Simone Signoret, qui a eu l’oscar pour le rôle).
    Ce sont deux grands film noirs hollywoodiens de la même période, que j’adore. Et je les ai confondus.

    • Jyrille  

      Merci pour les corrections et précisions ! De tous les Hitchcock que tu cites, je ne me souviens que de La corde (car vu il y a moins de 10 ans). Les autres, je ne sais plus si je les ai vus ou pas (m’étonnerait).

      • Tornado  

        Ils sont tous bien, mais ce sont plus des mélodrames que de vrais films à suspense, comme il en fera ensuite. Les ENCHAINES est encore différent puisque c’est un film d’espionnage (il en fera plein d’autres ensuite). Je ne l’ai vu qu’une fois et j’avais été déçu car il est considéré comme le chef d’oeuvre de cette décennie et il ne m’avait pas emballé. A revoir… Un jour…

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