Métro, c’est trop

 

Par: LIONEL ROUDOUDOU

TRANSMETROPOLITAN par Warren Ellis et Darick Robertson

Livin’ on the edge

Livin’ on the edge ©Vertigo

VO : Vertigo

VF : Panini / Urban Comics

Débuté en 1999 et achevé en 2002, Transmetropolitan se présente en une saga qui se déroule aux Etats-Unis, dans un futur proche et indéterminé.
Le récit suit les pérégrinations de Spider Jerusalem, journaliste indépendant, misanthrope et drogué jusqu’à l’os, lancé dans une croisade sans fin contre la corruption politique qui gangrène le pays…

Il s’agit d’une des œuvres-phares du scénariste britannique Warren Ellis, qui s’adjoint pour l’occasion les services de Darick Robertson (lequel signe son ici travail le plus connu – avec The Boys de Garth Ennis).

Comment causer de Transmetropolitan, presque quinze ans après sa sortie ?
Le titre, acclamé alors et depuis, est devenu culte au point de régulièrement être cité parmi les comic-books les plus influents de ces deux dernières décennies. Souvent présenté comme le Grand Oeuvre du scénariste Warren Ellis (un peu l’équivalent à son égard de ce qu’est Watchmen pour Alan Moore et Preacher pour Garth Ennis), il constitue une parfaite porte d’entrée pour qui souhaiterait s‘initier à l’univers de l’auteur.

On y retrouve ainsi, pêle-mêle : des personnages bordeline et des anti-héros brisés, une ultra-violence débridée – mais jamais fun, des humains modifiés, une défiance envers les institutions, du complot gouvernemental, un humour noir corrosif, une férocité qui imprègne chaque case…

Un petit air d’Alan Moore…

Un petit air d’Alan Moore… ©Vertigo

Cette compilation, en forme de best-of, des thèmes de prédilection de Ellis pousse même à penser que la figure tutélaire de la saga, le charismatique Spider Jerusalem, ne représente ni plus ni moins qu’un autoportrait (à peine déguisé) de Ellis lui-même.
Un Ellis qui se livre comme jamais sous les traits du journaliste en lutte contre les injustices du monde et les inégalités sociales. Et dont on reconnaîtra le goût pour la clope, l’humour corrosif et la proverbiale colère.
À tel point qu’on l’imagine volontiers, à la manière de Flaubert et sa Emma Bovary, déclarer : « Spider Jerusalem, c’est moi ! ».

Point qui marque toutefois, en un même élan, la force et la limite de l’ouvrage.
Si le tout paraît émouvant d’honnêteté, (comme à chaque fois qu’un auteur ouvre son cœur et ose apparaître nu et vulnérable), il pêche également par manichéisme.
Comme si Ellis, trop proche de son sujet, peinait à donner la pleine mesure de son talent…

Spider Jerusalem et sa clope : l’image emblématique de la saga

Spider Jerusalem et sa clope : l’image emblématique de la saga ©Vertigo

En gros, on se trouve en présence d’une œuvre « à message » (pour utiliser de gros termes bien redondants à même de définir sa nature). Dans laquelle on sent Ellis plus préoccupé à livrer ses vérités concernant l’état du monde qu’à bâtir une histoire cohérente qui se tienne du début à la fin.
On reste certes, en premier lieu, à l’aune d’une relecture en 2016, ébahi par le parallèle avec la présente actualité. Émeutes, défiance des politiques, toute-puissance d’un état policier, omniprésence des réseaux sociaux, analogie entre transhumains (qui, dans l’univers de la saga, subissent volontairement des modifications génétiques afin de muer en autre chose) et transgenres…
La façon dont le scénariste britannique est parvenu à anticiper le futur sur près de vingt ans ne laisse pas de troubler…

Le souci se situe ailleurs et d’abord dans la façon dont Ellis choisit de narrer son récit. Principalement dans cette façon qu’il a de rendre hommage à ce que l’on nomme le « journalisme gonzo » qui (pour citer wikipédia) se définit comme «ultra-subjectif. À la fois une méthode d’enquête et un style d’écriture journalistiques ne prétendant pas à l’objectivité – le journaliste étant un des protagonistes de son reportage et écrivant celui-ci à la première personne ».

Ultra-violence, vice et corruption : la véritable Sin City…)

Ultra-violence, vice et corruption : la véritable Sin City… ©Vertigo

Deux des figures les plus marquantes du style étant les célèbres Hunter S. Thompson (notamment incarné par Johnny Depp dans le Las Vegas Parano de Terry Gilliam) et Lester Bangs (qui, pour sa part, apparaît sous les traits de Philip Seymour Hoffman dans le Presque célèbre de Cameron Crowe).
Modèles avoués de Ellis qui lui ont, entre autres, bien évidemment servi d’inspiration pour la création du personnage de Spider Jerusalem.

Problème concernant votre serviteur : il est allergique au gonzo. Procédé souvent cache-misère qui sert de défouloir mégalo à des plumes dont le manque de talent les pousse à s’épanouir dans des à-côtés supposément passionnants plutôt que traiter un sujet de manière frontale et objective. Ellis s’y immerge à ce point qu’il en fait la ligne de conduite de l’histoire. Jusqu’à en épouser les pires défauts… L’ouvrage en devient, dès lors, une œuvre de militant dans laquelle l’auteur expose ses opinions comme s’il se retrouvait à rédiger des éditos à la chaîne. Sans trop se préoccuper de la forme de ceux-ci…
En résulte une narration trop longue et pas si bien menée que ça. Un peu trop signifiante. Et dont l’intérêt se dilue au fur et à mesure de sa progression.

Élections américaines : comme un air d’actualité…

Élections américaines : comme un air d’actualité… ©Vertigo

En témoignent les constantes sorties de route (pour le coup, typiquement gonzo) que constituent les textes rédigés par Spider Jerusalem et qu’Ellis croit bon de nous infliger en intégralité.
Des apartés censément emplis de compassion et de profondeur (notamment envers les exclus de la société : principalement les pauvres et les enfants) mais qui versent (trop) souvent dans un sentimentalisme béta et prouvent surtout, par défaut, que Ellis, s’il est généreux, ne possède pas forcément la carrure de l’écrivain qu’il s’imagine être.

Ses deux romans (Artères souterraines et Gun Machine) l’ont d’ailleurs prouvé : si son sens de la réplique qui tue et sa capacité à créer un récit tortueux restent implacables, il lui manque ce petit quelque chose, ce truc en plus qui distingue le scénariste de bédé du romancier aguerri.
Si ça peut le rassurer, il n’est pas le seul : d’aussi illustres noms que Alan Moore ou Neil Gaiman ayant, auparavant, fait la même expérience…

Spider et ses sordides assistantes : trio de choc en lutte contre le Mal

Spider et ses sordides assistantes : trio de choc en lutte contre le Mal ©Vertigo

Et puis, au final, force est de constater que cette figure de Spider Jerusalem, censément outrageante à force de vouloir prendre à rebours tous les clichés, finit par en devenir un elle-même.
Celui du rebelle misanthrope qui ne respecte (en apparence) rien ni personne mais finit par épouser une cause plus grande que lui – thème très américain, s’il en est.
Le combat dudit anti-héros contre les institutions finissant presque par se réduire entre une opposition entre le méchant président hypocrite/meurtrier et le gentil journaliste diseur de vérité.

On touche au grand paradoxe (qui est en même temps la principale faiblesse) de la saga. Laquelle, sous ses oripeaux contestataires, se révèle finalement plutôt classique.
Là où un Grant Morrison ou, plus récemment, Chuck Palahniuk (à travers son Fight Club 2) vont jusqu’à pervertir la matière de leurs récits et s’en prendre aux fondements de leur art…
Soit l’opposé du présent univers qui prône l’anarchie, le chaos et le renversement de l’ordre établi pour, en fin de compte, accoucher de quelque chose d’assez balisé…

(Le transhumanisme comme ultime marginalité…

Le transhumanisme comme ultime marginalité…©Vertigo

Peut-être n’appréhendera-t-on, certes, pas l’ensemble de la même façon selon qu’on est ou non familier du style du britannique.
Ceux qui ne connaissent pas ont de grandes chances d’être surpris (en bien) par ce style si particulier (en l’occurrence fort bien servi par le trait très « ligne claire » de Darick Robertson), qui oscille entre l’agressivité et le caustique.
Les autres, mêmes fans, seront plus nuancés et risquent surtout d’être assaillis par une tenace impression de déjà-vu, de redite, presque de radotage… On est ainsi en droit de préférer l’auteur sur ses récits courts (voire ses one-shots), comme Down, Black Summer, No Hero, Fell ou encore Desolation Jones. Des titres dégraissés, durs et méchants, qui lui permettent d’en dire autant sans pour autant tomber dans les grands discours qui enfoncent surtout des portes ouvertes.

Qu’on ne se méprenne pas : Warren est grand. Et le présent ouvrage reste, malgré tout, agréable à lire, bien mené, rigolo, et toute cette sorte de choses… Il ne constitue juste pas, contrairement à ce que proclame la vox populi, la meilleure expression de cette grandeur. Car comme dirait, de toute façon, Spider Jerusalem lui-même : « L’opinion du peuple, on s‘en fout. Depuis le temps, ça se saurait si les gens savaient penser sans qu’on leur dise exactement QUOI penser».

Don’t worry ! Be happy !

Don’t worry ! Be happy !©Vertigo

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La BO du jour : Paranoïaque moi ?

25 comments

  • Matt  

    En voyant la note et ce que Bruce avait laissé filtrer comme info, je pensais que tu allais défoncer l’œuvre. Mais en fait pas tant que ça.
    Je n’ai pas encore lu tous les tomes (3 sur 5) mais je comprends bien ton point de vue. Pour ma part pour l’instant j’aime beaucoup mais il est vrai que le principe du journalisme gonzo est exactement ce que tu dis.
    Après je ne pense pas que Ellis prétendait non plus pondre là une série exceptionnelle de sagesse et de maturité. C’est surtout un gros coup de gueule, c’est du moins comme ça que je le perçois pour l’instant. Peut être que c’est trop long pour quelque chose de « léger » ou de « classique » comme ça, mais je ne connais pas le contexte de parution de l’époque. Les séries les plus longues ou les plus encensées par les fans ne sont pas forcément les travaux les plus aboutis ou profonds en effet. Que ce soit pour Ellis ou un autre.

    Je dois avouer que j’aime bien certains personnages, notamment les 2 assistantes de Spider. Et Spider lui-même qui nous parait un sacré pourri au début nous semble finalement être le moins pire dans ce futur dégénéré. Peut être que c’est ça qui prend du temps, le fait de se pencher sur les personnages. Pour avoir lu d’autres séries très courtes de Ellis, les persos ont rarement le temps d’être intéressants.

    Après je dis ça sans avoir fini la série.
    Mais je comprends ton opinion. Peut être aussi qu’avec le succès de cette série, on en attend plus que ce que Ellis avait l’intention d’en faire.

  • Présence  

    Une belle critique bien argumentée avec un style d’écriture très vivant. Ce fut un grand plaisir que de se replonger dans cette série de cette manière.

    Finalement, ce qui te déçois dans ces 60 épisodes, c’est plutôt que Warren Ellis ait trop bien réussi à faire du gonzo.

    Ellis ne possède pas forcément la carrure de l’écrivain qu’il s’imagine être. – Cette phrase m’a un peu laissé dubitatif. En lisant Transmetropolitan, je n’ai pas eu l’impression de me voir infliger les écrits d’un auteur convaincu d’être parmi les meilleurs, en train de se regarder le nombril. Il m’a semblé, comme tu le dis, qu’il écrit honnêtement sur des sujets qui le touchent et qu’il réalise une oeuvre d’anticipation très réussie.

    D’un autre côté, je suis convaincu par tes arguments sur la forme de conformisme relatif aux sentiments, et sur le comportement manichéen du journaliste en lutte contre les injustices du monde et les inégalités sociales. mais n’est-ce pas là plutôt le constat que la révolution ne peut plus avoir avoir lieu ? En outre, sous couvert d’anticipation, Warren Ellis réalise une radiographie de l’humanité et de la condition humaine assez intemporelle puisqu’elle s’applique encore au monde d’aujourd’hui.

    Comme toi, certains passages m’avaient semblé un peu plus faciles que d’autres, un peu plus conventionnels, avec un méchant trop méchant (encore qu’il est possible de voir en ce dernier une allégorie de la corruption).

    Une petite correction : la série a été publiée de 1997 à 2002, et il est possible d’ajouter un lien pour No hero qui est aussi sur le site.

    • Artemus Dada  

      Si comme tu le dis amigo, Ellis a réussi à faire du « gonzo journalism », il a aussi en le faisant amoindri ce qu’est le « gonzo journalism » tel que vu par Hunter S. Thompson (ou par moi, pour rester modeste).
      Je m’explique.

      Lorsque Thompson suit la campagne de Nixon par exemple, ou qu’il fréquente les Hells Angels (et se prend une tannée) ses articles ne sont pas de la fiction du moins ne sont-ils pas présentés comme tels, il s’agit d’articles de journaux
      Alors que ce qu’écrit Warren Ellis c’est de la fiction.

