Just like a woman (Wimmen’s Comix)

Le projet Wimmen’s comix

Un jupon porté par BRUCE LIT

Un dimanche matin, je reçois une notification de…Laure Garancher, la sympathique auteure de OPIUM  qui me met en relation avec une certaine Marie Paule Noel pour promouvoir un projet porté par Komics Initiative.   Jamais réticent à donner un coup de projecteur à un projet ou de jeunes auteurs,  je me rappelle que Komics Initiative s’est spécialisé dans le crowfunding de qualité en produisant des ouvrages audacieux tels que KIBRY AND ME et l’ATELIER WORKSHOP de Laurent Lefeuvre.  

Jamais 2 sans 3. Je vous propose de découvrir le projet WIMMEN’S COMIX ouvert au financement jusqu’au 12 mars sur Ulule.  Saurez-vous une nouvelle fois vous mobiliser chers Bruce Liseurs ? Voici de quoi vous donner l’envie d’avoir envie pour une initiative bien plus sympathique que celle de Tony Stark. mp_0

Marie-Paule, quelle est ton identité secrète ?

Bonjour Bruce. Je m’appelle Marie-Paule et cela fait 15 ans que j’évolue dans la milieu de la bande dessinée, en maisons d’édition, dans lesquelles j’ai eu plusieurs postes : attachée événementiel, responsable comm, relectrice/correctrice, assistante édito… Depuis septembre 2017, après avoir quitté mon poste à l’édito comics de Delcourt, je travaille à mon compte. J’ai plusieurs casquettes : éditrice, traductrice, pigiste et correctrice/relectrice. Je travaille pour un certain nombre de clients, et aussi bien sur du manga, du franco-belge que du comics.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais savoir comment connais-tu Laure Garancher ? C’est elle qui nous a mis en contact et son univers est aux antipodes des comics !

À côté de mon activité pro, je suis bénévole, plus exactement « linkeuse », dans l’association The Ink Link co-fondée par Laure Garancher. Cette association met en relation des autrices/auteurs avec des lieux, des associations, des ONG pour les aider à faire de la communication par le dessin. Être linkeuse revient entre autres à identifier des opportunités de créer de nouveaux outils, de présenter les projets autrement et de faire le lien entre celles et ceux qui dessinent et les interlocuteurs qui sont dans les associations, etc.

Alors c’est quoi ce projet Wimmen’s Comix ?

Wimmen’s Comix, c’est une œuvre fondatrice de la BD américaine indépendante féminine et féministe. À l’époque, au début des années 1970 – après un numéro de It Ain’t me Babe fait notamment par Trina Robbins -, Pat Moodian, Trina Robbins et 8 autres ont décidé de lancer une revue entièrement faite par des femmes, mais pour tout le monde. Et dedans, elles parlent de l’avortement, de sexe, de lesbiennes, de poils, de punks, de rock, de drogues, de politique, d’engagement, etc. Bref, c’était carrément un coup de poing dans la face du monde. Et aussi pour le monde des comics (et des États-Unis très puritains), c’était un sacré doigt d’honneur au Comics Code et un gros coup de pied dans les comics ultra-normés !

Logan, prêt à mouiller la chemise pour le projet WIMMEN S COMIX

Logan, prêt à mouiller la chemise pour le projet WIMMEN ‘ COMIX © Komics Initiative / Laurent Lefeuvre

Comme tous les projets de Komiks Initiative, celui-ci est audacieux mais aussi casse gueule : qui va investir en 2019 dans du comics underground ?

On est déjà quasiment à 50 % depuis le lancement de la campagne, donc il y a déjà plein de personnes qui nous soutiennent ! Et puis, justement, aujourd’hui le lectorat francophone a eu le temps de (re)découvrir et/ou de s’ouvrir aux comics, il a vu passer déjà pas mal de comics indépendants (rien que le Emil Ferris primé à Angoulême, ça en dit long sur la maturité des lecteurs aujourd’hui), et puis surtout, Wimmen’s comix parle d’un tas de choses qui concernent 50 % de la population mondiale et qui sont encore très actuelles pour la plupart (malheureusement).

