Lève-toi et marche !

501 LAZARUS T01[BD].indd

Pas de hasard possible©Image Comics

Lazarus 1 à 3 par Greg Rucka et Michael Lark

AUTEUR SONIA SMITH

VO : Image 

VF : Glénat Comics

Lazarus est un des titres phares du renouveau Glénat Comics dont le premier volume est sorti en France en avril 2015. Le scénario de Lazarus est l’œuvre de Greg Rucka, auteur de polar de talent et connu des lecteurs de comics pour son excellent Gotham Central et pour ses travaux chez Marvel ou DC. Il est accompagné au dessin par Michaël Lark que les amateurs de Daredevil connaissent bien puisqu’il a travaillé aux côtés de Brubaker sur le titre. Michaël Lark et Greg Rucka ont collaboré auparavant sur Gotham Central et ne sont donc pas des inconnus l’un pour l’autre. 

Cet article portera sur les trois premiers volumes actuellement parus.

Lazarus est une série dystopique de politique fiction qui évoque un monde partagé entre plusieurs grandes familles qui relèvent à la fois des seigneuries médiévales et des clans mafieux. Comme dans tout univers, l’équilibre des forces est extrêmement précaire, les familles se défient, s’allient et se trahissent. Pour éviter que des guerres ne conduisent inévitablement à des massacres de masse et au saccage des ressources, chaque famille possède un Lazare, un membre du clan élevé comme une machine à tuer. Le Lazare maintient l’ordre social et protège la famille au détriment de sa propre existence. Lazarus, c’est avant tout l’histoire de Forever Carlyle, Lazare de son clan, dont elle est à la fois le glaive et le bouclier.

bienvenue dans le monde des Lazare

Bienvenue dans le monde des Lazare©Image Comics

1) Pour la famille (Lazarus tome 1)

Ce premier volume est un tome introductif qui permet de présenter en détail l’univers dans lequel évoluent les familles et ceux dont elles dépendent. Chaque entité dispose de vastes territoires sur lesquels vivent des affidés. Le tri est fait entre les très rares individus qui offrent un intérêt aux yeux des dirigeants pour leur savoir-faire et la masse informe des autres êtres humains qui sont vus comme des serfs et des déchets selon les noms qui leur sont attribués, évoquant là encore la féodalité avec les premiers et un monde post-apocalyptique et déshumanisé avec les seconds. Mais finalement, si on pousse le cynisme un peu loin, cette évocation n’est qu’une caricature du monde moderne où une poignée d’ultra riches dominent ceux qui sont considérés soit comme encore productifs soit comme inutiles selon leurs critères.

Le premier volume de Lazarus s’ouvre sur la présentation de la famille Carlyle par l’intermédiaire de son patriarche qui ressemble fortement à un parrain de la mafia. Ce personnage cynique se montre particulièrement lucide sur les forces et les faiblesses de ses enfants dont aucun ne trouve grâce à ses yeux, à l’exception de Forever, le Lazare de la famille. Dès le début, son origine est plus ou moins dévoilée au lecteur : Forever est le fruit d’expériences et de manipulations génétiques, elle a été construite et non engendrée. La principale intéressée ignore toutefois ses origines et ne s’imagine guère différentes de ses frères et sœurs.

Eve, lève-toi !

Eve, lève-toi !©Image Comics

L’un des intérêts majeurs de la série est révélé dès le dialogue d’ouverture : les relations complexes qui régissent les liens familiaux, le jeu des sentiments qui provoque la loyauté, la ferveur ou au contraire le rejet et la haine. En caricaturant un peu, il y a un petit côté Dallas dans les relations familiales telles qu’elles sont peintes dans Lazarus. Mais allez, ne nous voilons pas la face, cet aspect délicieusement malsain est bien ce qui a fait le succès d’une telle série et ces ficelles fonctionnent à merveille dans Lazarus.

L’autre point fort de ce titre est le personnage de Forever, elle est le personnage central de Lazarus et elle se révèle assez vite moins manichéenne qu’on aurait pu le craindre. Forever –dite Eve, notons ici la référence biblique couplée à celle de l’évocation de Lazare – n’est pas qu’une simple machine à tuer au service de sa fratrie. Elle remplit son rôle avec loyauté mais elle ne le fait pas aveuglément, sans s’interroger sur le sens de ses actions. Rucka met ici en avant un nouveau paradoxe : Eve est une création scientifique mais elle est mille fois plus humaine que le reste de la famille qui se montre soit cruelle et manipulatrice, soit insipide et sans envergure. En filigrane, on ne peut s’empêcher de réfléchir et de s’interroger : faut-il être un robot pour être un humain parfait ?

