L’acier, la chair et le sang – 2° partie (Conan, le film)

Conan le barbare – le film par John Milius

Un article de  : TORNADO

1ère publication le 16/09/16 – MAJ le 26/01/20

A genoux, femme !

A genoux, femme !

Cet article portera sur le film Conan le Barbare, réalisé en 1982 par John Milius. Il fait suite à ce premier article, qui traitait quant à lui de la genèse du film et de ses influences issues de la littérature (les romans de Robert E. Howard, le créateur du personnage), des peintures de Frank Frazetta et des comics des années 70 écrits par le scénariste Roy Thomas et dessinés par John Buscema.
Un autre article s’intéresse par ailleurs aux suites plus ou moins officielles du film de Milius et au reboot réalisé en 2009.

Aujourd’hui, nous nous intéresserons exclusivement au film, à sa toile de fond, à ses scènes cultes et à ses apports fédérateurs à l’histoire du cinéma…

Bon. Commençons par le dire : Cette première adaptation du personnage créé dans les années 30 par l’écrivain Robert E. Howard divise les fans.
Certains hurlent au chef d’œuvre depuis des lustres. Les autres détestent cordialement le film. La plupart du temps, ceux qui ne l’aiment pas avancent deux arguments immuables :
1) C’est pas comme dans les romans. C’est pas une adaptation fidèle.
2) Y a pas assez de magie et de monstres. Y a pas assez d’effets spéciaux.
Les rangs de ces détracteurs sont en grande partie composés par les puristes, les gardiens du temple de Robert Howard. Ces derniers, qui veulent « du Howard et rien que du Howard » (artiste maudit aussi intouchable que Brian Jones), sont les mêmes qui vous mettent une hache sous la gorge si vous leur parlez des romans qui furent rédigés par Lin Carter et Lyon Sprague de Camp après la mort de l’écrivain en 1936, quand bien même ils furent développés à partir des textes inachevés d’Howard. On ne rigole pas avec les puristes !

Ainsi, ce premier film de 1982 commence mal : Il ne représente pas une adaptation fidèle des romans de Howard et de la biographie officielle du personnage (lire pour cela le Parcours Probable de Conan le Barbare, rédigé d’après les lettres que l’écrivain échangea avec deux de ses fans peu avant sa mort) (1). Le film de John Milius est une adaptation libre, une relecture qui imagine un destin différent et qui se contente de s’inspirer globalement de l’Age Hyborien, c’est-à-dire de la mythologie imaginée par Robert Howard.

Et pourtant. Comme on avait pu le voir dans l’article précédent, Milius a réussi à préserver l’esprit des écrits d’Howard au-delà de la lettre. Et si on ne retrouve pas dans son film la biographie officielle du personnage, on peut en revanche y redécouvrir son atmosphère unique, son mélange fascinant de ténèbres malsaines, propres à cet âge abstrait où l’homme sort de la préhistoire, et son héroïsme barbare, bien plus viscéral que celui de l’Heroic Fantasy manichéenne et enfantine tel qu’il sera trop souvent popularisé par la suite. Une atmosphère poisseuse, glauque et pourtant envoûtante, baignée dans la chair et le sang !


Conan et son papa. Le calme avant la tempête

Ceux qui, comme moi, découvrirent le film quand ils étaient enfants, avant d’avoir lu une seule ligne des romans originels, ne peuvent oublier le traumatisme (dans le bon sens du terme) que représenta la découverte d’un tel spectacle en ce début des années 80.
Comme ce fut le cas avec Star Wars et comme ce sera également le cas bien plus tard avec Le Seigneur des Anneaux, Conan le Barbare version 1982 s’imposait avant tout comme une révélation, quelque chose d’inédit, du jamais vu sur un écran. Mais, comme stipulé plus haut, ce dernier film avait quelque chose que les autres n’avaient pas : Il était barbare (et pas seulement pour la scène de l’orgie avec toutes ses décapitations !) ! Et les scènes cultes s’enchainaient de manière à persister dans les esprits…

Tout commençait évidemment avec la scène du village, alors que Conan est un enfant et qu’il assiste au massacre de son peuple, avant de partir avec ses assaillants, qui le réduisent très vite à l’esclavage. La scène est incroyable. Lyrique, soutenue pas l’exceptionnelle bande-son de Basil Poledouris (qui allait marquer au fer rouge les musiques de ce type de film), quasiment muette, elle se développe plus comme un opéra chorégraphié que comme une scène de film à proprement parler.
D’ailleurs, quand on y pense, tout le long métrage ressemble à un opéra. Composé en plusieurs tableaux, il avance au rythme des étapes qui jalonnent la vie du héros, tour à tour enfant, esclave, gladiateur, voleur, puis conquérant.
Cette introduction magistrale, baroque et tragique, se conclue par la mise à mort de la mère de Conan. Là aussi, la mise en scène opératique est hallucinante : Une poignée de champs/contre-champs suffisent à créer une tension incroyable, tandis que le spectateur assiste médusé à la cruelle sentence de Thulsa Doom, la Némésis du héros, le tout rendu intense par une alliance entre les images et la musique qui se substitue complètement à la moindre parole.
Des mises en scènes comme celle-ci ne sont pas légions. Elles naissent de l’inspiration simultanée et fusionnelle d’un cinéaste et d’un compositeur, dont l’alchimie compense en tout point le script laconique d’Oliver Stone (oscarisé pour Midnight Express !) et de John Milius lui-même, qui venait quant à lui d’être nominé aux oscars pour le scénario du film Apocalypse Now


Maman ! Où es-tu ?

Et de l’inspiration, il en fallait. Car le producteur du film était Dino DeLaurentiis, célèbre nabab italien aux choix artistiques kitsch et lourdingues (Flash Gordon, par exemple !). Ce dernier rejette les trois ou quatre premiers scripts rédigés par Oliver Stone, l’encourageant à chaque fois à limiter les scènes les plus spectaculaires. On oublie ainsi les armées innombrables de Thulsa Doom, les grandes scènes de batailles et de destruction, les monstres en tout genre, ainsi que la plupart des majestueux décors imaginés par Ron Cobb (créateur visuel d’Alien le Huitième Passager, entre autres).
Résultat, Milius doit se contenter de dix-neuf millions de dollars, d’une poignée de décors chiches, d’un serpent géant mécanique et de ce fameux script laconique. Mais le talent restant le talent, les alliances légendaires d’artistes hors du commun demeurant toujours miraculeuses (l’idée de choisir Arnold Schwarzenegger pour le rôle titre fut émise par le producteur de Phantom Of The Paradise et celle de s’inspirer des peintures de Frazetta par un certain… George Lucas !), Conan le Barbare tirera quoiqu’il en soit de sa mise en scène, de sa musique et de son scénario, tout le lyrisme et la sauvagerie nécessaires afin de donner corps à la substantifique moelle des romans de Robert Howard…

De toute manière, John Milius ne court pas après la magie. Il conçoit l’Heroic Fantasy comme une fresque guerrière avant tout, plus « Heroic » que « Fantasy » ! Il y a bien une dimension fantastique dans son film, mais elle demeure la plupart du temps sous-jacente. Et le spectateur doit deviner tout seul par exemple, à travers quelques bribes de dialogues, que Thulsa Doom est probablement le dernier représentant de la race des Atlantes, un être supérieur, capable de se transformer et de vivre plus de mille ans…
Les séquences ouvertement fantastiques se comptent ainsi sur les doigts de la main. Il y a celle de la sorcière (complètement incompréhensible !), celle du serpent géant, celle de la transformation de Thulsa Doom, celle où des esprits tentent d’enlever le corps agonisant du héros et, enfin, l’apparition assez kitsch de Valeria revenue d’entre les morts…


Kitsch

Ce qui intéresse Milius, c’est l’héroïsme. Et en particulier l’héroïsme guerrier. Conservateur sans complexes, collectionneur d’armes et officier militaire frustré (il rêvait de finir général dans l’armée !), le réalisateur est connu pour être fort en gueule et pour ne pas faire dans la dentelle et encore moins dans le social… Il est d’ailleurs amusant de noter que le script de Conan le Barbare peut-être lu (merci Mantichore !) comme un manifeste anti-hippies, Conan désirant avant tout réduire à néant cette secte prônant des valeurs très 70’s ! Bon, on ne lui en voudra pas outre-mesure car, en fait de secte hippie, ils sont quand même adeptes de cannibalisme et de sacrifices humains ! En d’autres termes, Milius faisait table rase, à l’aube d’une nouvelle décennie, des idéologies moisies et obsolètes de la précédente…
En tout cas, le réalisateur embrasse son sujet à bras-le-corps et se comporte sur le tournage comme un chef de guerre sur un champ de bataille, se réjouissant dès que ses acteurs se blessent dans un souci constant de réalisme !

Fan des films d’Akira Kurosawa, Milius désire conter une fresque « pré-historique » construite sur la tragédie de son héros. Il veut ainsi donner à son film un aspect réaliste et vire d’entrée de jeu son premier chef opérateur dont il ne trouve pas le travail adapté à sa propre vision (raison pour laquelle la première scène sur la montagne est si différente, visuellement, du reste du métrage). C’est dans cette logique que le réalisateur se penche sur la destinée tragique du personnage, en essayant de limiter au maximum les éléments surnaturels issus des romans originels.
Tout doit être réaliste, sinon naturaliste. Les personnages doivent être crédibles, animés par de profondes motivations, et un désir de survivre donnant corps à leurs aventures et à leur sauvagerie.

La seconde scène culte de notre film est celle de la « roue de la douleur ». Ici encore, la narration se veut opératique, la musique transcende le sens du récit et les personnages demeurent muets. Seule la voix-off du narrateur indique, de temps en temps, quelques précisions au spectateur. S’ensuit l’une des plus formidables ellipses de l’histoire du cinéma lorsque le petit Conan, baissant la tête afin de se cambrer sur ses efforts, finit par la relever à l’âge adulte pour nous montrer le visage d’Arnold Schwarzenegger, qui apparait pour la première fois au bout de quinze minutes de métrage !
Réduit à l’esclavage, notre héros a donc fait tourner la roue d’un moulin pendant des années, tirant sa force prodigieuse de son effort quotidien. Le spectateur sait ainsi, par le seul pouvoir de la mise en scène, tout ce qu’il doit savoir… Une scène magnifique, simple, efficace et poétique.


L’art de l’ellipse !

On pourrait évidemment passer des heures à décortiquer toutes les scènes cultes du film de John Milius, toutes ses géniales trouvailles de mise en scène et autres morceaux de bravoure. Mais ce qui est important, avant tout, c’est de noter le caractère fédérateur de la vision du réalisateur. Car après Conan le Barbare, plus rien ne sera comme avant !
Evidemment, comme dit plus haut, le spectacle que nous offrait le film relevait du jamais vu au cinéma. Et le traumatisme vécu par les spectateurs allait faire grand bruit et même créer un véritable ras-de-marrée, hélas pour le pire !
Depuis l’Italie, patrie du producteur Dino DeLaurentiis, les sous-Conan tombèrent comme s’il en pleuvait ! De productions fauchées en nanars inénarrables, nous assistions alors, médusés, à la diffusion de plusieurs dizaines de produits honteux, dont on se souvient encore (en vrac, Dar l’Invincible, Conquest, Deathtalker, Sangraal, Thor le Guerrier, Ator l’Invincible et, enfin, l’hallucinant The Barbarians avec ses deux jumeaux bodybuildés !).

Mais c’est ailleurs qu’il faut regarder. Car quelques jeunes cinéastes, dans le giron de Milius, allaient reprendre le flambeau. C’est ainsi que John McTierman, Paul Verhoven, Mel Gibson ou encore Peter Jackson allaient tour à tour rendre hommage à leur ainé et assimiler sa mise en scène. Nul doute, avec le recul, que sans Conan le Barbare version 1982, il n’y aurait jamais eu La Chair et le Sang (1985), Braveheart (1995), Le Treizième Guerrier (1999), et bien évidemment Le seigneur des Anneaux (2001-2003)…

Étrangement, cette conceptualisation de la mise en scène physique, baroque, lyrique et barbare, nait dans l’esprit de John Milius de son amour pour les armes ! Passionné par la chose, connu comme l’un des plus grands collectionneurs d’armes anciennes au monde, le réalisateur va nourrir son script de cette passion en lui apportant diverses résonances symboliques et philosophiques…


Conan trouve son épée dans la crypte d’un vieux roi des temps anciens…

On en vient donc à la dernière grande vertu de notre film : Ses multiples niveaux de lecture et l’intensité de ses symboles.
Le générique (derrière une citation de Nietzsche) avait commencé dans une forge de Cimmérie (le pays natal de Conan), alors que le père de notre héros façonnait son épée, avant d’enseigner à son fils les vertus de l’acier, avec lequel l’homme civilisé faisait corps puisque c’est cet acier qui l’avait sorti de son état primitif. Effectivement, l’homme ayant évolué en créant des outils, il devenait civilisé au contact de la matière et, dans cette époque au sortir de la préhistoire, l’acier symbolisait plus que toute autre matière cette évolution significative.

Cette superbe idée allait former un liant dans l’esprit du réalisateur entre ses propres obsessions et les écrits de Robert Howard. Car, si Milius cherchait à trouver un sens à son amour pour les armes, l’écrivain avait quant à lui développé une formidable parabole sur l’homme et la civilisation (certes pessimiste puisque, pour Howard, toute civilisation était éphémère à cause de la nature animale et imparfaite de l’homme).
Si ça ce n’est pas de l’adaptation, je ne m’y connais pas. Et c’est quand même mille fois plus profond et intéressant qu’une adaptation littérale reprenant platement la biographie du personnage comme ce sera le cas bien des années plus tard avec le reboot pathétique réalisé en 2009 !

Conan ne fait ainsi qu’un avec son épée, source d’énergie presque séminale. Tous deux symbolisent cette évolution où la matière et l’esprit se sont liés au service d’une évolution dévouée à la survie. Partant de là, lorsque Thulsa Doom tue ses parents et qu’il vole l’épée de son père, le privant ainsi de son héritage, Conan devient un être amputé et incomplet, privé de parole et d’émotions. Il restera soumis et muet jusqu’à ce qu’il devienne gladiateur. Mais là encore, il n’est pas épanoui. Il ne possède pas encore SON épée et on ne le voit jamais, dans une symbolique lourde de sens, deux fois avec la même arme…


Montre-moi ton arme et je te dirai qui tu es !

Il faut attendre qu’il soit libéré et qu’il trouve sa propre épée pour devenir enfin lui-même et ainsi commencer à accomplir son destin.
C’est la séquence de « la Crypte » (reprise d’une nouvelle de Lyon Sprague de Camp, très bonne d’ailleurs, en dépit de ce que pensent les puristes !), dans laquelle Conan se réfugie afin d’échapper aux loups. Encore une scène magnifique, qui compense son manque de magie par une mise en scène toute en finesse. Effectivement, dans la nouvelle originelle, le vieux roi mort revenait à la vie et tentait de reprendre son épée à Conan. Une fois de plus, Milius préfère opter pour une adaptation réaliste et trouve une idée superbe : Privé de son épée sur laquelle il était appuyé, le vieux roi tombe en poussière et perd sa couronne. C’est désormais Conan, qui peut enfin briser ses chaines et affronter les loups, qui hérite de la valeur de l’arme des rois !
Encore une scène muette et riche de sens. Encore une inspiration magistrale.

Dès lors, notre héros est un homme entier et peut affirmer son individualité. Il va pouvoir éprouver des émotions (il avait été incapable d’en ressentir, ou en tout cas d’en exprimer lors du massacre de ses parents), se lier d’amitié et trouver l’amour.
Plus tard, la symbolique de l’épée va se substituer de manière surprenante à la métaphore christique, apportant un niveau de lecture supplémentaire au récit. Lorsque Conan est crucifié sur « l’Arbre du malheur », il est de nouveau privé de son épée. Ainsi, ressuscité tel le messie par l’amour de Valeria, il va immédiatement se précipiter sur son arme pour renouer le lien, dans une autre séquence muette longuement filmée en plan rapproché. Le postulat est clair : Point de message pacifique (en d’autres termes, pas question de tendre l’autre joue !), et point de sens à la vie sans arme !
Plus tard encore, lorsque Conan affronte Rexor, l’un des assassins de son peuple, il brise en deux l’épée de ce dernier. Ce sera un acte doublement symbolique puisque, soudain, il reconnaîtra l’épée volée jadis à son père ! Une vengeance doublée d’un acte œdipien ! Et comme de bien entendu, il choisira d’affronter Thulsa Doom en personne armé de ses deux épées, achevant sa Némésis avec l’épée brisée, accomplissant sa vengeance au nom de son père.

Cet article m’aura permis d’exprimer pleinement mon admiration pour le film de John Milius et d’expliquer en quoi les critiques adressées à ce film m’agacent le plus souvent. Evidemment, loin de moi l’idée de contester que l’on aime ou pas une telle adaptation. Chacun est encore en droit de décider de ses goûts.
Mais en tout cas, cela aura été un bon moyen de justifier le fait que les reproches qui sont le plus souvent adressés au film (le manque de fidélité aux romans et le manque de manifestations magiques) sont infondés et stériles.

Conan le barbare par John Milius est un chef d’œuvre du genre. Non pas parce qu’il est le premier de son genre, ni même parce qu’il demeure indépassable (certaines scènes ont incontestablement vieilli, ce qui est tout à fait naturel), ni même encore parce qu’il est le plus spectaculaire (ce qu’il n’est pas, on l’a bien compris !). C’est un chef d’œuvre car, dans l’histoire du cinéma en général et dans celle des adaptations en particulier, il n’en est pas beaucoup qui surent injecter au récit tant de profondeur symbolique et philosophique. Et il n’en est pas beaucoup qui fédérèrent autant de scènes à la mise en scène magistrale dont le fond et la forme allaient transcender le contenu du script et le manque de moyens.


Brisées ou non, voici une histoire d’épées !

Conan le Barbare est ainsi l’un des seuls représentants de son genre à être parvenu à donner corps à ses modèles de papier, au point de générer, grâce à sa profonde dimension allégorique, ce à quoi se destinent les récits de type Heroic Fantasy : Une illustration du Mythe.
Ce faisant, le film de Milius substitue le Mythe de l’épée comme constituant séminal de l’homme civilisé à celui de la croix dans la religion chrétienne ! Une autre vision, parfaitement complémentaire de ce qu’est l’homme en vérité…

Créateur absolu du genre Heroic Fantasy dans sa forme moderne, Robert Howard avait d’emblée compris que ses récits devaient s’articuler sur une structure mythologique. On peut penser ce que l’on veut de John Milius et s’offusquer de ses idées politiques et de son idéologie, il a tout de même su, avec une rare intelligence et un talent impressionnant (2), réinterpréter ce terreau et ses résonnances, à travers lesquelles s’expriment les sources de nos civilisations, leurs croyances et leurs questionnements philosophiques. Et quoi de plus naturel, pour un héros barbare, que de développer une philosophie basée sur les armes ! (3)

Le film de John Milius touche ainsi au Mythe dans sa forme pure. Il en développe l’illustration et s’élève bien au dessus du lot en la matière.
Il est donc, en fin de compte, important de le comparer une dernière fois avec tous les autres films du genre et notamment avec ses suites et autres reboot (CF cet article), qui tomberont dans le vide et le grotesque tout en s’inspirant au moins autant des récits originels de Robert Howard.

