Interview Ambre Bartok (JJ Goldman)

Interview Ambre Bartok

Une interview entre gold clair et gold foncé signé BRUCE LIT

Tu étais un peu différent, et moi je n’étais pas comme eux…
©Pygmalion

Cet été, je l’ai passé à lire des bios musicales. Celle de Lou Reed par Mick Wall, l’écrin de Marie David sur Gainsbourg et cet essai original de la journaliste Ambre Bartok sur les différences et les points communs entre Pierre Goldman et son demi-frère Jean-Jacques.

D’aucuns me reprocheront le grand écart de passer du rock de Reed et Gainsbourg à la chanson très populaire de Goldman. A ceux-là et aux autres, je leur répondrai, que bien qu’évoluant dans une catégorie très différente des deux premiers esthètes décadents, Goldman est un homme de l’être et de lettres dont l’écriture a été reconnue par l’Académie Française.

En ces temps d’antisémitisme galopant et décomplexé, on pourra rappeler que Goldman comme Gainsbourg est un fils d’émigré juif qui adopte les codes et la langue de son pays d’accueil pour la sublimer et lui faire honneur. C’est également un compositeur qui a commencé par chanter des chansons dont personne ne voulait avant d’en devenir le grand faiseur.

Les comparaisons s’arrêtent là : JJ Goldman ne ressemble qu’à lui-même et réussit une prouesse en soi : être l’artiste préféré des français en étant le plus invisible. Mais derrière l’homme de coeur, se pourrait-il que l’on puisse y trouver un authentique révolté comme l’était son demi-frère Pierre ?
Voici les réponses d’Ambre Bartok recueillies par mail en septembre dernier.

Pierre Goldman, ce frère dont Jean-Jacques a toujours refusé d’évoquer publiquement et intimement.

Bonjour Ambre et merci pour cet ouvrage qui a comblé le fan de JJG que je suis. Peux-tu nous en expliquer la genèse ?  

Pierre Goldman est mon auteur préféré. Et Jean-Jacques mon parolier préféré. Je sortais de la rédaction d’un livre difficile, mon éditrice m’a demandé ce que j’avais envie d’écrire pour « me reposer », j’ai sauté sur l’occasion d’écrire sur les frères Goldman.

Pour nos jeunes lecteurs, peux-tu présenter Pierre Goldman le demi-frère de Jean-Jacques ? 

Pierre Goldman est le frère aîné de Jean-Jacques. Il est issu du premier mariage du père de JJG. Il a été braqueur. Il a été accusé d’un double meurtre dont il est sorti blanchi après une longue bataille judiciaire. Par ailleurs, c’est un écrivain de génie. Il a écrit 2 livres qui ont été salués par les intellectuels de l’époque : Sartre, Beauvoir, entre autres. Il a été tué par balles dans la rue.    

Ton livre montre traite des ressemblances et des différences de JJ et Pierre autour de la mort, la politique, l’amitié ou l’écriture.  Sait-on quels rapports avaient-ils entre eux ? 

Jean-Jacques n’en parle pas. Pierre parle un peu de se fratrie dans son livre « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France ». On sait que les frères et la sœur de Pierre ont suivi son procès, mais ne faisaient aucun commentaire. 

Quel serait l’héritage de Pierre Goldman aujourd’hui ? Son nom semble être tombé dans l’oubli…. 

Oulala, tombé dans l’oubli? ça me fait mal ce que tu dis. Il nous a laissé des textes merveilleux, c’était un homme qui donnait ses lettres de noblesse au mot « Liberté ». Un homme plein de convictions et de combats. Une plume d’un tranchant et d’une émotion rare.

Penser que l’on a moins tort lorsque l’on hurle plus fort
©Ed Illustratrice

Tu affirmes que Jean-Jacques Goldman est un vrai philosophe et doublé d’un Juste… 

Oui. Sa réflexion est toujours aboutie, comme le prouvent ses textes de chansons. Il a une mécanique intellectuelle très aboutie, à mes yeux mais pas seulement aux miens puisque des millions de gens l’aiment, se retrouvent dans ses chansons aussi. 

Tu sembles déplorer que Goldman ne se soit pas lancé en politique…. 

Oh que oui. Je rêve d’un homme plein de convictions assumées. Il faut lire son livre d’entretiens avec Alain Etchegoyen pour voir qu’il pense politique en continu. Et que ses idées sont sensées, carrées, intelligentes en un mot.

Goldman a toujours été assimilé à un chanteur de gauche alors que dans la réalité, il a toujours détesté Mitterand et méprisé le parti communiste français… Il pète également un plomb lorsque Chirac et Balkany utilisent ses chansons lors de meetings. Où le situes-tu sur le spectre politique français ?  

Je dirais que lui est un homme de gauche, contrairement à Mitterrand, qui était un pourri (oui je sais, j’y vais fort mais je suis journaliste politique et j’ai étudié le bonhomme). 
Quant à son mépris du communisme comme tu dis, ce n’est en fait pas du mépris mais de le déception. Je pense que le concept communiste, sur le papier plaisait à Jean-Jacques Goldman, mais que les hommes ont bafoué les inspirations du concept, comme d’habitude…

 

Que reste-t-il de nos chanteurs humanistes ? Berger, Gall, Balavoine sont morts. Renaud est un zombie et Goldman s’est exilé. C’est la fin d’un rêve, non ?  

Si. Je ne vois malheureusement aucun talent éclore aujourd’hui, personne qui puisse les égaler. Goldman en particulier. 

Les chansons sont plus belles que celles qui les chantent
©Ed Illustratrice

Une phrase m’a fait tiquer : celle où tu rassembles Goldman avec De Gaulle, Gainsbourg, Zemmour, Onfray ou Moix comme des provocateurs de débats ! 

Je mélange tous ces hommes, bien que je sois au fait qu’ils ne partagent rien ou presque, parce que je défends là le droit à la parole. Je pense que toute idée doit s’exprimer, qu’elle soit politiquement correcte ou non. C’est à mes yeux ça, la démocratie.

Comment expliques-tu le désamour voire la haine que vont lui vouer la presse rock tout au long de sa carrière ?

Je crois que c’est de la jalousie. C’est un type qui ne prête pas attention au look, qui n’aime pas la vie publique, qui ne boit pas, ne prend pas de drogue, n’est pas fun si je puis dire mais très banal vu de l’extérieur. Je crois qu’il n’entrait pas dans le moule des rockeurs ou journaleux de rock, qu’on l’a, de fait, haï. C’est un type qui voit au delà des apparences, ce que ces gens, ses accusateurs, ne savent pas faire. 

