L’opera Goth de 3 Penny (Penny Dreadful)

PENNY DREADFUL par John  Logan

Eva, lève toi pour BRUCE LIT

VO / VF : Syfy / Netflix

De gauche à droite : Malcom Murray, Dorian Gray, Victor Frankenstein, Ehtan Chandler le loup Garou et bien entendu Vanessa Yves.

De gauche à droite : Malcom Murray, Dorian Gray, Victor Frankenstein, Ehtan Chandler le loup Garou et bien entendu Vanessa Ives : une ligue d’acteurs extraordinaires 

PENNY DREADFUL est une série télévisée américano-britannique complète en vingt-sept épisodes. Diffusée sur Showtime et maintenant sur Netflix, elle bénéficie en plus de la qualité de son scénario, d’acteurs de renom comme Thimothy Dalton et surtout, surtout, surtout d’Eva Green. D’un commun accord avec son actrice, son créateur a sidéré son monde en bouclant l’histoire de Vanessa Ives et ses amis en 3 saisons et en pleine gloire.  Un projet de spinoff serait dans les cartons. Il existe une adaptation en Comics consultable ici 

Ne me considérant pas comme un spécialiste en mythologie horrifique, je choisirai comme angle d’attaque les références de la série aux comics books notamment aux Xmen et  certaines oeuvres d’Alan Moore.

Attention, de tous les monstres présents dans cet article, le spoiler fou n’en sera pas le moins effrayant.

L'adaptation comics : pour une fois c'est logique ! (c) TItan Comics

L’adaptation comics : pour une fois c’est logique !
(c) TItan Comics

Londres, 1891 :  une menace invisible massacre la population. Vanessa Ives, une jeune femme aux pouvoirs puissants et hypnotiques propose à Ethan Chandler, un rebelle violent de s’allier à elle ainsi qu’à Sir Malcolm, un aristocrate aux ressources intarissables, pour combattre des démons surnaturels.
La série  revisite  les contes et histoires d’horreur qui se lisaient à cette époque-là dans les revues (les fameuses Penny Dreadful, nommées ainsi car elles coûtaient un penny et étaient effrayantes), en intégrant dans la distribution Dracula, Frankenstein ou Dorian Gray dans une version naturaliste.

On se rappelle du fameux générique de DEXTER  qui plantait en moins de deux minutes l’ironie et l’horreur de la série. Le générique de PENNY DREADFUL possède la même dynamique : des instruments à cordes accompagnent des séquences proposant un portrait des personnages accompagnés de leur totem : le serpent tentateur pour Eva Green, un lycanthrope pour Ethan Chandler, une araignée pour la prostituée Brona. Sur la mélodie principale à la Bernard Hermann induisant l’action et le danger de la série se superpose alors un violoncelle à la mélancolie envoûtante d’un romantisme absolu.

Le public retient son souffle : dans cette ambiance gothique toute droit sortie d’un clip de Marilyn Manson (Les sorcières de la deuxièmes saison et le maquillage vampirique rendent un hommage implicite à l’Antéchrist Superstar), va t’on avoir droit à une bluette décaféinée à la TWILIGHT  ?  Dès la fin du premier épisode, un constat s’impose : PENNY DREADFUL dépasse toutes les espérances : c’est sombre, désespéré, romantique et totalement dénué d’humour. On s’attendait à un truc un peu plus élaboré que TRUE BLOOD qui partit vite en sucette (sic) et on se retrouve avec la série qu’Alan Moore, celui de LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES et FROM HELL  aurait pu écrire ! C’est une évidence : cette équipe constituée du père de Mina Muray, de Victor Frankenstein, du Loup Garou de Londres et de Dorian Gray évoque l’un des nombreux chefs d’oeuvre de l’ombrageux barbu.

PENNY DREADFUL est une oeuvre littéraire qui, outre la littérature de quat’sous ancêtre de la culture geek, maîtrise aussi bien son Shakespeare qu’Oscar Wilde.  A l’inverse des séries qui pratiquent la citation parce que ça fait chic et sympa sur les forums, PENNY DREADFUL laisse de longues plages de récitations du PARADIS PERDU de Milton ou du PRELUDE de Woordsworth . De nombreuses scènes sont consacrées à l’amour des personnages pour la poésie, véritable pansement de l’âme tourmentée de héros en pleine décrépitude. Les dialogues raffinés et élégants sont parmi les plus beaux que la télévision nous ait offerts.

