Les Monstres de l’Hammer – 2° partie

Encyclopegeek : Les films d’horreur produits par le studio Hammer en dehors de la série des Dracula et de celle des Frankenstein

Par : TORNADO

On en fait même des logos…

On en fait même plusieurs logos…

Cet article portera sur certains films d’horreur produits par le studio Hammer entre 1959 et 1971, qui n’entrent pas dans la catégorie de la série des Dracula & autres vampires et des Frankenstein.
Il est ainsi complémentaire de l’article historique de Patrick Faivre , ainsi que de deux autres venant explorer d’abord Frankenstein , ensuite les divers vampires du bestiaire de la Hammer.
La liste n’est pas exhaustive et plusieurs films manqueront à l’appel, mais les principaux classiques ne seront pas oubliés.

Il y a quinze films au programme :
La Malédiction des Pharaons – 1959
Les Deux Visages du Dr Jeckyll – 1960
La Nuit du Loup-Garou – 1961
Le Fantôme de l’Opéra – 1962
Les Maléfices de la Momie – 1964
La Gorgone – 1964
L’Invasion des Morts-Vivants – 1966
Raspoutine le Moine Fou – 1966
Les Sorcières – 1966
La Femme Reptile – 1966
Dans les Griffes de la Momie – 1967
Les Vierges de Satan – 1968
Dr Jeckyll & Sister Hyde – 1971
La Momie Sanglante – 1971
La Fille de Jack L’Eventreur – 1971

La première partie de l’article (films 1 à 6) est disponible ici.

Zombie time !

John Gilling réalise L’invasion des Morts-Vivants (The Plague of the Zombies) en 1966. Il forme, avec La Femme-Reptile et Dans les Griffes de la Momie, une sorte de trilogie thématique associant l’horreur gothique avec le folklore exotique, sous la houlette du même réalisateur, à laquelle on pourra également ajouter Gorgone, Déesse de la Terreur de Terence Fisher, puisque John Gilling en écrivait le scénario, illustrant déjà le même thème.

Le pitch : Au XIX° siècle, dans un petit village de Cornouailles, des gens meurent dans d’étranges circonstances. Le professeur Forbes se rend sur les lieux afin de venir en aide à son ancien élève, qui tente de percer le mystère. Très vite, ses soupçons l’orientent vers le châtelain du coin, dont l’attitude méprisable attire son attention au moins autant que son passé trouble sur l’archipel d’Haïti, où plane le culte du vaudou. Lorsque certains habitants jurent avoir vu leurs proches revenir d’outre-tombe sous la forme de morts-vivants, les soupçons ne font que s’accentuer…

Du Vaudou dans les Cornouailles et l’image de la roue comme symbole de l’éternel recommencement de la vie… après la mort !

Après avoir éclusé le terrain des grandes figures du bestiaire de la Universal , le studio Hammer élargit ses références avec le mythe du zombie, autrefois mis en scène dans Les Morts-Vivants (White Zombie) en 1932 (avec Béla Lugosi) ou dans Vaudou (I Walked With A Zombie), le chef d’œuvre de Jaques Tourneur réalisé en 1943.
L’invasion des Morts-Vivants reprend d’ailleurs le thème du vaudou tel que dans les premiers films du genre, à la différence que le culte est ici déplacé vers la vieille Europe, dans un cadre gothique à même de réinterpréter le genre. Trois ans plus tard, le réalisateur George A. Romero s’emparera du mythe et le débarrassera complètement de ses oripeaux vaudous à l’occasion de La Nuit des Morts-Vivants, initiant toute une série de films personnels sur le sujet, tout en le transposant dans sa version moderne, en forme de cadavre ambulant autonome, apocalyptique et anthropophage…

L’art de réaliser une scène culte…

L’art de réaliser une scène culte…

Comme c’était le cas dans Gorgone, Déesse de la Terreur et comme ce le sera également dans les deux autres films de John Gilling, le script de L’invasion des Morts-Vivants opère une savoureuse métaphore en déplaçant les mythes exotiques vers l’Empire britannique. Où quand le colonialisme donne lieu à un sévère retour de bâton ! Ainsi, les habitants de cette région reculée de l’Angleterre doivent subir ces retombées lorsque le mal, venu d’un pays lointain, sonne comme une malédiction causée par cette volonté impérialiste de coloniser le monde.

Mais à cette première toile de fond va également venir s’en substituer une seconde : Fidèle aux thèmes de prédilection de la Hammer, John Gilling n’oublie pas que le « monstre » incarne, dès que c’est possible, le riche aristocrate exerçant l’ascendance de son pouvoir sur le pauvre peuple. Le film s’inscrit donc parfaitement dans cette dernière thématique lorsque l’on découvre que les zombies sont en réalité d’anciens mineurs ayant déserté leur épouvantable chantier, que le châtelain leur impose désormais de retrouver après la mort ! Le peuple, zombifié, obéit désormais à son maitre, l’aristocrate impitoyable, qui n’hésite pas à faire fonctionner son industrie sur la mort de ses pauvres ouailles…

Ils sont beaux, ils sont frais mes zombies !

Ils sont beaux, ils sont frais mes zombies !

Pour le reste, la réalisation est impeccable et le film bénéficie de quelques séquences-choc encore impressionnantes aujourd’hui, comme le superbe passage onirique du vieux cimetière, où l’on voit une poignée de zombies sortir de terre. Une scène culte, qui influencera autant le cinéma de George Romero que celui de John Landis, qui réalisera le clip Thriller pour Michael Jackson. Certains effets sont désormais très kitsch (notamment ces plans de nuit filmés en plein jour !) mais, au détour de quelques images, il convient d’avouer que le maquillage d’un zombie sur deux est saisissant et que le décor gothique des Cornouailles à de la gueule. D’ailleurs, John Gilling et son équipe reviendront la même année sur le tournage de La Femme-Reptile avec exactement la même toile de fond, les mêmes décors et quasiment le même casting…

La bête humaine…

La bête humaine…

Don Sharp réalise Raspoutine, le Moine Fou (Rasputin, the Mad Monk) en 1966. Produit dans la foulée de Dracula, Prince des Ténèbres, le studio décida, afin de réduire les coûts, d’en reprendre le casting (soit les quatre acteurs principaux, à savoir Christopher Lee, Barbara Shelley, Francis Matthews et Suzan Farmer), ainsi que les décors.

Le pitch : Grigori Raspoutine, un moine en complet burn-out, semble décidé à jouir des plaisirs de la vie, en particulier en goûtant aux femmes et à l’alcool. Il use pour cela de ses dons magnétiques, qui lui permettent de guérir par apposition des mains et d’hypnotiser qui bon lui semble, afin de parvenir à ses objectifs. Bientôt, il envisage de se faire connaitre à la cour du Tsar de Russie, espérant ainsi gravir les échelons du pouvoir…

Si vous êtes venu chercher un film historique, vous avez fait fausse route car le script ne s’embarrasse d’aucune velléité de retranscrire la vie réelle du sieur Raspoutine ni de l’histoire de la Russie. Il s’agit donc avant tout d’une fiction aux accents gothiques (Hammer oblige), dont l’idée première consiste à faire de la figure mythique du « moine fou » une sorte de démon à forme humaine, pimentant ainsi le film d’un soupçon d’horreur et de fantastique en l’affublant d’un pouvoir et d’une résistance physique quasi-surnaturels.

Raspoutine : Il guérit, il festoie et il trousse…

L’idée principale du film est de confier le rôle-titre à Christopher Lee qui fait preuve d’un charisme assez impressionnant en géant hirsute, mettant le monde à genou grâce à une énergie effervescente et un insondable regard de braise. Après avoir tenu un rôle complètement mutique sur Dracula, Prince des Ténèbres, il surprend ainsi le public en cabotinant dans un rôle à contre-emploi, affirmant une fois de plus l’étendue de son jeu.

Si le film est assez réussi dans sa première moitié, portée par le charisme malveillant du personnage et le charme de l’ambiance made in Hammer, il souffre d’une seconde partie qui s’étire à force de ne plus savoir quoi nous raconter, tout ayant été dit auparavant, jusqu’à la sentence finale, le démon humain devant trouver la mort après moult méfaits infâmes et choquants.
Dans la même logique, la réalisation souffre de son manque de moyens car, si le début se déroule dans un village et des forêts pouvant créer l’illusion d’une Russie d’époque, il n’en va pas de même lors des scènes sensées se passer à St Petersburg où, faute de ne pouvoir filmer la ville, le réalisateur Don Sharp doit se contenter de maigres décors d’intérieur recyclés depuis le château de Dracula (ou de Frankenstein) sur les autres films du studio !

Reste un film atypique au sein de la Hammer, où l’on peut apprécier une réelle volonté de varier les sujets sur le thème de l’horreur gothique, en même temps qu’une belle tentative d’imaginer une histoire entièrement basée sur une figure de méchant qui, même s’il flirte avec le surnaturel, demeure irrémédiablement… humain.

Une grande actrice hollywoodienne à la Hammer ?

Une grande actrice hollywoodienne à la Hammer ?

Les Sorcières (The Witches), anciennement connu chez nous sous le titre « Pacte Avec le Diable », est réalisé en 1966 par Cyril Frankel.

C’est un film un peu à part au sein de la Hammer car il a été initié par l’actrice Joan Fontaine, qui produisit en partie le projet, espérant relancer sa carrière. Le film ne connut pas le succès et fut ainsi le dernier de cette grande actrice hollywoodienne.

Le pitch : Gwen Mayfield est une institutrice au passé trouble, qui a fui l’Afrique où elle avait été victime de la sorcellerie locale. Arrivée en Cornouailles, elle accepte un nouveau poste d’institutrice dans un petit village mais, très vite, elle remarque que certains de ses élèves sont victimes de la pudibonderie de leurs ainés. Et si cette attitude apparemment conservatrice était une illusion, derrière laquelle sa cachait une terrible vérité, à même de réveiller chez notre préceptrice ses douloureux souvenirs ?

Et si l’horreur se cachait derrière le visage de l’intégrité ?

Beaucoup plus réaliste, « sérieux » et grave que les habituels récits gothiques ressuscitant sans cesse les grandes figures du genre fantastique tels Dracula et autres Frankenstein, le film de Cyril Frankel semble vouloir suivre les traces du grand Alfred Hitchcock et évoque parfois l’ambiance sourde et lancinante des Oiseaux, tout en annonçant le Fantastique quasiment naturaliste de l’étonnant The Wicker Man (traduit un temps par le croquignol « Dieu d’Osier » dans l’Hexagone) de Robin Hardy, réalisé en 1973.
Mais n’est pas Hitchcock qui veut, et Les Sorcières souffre néanmoins d’un rythme hiératique et d’une propension à la parlotte qui plombe facilement la moitié du métrage. On pense alors à un autre film de la Hammer datant de 1959 : The Man Who Could Cheat Death (que j’ai choisi de ne pas ajouter à la liste), réalisé par Terence Fisher, qui souffrait des mêmes carences de relief et de rythme.

Au final, Les Sorcières et son Angleterre de l’ombre propice à multiplier les couches de moisissure sociale sous le vernis surnaturel de la sorcellerie et les nuits de Sabbat est un film qui ne manque pas de qualité de fond, mais qui demeure trop bavard et indolent. Il ne mérite toutefois pas sa mauvaise réputation et appelle au contraire à être redécouvert, ne serait-ce que pour cette approche très sérieuse du genre, qui marque une rupture au sein de la production fantastique de son époque.

ham_25

La femme serpent-garou !

La Femme Reptile (The Reptile) est réalisé en 1966 par John Gilling et, comme le titre français le laisse imaginer, il s’agit d’une étonnante déclinaison du mythe du loup-garou, transposé au royaume des serpents !

Le pitch : De retour d’un long voyage en Inde, un vieux docteur vit reclus dans son château dans une région reculée des Cornouailles en compagnie de sa fille. Autour d’eux, les habitants sont les victimes d’un abominable monstre, qui les empoisonne la nuit par une morsure au cou. Le châtelain et sa fille seraient-ils eux-mêmes les victimes d’une malédiction ? C’est ce que vont essayer de découvrir les époux Spalding, qui viennent d’hériter d’un cottage sur la lande voisine…

Nous l’avons vu plus haut : les films de John Gilling sont reliés par des thématiques récurrentes et une mise en forme plastique étonnamment cohérente, notamment dans cette période où le réalisateur opère pour le cinéma horrifique.
Comme il l’avait déjà développé avec L’Invasion des Morts-Vivants, John Gilling réitère dans la parabole sociale en inversant cette fois son propos. Si le peuple était victime d’une caste dirigeante à vocation industrielle dans le film précédent, c’est au tour de la bourgeoisie de subir les affres des populations indigènes dans un retour de bâton opéré depuis les colonies. La malédiction prenant sa source depuis les profondeurs de l’Inde…

La belle et la bête. Comment ça c’est la même ?

D’un point de vue plastique, Gilling se démarque de Fisher par une palette de couleurs complètement différente. Si le décor reste celui de la plus-part des films du studio (lande brumeuse et château en ombres portées sous le clair de lune), les teintes se parent d’un camaïeu de gris colorés aux dominantes brunes et vertes qui s’oppose aux couleurs vives des films de Fisher, où dominent le rouge, le vert, le mauve et le lilas. Il suffit de comparer La Femme Reptile à Gorgone, Déesse de la Terreur pour s’apercevoir du traitement distinct des deux cinéastes sur exactement le même sujet égrainé sur deux films de la même période au sein du même studio, quand bien même le deuxième est réalisé par Terence Fisher sur un scénario de John Gilling !

A l’arrivée, La Femme Reptile et sa toile de fond doublée d’une vision mythologique de la virginité pervertie par le mal (où quand la femme blessée se fait monstrueuse sous l’aspect de l’animal l’ayant jadis corrompue dans le jardin d’Eden !) s’impose néanmoins comme un grand classique du cinéma d’horreur et comme une pièce maitresse du studio Hammer.

Encore elle !!!

Encore elle !!!

C’est encore John Gilling qui réalise Dans les Griffes de la Momie (The Mummy’s Shroud) en 1967. Tous comme les autres films de momie produits par le Studio, il ne s’agit pas de la suite des précédents.

Dans les Griffes de la Momie joue (encore) les « variations sur un thème imposé » en reprenant la même structure que les autres films du cycle : Des scientifiques britanniques profanent un tombeau. Ils ramènent le sarcophage à la civilisation pour l’exposer dans un musée. C’est alors que la momie se réveille afin de punir les profanateurs…
Et l’on fait toujours référence, en situant les événements autour de 1920, à la découverte du tombeau de Toutankhamon et à la malédiction qui semblait à l’époque s’être abattue sur les membres de l’expédition.

La seule différence qui intervient ici par rapport aux deux films précédents est que toute l’action se situe en Egypte. Ce faisant, le film met l’accent sur le folklore de cette Egypte mythique et marche sur les traces des pulps et des récits d’aventures classiques, voire des célèbres Aventures de Tintin ou de Blake & Mortimer

12_ Un spectacle vintage…

John Gilling ajoute une pierre à son édifice même s’il réalise ici son film le plus superficiel, dans lequel on ne retrouve pas, de manière aussi vive, le sous-texte qui apportait beaucoup d’épaisseur à ses autres métrages.
Avec un sujet dédié au mythe de la momie vivante, Gilling opère une prolongation du thème qu’il avait traité avec La Femme Reptile et avec Gorgone, Déesse de la Terreur, mais sur un mode beaucoup plus secondaire, presque anecdotique, le sous-texte en la matière demeurant beaucoup trop discret.

Dans les Griffes de la Momie est donc une énième variation sur le thème de la malédiction des pharaons et de la momie vivante. Un film relativement mineur, gentiment divertissant mais aussi très kitsch (la momie, avec son costume où l’on verrait presque la fermeture-éclair, est assez croquignole !). A réserver aux fans de la Hammer, qui trouveront ici un bon petit classique, un peu avare de surprises, mais généreux dès lors qu’il s’agit de mettre en œuvre cette imagerie consacrée, propre au studio et à ses relectures des grands mythes horrifiques sous les feux du technicolor…

Tête de bouc et pentagrammes…

Réalisé par Terence Fisher en 1968, Les Vierges de Satan (The Devil Rides Out) s’écarte un peu de l’habituel folklore littéraire gothique de la Hammer en explorant une autre forme d’épouvante : La démonologie…

Le pitch : Dans l’Angleterre des années 1920, le jeune Simon Aron est endoctriné dans la secte satanique du démoniaque Mocata. Mais son tuteur, le duc de Richleau, connait bien ce type de rituel. Ainsi commence la lutte du bien contre le mal…

Tout comme la plus-part des films d’horreur de son époque, Les Vierges de Satan souffre à présent du poids de l’âge et sa dimension effrayante a disparu au détriment d’une mise en scène très kitsch, parasitée par tous les clichés aujourd’hui surannés de la lutte du bien, symbolisé par le crucifix, contre le mal, ici incarné dans sa forme ultime par un homme à tête de bouc !
Un certain nombre de séquences prêtent désormais à rire davantage qu’à frissonner, notamment lors des manifestations sataniques. Les effets spéciaux ont beau être sobres, ils n’en sont pas moins obsolètes.

…ou pentagrammes et tête de bouc…

Pourtant, le script, écrit par Richard Matheson en personne, est un modèle du genre. Surtout que les films sur le thème de la démonologie de sont pas légions, et encore moins à l’époque.
Le scénario décrit avec un sérieux sans faille cette plongée dans le domaine du mal. Chaque irruption d’un phénomène surnaturel est consciencieusement montrée, expliquée, commentée par les personnages dont on met en scène toutes les répercussions psychologiques. A l’arrivée, le film est peut-être aujourd’hui très kitsch, mais il n’en demeure pas moins superbement écrit.
C’est peut-être là le seul défaut de l’entreprise : Un sérieux constant qui se heurte aujourd’hui à des images peu crédibles…

La mise en scène, très dépouillée, met néanmoins parfaitement en valeur la plastique de cette Angleterre facilement sujette aux superstitions les plus diverses, avec ses forêts décharnées et ses grandes maisons victoriennes. La reconstitution historique, avec ses voitures du début de siècle, est également réalisée avec le plus grand soin, et aucun détail n’est oublié sur la science de la démonologie en matière de folklore !