Plus que jamais, je me dis que le principe même d’une adaptation n’est certainement pas la littéralité, mais bel et bien la « trahison » et la relecture. Alors, n’en déplaisent aux puristes et autres gardiens du temple de l’écrivain au destin tragique, cette adaptation par John Milius était le plus beau cadeau qui pouvait lui être adressé et, à mon avis, les deux auteurs se seraient beaucoup appréciés s’ils avaient eu l’occasion de se rencontrer. Depuis le sommet de sa montagne imprenable, je n’en ai aucun doute : Crom est d’accord avec moi !


Conan sur son trône ? Comme le dit bien le narrateur à la fin du film : Ceci est une autre histoire !

(1) : Le Parcours Probable de Conan le Barbare est considéré comme la biographie officielle du héros. Cette biographie au départ officieuse fut rédigée par un fan de l’écrivain. Le fan en question osa envoyer sa version à Howard (quelques temps avant sa mort). Ce dernier en fut touché et répondit avec une autre lettre exhaustive, corrigeant les quelques rares erreurs commises par son admirateur. Grace au concours d’un autre fan, cette chronologie fut publiée en 1938 dans un fanzine intitulé The Hyborian Age. Voici un lien en VO.
A partir de 2005, l’éditeur Dark Horse Comics entame une série très ambitieuse qui tentera de reprendre à la lettre cette fameuse chronologie.
A noter que cette lettre est publiée dans le troisième et dernier tome des éditions Bragelonne qui reprennent les écrits originels de Robert E Howard (recueil intitulé Les Clous Rouges), et qu’elle est accompagnée de la carte de l’Âge Hyborien réalisée par l’écrivain lui-même.
(2) : John Milius fut quand même l’un des grands scénaristes hollywoodiens des années 70, avec à son palmarès des chefs d’œuvre comme Jeremiah Johnson, Juge et Hors-la-loi et Apocalypse Now, sans oublier la série des Dirty Harry et sa participation à deux films de Steven Spielberg : 1941 et Les Dents de la Mer !
Il est enfin le créateur et l’auteur de la série Rome. Autre œuvre fédératrice, cette fois pour le petit écran.
(3) : Avec un sens de l’humour certain, Milius se décrit lui-même comme un « anarchiste zen » ! Soit un homme moins belliqueux que ses passions, sans doute exutoires et cathartiques, ne laissent à  penser.

41 comments

  • JP Nguyen  

    Bravo Tornado : tu sais parler du barbare sans jamais être barbant. Ton article est très éclairant sur certains points comme celui de la symbolique de l’épée, à laquelle je n’avais pas prêté grande attention…
    Les quelques images de Schwarzie en roi m’ont toujours laissé songeur de ce qu’aurait pu être un King Conan par Milius… Ce projet est malheureument enterré, non ?

  • Bruce lit  

    « Une épée à la main, j’ai peur de rien » 4/4
    Addict à Conan le Tornado ? Et pas qu’un peu ! Celui-ci n’avait pas tout dit sur le film de John Milius qui révela le bel Arnold. Une hérésie pour les puristes, film anti-hippies pour d’autres, Conan le Barbare aura marqué au fer rouge de son épée sauvage notre contributeur ès Bruce Lit. Voici pourquoi.

    La BO du jour : malgré ses muscles, notre Barbare est un enfant dont la mère a été décapitée devant lui…D’ici à ce qu’il ait le blues….https://www.youtube.com/watch?v=ZXg9UFUXFXU

  • Présence  

    Première réaction : Oh non ! Encore un article sur le film de John Milius… Après lecture : Oh oui ! j’en veux encore des articles comme ça qui me donne l’impression d’être aux côtés du réalisateur en train de faire les choix artistiques qui s’imposent en respectant le budget, en train de lier la thématique de l’autonomie, avec le symbole de l’épée.

    Je reste sous le charme de l’adresse avec laquelle Tornado fait apparaître en quoi ce film n’a rien d’une adaptation superficielle, et en quoi les suiveurs n’en ont retenu que la surface. J’ai pris un énorme plaisir à découvrir comment la personnalité de John Milius (et sa passion pour les armes) a nourri son adaptation.

    Pour le plaisir de poursuivre la discussion sur les adaptations : fallait-il que le film se réclame d’être une adaptation des écrits de Robert E. Howard ? D’un côté, peut-être pas puisque finalement il semble insuffler une thématique différente de celle l’auteur original. De l’autre, pourquoi pas, puisqu’il lui rend hommage, qu’il se montre à la hauteur, qu’il contribue à le faire connaître, et qu’il reconnaît la matière première fournie par ces romans, qui constitue le socle de son film.

  • Bruce lit  

    « Tout commençait évidemment avec la scène du village, alors que Conan est un enfant et qu’il assiste au massacre de son peuple, avant de partir avec ses assaillants, qui le réduisent très vite à l’esclavage ». C’est bien évidement cette scène dont je me rappelle, le regard si triste de Earl Jones, presque de compassion avant la violence de son acte. Une scène muette magique. D’ailleurs mes scènes préférées le sont muettes : la roue et la crucifixion.
    Je suis parfaitement d’accord avec l’ambiance glauque inédite pour l’époque (surtout lorsque l’on connait la suite !). Je n’ai pas vu Conan en salle mais à cette époque où, en faisant la queue, on pouvait admirer des photos du film plastifiées,, j’étais fasciné par ce mec qui mordait un vautour ! Sans rien connaitre du contexte, on avait l’impression qu’il allait le bouffer ! J’étais fasciné par cette image, aussi certainement qu’hypnotisé par le vilain.
    Indirectement ton article m’a donné envie de voir pour la première La chair et le sang de Verhoeven qui est un chef d’oeuvre absolu ! Merci donc !

  • Tornado  

    @JP : Oui, après des années de développement, Milius a abandonné son projet, puisqu’aucun producteur ne voulait de sa version. C’est un peu dans l’ère du temps : Les films à gros budget aujourd’hui, sont devenus des films de producteurs. Il n’y a quasiment plus de films spectaculaires qui soient des films de réalisateurs, et encore moins des films d’auteur… 🙁

    @Présence : Oui, je suis d’accord, le juste milieu entre l’hommage et la relecture me parait parfait !

    @Bruce : Je ne l’ai pas vu au cinéma non plus car je crois qu’il était interdit pour les moins de 12 ans, ou un truc comme ça. Mais je l’ai vu avec mon grand frère un an après, lorsqu’il est sorti dans les vidéos-clubs. On l’avait regardé un samedi soir alors que nos parents étaient sortis et c’était magique !

    • Bruce lit  

      Et bien, tu m’as convaincu du contraire cher Tornado en visionnant les deux reboots de Star Trek qui sont vraiment excellent et approuvés par ma femme qui est pire que moi question science fiction !
      Dis, tu nous fera un article sur Frazetta ? J’ai vraiment envie d’en savoir plus….
      Conan anti hippies ? Dammned et Carpenter, Mad Max et cie anti punk ?

  • fredspawn  

    Très bon article! Bravo pour toutes ces réferences! ☺

  • Lone Sloane  

    Ta nouvelle chronique sur Conan m’incite à découvrir d’autres films de ce réalisateur.
    Je n’ai vu que L’aube rouge, où l’on retrouve une partie du gang du Brat pack dont feu Patrick Swayze, qui est fun et très réac… j’aimerai notamment découvrir Graffiti Party et L’adieu au roi avec Nick Nolte.
    En parlant de Nolte, c’est marrant mais ton scan avec Conan et son papa, et surement l’évocation de Dallas l’aure jour, m’ont ramené dans la tronche la terrible prestation de l’acteur William Smith dans cette serie télé que j’ai vu gamin:
    http://www.cultfilmfreaks.com/2012/10/fifteen-tv-villains-worth-mentioning.html

  • Jyrille  

    Encore un article lyrique et passionné, Tornado ! Encore une fois, j’apprends une tonne de choses, et ton interprétation de la symbolique de l’épée est très intéressante, tous comme les anecdotes de tournage. Il faut vraiment que je revoie ce film que j’ai quasiment totalement oublié.

    Pour les films de réalisateurs, j’en ai vu quelques-uns récemment : Jack Reacher, Oblivion (deux films avec Tom Cruise) qui ne versent pas dans le film hollywoodien ou disneyen, Ex-machina, Wyatt Earp (bon il date celui-là…). Ca existe encore.

  • Matt  

    Voilà.
    J’ai tout lu.
    Alors ce n’est pas nouveau mais tu sais que je ne suis pas complètement d’accord avec toi sur ta définition d’une bonne adaptation. Mais là je suis d’accord avec toi…parce que tu te contredis presque.
    Euh…je m’explique.
    Tu parles de l’importance de la relecture, même de la « trahison » mais tu mentionnes bien que le personnage de Conan est fidèle dans son comportement au personne de Howard (Milius n’en a pas fait un joyeux drille par exemple) et que l’ambiance et l’atmosphère de l’univers aussi. Et là je suis d’accord pour dire que c’est le plus important et qu’on se fout pas mal si la biographie de Conan n’est pas la même.
    Par contre si le personnage et l’univers sont trop différents, on atteint la trop grande trahison qui ne justifie même plus qu’on appelle le film « adaptation ». C’est juste un film (bon ou mauvais) qui n’a plus rien à voir.

    Tout ça pour dire en fait que je suis d’accord avec ce que tu avances dans cet article. Mais pas forcément sur ta définition d’adaptation qui semble dire qu’on peut complètement oublier le matériau de base^^
    Je ne reproche pas non plus l’absence de magie dans le film (il n’y en a pas tant que ça non plus dans les nouvelles de Howard, ça dépend lesquelles)
    Tu mets en lumière de vraies qualités c’est vrai. J’ignorais toutes ces déboires de production qui ont forcé Milius à s’adapter et qui ont finalement bénéficié aux décors, etc. Intéressant.

    Par contre, je ne fais pas partie des grands fans de ce film. La musique est excellente, la puissance des images aussi. Mais je trouve que pas mal de scènes sont involontairement comiques à cause de Schwarzy qui, même s’il est physiquement taillé pour le rôle, joue comme une patate. Au risque de commettre un crime à tes yeux, imagine qu’avec un pote, on s’est marré à plusieurs reprises face aux expressions ahuries de Conan : « conan découvre une femme nue », « conan réfléchit »
    Ouais, ouais je sais tu vas me dire que je brise le mythe, que j’suis salaud de dire ça…mais c’est tellement dommage.
    Après certains dialogues sont un peu cocasses aussi. Comme quand Conan s’adresse à Crom « si tu m’écoutes, exauce ma prière. Si tu ne m’écoutes pas, va te faire foutre » Hum…ouais, ok. Mais s’il t’écoutais, tu viens de l’insulter là. c’est juste moi ou ça sonne un peu trop comme un one-liner comique qui nous sort du film ?
    Après on est d’accord que le remake est une bouse. Même si pour le coup l’acteur choisi n’était pas forcément un mauvais choix de casting. Il se montrait assez convaincant dans le rôle du barbare Khal Drogo dans Game of Thrones.

    Je trouve juste le film de Milius un peu mou, avec quelques scènes kitsch aussi (comme tu le dis le retour de Valeria d’entre les morts), des dialogues pas toujours inspirés (c’est d’autant plus dommage qu’il y en a pas beaucoup)
    Ah et sinon, c’est juste un caprice de gosse mais j’aurais bien voulu une meilleure baston avec le serpent. Pas un truc de blockbuster d’aujourd’hui, mais puisqu’on parlait de Harryhausen récemment…un truc qui bouge plus que ça quand même. Avec du suspense, de la tension. Là il se réveille juste pour se faire planter le serpent. Mais bon c’est un petit caprice, ça^^

    Je le reverrai avec plaisir à l’occasion, je ne dis pas que c’est un mauvais film. Mais je ne partage pas ton enthousiasme en tous cas.

  • Tornado  

    Il y a aussi le fait que j’ai vu le film à sa sortie. J’étais gamin et, à l’époque, c’était vraiment impressionnant et viscéral. Du « jamais vu » au cinéma comme on dit, avec un niveau de sexe et de violence inédit (je me souviens que je détournais la tête pour les scènes de décapitation, qui me dérangeaient vraiment).
    Au bout du compte, le film a vieilli mais il a une âme certaine. Eu égard à la personnalité de John Milius.
    As-tu lu l’autre article sur les suites ?
    http://www.brucetringale.com/le-conan-show/

    • Matt  

      Oui j’ai tout lu. Et j’ai constaté que tu as vraiment fait un paquet d’articles sur Conan. Gros fan, hein ? Le savage sword, la série de Kurt Busiek, 2 sur le film, 1 sur les suites. J’en ai oublié ?^^

      J’avais laissé un commentaire sur la série de Busiek d’ailleurs. Sans réponse…(hum hum…)

      Pour les suites, rien à dire, je suis d’accord avec toi.

  • Tornado  

    Sur la question de l’adaptation, je pense que nous sommes davantage d’accord qu’il n’y parait. J’écris souvent, à propos des adaptations que j’aime, qu’elles savent « préserver l’esprit au-delà de la lettre ». Je pense que tout est là, dans cette notion d’esprit. Il y a un petit quelque chose qui suffit parfois pour préserver l’essentiel d’un personnage ou d’une oeuvre. IL suffit de trouver lequel et l’adaptation est réussie. Tout le reste est donc superflu et peut être changé. Et les puristes, on en a rien à foutre ! 😀

    • Matt  

      Certes mais tu vois pour les adaptations de Sherlock Holmes de Guy Ritchie, je n’y ai pas retrouvé l’esprit. Trop foufou blagounettes blockbuster. Ou alors j’ai loupé des trucs dans l’univers de Conan Doyle.

  • Tornado  

    Il y a une idée géniale dans la version de Guy Ritchie : Quand Sherlock fait du karaté, il anticipe les coups de ses adversaires par le jeu de la déduction. Un sens de la déduction qui lui donne ainsi, littéralement, un COUP d’avance sur les autres. J’ai trouvé cette idée assez géniale et finalement assez fidèle au personnage, d’un certain point de vue…

    • Matt  

      Un truc qui me gêne par contre dans cette approche de relecture, c’est qu’il ne faut pas non plus que ce soit considéré comme un reproche de trop coller au matériau de base. Sauf si ça plombe la narration du film. Mais si c’est réussi, il faut aussi se mettre à la place du mec qui n’a pas lu le roman de base et qui a aimé le film. Venir lui dire que c’est nul parce que ça colle trop à un truc qu’il n’a pas lu…ça ne lui paraitra pas recevable comme argument. L’adaptation peut aussi toucher un autre public qui ne lit pas, ou même être éducative lorsqu’il s’agit d’adaptation en BD de légendes, ou de contes classiques. Réinterpréter systématiquement fait que l’éducation restera du domaine du roman et le divertissement du domaine du film ou BD. Or, la BD peut être un super outil éducatif.
      Je pense juste à ça parce que j’ai vu que Luc Ferry supervise une collection de BD adaptant les mythes grecs. Je ne sais pas du tout ce que ça vaut, hein. Mais je ne peux pas dire que je trouve l’idée mauvaise. Et dans ce genre de contexte, le but n’est pas de réécrire à sa guise les mythes normalement étudiés en roman.

    • Matt  

      En gros je dirais qu’il faut que ça respecte un minimum l’esprit de l’œuvre de base pour justifier le nom d’adaptation, puis que ça tienne la route en tant que film, sans qu’on se soucie outre mesure que ce soit plus ou moins fidèle.

  • Tornado  

    Je suis tout à fait d’accord, il y a de la place pour les deux. C’est exactement ce que je disais dans mon article sur Sherlock Holmes, d’ailleurs.
    Du coup, c’est en partie pour ça que les puristes me gonflent (souvent), car avec eux on ne peut jamais rien faire si ce n’est pas « comme il veulent que ce soit », c’est-à-dire toujours pareil.

  • Thierry  

    Merci pour cette belle analyse thématique et symbolique. Ça me fait encore plus apprécier le film.
    J’étais trop jeune à la sortie du film en salle. Par contre je me rappelle combien l’affiche de Frazetta avait marqué mon esprit. Le visage sombre et la masse musculaire de Conan, son épée ensanglanté plantée sur une montagne de crabes de ses ennemis, une voluptueuse femme à ses pieds. On était loin de Rahan!
    https://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Franchise/ConanTheBarbarian

  • Tornado  

    Merci beaucoup.
    J’avais mis cette affiche dans la 1° partie de l’article. C’est là : http://www.brucetringale.com/lacier-la-chair-et-le-sang/
    C’est effectivement une affiche très marquante. J’ai deux art book de Frazetta à la maison. Je suis vraiment un fan.

  • Matt  

    Tornado, t’es au courant d’une soi-disant version censurée sur les nouveaux blu-ray ?
    Il paraîtrait que la bataille finale aurait été amputée de certains plans montrant les cheveux se faire blesser.

    • Eddy Vanleffe  

      AH non, ne blessez pas les cheveux de Conan…^^

    • Matt  

      Les chevaux…rooo

      • Tornado  

        Non, pas au courant. Mon blu-ray date. Je ne dois pas être concerné…
        J’ai revu récemment un film où les chevaux se font trucider (j’arrive plus à me rappeler lequel comme ça. Je crois que c’est Mon Nom Est Personne). C’est vrai qu’aujourd’hui ça choque. Mais bon, de là à refaire les films…

      • Matt  

        Je n’aime pas la violence envers les animaux, mais si c’est fait, c’est fait.
        Supprimer des bouts de scène maintenant ça ne va pas réparer le mal…du coup je trouve que ça n’a aucun sens.
        On pourrait même dire qu’ils ont sacrifié les chevaux pour rien si au final ils n’ont même pas un truc à montrer à l’image.

        • Eddy Vanleffe  

          Heu…les chevaux ne sont pas morts pour de vrai…ce sont des animaux dressés pour se coucher, ça existe depuis les westerns des années 50….

          • Matt  

            Alors pourquoi censurer les scènes ? Parce qu’ils ont juste l’air d’être blessés dans le film ? Mais on vit dans un monde de couillons ma parole !

            Des fois je me dis que lors de certaines cascades dans certains films, il y a des chevaux qui devaient quand même se briser la nuque, mais bon…

          • Kaori  

            Je n’ai pas trouvé d’informations concernant ces chevaux en particulier, mais visiblement, la production de CONAN LE BARBARE n’avait cure de ces histoires de protection des animaux puisqu’ils sont passés outre pour une certaine scène de baston face à un chameau (n’ayant jamais vu le film, je ne sais même pas de quoi il s’agit).

            Donc Eddy, même si il y avait des choses depuis les années 70 plutôt, ce n’était pas forcément le cas dans tous les films.

            https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/cette-epoque-ou-on-cassait-les-animaux-pour-les-besoins-d-un-film_173143.html

            Pour le reste, je ne me prononcerai pas. Disons que je ne pourrai pas voir la mort en direct d’animaux, même si ça s’est passé il y a 40 ans.
            Je reste traumatisée d’un journal de JT qui racontait la course de chevaux la plus meurtrière du monde en Tchécoslovaquie. Où les chevaux débarquaient non préparés à un saut quasi impossible. Bref, je passe les détails. Ça a hanté mes nuits pendant longtemps…
            J’apprends ce soir après recherche que cette course est toujours en vigueur… rendue un peu plus « sécurisée ». Mais toujours là, et toujours meurtrière…
            Alors Conan et sa censure me fait doucement rire (jaune)…

          • Eddy Vanleffe  

            Ces histoires sur Conan, J’en reste persuadé sont grandement exagéré par une génération qui ne supporte les mœurs d’il y a ne serait-ce que cinq ans…
            j’ai vu le film des dizaines de fois… si un cheval avait été déglingué exprès, je l’aurais remarqué depuis le temps…
            pour le chameau, Conan met une simple beigne dessus, je crois que le chameau s’en est remis… (l’histoire c’est qu’après plein de répétitions avec des faux coups, Arnold en a eu marre et il a collé un vrai marron-UN-le fait que le chameau tombe est un effet de montage-je ne crois pas que ce soit possible d’assommer un chameau d’un coup…)
            Conan étrangle un vautour aussi, mais c’est un animatronique, je vous rassure)
            Sandhal Bergman a failli perdre un pouce en répétition et des loups ont mordu le cul de Schwarzy…
            Les tournages n’avaient pas la même notion de « sécurité » qu’aujourd’hui…

            on va finir par brûler la culture de l’humanité tout entière si ça continue, parce qu’on y trouvera des aspérités à droite à gauche…
            John Millius n’était certes pas un écolo mais un gars qui croyait à l’homme seule à égalité face à la nature comme le gars qui bouffe des racines et des oeufs de serpents dans la jungle sur RMC découvertes…

            un jour, on finira par accuser les réalisateurs de non assistance à bébé gnous en danger quand ils filment les repas des crocodiles…

          • PierreN  

            « Disons que je ne pourrai pas voir la mort en direct d’animaux »

            Tu peux faire l’impasse sur Cannibal Holocaust alors (le doute n’est guère possible concernant le sort de la tortue).

          • Kaori  

            Bah, même si ta phrase sur les bébés gnous m’a fait rire, c’est un peu ce que je pense, en fait… A une époque, j’aimais bien regarder les documentaires animaliers.
            Jusqu’à ce que je tombe sur celui sur les dingo australiens. Tu sais, cette espèce de canidés qui ressemblent à s’y méprendre à des chiens domestiques.
            Bref, le truc qui te sert la sauce : famille de 3 dingos, on les affuble d’un prénom, on suit leur parcours à distance depuis leur naissance puis on les regarde crever de soif dans le désert (enfin un sur les trois), tout ça narré par Pierre Arditi. Sur le coup je peux t’assurer que j’ai insulté le caméraman et toute sa clique comme pas permis ^^;; .
            Ça m’a vaccinée.
            Après recherche (j’aime bien les recherches), c’est un documentaire de 1999, Les chroniques de l’Australie sauvage, qui suivait aussi d’autres animaux. Mais les dingos, ça m’a marquée…
            Alors oui ça a une valeur instructive, scientifique etc, mais humainement c’est un truc qui me dépasse complètement.
            Et l’homme face à la nature, ok, mais je suis pas sûre que le chameau ait vraiment demandé à se prendre un pain dans la gueule par Schwarzy en récompense de je-ne-sais-quoi, contrairement aux acteurs qui savent très bien les risques qu’ils prennent et qui les acceptent…
            L’exploitation animale, j’ai un peu de mal, quand même… Donc je trouve ça très bien qu’on évolue dans ce domaine.
            Après, je suis d’accord avec Matt, ça ne sert à rien de censurer quelque chose qui s’est déjà produit de toute façon…

          • Matt  

            Ce qu’il faut comprendre dans les documentaires, c’est que c’est parfois filmé de loin, en hélico. Et que les journalistes vont suivre UN individu. Je ne pense pas qu’ils auraient les moyens de descendre se poser pour apporter de l’eau à une centaine d’animaux qui boivent 50 litres chacun (selon le type d’animal…genre un éléphant) Oui ça peut faire mal au cœur s’il s’agit de 3 dingos qui se font élever des années et que tu laisses crever. je n’ai jamais été témoin de ce cas dans un documentaire.

            Pour les gnous qui se font bouffer par des crocodiles c’est autre chose par contre. Là tu ne suis aucun animal depuis son enfance ou je ne sais quoi. Les gars se planquent et filment la vie sauvage de loin avec des objectifs adaptés. Ils n’interfèrent pas, et je n’y vois aucun problème. Tu veux te faire bouffer le cul en allant au milieu des crocos défendre la veuve et l’orphelin ?^^

            Mais après en effet il y a le cinéma. Plusieurs cas :
            -les dommage collatéraux pas prévus faute de sécurité ou par manque de respect pour les animaux. J’aime pas ça, mais ça ne sert à rien de censurer après coup. ça s’est produit. Je préfère qu’ils fassent en sorte que le moins de dégâts soient causés à qui que ce soit.

            -Les animaux volontairement massacrer comme l’ont fait certains réalisateurs italiens avec Cannibal Holocaust comme disait Pierre. Ou la montagne du dieu cannibale (les films de cannibales en fait souvent, va savoir pourquoi) Là je crains vraiment oui. Je suis contre.

            Une beigne à un chameau ? Non, il n’a certes rien demandé, mais personne n’en est mort. Tu files jamais une tarte sur le cul de ton chien ? Bon ok j’arrive pas à les frapper non plus^^ Mais ils ne sont pas en sucre non plus quoi. Nous aussi on s’est pris des baffes par nos parents. C’est pas la mort. Après s’ils abattent les animaux quand ils se sont juste cassé une patte…c’est plutôt ça qui craint. Pas le fait qu’ils se sont cassés une patte. ça se soigne bordel !

          • Kaori  

            @Matt : non c’était pas filmé d’un hélico. A distance, certes, et il était tout seul, le dingo… C’était pas la mort de lui filer à boire. Mais ça foutait en l’air tout le reportage, ça, c’est évident…
            Pour les gnous, voilà, c’est la nature, tu vas pas intervenir pour contrer la chaîne alimentaire et te faire bouffer à la place des bébés gnous ^^
            Pour les chevaux, je ne suis pas experte du tout, mais à l’époque, on abattait les chevaux parce qu’une patte blessée se soigne très difficilement… C’est la partie la plus fragile du cheval, en gros il ne pourra plus jamais courir, ni peut-être même marcher… Je ne sais pas si c’est toujours le cas aujourd’hui (si on abat toujours aussi « facilement », s’il existe des soins plus appropriés… comme je le disais, je ne suis pas du tout dans ce milieu-là.).

          • Matt  

            Et puis faut bien qu’ils mangent les croco^^
            Parfois on peut percevoir la nature comme cruelle. Comme les tortues qui font 300 petits sur la plage, et qui se font tous bouffer par les oiseaux quand elles essaient de rejoindre la mer. C’est dur.
            Mais…si toutes les tortues s’en sortaient, il y aurait surement trop de tortues pour l’équilibre de l’écosystème. Surtout que les tortues adultes peuvent vivre des centaines d’années.
            C’est fait comme ça. C’est moche. Mais je ne suis pas pour intervenir et altérer la chaine alimentaire.

            Si tu te réincarnes en bébé tortue, c’est que t’as fait une connerie dans une autre vie^^ C’est le karma lol.

          • Eddy Vanleffe  

            Le débat de l’exploitation animale on l’a aussi sans arrêt à la maison tu te doutes bien et si j’exprime le fond de ma pensée, vous allez me traiter de monstre horrible et affreux…
            parce qu’en fait c’est une nouvelle sensiblerie d’un population tellement déconnectée de la nature qu’elle l’a idéalisée au delà du raisonnable.
            parce que si on arrête TOUTE exploitation animale, le traitement pour les maladies rares, c’est mort. (et une gamine qui perd sa peau au fur et à mesure qu’elle pousse, je t’assure que c’est plus affreux que des rats malades…)
            Les chiens policiers, sauveteurs d’aveugle: Adios. etc…
            je suis allé chercher une laisse dans une animalerie ce week end et j’en suis resté sidéré de voir les jouets, les habits et autre exemples qui tendent à transformer les animaux en « petits humains à poil », comme s’ils étaient des personnages Disney dans la vraie vie. je me suis rendu compte que les gens tous bien intentionnés qu’ils sont, ont totalement oublié le rapport normal qu’on devrait avoir avec les animaux..les petits filets remplis de graines tuent les oiseaux coincés dans les mailles… ou ces gens qui veulent rendre leurs chats végans parce que la chasse, c’est pas bien…
            dans l’esprit des gen, le sauvage n’existe pas, tout est domesticable et tout peut être anthorpomorphé…
            Ca, ça m e choque. je suis personnellement contre le fait de posséder des poissons ou des oiseaux. comment mettre des bêtes en prison et se prétendre les amis des animaux…
            le chien et le bœuf sont les seuls animaux qui d’après certains experts mourraient en masse si l’homme ne s’en occupaient pas. Les autres n’en ont rien à foutre de notre présence et n’ont pas besoin de nous.
            On sait très bien que ce n’est pas possible en l’état. pleins d’animaux sont domestiqués et plein d’activités se font avec des animaux (jusqu’aux sangsues en médecine)
            La nature n’est pas gentille, elle ignore les atermoiements des humains et l’humain se sert la dedans. c’est très bien montré sans manichéisme dans Princesse Mononoke. l’activité humaine existe que parce que c’est notre façon à nous de ne pas crever de faim et de survivre. il faut simplement revenir à plus de respect et d’harmonie.
            alors rassures-toi, je ne traire personne d’hypocrite, simplement je pense que les mentalités évoluent mais pas seulement en bien sur du long terme…
            le bien, c’est que les normes ont beaucoup évoluées, que les mentalités vont vers moins d’exploitation inutile d’animaux, en revanches certains deviennent barjos pour les bébêtes jusqu’à faire des pétitions pour stopper le téléthon… (si, si…)

          • Jyrille  

            Complètement d’accord avec Eddy. Merci Eddy !

          • Kaori  

            Oui, je suis au courant de cette histoire de Téléthon.
            Je ne trouve pas sans cœur ou quoi que ce soit. J’ai eu une discussion très animée avec une ancienne amie d’enfance extrêmement virulente à ce sujet il y a quelques années. Comme quoi c’est l’homme qui avait dénaturé le loup en en faisant un chien d’utilité, et que posséder un chien, c’était ne pas respecter la nature et cautionner la bêtise humaine etc… Brefff… J’ai rarement viré des personnes de mes contacts, mais celle-ci a dégagé.

            J’ai l’impression que tu vois plus le verre à moitié vide que le contraire.
            Oui, il y a des extrémistes, oui, il y a une forme d’anthropomorphisme affligeante et effrayante, causant même des accidents mortels (si on éduquait son chien comme il se doit, on n’aurait pas autant d’accidents…).
            Oui il y a des fadas de la protection animale (et ce que tu dénonces, cet anthropomorphisme, c’est une forme de maltraitance). Mais il y en a depuis des décennies. Et tu auras des fadas dans tous les domaines, pas que la protection animale ou la bêtise de la superficialité. J’ai vu récemment un reportage sur un nouveau concours de « beauté canine », avec des caniches. Tu décores ton chien pour en faire une espèce d’oeuvre, un peu comme les paysagistes… Avec de magnifiques couleurs pétantes… Bref.
            Ce que je veux dire c’est qu’on peut quand même aussi se réjouir que l’animal ne soit plus considéré par la loi comme un meuble et que désormais la maltraitance animale soit punie par la loi. Non ?

            Je préfère me concentrer sur ce qu’il reste de positif dans cette humanité plutôt que le contraire, sinon je finirais dans une grotte… 😉

          • Eddy Vanleffe  

            Mais d’où crois tu que j’envoie mes message?
            putain de réseau….

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