Décors, costumes, interprète sublime : pas besoin de tirer les tarots : dès les premières scènes, on sait que PENNY DREADFUL sera du spectacle haut de gamme.  ©Syfy / Netflix Source : Amazon  https://www.amazon.fr/Penny-Dreadful-Saison-1-Blu-ray/dp/B00Q63KNVQ/ref=sr_1_9?s=dvd&ie=UTF8&qid=1549140802&sr=1-9&keywords=penny+dreadful

Décors, costumes, interprète sublime : pas besoin de tirer les tarots : dès les premières scènes, on sait que PENNY DREADFUL sera du spectacle haut de gamme.
©Syfy / Netflix
Source : Amazon 

Cette épopée Victorienne n’est pas chiquée. Le spectateur entre de plein pied  dans la jungle industrielle de Londres et son  brouillard inquiétant. PENNY DREADFUL n’est pas qu’une revisitation des grands mythes littéraires du XIX siècle. C’est aussi et surtout un véritable drame social qui rappelle encore le FROM HELL de Moore ou le ELEPHANT MAN de Lynch avec ses prostituées fantomatiques, esclaves modernes d’une ville qui les consomme et les vomit,  où le luxe et le dandysme de Dorian Gray coexistent avec des femmes et des enfants agonisant de la tuberculose dans l’indifférence la plus totale.

PENNY DREADFUL se termine  sur une boucle : celle de la tuberculose, ce mal des poumons, cette incapacité à respirer dans un monde souillé par l’industrialisation et le mal. Un mal occulte, où les démons que nos amis combattent n’a d’égal que la construction d’une classe sociale ouvrière dont les fondations reposent sur la destruction de l’individu, du pauvre, de ses rêves, de sa famille voire de sa sexualité.

Brona Croft, une prostituée qui après sa mort pitoyable se transforme en Surfemme Nietzschéenne avec pour ambition de venger son sexe de la brutalité masculine, fait partie des nombreux personnages fascinants de la série. Loin de soutenir les suffragettes dont elle méprise le combat pour l’égalité, Brona telle une Amazone de Frankenstein va monter une armée pour asseoir la domination des femmes sur les hommes. C’est le message assez pessimiste de PENNY DREADFUL, l’adage cher aux X-Men de Claremont : Plus ça change, plus c’est la même chose.  Brona se rêve telle une Spartacus au féminin  dans des scènes souvent poignantes où elle décrit son quotidien d’esclave des esclaves. De fait, le personnage partage beaucoup de points communs avec….Magneto ! Une vie d’esclave, la mort épouvantable d’une enfant, la même haine et détermination à empêcher par la violence une répétition de  l’histoire.

Brona Croft et Dorian Gray : la putain et le dandy

Brona va s’associer avec Dorian Gray, un immortel qui se divertit de tout ce qui pimente son éternité sans s’investir en rien. Aussi beau qu’impitoyable, Dorian Gray est l’ancêtre de notre consumérisme égoïste, celui qui nous encourage à s’amuser de la détresse de l’autre. Il est le bourgeois qui met son penny dans le Juke Box du malheur, celui gagne à tous les coups au Monoply du chargin. Peu présent à l’écran, Dorian est le déclencheur invisible de tous les malheurs qui vont frapper Vanessa Ives, et Brona verra sa révolution  tuée dans l’oeuf  par l’égoïsme de l’immortel.  Le plaidoyer de Brona pour son droit à vivre dans la douleur et la haine restera un moment immense télévision.

PENNY DREADFUL reste cependant la série d’Eva Green. Tant et si bien qu’il est impossible d’imaginer une quatrième saison sans elle. Convoitée par Lucifer et Dracula, Vanessa Ives, dont la sonorité  évoque Ève la femme à l’origine du PARADIS PERDU, sera tout au long de la série, vertueuse et femme fatale, citadine et campagnarde, sainte et sorcière, lucide et folle à lier. Vanessa endosse tour à tour les oripeaux que les hommes projettent sur elle avec pour chaque incarnation un dénominateur commun : la souffrance.

Vanessa est habitée de démons qui ne demande qu’à se libérer si elle perd le contrôle. Une souffrance qui sera le ciment d’une amitié émouvante entre la femme dont l’amour met en danger l’humanité toute entière et La créature de Frankenstein. Comme dans ÉLÉPHANT MAN, John Logan superpose à la cruauté aristocratique celle du prolétariat qui souhaite exploiter la laideur physique du Monstre dotée ici d’un intellect épris de poésie et de beauté.

Dans les latrines de Londres, une femme magnifique et le monstre de Frankenstein meurent de vouloir aimer.

Tous les personnages de PENNY DREADFUL ont commis des actes ignobles et égoïstes qu’ils cherchent honnêtement à réparer.  C’est un véritable Club des Damnés dans lequel pénètre le public qui suit  le récit de leur tentative de rédemption où les monstres consolent les monstres, où aucune alternative ne semble possible : face à cette monstruosité quotidienne renoncer à son humanité semble être l’alternative la plus raisonnable pour ne plus souffrir, pour survivre.  Il n’est pas anodin de voir que toutes les femmes de la série connaissent un sort tragique.

On se rappelle que Alan Moore dans LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES 1910 mettait en scène le passage de Charybde en Sylla  de la fille du Capitaine Nemo qui, pour échapper à un père tyrannique quittait la sécurité du Nautilus et perdait ses illusions de liberté et d’aventures en devenant la Fiancée du Pirate dans une auberge minable. Sa soif de vengeance rappelle très fortement celle de Brona.

En poussant la métaphore, on pourrait voir dans l’histoire de Vanessa Ives, la meilleure adaptation de LA SAGA DU PHÉNIX NOIR, bien plus sombre, mature et intelligente que celle des Castors Juniors qui s’apprête à voir le jour au  cinéma. Comme Jean Grey, Vanessa est une femme forte au potentiel de destruction convoitée par une aristocratie du mal qui va s’acharner à la rendre folle.  Chez Claremont, Jean est manipulée par le Mastermind et le Club des Damnés qui lui font vivre une vie de luxe et d’oisiveté cruelle pas si éloignée de celle de Vanessa. Dans PENNY DREADFUL, Vanessa perd un premier barrage psychique avec une autre Damné : Dorian Gray avant de vivre l’illusion du bonheur avec Dracula, qui on le sait, donnera lui aussi du fil à retordre aux mutants.

Impossible d'ignorer les similitudes entre PENNY DREADFUL et le monde d'Alan Moore. ©ABC Comics

Impossible d’ignorer les similitudes entre PENNY DREADFUL et le monde d’Alan Moore.
©ABC Comics / Delcourt

LA SAGA DU PHENIX NOIR, ce n’est rien que le récit d’une femme trop puissante dont l’appétit de vivre n’aura d’égal que la haine envers un monde qui l’aura violée de corps et d’âme.  Sa rage contre son abuseur Jason Wyngarde menacera d’engloutir  l’univers dans le Chaos avant qu’elle ne se ravise et se suicide pour épargner un monde qu’elle aura autant aimé/rejeté.

Vanessa Ives sert à la fois de ciment d’équipe, d’aimant et de repoussoir. Son mentor  Malcom Murray et son amant platonique Ethan Chandler éprouvent pour elle des sentiments contradictoires et échoueront à la sauver. John Logan (!) fait preuve envers son héroïne d’autant de sadisme que Byrne et Claremont pour le Phénix : sensuelle, Vanessa se refuse à toute relation sexuelle, ses orgasmes pouvant déchaîner des forces incontrôlables. Cultivée, sa rébellion lui vaudra d’être trépanée. Oppressée par la violence urbaine, elle connaîtra un sort encore pire à la campagne. Coquette, elle sera transformée en légume camisolé dans son vomi et ses excréments.Rien, absolument rien n’est épargnée à cette magnifique héroïne tragique portée par l’interprétation hallucinée et hallucinante d’Eva Green qui gagne ici son étoile au panthéon de la culture populaire.

Vanessa comme Jean, lasse de renier sa puissance transformera Londres en champ de ruines.  Et décidera à son tour de se supprimer via son amant pour rétablir un statu quo  finalement préférable aux forces destructrices qu’elle aura déclenchées. Une mort infligée par son amant Loup Garou dont la fidélité rappelle Scott Summers tandis que sa sauvagerie évoque bien entendu Wolverine.  PENNY DREADFUL offre d’ailleurs les meilleures séquences de combat du mutant sauvage aux antipodes du bellâtre imberbe et bodybuildé de la Foxy Lady…

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Source Screener TV  © Syfy / Netflix

Une autre filiation évidente. ©Marvel Comics

Beaucoup ont reproché cette fin brutale et sans compromission de PENNY DREADFUL. Elle est pourtant cohérente et bouleversante si l’on se réfère au modèle que j’ai cité. Les héros éradiquent les forces du mal dans une victoire à la Pyrhus.  Ils en ressortent encore plus brisés : ils ont sauvé un pays qui va pouvoir continuer à oppresser, détruire, annihiler. Le même choix que les superhéros font au quotidien : préférer le meurtre au génocide, le statu quo face au chaos. S’il fallait chercher à chipoter, nous dirions qu’entre la première et la troisième saison PENNY DREADFUL amène des personnages secondaires qui auraient mérité d’avantage de développement comme Catriona Hartdegen ou Sembene.

Pour le reste, PENNY DREADFUL fait d’ores et déjà office de classique avec son mélange virtuose entre poésie, littérature romantique et références appuyées aux meilleurs comics book du XXème siècle. Sans oublier ses clins d’oeils délicieux à Coppola, Dario Argento, les films de la HAMMER, Lynch ou Friedkin. D’une totale intégrité envers son public et refusant de jouer les prolongations qui mènent souvent les séries aux penaltys, ces contes de l’horreur de l’âme humaine vont feront verser une larme. De sang bien évidement….

Charismatique et silencieux, Sembene aurait mérité un développement plus étoffé. © Syfy / Netflix Source : photo promotionnelle / Amazon https://www.amazon.fr/Penny-Dreadful-Lint%C3%A9grale-Eva-Green/dp/B072Q2HJVF/ref=sr_1_3?s=dvd&ie=UTF8&qid=1549176010&sr=1-3&keywords=penny+dreadful+saison+1

Charismatique et silencieux, Sembene aurait mérité un développement plus étoffé.
© Syfy / Netflix
Source : photo promotionnelle / Amazon 

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La BO du jour : Bashung revient d’entre les morts pour nous chanter cette femme qui ne vaut presque rien :

68 comments

  • OmacSpyder  

    Merci pour cet article qui vaut son pe…sant de sel et d’ail et de tout aliment visant à éloigner le sort.
    Toujours est-il que le sort est jeté et que la Lilith Eva Green ou l’Eve d’IV ( j’ai bien aimé ton lien sur les sonorités que le prénom de l’actrice vient redoubler ) possède suffisamment de charmes pour me faire approcher cette série.

    Faire se rapprocher Green et Grey et la question de la manipulation d’une femme au pouvoir qui la fait frôler la folie me paraît tout à fait parlant! Quelle place pour une femme à cette époque, que le Hellfire Club évoque, mais aussi le film Mary Shelley à sa façon qui était d’une belle composition sur ce thème : une femme qui écrit ou qui invente un monstre, ne serait-ce pas la même chose?

    Des références gothiques plongées jusqu’aux genoux dans les références littéraires d’une époque fabuleuse, mais aussi comme le montre l’article de la fin d’une époque face à une révolution en cours, voilà qui apporte une densité au propos. Avec cet effet miroir face à notre époque cherchant sa révolution et questionnant à nouveau la place des femmes et celle des hommes conséquemment, où les effrois nous guettent avec tant d’ardeur, entre fonte des glaces et combustion des individus, dans une torpeur moite et brumeuse, quels seront les monstres, c’est-à-dire littéralement ceux dont on fait monstration, ceux que l’on montre ( du doigt ) pour nous protéger de nous-mêmes ou de nos actes inconsidérés?

    N’ayez pas peur. Ou ayez peur. Ça n’est pas. Qu’une fiction.

    J’irai donner ma pièce pour me faire peur, voilà comment provisoirement au moins on panse ses peurs…

    • Bruce lit  

      Bon…euh, par qui je commence ?

      @Omac : mince je sis passé à côté d’un titre là : 50 Nuances de Green ! « Ça » fonctionne, Mercri Dr Hivence. Je vois que le lyrisme de l’article trouve un écho en toi
      (en toi, en toi, en to…., en….).
      @Lionel : Eva t’a fait sortir du silence et danser avec Bruce Lit ! (Ahhh, Julie Pietri et ses effets désastreux sur ma psyché !). Tu as bien saisi mon allusion à Suicidal Tendencies effectivement : le Monopole du chagrin est la traduction d’une de leur chanson que j’aime beaucoup : Monoploy of sorrow tiré de l’album ART OF RÉBELLION. Je suis fou de joie que quelqu’un l’ait décelé !
      J’ai lu 3 fois et en anglais (!) THE PRELUDE de Woordsworth lors de mes études de lettres. Je lui préfère tout de même John Milton et son diptyque PARADIS PERDU / PARADIS RETROUVE.
      @Matt : je te remercie pour ton honnêteté à ne pas me servir la soupe. L’hiver est long et j’en ai marre. Par contre je reprendrai bien un peu de fromage.
      @Benjamin : n’étant absolument pas intéressé par la mythologie des monstres, j’ai pourtant trouvé étrange que Dracula se ballade placidement en plein jour et puisse se réfléchir dans un miroir. Les experts de céans m’ont dit que c’était tout à fait envisageable. Bon…
      Le destin des autres personnages me parait suffisamment amené. Ils sont brisés et ont rétabli le statut quo. La plupart du temps ça fonctionne dans les comics, ça me va ici aussi.
      Le passage américain, je lui pardonne tout pour les interactions entre Josh Hammett et une sorcière plus développée que dans la deuxième saison. La tuerie dans l’église est…une tuerie !
      @Présence : comme toujours ta bienveillance et ton ouverture d’esprit t’honorent ! J’admire le fait que tu lises TOUS les articles et les vende si bien le soir. C’est un plaisir gourmand que je ne me refuse pas (même pour SUPERCOPTER hier).
      @Pierre : après vérification, nous avons tous les deux raison : Ce Dorian Gray ne joue pas Osborn comme je le croyais mais…Peter Parker dans la comédie musicale à Broadway Spider-MAn !

      • Jyrille  

        Ah j’aime bien Art of rebellion et Suicidal Tendancies en général mais je suis incapable de te citer un titre d’eux.

  • Ben Wawe  

    « @Benjamin : n’étant absolument pas intéressé par la mythologie des monstres, j’ai pourtant trouvé étrange que Dracula se ballade placidement en plein jour et puisse se réfléchir dans un miroir. Les experts de céans m’ont dit que c’était tout à fait envisageable. Bon… »
    -> Oui, ce n’est pas forcément choquant. Bram Stoker a créé beaucoup, mais tout ne vient pas de lui.
    Après, c’est surtout le coeur de la mythologie qui m’a déçu : Dracula et Lucifer frères, anges déchus qui recherchent absolument Amunet, La Femme pour emporter le monde. Moui. C’est quand même assez basique, assez direct, assez limité comme mythologie. Notamment parce que la S1 évoquait un lien pertinent entre l’Egypte et les vampires, mais tout devient très vite un tremplin pour cette histoire de deux frères anciens alliés et désormais rivaux pour La Femme.
    Franchement, je trouve ça limité ; et du coup, décevant.

    « Le destin des autres personnages me parait suffisamment amené. Ils sont brisés et ont rétabli le statut quo. La plupart du temps ça fonctionne dans les comics, ça me va ici aussi. »
    -> Parce que chaque run d’un comics débouche sur un autre. Ca n’est pas gênant que Batman revienne au statu-quo quand X s’en va, car Y reprend derrière. Ce n’est pas le cas ici : la série s’arrête, boum.
    Or, Frankenstein n’a pas évolué depuis qu’il a été brisé par le départ de Brona ; Dorian Gray reste au même stade que d’habitude (bon, en soi, lui, ce n’est pas forcément gênant) ; Sir Malcolm n’a plus rien mais un tel homme ne pourra pas rester immobile ; Ethan a énormément perdu aussi, mais rien n’est dit sur sa réaction (désespoir, rage ?).
    Les détails ne sont pas fignolés.

    « Le passage américain, je lui pardonne tout pour les interactions entre Josh Hammett et une sorcière plus développée que dans la deuxième saison. La tuerie dans l’église est…une tuerie ! »
    -> Oui, c’est vrai. Mais, bon sang, pour dire quoi, en fait ? Pour dire que Ethan doit être lycan, mais… pourquoi ?!

    • Bruce lit  

      Il est clair que le cast est sacrifié pour Vanessa.
      Nos attentes n’étaient pas les mêmes. Avant de me lancer dans PD, j’avais demandé aux copains si la fin valait le coup pour ne pas perdre mon temps. Tous m’avait averti que la fin était précipitée mais satisfaisante. Du coup, je m’attendais à pire.