Il nous appartient donc d’apprendre à remettre le film dans son contexte, afin de dépasser le côté vieillot de sa mise en forme pour mieux en apprécier ses qualités conceptuelles.
Une fois n’est pas coutume, l’acteur Christopher Lee incarne ici le bien, puisqu’il se dresse contre le maléfique « Mocata », interprété par Charles Gray, acteur so-british doué d’un charisme à toute épreuve, notamment célèbre pour avoir interprété le terrible Blofeld dans le James Bond Les Diamants sont Eternels

Du Drag-queen au sens littéral…

Du Drag-queen au sens littéral…

Dr Jekyll & Sister Hyde est réalisé en 1971 par Roy Ward Baker. Comme son titre l’indique, il s’agit d’une relecture originale du célèbre roman de Robert Louis Stevenson…

Dans cette nouvelle version du mythe, le Dr Jekyll (interprété par Ralph Bates, que l’on avait déjà vu en baron Frankenstein dans The Horror of Frankenstein l’année précédente) se transforme, non pas en un horrible psychopathe, mais en une très belle jeune femme psychopathe !
Le scénario pousse d’ailleurs le concept plus loin encore en faisant de cette « Sister Hyde » le fameux Jack l’Eventreur et utilise même les services des odieux « Burke & Hare », les fameux déterreurs de cadavres qui défrayèrent la chronique (bien que ce fut en réalité 50 ans avant les meurtres de Whitechapel), et dont l’histoire nous a maintes fois été contée au cinéma, notamment dans l’excellent L’impasse aux violences, réalisé en 1959 par John Gilling, avec Peter Cushing et Donald Pleasence dans les rôles principaux.
Bref, un véritable crossover de thèmes horrifiques, qui culminent dans un film qui représente quasiment à lui-seul le chant du Cygne de la Hammer !

Le réalisateur confondrait-il les genres ?

Le réalisateur confondrait-il les genres ?

Ce début des années 70, s’il annonce le déclin de la firme britannique qui s’enlise sous les suites de la série des Dracula avec Christopher Lee, marque néanmoins une volonté prononcée de la part du studio de mettre l’accélérateur sur la dimension érotique qui ne demandait qu’à fleurir au dessus de tous ces thèmes fantastiques.
Mais Dr Jekyll & Sister Hyde n’aurait pu être qu’un produit formaté de plus s’il n’avait pas bénéficié de la réunion de quelques talents authentiques. Ainsi, s’il s’agit du chef d’œuvre de Roy Ward Baker (excellent petit maitre du cinéma fantastique qui aura offert à la Hammer l’un de ses meilleurs Dracula avec Les Cicatrices de Dracula , ainsi que l’un de ses plus beaux films de vampires avec le somptueux Vampire Lovers  sans doute la meilleure adaptation du roman Carmilla de Joseph Sheridan LeFanu), le film est également écrit par Brian Clemens, le créateur de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Enfin, il est également porté par l’interprétation habitée de Ralph Bates, qui trouve ici le plus beau rôle de sa carrière-éclair, ainsi que par celle de Martine Beswick, une autre actrice au parcours laconique, capable d’exhaler un charisme rare, incandescent, sans quasiment prononcer un mot !

 Quand Jekyll commence à apprivoiser (et à jouir de) sa féminité…

Quand Jekyll commence à apprivoiser (et à jouir de) sa féminité…

Passionnant et dérageant de bout en bout, le film est aussi réussi dans la mise en scène que dans le script. Ce dernier est d’une richesse sans pareille et l’on ne compte plus les thèmes qui jalonnent cette idée au départ saugrenue quant au fait que Jeckyll se transforme en femme. C’est ainsi que la guerre des sexes se joue ici dans le même corps, les deux versants de la personnalité du docteur luttant pour la suprématie de la chair et de l’esprit ! Et tout le sous-texte de se déverser à l’envie, avec l’homosexualité refoulée, la transsexualité et l’émancipation féminine en tête de liste. C’est d’ailleurs ce dernier thème qui justifie le glissement de l’univers du roman de Stevenson vers les événements de Whitechapel, puisque Sister Hyde, totalement émancipée des principes timorés de son alter-égo masculin, n’hésitera pas à assassiner une tripotée de jeunes femmes afin de leur dérober leurs organes génitaux. Une opération doublement symbolique puisque, si elle permet au Docteur de trouver là les hormones féminins nécessaires à sa potion magique (ou comment lui imposer sa dépendance au beau sexe), elle accélère l’évolution de Sister Hyde par sa volonté de prendre le dessus dans la lutte des sexes en s’appropriant, au sens propre, l’essence de la féminité !

Roy Ward Baker, quant à lui, fait montre de son habituel savoir-faire en additionnant un nombre époustouflant de plans proprement géniaux, notamment lorsqu’il se concentre sur les jeux de miroirs, qui fonctionnent autant dans le symbole qu’ils permettent d’illustrer toute une série d’affrontements psychologiques au sein d’un même personnage, ici bien évidemment dédoublé.
Un très grand film. Le second, au sein de la Hammer, dédié au mythe de Mr Hyde après Les Deux Visages du Dr Jekyll (réalisé en 1961 par Terence Fisher). Ces deux fleurons du cinéma horrifique demeurent d’ailleurs, avec le génial Docteur Jerry & Mister Love de Jerry Lewis, les plus belles relectures du mythe dans l’optique d’offrir aux spectateurs, non pas une adaptation fidèle de l’œuvre de Stevenson, mais au contraire une extrapolation moderne et intelligente effectuée sur le même sujet.

Une momie extrêmement bien conservée…

Une momie extrêmement bien conservée…

La Momie Sanglante (Blood From the Mummy’s Tomb) est réalisé par Seth Holt en 1971.
C’est le dernier segment du cycle dédié à la figure de la momie. Rappelons une dernière fois qu’aucun film n’est la suite des précédents et que chacun peut se regarder de manière autonome.

Le pitch : La jeune Margaret Fuchs souffre d’un mal pour le moins particulier : Chaque nuit, elle rêve qu’elle est une princesse égyptienne de l’antiquité, que l’on condamne à être enterrée vivante, après qu’on lui ait tranché la main droite !
La main est jetée en pâture aux chacals. Mais, demeurée vivante, la main met en fuite les charognards, avant de retourner égorger les prêtres assassins !
De nos jours, Margaret, qui est la fille d’un grand égyptologue, se voit offrir par son père à l’occasion de son anniversaire une bague ancienne ornée d’un magnifique rubis. Sans le savoir, Margaret vient de sceller son lien avec la princesse Teira, dont le tombeau a été profané par son père il y a de cela bien des années…

Contrairement aux trois films précédents, qui égrainaient la même histoire basée sur la malédiction du pharaon et les événements survenus à la suite de la découverte du tombeau de Toutankhamon, celui-ci opère un sérieux virage et propose enfin une interprétation nouvelle sur le thème consacré.
Point de monstre en bandelettes ici, mais à la place la présence de la somptueuse Valerie Leon, qui incarne les deux faces de la malédiction et illumine le film de sa plastique et de son poitrail stupéfiant.
Ainsi, la momie en question n’est-elle pas un vieux cadavre ressuscité et décrépit, mais bel et bien une princesse non-morte, qui tente depuis la tombe de se réincarner dans une sorte d’itération d’elle-même, grâce à un pouvoir maléfique dont elle possède seule le secret.
Le plan final, sarcastique en diable, illustrera néanmoins, au dernier moment, le thème de la momie de manière surprenante…

Hey ! Je veux une momie comme ça pour Noël !

Hey ! Je veux une momie comme ça pour Noël !

Plus sanglant qu’à l’accoutumée (d’où le titre), le film de Seth Holt ne nous prive jamais de la splendeur de son actrice dès que l’occasion se présente, et l’on peut ainsi deviner son opulente poitrine aussi bien sur le corps non-mort de la princesse prisonnière de son sarcophage que sur celui de sa réincarnation en attente, qui déambule tout du long en nuisette translucide.
Pour le reste, le scénario est un poil répétitif sur l’idée de la malédiction (ici déclinée sous la forme de quelques artefacts sortis tout droit de l’antique Egypte), mais s’autorise quelques scènes oniriques et surréalistes assez étonnantes qui procurent au film une ambiance envoûtante, masquant aisément son manque de budget initial.

Parce que vous le valez bien…

Parce que vous le valez bien…

Comme d’habitude avec les films de la Hammer, celui-ci est plastiquement superbe et bénéficie d’une mise en forme impeccable, ponctuée de flashbacks égyptiens qui parviennent à tirer le meilleur parti de leurs décors de studio.
1971 est l’époque où le studio britannique spécialisé dans l’horreur gothique commence à racoler en pimentant chacun de ses films d’une touche érotique et d’un surplus de scènes horrifiques. Les gorges tranchées s’accumulent ainsi entre deux plans de la magnifique Valérie qui, rien que pour nos yeux, constituent au final l’essentiel d’un solide petit film gothique au carrefour des grands classiques du cinéma fantastique et des films d’horreurs modernes, où le visuel l’emporte souvent sur la suggestion et l’atmosphère. On dira donc de La Momie Sanglante qu’il est un peu tout cela à la fois.

Pour ce qui est des coulisses, le grand Peter Cushing devait incarner le père de l’héroïne (tout naturellement tant le rôle semble avoir été taillé pour lui). Il sera remplacé au dernier moment par Andrew Keir car Mme Cushing, très malade, était sur le point de mourir.
Quant au réalisateur Seth Holt, il décéda lui aussi quelques jours avant la fin du tournage, et fut remplacé au pied levé par Michael Carrerras, producteur du studio qui avait déjà réalisé Les Maléfices de la Momie en 1964.

Comme un air de famille…

Comme un air de famille…

La Fille de Jack l’Eventreur (Hands of the Ripper) est réalisé par Peter Sasdy en 1971.

Le pitch : Au soir de son dernier meurtre, Jack l’Eventreur se réfugie chez lui pour échapper à la police de Whitechapel. Il y retrouve son épouse et leur petite fille Anna, âgée de quatre ans. Voyant le sang qui ruisselle sur les mains de son mari, sa femme comprend qu’il est l’éventreur et se met à hurler. Ce dernier assassine ainsi son épouse sous les yeux de leur enfant, avant de dévoiler ses yeux de fou…
Des années plus tard, Anna est abusée par une vieille arnaqueuse qui s’adonne à de fausses séances de spiritisme afin de profiter des richesses de la bourgeoisie. Ayant jeté Anna en pâture à un aristocrate sans scrupule, elle réveille alors l’ancien traumatisme de la jeune femme, qui s’empresse de l’éventrer comme l’aurait fait son père !
Le Dr Pritchard, qui vient d’assister à la séance de spiritisme, est témoins du meurtre. Plutôt que de tout avouer à la police, il choisit d’amener Anna avec lui et d’en faire sa protégée. Adepte des théories d’un certain Sigmund Freud, Pritchard voit ainsi l’occasion d’approfondir ses recherches sur la psychologie des assassins…

La Fille de Jack l’Eventreur fait également partie de cette dernière série de film gothiques de la Hammer, où l’on revisite les mythes consacrés tout en mettant en avant l’image érotique de la femme fatale.

Anna : Une innocente qui est coupable…

Anna : Une innocente qui est coupable…

En revoyant la chose aujourd’hui, on s’étonne de la noirceur de son propos et de la glaçante austérité de sa mise en forme. Du début à la fin, le film de Peter Sasdy (qui nous avait livré l’un des plus faibles segments de la série des Dracula avec le tordant Une Messe pour Dracula et qui réalisera Comtesse Dracula dans la foulée) s’enfonce dans une descente aux enfers glauque et malsaine, renforcée par une image naturaliste aux antipodes du fameux technicolor flamboyant jadis mis en avant dans les productions Hammer.
Irrémédiablement damnée, la jeune Anna (interprétée par une Angharad Rees qui exhale une innocence extraordinaire lorsqu’elle n’est pas possédée par son ascendance maléfique) nous emmène dans les tréfonds de la mort, en même temps qu’elle annonce la chute de son protecteur, dont l’attirance charnelle à destination de la jeune femme devient également de plus en plus malsaine au fil du récit.

Si le poids de l’âge de fait ressentir lors de quelques scènes surjouées (notamment lors des déambulations dans les rues sombres de Whitechapel) et sur les effets gores (avec le fameux sang fluorescent de l’époque), on ne peut nier que le film exhale encore aujourd’hui une très forte sensation de malaise. La fin, sans concessions et par ailleurs relativement poétique, enfonce le clou avec une note aussi sombre que l’abysse méphitique qui semble avoir contaminé l’âme de la pauvre jeune femme, victime à la fois de son ascendance et de la cruauté de la vie, sans qu’il ait été possible de s’accrocher à une quelconque lueur d’espoir.

Petit film d’horreur de par sa production néanmoins soignée (les décors et costumes d’époque font honneur au savoir-faire du studio britannique), La Fille de Jack l’Eventreur s’impose aujourd’hui comme une parenthèse aux airs de téléfilm un peu kitsch mais également extrêmement dérangeante dans l’historique de la Hammer, à l’atmosphère très malsaine rehaussée par un climat naturaliste austère et glaçant. Typiquement le genre de film qui vous laisse perplexe quant à savoir si vous avez aimé cette expérience, ou si au contraire vous l’avez détestée…

Anna : Une innocente qui est coupable…

This is the end

Notre périple au cœur de la Hammer est à présent terminé.
S’il manque quelques films à l’appel comme L’Homme Qui Trompait la Mort (The Man Who Cold Cheat Death), X The Unknown, Le Redoutable Homme des Neiges (The Abominable Snowman) Les Etrangleurs de Bombay (The Stranglers of Bombay) Une Fille Pour le Diable (To the Devil… A Daughter), la trilogie Quatermass et quelques autres encore, nous avons néanmoins fait le tour des grands classiques que nous aura offert ce studio unique en son genre. A moins que…

Bruce ? Un autre article sur la Hammer ???

Bruce ? Un autre article sur la Hammer ???

—–

Des zombies, la préquelle du Thriller de Wacko Jacko, une femme reptile et un Dr Jekyll transexuel ?! Tornado finit d’exhumer les trésors lugubres de la Hammer. Le croque-Monstre chauffe chez Bruce Lit. 

La BO du jour : Serait-ce le dernier article sur la Hammer par Tornado ? Parce que s’il devait continuer, il finirait par avoir la peau du pauvre Bruce qui n’en peut plus !!!

27 comments

  • Matt  

    Il n’y a pas une erreur sur les scans de Sister Hyde ? Ce sont ceux de la gorgone.

    Sinon excellent article encore une fois. Je vois qu’on partage à peu près les mêmes avis. Je n’ai pas vu tous ces films mais je te rejoins complètement sur les qualités de l’invasion des morts vivants (oui, un film de zombies que j’aime bien, avant que ce soit la mode des films post apocalyptique tous pareils), la femme reptile (malgré le maquillage qui a pris un coup de vieux), et Dr Jekyll et sister Hyde qui m’a très agréablement surpris par ses thèmes abordés alors que le titre peut prêter à sourire. Je pense même qu’il pourrait plaire à Bruce celui-là. Et il y a un truc curieux entre Beswick et Bates. A première vue ils ne se ressemblent pas trop, mais pourtant il y a quelque chose de féminin dans le visage de Bates et quelque chose de masculin chez Beswick (non pas qu’elle ne soit pas jolie, mais bon je trouve)

    C’est vrai que les films de Roy Ward Baker sont chouettes. Vampire lovers est aussi un de mes Hammer préférés.

    Par contre, je connaissais ton avis sur les vierges de satan, mais par rapport aux autres au sein de l’article, tu me sembles un peu dur avec lui. Je trouve qu’à part à la fin dans le cercle où les apparitions démoniaques peuvent faire sourire, il n’y a rien de très kitsch au cours du film. Les réunions des fanatiques de Mocata peuvent sembler ridicules mais bon…t’as déjà vu les déguisés du Ku Klux Klan ? Ils ont l’air cons aussi^^. ça n’en reste pas moins crédible. Enfin pour ma part j’aime beaucoup le film, le casting est top et c’est surtout la fin qui a pris un coup de vieux.
    ça ne fait plus peur c’est sûr mais ça pour le coup, je le rapproche de « rendez vous avec la peur » que j’ai vu récemment. On peut prendre le film comme une enquête avec quelques manifestations surnaturelles pas toujours réussies (ah là là ce gros démon moche, c’est dommage quand même parce que l’histoire et l’ambiance sont réussies. Heureusement qu’il n’apparait pas durant la scène de fuite dans la forêt)

    J’ai le sentiment d’avoir vu les meilleurs. Raspoutine ne m’a jamais trop tenté, les films de momie non plus (outre la malédiction des pharaons) Je crois que j’ai vu la momie sanglante cela dit. Mais je ne m’en souviens pas trop.
    La fille de Jack l’éventreur mérite peut être que je le vois quand même.

    C’était chouette en tous cas cette rétrospective. Je me sens moins seul à aimer ces films. Copain !

  • Patrick  

    Je ne souhaite en rien repartir sur la polémique d’hier mais j’avais été très surpris par la formule « Les vieux films d’Arte » pour désigner les films de la Hammer. Car d’une part à ma connaissance Arte ne passe pas les films de la Hammer ^^ et surtout car à l’époque la firme Britannique produisait des films POPULAIRES ! Les Dracula (surtout le premier) par exemple furent un énorme succès ! Si les films avaient plusieurs niveaux de lectures (parfois très « chargés » psychologiquement parlant) ils n’en restaient pas moins un plaisir de masse et n’avaient pas de prétentions intellectualisantes.
    Voilà pour la mise au point ;)

    Concernant l’article, je reste dans ma moyenne car j’ai vu 5 sur les 10 traités aujourd’hui.
    L’Invasion des Morts-Vivants
    Raspoutine le Moine Fou
    Les Sorcières
    La Femme Reptile
    Les Vierges de Satan
    Ma préférence du lot allant vers les Morts vivants et La femme reptile mais je dois dire que je les aime tous ^^ Et oui on reconnaît le cimetière utilisé dans plusieurs films ! C’est assez troublant de retrouver les même décors dans des intrigues différentes !

    A une époque pas très lointaine j’essayais d’acheter tous les films estampillés Hammer que je pouvais trouver (pas grand chose dans les fnacs, mais par internet il reste du choix) et je dois avouer avoir revendu la plupart de leurs films réalisés dans les années 70 tant la perte de qualité était manifeste ! Dr Jekyll & Sister Hyde serait-il l’exception qui confirme la règle ?

  • Présence  

    Comme celui d’hier, c’est article est passionnant, parce qu’il me fait progressivement prendre conscience d’à quel point ces films ont dû influencer plusieurs générations de scénaristes de comics, ainsi que de responsables éditoriaux.

    En lisant tes paragraphes sur L’invasion des morts-vivants, je ne peux que constater que les scénaristes de Brother Voodoo (Jericho Drumm) ont bien obéi aux responsables éditoriaux pour transporter les zombies dans l’univers Marvel, mais en se montrant incapable d’en transcrire le commentaire social.

    Concernant Raspoutine, il a également durablement marqué les esprits de plusieurs scénaristes, en particulier celui de Mike Mignola. Mais pareil, ils ne s’embarrassent pas beaucoup avec la véracité historique.

    L’utilisation de la sorcière est largement répandue dans les comics, mais à nouveau généralement de manière basique, avec des sorts en guise de superpouvoirs, sans trop développer cette forme de puissance féminine. Des Serpents, il y a en a partout, généralement en société, que ce soit contre Captain America, ou contre la JSA.

    Le costume de momie à fermeture éclair me fait également penser à ces représentations naïves avec des kilomètres de bandelettes dans les comics. J’ai comme l’impression que la mise en scène ou en images de la démonologie se heurte vite l’apparence visuelle trop kitch de ce type de pratique, que ce soit dans les films, encore pire dans les comics, et dans les costumes de certains groupes métal sataniques.

    Tel que tu le présentes, Docteur Jekyll & Sister Hyde semble relever du comics de monstres indépendant sondant la nture de la sexualité, comme le fera plus tard Alan Moore avec les loups-garous féminins dans la série Swamp-Thing.

    Ce tour d’horizon est très enrichissant car il permet de mesurer l’impact de ses films sur la culture populaire, leur rémanence dans l’inconscient collectif, et leur influence bien réelle dans d’autres formes de création à commencer par les comics.

  • Matt  

    Prochaine étape, les films de la Amicus ?

    • Tornado  

      C’est vachement moins bien la Amicus. « Le Train des Epouvantes », les deux adaptations des EC Comics. C’est très moyen (et pourtant c’est souvent réalisé par Freddie Francis ou Roy Ward Baker, deux réfugiés de la Hammer !). Les films de dinosaures de Kevin Connor d’après Edgar Rice Burroughs ne sont pas meilleurs. C’est du cinéma pop vintage qui possède un certain charme. Mais ce n’est pas du niveau de la Hammer. Le dernier film : « Lu Club des Monstres » (encore du Roy Ward Baker !), est peut-être mon préféré.

      • Matt  

        Je n’en ai presque vu aucun en fait. Mais je disais ça pour continuer dans le même thème. J’ai vu les films de Kevin Connor et je regrette quand même qu’ils ne soient pas sortis en DVD chez nous (merde, quoi !). Juste pour les dinos et…ahem…Caroline Munro, je les reverrai bien. Dommage que Harryhausen n’ait pas fait les effets spéciaux, ç’aurait relevé le niveau (pas du scénar, mais du spectacle)
        Tiens j’ai découvert que le monstre des temps perdus est dispo en DVD néérlandais/belge en zone 2 avec VF. Si seulement il y avait une liste des DVD belges inédits chez nous…parce que ça change que dalle, il y a la VF et tout. Mais pour savoir qu’ils existent, bon courage !

        • Tornado  

          T’aurais dû me demander. J’ai ce DVD (Le Monstre des Temps Perdus) depuis un bail !
          Récemment, un éditeur propose des films super-rares sous l’appellation Warnerbros.fr, comme « Le Masque d’Or » (Mask of Fu Manchu) avec Boris Karloff ou « La Marque du Vampire » avec Béla Lugosi. Et comme cette collection n’apparait nulle part, il faut vraiment tomber dessus pour la remarquer !

          • Matt  

            Ok merci de l’info. Il faut surveiller les éditeurs Artus films et le chat qui fume aussi.
            Ils ressortent le retour des morts vivants de Dan O’bannon (encore un film de zombies que j’aime bien en fait, vu que c’est à moitié couillon) dans une vraie édition blu-ray et DVD avec le bon ratio d’image je crois et plein de bonus

  • Tornado  

    @Matt : Il y a effectivement erreur sur les scans de Dr Jeckyll & Sister Hyde ». Mais Bruce nous a réparé ça (va vérifier) ^^
    Je n’ai pas l’impression d’avoir été méchant avec « Les Vierges de Satan ». Je ne m’en rends pas compte en tout cas. Mais n’empêche qu’il s’agit là d’un film qui se veut réaliste, et qui est kitsch comme les autres. peut-être que le décalage est plus fort, en fin de compte. Je lui préfère « Rendez-vous Avec la Peur » de toute façon. En dépit du démon pourri, c’est un film absolument magique je trouve. Mais j’aime beaucoup quand même « Les Vierges de Satan » !

    @Patrick : « Dr Jeckyll & Sister Hyde » est un des meilleurs films de la Hammer, tout simplement ! Il faut absolument que tu le voies ! (facile à trouver en DVD, en plus).
    Je pense que tu pourrais également trouver ton compte avec « La Momie Sanglante ». Peut-être moins avec « La Fille de Jack l’Eventreur ».
    Et si tu n’

  • Tornado  

    Et merde ce clavier…
    Et si tu n’as pas encore vu « Les 2 Visages du Dr Jeckyll » (toi le fan de Christopher Lee tu devrais adorer son rôle à contre-emploi) et « La Nuit du Loup-garou », alors il te manque deux grands classiques !!!

    @Présence : Oui, l’influence de la Hammer sur les comics des années 70 est assez flagrante, notamment sur « Tomb of Dracula », quand bien même le Dracula de Gene Colan ressemble davantage à John Carradine (qui incarnait Dracula dans les années 40) qu’à Christopher Lee. Mais ces comics très colorés sont dans la droite ligne du style de la Hammer. Sans la toile de fond, manifestement…

    • Patrick  

      ahah tu n’as pas lu mon commentaire d’hier car si si j’ai Les 2 visage du Dr Jeckyll et la nuit du loup garou ;)
      Quoi qu’il en soit je viens de passer commande de Dr Jeckyll & Sister Hyde ;)

      • Tornado  

        Je l’ai lu mais j’avais oublié les détails :)
        Tu as bien fait pour « Dr Jeckyll & Sister Hyde » (dit le vil tentateur…) ! Et d’ailleurs, « La Momie Sanglante » est dispo aussi, exactement dans la même collection avec VF… (héhéhé)

  • Matt  

    @Tornado : Méchant non. J’avais lu ton commentaire amazon et dans le fond tu as raison. Mais là dans l’article, tu sembles plus sympa avec tous les autres films^^ ça donne l’impression qu’il est à peine regardable comparé aux autres. Alors que j’sais pas…je ne ressens pas tant que ça une différence sur le niveau de kitsch. Mais bon c’est peut être moi qui ne suis pas impartial.

    La momie sanglante, je crois que je me souviens davantage de la poitrine de l’actrice que du film^^ Pas sûr que ce soit bon signe.

    Et pour sister Hyde, oui faut le voir. Même Bruce !

  • Bruce lit  

    Non ?
    C’est déjà fini ?
    Juste quand ça commençait à devenir intéressant ! (just kidding).

    Naturellement, les films qui me font le plus de l’oeil sont l’invasion des Morts Vivants pour l’historique zombies et l’exploitation du prolétariat d’outre tombe et Jekyll transsexuel qui a l’air profondément malsain !
    La fille de Jack a l’éventreur semble particulièrement cruel aussi avec quand même une mère éventrée devant son enfant. Ces films sortaient librement en salles ou ont-ils subi la censure française ?
    En tant qu’amoureux fou des serpents, la femme reptile me tenterait aussi mais le maquillage a l’air terriblement ridicule.

    Enfin en regardant les scans de Dans les griffes de la Momie, je me rappelle être nostalgique des quatre photos promotionnelles des cinémas d’antan. Tu restais dans la queue et tu t’évadais en regardant les photos d’un film que tu imaginais et que parfois tu n’allais pas voir. Celles de La guerre du feu et de Conan le Barbare m’avaient beaucoup marqué.

    • Matt  

      Le maquillage de la femme reptile a pris un coup de vieux oui. Mais on doit la voir comme ça 5 minutes. C’est un film d’ambiance où on voit très peu le monstre.

    • Matt  

      C’est les limites du cinéma. Chez Umezu ou Ito, ça rend bien car c’est de la BD. Il faut parfois tolérer le kitsch pour apprécier les vieux films mais il leur reste des qualités à ces films. Originalité, ambiance, décors, même si à la fin quand on voit le monstre ça peut être un poil décevant.

    • Matt  

      Un jour faudra que je me procure un lecteur blu-ray. Mais j’ai un problème avec ce format. Déjà c’est une propriété de Sony, donc ça limite les sorties puisqu’il faut leur payer des royalties. Sans parler de pas mal de films qui ont encore du mal à sortir en DVD et qui n’ont aucune chance de finir en blu-ray.
      Mais bon du moment que ça ne supplante pas le DVD, ça va. Mais cette évolution des formats fait un peu peur quand tu vois qu’il y a encore des films inédits en DVD qui n’existent qu’en VHS.

    • Matt  

      Bien sûr certains diront que c’est l’ère du dématérialisé maintenant. Tout sur le PC, rien dans les étagères. Mais moi j’suis un couillon de collectionneur, je veux du format physique. Surtout que si tu as tout sur ton PC et que ton disque dur tombe en panne, tu perds tous tes films d’un coup. C’est un coup à se lancer dans des solutions compliquées de stockage sécurisé, etc…
      Nan, je reste sur mes supports physiques moi. Un jour ça vaudra du pognon…peut être^^

  • Tornado  

    Les éditions Elephant Films proposent le DVD tout seul ou le combo DVD + Blu-ray. Il faut saluer dans leur première liste certains films inconnus, et d’autres classiques inédits en DVD français comme « The Vampire Lovers » ou encore « Les Maitresses de Dracula », introuvable depuis longtemps, dont la splendeur visuelle méritait bien un transfert HD. Et l’on peut forcément spéculer sur d’autres sorties ultérieures, comme la « Gorgone » par exemple, que l’on ne peut voir actuellement que par le téléchargement en format minable.
    C’est une très bonne nouvelle.

    Je ne voudrais pas te tenter, mais les lecteurs blu-ray améliorent également la qualité des anciens DVD à la lecture… ;)

    • Matt  

      Euh je vois pas comment mais bon…
      Y’a pas de raison que la qualité de la copie du DVD change si elle est lue par un autre lecteur.

      Après oui c’est une bonne nouvelle, même si perso je ne suis pas un fanatique de la qualité d’image. Mon DVD vampire lovers me va très bien et je ne tiens pas à racheter tous mes films (c’est un peu le piège aussi de ces nouveaux formats. Tu verras que bientôt il y aura autre chose et faudra virer nos blu-ray pour racheter du red-ray ou je sais pas quoi)
      Mais dans tout ça il y a des laissés pour compte comme les gothiques italiens, les films hong-kongais qui se fraient difficilement un chemin jusqu’au DVD. Et les films qui n’intéressent pas assez de monde pour être restaurés ne sortent pas en HD. Et comme le DVD est moins populaire, ils ne sortent même pas en DVD. ça fait un peu peur pour la préservation de certaines œuvres.

      Parfois heureusement ils sortent en combo DVD/blu-ray et ça c’est super comme package, mais c’est pas un traitement auquel tous les films ont droit.

      • Bruce lit  

        Le format Blu Ray : je suis passé à côté du truc….Mes DVD me suffisent. C’est de la surenchère je trouve. En tout cas pour moi, qui ne suis pas un puriste. Je suis très capable de regarder un film sur un téléphone….
        Inversement la musique compressée m’insupporte.

        • Matt  

          Moi je comprends que les gens veuillent de la plus jolie qualité d’image…mais ça s’accompagne de problèmes de sorties, de monopole de Sony sur ce format, etc. Et ça laisse des films sur le carreau.
          Je ne veux pas avoir l’air d’un relou anti-bluray, c’est pourquoi je m’explique. J’ai rien contre le format s’il ne remplace pas les autres, mais cette constante évolution de la résolution d’image me fait peur car à chaque fois les films vont ressortir et pourraient en laisser de plus en plus de côté (le 4k c’est de l’ultra HD de 4096p. Et le 8k arrive…quand vont-ils s’arrêter ?)

      • Tornado  

        Je m’ai trompé : Ce n’est pas « Vampire Lovers » mais « le Baiser du Vampire », jusque là inédit…

        • Matt  

          Ah je me disais. J’ai cru que Vampire lovers était devenu introuvable. Parce que je l’ai le DVD. Les maitresses de Dracula est ultra cher par contre…

    • Matt  

      Faut pas oublier que le 1080p du blu-ray c’est déjà dépassé. Il va falloir les racheter en 4k. On pourra compter les pores de la peau des acteurs…
      Tout ça ne me semble tellement pas nécessaire, et un piège commercial qui va laisser plein de films méconnus sur le carreau.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *