Le futur est déjà là (review Archangel)

 

Archangel par William Gibson et collectif

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Le lecteur fera t’il de vieux os ?        © IDW Publishing / Glénat

Un article signé OZYMANDIAS

VO : IDW Publishing

VF : Glénat Comics

Les planches qui illustrent cette chroniques sont la propriété exclusive de IDW Publishing.

ARCHANGEL est une mini-série de comics, en cinq parties, publiée par IDW en 2016, elle constitue la première incursion par William Gibson dans l’écriture de comics.

2016. Suite aux mauvaises décisions de ses dirigeants, la planète entière est devenue un enfer radioactif. Le dernier espoir de l’humanité a un nom : le Splitter, une colossale machine quantique conçue pour changer le cours de l’histoire d’une réalité alternative. À moins que les conséquences d’une telle machination ne risquent d’aboutir à un désastre plus terrible encore… Alors qu’une lutte de pouvoir s’immisce pour le contrôle du Splitter dans le présent, en 1945, l’agent du renseignement de la Royal Air Force Naomi Givens enquête sur des faits troublants et leurs répercussions sur sa réalité…

Naissance d’un projet

William Gibson, né le 17 mars 1948 à Conway en Caroline du Sud, est un écrivain américain de science-fiction et l’un des leaders du mouvement cyberpunk. ARCHANGEL représente une première percée de cet écrivain dans l’univers des comics. Autant dire que l’annonce de cette mini-série en a fait un événement très attendu, même si, dans sa postface, W. Gibson avoue lui-même n’avoir jamais été un lecteur de bandes dessinées très sophistiqué, du moins dans le sens où il est devenu un lecteur de romans et un spectateur de films relativement sophistiqué.

Cela étant dit, il ne faut pas oublier que cette mini-série est une collaboration. Michael St John Smith, un ami de l’auteur, l’ayant démarché pour un concept d’émission sur la Guerre Étrange, notamment les soucoupes volantes nazies, auprès de la TV allemande, laquelle refusa aussitôt le projet. Précisons aussi que ARCHANGEL se déclina d’abord sous la forme de plusieurs ébauches de scénarios pour le cinéma – nous y reviendrons – avant de culminer à un accord avec IDW et une mini-série en cinq épisodes.

Réalités conflictuelles  - © IDW Publishing

Réalités conflictuelles
– © IDW Publishing

Dans les abîmes du temps

Après avoir défini le genre cyberpunk et le terme cyberespace dans les années 80, il s’est tenu à l’écart des univers virtuels jusqu’aux années 2000, où son travail a pris un nouveau tournant. Son roman THE PERIPHAL, publié en 2014 a été salué par la critique comme un retour à la science-fiction par l’intermédiaire d’une réflexion sur le temps. L’histoire a lieu dans deux futurs simultanément, l’un proche, l’autre lointain, et formule des hypothèses audacieuses sur la manipulation du temps à des fins d’exploration des mondes parallèles. ARCHANGEL, créé en collaboration avec Michael St. John Smith et illustré (en partie) par Butch Guice, repose sur un mécanisme similaire : Gibson représente deux réalités « divisées » illustrant les calamités du monde actuel, et imagine une chronologie alternative marquée par les catastrophes nucléaires.

Pour l’auteur, n’importe quelle personne de son âge a vécu avec la menace de l’apocalypse nucléaire au-dessus de sa tête. Pour quelqu’un de moins de trente ans, ce n’est qu’une idée abstraite. Les Baby Boomers, eux, ont traversé la crise des missiles de Cuba ; certains sont restés fortement marqués par cet événement. À titre personnel, cet épisode de la Guerre Froide l’a traumatisé. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ouvrir la série sur une Pax Americana combinée à la destruction atomique n’est pas du tout une référence au présent. Tout du moins, il ne l’a pas écrit comme ça.

Si vous avez lu de la SF américaine écrite pendant la Guerre Froide, on constate que ce scénario n’a rien de neuf. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un mème. Utiliser ce mème dans ARCHANGEL, c’était ressusciter un futur américain hyper rétro. Jamais il n’aurait cru vivre dans ce futur rétro un jour.

Une image, un concept --  © IDW Publishing

Une image, un concept –
© IDW Publishing

Le paradoxe de la science-fiction

Les thématiques utilisées dans ARCHANGEL peuvent paraître galvaudées : dystopie, voyage dans le temps, réalités parallèles, mais en fait la SF n’aura jamais été autre chose qu’un support particulièrement riche pour réfléchir à notre présent. Ainsi la peur de l’Holocauste atomique est-elle plus que jamais présente dans l’esprit du lecteur quelques mois après que la Corée du Nord ait débuté sa politique de dissuasion nucléaire. De même le principal antagoniste de l’histoire – la famille Henderson – n’est pas sans évoquer les Bush (père et fils). Sans oublier la dernière planche qui marque l’élection de Donald Trump et n’est pas sans rappeler la fin de la nouvelle de Bradbury, Un Coup de Tonnerre.

L’invention du Splitter qui permet de voyager dans le temps aussi bien que dans le multivers, marque cette volonté des puissants de manipuler l’Histoire, quel que soit le prix à payer. L’hubris de nos dirigeants ne saurait se satisfaire d’un seul monde pour alimenter sa soif de pouvoir. L’Amérique dystopique dépeinte dans ARCHANGEL, malgré qu’elle ait été victime d’une apocalypse nucléaire, n’hésite pas à ourdir une nouvelle machination visant à détruire définitivement la menace russe via l’arme atomique. Ainsi, on le voit, Walter Gibson et son collaborateur, en recourant aux vieux gimmicks de la SF des années 50, n’ont rien de particulièrement intelligent à raconter sur la guerre nucléaire. Il s’agit simplement d’éviter d’en arriver là. C’est pourquoi Torres veut avant tout détruire le Splitter, pour que les générations futures obtiennent une seconde chance dans une nouvelle chronologie. C’est également la priorité numéro 1 du Pilote. Le monde, le nôtre, celui que Splitter crée au début de l’histoire, n’est pas particulièrement heureux. Mais il est tout de même meilleur que le leur.

Le visage du mal  - © IDW Publishing

Le visage du mal
- © IDW Publishing

Une aventure pulp

Dans un tel contexte, les personnages, s’ils ne sont pas des caricatures, n’ont pas besoin de bénéficier d’une grande profondeur. Chacun d’eux est un pion sur l’ échiquier du Mal opposé à la Résistance. Archangel rassemble des éléments classiques, entre le voyage dans le temps, une machination politico-militaire, et une ambiance de début de guerre froide. Des concepts bien connus, mais combinés de façon intéressante. Rien d’étonnant à ce que le Capitaine Vince Matthews ressemble, dans la galerie de portraits de Butch Guice – à Chris Hemsworth, que le Général de Brigade Gordon Tully évoque Christopher Plummer ou que Monsieur Bébé soit un clone de Peter Lorre. La collaboration Gibson/ St. John Smith a débuté par plusieurs ébauches de scénarios pour le cinéma. Côté écriture, on notera une bonne dose d’action pulp, notamment lors du climax. Tout va parfois un peu trop vite, mais c’est souvent le principe des page-turner. Somme toute, Gibson parvient à adapter son écriture au médium et c’est en soi une belle réussite.

L’histoire se termine de façon assez classique, sauf que. Gibson choisit d’insister sur la Une d’un journal annonçant l’élection de Trump. Précisons toutefois que, selon l’auteur lui-même, au moment de débuter sa collaboration avec IDW Publishing sur une adaptation, une présidence Trump était bien la dernière chose qu’il aurait pu imaginer. Malgré tout, l’élection de Trump n’a rien d’absurde : c’est le prolongement naturel de l’histoire et de l’évolution de la culture américaine. C’est seulement qu’elle constitue un événement extrême, en plus d’être inattendu.Trump n’était donc pas présent à son esprit quand li a écrit le scénario, et si ça avait été le cas ça n’aurait sans doute pas changé grand-chose.

Hollywood n’est jamais loin  - © IDW Publishing

Hollywood n’est jamais loin
- © IDW Publishing

Seule ombre au tableau, le départ après trois tomes et demi de Butch Guice, sans doute lié d’une façon ou d’une autre aux multiples retards de publication de la série. Le moins que l’on puisse dire est que le résultat n’est pas heureux. Les visages ne sont pas toujours reconnaissables et les scènes d’action virent au ridicule. Une situation vraiment regrettable pour une conclusion.

ARCHANGEL est une belle expérience de lecture, laquelle aurait sans doute gagné à conserver la même équipe artistique, mais qui, sous le couvert d’un récit rétro-futuriste nous rappelle combien la SF est importante pour penser notre futur et surtout notre présent. Il tient à chacun de nous d’entrer dans la résistance et d’offrir à nos enfants un avenir sans nuage atomique.

Le chroniqueur tient à exprimer sa reconnaissance envers l’auteur de cet article.

Un nom pour fondation -  © IDW Publishing

Un nom pour fondation -
© IDW Publishing

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Lorsque le père du Cyberpunk, William Gibson se lance dans les comics, ça donne quoi ? Découvrez le chez Bruce Lit via la review de Ozymandias.

La BO du jour : un autre William, chantre du Cyberpunk

20 comments

  • Présence  

    J’attendais cet article annoncé depuis quelques temps, avec une impatience certaine. Je me rends compte que je partage la majeure partie de tes remarques : science-fiction classique, peur de la destruction atomique, regret du départ en court de route de Jackson Guice.

    J’ai trouvé que Tom Palmer avait réalisé un excellent travail d’encrage, rehaussant bien les dessins de Guice. Par rapport au classicisme de la SF, Gibson & St John Smith intègre un thème peut-être plus moderne : l’épuisement des ressources, une préoccupation d’actualité, qui fait d’autant plus de ce récit un commentaire du présent, comme tu le dis si bien.

    J’ai quand même regretté que les personnages ne soient pas plus développés car ça aurait apporté différents regards sur sur l’utilisation d’Archangel. Dans le même temps, c’est aussi ce qui permet aux auteurs de rester focalisés sur leur récit, dans le nombre de pages imparti, sans se disperser.

    En ce qui concerne William Gibson, je garde un excellent souvenir de son roman Identification des schémas, peut-être plus de l’anticipation que de la science-fiction, avec un thème principal qui me parle beaucoup, celui de trouver du sens aux événements.

  • Eddy Vanleffe  

    Autour de moi, j’ai toujours beaucoup de mal à communiquer cette idée que la SF porte souvent une valeur de parabole ou de fable…
    La SF a toujours un message, même Star Wars…

    Félicitations pour avoir dénicher ce livre que je n’aurais pas forcément remarqué tout seul.
    Butch Guice possède vraiment une patte que j’adore.
    Compatible avec des Steve Epting ou Trevor Hairsine ou encore de caméléon de Stuart Immonen

    • Matt  

      « Autour de moi, j’ai toujours beaucoup de mal à communiquer cette idée que la SF porte souvent une valeur de parabole ou de fable… »

      Pourtant ça parait évident. Combien de thématiques de SF utilise le futur dystopique pour accentuer des problèmes contemporains ? 1984 de George Orwell, les H.G Wells, les K.Dick, tous les animes japonais de type cyberpunk, etc.

      • Eddy Vanleffe  

        Oh Matt tu sais bien qu’une partie non négligeable du public est rétif à l’imaginaire et une bonne partie invoque la raison du « ça peut pas exister, c’est pour les gamins ».
        Tu pourras faire tout ce que tu veux à propose du 1984, Blade runner etc… le décorum SF est une sorte de barrage optique.

  • Ozymandias  

    Je suis d’accord avec Eddy, les mauvais genres ont toujours mauvaise réputation et/ou sont mal connus. Le problème aussi est que les universitaires, parfois même les auteurs, tentent de donner une définition du fantastique, de la SF, au point qu’aujourd’hui on ne sait pas toujours dans quel territoire on s’avance. Anticipation, prospective, space opera, cyberpunk, steampunk et j’en passe…

    Cette chronique, une des premières que j’ai écrite, m’a permis de définir trois lectures possibles : passive, critique et analytique. Peu importe, au final, que la BD soit mauvaise ou non, il est possible de transcender le ressenti, comme je l’ai fait avec ARCHANGEL, me conduisant à une réécriture de mon article, afin de revenir vers une approche plus objective.

    J’ai donc fait quelques recherches, déniché une interview de William Gibson, laquelle m’a permis de revoir ENTIÈREMENT mon argumentaire, même si la qualité graphique de l’ensemble m’a profondément déçu. De fait, ARCHANGEL n’est pas une réussite, mais reste un divertissement SF plaisant dans ses idées, son intrigue. Malheureusement, de nombreux retards ont nécessité l’intervention d’artistes beaucoup moins expérimentés que BUTCH GUICE. Contrairement à VALIANT qui sait fort bien s’entourer quand il s’agit d’assurer des fill-in, voire des missions d’intérim, IDW a choisi la facilité, quitte à se tirer une balle dans le pied.

  • Bruce lit  

    Bon, ben grâce à toi Ozy, je me coucherai moins ignare ce soir, puisque le seul Gibson que je connais a conçu une guitare de wock n roll.
    Pour le reste, je ne suis pas plu intéressé que ça cos’ scifi et tout ça.
    Ce comics m’est tombé des mains : pas de personnages développés et encore une fois, c’est froid, glacial. C’est sans doute ce qui me rebute dans la science fiction et son paradoxe : promouvoir l’humain en ne l’étant jamais dans les écrits. Seul Bradbury a jamais réussi à me toucher je pense.
    Pour le reste j’ai besoin de sensibilité comme chez le Frère Luna dans Alex et Ada. Sinon je fuis.

    • Matt  

      La SF a parfois valeur d’avertissement en dépeignant justement des réalités dures, froides.
      ça peut être perçu comme une critique ou une réflexion, mais pourtant ça ne t’intéresse pas. Bizarre.
      Il ne faut pas de futur déshumanisé même si l’oeuvre veut justement montrer cette déshumanisation ?

    • Matt  

      Le truc c’est aussi de faire passer des mœurs et attitudes glauques comme une normalité à une autre époque. Donc difficile dans cette optique de créer des personnages proches de nous et de nos sensibilités, le concept étant justement de montrer une réalité (par exemple fasciste) perçue comme une norme qui ne choque personne.
      Donc oui souvent ça fait un peu flipper la SF dystopique.
      Mais regardez où va le monde. Des caméras de sécurité partout. Et qui sont efficaces en plus, qui permettent d’arrêter des criminels, donc difficile de dire que ça sert à rien. Mais petit à petit, sans que ça choque personne, on troque une liberté contre une forme de sécurité. A quand Big brother dans la maison quoi ?

      • Bruce lit  

        La question n’est pas le thème mais le style.
        Tiens, j’aime beaucoup cette série American Nightmare- The purge qui me rappelle beaucoup les films de Walter Hill ou Carpenter.
        J’aime les choses organiques ou viscérales. Pas le clinique et le scientifique. Et c’est quelque chose que j’ai souvent trouvé en scifi. Non pas que ce soit mauvais mais ça ne rentre pas dans ma grille de lecture.

        • Matt  

          Bruce qui cherche de l’humain partout^^
          Moi ça ne m’intéresse pas toujours les personnages.
          Dans l’horreur je cherche un concept original ou des idées tordues (à la Junji Ito^^), une atmosphère travaillée, un boulot sur la forme efficace. Que les persos soient des pions, tant pis.
          En SF, je recherche aussi des idées, un univers, une satire/critique. Peu importe que ce soit scientifique ou glacial, c’est peut être justement le propos de nous le faire ressentir ainsi^^

    • Eddy Vanleffe  

      Alex et Ada, c’est vachement humain sur le script parce que la partie graphique me donne l’impression de le lire au fond de la morgue de mon hosto…

      • Matt  

        Mouhahaha ! C’est pas faux. J’aime pas trop ce style de dessin d’ailleurs.

  • Tornado  

    Etrange. J’ai l’impression d’avoir lu un article sur un comics hyper-connu dont je n’ai jamais entendu parler ! ^^
    La SF froidasse, ce n’est pas non plus ce que je préfère. Même si c’est bien. Par exemple, j’ai trouvé « Bienvenue à Gattaca » excellent comme film, mais je n’ai aucune envie de le revoir à cause de ça.

    • Bruce lit  

      Le cinéma c’est encore autre chose. J’ai les acteurs, la musique et la mise en scène à laquelle m’accrocher. Mais il est vrai que même ça….Tu prends le 2001 de Kubrick, un de mes réalisateurs préférés. Je sais que c’est un film génial. Je sais son importance. Mais impossible de m’investir dedans.