      • Ben Wawe  

        Je me suis lancé sans connaître ; la chute n’a pas été rude, mais ça a été malgré tout une chute sèche.
        Mes attentes sont souvent les mêmes : une bonne ambiance, de bons acteurs, de bons personnages, une bonne histoire. Penny Dreadful m’a offert tout ça, mais n’a pas finalisé ses détails et offre un final d’une sécheresse terrible, avec un choc absolu… mais qui me semble préférer l’effet que les détails. Dommage.
        Mais ça reste une de mes séries préférées, ouais.

        • Bruce lit  

          Lost, Prison Break, Dexter, Californication, Alias, X-Files je ne compte plus les séries qui se terminent en couilles et donnent envie de balancer tes DVD.
          Ces séries on posé pour moi les jalons du foirage et de l’improvisation en pure panique.
          De ce fait, PD ne rentre pas dans cette catégorie malgré ses quelques cafouillages que je veux bien reconnaître.

  • Jyrille  

    Je suis très content que tu aies aimé. Evidemment, la performance de Eva Green est incroyable et comme tu le dis, je regrette que quelques personnages secondaires ne soient pas plus étoffés (tu oublies aussi Dr Jekyll). J’adore tous les autres acteurs, et alors que j’adore celui qui incarne Frankestein (vu ici et là, notamment dans le premier épisode de BLACK MIRROR), je le trouve un peu en retrait ici, un peu trop maniéré par moments. Mais il se rattrape dans un épisode vraiment éprouvant et presque terrifiant dans la saison 3. Je crois que je n’avais pas eu autant de frissons devant une série télé depuis X-Files.

    Mais autant je suis d’accord avec toi dans ta première partie, autant je trouve les similitudes avec le Phénix Noir un peu capillotracté. Par contre celles avec la Ligue de Moore sont évidentes. Il faudrait vraiment que je m’offre cette bd un jour, je n’ai que le 1969.

    Tu ne parles peut-être pas assez de la forme : la réalisation, la photo, les effets spéciaux, les décors, tout est de très haut niveau, presque de celui de Game of Thrones. Ils ont mis les moyens et ça rend superbement.

    La BO : splendide.

    • Bruce lit  

      Tu ne parles peut-être pas assez de la forme : la réalisation, la photo, les effets spéciaux, les décors, tout est de très haut niveau, presque de celui de Game of Thrones. Ils ont mis les moyens et ça rend superbement. Il y a sans doute moins de figurants que GOT, je pense.
      Pour les XMen : je persiste et signe (nah !)
      Tiens j’ai vu le fameux épisode interactif de Black Mirror : j’ai pas aimé du tout. J’espère que la série ne va pas se fourvoyer là dedans.

      • Jyrille  

        Tu n’as pas l’esprit ludique, moi j’ai adoré cet épisode. Et comme j’ai loupé des fins et des choix, je vais peut-être le refaire une quatrième fois !

        D’ailleurs personne n’a réagi à mon lien sur DANY hier…

        J’ai lu les commentaires, je suis convaincu par les arguments de JP et Présence donc va pour les X-Men…

        Pour les moyens, c’est sans doute moins que GOT, mais je n’ai toujours pas vu ROME et THE GET DOWN alors je ne peux pas comparer.

        • Bruce lit  

          Sérieux ???
          Pour moi qui ai été un serial gamer, ce Black Miror a été une pénible redite de ce que je connaissais en mieux sur console et PC.

          • Jyrille  

            Ah mais moi je ne suis pas un serial gamer, mais je suis plutôt expérimenté en LDVELH, et là c’est la base du truc ! Ce que j’ai aimé, c’est l’intégration d’un quatrième mur dans le film, que le sujet et l’objet se mélangent. Et puis c’est hyper bien fait. Alors je ne le trouve pas très profond, mais contrairement à Saint Epondyle, je ne pense pas que Black Mirror se trahisse par deux ou trois placements produits. Ils avaient déjà fait un épisode un peu marrant (celui avec la parodie de STAR TREK), celui-ci le rejoint directement : c’est un tour de force et un questionnement sur la forme elle-même avant d’être une énième tentative de nous faire flipper (parce que bon, il y a plusieurs épisodes de cette série que je trouve soit inutiles soit ratés).

  • Jyrille  

    Ah et oui pour le générique, et bravo pour le titre de l’article !

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