LOVEcraft, ETC (2° partie).

Encyclopegeek : Les films inspirés de l’œuvre d’HP Lovecraft

Par : TORNADO

Ici, nous répondons aux questions les plus abominables…

Ici, nous répondons aux questions les plus abominables…

Cet article, dont vous trouverez la 1° partie ici, vous propose un tour d’horizon sur les adaptations de l’écrivain H.P. Lovecraft au cinéma et à la télévision.

Il ne sera pas exhaustif. Car à partir des années 90, un nombre assez impressionnant de téléfilms et de courts métrages vont venir épaissir les légions d’adaptations, et la plupart (une bonne dizaine seront dédiés à la nouvelle L’Air Froid) ne sont pas forcément intéressantes, quand elles ne tiennent pas tout simplement de l’exploitation un peu chiche.

Nous vous proposons ici une anthologie en passant en revue chaque film sélectionné, dans un ordre chronologique…

Philip Marlowe begins Philip Lovecraft…

Philip Marlowe begins Philip Lovecraft…

1) Détective Philip Lovecraft

Détective Philippe Lovecraft (Cast a Deadly Spell en VO) est un téléfilm diffusé initialement en 1991.

Et si les histoires de Lovecraft se déroulaient dans le Los Angeles de la fin des années 40 et que le personnage principal était un détective privé comme dans les romans de Dashiell Hammet ou de Raymond Chandler ? Tel est le point de départ de ce téléfilm réalisé par Martin Campbell (le réalisateur du Masque de Zorro et de Casino Royale).
De fait, l’archétype du privé à la Philip Marlowe est ici rebaptisé Harry Philip Lovecraft (Phil pour les intimes) et il mène ses enquêtes dans un Hollywood où sorciers et magiciens se taillent la part du lion. C’est dans ce contexte que le vieil homme d’affaires Amos Hackshaw demande au détective de lui retrouver un livre ancien, que l’on nomme le Necronomicon. Sans le savoir, Phil va ainsi permettre à son commanditaire de réveiller les Grands Anciens qui rêvent de revenir dans notre monde…

Détectives, gargouilles, vampires et loups-garous !

Détectives, gargouilles, vampires et loups-garous !

On le voit bien, si le script n’adapte pas à proprement parler une nouvelle de Lovecraft, il se réfère complètement à la mythologie développée par l’auteur du Mythe de Cthulhu et aligne par ailleurs les références à la bibliographie consacrée avec des lieux comme le Club Dunwitch et autres « Yog-Sottotheries » (pour reprendre l’expression caustique inventée jadis par Lovecraft lui-même à propos de ses propres créations). Le final, avec le réveil de Yog-Sottoth, illustre parfaitement cet univers horrifique et inscrit le téléfilm dans le panthéon de ses meilleures adaptations.

Pour ne rien gâcher, l’ensemble est porté par un casting de premier plan, où Fred Ward (le détective en titre), que la planète geek connait bien pour avoir incarné quelques héros à la manière des pulps dans Remo, Sans Arme et Dangereux ou encore Timerider : the Adventure of Lysle Swann) côtoie Julianne Moore, Clancy Brown (le fabuleux Kurgan d’Highlander ), et l’immense David Warner, qui joue ici les adeptes du mal…
La bande son, avec son magnifique jazz velouté, est l’œuvre de Curt Sobel.

Détails amusants : Le film décrit un monde rétro-futuriste (sa technologie des années 40 étant plus avancée que dans la réalité historique) où la magie est une réalité, et où l’on voit des démons en forme de gargouille, mais aussi des zombies (façon Vaudou), utilisés comme main d’œuvre corvéable, des vampires, des loups-garous, ainsi que des Gremlins tout droits sortis des films de Joe Dante !
A l’arrivée, sans être un chef d’œuvre et souffrant dans l’absolu de ses limites télévisuelles, Détective Philippe Lovecraft est un bien sympathique petit film, qui trouvera certainement son public au cœur de la nation des admirateurs de l’œuvre de l’écrivain de Providence…

MacCarthysm Sabbath…

MacCarthysm Sabbath…

2) Chasseur de Sorcières

Chasseur de Sorcières (Witch Hunt en VO) est un téléfilm réalisé en 1994 par Paul Shrader. Il s’agit d’une sorte de suite au Détective Philippe Lovecraft de 1991.

Le pitch : Nous sommes dans la continuité du film précédent. Un riche producteur d’Hollywood est assassiné et le meurtre est supposé avoir été commis par une sorcière. Or, il se trouve que la dite sorcière est une des meilleures amies de notre détective en titre, qui va devoir faire la lumière sur les événements…

Le détective Lovecraft : Il défend les sorcières et affronte les sorciers

Le détective Lovecraft : Il défend les sorcières et affronte les sorciers

Allégorie du maccarthysme au cœur de l’ère consacrée, Chasseur de Sorcières est un téléfilm très attachant qui vaut surtout pour sa fiche technique, où se succèdent de grands noms puisque le film a été écrit et réalisé par Paul Shrader, que sa musique a été composée par Angelo Badalamenti (le compositeur de Twin Peaks ), et que le générique réunit un casting excitant dans lequel Dennis Hopper (qui succède à Fred Ward) côtoie Penelope Ann Miller et Julian Sands.

Si les effets spéciaux, obsolètes mais sympathiques, accusent le poids de l’âge, le côté privé de L.A. version Mike Hammer assure un spectacle fun et connoté, tandis que le volet horrifique lorgne davantage du côté de SOS Fantômes que des films d’horreur réalisés par Brian Yuzna & Stuart Gordon.
Soyons francs : Le Paul Shrader qui officie ici n’a rien du brillant scénariste de Yakuza, de Taxi Driver, d’Obsession ou de Raging Bull, ni même du réalisateur du remake de La Féline. On y trouve à la place un cinéaste qui a manifestement eu envie de s’amuser et de réaliser une sympathique série B aux allures de folklore lovecraftien finalement bien éloigné de ses sources initiales. Le résultat est ainsi frais et tout à fait divertissant, sans pour autant dépasser ce simple postulat. De ce point de vue, il ne restitue pas la toile de fond réellement lovecaftienne qui faisait l’apanage du téléfilm précédent.

Bon alors là on y est chez Lolo…

Bon alors là on y est chez Lolo…

 

3) Necronomicon

Le pitch : L’écrivain H. P. Lovecraft se rend dans un mystérieux monastère afin de consulter le Necronomicon, un livre démoniaque renfermant les secrets de l’au-delà. Alors qu’il tourne les pages du livre maudit, il se met à imaginer la trame de trois récits horrifiques…

Necronomicon est un film à sketches réalisé en 1993 par Christophe Gans, Brian Yuzna et Shūsuke Kaneko. Dans la grande tradition des anthologies fantastiques (Au Cœur de la Nuit ,L’Empire de la Terreur , Les 3 visages de la peur, Creepshow, etc…), le film compile trois segments inspirés de certaines nouvelles de Lovecraft, réunis par une histoire centrale mettant en scène l’écrivain lui-même, imaginant qu’il ait découvert le fameux livre maudit, comme s’il avait réellement existé…

Ça devait arriver : l’acteur Jeffrey Combs incarne H.P. Lovecraft en personne !

Ça devait arriver : l’acteur Jeffrey Combs incarne H.P. Lovecraft en personne !

Un peu fauché, inégal, souvent Grand-Guignol, Necronomicon se révèle en définitive attachant tant il cumule les qualités.
Le casting est très réussi. Alors que Jeffrey Combs s’est fait une spécialité des adaptations lovecraftiennes, il se voit ici investi du rôle de Lovecraft en personne ! Dans le premier segment (The Drowned), le monolithique Bruce Payne en impose dans une figure romantique qui renvoie tout autant aux récits de Lovecraft qu’à ceux d’Edgar Poe ! Dans le second (The Cold), le grand David Warner prête sa prestance inquiétante à un chercheur ayant puisé dans le fameux livre maudit le secret de l’immortalité…

Dans l’ensemble, les sketches adaptent l’univers lovecraftien de manière peu fidèle et, en cours de route, on s’enfonce crescendo dans le gore craspec aux dépends de la mythologie consacrée…
Les décors subissent leur budget modeste mais ils n’en sont pas moins soignés. Les créatures démoniaques également.
Les adaptations cinématographiques officielles de l’univers de Lovecraft n’étant pas légions, on ne va pas bouder cette tentative sincère et très sympathique de faire vivre le mythe au royaume du septième art !
Un film qui se savoure comme une bonne petite Série B, telle qu’on pouvait en louer le samedi soir à l’ère des vidéoclubs…

Christophe Gans a bien révisé la filmographie de Roger Corman…

Christophe Gans a bien révisé la filmographie de Roger Corman…

Chaque sketch est mis en scène par un réalisateur différent. L’idée est originale principalement dans la mesure où les cinéastes sont issus de trois pays et de trois cultures distinctes (un français, un japonais et un américain), chacun adaptant son segment à sa manière. Le résultat est inégal mais l’idée de départ tient la route puisque les courtes nouvelles de Lovecraft ne justifiaient pas chacune une adaptation sous la forme d’un long métrage.
Christophe Gans, alors débutant (il s’inspire vaguement de la nouvelle Les Rats Dans Les Murs), réalise un beau score en injectant dans son récit un maximum de références aux films de Roger Corman. Il perpétue ainsi la tradition cinématographique, initiée par Corman lui-même, qui veut que l’esprit d’Edgar Poe fusionne avec celui de Lovecraft sur les écrans.

Shūsuke Kaneko (qui adapte L’Air Froid) met en scène un récit beaucoup moins ambitieux, mais on ne s’y ennuie pas une seconde, grâce notamment au charisme de David Warner et à un script machiavélique mâtiné d’une légère dose d’humour noir.

Brian Yuzna (qui lorgne de loin sur Celui Qui Chuchotait Dans Les Ténèbres) livre le segment le plus gore et le plus Grand-Guignol (comme à son habitude), qui dispute une sorte de poésie surréaliste à un grand moment de n’importe quoi bien dégoutant, dynamité par une très large dose d’humour noir !
Yuzna s’occupe également de The Library, le fil-rouge qui met en scène Lovecraft en personne. C’est la partie la moins réussie du film, qui lui réserve hélas un final plutôt raté.

Les fans de la série Les Contes de la Crypte  seront ravis, car Necronomicon semble tout droit sorti de l’anthologie télévisuelle de la HBO, parfaitement contemporaine de notre film puisqu’elle fut réalisée entre 1989 et 1996…

Trois visions distinctes de l’horreur lovecraftienne.

Trois visions distinctes de l’horreur lovecraftienne

4) L’Antre de la Folie

L’Antre De La Folie (In the Mouth of Madness) est un film réalisé par John Carpenter en 1995.
Le pitch : John Trent, un enquêteur pour les assurances, est engagé pour retrouver la trace de Sutter Cane, l’écrivain de science-fiction à sensation qui a disparu avant de livrer son dernier manuscrit : L’Antre De La Folie.
L’enquête va mener notre homme jusqu’en Nouvelle-Angleterre, dans un village ne figurant sur aucune carte. Très vite, il se heurte à de nombreux phénomènes paranormaux…

L’Antre De La Folie marque la rencontre inédite entre les univers artistiques de trois maîtres du fantastique : Le réalisateur John Carpenter et les écrivains Stephen King et H.P. Lovecraft.
Le scénario de Michael De Luca est un habile mélange des thèmes des deux auteurs de romans fantastiques. On retrouve tout d’abord celui de l’écrivain dont la littérature se mêle au réel, cher à Stephen King. Puis c’est tout l’univers de Lovecraft qui est ensuite exploré, avec ces entités démoniaques qui subsistent sur un plan de réalité parallèle depuis la nuit des temps et qui tentent de se réapproprier notre monde…

Misery at the Mountains of Madness...

Misery at the Mountains of Madness…

Du début à la fin, le script suit un fil rouge d’une remarquable cohérence lorsqu’il s’agit d’harmoniser ces diverses influences. Quant à la mise en scène, on ne peut que saluer la manière dont Carpenter s’approprie les écrits de Lovecraft avec un équilibre parfait, qui montre moins qu’il suggère, tout en réussissant à livrer une adaptation officieuse du Mythe de Cthulhu (qui invoque et synthétise une somme d’éléments lovecraftiens roborative sans jamais vraiment adapter un récit en particulier) supérieure à toutes les adaptations officielles.

De cette manière, John Carpenter démontre qu’il est le cinéaste idéal pour adapter les univers littéraires des auteurs majeurs du genre fantastique et horrifique. Avec une économie de moyens évidente et une série de choix extrêmement bien pensés, il réussit ainsi à matérialiser les univers de Stephen King et surtout d’H.P. Lovecraft d’une manière optimale, en pimentant ce dernier d’une note malsaine persistante, et surtout d’une descente dans les méandres de la folie que n’aurait pas renié Guy de Maupassant

Stephen King Vs H.P. Lovecraft.

Stephen King Vs H.P. Lovecraft

Le scénario et la mise en scène rivalisent également d’intelligence pour ce qui est de développer une passionnante toile de fond qui expose une mise en abîme vertigineuse sur le thème de la perception du réel. Carpenter et son scénariste explorent ainsi cette dimension en invitant le spectateur à s’interroger sur la possibilité qu’on puisse manipuler les masses par la manière dont on diffuse certains médiums.
Avec humour, le film se termine en suggérant que le spectateur a fini par être intégré au récit, abolissant ainsi la frontière entre le réel et la fiction.

Etant donné la richesse du film, son casting attrayant et sa réalisation efficace, et bien que je ne fasse pas partie des fans acharnés du maître Carpenter, je me range en définitive du côté de ceux qui estiment qu’il s’agit là du meilleur film de son auteur avec The Thing .
La fin, un peu précipitée et maladroite, est pour moi en dessous du reste du film, le privant ainsi, mais c’est un avis tout à fait personnel, d’une cinquième étoile. Mais L’Antre De La Folie demeure néanmoins un excellent divertissement, exigeant et intelligent, et s’impose comme la meilleure adaptation à ce jour de l’univers de Lovecraft…

C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme...

C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme…

5) Dagon

Le pitch : Deux couples passent leurs vacances sur un bateau le long des côtes de Galice. Lorsqu’une tempête explose, ils se retrouvent échoués près d’un petit village côtier lugubre, dominé par des chants mystiques…

Dagon est un film d’horreur réalisé par Stuart Gordon et produit par Brian Yuzna en 2001. Nous retrouvons ainsi le fameux duo de cinéastes qui s’illustre depuis les années 80 dans les adaptations de Lovecraft sur grand écran.
Ici, le duo a réalisé son nouveau film par l’intermédiaire d’un studio espagnol et toutes les scènes ont été filmées le long de la côte de Galice, en Espagne.

Inspiré des nouvelles Dagon et Le Cauchemar d’Innsmouth, « Dagon » le film s’éloigne, comme d’habitude avec le duo Gordon/Yuzna, du décorum originel (les années 20, l’enquête classique et le cadre gothique suranné) pour une plongée dans l’horreur malsaine et le gore putride. En transposant le récit à l’époque contemporaine, les cinéastes perdent en fidélité au matériau originel ce qu’ils gagnent en perception immédiate des événements, dérangeants et glauques. A noter, par ailleurs, qu’ils renoncent cette fois à cette forme d’humour noir dont ils avaient fait leur spécialité pour aborder l’horreur sans ambiguïté…

Le continent des hommes-poissons (et des femmes-poulpes)...

Le continent des hommes-poissons (et des femmes-poulpes)…

En réalité, le film est plutôt une adaptation du Cauchemar d’Innsmouth que de Dagon. Une fois n’est pas coutume, les auteurs choisissent ici d’adapter une nouvelle plutôt longue (80 pages environ), tandis que leurs films précédents s’inspiraient de récits extrêmement courts, n’excédant pas les 35 pages (De L’Au-Delà compte à peine douze pages). Le résultat est donc inversé : Tandis que Ré-animator et From Beyond développaient et transcendaient au maximum de courtes histoires, Dagon ne garde qu’un embryon de structure le plus mince possible par rapport à la nouvelle originelle.

Les puristes, qui vénèrent l’œuvre de Lovecraft, n’ont semble-t-il pas apprécié toutes ces libertés prises avec la mythologie consacrée. C’est dommage car, malgré les quelques changements de forme (suppression de l’enquête et de la dimension mystérieuse au profit d’une horreur frontale et assumée), l’univers lovecraftien est adapté comme il l’a rarement été sur un écran de cinéma.
Plutôt que d’en reprendre la lettre, Gordon, Yuzna et leur scénariste Dennis Paoli en reprennent l’esprit et en proposent une relecture qui s’appuie sur les codes propres du medium cinématographique : musique ténébreuse à base de chœurs gutturaux, décor glauque, couleurs délavées et poisseuses, pluie constante qui rend l’image aqueuse tout en intensifiant la perception viscérale des événements ; c’est tout un univers imaginaire qui prend forme sur l’écran. De plus, l’essentiel de la nouvelle originelle est bien retranscrit et la scène du flashback (qui narre les origines de la dégénérescence d’Innsmouth), qui était envoûtante sous la plume de Lovecraft, est objectivement très réussie.

Une horreur quelque peu modernisée...

Une horreur quelque peu modernisée…

Pour le reste, le film accuse bien évidemment son statut de Série B et son budget modeste. Si les décors, maquillages et autres effets gores sont de très bonne tenue, le manque d’ampleur et d’écriture du film finissent par alourdir l’ensemble. Ainsi, regarder le personnage principal fuir ses bourreaux (les fameux mutants du port D’Innsmouth, traduit ici par l’espagnol Imboca !) pendant la moitié du film (qui dure 94 minutes) nous fait regretter le foisonnant sens du détail de la nouvelle dont il s’inspire.
Fidèles à eux-mêmes, Gordon & Yuzna nous réservent néanmoins un final outrancier qui embrasse complètement la mythologie lovecraftienne en faisant intervenir Dagon en personne pendant que ses fidèles scandent leur chant à la gloire de Cthulhu !

Bref, un film imparfait mais très intéressant. Entre 3 et 4 étoiles selon que l’on penche davantage pour le respect des nouvelles de Lovecraft ou pour la sincérité de cette adaptation un peu fauchée mais paradoxalement très ambitieuse…

L’adaptation la plus fidèle !

L’adaptation la plus fidèle !

6) The Call of Cthullu

The Call of Cthulhu est un moyen métrage de 46 mn réalisé en 2005 par Andrew Leman.
Connaissiez-vous la HPLHS ? C’est le studio indépendant qui a produit notre film et son nom complet est HP Lovecraft Historical Society (allez voir leur site, c’est plutôt sympa) ! S’ils sont au départ spécialisés dans les feuilletons radiophoniques à l’ancienne, ils réalisent parfois un film et ce Call of Cthulhu est leur premier essai.

Le pitch : Dans les années 20, le jeune Matt Foyer est interné dans un hôpital psychiatrique. Il supplie son médecin de brûler sans détours le manuscrit et tous les documents qu’il transporte avec lui, et qui appartenaient à son oncle, un vieil anthropologue.
Voyant que le docteur ne le prend pas au sérieux, Matt lui raconte alors le récit qui a permis de constituer ce dossier maudit, qui aurait attrait à un certain culte maléfique et qui aurait causé la mort de tous ceux qui s’y sont intéressés…

 Filmé comme dans les années 20 !

Filmé comme dans les années 20 !

Les amateurs de l’œuvre de Lovecraft auront reconnu le résumé de l’œuvre fondatrice éponyme du Mythe de Cthulhu. Effectivement, le moyen-métrage d’Andrew Leman est une adaptation très fidèle du récit emblématique de l’écrivain de Providence.
Nous suivons donc le récit de Matt Foyer à coup de flashbacks nous ramenant aux origines de la découverte de ce culte maléfique, dans une montée en puissance qui nous mène inexorablement vers le bayou de Louisiane et la Morte citée de R’lyeh.

Outre sa fidélité envers l’univers lovecraftien en général et la nouvelle consacrée en particulier, The Call of Cthulhu étonne par l’originalité de son traitement. Car le film est tout simplement tourné en noir et blanc et… en muet !
Ce parti-pris artistique est déjà, d’un point de vue formel, un excellent choix puisqu’il va permettre de développer une imagerie surannée (on pourrait même parler d’une imagerie de « carton-pâte ») propre à traiter le sujet avec une naïveté assumée. Le résultat ne manque pas de charme et évite le ridicule, voire le ratage absolu en choisissant la pratique des effets spéciaux antiques et en illustrant le bestiaire et le décorum lovecraftien d’une manière frontale. Cette mise en scène théâtrale et ces trucages élémentaires à la Méliès offrent ainsi un spectacle poétique dont la naïveté de traitement fait corps avec la sincérité candide de l’adaptation, telles les rimes au service de la prose. Et, cerise sur le gâteau, décors, maquettes et accessoires sont aussi beaux que les moyens sont modestes !

Avec Cthulhu en personne !

Avec Cthulhu en personne !

Mais le plus important dans la perspective d’apprécier la réalisation du film se situe encore ailleurs. Car en choisissant le parti-pris de filmer le récit comme dans les années 20, Andrew Leman mêle le fond à la forme et restitue pleinement le cadre de la nouvelle de Lovecraft, écrite en 1926.
Effectivement, cette esthétique expressionniste héritée des cinéastes allemands de l’époque (tels Murnau et Fritz Lang) est en harmonie avec le sujet, et le jeu théâtral des acteurs du muet (ici parfaitement singé) se marie impeccablement avec le décorum de l’époque. Sur le volet esthétique, le film de Leman bénéficie vraiment d’un superbe travail de la part du chef opérateur via des éclairages contrastés, et l’on songe autant à l’épouvante séminale d’un Nosferatu qu’aux décors fantasmagoriques d’un Metropolis (toutes proportions gardées). Et l’animation du grand Cthulhu renvoie même à celle des dinosaures du Monde Perdu façon Willis O’Brien ! A l’arrivée, The Call of Cthulhu semble surgir du temps comme s’il avait été adapté au cinéma simultanément à l’époque de sa publication dans l’état d’esprit initial.

Evidemment, le manque de moyens et le côté artisanal de l’entreprise prive le film de sa perfection et la patine un peu lisse de nos caméras actuelles trahit sa véritable nature. Pour bien faire, il aurait fallu apporter en postproduction un gros travail de maquillage afin que les images paraissent vraiment surgir des années 20, ce qui n’est finalement pas le cas, malgré toute la bonne volonté déployée pour y parvenir. Certes, cet aspect artisanal ajoute au charme de l’entreprise, mais empêche de lier pleinement le fond et la forme.
C’est dommage, car Andrew Leman est par ailleurs un excellent (jeune) réalisateur et il réussit, grâce à un nombre de plans assez impressionnant, à conférer à son film un rythme et une diversité de séquences sans faille.
Au final, The Call of Cthulhu s’impose tout simplement, et ce malgré sa coute durée et son aspect artisanal, comme l’une des meilleures et plus intègres adaptations cinématographiques jamais tournées sur l’univers de Lovecraft. Chapeau bas.

Le syndrome du poisson rouge…

Le syndrome du poisson rouge…

7) Necronomicon, le Livre de Satan

Le pitch : Le Necronomicon, un livre ancien et maudit, peut ramener sur terre une race de créatures démoniaques qui vivent sur un plan de réalité parallèle depuis la nuit des temps. Mais il lui manque la page 751, qui seule offrirait aux adorateurs de Cthulhu la possibilité d’ouvrir le portail permettant le passage vers notre monde.
Une jeune femme est ainsi portée volontaire pour enfanter deux jumeaux afin de favoriser la quête maudite. Le premier est à peu près normal et recherche la page tant convoitée. Le second est une créature monstrueuse qui se terre dans la maison de l’horreur…

Les adaptations cinématographiques recommandables de l’œuvre de Lovecraft ne sont pas légions, et ce n’est pas celle-là, écrite, réalisée et produite par un certain Leigh Scott en 2012, qui va redorer le blason du genre. Il s’agit d’ailleurs du remake d’Horreur à Volonté (The Dunwitch Horror), l’une des premières adaptations un peu cheap de l’univers lovecraftien de l’histoire du cinéma, que nous avons commentée dans la première partie de l’article.

Dean Stockwell remet le couvert 40 ans plus tard !

Dean Stockwell remet le couvert 40 ans plus tard !

Voici de la vraie, de la pure, de l’authentique Série Z ! Mal fichue, mal filmée, mal écrite et mal montée, mal finalisée avec des effets spéciaux pourtant actuels mais ringards, cette adaptation fauchée et édifiante se paie pourtant le luxe de réunir deux acteurs cultes : Dean Stockwell, le célèbre « Al » du feuilleton Code Quantum, ainsi que Jeffrey Combs, notre spécialiste des rôles Lovecraftiens depuis les films de Gordon & Yuzna !
La participation des deux acteurs assure à elle-seule la présence d’une étoile à ce commentaire, dans la mesure où ils parviennent malgré tout à être excellents ! Et pourtant ce n’était pas gagné ! D’ailleurs, à bien regarder leurs filmographies respectives, Necronomicon, Le Livre De Satan a été soigneusement omis de la liste…

Pour le reste, il m’est très difficile d’en rajouter dans la mesure où j’ai déjà oublié ce qu’il se passait réellement dans ce film. A moins qu’il ne s’y passa rien, en fait !
La jaquette du DVD est pourtant bien flippante et j’avais imaginé, l’espace d’un instant, un film d’horreur viscéral qui aurait au moins eu le mérite d’être effrayant, ou au pire malsain. Mais décidément… Non.
Arf ! Voici le premier film qui me donne l’impression de posséder la mémoire d’un poisson rouge ou de souffrir de la maladie d’alzheimer. Mais que diantre s’y passait-il ?!!!

Dean Stockwell avait joué en 1970 le rôle principal d’Horreur à Volonté. Le rôle n’étant ici pas le même, on imagine que les producteurs ont cherché à attirer les fans en engageant des acteurs spécialisés dans les adaptations lovecraftiennes…

It came from outer space !

It came from outer space !

8) The Whisperer in Darkness

The Whisperer in Darkness est un film de science-fiction réalisé en 2011 par Sean Branney. Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle éponyme (en VF : Celui qui Chuchotait dans les Ténèbres).
Voici le second essai de la HPLHS, après The Call of Cthulhu, dans la perspective de réaliser des films adaptant fidèlement les nouvelles de Lovecraft.

Le pitch : Dans les années 50, Albert Wilmarth, un professeur de folklore, se rend dans le Vermont où un vieux fermier nommé Henry Akeley aurait vu d’étranges créatures d’un autre monde. D’abord septique, le professeur Wilmarth va peu à peu pénétrer un univers des plus étranges et renoncer à ses préceptes les plus pragmatiques…

Une lente descente vers la folie pour le pauvre scientifique pragmatique…

Une lente descente vers la folie pour le pauvre scientifique pragmatique…

The Call of Cthulhu possédait un concept fort puisqu’il était réalisé comme s’il avait été tourné à l’époque où Lovecraft écrivait sa nouvelle, c’est-à-dire dans les années 20. Il prenait ainsi la forme d’un moyen-métrage muet en noir et blanc, semblant avoir été comme exhumé depuis la même période.
Pour The Whisperer in Darkness, le concept change : Nous passons désormais dans les années 1950.
Ce changement d’orientation trouve sa justification dans le sujet du film, qui évoque tout le cinéma de science-fiction américain des 50’s, où planait dans le ciel une menace extraterrestre servant d’exutoire à une nation terrorisée par un péril atomique pouvant surgir à tout moment depuis les terres lointaines de l’ennemi communiste (c’était tout simplement l’époque de la Guerre froide). La métaphore de l’invasion extraterrestre venue du ciel en lieu et place d’une attaque nucléaire soviétique était alors limpide.
Sean Branney réalise ainsi son film en reprenant scrupuleusement les codes d’antan : The Whisperer in Darkness possède une patine surprenante tant il réussit à imiter le cinéma consacré : Générique, musique, rythme, éclairages, dialogues, jeu d’acteurs ; tout est dans le ton. Nos voyageons dans le temps en première classe !

La belle tenue du film est étonnante. Pour un studio indépendant et probablement peu fortuné, la HPLHS, via son metteur en scène, sait vraiment bien filmer. Le travail sur la lumière est superbe et la reconstitution est bluffante. Avec un sens du détail de tous les instants et un soin maniaque dans la conception des accessoires science-fictionnels (notamment les appareils technologiques conçus par les aliens), chaque plan est un travail d’orfèvre.
La première partie du film creuse de loin dans le secret de cette région isolée du Vermont, tandis que la seconde, la plus réussie, nous plonge directement dans ce mystère en compagnie du personnage principal. Jouant sans cesse sur le non dit et le hors-champ, le film cultive un délicieux suspense et un art de l’abstraction qui n’est pas sans rappeler la nouvelle originelle et le style narratif du maitre de l’horreur indicible…

Nierk nierk nierk nierk nierk nierk !!!

Nierk nierk nierk nierk nierk nierk !!!

Sur le terrain de l’adaptation, The Whisperer in Darkness est d’une fidélité exemplaire à la nouvelle originelle sur les deux premières parties du métrage. Mais le dénouement se démarque soudain de ce matériel pour épouser davantage l’esprit des films d’invasion extraterrestre des années 50, comme Le Météore de la Nuit, La Guerre des Mondes ou Les Soucoupes Volantes Attaquent. Certes, ce parti-pris est cohérent dans l’idée de mélanger la nouvelle de Lovecraft avec le cinéma SF des 50′s. Toutefois, le résultat est fluctuant et, en plus de s’écarter du récit initial, offre une conclusion Grand-Guignol pas franchement heureuse (y aurait-il également une allusion au cultissime Plan 9 From Outer Space de Mr Ed Wood ?). Qui plus-est, le choix de nous montrer soudain les aliens en CGI (animation virtuelle contemporaine), vient complètement contredire le propos. On aurait sans doute préféré des effets spéciaux à l’ancienne (comme c’était le cas dans The Call of Cthulhu), voire quelques plans obscurs en semi hors-champ comme dans les scènes précédentes.

Malgré une dernière partie globalement ratée, cette adaptation relativement fidèle de la nouvelle de Lovecraft devrait beaucoup plaire aux amateurs de l’écrivain comme aux amoureux des vieux films de science-fiction. Et l’on espère voir très bientôt un nouveau projet cinématographique sortir de l’antre de la HPLHS…

Des aliens pas catholiques…

Des aliens pas catholiques…

9) Le territoire des Ombres

Le pitch : De nos jours, une agence immobilière s’intéresse à un vieux manoir inhabité ayant appartenu jadis à la famille Valdemar. Mais les deux agents qu’ils ont envoyé successivement ne sont pas revenus et demeurent portés disparus. Ils engagent alors un détective privé en lui adjoignant les services d’une spécialiste de l’histoire des Valdelmar. A bord du train qui les mène à Dunwitch, la jeune femme raconte les origines de cette mystérieuse famille, dont il est dit qu’ils seraient allés trop loin dans leur appétence pour la démonologie…

Le Territoire des Ombres est un film espagnol en deux parties écrit et réalisé par José Luis Alemán entre 2010 et 2011. Le Secret des Valdemar compose donc la première partie d’un film fleuve de près de 3h15, à suivre dans Le Monde Interdit.

Le retour d’Edgar Poe…

Le retour d’Edgar Poe…

Soyons honnête : ce dyptique ressemble davantage à un long téléfilm fantastique en deux parties (du style Ça ou Salem’s Lot ) qu’à une réelle production cinématographique. Le script est très ambitieux, mais la mise en forme de l’ensemble souffre d’une disparité des effets qui rendent le résultat très irrégulier.
Les deux parties sont d’ailleurs très inégales et, si Le Secret des Valdemar est assez réussi et envoûtant, Le Monde Interdit est carrément laborieux en termes de mise en scène. Le film dans son entier est construit sur un mode narratif simultané, utilisant le flashback pour développer la toile de fond du récit. Alors que le premier segment s’apparente à un très long retour sur les origines de la famille Valdemar au XIX° siècle (l’occasion d’une très belle série de scènes romanesques, voire gothiques), la suite s’enlise dans une tentative de transposer l’univers de Lovecraft dans une forme de film d’horreur moderne, qui ne fonctionne pas du tout puisque l’ensemble n’est jamais effrayant, ni même glauque ou malsain.

Ce n’est donc pas tant sur le fond que le bas blesse, mais bien sur la forme, puisque la mise en scène souffre d’approximations aussi bien du point de vu de la tension narrative que des effets spéciaux, honnêtes mais trop peu viscéraux pour créer l’effroi. Le jeu des acteurs, excellent sur le premier volet (au temps passé), tombe complètement à plat sur le second dans la mesure où les personnages principaux (ceux du temps présent) sont idiots et insupportables ! A noter que le film offre l’occasion à l’acteur Paul Naschy, illustre vétéran espagnol dans le domaine du cinéma fantastique et notamment dans celui des loups-garous, d’interpréter son dernier rôle sur un écran…
Dans le fond d’ailleurs, le film est plutôt intéressant et fourmille de belles idées (sans doute trop) lorsqu’il s’agit d’interpréter l’univers de Lovecraft, tout en lui adjoignant d’autres figures de la littérature fantastique ou démonologique. Des personnages ayant réellement existé prennent ainsi part à l’intrigue, à commencer par H.P. Lovecraft lui-même. Aleister Crowley s’invite également dans le script, et convoque même Bram Stocker en personne lors d’une séance de spiritisme non dénuée d’humour référentiel ! Dans la réalité, la réunion de ces personnages est parfaitement anachronique, mais qu’importe, c’est l’idée de les réunir qui compte !

Des séances de démonologie où Aleister Crowley rencontre Bram Stocker !

Des séances de démonologie où Aleister Crowley rencontre Bram Stocker !

Comme d’habitude, les puristes de l’œuvre de Lovecraft DE-TES-TENT ce film qu’ils jugent infidèle au Mythe de Cthulhu. Et une fois encore, je m’élève contre ce manque d’ouverture d’esprit qui consiste à ne pas accepter (comprendre ?) le principe d’une adaptation qui ose le choix d’un script original et référentiel, qui prend le parti de s’inspirer de l’œuvre lovecraftienne dans son ensemble plutôt que d’en adapter un extrait en particulier.
C’est pourtant sur ce terrain que le script imaginé par José Luis Alemán est le plus intéressant, puisqu’il a décidé, comme le fit Roger Corman en son temps, de garder l’esprit davantage que la lettre. Nous retrouvons donc plusieurs éléments qui font le sel de l’univers de Lovecraft, à commencer par le cadre de l’enquête classique qui conduit au mystère par l’intermédiaire d’un lieu étrange, ainsi que le choix d’une atmosphère gothique surannée, propre à cette fin du XIX° siècle (même si Lovecraft plaçait ses personnages au début de XX° siècle, parmi ses contemporains).
Parallèlement, le scénario ne fait pas l’impasse sur les principaux éléments de la mythologie lovecraftienne. Et ni le Necronomicon, ni même Cthulhu ne sont oubliés !

Puisque l’on parle de Corman, Il semble que le réalisateur espagnol se soit souvenu que le plus grand spécialiste d’Edgar Poe au cinéma avait, dans les années 60, marié les influences de Poe et de Lovecraft dans La Malédiction d’Arkham, première adaptation lovecraftienne de l’histoire du cinéma. Et c’est ainsi que nous retrouvons dans Le Territoire des Ombres, tout comme l’avait inscrite Christophe Gans dans le premier sketch du film Necronomicon, l’influence du poète américain à travers le destin de la famille Valdemar, prisonnière de sa mystérieuse demeure…

Le Territoire des Ombres constitue ainsi une tentative très intéressante de transposer l’univers de l’écrivain H.P. Lovecraft sur grand écran. Il s’agit d’un film réalisé avec peu de moyens, qui souffre d’une mise en scène approximative et d’un script particulièrement laborieux dans la seconde partie. Mais les intentions sont louables et les choix en matière d’adaptation sont remarquables.
Conclusion : 3 étoiles pour la forme. 4 pour le fond.

Notre article est à présent terminé. Si d’aventure, votre serviteur aurait oublié un film intéressant, vous pouvez le relever plus bas dans les commentaires ; c’est avec grand plaisir que nous accueillerons d’autres éléments passés sous silence.

Si ça c’est pas du Lovecraft…

Si ça c’est pas du Lovecraft…

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De L’antre de la folie aux productions HPLS, découvrez les meilleures adaptations des oeuvres de Lovecraft au cinéma.

BO : Metallica – The Call of Ktulu

Bon, alors là, pour la BO, c’était évident, non ?

46 comments

  • Tornado  

    Je suis d’accord. Les deux premiers sketches sont les meilleurs. Le 1° est quand même sympa pour son volet « hommage à Corman et son cycle de Poe ». Le fil rouge est trop guignolesque pour convaincre, effectivement. Mais ça reste un bon petit divertissement, du genre Creepshow ou les Contes de la Crypte…

    • Matt  

      Tiens je n’ai jamais vu le 2eme Creepshow. Parait qu’il est bof. Mais j’aime bien les films à sketchs moi. Si tu en connais des sympas…^^

  • Tornado  

    Il y a :
    - « Au Coeur de la Nuit ». Le 1°, qui est épatant.
    - « Le train des épouvantes ». Production Amicus avec Peter Cushing, Christopher Lee…
    - « Histoires d’outre-tombe »
    -  » Le caveau de la terreur ». Ces deux films Amicus des 70′s sont les premières adaptations des EC Comics (Tales from the Crypt et The Vault of Horror).
    - « Le club des monstres » avec Vincent Price.
    - « Contes Macabres »
    - « Cat’s Eye »
    - « Les Contes des Ténèbres ». Ces trois films sont d’après Stephen King.
    - « Darkside, les contes de la nuit noire »

    « Creepshow 2″ est effectivement moins bon que le premier. Ça se laisse regarder pour son charme 80′s, cela-dit.

    • Matt  

      Merci. Je connais les 2 premières adaptations des EC comics. Dans mon souvenir il y a même des sketchs qui ont été refaits dans les contes de la crypte. Il y a le sketch d’un père Noel tueur et un gars qui tue avec des peintures.
      Mais je ne connais pas les autres films.

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