LOVEcraft, ETC. (Lovecraft au cinéma 1/2)

Encyclopegeek : Les films inspirés de l’œuvre d’HP Lovecraft

Par : TORNADO

1ère publication le 20/01/19 – MAJ le 18/04/21

Demandez le programme…

Demandez le programme…

Cet article vous propose un tour d’horizon sur les adaptations de l’écrivain H.P. Lovecraft au cinéma et à la télévision.

Sur le principe, il promet d’être un peu long mais pas exhaustif pour autant. Vous pourrez donc le lire d’une traite si vous êtres gourmand et que le sujet vous passionne, ou au contraire y picorer quelques chapitres par ci, par là, car il est découpé de manière à ce que chaque film y possède son propre éclairage. Une deuxième partie plus est consultable ICI 

Nous vous proposons un tour d’horizon en passant en revue chaque film sélectionné, dans l’ordre chronologique…

Par où commencer ? Ah ! oui :
Nous n’allons pas parler de tous les films inspirés de Mr Howard Phillips. Ce ne serait franchement pas une sinécure. Ainsi ferons-nous l’impasse sur une palanquée de films, bons ou mauvais (pardon aux fans de Sam Raimi), car nous allons nous concentrer sur les adaptations les plus franches, à défaut d’être les meilleures. Nous ferons ainsi l’impasse sur tous les films qui ne gardent que « l’esprit de Lovecraft » (et ils sont légions), de même que ceux qui n’en restituent que les éléments linguistiques, comme la saga des Evil Dead et des films d’horreur putrides de Lucio Fulci, qui ne reprennent que les noms de la mythologie lovecraftienne tels le Necronomicon, Arkham ou Dunwitch. Nous ne parlerons pas non plus de la saga Alien et de The Thing  de John Carpenter, œuvres évidemment inspirées du maître de l’horreur indicible, pas plus que de La Cabane dans les Bois et ses Grands Anciens. De même que nous éviterons les films reprenant le bestiaire pisciforme hérité du Cauchemar d’Innsmouth tels Le Continent des Hommes Poissons (1978) et autres Monstres de la Mer (1979), voire même le séminal L’Etrange Créature du Lac Noir (1954).
Non.
Nous nous contenterons seulement des adaptations qui puisent leur script dans le matériel littéraire du mythe de Cthulhu…

 THE classique…


THE classique…

1) La Malédiction d’Arkham

Pour ceux qui ont déjà lu l’article dédié à Roger Corman sur le cycle dédié à Edgar Poe, vous pouvez déjà passer à l’étape suivante…

Voici la toute première incursion officielle dans l’univers de Lovecraft de l’histoire du cinéma.
Le pitch : Au XVIII° siècle, dans la bourgade d’Arkham, le sorcier Joseph Curwen a établi une relation avec les démons d’une réalité parallèle. Il accouple ces monstrueuses créatures avec les femmes du coin, qui mettent au monde des êtres difformes !
Brûlé vif par les habitants du village, il jure de se venger et porte sa malédiction sur tous leurs descendants.
Un siècle plus tard, Charles Dexter Ward, son héritier, arrive à Arkham…

Avec La Malédiction d’Arkham, le réalisateur Roger Corman décide de s’éloigner de l’univers d’Edgar Poe, à qui il dédiait jusque là tout un cycle de films, pour approcher celui de Lovecraft. Samuel Z. Arkoff & James H. Nicholson, les producteurs, lui imposeront tout de même de mêler cette nouvelle influence à celle de Poe. Mais le film deviendra, envers et contre tous, la première adaptation cinématographique de l’univers de l’écrivain de providence.
Ainsi naquit le mariage entre les poèmes de Poe et les nouvelles de Lovecraft, qui allait, l’air de rien, devenir une constante en ce qui concerne la transposition sur grand écran du maitre de l’horreur indicible, comme nous le verrons plus bas…

Si La Malédiction d’Arkham porte en version originale le titre The Haunted Palace, un poème d’Edgar Poe, il s’agit bel et bien d’une adaptation libre des contes de Lovecraft, avec de ci de là des éléments empruntés à certaines nouvelles, comme L’affaire Charles Dexter Ward ou Le Cauchemar d’Innsmouth. Le poème de Poe est cité par écrit à deux reprises (comme souvent dans la série des films de Corman). Mais pour le reste, le film est une adaptation Lovecraftienne.
Le scénario intègre même plusieurs éléments liés à la mythologie de l’écrivain horrifique, tel le Necronomicon, les Profonds de Dagon et les Grands Anciens Cthulhu et Yog-Sothoth…

Comme à son habitude, Corman décide de préserver davantage l’esprit à la lettre et opère une synthèse conceptuelle des éléments issus de son matériel littéraire. Et il faut croire que ce concept deviendra une constante pour toutes les adaptations futures dédiées aux écrits de Lovecraft…

A travers la caméra du réalisateur, les éléments gothiques et horrifiques deviennent d’envoûtantes enluminures faites de brumes colorées et de manoirs menaçants se découpant sous la pleine lune. La photographie, somptueuse, fait naitre l’épouvante dans un écrin cobalt, qui suggère l’horreur des événements plus qu’il ne la montre.

Il y aurait beaucoup à dire de cette œuvre fédératrice, pourtant pas exempte de défauts. Car il apparait aujourd’hui bien naïf de voir tous les ancêtres du village d’Arkham, remplacés, un siècle plus tard, par leurs descendants incarnés par les mêmes acteurs !
Néanmoins, l’importance du film dans l’histoire du cinéma est telle qu’il ne faut pas la prendre à la légère. Outre le fait qu’il s’agisse de la première adaptation des écrits de Lovecraft et un cas d’école dans le mariage entre son influence et celle d’Edgar Poe (qui fut tout de même l’inspiration principale du jeune Lovecraft à ses débuts), il est également important de noter que La Malédiction d’Arkham est un film précurseur sur le thème de la « possession » (thème repris deux ans plus tard dans La Tombe de Ligeia, du même Corman)…

Désormais naïve et surannée, parfois surjouée mais toujours splendide d’un point de vue plastique, cette œuvre classique du cinéma fantastique ne fera aujourd’hui plus peur à personne. Mais elle n’en demeure pas moins une première pierre à l’édifice du thème qui nous intéresse ici.
A noter la présence, auprès de Vincent Price, acteur « cormanien » en diable, de Lon Chaney Jr, autre grand acteur spécialisé dans les films d’horreur (la plupart des monstres de la Universal , certes, mais aussi le rôle de Lenny dans Des Souris et des Hommes !), dont ce fut l’un des derniers rôles…

 And Boris Karloff Meets Lovecraft...

And Boris Karloff Meets Lovecraft…

2) Die, Monster, Die !

Le pitch : Stephen Reinhart, un étudiant américain, se rend dans la ville d’Arkham, en Angleterre, afin d’y retrouver sa fiancée. La jeune femme vit dans le vieux manoir familial, éloigné de tout et craint par les habitants du village. Aussitôt arrivé, Stephen se heurte à l’hostilité du patriarche, Nahum Witley, avant de découvrir son abominable secret…

Die, Monster, Die ! (rebaptisé un temps Le Messager du Diable en VF !) est un film américain réalisé par Daniel Haller en 1965. Il s’inscrit dans la même collection des adaptations d’Edgar Alan Poe que le cycle de Roger Corman et fait partie des quelques exceptions (avec le sympathique film à sketches Twice Told Tales et le guignolesque Le Croque-Mort s’en Mêle) qui furent réalisés par d’autres artisans. Daniel Haller était d’ailleurs le directeur artistique de Corman sur les autres films de la série, avant de venir ici faire ses premières armes entant que réalisateur…

Cette énième production liée officiellement à Poe n’est certes pas la meilleure. Haller n’a pas le talent de Corman et sa mise en scène se révèle peu inspirée, souffrant d’un cruel manque de rythme et de poésie.
Quelques séquences sont néanmoins réussies, comme nous le verrons plus bas. Car il est temps de préciser (mais vous l’avez sans doute deviné petits coquins) que Die, Monster, Die ! est, à l’instar du film précédent, moins une adaptation d’Edgar Poe qu’une relecture de l’œuvre de Lovecraft !
Le scénario puise ainsi plusieurs éléments du script dans La Couleur Tombée du Ciel avec, en guise d’assaisonnement, quelques détails issus de L’Horreur à Dunwitch ; tandis qu’il ne garde de l’univers de Poe que les réminiscences des films de Roger Corman. Certains détails ont été modifiés par rapport à l’œuvre de l’écrivain de Providence (Arkham se trouve désormais en Angleterre), mais le script est tout de même le premier, dans l’histoire du cinéma, qui tente d’approcher une nouvelle de Lovecraft de manière aussi directe.


Boris Karloff trouve qu’il y a une drôle de couleur qui est tombée du ciel…

Sur ce dernier point, Die, Monster, Die ! se révèle très intéressant car, s’il souffre d’une mise en scène pataude et d’un scénario fluctuant, il parvient à installer un climat glauque et putride assez réussi et l’on ressort du film avec un arrière goût de relents malsains, et ce malgré son aspect suranné et ses effets spéciaux à l’ancienne !
Fidèle à l’écrivain de Providence, Haller montre l’horreur moins qu’il ne la suggère, mais réussit néanmoins une poignée de scènes horrifiques qui ne font pas dans la dentelle !
Il bénéficie enfin de la présence de l’acteur Boris Karloff qui, même très âgé (il décèdera en 1969), continue encore de jouer les monstres !

Orange mécanique à Dunwitch…

Orange mécanique à Dunwitch…

3) La Malédiction des Whateley

Le pitch : Susannah Whateley est l’héritière du vieux moulin de Dunwitch, une île isolée proche du Massachusetts. C’est là qu’elle vivait avec ses parents lorsqu’elle était enfant. Elle y revient ainsi de nombreuses années plus tard, avec son mari, Mike.
Arrivés sur les lieux, Susannah et Mike doivent faire face à l’attitude hostile des habitants de l’île, qui semblent vivre en marge du progrès. Ces derniers leur déconseillent d’approcher du moulin, réputé hanté par une créature démoniaque. Ethan Whateley, un cousin éloigné de Susannah, entreprend par ailleurs de faire des avances libidineuses à la jeune femme. Qu’à cela ne tienne, Susannah est bien décidée à profiter de son héritage…

Ce film, réalisé en 1967 par David Greene, est une exception puisqu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une adaptation de Lovecraft mais de l’écrivain August Derleth. Celui-ci était néanmoins, comme le furent Lyon Sprague de Camp et Lyn Carter pour Robert E. Howard, un collaborateur posthume de l’écrivain de Providence, dans le sens où il poursuivra le Mythe de Cthulhu d’après ses notes. La Malédiction des Whateley s’inspire d’ailleurs directement de deux des nouvelles les plus emblématiques de Lovecraft : L’Abomination de Dunwitch et Le Cauchemar d’Innsmouth.

Le film est d’autant plus une exception qu’il semble lorgner davantage sur le cinéma underground des années 68 que sur les films du studio American International Pictures de Roger Corman.
Il dégage ainsi une atmosphère beaucoup plus naturaliste et distille une angoisse plus diffuse et malsaine que les autres adaptations lovecraftiennes de l’époque.
En chef de gang, le cousin Ethan, interprété par un Oliver Reed déchainé (et vraiment très impressionnant), n’est d’ailleurs pas sans rappeler le personnage principal d’Orange Mécanique. La comparaison avec Stanley Kubrick s’arrête là car La Malédiction des Whateley reste un petit film fantastique de l’ordre de la série B. Mais il mérite le détour pour son approche naturaliste et son ambiance psychédélique, que vient appuyer une bande son dominée par des improvisations jazzy.

Le décorum cher à Lovecraft est tout de même très atténué, les habitants de Dunwitch ressemblent davantage aux rednecks de Délivrance qu’aux Profonds d’Innsmouth et le réalisme prend le dessus lors d’un twist final venant balayer la malédiction et son monstre caché dans le vieux moulin…
Il n’en reste pas moins une déclinaison intéressante de l’univers lovecraftien et un film unique en son genre dans la série que nous vous proposons ici.

Mais c’est horrible !

Mais c’est horrible !

4) Horreur à Volonté

Réalisé en 1969 par Daniel Haller (encore lui) au sein du studio American International Pictures (encore lui aussi) le film porte le titre original de The Dunwitch Horror, ce qui tombe bien, puisqu’il s’impose comme une adaptation plus ou moins officielle de la nouvelle L’Abomination de Dunwitch, en tout cas bien plus directe que le film précédent.

Le pitch: Dans le manoir de Dunwitch, le sorcier Watheley aide sa fille à accoucher de l’enfant qu’elle a obtenu de son union avec le grand ancien Yog-Sottoth. Une vingtaine d’années plus tard, l’enfant en question, qui se nomme Wilbur, cherche à consulter le Necronomicon, enfermé dans la vieille bibliothèque d’Arkham. Pour ce faire, il séduit la jeune bibliothécaire et l’emmène avec lui. La pauvre fille ne sait pas que Wilbur envisage de reconduire l’union démoniaque par laquelle il furent conçus, lui et son frère, ce dernier demeurant caché pour une raison inconnue…

Bon… Il convient d’avouer que ce film n’est pas une éclatante réussite. Situé au carrefour d’une époque qui voit le déclin d’un certain cinéma horrifique (dominé en grande partie par la Hammer ), qui sera bientôt remplacé par une nouvelle vague de films d’horreur, portés par des cinéastes de la trempe de Roman Polanski, William Friedkin ou Tobe Hopper, il fait un peu figure de parent pauvre du genre.

Ça a l’air beau vu d’ici !

Ça a l’air beau vu d’ici ! Source Devil Dead 

Bien que son aspect indolent soit probablement un effet de style destiné à ménager une certaine montée de l’épouvante (il semble évident que Daniel Haller s’inspire du classique de la Hammer Les Vierges de Satan), The Dunwitch Horror souffre clairement d’un rythme hiératique qui rend très longues les quatre-vingt-dix minutes que dure le métrage. Fait de bric et de broc pour un budget modeste, le film aligne les décors naturels et les décors de studio (sans oublier les stock-shots) sans véritable harmonie et flirte bien souvent avec le Grand-Guignol.

Le casting n’est pas mauvais et l’acteur Dean Stockwell (principalement connu pour son rôle de Al de dans la série Code Quantum) côtoie la charmante Sandra Dee, célèbre pour les moqueries adressées à son endroit dans le film Grease (!), qui vient ici terminer sa courte carrière cinématographique…

On ne peut nier que ce petit classique possède toutefois le charme de ces films de l’aube, à travers lesquels les artisans tentaient d’adapter l’inadaptable, compte tenu qu’ils ne possédaient absolument pas les moyens de leurs ambitions. Ils s’attelaient néanmoins à la tâche, avec du cœur, du carton-pâte et du système D, et c’est grâce à cette alchimie qu’aujourd’hui nous possédons ce patrimoine, au sein du cinéma de genre. Un patrimoine qui nous offre la perspective de nous plonger dans nos univers de prédilection, car il convient d’avouer que le cinéma n’adapte pas tous les jours l’œuvre de Lovecraft de manière aussi directe. Soit une bonne raison d’accorder un peu de valeur à ces exceptions qui ne confirment pas la règle…

Ça cartoon !

Ça cartoon !

5) Réanimator

On fait un bon dans le temps étant donné que le cinéma des années 70 semble n’en avoir rien à foutre de notre bon monsieur Lovecraft (quand bien même sa mythologie est pillée l’air de rien de tous les côtés), et on arrive en 1985 avec Re-animator .   Le film ayant été chroniqué ici , nous ne nous attarderons pas trop. Mais un peu quand même…

Réalisé en 1985 par Stuart Gordon et produit par Brian Yuzna. Librement inspiré de la nouvelle Herbert West, Réanimateur, Re-animator
n’est pas le conte le plus lovecraftien qui soit (l’écrivain, parait-il, détestait ce récit qu’il considérait comme un produit de commande insipide), mais plutôt un manifeste du cinéma gore décomplexé à une époque où le genre était extrêmement populaire, à la fois sur les écrans de cinéma et dans les vidéoclubs, permettant aux adolescents de frissonner le samedi soir entre copains…

Lorsque j’étais moi-même adolescent, je détestais ce style de film car les outrances sanguinolentes me révulsaient. Mais mes copains m’obligeaient à regarder ces œuvres impies avec eux, les salopiots ! Du coup, j’ai fini par assimiler cette dimension gore et j’ai appris à m’en amuser. Bien des années plus tard, je décidais donc de redécouvrir ce film de Stuart Gordon qui m’avait tant écœuré dans ma jeunesse…

Première surprise : La chose à très bien vieilli ! Les effets spéciaux ont beau être datés, ils sont tellement soignés et efficaces qu’ils tiennent encore très bien la route malgré le fait que l’on comprenne parfaitement comment fonctionnent ces trucages à l’ancienne. Comme on dit depuis, c’est ce qui fait tout le charme de ce type de série B !

Seconde surprise : Le scénario est également impeccable, qui déroule une histoire universelle à base de réflexions sur les dangers d’une science exercée sans conscience. Plus proches d’un Frankenstein que des habituels contes du Mythe de Cthullu, la nouvelle de Lovecraft comme le film de Stuart Gordon forment en définitive une « jolie » fable sur la création. Ou quand l’acte créateur ne peut se jouer des valeurs inviolables.
Dernière surprise, mais moindre dans la mesure où le film bénéficie d’une solide réputation en la matière : Son humour noir est encore parfaitement vivace, et toute cette débauche de barbaque, si elle reste glauque et macabre, n’est finalement jamais malsaine puisque tout est raconté avec une férocité et un second degré jubilatoire et décomplexé. Une forme de cartoon perverti, en quelques sortes !
A noter la superbe bande-son, avec son thème qui sonne comme un remake du Psychose de Bernard Herrmann !

Allez hop ! : Le temps a fait son office : Voilà un nouveau classique du cinéma fantastique…
Par la suite, Stuart Gordon et Brian Yuzna, de même que leur acteur principal Jeffrey Combs, se feront une spécialité des adaptations plus ou moins officielles de l’univers d’H.P. Lovecraft. On va voir ça juste en dessous…

C’est dans le titre : Apparemment c’est du Lovecraft...

C’est dans le titre : Apparemment c’est du Lovecraft…

6) Aux Portes de l’Au-delà

Stuart Gordon & Brian Yuzna se retrouvent donc en 1986 pour Aux Portes de l’Au-delà (From Beyond en V.O.). Le pitch s’inspire de la nouvelle De l’Au-delà, écrite par H.P. Lovecraft en 1920 au sein de son cycle d’histoires macabres.

Bien que le film ne soit pas très long (il dure 86 mn dans sa version uncut), il s’agit tout de même d’une extrapolation assez poussée de la nouvelle originelle de Lovecraft qui n’excédait pas les douze pages et qui était assez ramassée. En réalité, Gordon & Yuzna ne gardent que le sujet de départ (un scientifique crée une machine qui lui permet de percevoir l’existence d’autres réalités dimensionnelles, notamment en stimulant la glande pinéale), ainsi que le nom du personnage principal (Crawford Tillinghast, interprété par Jeffrey Combs). Autour de ce postulat, Gordon & Yuzna viennent greffer d’autres personnages et développent un récit original, dont le but semble être de poursuivre celui de Lovecraft et de l’emmener le plus loin possible, dans une fuite en avant strictement horrifique.
Fidèles à eux-mêmes, les cinéastes font rapidement basculer le récit dans une avalanche d’effets gores et d’effusion d’hémoglobine, en usant et abusant d’effets spéciaux animatroniques et de maquillages en tout genre, afin de transformer leurs personnages en créatures cauchemardesques telles que Lovecraft lui-même n’osait nous les décrire.


Ouch ! même Monsieur Lovecraft, il aurait été dégoûté !

Les admirateurs de l’écrivain de Providence le savent : Celui-ci travaillait davantage sur l’ambiance de ses histoires que sur une visualisation franche de l’horreur. La peur indicible était sa spécialité et il s’aventurait rarement sur le terrain du sexe et du gore craspec. En ce sens, Gordon & Yuzna nous proposent ici une forme de relecture, qui oserait tout ce que le créateur du Mythe de Cthulhu ne se permettait pas, en donnant à cette dimension littéralement horrifique, dans le sens visuel du terme, une illustration extrême, dans laquelle la chair et le sang ne font que s’exposer dans toutes leurs effusions.

Le résultat est glauque à souhait, mais échappe encore une fois au malsain grâce à un parti-pris qui verse clairement dans le Grand-Guignol, voire dans l’humour noir vachard. Le spectateur choisit donc de rire plutôt que de vomir face à cette débauche d’éclaboussures sanguinolentes et de transformations cauchemardesques, les personnages devenant rapidement fous, ne pensant qu’au viol et au cannibalisme…

Cette fuite en avant grotesque et théâtrale fixe toutefois très vite les limites du film entant qu’adaptation au sens strict, puisqu’il s’écarte d’emblée de sa référence littéraire pour devenir un trip dégoûtant, certes cathartique, mais réservé à un public averti, voire un public, ma foi, assez particulier…
Pour le reste, il s’agit d’un exercice de style fascinant qui interroge clairement les créatures fragiles que nous sommes, soumises à nos propres frontières physiques, ici éclatées dans une exploration de ce que nous pourrions devenir, si nous avions le pouvoir de nous en affranchir…

Grrrr… Raaaahhhh… Mmmrrrrwwwhaaaahahahahaha…

Grrrr… Raaaahhhh… Mmmrrrrwwwhaaaahahahahaha… Source Nerdist 

7) Re-animator 2 – Bride of Re-animator

C’est Brian Yuzna tout seul (scénario, production, réalisation) qui nous offre la suite de Re-animator en 1989.
Le récit originel de Lovecraft ayant été publié sous la forme d’un feuilleton en plusieurs épisodes, il était logique que le cinéma en fasse une série de films. Dont acte.
On retrouve ici l’originalité du premier opus, avec sa transposition des éléments lovecraftiens (la ville d’Arkham, l’université Miskatonik) dans l’époque contemporaine des années 80.

Par rapport à la nouvelle originelle, cette suite se révèle plus fidèle que le film précédent. Elle lui emprunte effectivement beaucoup plus d’éléments, notamment en adaptant clairement les derniers épisodes du feuilleton lovecraftien. Mais paradoxalement, elle s’en émancipe un peu plus afin de rendre à César ce qui lui appartient en insistant sur le séminal Frankenstein de Mary Shelley entant que source naturelle. Et ce sont également ses transpositions cinématographiques qui sont invoquées, puisque toute la partie dévolue à la « fiancée du Ré-animator » est pensée comme un hommage au magnifique La Fiancée de Frankenstein , réalisé en 1935 par James Whale, qui demeure aujourd’hui encore la plus belle de toutes les adaptations dédiées au roman de l’écrivaine.


Kathleen Kinmont se prend pour Elsa Lanchester !

Re-animator 2 – Bride of Re-animator est une suite en tout point réussie, qui oublie, comme souvent avec Yuzna ou Gordon, son matériel lovecraftien pour aller voir ailleurs en cours de route, et surtout pour offrir aux spectateurs un trip gore et délirant assez extrême pour l’époque.

Bien des années plus tard, en 2003, Brian Yuzna récidivera avec Beyond Re-animator. Mais comme son titre l’indique, on sort du cadre initial de l’adaptation de la nouvelle de Lovecraft pour raconter la suite des aventures d’Herbert West (désormais en prison), de plus en plus déconnectées de ses origines littéraires. A bien des égards, d’ailleurs, ce troisième opus fait penser au film Frankenstein et le Monstre de l’Enfer , dernier Frankenstein de la Hammer, au concept tout à fait similaire…

Quant à Stuart Gordon, on le reverra en 2005 sur une adaptation lovecraftienne dans la série anthologique Masters of Horror, le temps d’un épisode (Le Cauchemar de la Sorcière) en forme de variation autour de la nouvelle originelle (La Maison de la Sorcière). Un exercice beaucoup plus classique que les films cités ci-dessus (également plus fidèle malgré, comme toujours, de nombreuses digressions), profitant pleinement de son format télévisuel de 60 mn.

Entretemps, Gordon & Yuzna se retrouveront sur le film Dagon dont nous parlerons plus tard. Car, pour l’heure, nous faisons une pause et vous proposons de nous retrouver très bientôt pour la suite de notre article…

Brian Yuzna & Stuart Gordon reviendront bientôt…

Brian Yuzna & Stuart Gordon reviendront bientôt…

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Reanimator ?  Aux portes de l’horreur ? Horreur à volonté ? 

Les adaptations cinématographiques de Lovecraft sont légion. Aidez Tornado dans la première partie de son dossier consacré au papa-pieuvre à choisir la meilleure. 

BO : Black Sabbath – Behind the Wall of Sleep

Du Lovecraft en musique ? Moult groupes de hard rock s’y sont essayé. Mais le premier restera toujours le premier…

69 comments

  • Eddy Vanleffe....  

    Stuart Gordon, l’artisan qui s’est fait un devoir de prodiguer la bonne parole…

    good job, Tornado! 🙂

  • Présence  

    Une rétrospective chronologique passionnante. Il y a quelques semaines est paru un recueil d’adaptation de nouvelles de Lovecraft par Esteban Maroto, et dans son introduction, José Villarrubia faisait un constat similaire, sur le peu d’adaptations en comics de l’œuvre de Lovecraft avant les années 1980.

    Si j’ai bien lu ton article, j’ai l’impression qu’il y a à chaque fois une grosse part d’adaptation, voire de transformation, plus que de transposition, comme si l’indicible cher à l’auteur se mariait mal avec un média visuel.

    • Tornado  

      Oui, les adaptations de Lovecraft sont très rarement fidèles à cause de cette dimension de l’indicible.
      Certaines des nouvelles de Lovecraft sont par ailleurs très abstraites. Je lisais hier encore la nouvelle « Nyarlathotep » pour la 3° fois, et je continue de ne rien comprendre à ce que ça raconte. Vas donc adapter fidèlement ce machin ! 😀

  • Bruce lit  

    Mis à part Réanimator, je n’ai vu aucun de ces films.
    Une question : quand apparaît l’asile D’Arkham chez Batman ? Est-ce une référence directe au monde de Lovecraft introduite par Morrison ?

    Comme d’habitude, ces histoires de Grands Anciens ne me branche pas plus que ça, mais je mourrais moins idiot ce soir en sachant qu’on peut souffrir chez Lovecraft et jouer dans Grease. Je ne suis pas très preneur de tout ça mais les films post réanimator pourraient m’intéresser à l’occasion si je trouve ça en médiathèque.

    La Malédiction des Whateley : effectivement, c’est assez original ces scans de personnages à ciel ouvert en plein jour. Je garde d’Oliver Reed son interprétation pataude et sa voix atroce dans le Tommy de Ken Russel. Content de savoir qu’il ait pu se montrer impressionnant ailleurs.

    Réanimator : ben le seul film que j’aime est celui dont Lovecraft détestait le script romancé. Y’a pas de miracles…C’est f=vrai que le résultat s’apparente à un cartoon horrifique. Bien vu.
    Sur la musique, je me rappelle ne pas avoir entendu de grandes nuances entre le thème du film et Psycho.

    Aux Portes de l’Au-delà : jamais vu, mais encore ces histoires de passages dimensionnels….Mais il y a du Crossed et du Resident Evil dans ce que tu expliques. Pourquoi pas si j’en ai l’occasion.

    Kathleen Kinmont : un scan qui me ramène aux années VHS où l’on voyait le film sans jamais le louer…Les FX ont l’air aussi réussi que ceux du premier film. Même topo : puisque on est dans de l’adaptation plus que libre des histoires d’HP, je pourrais aimer ça.

    • Présence  

      Comme l’indique Matt, l’asile d’Arkham est une référence directe à HP Lovecraft, mais pas créé par Grant Morrison. L’asile d’Arkham est apparu pour la première fois dans Batman 258, en octobre 1974, scénario de Dennis O’Neil, dessins d’Irv Novick.

    • Matt  

      « ben le seul film que j’aime est celui dont Lovecraft détestait le script romancé.  »

      Hum…Lovecraft est mort en 1937. Qu’est-ce qui te fait penser qu’il a pu avoir le moindre avis sur le script du film ?^^
      Non, par contre sa nouvelle en plusieurs chapitres « Herbert West Re-animator » était je crois un boulot de commande et ce n’est pas ce qu’il a préféré écrire. Et pourtant c’est franchement pas déplaisant à lire. Toujours assez inquiétant.

      Bon et puis…as-tu lu un seul truc de Lovecraft comme je te l’ai conseillé ?^^ En livre de poche tu peux tenter « l’abomination de Dunwich » chez « j’ai lu ». Même si tu détesteras surement la première histoire avec un gros monstre, les autres sont chouettes.
      Désolé mais en fait ça me tue que tu dises que tu n’es pas fan sans avoir lu un seul truc de lui^^ T’imagines si je disais que les Beatles c’est de la merde sans avoir rien écouté ? Tu m’assassinerais.
      Il y a de fortes chances que ce ne soit pas ton truc en effet, mais faut tenter quand même avant de dire ces trucs^^

    • Tornado  

      Non, Sandra Dee ne joue pas dans Grease. C’est juste que les acteurs se foutent de sa gueule dans une ou deux scènes !

      Toi le fan de Re-animator, je suis surpris que tu n’aies jamais vu Form Beyond et Re-animator 2. Ils sont dans la même veine, même si je trouve From Beyond moins bon. Certains trouvent d’ailleurs que Re-animator 2 est meilleur que le 1°.

      Oliver Reed est un acteur souvent impressionnant. Tu n’as jamais vu Chromosome 3 de David Cronenberg ?

      • Bruce lit  

        @Tornado : je n’ai pas vu tous ces films faute de diffusion à l’époque et parce que mes parents mettaient leur véto sur les films d’horreur. Je n’ai vu Reanimator que pour la première fois, il y a deux ans.
        Je n’ai pas vu Chromsome 3. Un petit coup d’oeil sur Wipédia me permet de saisir la monstrueuse filmographie de Reed dont je n’ai vu que Tommy, les 3 mousquetaires, Condorman et Gladiator.

        @Matt : par pure paresse je n’ai pas été au bout de ma phrase : je voulais bien entendu dire que ce qui a inspiré le film n’était pas l’écrit préféré de Lovecraft.
        Non, je n’ai rien lu de LOvecraft depuis le dernier dossier Matt. J’y viendrais peut-être un jour. Mais ce n’est as mon univers. Je n’assassinerai jamais quelqu’un qui n’aime pas les Beatles si le rock n’est pas son truc. Je peux parfaitement imaginer que l’univers de Manson, NIN ou Alice Cooper ne soit pas la tasse de thé de tout le monde. Je n’ai jamais dit que c’était nul mais que ne manifestant aucun intérêt ni pour la magie, les grimoires, les monstres, le mysticisme ou les dimensions parallèles, il n’y avait que très peu de chances que je me rue dessus.
        Je pense quand même avoir fait de gros efforts en lisant-et en appréciant- des trucs que j’abhorrais avant.

        • Matt  

          Nan mais c’est juste bizarre de ne pas aller tester à la source.
          Ne pas aimer les Beatles ok…mais ne pas aimer sans les avoir jamais entendus ? ça parait un peu bizarre de ne pas essayer avant de dire un truc comme ça. Moi j’aime pas Ennis mais…j’en ai lu pour m’en rendre compte^^
          Le truc c’est que…oui je me doute que ce n’est pas ton truc. Mais tu risques juste de te faire des idées déformées en fonction des adaptations qui diffèrent des originaux. « De longs rêves » de Junji Ito c’est du Lovecraft tout craché. Avec un monde par delà les rêves et qui a des effets terrifiants sur le corps du mec.

    • Matt  

      @Bruce : Surtout qu’il y a du Lovecraft chez Junji Ito. Et tu aimes bien il me semble^^ Donc se référer aux BD ou films « inspirés de » pour estimer si ses écrits sont pour toi ou non…c’est un peu léger, mon bon monsieur^^

      • Bruce lit  

        Oui, ça oui, mais il y a ce je-ne-sais-quoi de réaliste qui me parle plus que le mythe de Chtulu.

        • Matt  

          Eh béh oui mais il y a des nouvelles de Lovecraft « la musique d’Eric Zhan », « les rats dans les murs », « je suis d’ailleurs », « le modèle de Pickman » et plein d’autres qui ne font AUCUNE référence à Chtulu. Chtulu il apparaît extrêmement peu au final.

        • Matt  

          Bon et puis c’est un style d’écriture aussi Lovecraft. Au delà des histoires.
          Mais bon peut être es-tu un passionné du fond plutôt que de la forme^^

          • Eddy Vanleffe  

            Oui c’est ce que j’allais dire…On en fait tout un cake (des sacs à dos mignons etc…) de Chtulu….aujourd’hui!
            la plu part de ses nouvelles effleurent justement la sensation d’étrangeté jusqu’à ce qu’un élément « monstrueux au sens propre du terme » vienne donner une sorte d’écœurement comme si il y avait tout un tas de lombrics cachés sous tes spaghettis… au début, tu ne les remarque pas et puis il y a cet effet de bascule…

            Je suis d’ailleurs m’a marqué par sa poésie par exemple et même pour sa tristesse.
            il y a aussi pas mal de spleen dans son écriture…

            les films ont traduits tout ça soit avec du gore, soit avec des poulpes géants…
            aujourd’hui, Chtulu perd énormément de sa puissance d’évocation.

          • Matt  

            C’est exactement pour ça que je me dis que Bruce se fourvoie peut être sur l’oeuvre du monsieur en se référant juste aux adaptations.

            Et pourtant…si un néophyte des X-men lui disait « le film est pourri, alors je vais pas aller lire les comics », il serait le premier à dire « ah non malheureux, c’est différent dans les comics, faut pas s’en tenir là » 😉

  • Matt  

    « Une question : quand apparaît l’asile D’Arkham chez Batman ? Est-ce une référence directe au monde de Lovecraft introduite par Morrison ?  »

    Oui complètement.
    Tornado a encore frappé avec la première partie d’un gros dossier^^
    Pour moi, les plus fidèles à Lovecraft dans l’esprit c’est les 2 premiers. Dans le sens où ce sont davantage des films d’atmosphère. Après c’est pas évident de rendre ça aussi effrayant que Lovecraft qui stimulait l’imagination. Chez Stuart Gordon, c’est plus la fête du slip et du gore (ce qui ne veut pas dire que c’est mauvais, hein^^)
    Après le souci de la malédictio nd’Arkham et de Die monster DIe c’est quand même un rythme un peu mollasson. Je ne saurais trop dire ce qui ne va pas exactement mais ils souffrent de quelques lenteurs pour moi.

    Re-animator j’ai un rapport mitigé avec ce film. Il n’est pas mauvais mais il est à la fois trop grotesque pour fonctionner comme film d’horreur, et trop malsain parfois pour vraiment faire rigoler. Enfin c’est comme ça que je le ressens, et j’avais dit la même chose sur l’article du boss^^
    Pour le coup je trouve que From Beyond (aux portes de l’au delà) fonctionne mieux comme film d’horreur malgré les défauts que tu mentionnes. Cette folie des personnages qui font n’importe quoi m’a paru plus « réaliste » que dans Re-animator (allez, viens me dire que les gens ne font pas n’importe quoi dans la vie des fois^^) Du coup non…ce film ne me fait pas vraiment marrer non plus. Mais bon ça fait un bail aussi que je l’ai vu.
    Après j’imagine que ça dépend aussi de ce qu’on attend de ces films. En termes de comédie d’horreur, je préfère quand c’est franchement plus con. Re-animator me met un peu mal à l’aise et en même temps, je ne peux pas le prendre très au sérieux. Tu dis que c’est comme un cartoon gore, mais perso je trouve que c’est beaucoup moins fun qu’un Evil Dead 2 par exemple. Enfin, question de sensibilité. Peut être qu’il faut aimer l’humour à la Garth Ennis 😉

    La fiancée de Re-animator je ne l’ai jamais vu. Je pensais que c’était caca^^
    Quoique c’est plutôt sur Beyond Re-animator que j’ai entendu beaucoup de critiques pas folichonnes. Pas vu non plus pour ma part. Tu ne développes pas ce que tu en penses dans l’article de ce 3eme Re-animator, tu en reparleras ensuite ou pas ?
    Et Dagon, il viendra aussi ?^^ Je l’aime bien lui.

    Horreur à volonté et la malédiction des Whateley, je ne les ai pas vus (même si je sais d’où tu sors le 2eme 😉 )
    Je me pencherai peut être dessus.

    Tiens sinon, si tu es un fan de cinéma curieux comme je le pense, tu devrais jeter un œil au téléfilm « She-creature » (celui de 2001 par Sebastian Gutierrez) intitulié en VF…euh…la sirène mutante (quel titre de série Z pourri !) Il fait partie d’une collection de téléfilms en hommage à Stan Winston. Mais bon je crois que c’est le seul qui vaille le coup. C’est l’histoire d’une sirène découverte et qui est emmenée par bateau. Et elle exerce une influence hypnotique sur les passagers (c’est une sirène, elle charme quoi) ça fait assez lovecraftien au niveau du traitement, c’est plutôt un film d’atmosphère même s’il y a une grosse bêbête à la fin. La fin est justement un peu convenue mais bon…j’ai pas dit que c’était un chef d’oeuvre méconnu, mais une curiosité sympathique à voir^^ Avec Rufus Sewell et Carla Gugino.

  • Tornado  

    Je suis passé vite sur « Beyond Re-animator » (et sur l’épisode de Masters of Horror) car l’article est déjà très long. « Beyond Re-animator » est le moins bon de la série et celui qui s’éloigne le plus de la nouvelle de Lovecraft. Mais ce n’est pas un si mauvais film. C’est une bonne petite série B horrifique qui rappelle « Frankenstein et le Monstre de l’Enfer » de la Hammer (Rahhh ! mais en fait si j’avais tout dit dans l’article ! 😀 ).

    Un grand merci au généreux donateur du film « La Malédiction des Whateley » ! 😉 (maintenant tu peux aussi le regarder)

    Je suivrais ton conseil pour ce « She-Creature » dont j’avais déjà entendu parler.

    • Matt  

      Pareil tu peux tester le film « Maléfique » (non, pas celui sur la sorcière de Disney) de 2001 par Eric Valette.
      Un film d’horreur français qui se passe juste dans une cellule avec 4 prisonniers qui trouvent un livre occulte dans le mur. Bon la fin est un peu bof aussi mais pour un tout petit film sans budget (unique décor : une cellule de prison), c’est quand même sympa.

      • Tornado  

        Houlà, ce genre de concept (un lieu unique et restreint pendant un film entier), je ne supporte pas. Sans doute ma claustrophobie…

        • Matt  

          Ah…
          Bon tant pis.
          Claustrophobe ?
          Bon moi c’est les araignées, chacun son truc^^

          • Eddy Vanleffe  

            pourtant il est cool de film…
            étrange concept, original qui fait écho à mes recherches actuelles…

  • Tornado  

    Et encore autre chose déjà écrit dans l’article :
    « … »le film Dagon dont nous parlerons plus tard. » Hem hem (sachant qu’il va y avoir une 2° partie)…

    • Matt  

      Ah pardon j’ai mal lu.
      Nan mais pour ma défense, dire que ça rappelle « le monstre de l’enfer » ne dit pas si tu as trouvé le film bien ou raté^^

  • Matt  

    Ah et sinon, franchement…je sais que vous êtes tous fans de rock ici…mais si on vous dit « ambiance inquiétante et oppressante, mystérieuse »…vous pensez à du hard rock ? Sans déconner ?

    Je ne comprends pas les fans de rock^^ Ils en mettraient sur des images de méditation.

    Moi je verrais plutôt des musiques d’ambiance de ce type :
    https://www.youtube.com/watch?v=UrqAnpo3nqQ
    Alors ok…à écouter comme ça…c’est pas forcément le best. Mais peut être que c’est moi qui pense à « ambiance de film » quand je pense à de la musique. En tous cas pendant une lecture de Lovecraft, je mettrais plutôt ça que du hard rock.^^

    • Jyrille  

      Je ne connais pas du tout cette musique ça a l’air sympa (et angoissant). Pour te répondre, je dirai que Tornado a parfaitement résumé la situation. D’ailleurs ce titre de Sabbath ne serait pas inspiré de Lovecraft ? Tu sais que les métalleux aiment l’horreur, tu connais quand même le Call of Ktulu de Metallica ?

      https://www.youtube.com/watch?v=sWGOEWdV13M

      • Matt  

        Oui d’accord mais je veux dire…pour moi ça colle pas du tout à l’ambiance. C’est un truc qui m’échappe un peu d’être fan de trucs mystérieux inquiétants…et de pondre une musique agressive hardcore très énergique pour rendre hommage à ça…
        C’est pas du tout l’idée que je me fais d’une musique pour coller à l’univers de Lovecraft. Après on peut aimer ça en dehors du contexte mais je vois juste mal le rapport…

        • Eddy Vanleffe  

          C’est vrai il faut prendre le truc dans l’autre sens… c’est pas le metal qui va avec le fantastique mais le fantastique qui va bien dans le metal:
          Entre Blue Oyster cult qui parle régulièrement des bouquins de Moorcock
          Iron Maiden qui passe en revue dans ses chansons « Murders in the rue Morgue », Dune, The Prisonner, Le cycle d’ambre dans Seventh So of the Seventh Son etc…
          et plein d’autre encore

          Black Sabath est le nom d’un film en anglais qui a vachement traumatisé les quatre de Birmingham et il ses sont mis en tête de faire une musique macabre accordé un demi ton en dessous de la normal ce qui était considéré comme une harmonie impie et satanique au moyen âge. un bon moyen de lier inextricablement dans l’ADN du métal, l’occultisme, le fantastique etc…

          Mais oui, le métal s’accorde très mal dans les films. Phenomena de Argento est vraiment raté à mort sur ce coup là…

      • Tornado  

        Alors c’est marqué dans la BO : Ce titre est le premier de l’histoire du rock inspiré de Lovecraft 🙂

  • Tornado  

    Je dois t’avouer que je n’écoute jamais de rock quand je lis du Lovecraft. Plutôt des musiques d’ambiance, justement (des musiques de film ou du Dead Can Dance).
    Mais ici, il est plutôt question d’illustrer un article avec un échantillon de la culture populaire. Et c’est donc souvent le rock qui échoit.
    Enfin, c’est comme ça que je vois la chose en tout cas.

    • Matt  

      Ok. Dans ce cas…^^

      Sinon, puisque tu t’es attaqué aux masters of horror, tu as vu le Cigarette burns de Carpenter ? J’ai eu l’impression que c’était un remake de l’antre de la folie en moins bien, pas toi ?
      Il n’est plus en forme depuis longtemps le Carpenter. C’est pas pourri non plus, mais par contre l’épisode qu’il a réalisé pour la saison 2…ouch, il est mauvais ! (selon moi^^)

  • Tornado  

    Non, j’ai fait une pause sur la série au bout de quatre épisodes par manque de temps. J’ai enchaîné ensuite sur d’autres séries, dont le Frankenstein Chronicles dont je t’ai parlé. A ce propos, j’ai vu le final de la saison 1 hier soir et… Wow. C’était quelque chose…

  • Jyrille  

    Merci Tornado pour ce super premier article ! Tes découpages courts par films sont de parfaits résumés sur lesquels on peut revenir si on en a le besoin ou l’envie. C’est un peu la même chose que sur l’article sur King et je trouve ça parfait.

    J’ai vu Re-animator comme toi, ado, et comme toi, je n’étais pas du tout attiré par le gore. Je n’en ai aucun souvenir. Récemment j’ai vu Saw IV, totalement ridicule dans le gore. Et mauvais film.

    Ce qui est cool, c’est que je suis en train de relire Lovecraft. En fait j’ai vu deux tomes de nouvelles traductions, mais je n’ai pas sauté le pas. Je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé lire enfin Démons et Merveilles, et mes vieilles éditions ne sont pas si catastrophiques que ça. Depuis j’ai lu Je suis d’ailleurs, qui a beaucoup de nouvelles courtes, et je suis en plein dans La couleur tombée du ciel. Je viens de terminer Le cauchemar d’Innsmouth et je l’avais totalement oubliée : elle est terrible ! Un peu trop longue, mais vraiment originale et très angoissante. Je pense que Carpenter y a pensé en faisant son Prince of Darkness. L’abomination de Dunwich est bien aussi mais moins lovecraftienne je trouve, elle part dans une sorte d’actionner sur la fin, enfin c’est perturbant.

    Je ne suis pas certain d’avoir envie de voir ces films, mais ton travail archéologique de films de genre que je ne connais pas (ceux de la Hammer, les giallo…) m’en apprends tellement, c’est un vrai plaisir.

    La BO : je viens de découvrir récemment, c’est super.

  • Tornado  

    Je lis aussi tout Lovecraft en ce moment, avec moult nouvelles que je n’avais jamais lues.
    Ma préférée est aussi Le Cauchemar d’Innsmouth. Horreur à Red Hook et La Maison Maudite m’ont vraiment plu aussi. Davantage que les grands classiques du Mythe de Cthullu comme Les Montagnes Hallucinées ou Dans l’abîme du temps.
    C’est vraiment sympa de revenir dans cet univers bien des années après l’avoir découvert, étudiant…

    • Jyrille  

      Oui je confirme ! C’est pour ça que j’aimerai m’offrir les nouvelles traductions. Je ne pense pas avoir lu tout Lovecraft, je crois même que je n’ai pas Dagon mais qu’on me l’avait prêté à l’époque, à mes 16 ans. Si ça se trouve je n’ai que quatre recueils, un 10/18 et les autres des Denoël.

    • Matt  

      J’ai relu il y a quelques temps aussi pendant que mes pieds guérissaient de leur opération les nouvelles traductions chez Bragelonne.
      C’est là que j’ai découvert la nouvelle « le temple » que je n’avais pas lue avant, et qui semble être l’inspiration principale de la BD Sanctuaire. Ce sous-marin allemand qui coule, l’équipage qui pète les plombs et le dernier survivant qui découvre des ruines sous l’eau. J’ai bien aimé.

  • JP Nguyen  

    « un exercice de style fascinant qui interroge clairement les créatures fragiles que nous sommes, soumises à nos propres frontières physiques, ici éclatées dans une exploration de ce que nous pourrions devenir, si nous avions le pouvoir de nous en affranchir… »
    très élégante formule, Monsieur Tornado !
    Je me rappelle encore de la bande annonce du film « Aux Portes de l’Au-delà »dans la séquence cinéma de Canal+ en clair le mercredi en début de soirée. Les images m’avaient fait forte impression… Et le peu qu’on en voit dans l’article me conforte dans l’idée que si je l’avais vu à l’époque, j’aurais sans doute fini à Arkham…
    Bon, sinon, vous me connaissez, l’horreur et moi…

    • Jyrille  

      As-tu essayé, JP, de lire Lovecraft ?

      • JP Nguyen  

        Non, Cyrille, je n’ai jamais vraiment essayé de lire du Lovecraft. Ca ne m’attire pas vraiment… J’ai un peu peur de cette « peur de l’indicible »… Parfois, les trucs qu’on s’imagine sont encore pires que tout ce que les films peuvent montrer…

        • Jyrille  

          C’est souvent poétique. Tu devrais essayer les histoires des contrées du rêve, comme mon Démon et merveilles.

  • Tornado  

    @Cyrille : Comme Matt, je lis les nouvelles éditions Bragelonne (« Cthullu, le Mythe »), qu’on m’a offert. Il y a trois tomes, qui regroupent presque tout le Cycle des contes macabres et le Cycle de Cthullu. J’espère qu’il y en aura un quatrième, car ces trois tomes ne contiennent pas « L’Air Froid » par exemple, et il n’y a pas le long Cycle Onirique.

    • Matt  

      Le cycle onirique (Kaddath l’inconnue tout ça) ce sont ses œuvres de jeunesse et honnêtement je trouve ça plus laborieux à lire. Kaddath l’inconnue c’est un peu « le mec va d’un point A à un point B et il se passe des trucs bizarres, puis il va du point B à C…et il se passe des trucs bizarres » On dirait un voyage à la « Alice au pays des merveilles » mais en plus chiant^^
      Tiens oui j’avais pas fait gaffe qu’il n’y a pas « l’air froid » (que j’ai lue…et qui a été adapté chez Warren par Bernie Wrightson)
      Mais bon le cycle onirique existe dans une autre édition relativement récente « les contrées du rêve » sorti en 2010.

    • Matt  

      Bon techniquement il y a de jolies nouvelles quand même comme « les chats d’Ulthar » mais bon Kadath en elle-même, j’ai eu du mal.
      Une nouvelle qui m’a fait de l’effet à ma première lecture dans l’édition Bragelonne : celui qui chuchottait dans le noir. Le moment dans la maison où le personnage découvre la « personne » dans le fauteuil…ça a fait son petit effet sur moi via la façon de planter le suspense.

      • Jyrille  

        « Celui qui chuchotait dans le noir » je suis en train de la lire, c’est celle de la Couleur tombée du ciel nommée « Celui qui chuchotait dans les ténèbres » (meilleur titre je trouve pour le coup). Le cycle de Kaddath je ne sais pas si j’ai tout : ce doit être le Démons et merveilles de mon édition 10/18, où il y a quatre nouvelles qui forment un tout, la troisième et plus longue (A la recherche de Kaddath) étant c’est vrai un poil répétitive. Mais lu dans l’ensemble ça prend une autre valeur.

        Ah vous me donnez envie avec les éditions Bragelonne ! Air froid je l’ai relue dans Je suis d’ailleurs : https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_suis_d%27ailleurs_(recueil)

        • Matt  

          Moui bon c’est vrai que retraduire les titres n’était pas nécessaire.
          Même si techniquement certains sont plus proches du sens original (« at the mountains of madness » était traduit par « les montagnes hallucinées », et le nouveau titre est « les montagnes de la folie » Moins poétique peut être mais plus proche du sens premier^^)

          Sinon le site Noosfere est pratique pour référencer les bouquins disponibles et savoir quelle nouvelle est dans quel recueil^^
          https://www.noosfere.org/livres/auteur.asp?NumAuteur=177

          • Jyrille  

            Merci pour le lien !

  • Tornado  

    Je trouve que la nouvelle traduction des titres est une très mauvaise idée.
    – Déjà, les anciens titres étaient plus beaux et plus poétiques.
    – Ensuite, c’est le jeu de la traduction de tirer le meilleur de sa nouvelle langue (j’ai assisté à une conférence où l’on montrait ce qui avait été apporté de mieux dans la traduction d’Harry Potter (exemple avec le « Choipeau ») étant donné que la langue française est un poil plus riche que la moyenne).
    – Enfin, des titres comme « Les Montagnes Hallucinées », « Celui qui Chuchotait Dans les Ténèbres » et « Dans l’Abîme du Temps » étaient des titres cultes dans leur traduction en français. Traduire « Dans l’Abîme du Temps » par « L’Ombre Immémoriale », c’est peut-être plus proche de l’original, mais c’est aussi et surtout faire oublier la nouvelle dans la mémoire collective de plusieurs décennies. Franchement, je me demande quelle idée est passée par la tête de Bragelonne sur ce coup là. Je trouve ça juste nul, dommage et inutile.
    Si le traducteur a souhaité poser sa marque, il a pour moi juste été à côté de ses pompes. Dommage, car pour le reste, la traduction du texte est superbe.

  • PierreN  

    Du gore outrancier, Barbara Crampton en tenue SM, le retour gagnant du duo Gordon/Combs ; From Beyond est pour moi un idéal de cinéma bis déjantée (comme Braindead et autres représentants du genres).

  • Tornado  

    Quand l’as-tu découvert ? Pour les avoir tous revus récemment, je trouve qu’il est moins bon que les autres films de Gordon/Yuzna. C’est plus du gros délire qu’un bonne histoire. Mais il y a de la personnalité, c’est sûr.

    • PierreN  

      Il y a une dizaine d’années à peu près. C’est peut-être aussi par le côté gore délirant m’importait alors plus que le lien plus ou moins tenu avec l’oeuvre de Lovecraft (quitte à chercher quelque chose de plus fidèle à l’esprit, autant se tourner vers l’Antre de la Folie).

    • Matt  

      C’est bizarre ce que vous dîtes. Dans mon souvenir, From Beyons était plus malsain que Re-animator, et pas du tout aussi fun et délirant qu’un Braindead ou Evil Dead 2 et 3.
      Peut être qu’il faudrait que je revoie le machin…

      • PierreN  

        « From Beyond était plus malsain que Re-animator »

        Il y a de ça effectivement, bien que ces deux films se rapprochent assez dans leur conception de l’horreur (avec Evil Dead 2 et Braindead, cela vire carrément au cartoon survolté et délicieusement barge), plus grotesque et excessif que véritablement effrayant (en cherchant à repousser les limites grâce à une surenchère graduelle, à l’instar du gore façon « Jackson Pollock » de Street Trash).

        J’aime bien l’aspect « Frankenstein » de l’intrigue de Re-Animator (encore plus prononcé dans le 2), mais je préfère néanmoins le mélange de body horror et d’atmosphère libidineuse de From Beyond (comme dans le final du Society du même Yuzna en quelque sorte ; soit on accroche au délire soit on y reste hermétique en fonction des sensibilités).

        • Matt  

          Oui bah moi aussi la dernière fois que je l’ai vu j’avais trouvé que même si c’est clairement un film avec des défauts, From Beyond était plus efficace en termes de pur film d’horreur malsain. Alors que Re-animator je sais pas trop sur quel pied danser. Des fois c’est con, des fois c’est dégueu…enfin comme je le disais je n’arrive pas trop à en rire et en même temps c’est clair qu’à certains moments, c’est du délire peu sérieux.

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