Humaine, trop humaine ?

Humaine, trop humaine ?©Image Comics

L’attitude de la famille Carlyle envers Forever met en scène toute une palette de réaction : le père se sert de la relation père / fille et de la volonté de Forever de lui plaire pour la manœuvrer mais en même temps, au fond de lui, ne l’admire-t-il pas ? N’est-elle pas son enfant préféré ? Ses frères et sœurs se montrent encore plus cyniques que leur géniteur : Jonah, le bon à rien, l’héritier capricieux aligne bourde sur bourde et traite Eve comme un animal. Si elle se rebelle et devient hors de contrôle, c’est tout simple, il suffit de « la faire piquer » et de créer un nouveau Lazare. Sa sœur, Beth, l’étudie de manière froide et scientifique. Entre eux, par contre, les frères et sœurs entretiennent des relations malsaines, mortifères et incestueuses.

Enfin ce premier volume de Lazarus dévoile les relations diplomatiques entre deux des familles qui se partagent le monde et ses ressources, les Carlyle et les Morray, sur fond de pénurie alimentaire et de menaces de guerre. Les tensions internes aux familles mènent à des trahisons ou des alliances contre nature tandis que des affinités naissent entre les Lazare rappelant sans ambiguïté mais sans romantisme l’histoire de Roméo et Juliette.

Roméo et Juliette au pays des Lazare

Roméo et Juliette au pays des Lazare©Image Comics

Si ce premier tome de Lazarus prend le temps de poser les bases du récit et de présenter deux des clans qui régissent la Planète, l’histoire est loin de stagner et de nombreuses tensions apparaissent déjà au grand jour. Greg Rucka exprime avec détails tous les traits de caractère de ses personnages sombres et torturés qui rappellent ceux de Gotham Central. Aucun n’est clair avec les autres ni avec lui-même. Graphiquement, le travail de Michaël Lark est également proche de celui qu’il a effectué sur Gotham Central, présentant des individus tout en tension.

2) Ascension (Lazarus tome 2)

Le deuxième volume de Lazarus prend un ton assez différent du premier et s’ouvre sur la jeunesse de Forever dont on comprend vite que l’enfance n’est qu’un long entrainement destiné à la transformer en machine à tuer. L’enfant n’est qu’un instrument qui ne reçoit pas d’amour et peu d’attention familiale. Seuls ses mentors, James le scientifique et Marisol son entraineuse lui apportent un peu d’attention. Est-ce une métaphore des perversités d’une éducation qui exige le meilleur des enfants et que les parents délègueraient à des tiers afin de vaquer à leurs occupations ?

Tout ce second volume tourne autour des doutes de Forever après qu’une information essentielle lui ait été divulguée par SMS. Malgré le fait qu’elle ait été programmée pour cela, Forever est encore le membre de la famille Carlyle qui répugne le plus à tuer et à torturer. C’est pourtant elle qui en est chargée afin que le reste de la famille reste à l’abri et ne se salisse pas les mains. Une nouvelle fois, ce deuxième tome démontre que le plus humain n’est pas celui qu’on croit.

La nouveauté de ce volume réside dans la présentation des déchets et des serfs qui apparaissaient très peu dans le précédent et qui sont au cœur du récit cette fois-ci. Sur les domaines de la famille Carlyle, ceux qu’on appelle les déchets mènent une vie difficile en cultivant les terres ou mendiant leur nourriture, ils ne font que rarement l’objet de l’attention du pouvoir et vivent à peu près oubliés de tous. La plupart sont résignés et épuisent leur énergie à leur survie. Une infime partie d’entre eux accède à un statut un peu plus privilégié, celui de serf qui les place directement au service du clan. Pour devenir serf, les individus subissent des tests et font l’objet d’une sélection drastique aussi bien sur le plan physique que moral. Ceux qui ont des antécédents médicaux sont impitoyablement écartés et renvoyés à leur condition de sous-hommes.

Un exode pour un nouvel avenir ?

Un exode pour un nouvel avenir ?©Image Comics

Certains, rares, mais déterminés n’acceptent pas ces conditions de vie et, cultivant leur rage, décident de passer à l’acte terroriste. Rucka décrit parfaitement les attitudes possibles dans une société bloquée par une caste surpuissante : la première consiste à tenter de se faire une maigre place au soleil tout en sachant qu’on ne sera jamais qu’un esclave améliorer, la seconde consiste à penser que le seul espoir possible est de renverser l’ordre établi. Vaste débat que l’auteur tranche à sa manière et semble démontrer qu’il préfère le statu quo au chaos.

3) Conclave (Lazarus tome 3)

Si chaque tome de Lazarus marque évidemment une continuité dans le récit, il n’en reste pas moins que les différents volumes développent chacun des aspects spécifiques qui permettent de ne pas lire un ouvrage routinier et linéaire.

Ce troisième volume s’ouvre sur la trahison de Jonah Carlyle qui cherche refuge chez l’ennemi juré de sa famille, Jakob Hock. Ce dernier détient désormais un otage qui peut lui servir dans sa guerre contre les Carlyle. Le clan Hock détient Manhattan et sa façon d’exercer le pouvoir rappelle le Big Brother du 1984 de George Orwell. De grands écrans disséminés dans la ville montre son visage et diffuse des informations erronées sur la situation extérieure. La désinformation règne en maitre et les habitants sont maintenus dans un état d’hébétude par des médicaments à la teneur inconnue.

Ce récit dévoile l’ensemble des forces en présence puisqu’à la suite de la détention de Jonah Carlyle par Jakob Hock, le clan Carlyle demande la tenue d’un conclave, c’est-à-dire un sommet diplomatique regroupant la totalité des clans et leurs Lazare. Il s’en suit un jeu diplomatique complexe fait de bluffs, d’alliances et de contre-alliances, de renversements et de calculs qui ne diffèrent guère des tractations que nous connaissons. Le cynisme de la politique étrangère est plutôt bien rendu et rappelle des situations bien réelles à l’exception du fait que l’un des enjeux majeurs des pourparlers entre les clans est le secret d’une longévité exceptionnelle qui repousse les limites de la mort.

La manière de régler les conflits évoque aussi des temps médiévaux puisque ce sont les Lazare qui sont amenés à combattre afin de savoir laquelle des familles est dans son bon droit. S’il existe des forces armées sur tous les territoires, afin de veiller au maintien de l’ordre social, on ne les voit pas intervenir dans une guerre ouverte, guerre qui semble l’apanage des Lazare.

Quand c’est non, c’est non !

Quand c’est non, c’est non !©Image Comics

Les relations entre ces derniers sont aussi un point d’orgue de ce tome puisqu’au contraire de leurs familles, ils ne semblent animés d’aucune animosité les uns envers les autres, bien au contraire, ils éprouvent les uns pour les autres du respect mutuel, de la courtoisie voire de l’amour. C’est un des leitmotiv de la série : les plus humains ne sont pas ceux qu’on aurait imaginé au départ. Les machines à tuer éprouvent davantage d’empathie ou de sentiments positifs que les autres membres des clans. Les sentiments positifs sont réservés aux Lazare alors que le reste des familles – pour ce qu’on peut en voir jusqu’ici – est un repoussoir n’évoquant que le cynisme, le calcul, la jalousie, la perversion.
Ce troisième volume se clôt sur un cliffhanger très réussi qui ne peut que pousser à continuer la lecture.

Lazarus est donc un récit d’anticipation évoquant un univers dystopique qui semble extrêmement proche du nôtre. Greg Rucka force le trait en décrivant une Terre divisée entre grands clans médiévalo-mafieux opprimant une multitude à peine évoquée tant elle semble n’avoir aucune importance dans la marche du monde. Le personnage de Forever est extrêmement touchant et le lecteur s’attache vite à son destin et partage ses doutes. Forever est un personnage féminin de premier plan dans le comics indépendant, elle est ce que j’apprécie chez les héroïnes de ce type : forte, dure mais pleine de doutes et de scrupules, loyale mais lucide. Elle symbolise la droiture dans un univers de turpitudes.
L’ensemble des familles est assez détestable mais les interactions diplomatiques et économiques entre les clans sont passionnantes et méritent d’être explorées encore davantage. Le duo que Rucka forme avec Michaël Lark et ses personnages tourmentés et sombres fonctionne à merveille et offre un récit qui, s’il n’est pas exempt de quelques facilités, est infiniment prenant.

Une technique de drague particulière…

Une technique de drague particulière…©Image Comics

20 comments

  • Bruce lit  

    « Les meilleurs dans leur partie » 3/6
    « Lazarus » de Greg Rucka et Michael Lark est le fer de lance des éditions Glénat Comics. Ca tombe bien, Sonia Smith est une inconditionnelle des deux et vous parle des trois premiers volumes des aventures de Forever, véritable Wolverine au féminin.


    La BO du jour: David, lève toi bordel ! https://www.youtube.com/watch?v=y-JqH1M4Ya8

    Ah ! depuis le temps que j’en entends parler de cette série, ton article m’a fait sauter le pas et j’ai lu les 4 volumes dans la foulée. Je ne serai pas aussi élégiaque, Forever à défaut d’être attachante est débordante de charisme, je te l’accorde. Mais très vite j’ai trouvé l’écriture de Rucka trop dispersée à mon goût. Lazarus, c’est Wolverine (une expérience génétique à la mémoire faussée et au pouvoir guérisseur) chez 100 Bullets (les Lazarus évoquent beaucoup les minutemen des 13 familles). Mais je peux comprendre que le destin de cette femme alternant bain de sang et quête d’amour de son père puisse toucher.
    Cependant, Rucka pose un concept intéressant mais qu’il développe mal : le premier volume est soporifique et présente la famille Carlyle. le deuxième développe paresseusement les enjeux de la série avec un focus sur la vie des civils, le troisième est passionnant, je me suis dit, ça y’est la série trouve son rythme avec ce huis clos moyen-âgeux. Hélas le quatrième volume m’est tombé des mains avec son incursion dans l’univers de guerre urbaine façon Killzone. Je me suis rendu compte que désormais la destinée de Forever et ses copains me désintéressaient au plus haut point. Dommage. Car Michael Lark est au sommet de son art avec des planches très aérées.
    Va t’on trouver un comics en commun Sonia 😉 ?

    • Sonia Smith  

      Cher Bruce,
      Tu sais qu’hier, je me suis demandée ce qui t’avait déplu et effectivement, j’en étais venue à me dire que Forever ressemblait forcément à un personnage que tu n’aimais pas et j’ai pensé à Wolverine :-).
      Le fait que nous n’avons presque jamais le même avis m’amuse assez je dois dire et c’est ce qui fait la richesse des échanges.
      Le premier volume de présentation m’a beaucoup plu justement parce qu’il prend le temps de présenter la famille, le rythme lent est aussi utilisé dans les films (si tu prends le Parrain, on ne peut pas dire que ça va à toute allure). Passionnée par les récits mafieux et la géopolitique (uchronique ici), j’adhère totalement à ce titre.
      Et puis une héroïne forte en apparence qui révèle toutefois une humanité bien plus que son horrible famille faite de chair et de sang avait de quoi me séduire également 😉

      • Bruce lit  

        Wolverine arrive demain Sonia 🙂
        La Parrain, Mort à Venise, Wintersleep, sont des films très lents qui comptent parmi mes favoris. Mais il y a quelque chose qui sait susciter mon intérêt. Ici moins. Ce n’est pas tant le sujet que l’écriture de Rucka, pleine de bonnes idées, mais qui manque de fougue, d’entrain, de je ne sais quoi, de rigueur peut-être. Je déteste les BD où l’on parle stratégies militaires, où des hélicoptères se font dégommer etc.

    • Nikolavitch  

      Typiquement, une série de type Lazarus m’intéressera toujours plus qu’un truc à la 100 Bullets, qui me passionnait au départ et dont je ne suis même pas allé jusqu’au bout, finalement, y trouvant une accumulation de trucs à tiroirs qui m’évoquait surtout les saisons les plus pénibles de X-Files (ou le peu que j’ai suivi de Lost).
      Dans Lazarus, la construction de l’intrigue est surtout adossée à une anticipation sociale qui est un truc que j’aime dans la grande SF (ça me fait penser à certains John Brunner, notamment), celle qui, selon l’expression de Fredric Brown, ne cherche pas à prédire l’existence de la bagnole, mais celle de l’embouteillage. Il y a un côté prospective glaçante, là-dedans, parce qu’assez crédible sur les évolutions de la société. Chacun des tomes, du coup, nous en fait découvrir une facette…

      • Bruce lit  

        Oh je le sens venir l’article sur Lost Alex Nikolavitch.
        Pour ma part, je me sens plus à l’aise dans une intrigue sociale à la 100 Bullets…parce que….parce que…encore une fois la science fiction ne me parle pas tant que ça. En tout cas pas ici. Au bout de 4 volumes, le decorum m’apparaît plus relever d’une esthétique de jeu video que d’une fresque scifi complexe…Et j’adore les JV, hein…Simplement, on a plus l’impression que les personnages évoluent dans des stages différents que dans une intrigue cohérente. Après peut être que la lecture du traducteur permet d’apprécier certains détails que je n’ai pas eu la patience de déceler.

        • Nikolavitch  

          je me vois mal écrire sur Lost. Ma réaction au truc était tellement épidermique que je n’ai pas réussi à m’astreindre à suivre ça, même de loin. pour moi, ça condensait toutes les tares potentielles de l’écriture feuilletonnesque : caractérisation artificielle, fils conducteurs erratiques, buildups moisis… Je range ça à côté de Prison Break au panthéon des hypes télévisuelles inexplicables. (hop, à peine arrivé, je sens que je vais me faire plein d’amis)

          • Sonia Smith  

            Sur Lost et Prison Break, je suis entièrement d’accord avec Alex, je n’ai jamais pu aller jusqu’au bout malgré mon enthousiasme d’origine…

          • Tornado  

            Et hop ! Un ami (vu que je pense exactement la même chose !!! 😀 )

          • Bruce lit  

            PB: la première saison était TOP
            LOST: une arnaque pure et simple que j’ai abandonné à la cinquième saison
            et DEXTER alors ? Une série magnifique si elle s’était arrêtée à la saison 4….

          • Jyrille  

            Jamais regardé Lost. Par contre, la première et même la seconde saison de Prison Break formaientde très honnêtes divertissements.

            J’enfonce le clou, mais là je suis accro à Agents of SHIELD. Je n’avais pas vu la première saison, du coup je rattrape mon retard et la différence de niveau entre la première et les deux suivantes est assez dingue. On sait la patte de Whedon : beaucoup de personnages très divers et très bien caractérisés. La première saison est une suite de mission autour d’un groupe plus ou moins préfabriqué artificiellement, écrit pour la télé, alors que la suite rappelle le meilleur de Buffy et de Firefly.

  • Jyrille  

    Beau morceau d’article Sonia ! Je ne connaissais pas du tout, d’après les scans Lark s’est effectivement amélioré. Mais je dois avouer que tout cela me semble un peu facile voire déjà vu, je vais donc faire l’impasse même si j’adore les personnages féminins forts.

  • Tornado  

    Cette série, je ne l’ai pas achetée, et j’ignore encore pourquoi. Parce que, outre le style Rucka que j’adore, il y a aussi le sujet, mélange de SF et de polar, qui me correspond totalement.
    En fait, je crois que je ne l’ai pas achetée parce qu’elle a dû être noyée dans une liste d’achat déjà insurmontable…
    Chouette article, en tout cas, qui brosse le fond et la forme. Et qui me fait regretter d’avoir fait l’impasse, alors que j’aurais dû acheter ces tomes plutôt que les nouveaux Star Wars de Marvel…

    • Sonia Smith  

      Tiens, ces nouveaux Star Wars me faisaient de l’oeil mais tu n’as pas eu l’air d’y trouver ton compte. Le choix est difficile en cette période faste pour l’édition comics. j’ai hésité aussi mais un personnage féminin fort, un petit côté mafia et des développements géopolitiques m’ont finalement convaincue de me lancer et j’y trouve plutôt mon compte. Mais je suis peut-être plus bon public que Bruce 😉

  • Présence  

    Bel article qui rend bien compte des nombreuses facettes de cette série.

    J’ai beaucoup aimé ton développement sur les plus humains ne sont pas ceux qu’on aurait imaginé au départ.