Après Johnny, il va quand même écrire pour Florent Pagny, Patrick Fiori, Lorie ou Céline Dion qui sont aux antipodes de l’univers rock qu’il affectionnait dans DÉMODÉ ou MINORITAIRE… Personnellement c’est là et durant l’évolution de plus en plus kermesse beauf des Enfoirés que je n’arrive plus à le suivre… 

Je crois qu’il a écrit pour ces gens parce qu’ils le lui ont demandé, tout simplement. Parce qu’ils avaient sans doute besoin d’être remis sur la route du succès. Et que Goldman perçoit le désespoir. Il a fait ce qu’on a à faire quand on est quelqu’un de bien : leur tendre la main. 

La polémique TOUTE LA VIE qui a assimilé Goldman à un réactionnaire, qu’en as-tu pensé ?  

Je déteste Attali. Il vole des textes d’autres auteurs régulièrement, c’est extrêmement condamnable. Alors l’entendre faire une leçon de morale à Goldman m’a choqué au plus haut point. Goldman n’est pas du tout réac, il dit simplement dans cette chanson ce que les gens ne veulent pas entendre : que pour réussir, il faut travailler. Point.  

Rare : la colère froide de Goldman contre Romain Goupil à la télé française.

AU BOUT DE MES REVES, ENVOLE-MOI, ON IRA, LA-BAS, AMERICAIN, EN PASSANT toutes ces chansons évoquent l’exil et la migration que tu relies à l’errance juive. C’est brillant !  

Je suis Juive tu sais comme lui. Allors j’ai les mêmes questionnements et je sais intrinsèquement quand un texte parle de ça, dans l’ombre. Donc rien de brillant dans cette analyse, juste une prédisposition. Mais merci de ta bienveillance.


Je savais que Goldman avait chanté avec Balavoine. Ton livre m’a fait découvrir un joli duo avec son modèle, Michel Berger. Qu’avaient en commun ces deux hommes ?  

La sensibilité, l’à propos, la compréhension des autres, la captation de leurs chagrins, douleurs… et évidement un talent fou.

L’humilité, l’humanisme et l’intelligence de Goldman sont loués de tous.  L’homme doit bien avoir des zones d’ombre, non ? Tu n’en parles pas beaucoup… 

Si si j’en parle en interview. Mais tu sais, il faut des preuves pour écrire quelque chose et sur cette question je n’ai que des intuitions. Elles sont qu’il n’est sans doute pas facile à vivre, très exigeant, ne tolérant que très mal la médiocrité. Qu’il a sans doute des idées arrêtées sur bon nombre de sujets. Mais encore une fois, on est dans le domaine du ressenti, pas du palpable là.  

Un duo méconnu entre Berger et Goldman.

Quels seraient les clichés et les malentendus que tu souhaiterais dissiper autour de ce curieux personnage : le plus populaire de France qui brille par son absence ?  

Je pense qu’il n’est pas qu’un chanteur populaire mais un gars brillant. Qu’il l’a peu montré et que c’est dommage.  

Tu envoies à la fin de ton ouvrage une invitation à ton idole. Sais-tu s’il a lu ton ouvrage ? 

Oui je sais qu’il l’a fait. 

Quelles seraient les chansons que tu nous inviterais à redécouvrir et pourquoi ?  

Né en 17 à Leidenstadt, Les choses, Sache que je. Ce sont des questions qui nous invitent à réfléchir à des thèmes fous, à nous regarder tel qu’on est.

Plus le temps passe, plus je trouve que DEMODE est le meilleur disque de JJG : rock, en colère et grinçant. Quel serait le tien ?  

J‘aime tout. Pas forcément les mélodies, mais toujours les textes. 

Les héritiers de la Génération Goldman, c’est… ?  

Personne.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Il faut lire Pierre Goldman, absolument.Un dernier mot encore : merci d’avoir lu cette interview. Et merci à toi d’avoir lu mon livre, bien sûr.

Qu’elle soit elle, et le mieux qu’elle pourra
©Ambre Bartok

La BO du jour

Où Goldman se met en scène dans une chanson assez rock en train d’enlever une femme pour lui signifier son désir : Un Requiem pour un fou sous fond de luttes des classes au texte dérangeant.


43 comments

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai lu en diagonale mais j’approuve tellement les réponses de cette dame que j’y reviens tout l’heure.
    Merci Mme Bartok pour votre soutien indéfectible aux mots et à la liberté d’expression sans concession!

    • Manu  

      Interview très intéressante… j’apprends que JJG avait un demi-frère peu recommandable.

      • Ambre Bartok  

        Peu recommandable en effet, mais génial ! lisez-le !

    • Ambre Bartok  

      Merci à vous de vos gentils mots. Et Ambe me va mieux que madame Bartok, ça me file un coup de vieux Mme Bartok 😉

  • Présence  

    Magnifiques illustrations d’Edwige : la couleur lui va vraiment très bien.

    Une interview surprenante qui n’est finalement pas sur le livre, mais sur la place de JJ Goldman dans le paysage français, sa profondeur d’écriture et ses actes qui sont en cohérence avec ses convictions. U beau complément à ton article sur la bande dessinée de Éric Le Bourhis, Jean Trolley et François Dimberton.

    • Bruce lit  

      Là est est la difficulté de parler de Goldman : l’homme est insaisissable même quand on croit le connaitre. Il est aussi dans l’hypercontrôle dans ce qui peut être dit de lui comme Bowie dans une certaine mesure .

  • Jyrille  

    Très jolie interview qui me laisse tout de même sur ma faim quant à la personnalité de JJG : il y a encore plus de mystères qu’avant… On ne sait toujours pas pourquoi Pierre s’est fait assassiner ?

    J’apprends également que Mitterrand n’était pas de gauche et qu’Attali est un voleur : cela m’étonne beaucoup mais pourquoi pas.

    Je n’ai pas encore regardé les vidéos mais dès que ce sera le cas je repasserai.

    • Eddy Vanleffe  

      Ah une journaliste qui n’a pas été dupe des Mitterrand et des Attali …ma nouvelle héroÏne. ^^
      oui effectivement finalement on parle plus de la « résonance » de Goldman que de lui.
      CA ne me dérange pas. un artiste c’est quand même avant tout son oeuvre, son message et son art… le reste c’est ce qui nourrit ces éléments.
      Bravo!

      • Ambre Bartok  

        Eddy, je suis plus que ravie d’être une héroïne 😉 et sans vouloir me la péter (mais quand-même un peu), je suis éditorialiste politique et ai longtemps travaillé sur Canal +, en particulier au Vrai Journal. J’ai donc été formée à me révolter, fouiller, fouiner…

        Enfin, je pense qu’il est du devoir de chaque journaliste de tout remettre en cause tout le temps, particulièrement le pouvoir en place. Vous pourrez vous rendre compte que je le fais sur chacun de mes livres. Le dernier auquel j’ai prêté ma plume et sur lequel j’ai enquêté, est le livre du Prof Christian Perronne, qui étrille pour le moins le gouvernement actuel. Et j’en prépare un autre qui devrait bien secouer aussi. Si j’arrive à prouver tout ce que je dis…

    • Bruce lit  

      L’enquête autour de Pierre Goldman ne semble pas avoir été poussée. L’homme avait beaucoup d’ennemis et on remonterait jusqu’aux hautes sphères politiques.
      Pour faire vite, Mitterand n’était de gauche que par opportunisme politique. Après 2 ans de politique de gauche, la crise économique l’a forcé à prendre un virage libéral. L’organisation de son pouvoir le poussait à avoir des hommes d’affaires comme Tapie dans son entourage qui incarnait le culte du pognon roi à la cour d’un Président Socialiste. Quant à Attali, il a mangé à tous les râteliers et certaines de ses déclarations sur le petite peuple sont répugnantes : il a vomi sur Goldman en se prétendant, lui, être légitime sur l’héritage de Coluche. Il a même émis l’idée au moment de la crise des Gilets Jaunes qu’il faudrait peut-être leur tirer dessus… Très Coluchien effectivement.

      • Ambre Bartok  

        Eh dis donc! si elle a été poussée l’enquête sur Pierre ! t’abuses ! il est en revanche vrai que je me suis pas servie de toute la matière que j’avais sur lui, dans mon livre. Pourquoi? parce que tu as raison, son crime était politique. L’autre matière que j’vaais sur lui, ce sont 200 lettres, qu’il avait écrites au cours de sa vie. ça aurait été dingue de les diffuser ou d’en parler, mais j’ai décidé de ne pas le faire. Pour respecter la discrétion de cette famille. A qui j’ai donné les lettres. C’est un choix.

        Belle analyse de Mitterrand, tu as raison. J’ajoute que le simple fait, outre sa politique, de nous avoir fait payer à nous, les frais de sa seconde famille, me révulse. Parce que monsieur et sa galante ne vivaient pas sur un petit pied vois-tu… Même s’il ne nous avait spolié que d’un euro, ça m’aurait de toute façon révoltée. Je rappelle que les hommes politiques sont nos employés, pas nos patrons. Nous les payons et nous leur demandons d’être droits, justes et d’œuvrer pour le peuple. Plutôt que d’êtres des opportunistes en quête d’enrichissement personnel.

    • Ambre Bartok  

      Il y a énormément de raisons pour lesquelles Pierre aurait pu être assassiné, et autant de commanditaires possibles. J’ai une idée précise de la raison de son meurtre, mais il serait bien trop risqué de l’imprimer.

      Quant à Mitterrand, je vous confirme penser que ce n’était pas un homme de gauche. Il existe pléthore de preuves si vous regardez la politique qu’il a menée.

      Concernant Attali, oui c’est un voleur de textes. Et vous pensez bien que j’en ai la preuve, sinon je ne l’aurais pas écrit dans mon livre. Il y a eu, en outre, beaucoup d’articles sur ce sujet dans la presse lorsque ça a été découvert. Ils doivent pouvoir se trouver facilement sur internet, vous me direz.
      Le vol de textes, ce n’est évidement pas quelque chose de tolérable à mes yeux, parce que non seulement il se fait passer pour un penseur, mais en plus, il méprise l’auteur initial et, pour couronner le tout, ne reverse aucun droit d’auteur.

      C’est juste scandaleux, au même titre que n’importe quel vol.

  • Tornado  

    Pour commencer je me joins aux louanges concernant les illustrations d’Edie. Un regret : Pourquoi la formule « jamais deux sans trois » n’a pas fonctionné ici ? 😉
    Etonnant de voir la couleur arriver soudain dans son travail. Une raison à ce choix pour cet article et cet artiste en particulier ?

    Sinon, encore un bel article. Je trouve que l’intervieweur progresse à chaque nouvelle ITW. Les questions sont concises et frappent juste.
    Concernant le contenu je ne suis surpris de rien. J’ai toujours admiré JJG et j’ai toujours trouvé que :
    1) Ses textes étaient d’un niveau exceptionnel.
    2) Son talent de musicien était nettement supérieur à la moyenne et en plus le type est humble.
    3) Tous ceux qui niaient les deux points au dessus faisaient preuve d’une injustice patente.
    Concernant les quelques prises de position de Bruce, j’aurais un point d’accord (à partir du moment où il a commencé à écrire pour les autres de la variété pourrave, j’ai arrêté de le suivre moi aussi), et une remarque : Quoi ??? Que lis-je ??? Tu t’en prends à le presse rock (qui a démoli JJG) ???!!! Mais que se passe-t-il ?????!!!!! 😀

    • Bruce lit  

      Coucou Tornado
      J’avais commandé deux portraits à Edwige. Ambre était dans le rush entre deux livres et s’excusait de ne pas rendre une copie plus fournie. A notre grand dam mutuel l’interview est assez courte et ne donne pas lieu à une grosse iconographie d’autant plus qu’il y avait des extraits vidéos auxquels je tenais absolument.

      1/ Oui, c’est exceptionnel et je pense que Goldman est aimé pour les mauvaises raisons, un peu comme Coluche d’ailleurs dont les restos ont lissé l’image. Le public ne voient en lui qu’un type sympathique et discret quand son oeuvre propose une langue irréprochable et des chansons d’une puissance émotionnelle incomparable.
      2/ Itou
      3/ La presse rock : ahaha
      Sur ce coup là, je te donne…raison. La presse a été dégueue avec lui alors que dans le même temps Sting, Elton John, Springsteen ou Supertramp pliaient les mêmes mélodies sous les vivats.
      Cependant je nuancerai : Goldman a été massacré par Le Nouvel Obs, l’Evènement du jeudi et particulièrement Libération, c’est à dire….la presse de gauche ! Il faut les lire ces papiers où le mépris du chanteur confine souvent au même antisémitisme dont Gainsbourg a été victime avec Michel Droit dans le Figaro.

      Je compte poser cette question à Philippe Manoeuvre : Goldman a chanté deux fois dans Les Enfants du Rock en 84 et 86 (j’ai fait des recherches !) mais concernant la presse écrite RAS. Eudeline m’avouait en -off admirer son talent et sa voix.
      Après à mes yeux il y a deux Goldman : le rocker et celui qui embrasse la cause de la variété. Je préfère bien évidemment le premier, mais les faits sont là : il est le meilleur dans ces deux catégories.

  • Kaori  

    Que c’est agréable de retrouver Goldman sur le blog…

    D’abord, bravo à Ed’.
    Merci à Ambre Bartok d’avoir répondu à tes questions.
    Je n’avais jamais entendu parlé de Pierre Goldman…
    Les propos d’Ambre ne font que me conforter dans ce que je pense de JJG. Un homme bien.
    J’aime beaucoup la vidéo que tu as mise où il se confronte à Romain Goupil. C’est tout Jean-Jacques. Il garde son calme, son sourire, sa diplomatie et son intelligence. Et pourtant il est tranchant, sans concession.

    J’avais oublié cette chanson, le rapt. JJ a toujours dénoncé les inégalités. Je n’avais jamais fait le lien avec l’errance juive. J’ai toujours senti qu’il se mettait facilement dans la peau des immigrés et enfants d’immigrés, mais je n’aurais jamais pensé à sa propre histoire, tellement il est discret. Mis à part dans Né en 17, il me semble qu’il parle peu de ses origines.

    Bon, sinon, grâce à toi, je me suis rappelé comment il se faisait que je connaissais Le rapt alors qu’il est sur un album que je n’ai pas. J’avais une amie voisine qui possédait l’intégrale, quand j’étais au lycée !! J’ai passé des après-midis à écouter les CDs ^_^ .

    Concernant la question de qui peut remplacer Jean-Jacques et poursuivre le chemin tracé par Berger et Balavoine, c’est vrai qu’à l’heure actuelle, dans le genre variété populaire, on n’a plus personne…

    • Eddy Vanleffe  

      Je pense que notre monde est en voie de disparition tout simplement.
      ma fille a étudié le texte JE SUIS de Big Flo et Oli à l’école…
      voilà, elle est là la variété populaire aujourd’hui.
      ça échappe totalement à ma grille d’écoute et il faut que je lise le texte pour réaliser que c’est bien foutu. lucide, actuel parlant de problématiques qui nous échappent tellement qu’on les prend de haut.
      Ce n’est pas beau à nos sens mais nous ne sommes que poussière et le monde tourne.

      • Kaori  

        Sur ce coup, je pense que les profs n’ont pas tort, et même si effectivement je ne suis pas fan du tout de Big Flo et Oli, leurs propos ne sont pas dénués de bon sens. Pour toucher la nouvelle génération, il faut partir aussi de ce qu’ils connaissent. Ma fille de 8 ans adore « Dommage » et « Plus tard ». Les paroles sont pertinentes et même légèrement acides.
        Je ne connais pas « Je suis ». Je vais aller lire ça.
        Peut-être qu’on est devenu vieux et cons et qu’on est comme nos parents qui critiquaient la musique qu’on écoutait. Place à la nouvelle génération. C’est ça l’évolution. Vers le mieux, là, je n’e suis pas sûre, mais je redeviens vieille et conne quand je dis ça, je crois 😉 .

        • Eddy Vanleffe  

          Je me sens comme toi…(comme toi… ^^) à la croisée de chemins.
          je résiste à longueur de temps pour ne pas laisser passer des trucs pour avoir la sensation de pouvoir garder autre chose que du sable entre mes mains mais voilà…
          On est en 2020 et le monde ne parle plus mon (notre?) langage…
          j’ai jeté un œil aux previews de janvier et à part une légère nausée à deux ou trois reprises, plus de frisson, plus d’envie… Je ne comprends pourquoi on s’attarde sur une Batgirl de tous les combats et de toutes les manifs qui regarde déboulonner des statues en pensant sérieusement que ses modèles ont failli…
          j’ai pas envie de lire ça… en revanche je suppose que c’est dans l’air du temps, c’est moi qui n’y suis plus…
          Non je reconnais à Big Flo et Oli d’être travailleurs dans leur textes et d’être talentueux dans un genre que je ne goûte guère. Ce doit être de la variété en plus parce que je doute que le hip-hip pur et dur les prenne au sérieux aussi. ^^

      • Bruce lit  

        Je ne sais pas qui sont ces gens. Ai-je envie de le savoir ?

    • Bruce lit  

      @Kao’
      Au sortir de l’itw d’Ambre, je me suis juré de lire du Pierre Goldman. J’aime les poètes maudits et sulfureux.
      L’intw avec Goupil montre la détermination polie de JJG face au défaitisme de Goupil. On est encore dans la thématique de l’homme : ne pas baisser les bras et faire taire les statistiques, donner sa chance à l’humain.
      Tornado, tu sais à qui il me fait penser dans cette séquence ? A David Gilmour : le mec poli, courtois, avec le coeur sur la main mais capable de tenir tête à un dingo comme Roger Waters et le défaire tout en sourire et en silence…

      Sur la migration, on a quand même Là-bas, Puisque tu pars, Américain, Je Marche Seul, On Ira sans doute son texte qui me touche le plus. C’est une chanson magnifique et lucide : ON ira même si tout est perdu d’avance. La mort annihile tout même la beauté et l’amour et pourtant (Belle) On Ira, il n’y a que les routes qui sont belles, peu importe où elle nous mène. C’est beau, simple et profond. L’rt total d’un chansonnier en moins de 3 minutes. Une chanson que Dylan aurait pu écrire en 66.

      Sur l’héritage humaniste, avançons Gauvain mais à côté la portée des paroles de Goldman est immense. Immense. Et personne, n’a jamais pensé à les décortiquer, à prendre cet héritage littéraire au sérieux.

      • Kaori  

        Ah mais je te rejoins totalement sur les chansons ayant le thème de la migration, mais je ne les rapprochais pas à sa propre histoire.

        D’ailleurs, pour faire le lien avec Bigflo et Oli, je suis tombée hier sur un clip qui s’appelle « Rentrez chez vous ». Une dystopie où les deux frères imaginent que la guerre est en France et qu’ils doivent partir. Le clip est un petit film d’animation. Un récit qui dénonce tellement bien ce qui se passe en France pour l’accueil des migrants que ça en fait froid dans le dos. Les phrases qu’on entend sur le générique de fin sont également très parlantes…
        https://www.youtube.com/watch?v=gm328Z0JKjA&ab_channel=BigfloetoliVEVO
        Je ne suis pas fan de leur talent, mais ils abordent des sujets sérieux, ça fait du bien quand ça vient de la nouvelle génération.
        Je pense à « Dommage », qui parle des regrets à passer à côté de ses rêves en restant inactif, abordant également la violence conjugale…
        « Plus tard » a un clip sympa aussi, avec les enfants dans le rôle des adultes. Ca parle du passage à la vie d’adulte, les pensées magiques, bref, le temps qui passe…
        Je pense comme Eddy, qu’ils ne doivent pas être très bien vus par la team « hip hop, rap et cie ».
        Bon, après quelques recherches, ils sont effectivement méprisés par une bonne partie du rap français, car trop gentils et trop « grand public », pas issus de la banlieue, etc.

        Pour Gauvain Sers, c’est vrai que j’ai pensé à lui aussi, mais on est encore loin loin loin du talent de ses « modèles ». A voir ce que ça donne dans l’avenir, car on ne peut pas nier qu’il essaye de marcher sur leurs traces.

  • Surfer  

    La musique de J.J. Golman me laisse complètement indifférent. J’écoute sans écouter juste si ça passe à la radio ou à la télé.
    Je n’ai aucun disque.
    Du coup je ne me suis jamais penché sur les textes de ses chansons. Manifestement c’est un vrai philosophe avec des réflexions abouties…pourquoi pas. J’essaierai d’être un peu plus attentif la prochaine fois que je l’écoute 😉

    Balancer que Mitterand était un pourri…comme ça… sans aucune argumentation objective, m’a un peu dérouté. Surtout venant d’une journaliste politique.

    Les illustrations sont encore très réussies 👍Félicitations 😉

    • Ambre Bartok  

      Je n’ai pas argumenté sur Mitterrand, vous avez raison et je le regrette. Vous verrez dans les réponses précédentes que je l’ai un peu fait ce soir, mais à la vérité, tout est à mes yeux détestable chez ce président. Je ne citerai qu’une dégueulasserie parce qu’il me faudrait écrire trop longtemps sinon maintenant : Mitterrand était un ami de Bousquet. Je rappelle que ce type était à la tête de la police de Vichy. Je crois que ça suffit à dire qui était Mitterrand, non ?

  • Bruce lit  

    Bonjour à tous.
    Entre l’attentat de vendredi dernier et le fait que je bosse même pendant mes vacances, j’ai été un peu silencieux ces jours-ci et je m’en excuse.
    @Surfer : j’ai été ravi de trouver dans le livre d’Ambre Bartok ce que je savais déjà : la profondeur des textes d’un auteur hors du commun, bien loin du cliché que JJG a lui même voulu entretenir d’un simple chanteur de variétoches. Non seulement aucunes de ses chansons ressemblent à une autre mais le panel des thématiques abordées est vertigineux : migration, shoah, refus de se sentier aliéné, refus du déterminisme, les blessures mortelles que l’amour engendre, la mélancolie même dans la gaieté, le conformisme à se vouloir anticonformiste et là j’écris un truc vite fait.
    Mais vous savez quoi ? J’ai lu une dizaine de livres sur Goldman et je suis convaincu d’une chose : celui que j’ai en tête avec un corpus de ses thématiques reste à écrire. Et parfois, je bouillonne de le faire…

    Mitterand a bcp déçu et sa vilennie n’a sans doute plus besoin d’être résumée. JJG l’étrille lui et Tapie dans l’album ROUGE. C’est un personnage qui continue de me fasciner personnellement 30 ans après sa mort. J’ai dû lire lus de livres sur lui que Goldman…Et l’histoire n’a pas été forcément juste avec lui à mon sens.

    • Surfer  

      Que Mitterand, le Socialiste de référence, ait déçu avec une politique de droite et que l’on adhère pas, je peux comprendre.
      Que J.J. Goldman l’étrille dans son album Rouge je peux comprendre aussi car c’est son droit, ces opinions.
      Par contre, qu’une personne puisse se permettre de l’insulter, juste parce qu’elle est journaliste politique ! Je trouve cela un peu disproportionné et, a mon sens, ne fait pas honneur à son métier.
      A ce niveau là, on ne parle même plus de politique, mais juste d’un minimum de respect envers un monsieur qui à été président de la république de notre pays pendant 14 ans.

      • Ambre Bartok  

        Si si je fais honneur à mon métier monsieur, quand je n’ai pas peur de nommer les choses alors que le discours médiatique aujourd’hui est lissé, alors que les journalistes se citent entre eux sans chercher les sources premières. Si, je fais honneur à mon métier parce que lorsque j’écris un livre d’attaque frontale à un gouvernement, et que je pointe des mensonges d’état, des corruptions, et des passe droits, lobbying et j’en oublie, je ne suis pas poursuivie par lesdits politiques.
        Vous savez pourquoi Surfer? parce que je n’invente rien.

        Croyez bien que mes livres politiques sont lus par mes cibles et leurs avocats, et qu’ils ne passeraient rien !

        Concernant Mitterrand, je vais être très claire : je me moque complètement qu’il ait été président. Aucun homme n’est supérieur à un autre, aucun ne mérite plus de respect qu’un autre. Ce type se prenait pour Dieu et n’a jamais été un grand homme mais un lâche, un opportuniste et un menteur. Savez-vous qu’il a reçu la Francisque?

        Pour obtenir cette décoration, il faut soi-même en faire la demande en remplissant un formulaire indiquant : « Je fais don de ma personne au maréchal Pétain. Je m’engage à servir ses disciples et à rester fidèle à sa personne et à son oeuvre ».

        C’est bon, vous le méprisez enfin ?

  • Surfer  

    Ambre, a mon grand regret, je n’ai lu aucun de vos livres.
    De vous je ne connais que cette interview et la charmante photo en fin d’article.
    Je ne peux donc pas me prononcer sur votre travail d’investigation et sur ce que vous dénoncez dans vos écrits.
    Vous dites que vous êtes moins lisse que les autres journalistes qui ne font que se citer les uns les autres.
    Ok…pas de problème…je veux bien vous croire…même si dans cette affirmation j’y entends aussi un soupçon d’arrogance.

    De toute façon là n’est pas le propos !
    Mon intervention questionne plutôt sur la légitimité à outrager un homme, sous prétexte que l’on est journaliste politique.

    Encore une fois, dire que quelqu’un est un pourri n’est que de l’insolence agressive irrespectueuse. Il n’y a rien de constructif à affirmer cela . Bien au contraire, à mes yeux, ce vocabulaire décrédibilise totalement.
    Le message peut aussi être passé avec un peu plus de finesse ou d’élégance : J.J. Goldman utilise des chansons pour cela 😉

    « Aucun homme n’est supérieur à un autre »,
    OK je vous l’accorde . Sauf que dans toute société démocratique il y a une hiérarchie: Des parents, des policiers, des profs, des managers…Tous méritent le respect, même le sans-abri qui fait la manche sous un pont.
    Peut-être que certains, méritent un peu plus que d’autres. Mais ça, ce n’est que mon humble avis. Pour autant, l’actualité récente a malheureusement quand même tendance à me donner raison.

    Pour finir et pour répondre à votre question :

    C’est bon, vous le méprisez enfin ?

    Je dirais Non… il m’en faut beaucoup plus pour mépriser quelqu’un et à fortiori quelqu’un qui n’est plus de ce monde pour se défendre.
    Si c’est cela votre objectif: le mépris d’autrui. Ce n’est pas gagné avec moi.

    • Surfer  

      Je tiens à préciser que, bien évidemment, je condamne le régime de Vichy et le Maréchal Petain.
      Qu’il n’y ait pas de malentendu SVP.

  • Bruce lit  

    @Surfer : je me situe entre les propos d’Ambre et des tiens. Comme j’avais pu le mentionner sur les propos de Lio, il est odieux d’insulter un mort qui ne peut plus se défendre. Cependant pour Mitterand, l’homme n’aura pas eu son pareil pour être détesté de son vivant, c’en était presque artistique. Je méprise tout son passé trouble révélé par Pierre Péan (qui nuancera par la suite), son cynisme, toutes les zones troubles qui planent sur les suicides de De Grossouvre et Bérégovoy, son hypocrisie d’envoyer cette pauvre Edith Cresson au massacre rien que pour torpiller Michel Rocard (dont Goldman se sentait assez proche, il l’avait même interviewé), son jeu de manipulation du FN pour faire chier la droite.
    Mais, à l’inverse d’Ambre j’ai le plus grand respect pour l’homme de lettres, sans doute le président le plus cultivé de notre Vème république. Mitterand ne l’oublions pas se devait d’avoir une stature face à Reagan, Thatcher ou Gorbatchev. En outre, à l’inverse de Sarkozy ou Hollande, il n’a jamais fait honte et a eu la stature d’un Président tout au long de ses 2 mandats.
    J’ai enfin une certaine compassion pour l’homme, celui qui a lutté comme un lion contre un cancer pendant 14 ans et cette volonté indomptable de ne rien céder à la maladie.

    @Kao’: j’écouterai ton lien à l’occasion.
    Le grand drame de Goldman à mon sens est d’avoir refusé le star system et de mettre en avant son incroyable talent. Avec quelques overdoses et scandales, gageons qu’il aurait été reconnu comme un artiste. Seulement voilà, le gars excède en normalité, il ne pouvait pas se faire des amis.
    reste le souvenir d’avoir vécu en direct ces années Goldman. La sortie de ENTRE GRIS CLAIR ET GRIS FONCE reste un grand moment musical de ma vie. Je ne le renierai jamais. Même si avec le temps c’est son premier album qui défonce tout.

  • rasputin  

    J’avais un peu halluciné quand j’étais tombé sur l’article, et en lisant les commentaires je plane complètement !
    Voir des fans de rock faire l’apologie de celui qui est le King de la variété des années 80 (il a détrôné Barbelivien), et un des grands responsables de ce que sont devenues les restaus du cœur .bon, pourquoi pas !
    Mais sur l’errance juive, moi je voyais plutôt le truc, dans l’air du temps a l’époque ,du rêve américain avec « j’irais a new york avec toi » de téléphone, les chanson d’Eddy Mitchell, et Johnny qui fait son come back a cette période !
    Et sans dire que le type n’a aucun talent ; la profondeur de « né en 17 a leindestadt » c’est un peu comme les debat pilosophiques genre « estce que si on remontait le temps il serait legitime de tuer hitler bébé ? »
    Perso si on peut m’expliquer la profondeur de « je marche seule « , ; et que la nuit me pardonnent, je dis pas ça pour casser du sucre gratuit sur JJG que j’aimais beaucoup ado, mais il est plus le reflet d’une époque ou en France on , n’osait la rebelion du rock musicalement , mais ou la variété n’assumer plus nous plus les betise yéyé !
    Dans ce cas on peut parler de la profondeur des textes de Balavoine, Berger, ou même de la punk desireless et la gothique jeanne mas !

    • Bruce lit  

      Bonjour Rasputin
      Goldman étant un grand fan de Pink Floyd, je ne suis pas étonné que vous ayez pu planer en nous lisant…
      J’ai déja écrit plein de fois ici ou en commentaires en quoi Goldman faisait de la variété Rock. Pas du Rock pur…Quoique…A quel moment les Stones, Elton, Elvis ou même John Lennon sont variétés ? Quand sont-ils rock ?
      Cette réponse je peux vous la donner : Goldman est rock sur l’album DEMODE, indubitablement.
      Il l’est sur le deuxième disque de GRIS CLAIR ET GRIS FONCE. Il L’est sur la moitié de ROUGE. Il ne le sera jamais dans la vie.
      Je veux bien entrer dans un débat poli, courtois et rigolo avec vous mais pour celà il me faudra de l’argumentation et non pas du concours de vanne. Barbelivien est un faiseur. Goldman auteur-compositeur-arrangeur et producteur. Allez je vous laisse l’avantage : son dernier album est raté.
      Né à Leidentstat : si la portée symbolique d’un Juif, d’un Gallois et d’une Noire Américaine appelant à la réflexion sur ce qu’aurait pu être leur vie dans un autre contexte et que vous faîtes le rapprochement avec A TOUTES LES FILLES QUE j’AI AIMEES AVANT, vous êtes quand même d’une sacrée mauvaise foi.

      • Eddy Vanleffe  

        Je ne suis pas du tout un grand fan de JJG..je le connais mal… et à en croire Ambre Bartok, très mal…
        Moi aussi j’ai totalement zappé cette histoire de errance juive…il faut dire que c’est un thème très personnel et qu’il faut avoir les clés pour bien piger.
        Par contre né à Leidenstadt, c’est juste un texte clair et concis, qui ne fait pas dans le trémolo mais qui dit les choses avec beaucoup de résilience, une chose carrément oubliée actuellement. cette mise à la place de l’autre est un symbole extrêmement fort et un exemple à suivre.
        Je ne déteste pas son œuvre, je l’a trouve agréable à l’écoute mais elle ne me fascine pas.
        et puis la variété, ca peut être cool aussi, par moment…Renaud, c’est quoi?

  • rasputin  

    Dissipons un malentendu !
    Quand je dis que JJG a détrôné Barbelivien, c’est dans le sens de l’auteur compositeur incontournable qui écrivait pour toute les vedettes de l’epoque ! au debut des 80 c’est barbelivien, fin 80 c’est Goldman ! d’aileur patricia kaas apres avoir commencer avec barbelivien ce fait écrire ses chanson par JJG !
    C’est l’auteur de khaled , fiory, pagny, dion, que je compare a barbelivien !
    Et sur votre distinction faiseur d’un coté, auteur compositeur de l’autre ; je veux bien, mais barbelivien a aussi écrit « petite fille du soleil » pour Christophe, et d’autre chanson, pas forcement que les infâmes bouses en fin de carrière (même milieux de carrière je le concède), alors je préfère largement JJG en tant qu’artiste et en tant qu’homme ! Mais des chansons comme « aicha » et autre sont des chansons de faiseurs aussi !
    Demodé, il faudrait que je réécoute, je me souvient que du tube !
    Thai phong dans mon souvenir c’était rock, mais parole en anglais (fascination pour le monde anglo-saxons ) !
    On peut d’ailleurs faire aussi de la bonne variété, mais sans faire des vannes , je dis juste qu’il me semble excessif de trouver de la profondeur dans « je te donne », et autres ! Ça n’empêche pas que des chansons comme las bas, puisque tu pars puissent être très touchantes sans mérité un prix noble pour autant !

  • rasputin  

    dans le genre rock aussi y’avait  » j’prend ma guitare a la main et j’ai peur de rien » (j’ai oublier le vrai titre) qui etait pas mal !

  • Bruce lit  

    @Rasputin
    Tout d’abord, je suis désolé pour le ton agacé de mon post. 3 semaines d’attentats et 6 mois de Covid mettent mon humour à rude épreuve.
    Alors débattons :
    « d’aileur patricia kaas apres avoir commencer avec barbelivien ce fait écrire ses chanson par JJG ! »
    Si je devais chipoter, je dirais que Barbelivien a écrit avec François Bernheim tout le 1er album de Kaas (avec de bons titres d’ailleurs) quand Goldman sous pseudo Sam Brewski lui écrit Il me dit que je suis belle.

    Oui, Barbelivien a écrit pour Christophe : ce n’est pas ridicule, mais extra non plus.
    « C’est l’auteur de khaled , fiory, pagny, dion, que je compare a barbelivien ! » Pourtant nous ne sommes pas si en décacord que ça car je mentionne clairement dans l’article ce que je pense des érances pour les gros faiseurs. Je déteste tous ces gens mais force est de constater une chose : Goldman taille des chansons sur mesure pour Johnny, Dion,ou Kaas. C’est fou, car il s’agit d’univers différents (Khaled), et à chaque fois, même sous pseudos, il y parvient. Comme un certain Serge Gainsbourg qui aura écrit pour Dalida (?), Claude François (!) ou Dario Moreno (???).
    Là où Gainsbourg cherchait clairement à alourdir le compte en banque, je pense que Goldman avait vraiment envie de faire de la chanson populaire, un genre qu’il a toujours défendu, un art mineur pour les deux compositeurs d’ailleurs.

    Démodé :
    L’album s’ouvre sur un vrai rock, écoute bien la voix de Goldman. Tu ne l’entendras jamais si sarcastique. https://www.youtube.com/watch?v=A6N4qXCx4aA

    Sans un mot : texte acide et cynique https://www.youtube.com/watch?v=R5vkxHzMDIY

    Il suffira d’un signe : bon celle là, tout le monde la connait. Goldman parle de sa part de sa peur de la révolution islamiste iranienne https://www.youtube.com/watch?v=Vav-2sgJ4MI

    Pas l’indifférence : https://www.youtube.com/watch?v=mYB8iy6myJ8 chef d’oeuvre total. Elton ne ferait pas mieux.

    Et tous les titres sont dans cette veine. Tous.
    Dès le deuxième album, JJG ajuste le tir et la formule sera la même pour la suite : du soft rock et de titres calibrés FM. Il dira par la suite n’avoir jamais réussi à surpasser son 1er album. Il a raison.

    Pour moi Rasputin, Goldman digère le rock 70 et invente la chanson française des années 80. Nous n’avons jamais eu de groupe français digne de ce nom. Honnêtement, je ne vois pas en quoi C’est Vraiment Toi ou Cendrillon de Téléphone seraient plus rock de Quand la musique est bonne ou Il suffira d’un signe.

    On aime ou pas, mais il invente un style que personne n’est parvenu à imiter : une vraie instrumentation et des textes travaillés.

    Ceci dit, je le concède, sa formule Fredericks Goldman Jones n’est pas ce qu’il a fait de mieux. Clairement Goldman a envie de s’amuser avec ses copains. Quand les chansons fonctionnent c’est lorsque il est seul : https://www.youtube.com/watch?v=IAv1tf6NO-E
    T n’entendras jamais ce son chez toute la racaille pour qui il a écrit.

    « dans le genre rock aussi y’avait » j’prend ma guitare a la main et j’ai peur de rien » (j’ai oublier le vrai titre) qui etait pas mal ! » Là encore nous sommes d’accord : il s’agit de Peur de Rien, Blues, situé sur le deuxième disque de Gris Clair et Gris Foncé 😉

    • Jyrille  

      Noir Désir.

    • Kaori  

      J’allais te dire que je te trouve dur avec le trio. Mais je crois que je comprends où tu veux en venir. Moi-même, je n’ai pas apprécié cette période, loin de ce qu’il faisait avant. ça marque une césure pour moi. Déjà avec le bébé toute seule, j’étais pas emballée.
      Le trio, il m’a fallu une bonne dizaine d’années pour l’apprécier et reconnaître qu’il y a quand même de très belles chansons (bon, j’en retiens que 3 mais c’est déjà ça !). S’habituer à la voix et l’accent de Fredericks (que je n’aime toujours pas, sauf quand elle « dialogue » avec l’artiste sur scène, sur Américain ou Maman a tort).

      Pour le « faiseur », je ne partage pas ton avis sur les artistes que tu appelles « racaille », mais tu es juste à reconnaître qu’il faut un sacré talent pour écrire sur-mesure pour d’autres. Il faisait ça extrêmement bien. C’était un faiseur de tubes, incontestablement. Certains lui ont reproché certaines facilités mélodiques, du recyclage (comme pour « Aïcha » pour Khaled et « Les derniers seront les premiers » pour Céline Dion). Il n’empêche que ça marchait parce que c’était bien fait.

  • rasputin  

    @ eddy vanlefe
    Ah oui, Renaud !je pense qu’il a le cul entre deux chaise, mais qu’il s’inscrit plus dans la tradition de la chanson française a texte (engagé ou pas) dont il est avec Cabrel, et peut etre Souchon, l’un des derniers représentant !
    Mais moi aussi, je ne pense pas qu’être « rock » soit l’alpha et l’oméga en termes de qualité artistique !
    Seulement si JJG c’est du rock, c’est que l’on ne doit pas s’entendre sur ce qu’est du rock qui pour moi a toujours un petit parfum de subversion ; dans la mesure où dans les années 80 y a pas plus consensuel que Goldman, que ce soit musicalement, ou au niveau de ses paroles.
    Sinon je suis d’accord, téléphone ce n’est pas non plus tellement plus rock (quoi que dans l’énergie de certains de leurs morceaux), et de toute façon il faut se rappeler du contexte ou beaucoup pensaient que le français était incompatible avec le rock ! et d’ailleurs c’est peut être ce que pensait Goldman, car c’est vraie que les morceaux de son premier album que tu as mis ressemblent plus a l’idée que je me fais du genre !
    « On aime ou pas, mais il invente un style que personne n’est parvenu à imiter : une vraie instrumentation et des textes travaillés. »
    je ne sais pas si il invente réellement un genre, plus que Balavoine qui vient un peu avant par exemple, mais c’est sure en tout cas que les années 80 il les incarne plus que tous les autres ! Apres sur les textes fouillé, je crois que l’on sera de toute façon pas d’accord, mais il est aussi le reflet d’une époque mystérieuse ou la variet ne veut pas faire du rock mais s’empare de grand sujet : balavoine déjà cité ; berger qui fait chanter Johnny parlant de Tennessee williams, gold au sommet du top 50 avec des chansons sur les boat people ou ville de lumière …
    Tient en parlant de texte fouille, personne vas soutenir qu’Eddy Mitchell (du moins dans les années 80) c’est du rock, mais les textes de menthe a l’eau, la dernière séance c’est des bon texte intelligent fait a la même époque !

  • rasputin  

    goldman, jones, frederick, c’est tout le paradoxe de goldman !
    c’est la que j’ai vraiment lacher et je trouve ça insuportable, mais en meme temps on peut que aprecier la demarche d’un mec qui au sommet de sa gloire mets en lumiere ses amis !
    meme si on aime pas ce qu’il fait, c’est impossible de detester le personage !

    • Bruce lit  

      Bonjour Rasputin
      Merci de ces arguments. Je prends à chaque fois le temps d’y bien répondre.
      1/Ah oui, Renaud !je pense qu’il a le cul entre deux chaise, mais qu’il s’inscrit plus dans la tradition de la chanson française a texte (engagé ou pas) dont il est avec Cabrel, et peut être Souchon, l’un des derniers représentant !
      Renaud est rock, indubitablement ne serait-ce pour son style de vie, la gestion de son image et ses probèmes / solutions toxiques. Héritier de la chanson française, oui, il l’a toujours revendiqué mais aussi à mes yeux l’enfant français d’un Bob Dylan aussi bien dans les protest songs que dans beaucoup de ses rythmiques. Il lui rend d’ailleurs un hommage discret dans son album Phenix avec la chanson Dylan.

      Mais moi aussi, je ne pense pas qu’être « rock » soit l’alpha et l’oméga en termes de qualité artistique !
      Question délicate. Aujourd’hui le rock, tout le monde s’en branle. Mais entre les années 70 et le début des années 2000, c’est à l’aune de ce courant musical que toute la musique était référencée. Aujourd’hui encore qui se voudrait l’héritier de Jum, Gims ou Adèle ?

      Je suis clair : JJG n’est pas un rocker : il est trop raisonnable et j’allais dire trop intelligent pour ça. Une chanson définit son rapport à ces excès : COMPTE PAS SUR MOI
      -Des scandales, des slogans, toutes ces fausses insolences, des looks ces uniformes qui font marcher au pas, t’en trouveras des tas pour chanter ces choses là, alors compte pas trop sur moi…
      Donc..c’est compliqué…
      JJG est un personnage banal et normal, antirock qui, en envoyant un gros majeur à l’industrie dominante de son son époque, le devient (rock). Je posais la question à Philippe Manoeuvre lundi dernier. C’est quoi être rock ?
      Sinatra est Rock, Nick Drake est Rock David Crosby est Rock, Françoise Hardy est Rock et je ne vois pas pourquoi, à certains moments, sur certaines chansons Goldman ne le serait pas. Dans les chansons et plein d’autres que je t’ai cité mais aussi son attitude hors norme : refuser le star system, soin ultra freak autour de son image, imposer à sa maison de disques des choix atypiques , intituler ses disques de manière étrange : Minoritaire, Démodé, Gris Clair et Gris Foncé, ne pas apparaître sur les pochettes d’albums, ne plus donner de nouvelles à son public pendant 20 ans, tout ça renvoie plus aux gens de Pink Floyd que de George Brassens.

      @Kaori : le terme racaille est fort et très méprisant de ma part. Pardon si j’insulte des gens que tu apprécies.
      Lorsque Goldman parraine Céline Dion, c’est une quasi inconnue en France. Elle est moins fabriquée qu’aujourd’hui, c’est même une fille à la fois sauvage et séduisante. POUR QUE TU M’AIMES ENCORE est une belle chanson.
      Mais, c’est là où je ne suis plus JJG. Il aime les voix puissantes : Johnny, Dion, Kaas, Pagny. C’est aussi Carole Fredericks. On se retrouve alors avec des albums bancals pendant son trio : des chansons à textes, intimistes et timides avec une production de stades et Fredericks qui chante très très fort. Les meilleurs moments de ces disques et il y en a beaucoup, c’est quand Goldman reprend le relais en solo. Si tu prends DES VIES ou ELLE AVAIT 17 ANS, c’est assez chiant : les mélodies sont belles, les refrains bien harmonisés (c’est Goldman tout de même) mais ce truc : chacun chante 30 secondes m’insupporte, on a l’impression d’avoir un buffet à volonté musical ou un truc de type Live Aid qui limite la performance de chacun des participants.

      • Kaori  

        Pas de souci, Bruce, ton côté tranché et sans pincette fait partie du personnage, j’y suis habituée 😉

        Pour FGJ, je ne peux qu’être d’accord. Celles que j’aime, c’est ROUGE, JUSTE APRES et NE EN 17. Que des chansons où Fredericks arrive à être calme (bon sauf pour ROUGE, mais ça va bien avec la montée en puissance de la chanson) !
        Mais c’est vrai que Goldman aime les grandes voix. Peut-être pour compenser la sienne ?
        Tina Arena et son ALLER PLUS HAUT, c’était aussi Sam Brewski il me semble. Ah non, wiki me dit que c’est J. Kapler, que j’ai toujours pris pour un autre pseudo de JGG alors qu’en fait, c’est le pseudo de son frère !!! Sacré famille 😉 . 20 ans que je dis « ça c’est du Goldman ». Techniquement, j’avais pas tort lol
        Et oui, tu as raison, c’est lui qui a révélé Céline Dion et même redonné un second souffle à de nombreuses carrières. Sans doute pour aider les copains et parce que c’est un gentil.
        J’aime bien ton analyse de son côté anti-système et anti-rock. Je ne comprenais pas à l’époque à quoi il faisait allusion dans COMPTE PAS SUR MOI. Je croyais qu’il parlait à une fille ^^;; . J’ignorais encore tous les sens cachés et profonds, double messages de ses textes.

  • Bruce lit  

    COMPTE PAS SUR MOI est certainement le meilleur autoportrait de JJG, celui où Goldman règles ses comptes (!) de manière particulièrement féroce. Il dénonce les courbettes et les caresses autorisées. Encore une fois, il faut redécouvrir cet auteur qui tout sourire est capable de griffer jusqu’au sang lorsqu’il n’est pas content.
    Tu m’apprends l’existence de J. Kapler ! Bravo !

    • Kaori  

      « Tu m’apprends l’existence de J. Kapler ! » Ah mais j’étais persuadée que tu le connaissais, et persuadée que c’était JJG !!
      Tiens, voici sa contribution à la chanson française sur sa page wiki (à noter qu’il a coécrit et composé quelques titres avec son illustre grand frère, notamment sur le fameux album de Céline Dion !)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Goldman

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