Quel est ton rôle dans ce projet ?

J’ai proposé à Mickaël – parce que seule je ne me sentais pas de le faire -, de publier l’autobiographie de Trina Robbins, après l’avoir rencontrée à San Diego l’été dernier et puis il m’a dit qu’on pourrait peut-être faire Wimmen’s comix avant. Je suis donc à la fois co-éditrice du projet, la traductrice et je m’occupe aussi des relations presse/pro dessus.

Quelles sont les histoires de Wimmen’s Comix qui te touchent ?

Toutes me touchent. Je n’ai pas envie d’en mettre une ou plusieurs en avant parce que j’estime qu’elles parlent toutes de choses à la fois essentielles, importantes, drôles, provoc…

Du comics pour toutes et tous !  © Komics Initiative

Du comics pour toutes et tous !
© Komics Initiative

La question qui tue : Wimmen’s Comix c’est du comics de femmes pour les femmes ou le mâle alpha fan de bastons super spliparde va y trouver son intérêt ?

Non. Ce n’est pas du comics de femmes pour les femmes. C’est réduire tout ce que j’ai dit précédemment au genre sexuel. Ce sont des histoires faites par des personnes qui parlent de leur quotidien, de leurs questionnements, de leurs envies, de leurs joies, de leurs déceptions, de leurs cultures, de leurs engagements. Tous les lecteurs peuvent y trouver leur intérêt, notamment dans le fait de lire et comprendre un certain nombre de choses sur les êtres humains qui les entourent. Après, non, il n’y a pas de baston avec des super-slips… mais Trina Robbins a été la première femme à dessiner Wonder Woman pendant qu’elle faisait Wimmen’s Comix !

Sur ton mur, je vois que Penelope Baggieux te suit. Sera t’elle investie dans ce projet ?


Elle fait partie des personnes qui ont participé au crowdfunding. Et elle a gentiment partagé, à plusieurs reprises, à sa communauté le lien vers la campagne Ulule, sans qu’on lui demande, parce qu’elle croit au projet.

Des 90 autrices de ce projet quelles sont les plus connues du public ?

Alison Bechdel, Julie Doucet, Joyce Farmer, Lora Fountain, Melinda Gebbie, Aline Kominsky-Crumb, Pat Moodian, Diane Noomin, Trina Robbins, Mary Wilshire…

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Coming out  de Trina Robbins? 
© Komics Initiative

Ms Marvel, Batgirl, Thor, Spider Gwen : les comics maintream ont laissé ces dernières années une place importante aux femmes : opportunisme ou réel souci de parité ?

Je ne suis pas dans la tête des éditeurs/éditrices qui ont permis la création des personnages, mais j’y vois un souci de parité et peut-être un peu d’opportunisme. Cependant, cela ne me gêne pas, au contraire, que ça soit opportuniste : le résultat est le même, on se retrouve avec plein de femmes intéressantes ; de mises en avant de problématiques qui existaient assez peu avant ; de nombreuses personnes peuvent désormais s’identifier à ces personnages… Tout ça n’est que du positif et permet une vraie diversification qui, à mon avis, n’a pas fini de s’ouvrir et de montrer à tout le monde qu’il n’y a pas de norme établie et que tout le monde a sa place dans le monde.

Tes réactions au prix de Rumiko Takahashi à Angoulême ?

Je suis ravie ! C’est une autrice qui a publié énormément de super shônen, et qui a d’ailleurs révolutionné le genre de ce dernier, dont les titres sont populaires et qui a 40 ans de carrière ! Il me semble avoir lu qu’elle avait vendu plus de 200 millions de bouquins dans le monde ! En plus d’être une autrice populaire, le fait que ça soit une femme qui a été élue Grand prix c’est vraiment super, surtout que ce n’est que la 3e en 46 éditions !! Cela montre bien que la profession évolue. D’ailleurs, l’an dernier, elle est rentrée au Will Eisner Hall of fame ! Je ne dis pas que c’est gagné et que la lutte doit s’arrêter là, non, loin de là, mais que c’est un très chouette grand pas en avant.

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Au poil ! 
© Komics Initiative

Une des histoires s’appelle It Aint’ Me Babe….Mais c’est une chanson de Bob Dylan ça !

Héhé, oui. Cela dit, ce It Ain’t Me Babe est en fait une parution spéciale comics du magazine éponyme, que Trina Robbins a fait, mais qui n’a pas été satisfaite par l’aventure… et qui du coup, a donné l’impulsion à la création de Wimmen’s Comix ! Et pour la petite histoire, Trina Robbins a bien connu Bob Dylan, elle en parle dans son autobiographie...

Quelles sont les séries que tu suis actuellement ?

Je lis assez peu depuis plus d’un an, par manque de temps et surtout, d’énergie, mais en vrac : Die chez Image, BPRD Hell on Earth chez Dark Horse, Shade the Changing girl chez DC, L’Atelier des sorciers chez Pika, Bolchoi arena chez Delcourt, Bergères guerrières chez Glénat, La Cantine de Minuit au Lézard Noir, Birthright chez Delcourt… Cela dit, je ne suis pas chez moi, là, et du coup j’en oublie plein !

Ton dernier argument pour convaincre indécis ?

Wimmen’s comix manque dans le paysage éditorial français : c’est une œuvre patrimoniale qui en dit long sur une époque et qui mérite d’être lue par le plus grand nombre. C’est grâce aux lecteurs que je suis là où je suis aujourd’hui, et j’ai envie qu’ils découvrent ce monument des comics indépendants.

© MP Noel

Noel ! © MP Noel

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La BO du jour :

23 comments

  • Lefeuvre  

    Cool cette interview !

    En effet, je me suis laissé convaincre par les arguments et la cause Wimmen’s Comix, avec mes petits moyens (Trina Robbins a bienapprécié les deux images que vous montrez ici).

    Je précise que je n’ai aucun intérêt de quelque nature à « propager la bonne parole » sur ce projet couillu (pardon : CULOTTÉ !). En fait, ça augmente même encore un peu plus, mon retard sur Fox-Boy. =:^)

    Au-delà des thèmes énumérés par Marie-Paule, il y a un traitement underground manifeste :
    La double anthologie va être un catalogue de styles, d’univers, de tons. Ce n’est pas formaté, pas toujours abouti, mais toujours VIVANTS !

    On aime ou pas, évidemment. Au début des années 1990, parallèlement à ma désaffection pour Marvel, j’ai adoré découvrir Crumb, Shelton, Moscoso, Spiegelman, et ceux que j’appelle les « intermédiaires » Corben, Sam Keith, Sharry Flanniken (tiens ! UNE femme !), Kurtzman, Eisner ou Rand Holmes, comme échappatoire à la « Rob-Liefeldisation » de l’industrie. Ils ont alors constitué un refuge qui m’a aidé à ne pas quitter complètement la lecture des comics en prouvant que la BD résiste toujours aux étiquettes « intello Vs. beaufs », et c’est tant mieux (je suis les deux !).

    Pour moi, Wimmen’s Comix renouvelle mon plaisir de « lire du dessin ». 3 ans après le scandale d’Angoulême (pour mémoire, parmi la trentaine d’auteurs proposés pour le grand prix : pas UNE SEULE femme – au lieu de corriger le tir, le festival s’enfoncera dans ses contradictions), l’anthologie apporte en France une œuvre nécessaire, une parole libre qui contribue à rétablir un pan de l’histoire.

    Wimmen’s ComiX met à mal 4 idées courantes sur les « BD par les nanas » qui sont les suivantes.

    « Les BD par les nanas c’est…

    1 – Nouveau ( pourtant : Wimmen’s Comix a duré de 1972 à 1992)
    2 – Anecdotique (« À part Brétécher, Cestac, Montaigne, Doucet ou Bagieu… y’a quoi ? »)
    3 – Pas pro (traduire : mal dessiné)
    4 – Insipide (des histoires de filles, niaises, pas d’enjeux, pas de trash…)

    Les deux tomes de « Culottées » par Pénélope Bagieu apprend/rappelle qu’il y a de sacrées gonzesses, dans tous les domaines, tout au long de l’histoire.

    Les deux tomes de l’anthologie Wimmen’s ComiX apprendra/rappellera, qu’elles ont aussi botté des culs… en COMICS !

    Tschuss.

  • Eddy Vanleffe  

    Je me sens tellement décalé par mon époque…
    j’ai des goûts féminisés depuis toujours… et quand je dis toujours.
    Je me souviens de LONGSHOT, la première fois que je voyais une signature féminine sur un comics… ANN NOCENTI, et c’était une putain de bd de taré comme je les aime.
    j’ai depuis vachement aimé les DEVIN GRAYSON ou GAIL SIMONE… j’aimais fait de différence entre elles ou CHUCK DIXON ou DOUG MOENCH.
    Lorsque j’eus ma période rejet du comics je suis devenu fan absolu de RUMIKO TAKAHASHI, RYOKO IKEDA, YUU WATASE et un peu moins CLAMP, enfin bref, quand je vois les 4 idées courantes, je les découvrent…je ne me sens pas concerné du tout…
    je connais moins les bd françaises mais je ne suis pas non plus dans le préjugé puisqu’en ce moment on se refait tous les ROSE ÉCARLATE de Patricia Lyfoung donc non le coups des pas d’enjeux, pas de beaux dessins… je sais pas.
    En fait c’est même à double tranchant, je ne me sens tellement pas dans le coups du « oh non un truc de filles » que j’ai du mal à prendre au sérieux les revendications comme dans INSEXTS ou BITCH PLANET… le mal de ne pas être en phase avec son époque je suppose…

  • Lefeuvre  

    @ Eddy :

    Oh ben, il n’y a pas qu’une façon d’être en phase avec son époque, sinon, ça voudrait dire que tout le monde pareil… sauf nous… ce qui annulle le truc ! =:^)

    Ne revenons pas sur les récents et pathétiques épisodes du « Comics Gate » ( que je trouve hallucinant, témoignage de l’hystérisation actuelle des débats, exacerbés par les egos blessés à travers réseaux sociaux. On connaît tous – on l’a en France aussi).

    Mais pour revenir à vos propos « je ne me sens pas de mon époque », j’ai envie de vous dire : Au contraire !

    Moi non plus je ne me sens pas concerné par ces préoccupations « qui fait quoi ? » Nous sommes même tout à fait d’accord ! Ne rien avoir à fiche de Bitch Planet (c’est mon cas), c’est ne pas retenir l’argument « pour les femmes » (dans le sens « rééquilibrer la balance »).

    Dans ces comics récents que vous citez, je vois cette fameuse démarche opportuniste de notre époque décrite dans l’article, comme le mouvement de Blaxploitation l’a été de manière large avec Shaft et tous les autres, avec le « besoin de représentation valorisante » de la communauté noire. Je me trompe peut-être puisque je n’ai pas lu (seulement feuilleté : trouvé ça laid).

    Moi, je ne regarde qu’une chose en librairie, ou sur les projets de financement participatif : est-ce que ça me donne envie d’acheter ou de lire. Dans le cas de Bitch Planet, la réponse (pour moi) est clairement non. Parce que j’y vois les postures que vous dénoncez. Le « créneau commercial », la « niche », plus que la sincérité. Défaut d’être de l’autre côté de la barrière sans doute, mais pas que.

    Aujourd’hui, ce qui est intéressant, c’est qu’on n’achète pas une BD parce qu’elle est faite par une nana ou un homme, ou un gaucher ou un démocrate. On achète parce que ça nous promet une expérience séduisante. Un voyage. Une découverte.

    Et si possible, qu’on puisse le relire après.

    Ça ne marche pas à tous les coups, c’est sans doute par peur de se planter qu’on reste (en tout cas moi) trop souvent inféodé aux auteurs qui nous ont donné du plaisir avant, et qu’il est toujours un peu « risqué » (perdre des sous !) d’acheter un truc nouveau…. qu’on n’aimera peut-être pas ! =:^)

    C’est là où la démarche de Komics Initiative est particulièrement audacieuse sur ce projet là… car il faut convaincre les amateurs de BDn de comics, que Wimmen’s ComiX… c’est juste BIEN !

    (ça n’est que mon petit avis, évidemment).

    Allez ! Retour à mes planches.

    • Matt  

      Je suis bien d’accord^^
      Perso je m’en fous que tel ou tel truc ait été fait par un homme ou une femme.
      Evidemment qu’il y a des femmes auteurs qui ont du talent. Et on peut comprendre que ça fasse plaisir de voir davantage de femmes faire de la BD parce que c’est vrai que c’est un milieu majoritairement masculin.
      Tant mieux pour elles, c’est chouette.
      Mais juger une BD sur ce principe ? Non.
      D’ailleurs ça me gonfle quand la promo des films tournent autour de « un film réalisé par une femme ! » ou « un film réalisé par un noir ! » Genre c’est exceptionnel et on s’attend à ce que ça parle intelligement du féminisme ou de l’histoire des noirs. Mais euh…les gens ne sont pas forcement des portes étendards de leur sexe ou couleur de peau. Il y a même des femmes garçons manqués et des noirs qui n’ont pas étudié leur histoire.
      En gros qu’on soit content que l’industrie ne soit plus sectaire ou discriminatoire dans le recrutement d’auteurs, je dis OUI ! Mais en aucun cas ça ne doit générer des préjugés sur ce dont va parler la BD d’une femme ou d’un juif ou de je ne sais qui. Déjà parce que c’est attendre beaucoup d’eux sans raison (genre t’es une femme alors t’as intérêt à être plus maligne et parler de trucs qui touchent les femmes ! C’est justement sectaire en fait comme raisonnement.), et donc vive la pression pour ces personnes !

      Et c’est débile au final. En voulant soi disant soutenir les auteures, ce raisonnement les enferme et leur font subir un jugement plus dur et des attentes spécifiques. M’enfin foutez leur la paix !^^

    • Eddy Vanleffe  

      @Laurent

      Merci pour ce retour très compréhensif.

      j’élargissais un peu en rapprochant cette initiative-à tort- de que je vois dès que j’allume à présent mon PC, c’est à dire, une polémique, puis un autre et ainsi de suite…
      Tout ça comme vous le faites remarquez, étouffe ce qui importe vraiment: la BD.
      je me souviens que j’adorais les initiatives mélangeant un peu les influences à l’époque où la guéguerre était plutôt manga-comics-franco-belge. je passais presque pour un extra terrestre quand j’achetais en même temps Maison Ikkoku ET Preacher.
      aujourd’hui Komics initivative semble prendre le taureau par les cornes et vouloir donner un autre angle d’attaque, c’est très bien. longue vie.
      par contre c’est vrai que c’est pas si facile de rester curieux.
      je viens de découvrir Margaux Mottin qui me fait bien marrer avec ses tranches de vies, très optimistes, mais c’est pas tous les jours que je me dirige vers un truc nouveau, c’est vrai…

      • Jyrille  

        J’aime beaucoup Margaux Motin, elle dessine super bien et elle est drôle.

        • Eddy Vanleffe  

          Margaux a un registre qui peut paraître simple, mais si on regarde bien son sens de la posture, du design des fringues, les mouvement très vivants des mains. c’est une artiste très sûre et dont la joie est communicative.

  • Lefeuvre  

    Merci !
    Oh ben on est tous pareils !
    Les journées ne font que 24 heures, et le portefeuille n’est pas extensible à l’infini !

    Je suis aussi un fan de Ann Nocenti, découverte avec Longshot dans Spécial Strange, évidemment, mais dont je suis devenu FAN… avec son run sur Daredevil avec John Romita Junior.

    Déjà : l’écologie, la pédophilie, l’éducation, la ruralité, le féminisme, la bigoterie… tout ça était traité avec intelligence… sans nous faire la « morale » (important, ça !).

    Comme Tornade était chef des X-Men à la même époque, alors que :

    - Noire
    - Femme
    – Sans pouvoirs
    - Punk
    - Bisexuelle (?!?)

    Et le miracle, c’est qu’on s’en FOU-TAIT ! =:^)

    • Eddy Vanleffe  

      voilà.
      Tu parles à mon cœur et à mon âme.
      ce que tu dis, résume totalement mon ressenti (et pour la morale aussi… ^^)

  • Jyrille  

    Je ne connaissais pas du tout cette bd ni cette initiative, je trouve ça super bien vu ! Des dessinatrices connues que cite MP, je n’en connais que deux…

    J’adore le dessin de Lefeuvre et cette fausse pub. Je ne pense pas participer mais je souhaite que cela aboutisse, cela pourrait être très intéressant à voir et lire.

    La BO : le moment où je lâche les Stones. Bon celle-ci passe encore et je crois que d’autres titres de cet album sont pas mal. Mais il n’y a plus le feu.

  • Bruce lit  

    -Mais si vous ne voulez pas que l’on vous appelle « Mutants », comment doit on vous appeler ?
    -Et bien si on essayait Alex ? (Summers)
    -Rick Remender…..

    Amen à tout ça. J’ai le droit de trouver que BITCH PLANET est très mauvais sans être anti femmes.
    Laurent a tout dit et toujours aussi bien dit.
    Je me suis toujours pensé féministe mais finalement je pense être tout simplement humain et en empathie avec l’autre.
    Point.

  • JP Nguyen  

    Je plussoie sur Eddy : « c’est pas tous les jours que je me dirige vers un truc nouveau, c’est vrai… »
    Je suis aussi d’accord que le droit à la différence, c’est parfois aussi le droit à l’indifférence ou plutôt à l’indifférenciation (ne pas juger selon une grille de lecture particulière juste parce que ça a été fait par une femme, un mutant, un alien…)
    Mais je reconnais que j’ai lu peu de trucs écrits par des mutants ou des aliens…

  • Nikolavitch  

    Un petit coucou à MPL, avec qui ça a toujours été un grand bonheur de bosser !

  • Sam Spade  

    « Comics culte » …Hmmmm.
    20 numéros publiés en 20 ans que personne n’a lu outre Atlantique à part une poignée de LGBT féministes…et par des auteurs (auteures ? autrices ? Parent 247 ? Erreur #404 ?) que personne ne connait non plus, (à part Trinna Robbins vaguement connue pour avoir dessiné quelques épisodes de Wonder Woman)
    On est quand même loin des Ann Nocenti ou autres…
    Enfin, le fait qu’un bouquin soit vendu parce qu’il est réalisé par des femmes , ça veut dire quoi ? Demain par des noirs ? des juifs ? des musulmans ? des unijambistes ? des communistes ? des gros ? des maigres ? des bipolaires ?
    Qu’est-ce que j’en ai à faire que le bouquin que le lis soit réalisé par une femme LGBT de gauche ou part une mâle blanc hétérosexuel de droite ?
    Ce que je veux, c’est une histoire qui me passionne , je me fous des origines ou de l’idéologie de l’auteur
    Encore du communautarisme, ou chacun se renferme dans son groupe idéologique /ethnique /sexuel, la gangrène actuelle de notre société et cause de bien de ses maux

    Bref, perso, je boycotte, mais bonne chance

  • Lefeuvre  

    @ SamSpade

    Pourquoi cette hostilité ?
    Pourquoi « boycotter » au lieu de juste dire « ce que je vois, ça ne me plaît pas », ou « ça ne me parle pas » ?

    Vous n’aimez pas, passez votre tour, voilà tout ?

    Pour le reste : Définition de culte : « Truc qu’on n’est une poignée à avoir lu/vu et adoré. »

    Un culte, ce n’est pas une religion.
    Star Wars n’est pas culte. La Cité de la Peur non plus.
    TOUT LE MONDE les connaît.

    « Quand l’Inspecteur s’Emmêle » de Blake Edwards, si !
    The Party aussi (du même Blake Edwards, tiens).
    « Hamburger Film Sandwich » de John Landis, aussi.

    Ce sont quelques-uns de « mes » cultes, chacun les siens.

    Wimmen’s Comix, est culte, parce que des autrices (« auteur-es » si le mot autrices vous écorche la bouche – merci de ne pas mélanger avec la ridicule polémique « parent légal 1-2) disent souvent qu’elles ont compris ici, qu’un ton différent est possible. Julie Doucet, des copines illustratrices, un pote traducteur : même constat.

    « Si vous n’aimez pas, merci de ne pas en dégoûter les autres ».

    Le projet est déjà quasi assuré de ne pas se voir financé, de toute façon.

    • Sam Spade  

      On s’est mal compris : j’ai exprimé que ce projet ne suscitait pas mon intérêt, nullement que je souhaitais le voir échouer (d’ou mon « bonne chance » à la fin de mon texte)
      Quand a mon hostilité ou au mot « boycott », elle ne s’exprime pas envers les initiateurs ou réalisateurs du projet, mais sur la façon , à mon point de vue, communautariste dont est vendu ce projet
      Communautarisme que j’exècre comme je l’ai exprimé
      On aurait pas idée de vendre des bouquins sur Stan Lee ou Jack Kirby en appuyant sur le fait qu’il étaient juifs, ou un ouvrage dessiné par Olivier Coipel parce qu’il est noir, si ?
      Enfin, nous n’avons pas la même définition de culte : culte pour moi, c’est un film, un livre, bon ou mauvais , mais qui a marqué une génération : Comme Wayne’s World, La Cité de la Peur, justement…ou les X-Men de Claremont etc…
      Après, oui, je n ‘aime pas, je passe donc mon tour , mais je pense avoir encore le droit de l’exprimer, et je le répète, ce n’est pas parce que je n’aime pas que je souhaite que ça ne paraisse pas. Je ne voudrais en priver ceux qui aiment
      Il y a bien d’autres bouquins ou film que je n’aime pas, rassurez-vous, mais je revendique le droit de le dire

      Ou alors , il faut préciser dans les articles que ne sont libres de commenter que personnes qui s’extasient devant un projet grandiose , formidable et unique, à la façon canapé de Michel Drucker

      • Bruce lit  

        @Sam : les coups de gueule ne me posent aucun problème, les commentaires sont là pour ça. Je serais très mal inspiré de dire le contraire avec mes pamphlets contre tel ou tel auteur.

        • Sam Spade  

          Merci

  • Lefeuvre  

    Encore eût-il fallu que votre commentaire apportât quelque chose.

    Ce que vous dites (le communautarisme)… nous nous sommes (il me semble, à les relire encore pour être sûr de ne pas m’être mépris) tous accordés là dessus plus haut (Eddy, Bruce, Matt…), et sans cette pointe d’homophobie/mysoginie (relisez-vous !) qui décrédibilise votre intervention.

    Qui a dit que Wimmen’s Comix, c’est formidable façon Drucker » ?
    Concernant l’underground (pour moi, c’est de ça qu’il s’agit, pas de « truc LGBT-machin-chose »), j’ai parlé… d’alternative ! J’ai aussi parlé de dessin « pas toujours abouti », de goût personnel, de parcours intime, etc.

    Sam Spade. Est-ce donc SI difficile de se dire : « Parmi 1000 traductions Marvel/DC et autres », voilà quelque chose qui n’est – certes – pas pour moi, mais qui va – peut-être – apporter quelque chose à quelqu’un (tirage maximal envisagé : 500-600 !) ?

    Qui a dit que Wimmen’s Comix c’est communautaire (relire le bandeau : Des comics faits par des femmes… pour TOUS !).

    Évidemment, quand les rares noms féminins qu’on puisse citer dans l’industrie c’est Ann Nocenti, pas étonnant que des femmes, il y a 47 ans, ont eu envie de dire des choses. Point.

    Je suis blanc, hétéro, valide et j’ai grandi avec les mêmes lectures que vous visiblement.

    En quoi notre démarche serait « communautaire » ?
    C’est même l’inverse.

    Ou alors, Wayne’s World ne peut être compris que par les puceaux aux cheveux longs en chemise à carreaux, et La Cité de la Peur que par les fans de Rick Hunter.

    Il y a du bon dans la tolérance…

    Essayez de temps en temps ! =:^)

    • Sam Spade  

      Homophobie…le point Godwin est sur la table …Je vous laisse donc a vos projets groupusculaires, que la masse populaire inculte est incapable de comprendre, et avant que le reductio at hilerum ne vienne le rejoindre
      Bonne chance dans votre bulle underground (en gros , moi, j’aime faire des livres que personne ne lit pour montrer que je suis élitiste)

      PS : pour info, l’underground en BD, depuis les années 80 , c’est à peu près autant à mode que les hippies en fourgon VW ou qu’un fan de Michel Sardou

      • Eddy Vanleffe  

        En quoi est-ce important que les lecteurs soient nombreux ou pas?
        Depuis quand Underground est-il élitiste?
        il y a du très bien et du très con là dedans, c’est pas un jugement de valeur, enfin je ne pense pas.
        Underground c’est comme le Rock indé, un truc factuel qui ne passe pas par les circuits habituels du reste…
        on panache tous nos goûts selon…

        • Lefeuvre  

          Merci !

  • Présence  

    Je dois commencer par un aveu : je n’ai pas lu un seul numéro de Wimmen’s Comix. Je ne sais plus si c’est parce qu’ils n’arrivaient jusqu’à Album à l’époque, ou si les dessins étaient trop décalés pour ma sensibilité, ma capacité d’ouverture.

    Je suis impressionné par le projet ambitieux, et meilleur marché que l’intégrale de Fantagraphics. L’interview de Marie Paule Noel resitue bien le contexte de cette série. J’ai mieux perçu en quoi ces autrices étaient incroyablement en avance sur leur temps en réalisant des histoires aussi matures par rapport à la production mensuelle de base des comics industriels DC ou Marvel.

    J’ai lu le premier tome de Bitch Planet, sympa mais pas abouti en termes d’histoire. J’ai beaucoup plus aimé Insexts, avec une vraie histoire.

    Concernant la question de comics cultes ou élitistes, voire intellectuels, il est passé dans l’usage courant que ces termes soient forcément péjoratifs. Le peu d’autrices de comics fait qu’il est peut-être un peu difficile de prendre du recul sur la question. Encore que je n’ai découvert que tardivement que Jo Duffy soit une femme, ce qui ne m’est jamais apparu évident à la lecture des épisodes qu’elle a écrits. Il est peut-être plus facile de s’en faire une image avec les scénaristes ou dessinateurs afro-américains. Dans les années 1980 et même au début des années 1990, il ne circulait pas beaucoup de photographies des créateurs, et à la lecture il ne me venait jamais la question de savoir si les auteurs étaient blancs ou noirs, ou asiatiques ou hispaniques.

    D’un autre point de vue, le communautarisme de Wimmen’s Comix concerne quand même 50% (et même un peu plus) de la population mondiale… du coup le terme communautarisme apparaît encore plus dévoyé que celui d’élitiste. Je comprends tout à fait qu’on puisse être rebuté par l’apparence des dessins, moi-même je le suis pour partie. D’un autre côté, c’est une occasion formidable (y compris façon Drucker) de découvrir et d’écouter des personnes (des êtres humains) qui parlent de leurs préoccupations, de leur expérience de vie, pour le coup vraiment étrangères à celles des superhéros hétéros et blancs. Au vu de la variété des autrices et des thèmes abordés, le communautarisme apparaît comme étant plus du côté de lecteurs de comics, que du côté de Wimmen’s Comix.

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