    • Matt  

      Oh l’autre éh ! Le fan de Iron man Extremis super froidasse^^

  • Jyrille  

    Comme Présence, j’étais très curieux d’avoir un avis sur cette histoire écrite par Gibson. Je dois dire que malgré son statut, je n’ai pas aimé la lecture (la traduction ?) de NEUROMANCIEN, un peu trop bordélique pour être prenant malgré son aspect visionnaire. J’ai lu quelques-uns de ses nouvelles, je n’en garde pas un grand souvenir mais c’était pas mal.

    Désormais, lorsque je pense à la guerre nucléaire, mon esprit amène d’abord un Philip K. Dick que je ne connaissais pas avant 2016, LA VERITE AVANT-DERNIERE, qui est pour moi un de ses meilleurs romans (même si je dois encore en lire beaucoup). Comme d’habitude, il détourne le propos pour parler de choses plus profondes, la duplicité des politiques et la manipulation des masses, surtout.

    Les dessins ne m’attirent pas plus que ça, je crois donc que je vais faire l’impasse. Merci encore pour ce bel article, je lirai ton lien VICE plus tard.

    La BO : sympa.

  • JP Nguyen  

    Je connaissais le nom de Gibson mais je dois avouer que je n’ai rien lu de lui.
    Et ce n’est sans doute pas avec ce comicbook que ça changera.
    Étonnant de la part de l’éditeur de flinguer la fin de la série en la confiant à d’autres dessinateurs moins doués..

  • Ozymandias  

    Je lâche mon Hal 9000 pendant quelques minutes pour rappeler à Bruce, et à d’autres peut-être, que la SF, ça remonte à loin, plus loin même que les comics. Donc, en matière de style, de thématique(s), de description de l’avenir, de l’humain, et j’en passe, la froideur ne fait pas majorité. Tu cites Bradbury, mais je peux ajouter Sturgeon, Dick, Lafferty, Sheckley et tant d’autres encore qui ont teinté leurs récits d’humanisme, de poésie, d’empathie, d’humour, en bref un éventail de sentiment;

    Il ne faut absolument pas se focaliser sur quelques oeuvres-phares qui vont cacher la forêt. A contrario, des oeuvres glaçantes, superlativement scientifiques (Hard SF) m’ont ému et ont sollicité mon esprit, mon imaginaire, de façon bien plus enrichissante que les produits qui circulent aujourd’hui, notamment au cinéma.

    Je peux comprendre que cet album déçoive, notamment à cause de certains choix de l’éditeur (IDW dans le cas présent, mais tous ont déjà cédé à la même facilité). Je suis d’accord aussi avec Bruce concernant la vacuité des personnages, assez troublante de la part d’un écrivain du calibre de William Gibson, mais bon, je vais lire son adaptation du scénario originel de Alien 3 et je statuerai sur ses qualités (ou non) de scénariste.

    En tant que lecteur, j’ai une philosophie : le ciel nocturne est parsemé d’étoiles, mais celles qui brillent le plus sont souvent mortes depuis des siècles. Il faut prendre le temps de s’attarder sur les petites étincelles cosmiques, à peine visibles, parce qu’elle font aussi partie du paysage. De même que 1984, parangon de la dystopie froide et cassante (pour l’humain), masque énormément de récits et de romans où l’empathie, l’amour et les mille façons de mieux envisager l’avenir attendent d’être ressenties, découvertes et appréciées.

    • Présence  

      Je suis également curieux de découvrir cet Alien 3 de William Gibson, même si Dark Horse a choisi une artiste inattendue Tamra Bonvillain dont je me demande comment ses dessins vont transcrire les éléments SF.

  • Ozymandias  

    Oui, j’ai un peu de mal avec cet artiste. Contrairement à mes habitudes, je vais lire ce premier épisode, non pas à cause du talent relatif de Tamra Bonvillain, que je ne connaissais pas, mais histoire de statuer rapidement sur la façon dont se démarque le comic book par rapport au film. Je suis donc prêt à fermer les yeux – pour ‘instant – sur une performance graphique bancale. TO BE CONTINUED…

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