    Pour avoir aussi lu les 3 premiers tomes, je n’avais pas trouvé mon compte à la lecture du premier, me demandant à nouveau ce qui valait à Greg Rucka sa réputation si flatteuse de scénariste de talent. Par contre, les tomes 2 et 3 m’ont entièrement convaincu, à la fois par la dimension politique et sociale de l’asservissement des individus à un travail, et par le côté Dallas (pour t’emprunter ton expression).

    Aura-t-on le droit un jour à un article sur les épisodes de Wolverine par Greg Rucka ?

    • Sonia Smith  

      Merci Présence :-),

      Je laisse le Wolverine de Rucka à de meilleurs connaisseurs que moi mais je lirai avec plaisir un article sur le sujet.

      • Bruce lit  

        Le Facebook du soir:
        « Les meilleurs dans leur partie » 3/6
        Forever Carlyle : une femme éduquée pour être une tueuse dans un futur dystopique, classique ? Oui, mais c’est du Greg Rucka, avec des personnages qui ont de l’épaisseur, un futur dystopique avec une dynamique politique bien pensée, et de l’action, le tout bien servi par les dessins râpeux de Michael Lark. Sonia Smith vous dit tout le bien qu’elle en pense.

        @qui veut bien se reconnaître dans ces lignes fatiguées après ma pire journée de l’année….mais je suis bon public, vraiment, je comprends pas :). La plupart du temps j’aime tranquille ce que vous me recommandez. Et je suis plutôt cohérent dans mes choix/non choix.
        Je trouve que Lazarus bénéficie d’une intrigue ambitieuse qui mériterait d’être polie patiemment comme le fit Ennis pour The Boys ou Azzarello pour 100 Bullets. Or ce que je reproche à Rucka est de créer un volume 1,2,3,4 au lieu d’une trame cohérente. C’est trop dispersé comme écriture. Tout repose sur Forever et comme dans les films de grandes star où tout repose sur la vedette, il s’uffit qu’elle soit hors champ pour que les scènes soient moins intéressantes.
        Car contrairement à ce que tu penses Sonia, la personnalité de Forever me sied totalement, mais les intrigues secondaires et les seconds rôles sont trop pauvres malgré des histoires intéressantes comme la nonne espionne.
        A aucun moment ce futur dystopique ne fonctionne pour que je puisse avaler la pilule du Dr…
        Mais au moins j’ai essayé et se taper 4 volumes d’un truc qu’on aime pas pour pouvoir l’argumenter, c’est bien plus que les chroniqueurs du grand journal, non ?

  • Sonia Smith  

    Je salue l’effort ! Tu as même un tome d’avance sur moi (jalousie !! 🙂 ). Forever est un bon personnage qui a le sens de l’honneur et une droiture qui manque cruellement à la plupart de ses proches. Je comprends ce que tu dis sur le côté un peu décousu de l’écriture. Pourtant, ça m’a beaucoup moins gênée quand j’ai relu les trois tomes d’affilée.
    Je n’aime pas plus que ça les hélicoptères qui explosent mais les tractations politiques m’ont toujours passionnées et voir le jeu des forces en présence, les alliances changer, les différences de traitement des populations par les grandes familles m’a permis d’accrocher à ce titre. Le troisième tome est, pour moi, le plus réussi car on appréhende à peu près toutes les zones géographiques et les familles avec leurs alliés. Je te dirai ce que j’ai pensé du quatrième

    • Bruce lit  

      Oui SOnia, le troisième est génial !
      Maintenant sur les intrigues familiales, c’est un peu décevant car il n’en a pas un pour rattraper l’autre. Du cocup on s’identifie à Lazarus faute de mieux, un peu comme Marv’ de Sin CIty, parce que c’est une forme d’honetêté à sa façon.
      Je dirais que j’y retrouve ce qui m’a également fait abandonner American Vampire; des personnages intéressants livrés dans une histoire bancale et bien trop grande pour eux….

  • JP Nguyen  

    Entre l’article de Sonia et le commentaire de Bruce, vous avez plutôt bien trouvé les mots pour synthétiser la série : dystopie-Dallas et Wolverine chez 100 Bullets.
    On m’a prêté le premier et j’ai trouvé ça… bien, mais sans plus.
    Je ne serais pas contre lire la suite mais je survivrai aussi sans…

  • Ping : Forever young : Lazarus 4 – Comics have the Power

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *