Le défi Nikolavitch : Le foutoir Supergirl

Le défi Nikolavitch

AUTEUR: ALEX NIKOLAVITCHsupe_0

Chaque mois, Alex Nikolavitch, traducteur, romancier, essayiste, scénariste et guest de Bruce Lit est mis au défi de répondre aux plus grandes énigmes de la culture comics. Aujourd’hui, après consultation populaire sur Facebook, il répond à la plus belle Dent de lait de Comixity, le sémillant Vincent Martini:

Une personne qui prétend pouvoir expliquer tout ce qui a été publié sur Supergirl entre 1986 et 2004 ment-elle forcément ?
La vache, c’est de ça qu’on va causer, mon p’tit Jimmy.

La vache, c’est de ça qu’on va causer, mon p’tit Jimmy

Ah, Supergirl, idole des fans de majorettes à jupettes (rigolez pas, visiblement c’est un kiff très répandu aux USA, les « cheerleaders ») (alors okay, c’est généralement très mignon, mais ces filles qui viennent montrer en chorégraphie leur soutien à des équipes sportives, moi ça me laisse de marbre) (faut dire que deux notions me gênent beaucoup dans les sports collectifs : « sport » et « collectif », alors tout ce qui tourne autour, je vous en parle même pas)(je vous ai déjà dit que les gens qui lisent L’Equipe tous les matins en arrivant au bureau me font flipper ma race?)(maintenant vous savez).
Bref. Où en étais-je avant d’être assez grossièrement interrompu par moi-même ? Ah, oui. La jupette la plus célèbre des comics depuis que Wonder Woman est passée aux slips à étoiles.
Mais un peu d’histoire d’abord.

Elle aussi, elle a tenté le short. Mais ça a tourné court

Elle aussi, elle a tenté le short. Mais ça a tourné court

La miss a été créée en 1959 dans Action Comics 252. Mais en fait, une « Super-Girl » était déjà apparue l’année précédente dans Superman 123, mais ce n’était pas la vraie. Du coup, vous vous doutez bien qu’en commençant comme ça, ça ne pouvait être qu’un redoutable boxif par la suite. Ce personnage est Kara Zor-El, la cousine de Superman, qui a survécu au désastre de Krypton (on est à l’époque où DC développe à fond l’univers de Krypton, et notre « dernier Kryptonien » se retrouve flanqué d’une cohorte de ses congénères, que ce soient les habitants de Kandor, les prisonniers de la Zone Fantôme et autres).

Bref. La gamine devient rapidement un des pilliers de l’univers Superman, sa jupette bleue devient rouge, elle intègre la Légion des Super-Héros dans la futur, et… Et puis elle devient la star d’un film à son nom en 1984. Avec Faye Dunaway, Peter O’Toole, musique de Jerry Goldsmith, réalisation par… Bon, par le mec qui a fait Les Dents de la Mer 2 et Hercule et Sherlock.
Le résultat est trop mauvais et trop ringard pour ne pas condamner le personnage. L’année suivante, il faut des victimes expiatoires dans Crisis on Infinite Earths, c’est la petite Kara qui prend cher.
Il faut dire qu’il a été décidé en haut lieu de nettoyer le petit monde de Superman de tous ses éléments les plus kitsch, et donc exit le super-chien (Alan Moore saura lui donner une fin touchante dans Whatever Happened to the Man of Tommorrow), exit Superboy, exit le Lex Luthor en mode savant fou ricanant, exit Terra Man le Charles Bronson de l’espace et ainsi de suite.
Fin de l’histoire.

Sans doute la couve DC mainstream la plus iconique des années 80

Sans doute la couve DC mainstream la plus iconique des années 80

Sauf que, et c’est pas Alan Moore qui contredira, dans les comics, « rien ne finit jamais ».
Dans le Superman (post Crisis) 16, John Byrne ramène Supergirl. Mais dans la nouvelle continuité, Superman est bel et bien le dernier Kryptonien (en tout cas à ce moment-là) (car si rien ne finit jamais, rien n’est jamais certain non plus, dans les comics) (rappelez-vous du « Bucky stays dead » de Joe Quesada). Cette Supergirl là sera un blob métamorphe d’une réalité alternative, créée par un Lex Luthor gentil. Elle prend une apparence supermanienne pour aller chercher de l’aide dans l’univers DC normal et recruter Superman. Donc au lieu d’être Kara Zor-El, il s’agit d’une créature artificielle appelée Matrix. Mais sans les lunettes noires, les flingues et de grand manteau en cuir.

Attention, c’est là que ça se complique. Et si vous ne comprenez pas tout ce que je raconte, dites-vous bien qu’il y a des chances non négligeables pour que les types qui ont écrit ces épisodes n’aient pas tout compris non plus (et sachant que l’un d’entre eux était Peter David, il est tout à fait envisageable que l’affaire soit un gros troll de derrière les fagots). Matrix se trouve liée à une humaine, Linda Denvers, qui devient la nouvelle Supergirl. C’est un peu le principe de She-Hulk qui, blessée, se retrouve avec les pouvoirs de Bruce Banner parce qu’il lui a donné son sang pour la sauver : Linda était en train de crever, Matrix se colle à elle pour boucher ses blessures, et crac, elle se trouve absorbée. Exit Matrix, bonjour la All New, All Different Supergirl. Sauf que ça ne dure pas, et qu’elle devient un ange (me demandez pas, j’ai pas lu ces épisodes). Par la suite, selon à qui vous demandez chez DC, tout ça a été effacé de la continuité, ou oublié, ou traîne dans un coin (je crois qu’on l’a croisée pour la dernière fois en 2008).

 Je vous dis : là, le mec il trolle, c’est clair

Je vous dis : là, le mec il trolle, c’est clair

Mais attention, en fait, c’est là que ça se complique. En 2004, Jeph Loeb, très occupé à défaire tout ce qu’a fait Byrne, ramène Krypto le chien, Lex Luthor la bave aux lèvres en armure verte et… La vraie Supergirl, la cousine, Kara Zor-El, sauf que là, ce sont les années 2000 donc elle a un look encore plus vulgos que Linda Denvers, vu qu’elle est dessinée par Michael Turner.

Mais la question posée s’arrête en 2004 (et donc on ne parlera pas non plus que la Supergirl New52, ce qui est dommage, parce que je ne déteste pas la série)(on ne parlera pas non plus de Power Girl, qui est une version alternative de Kara, mais de Terre-2, et la gestion du personnage en post-Crisis est encore pire que celle de la Supergirl canal historique).

J’aime pas dire du mal des morts, hein, mais Turner, je peux pas.

J’aime pas dire du mal des morts, hein, mais Turner, je peux pas.

Ai-je menti en prétendant vous expliquer ce foutoir ? Non, parce que primo, je ne prétendrais pas expliquer des trucs auxquels, en y réfléchissant, je ne bite quand même pas grand-chose (je ne détestais pas la version Byrne, mais elle compliquait déjà gratuitement le personnage, et dans les années qui ont suivi, ça ne s’est pas arrangé), mais tout ce qui s’est fait dans les années 90 après la mort de Superman, j’ai quand même violemment zappé.

Je crois qu’il faudrait être une sorte de Stéphane Bern des comics pour avoir envie d’expliquer Supergirl. Ça doit exister, vous me direz. Je dirais même que ça existe probablement (le look cheerleader fait kiffer pas mal de monde, je vous le rappelle), mais c’est pas à moi qu’il faut poser ce genre de questions, je serais foutu d’y répondre avec plein de digressions, de gros mots, de parenthèses dans tous les sens et de méchancetés gratuites. On ne va pas s’infliger ça, quand même ?

—La BO du jour

Girls just want to have fun, mais dans une reprise métal

34 comments

  • Matt  

    Ouais j’allais le dire « Et Power girl ? » ça rajoute encore plus dans le bordel. Elle s’appelle aussi Kara Zor-El, elle débarque sur terre 1, on croit que c’est la cousine de Superman, mais en fait non. Et puis si, mais de celui de terre 2. Mais Power girl reste sur terre 1 donc il y a 2 Kara Zor-L alors elle se fait appeler Karen starr…et bla bla bla…
    J’ai écrit un article (pas encore publié) sur une série Power girl dans lequel j’exprimais mes difficultés à piger tout ça. Et aussi mon désintérêt à comprendre. Je crois que DC est encore plus bordélique que Marvel (et c’est balèze) parce que malgré les multiples reboot, ils ne veulent pas abandonner les anciennes versions des persos et donc il y a je ne sais combien de versions des personnages, je ne sais combien de références à des terres parallèles, etc. Pfiou…

    • Nikolavitch  

      la série de Johns, juste avant Infinite Crisis, est très jolie visuellement (c’est déjà Amanda Conner) et bardée de bonnes idées (la discussion avec Jimmy Olsen, sur le toit), mais vu qu’elle essaie de faire le point sur TOUTES les origines contradictoires du personnage, elle enfile direct la cape d’imbitabilité.

      • Artemus Dada  

        La période écrite par Sterling Gates (entre 2008 et 2011) est excellente (à l’aune de mes propres goûts s’entend). Jamal Igles aux dessins y aussi est très très bon.

      • Matt  

        Ah pour le coup moi je trouve que cette mini JLA classified a quelques maladresses dans le scénar de Geoff Johns quand même. Notamment cette pauvre explication sur le fait que Kara a « laissé un trou » dans son costume au niveau de la poitrine parce qu’elle ne savait pas quoi mettre comme symbole, et qui verse sa petite larme du culpabilité. Comme si on collait une étiquette ou un logo sur un trou…
        Je préfère la version « j’assume, je me la joue sexy » que cette pauvre explication du « je savais pas quoi mettre alors j’ai fait un trou et j’ai honte ». ça ressemble trop à une réponse à la controverse sur le costume de Power girl. Et la meilleure réponse aux controverses à la con, c’est « j’assume », et pas « on va vous expliquer, c’est pas du tout pour rendre le perso sexy, il y a une explication logique derrière en rapport avec la couture ». Franchement ça va quoi…faut trouver une justification logique à pourquoi les femmes portent des débardeurs aussi ? Elles n’ont pas trouver quoi mettre pour cacher leur poitrine obscène ? Ok le costume est sexy mais bon…je l’ai déjà dit, si on creuse trop à ce niveau, un paquet d’héroïnes ont des costumes douteux. Le costume classique de Tornade fait très fétichiste SM quand même…
        Mais j’en parle justement dans mon futur article sur la série de Palmiotti et Conner lorsque j’évoque le travail précédent de la dessinatrice.

        Bon après ce n’est pas ça non plus qui fout pas en l’air le bout de série de Johns, mais comme ça pousse à lire un crossover pour comprendre la suite (Infinite Crisis), ben ça m’a gonflé.

  • Artemus Dada  

    Détail amusant Supergirl a été co-créé par Otto Binder (et Al Plastino), qui quelques années auparavant (presque une bonne quinzaine d’années tout de même) avait inventé Mary Marvel pour tenir compagnie au Captain Marvel de Fawcett (et certainement profiter des niveaux de vente astronomique du « Big red cheese ») .
    Et en 43 il avait déjà donné au monde des comics une Miss America (Pour l’éditeur Timely qui deviendra – plus ou moins – la célèbre maison d’édition Marvel).

    Une sorte de scénariste féministe avant l’heure. [-_ô]
    __________
    À noter pour les amateurs d’anecdotes qu’Otto Binder avait, avec son frère Earl,sous le pseudonyme (amusant) de Eando Binder, écrit une poignée de nouvelles de SF – entre 1939 et 1942 – qui mettait en scène Adam Link, un robot sympathique.
    Asimov, connu justement pour son « cycle des robots » n’a d’ailleurs pas hésité à reprendre l’un des titres d’une des nouvelles des frères Binder, parue en janvier 1939 dans le pulp magazine Amazing Stories, pour intituler son recueil de nouvelles : « I Robot ».

    La pop culture est définitivement le « Pays des décalcomanies ».

    • Nikolavitch  

      Binder est vraiment un précurseur de plein de trucs, oui. Les Mutants à la Marvel, par exemple.

      • Artemus Dada  

        Là, tu en as trop dit ou pas assez.

          • Artemus Dada  

            Oui bien vu, ça me revient, j’avais vu ça aussi (mais j’avais complètement oublié)

          • Nikolavitch  

            C’est par l’oncle Jimbo Lainé que j’avais découvert ça, je crois

  • Tornado  

    Et bien voilà exactement le genre de personnage que je fuis systématiquement tellement il incarne tout ce que je déteste au pays des super-héros. Je sais bien que ce n’est pas le personnage qui fait la qualité d’un comics mais bel et bien ce que l’auteur en fait, mais Supergirl reste pour moi l’incarnation de ce qui est infantile « bête » dans ce medium. Et l’article de Nokolavitch met bien la chose en lumière.

    Je ne supporte pas lorsqu’un scénariste exhume un vieux personnage kitsch dans la continuité. Punaise ! Avec « Crisis on Infinite Earths », les gars avaient trouvé une superbe idée pour se débarrasser de tous les personnages les plus nazes de leur univers, et ils ont commencé à les ramener sur le devant de la scène, quoi, deux ou trois ans plus tard ??? Quand Grant Morrison ramène Batmite dans son run sur Batman, ou quand Geoff Johns réintègre la Légion des Super-Héros dans son run sur Superman, j’ai la nausée. Purée, ces types se la jouent « Regardez comme je suis balèze : JE suis capable d’écrire sur n’importe quel personnage, même le plus kitsch ». Sauf qu’après, le personnage en question est revenu dans la continuité et on va le revoir dans les events pourris écrits avec les pieds par machinchose.
    Si les éditeurs veulent absolument vendre leurs figurines de personnages morts, ne peuvent-ils pas, au lieu de les ressusciter (rien que le terme m’exaspère) leur écrire de temps en temps une mini-série hors continuité ? (Ah… on me souffle à l’oreille que les lecteurs n’auraient pas l’intelligence d’aller lire ces mini-séries hors-continuité, et qu’ils préfèrent se cantonner à des events bien embourbés dans cette sacro-sainte continuité, quand bien même ils sont nuls).

    Voilà. Désolé pour ce petit coup de gueule. Ça explique pourquoi les super-héros me foutent régulièrement la nausée, et pourquoi je dynamite sans cesse cette continuité devenue grotesque.

    • Matt  

      C’est pas pour faire le mec chiant qui veut contredire, mais pour moi il n’y a pas de personnage infantile ou bête. Son costume peut être kitsch, son attitude infantile. Mais tout cela peut se changer sans avoir à faire disparaitre le personnage. Même les origines peuvent être réécrites.
      Bon ok…le super-chien c’est débile sur le principe. Encore qu’on a vu avec Rocket Raccoon qu’on peut faire un personnage d’animal un truc sympa.
      Et les persos tout nazes ça peut aussi être marrant. Remender s’en sert dans son Punisher, Aaron dans son Ghost Rider, etc.
      Bon après j’imagine que si le perso naze est mort, le ramener juste pour faire une blagounette a des conséquences sur le fait qu’après le perso va rester et resservir. Mais là c’est plutôt le principe de la résurrection le souci. Pas le fait que le perso soit kitsch.

    • Artemus Dada  

      Vu ce que tu dis à propos de La Légion des Super-Héros, j’imagine que tu n’as pas lu ce que Keith Giffen en fait lorqu’il écrit « Five Years Later » (surtout), ni ce qu’il en fait avec Levitz (un peu avant).

      [-_ô]

  • Tornado  

    Non merci ! :)

  • Artemus Dada  

    Tom King a – par exemple – écrit une très belle histoire (courte) récemment sur le Bat-Dog, L’angle qu’il y adopte est tellement bien vu qu’il semble aller de soi.

  • OmacSpyder  

    Un article avec plein de bulles de pensées! C’est un article old school en quelque sorte^^
    Et d’ailleurs pour moi Supergirl c’est celle qui accompagne Superman sur les couvertures des magazines Sagedition et Présence de l’avenir comme celui-ci :
    http://m.bedetheque.com/BD-Superman-Sagedition-Presence-de-l-avenir-RC03-Superman-La-vie-de-Superman-16227.html
    C’est suranné mais merveilleux!
    Puis c’est Kara qui meurt dans les bras de Kal-El dans Crisis. C’est ce personnage radieux et optimiste qui ne peut survivre aux événements d’une apocalypse comme Crisis. Elle meurt car elle sait qu’un monde sans Superman n’est pas possible. C’est son heure de gloire : créée en pendant de Superman, elle meurt pour qu’il ait la vie sauve. Point.
    C’est là ma petite continuité subjective. Et forcément, elle ne ment pas!

    • Nikolavitch  

      ah, c’est toi la question sur les ballons-pensées ?

      • OmacSpyder  

        Je ne crois pas non (ou alors aurais-je oublié? Mais alors qu’est-ce que ça signifie..? Dois-je… oh non!).
        Moi, c’est celle sur : pourquoi les superhéros? Et est-ce que ce ne sont pas les superhéros qui imaginent ces histoires d’humains qui imaginent ces histoires de superhéros?
        Bon, les bulles de pensée, c’est pas mal non plus… (quoique… ma question est plus profonde et métaphysique… elle pose la question de l’imaginaire et de la réalité… mais qu’est-ce que… cette lumière..?) Nooooon!!

  • Jyrille  

    N’y connaissant rien à ces personnages, merci de me faire ma culture, Alex ! Comme d’habitude, j’adore ton humour, et comme toi, j’ai toujours eu du mal avec le sport professionnel de masse. Ca s’est un peu arrangé avec le temps et je peux y trouver de bons moments : regarder un match avec les potes autour d’un bbq et de quelques bouteilles, uniquement.

    Je ne savais pas que Michael Turner était mort mais j’aime bien le dessin de sa SuperGirl que je ne trouve pas si racoleuse. Ou alors c’est que mon penchant pour les filles dénudées n’y est pas étranger. Enfin, je ne connaissais pas cette reprise de la seule chanson de Cindy Lauper que j’ai toujours aimé, c’est pas mal. Merci deux fois donc !

    • Matt  

      Le problème avec Turner pour moi, c’est que t’as vu une fille dessinée par lui, tu les as toutes vues. Grosses lèvres pulpeuses, poses lascives.
      Et surtout cette manie des vêtements moulants qui font tellement de plis qu’on a l’impression qu’ils sont réellement trop courts pour les personnages et que la poitrine va exploser les boutons de la chemise à tout moment. C’est un peu too much en fait. Je préfère un personnage féminin habillée normalement, quitte à la voir se dépoiler par la suite si ça te plait^^…mais au moins qu’elle ait une allure normale quand elle porte des vêtements.

  • Présence  

    Une rétrospective enjouée, pour une série d’évolutions toutes plus improbables les unes que les autres ! Celle de John Byrne avait un peu de sens parce qu’il s’agissait d’éviter que le dernier survivant de Krypton ne soit en fait qu’un survivant parmi tant d’autres, dont Kara Zor-El. Celle de Peter David s’est retrouvée transformée en ange déchu dans la série Fallen Angel publiée par DC Comics, mais sans le lien avec Supergirl, puis publiée ensuite chez IDW. C’est sûr que ça devient difficile après tout ça de s’investir émotionnellement ou affectivement dans un personnage aussi volatil.

  • JP Nguyen  

    Dommage que la question posée ne permette pas d’aborder Power Girl…
    Avec elle, ç’aurait été la « fête des paires » ;-)
    Sinon, la continuité bordélique sur ce personnage ne me dérange pas outre mesure… Je me souviens de bonnes histoires (ou potables) avec Supergirl.
    Son retour dans Batman/Superman par Loeb et Turner…
    Et surtout un crossover Gen13/Superman par Adam Hugues et Lee Bermejo !

    • Nikolavitch  

      Le Superman/Gen 13, c’était grand, ouais !

      • Eddy Vanleffe  

        OUAIS!
        je me suis bien marré devant l’absurde de cette mini série avec Caitlin amnésique qui joue les Supergirl à vélo… ^^

        ce mélange entre thèmes parfois grave et ce côté foutraque et absurde est le sel de ce genre de BD…

  • midnighter  

    je vais encore parler de power girl meme si c’ est peut etre un peu hors sujet : j’ ai toujours été persuadé que c’ était un pari plus où moins tacite entre les dessinateurs pour lui dessiner la plus grosse paire de nibards possibles sans se faire gauler par la censure
    certains scénaristes ont l’ air d’ avoir assumé le coté sexy du personnage
    - quand elle allume superman parce qu’ elle est possédée par la luxure dans le mini crossover  » vices et vertus  »
    - quand elle est demande à batman et superman pourquoi ils sont surs qu’ elle peut convaincre un ado de 13 ans ( le nouveau toy man ado asiatique ) dans la saga  » ennemis d’ états  » ( plus les répliques de l’ ado en question sur son physique un peu plus tard dans l’ histoire ;) )

  • Marti  

    Merci beaucoup M. Nikolavitch d’avoir joué les Professeur Rollin (en plus je l’ai vu sur scène y a moins d’un mois… pour découvrir à la fin qu’il s’agissait de sa dernière prestation officielle sur scène !) sur ce personnage qui m’intrigue depuis que je suis devenu lecteur de comics au début des 2000′s (oui, je suis encore un bébé par rapport à vous, mais je n’ai quand même plus mes dents de lait M. Lit !). Par contre je note qu’en plus d’éluder les rapports à Power Girl (OK, vu la question cela reste sport de le faire, même si vous n’aimez pas ça visiblement (le sport, pas Power Girl)), pas un mot n’est fait sur Manu Happy Returns dont la couverture est pourtant présente… pied de nez ultime (ou « trollage » comme on dit aujourd’hui) au lecteur ou bien réelle terreur d’aborder cette histoire qui se targuait de ramener la vraie Supergirl pré-Crisis dans la continuité du moment (alors qu’il n’est plus censé possible d’aller dans l’ancien Multivers, allez comprendre…) à la place de celle que l’on suivait alors (Linda/Matrix/Ange/nouvelleorigineduscénaristeencharge) qui finissait par épouser le Superman du passé de Terre-1 ?

    Si les éléments les plus kischs ou encombrants du « lore » de Superman sont supprimés durant Crisis, l’interdiction de ramener Supergirl tient vraiment de la volonté de ne garder aucun Kryptonien mis à part Kal-El vivant comme le disent M. Nikolavitch et Presence, et je crois que certains auteurs ont parfois mis des messages plus ou moins cachés à ce sujet. J’ai au moins le souvenir d’un cas d’un auteur qui rendait hommage à Kara qu’on ne pouvait ramener mais qu’on n’oubliait pas (ou quelque chose de ce type), mais impossible de remettre la main sur la référence exacte. On peut se demander si la Supergirl de Byrne n’était pas un moyen de fermer très rapidement la porte au retour de Supergirl, une manière de dire « voilà, dans ce monde il y a bien une Supergirl qui ressemble trait pour trait à Kara, mais ce n’est pas elle et on ne la verra plus, « get over it » et nous faites plus ch**r ! » Par contre, Byrne introduit l’idée qu’il existe encore des réalités alternatives alors que le Multivers devrait avoir pris fin, une ambiguïté qu’on retrouvera quand même de nombreuses fois jusqu’au retour officiel des Terre multiples après Infinite Crisis.

    De manière générale les auteurs vont s’embourber dans la mythologie de Superman, et ce pour plusieurs raisons je pense. Tout d’abord parce que DC n’a pas réellement réussi de faire totalement table rase du passé de leurs personnages et donc de provoquer des « bugs de continuité » qu’il fallait réparer, d’où l’idée du Superboy de la dimension de poche qui a officié dans la Légion. Ensuite, je pense que certains auteurs voulaient à tout pris réutiliser des personnages ou des concepts normalement disparus comme Zod (ou peut-être aussi Superboy pour le cas cité ci-dessus), ce qui va nous donner un autre beau bazar rien que sur ce personnage qui mériterait un petit article.

    J’ai quand même envie de dire quelques mots sur Power Girl pour finir. Pour elle aussi c’est un peu open bar pour les origines les plus complexes possibles puisqu’il me semble qu’elle est pendant un temps liée au sorcier Arion et à l’Atlantide des temps immémoriaux. Et les choses ne se calment pas tout-à-fait après Infinite Crisis et qu’elle redevient officiellement Kara Zor-L de Terre-2 d’avant Crisis puisque la nouvelle Terre-2 post-Infinite Crisis ne serait pas celle de ses origines… quand bien même les Supergirl et Superman de ce monde ont disparu. Je ne m’étend pas sur le Superman de Kingdom Come qui se ballade dans les rangs de la JSA de cette époque, vous devez être assez perdus à présent pour penser être passer dans la dimension de Bat-Mite et autres lutins nuisibles de la 5ème Dimension. Ah ben tiens, puisqu’on en parle de son retour chez Morrison, on a là encore un personnage qui vit ce qui est arrivé à beaucoup de membres de la galerie de Superman après Crisis : on lui invente une nouvelle origine post-Crisis éloignée de l’ancienne, et finalement on revient à l’ancienne ensuite quitte à ne plus mentionner la réinvention (ici Bat-Mite devient le fruit de l’imagination de Batman chez Morrison, avant de revenir plus tard comme lutin extra-dimensionnel facétieux dans un autre titre).

    Pour en finir avec Power Girl, ce commentaire en général et mes digressions (et non pas Dick Grayson (désolé je ne peux jamais m’empêcher de la faire celle-là !)), je n’ai pas lu l’épisode de Geoff Johns qu’évoque Matt, mais il y avait une très bonne explication qui était donnée avant Crisis : Power Girl ne voulait pas d’un logo à la Superman pour bien marquer sa différence avec son cousin. Même si avec Johns on était dans une continuité où il n’y avait plus de lien connu entre Kal-El et Kara/Karen, il suffisait d’adapter cette explication au nouveau statu quo. Sinon il reste toujours l’explication de Conner et Palmiotti qui est un peu plus gauloise, mais quitte à trouver quelque chose d’un peu concon…

    PS : Il n’y a aucune singerie de ma part envers l’auteur de l’article dans ce commentaire, j’aime juste aussi beaucoup utiliser les parenthèse à outrance (le saviez-vous ? En 1992 est crée la Mairie d’Outrance à Briançon, une administration fictive où l’on célèbre des mariages dionysiaques).

    • Présence  

      Une réponse très impressionnante.

      DC n’a pas réellement réussi de faire totalement table rase du passé de leurs personnages. – Même si je n’en ai pas tout compris à l’époque de la lecture, il me semble me souvenir que Crisis on infinite earths n’a pas été suivi par une remise à zéro complète (par comparaison avec New 52). Effectivement Superman et Wonder Woman sont repartis de zéro, l’un sous la houlette de Byrne & Wolfman, l’autre sous la houlette de Perez. Mais ça n’a pas été le cas pour Batman. Il a bénéficié de l’inoubliable Year One de Miller et Mazzucchelli, mais juste après les aventures de Batman ont continué comme si de rien n’était, en faisant référence à ses aventures passées. Du coup, il y avait d’autres incohérences insolubles comme la composition de la JLA initiale qui rendait caduques une partie de l’historique mais pas tous.

      • Matt  

        Oh même dans le new 52 je crois que dans la mini série Harley Quinn/Power grl (décevante au passage, mais ce n’est pas le sujet) Power Girl croise Vartox qui croit la reconnaitre. Et Power girl sort un truc du genre « ah non c’est une autre power girl que vous connaissez » (celle de la série de Palmiotti et Conner en 2 tomes)
        Donc remise à zéro…tu parles ! ça ne devient que beaucoup plus compliqué pour le néophyte cette manie de faire des références à un passé d’une réalité alternative qui n’existe plus.
        S’ils ne veulent pas tout laisser tomber, qu’ils ne fassent pas de reboot !
        A moins que ce soit les auteurs qui trollent un peu pour rigoler en parant de l’ancienne version du personnage…mais ça n’en demeure pas moins confus.

        Enfin bref moi DC…j’évite tout ce qui fait appel à la continuité. Récits auto-contenus uniquement.

  • Tornado  

    Et après je me fait houspiller quand je dis que la continuité est devenue chiante… :D

    • Matt  

      Quelque part tu houspilles aussi ceux qui aiment la continuité^^
      Le mieux c’est le juste milieu.
      Disons que pour moi 2 continuités bordéliques, c’est trop. Donc je ne veux pas ajouter celle de DC.
      Je tolère celle de Marvel jusqu’à Marvel Now on va dire parce qu’elle propose aussi une richesse chez les personnages (si on se crée sa propre continuité en conservant dans notre esprit seulement les meilleures histoires et pas les étrons) Une richesse permise par l’absence de reboots incessants comme chez DC. Des reboots qui n’en ont même pas les qualités (facilité d’accès) puisqu’ils n’empêchent pas les références aux anciennes terres.
      Bon cela dit, j’ai lâché l’affaire chez Marvel aussi depuis Secret Wars sur la continuité. C’est devenu un merdier d’équipes et de persos de terres alternatives et ça ne m’intéresse plus.
      Donc si c’est post secret wars, je veux aussi de l’auto-contenu qui ne fait pas mal au crâne.

  • Tornado  

    Mais qui diantre houspille-je ? Je ne fais que pointer du doigt ce que je trouve merdique. Après je reste ouvert à la discussion. Et si certaines personnes sont vexées, je me prends des volées. :D
    plus sérieusement, on commence à être un paquet à lâcher l’affaire avec ces continuités devenues imbitables. La majorité d’entre nous il me semble.

    • Matt  

      Je taquinais, hein.
      Moi j’y trouve du bon et de la merde dans la continuité. Je préfère juste me focaliser sur le bon.
      Mais tout a ses limites. Au bout d’un moment, trop c’est trop. Celle de Marvel est surtout trop longue. Il y a certes plein de morts et de résurrections, mais pour moi le pire c’est le fait de trop étirer la vie des héros. Comme je l’ai dis ailleurs, les persos vivent tellement de choses en vieillissant si lentement qu’à force le mariage de Parker et MJ (ou la « vie commune » pour ne pas froisser les fans de cette m… de OMD), pour le rationaliser, n’aura en fait duré que 3 jours…
      Au bout d’un moment, ça ne tient plus.

  • Marti  

    Marvel et DC ont des conceptions différentes de la continuité :
    - chez le premier, on a une continuité qu’on pourrait qualifier d’ »accumulative » : depuis Marvel Comics #1 en 1940, à peu près tout ce qui a été publié se suit de manière linéaire et est conservé, il n’y a guère que quelques petites modifications ponctuelles à coup de voyages dans le temps/sort d’altération de la réalité (en particulier One More Day/Brand New Day pour Spider-Man, qui est un cas un peu à part) et parfois certaines anciennes peuvent devenir caduques comme les aventures des Young Allies qui ont été retconnées comme une version romancée de ce qui est vraiment arrivé dans je-en-sais-plus quel run (Brubaker ?). Il n’y a pas de véritable reboot/remake/redémarrage de la continuité comme chez DC, mais des relaunchs, sauf peut-être avec Secret Wars dernier du nom sur lequel je reviendrai plus bas.
    - chez DC, on n’a pas hésité à recommencer la continuité plusieurs fois. Ca commence dès le Silver Age, même si cela s’est fait de manière empirique, parce qu’à l’époque on ne considérait pas la continuité avec le « sérieux » ultérieur, et cela ne s’est pas fait sans bug comme dans le cas de Wilcat pour qui il a fallu créer une Terre à part afin de rendre cohérent ses rencontres avec des héros de Terre-A et 2. Puis il y a eu les gros reboot que sont Crisis of Injfinite Earth puis Flashpoint/New 52. Et entre les gros reboots, il y a des « patchs » : Zero Hour, Infinite Crisis, Convergence, Rebirth… Mais à chaque fois DC n’ose pas franchir le pas de tout redémarrer à zéro de peur de perdre des pans entiers de continuité très intéressantes qu’il faudrait laborieusement reraconter, notamment tout ce qui concerne les sidekicks/vieillissements de personnages : les Teen Titans dans les 80′s, la Bat-Family et le Green Lantern Corp (voire même l’histoire du couple Aquaman et Mera) dans les New52… Ce qui donne les côtés bâtards de ces reboots, avec des gros ratages dus à des décisions internes contradictoires (le cas Hawkman dans les 80′s et 90′s) ou des rétropédalages vers d’anciennes versions alors qu’on a tenté de faire totalement autre chose (je vous laisse piocher les exemples de votre choix dans les New 52)…

    On peut toutefois observer deux choses :
    - Chez DC, si on a de véritables reboots éditorial avec parfois le vœu illusoires que l’on va vraiment faire en sorte de considérer que la continuité précédente n’existe pas comme après Crisis of Infinite Earth, à chaque fois les raisons du reboot ont une origine interne à l’histoire de l’univers et offre finalement une filiation entre les univers passés et présents avec des personnages rescapés qui se souviennent de ce qu’il s’était passé avant. Pour un exemple de reboot réel sans liens entre les différents univers, il faut aller voir du côté de Valiant ou pour l’instant il n’y a pas encore de liens officiels entre l’univers actuel et les itérations passées (à ma connaissance). Désolé si tout ceci paraît très confus, il est tard et c’est bien plus clair dans ma tête que ce que mes doigts retranscrivent :p^

    Pour en revenir à Marvel, la tentation du reboot ne leur a pas échappé : le Heroes Reborn, qui aurait pu être complet si la popularité des X-Men et de Spider-Man ne les freinait pas dans leur envie de tout recommencer, sans oublier le fiasco Chapter One du tisseur, vite publié vite oublié au point où on n’a même pas voulu en faire un univers alternatif. Finalement, tout ceci leur a bien servi de brouillon pour l’univers Ultimate qui était une très bonne idée : on laisse l’univers régulier vivre, et on lui offre un petit frère plus frais où on peut vraiment partir dans une autre direction. Finalement Marvel a en théorie fait un reboot à la DC après Secret Wars, puisque l’univers actuel est censé être le remplaçant du précédent né de ses cendres et de sa fusion avec d’autres univers, sauf qu’il y a tellement peu de choses de changer que dans les faits ce n’est pas du tout un reboot.

  • Matt & Maticien  

    Ha ha j’ai bien ri. Heureusement que l’article est limpide et drôle parce que la vie et l’oeuvre de la miss est digne d’une réaction nucléaire en chaîne non maîtrisée. Bravo pour avoir su maîtriser ça. C’est ton super pouvoir ?

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