      La force, de mon point de vue, du « gonzo journalism » c’est de créer un « espace-entre », une situation (dans le sens « debordien » du terme si j’ose dire) inattendue, incroyable. Cette perception de l’incroyable et de l’inattendu, ne fonctionne que parce qu’elle est revêtue des atours de la réalité, de la véracité. Et en faire de la fiction c’est passer à côté de sa particularité, de ce qui rend ce versant du journalisme singulier(et j’insiste sur journalisme [-_ô]).

      En outre, Hunter S. Thompson est un personnage de fiction qui évolue (ou évoluait) dans notre réalité, en faire un personnage de fiction, tue ce qu’il est (était).
      Le « gonzo journalism » n’a d’intérêt, à mon sens, que parce qu’il est produit dans notre réalité de tous les jours. En faire de la fiction c’est gommer l’espace-entre qu’il invente.

      Bon ceci dit, « Transmetropolitan » ne se résume heureusement pas à la seule transposition de Hunter S. Thompson, ni au « gonzo journalism », et malgré cette « faiblesse » que je lui reconnais, il y a pas mal de chose à découvrir en lisant cette série, parue soit dit en passant, d’abord sous le label S-F de DC Comics (Helix) – qui n’a pas duré – dont elle est la seule, à ma connaissance, à avoir pu continuer ailleurs (chez Vertigo en l’occurrence).

  • Artemus Dada  

    Bonjour à tous,

    Voilà, une bien chouette évocation de Transmetropolitan, où tu te montres quand même assez rude – je trouve – avec le versant littéraire de Neil Gaiman, qui de mon point de vue a prouvé dès le début qu’il était un sacrément bon écrivain (Neverwhere, Mirroirs et fumée, Stardust, American Gods, etc.) ; et la comparaison avec Alan Moore me semble tout aussi rude dans la mesure où Ellis et lui ne joue pas dans la même cours.

    Moore est d’abord (selon moi) un formaliste, c’est un peu comme si on comparait Thomas Pynchon et Stephen King (toutes proportions gardées), si on apprécie les deux, ce n’est pas pour les mêmes raisons.

    Ensuite le roman de Moore « La Voix du feu » qui est somme toute plutôt une sorte de « fix-up » (un assemblage de nouvelles autrement dit, d’histoires courtes) qu’un véritable roman. Et quoi qu’on en pense (pour ma part beaucoup de bien) son premier chapitre est une sacrée réussite formelle et une histoires joliment écrite (en plus d’être sacrément couillu). Et le tout tient debout dans la perspective qui est celle de l’auteur. Une belle réussite !
    La nouvelle que j’ai lu écrite par Moore (c’est dans ce quadrant littéraire un auteur peu prolifique somme toute) intitulée « L’Hypotése du lézard » confirme mon assertion, et elle s’en sort très bien au niveau du plaisir de lecture qu’elle procure.
    Cela dit j’attends avec impatiente son dernier (très gros) roman – Jerusalem (no relation) – traduit par Claro, prévu pour septembre 2017.

    À noter pour en revenir à « Transmetropolitan » – si je peux me permettre – que le personnage principal, dont l’inspiration est en effet- comme tu le précises – Hunter S. Thompson jusque dans son « look » :
    http://artemusdada.blogspot.fr/2011/01/raoul-duke-est-king-mob.html, qui comme on le voit sur la photo que je propose au bout du lien n’a pas eu à être beaucoup retouchée par Darrck Robertson, fait une apparition très remarquée dans l’autre « oeuvre phare » de Warren Ellis : « Planetary » :
    http://artemusdada.blogspot.fr/2016/07/planetary-7-to-be-in-england-in.html (avec une idée derrière la tête ou plutôt du melon pour le coup, d’Ellis).

    Là où tu fais fort, c’est de qualifier le trait et le storytelling de Darick Robertson de « ligne claire », c’est plutôt hardie comme tentative. [-_ô]

    Au sujet de la vague ressemblance avec Alan Moore (première planche que tu présentes, et que tu soulignes), elle est à mon avis fortuite, et évoque encore (et toujours) Thompson qui, s’il n’a jamais eu les cheveux long (et pour cause) a aussi fait comme Spider Jerusalem, une retraite au fin fond de nulle part, à Woody Creek dans l’état du Colorado pour être précis, dans une « cabane/bunker ». Et Thompson, pour la petite histoire, était un dingue des armes à feu, qu’il utilisait souvent.
    (Au point que ses cendres ont été dispersées par un canon)

    Sur le « gonzo journalism », je me permets encore un autre lien : http://artemusdada.blogspot.fr/2013/07/le-journalisme-gonzo-mode-demploi.html
    Pour ceux que cela intéresse d’aller un peu plus loin que l’extrait de la fiche Wikipedia. [-_ô]

    Et pour en finir, ceux qui veulent lire un entretien avec Hunter S. Thompson paru en son temps dans la revue « mythique » Métal Hurlant, ils peuvent le faire en allant là : http://artemusdada.blogspot.fr/2014/01/hunter-s-thompson-entretien.html

    C’est en français bien sûr.

    Bref tous ces liens permettent de donner un instantané de Hunter S. Thompson, et en creux du « gonzo journalism », avec lequel je me montrerai pas aussi dur et tranchant que tu l’es.

    Je relisais par exemple, pas plus tard que la semaine dernière, un article de Grover Lewis (du magazine Rolling Stone), écrit dans ce style, et qui se déroule sur le tournage de « Get-Apens » de Sam Peckinpah (1972) ; et ça tient (encore) méchamment bien la route.
    Tout en donnant un aperçu de l’époque, de l’ambiance, bref en étant aussi un article à « caractère informatif » et factuel, mais pas que ; c’est aussi un article qui se préoccupe du « style », derrière son côté « écrit comme je parle ». [-_ô]
    Ça tient aussi bien la route qu’un paquet de ce qu’a écrit Thompson, même si ce dernier représente le haut du panier de crabes du genre (AMHA).

    Cela dit, bien que d’avis assez divergent sur plusieurs points que tu abordes ici, j’ai eu plaisir à te lire (et je reviendrai). [-_ô]

    Hasta la vista !

    • Bruce lit  

      @Artemus : tu étais classé en spam, du fait de la publication de tes nombreux liens. Te voilà rétabli :)

      @Lionel : je crois que j’ai trouvé plus dur que moi. Et je ne parle pas bien sûr de symbole phallique …
      Trans : Je n’ai lu de la série que le premier arc. Je ne lirai jamais le reste. Je déteste Spider Jerusalem. Je trouve que les héros de Ellis se complaisent souvent dans la crasse, sentent pas bon, sont moches, rien que le début avait élevé au maximum mon niveau d’antipathie pour le personnage.
      Et manque de pot, je déteste aussi le journalisme gonzo et son écriture. POur un Lester Bang dont j’apprécie quelques fulgurances, combien de tacherons, qui , comme pour le punk croient qu’il suffit de plaquer deux accords pour révolutionner la musique. Non désolé, pour faire la musique des Stranglers des Pistols ou de Magazine il fallait aussi du talent.
      Ajoutons enfin que les obsessions de Ellis pour le transhumanisme et la génétique m’indiffèrent au plus haut point, que j’avais trouvé grotesque la scène où il tape son article en haut d’un building face à des événements en cours. C’est une question de goût. Je ne supporte pas Ellis. Je n’aime pas son écriture. Et 99 % de ses Bds. J’en ai lu pas mal mine de rien : Black Summer, No Hero, Fell, Transmachin, Trees et aucune ne ma happé. Sauf ses Thunderbolts qui relève peut être de l’accident industriel.
      Après j’avais bien aimé ses Artères Souterraines qui avait quelques scènes incroyables.

      Je te trouve aussi injuste avec Gaiman qui est un véritable écrivain. Ses recueils de nouvelles notamment Smoke and Mirrors sont vraiment chouettes. Je n’ai pas terminé American God et le dernier l’ocean au bout du chemin. MAis c’était moins dû au style qu’à l’histoire.
      En tout cas, c’est une critique irrévérencieuse comme je les aime, qui bouscule une vache sacrée. Et c’est déjà ça.

      • Artemus Dada  

        Merci amigo, si je mets mes liens c’est d’abord pour argumenter ce que j’avance, une forme de respect pour celui qui a écrit l’article et avec qui le cas échéant je peux ne pas être tout à fait d’accord tout en proposant via ces liens la possibilité de justement contre-argumenter.

        Mais c’est aussi pour faire connaitre mon travail, et j’espère que cet aspect n’est pas pris en mauvaise part ? [-_ô]

        • Bruce lit  

          @ Artemus : ne sois pas Dada. Au contraire, il ne s’agit pas de simple autopromotion mais de add-on à ce que nous débattons ici.

  • Tornado  

    C’est amusant parce que j’ai adoré cette série, et en même temps je suis assez convaincu par les arguments de Lionel.
    La bienpensance populo qui veut que les pauvres soient les gentils et les riches les méchants, je ne supporte pas (pas plus que l’inverse où les riches sont des winners et les pauvres des parasites, d’ailleurs). La réalité est bien plus complexe que ce constat manichéen idiot. Du coup, les gonzos démagos, je les conspue aussi.

    Mais… Warren Ellis écrit ça avec une classe folle je trouve. Il y a un côté punk défoulatoire là-dedans qui, comme chez Garth Ennis, nous venge des salauds de ce monde. C’est une caricature assumée (et donc écrite et dessinée « à gros traits »), mais c’est vachement bien vu quand même.
    C’est la première oeuvre de Warren que j’ai lue. Peut-être verrais-je les choses différemment si je la découvrais aujourd’hui.

    Par contre, contrairement à Présence avec qui je discutais à l’époque où il écrivait les commentaires sur la zone, j’ai davantage apprécié le fil rouge que les nombreux épisodes expérimentaux qui jalonnent la série. Là aussi, il est possible que ça change la prochaine fois que je relirai le tout !

    • Matt  

      Mais je pense même que Ellis n’a jamais voulu que ce soit autre chose qu’une caricature punk défoulatoire. Et non une analyse profonde de la société. C’est comme ça que je le vois pour l’instant, et c’est pourquoi c’est marrant.
      Après je n’ai pas du tout la sensation qu’il fait des miséreux les gentils. Y’a un paquet de dégénérés parmi les moins bien lotis aussi. Notamment les transhumains marginaux et la secte de Fred Christ. En fait il n’y a pas grand monde de récupérable dans ce futur.
      Si, j’ai bien aimé l’épisode où une femme se fait congeler et réveiller dans ce futur complètement dingue. Elle est larguée et traitée comme un déchet qui finit dans la rue…et là le décalage entre la société précédente et la folie du futur fonctionne pour nous montrer cette personne comme une réfugiée complètement paumée et « gentille ».
      Mais sinon, certains pauvres restent de purs produits de leur époque folle au cerveau ravagé. On en rit davantage qu’on nous les présente comme des « méchants » mais ce n’est pas toujours si manichéen.

  • Matt  

    « La bienpensance populo qui veut que les pauvres soient les gentils et les riches les méchants, je ne supporte pas (pas plus que l’inverse où les riches sont des winners et les pauvres des parasites, d’ailleurs).  »

    J’ai quand même juste envie d’ajouter que je préfère quand même le premier cas que l’autre dans la mesure où les riches contrôlent le monde et ont donc bien les moyens d’ignorer ces accusations ou de s’en défendre. Alors que les pauvres n’ont qu’à subir les affronts des puissants (riches) puisque ce ne sont pas eux qui font les lois.
    Sur le principe, je suis d’accord à 100% avec toi. Dans les faits, les conséquences ne sont pas les mêmes. Le riche va vaguement entendre des protestations contre lui à la télé de la part de « racailles » alors que le pauvre va se prendre une légalisation du coup de pied au coup avec une botte cloutée pour le reste de sa vie.

  • Tornado  

    Il n’y a pas un cas que je préfère par rapport à l’autre. Il y a des gens bien et des gens immondes dans les deux. Moi qui travaille dans l’enseignement, je vois défiler des familles de pauvres qui te font vomir par leur bêtise, leur inculture, leur violence, leur mauvaise foi et leur malveillance. Et de l’autre côté, des bourgeois qui achètent la paix sociale en laissant leurs gosses devant les écrans. Et il y a, heureusement, des gens remarquables des deux côtés.
    Le principe à la Robin des bois qui défend les pauvres parce qu’ils sont plus faibles, pour moi ça ne veut pas dire grand chose en fait. Il y a un système, et des gens. Et parmi ces gens, il y a des gens biens et des salauds de partout.

    • Matt  

      Dans le cas que tu cites oui. mais si on parle des politiques qui jugent les pauvres comme des parasites, ils ont un pouvoir de décision sur la législation qui a des conséquences bien plus graves que le père de famille populiste mécontent qui râle tout seul chez lui sur les puissants.

    • Matt  

      Il n’y a qu’un seul des deux qui a le pouvoir d’écraser l’autre. Et comme les pouvoirs impliquent des responsabilités^^…c’est à eux d’être moins aveugles dans leurs jugements. Même si je suis d’accord que ça agace toujours le mec qui fait des généralités. Pour moi c’est juste pire quand ce mec là a tous pouvoirs sur ceux qu’il juge.

  • Tornado  

    Oui mais là on est dans un contexte politique qui dépasse complètement les classes sociales. On entre alors dans un régime totalitaire ou approchant, qui appelle une révolution. Toutes les démocraties ne sont pas (encore) comme ça quand même.
    Ce qui nous ramène à Transmetropolitan où la vision anticipationnelle d’Ellis, dans le détail, est quand même vachement édifiante et visionnaire ! On secroirait presque chez Jodorowsky ou Liberatore.

    • Matt  

      Certes mais pour le coup il est bien question de politique dans Trans^^ (et puis bon, c’est rarement les classes pauvres les politiques)
      Ce que je voulais dire c’est que ça ne me gêne pas tant que ça qu’Ellis expose les crimes des politiques au travers de Spider Jerusalem, même s’il n’est pas objectif.

      Ne connaissant ni Jodorowsky (seulement de nom, rien lu de lui) ni Liberatore…eh bien…si tu le dis^^

  • Lionel Roudoudou  

    Enfin, je parviens à me poser, ouf ! ^_^

    En fait, un peu comme chez le Jacques Martin de la grande époque (et comme souvent sur le blog), je suis un peu d’accord avec tout le monde et comprends tous vos arguments? ;-)

    Contrairement au boss, j’aime beaucoup Ellis

  • Tranquille sapin  

    Je reposte mon commentaire Facebook, donc :

    Effectivement, Transmetropolitan est pas tout le temps « bien foutu » (il part dans tous les sens, mais bordel, quand on regarde la société dans laquelle il se place, je trouve ça carrément raccord) et non, il n’est pas manichéen. Nihiliste, mysanthrope, pseudo-révolutionnaire, un peu naïf peut-être ? tout ce qu’on veut. Pas dérangeant pour moi, c’est un très long édito de l’auteur sur l’état de son Monde, l’intrigue est donc forcément « prétexte », et Spider Jersusalem/Ellis apparaît comme un Don Quichotte cyberpunk. Le côté gonzo est du coup carrément assumé, et plutôt réussi. Perso j’accroche assez facilement, mais sur le long terme, c’est vrai que ça peut lasser. Que Ellis « ne soit pas le grand écrivain qu’il imagine être », là, je tique un peu quand même… Si c’est le bordel dans sa narration, pour moi, c’est volontaire, comment tu veux faire un truc linéaire propret dans un Monde comme celui de Spider Jerusalem ? Le reproche que je ferai en revanche est celui de la naïveté et de la révolte discount de l’auteur qui, des fois, veut trop en faire, là où il ne faudrait que suggérer. Et l’article ne parle que très peu des dessins. Ils sont géniaux, faut le dire !

    • Bruce lit  

      Entre Spider Jerusalem et Tranquille Sapin , je ne sais pas quel pseudo est le plus choc :)
      @Lionel : L’évocation de Jacques Martin sur un brûlot Punk, ça fait un peu mal aux yeux quand même.

  • Lionel Roudoudou  

    (comm envoyé par erreur : ggrrr)

    Je disais donc : j’aime beaucoup Ellis, que ce soient son univers, son ton, ses persos.
    Et, à lire vos remarques et en y repensant, je pense mettre le doigt sur ce qui me gêne, peut-être, le plus dans la présent histoire : à savoir sa longueur.

    L’un de vous évoque un geste punk et c’est vrai qu’il y a de ça.
    Mais je trouve ça bien trop long (et, du coup, inévitablement dilué) pour le pur jet de vomi que ça se veut.

    L’une des force de l’auteur est, à mon sens, ses récits courts et violents, comme un morceau agressif de moins de deux minutes qui hurle ce qu’il a à dire sans en rajouter.
    J’aime quand il étale sa noirceur en restant sobre et sans tomber dans un sentimentalisme de mauvais goût : écueils qui ne sont, ici, pas évités.

    Je trouve, perso, que le récit aurait grandement gagné à être raccourci, dégraissé, simplifié.
    Mais ce n’est, presque, que logique, tant ce que je n’aime pas ici est ce qui me dérange dans les quelques bouquins des plumes gonzos que j’ai pu lire (Thompson ou Bangs).
    Pour paraphraser AMADEUS et l’empereur qui reprochait à Mozart de jouer trop de notes, je dirais : « trop de mots ! ». ^_^

    • Matt  

      C’est pas faux, je n’ai pas fini la série mais je me dit que parfois il y a des trucs inutiles et que c’est un peu long. Perso ça me permet de trouver certains persos sympas comme les 2 assistantes. Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi des trucs too much qui m’ont moins plu.
      C’est pour ça que je parlais de contexte éditorial de l’époque qu’il serait intéressant de connaître. Peut être que pour marquer un gros coup, se faire connaître, ça a duré le temps que ça plaisait, ça s’est étiré. Etait-il populaire comme maintenant à l’époque ? Est-ce qu’il s’est aussi servi un peu de cette série pour se faire aimer de ceux qui adoraient ses jets de vomi comme tu dis ?^^

      • Lionel Roudoudou  

        Peut-être. Et qui sommes-nous pour juger ? ^_^

        Il est d’ailleurs, je trouve, toujours amusant de suivre la pérennité d’une oeuvre, quelle qu’elle soit.
        De constater que, parfois, un titre adulé à une époque ne l’est plus à la suivante ou vice-versa.

        Et quelque part, tant mieux. On change, on évolue, on se modifie et nos goûts avec.
        Peut-être que d’ici quelques années, je relirai le tout pour constater, avec surprise, que je l’apprécie bien plus qu’aujourd’hui… :-)

        • Matt  

          Oui après c’est cool quand ça se fait dans les 2 sens, hein.
          Parce que le mec blasé et aigri qui n’apprécie plus rien au bout de quelques années, ça reste dommage quand même^^

  • Jyrille  

    Super article, très argumenté, et je n’aurai sans doute jamais osé franchir le pas de me tâter à cette pièce importante des comics. J’adore Ellis, et il me semble bien l’avoir connu avec ce Transmetropolitan. Comme Tornado et Présence, j’ai beaucoup aimé cette série, et comme Tornado, je suis d’accord avec toi sur les défauts que tu pointes.

    Mais je n’ai jamais senti de frustration littéraire, les textes ne sont jamais lourds, et tout le propos de Ellis est bien là, de lâcher sa bile. Personnellement, je trouve surtout que la série devient moins bonne sur la fin, disons les deux derniers tomes (j’ai l’édition Panini). J’adore toutes les petites histoires, comme celle avec le microcosme biologique qu’il ne faut pas polluer, et toutes celles avec le président dans le second tome. D’ailleurs cette partie me fait énormément penser au premier grand arc de Cerebus.

    Pour ce qui est du gonzo, je ne m’y connais pas assez, mais je te trouve très dur : le Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson est un vrai bon livre (bien meilleur que le film qui est juste marrant), très percutant et drôle, et le peu que j’ai lu de Lester Bangs a une énergie incroyable. Bon je n’ai pas encore réussi à terminer le premier recueil d’articles que j’ai de lui (Psychotic reactions et autres carburateurs flingués), mais je ne désespère pas… Peut-on également mettre Tom Wolfe dans le tas, lui qui a pondu le très ardu Acid Test ? Roman qui deviendra une référence pour Grant Morrison dans quelques épisodes de Doom Patrol.

    Je vais tâcher de lire les liens de Artemus Dada car tout cela m’intéresse fortement. Alors oui, Transmetropolitan ne raconte pas vraiment une histoire, oui c’est trop long, oui c’est un peu caricatural, mais comme les autres l’ont souligné, c’est incroyablement bien vu et prémonitoire (la machine qui ressemble à une machine à laver et qui génère n’importe quoi, ça ne vous rappelle pas les imprimantes 3D ? Et les pistolets à vomir ont apparemment été créés.) et diablement drôle et jouissif.

    Je ne suis pas fan du dessin de Robertson mais ça colle bien, il sert très bien le propos sans tomber dans le m’as-tu-vu. Il faudrait cependant que je relise toute la série, je ne m’en souviens que vaguement finalement.

    En ce qui concerne la littérature de scénaristes, je n’en ai lu que peu : Neverwhere et Coraline de Gaiman, et L’hypothèse du lézard de Moore. Le Moore ne m’avait pas du tout impressionné, je ne sais plus trop de quoi ça parle, et le Neverwhere non plus (je croyais qu’il en existait une chronique de l’adaptation bd sur le site mais non). Je vous copie ma chronique amazone du Gaiman :

    Après De bons présages avec Terry Pratchett, et avant de me mettre enfin à Sandman, j’ai opté pour Neverwhere, le premier roman de Neil Gaiman. Il est le produit dérivé d’une série télé anglaise et répète un peu le même principe que Coraline : un monde parallèle où l’on se perd. Ca se lit tout seul, l’identification avec le personnage principal fonctionne bien, mais surtout, on a très envie de connaître encore plus ce monde de la Londres d’En bas.

    C’est la part du lion de Neverwhere : ce monde parallèle est original et plein de promesses, une sorte de « Pays de fait ce qu’il te plaît » réaliste et impitoyable, une réponse à la réalité d’En haut, un refuge. Avec une description poétique et une délicatesse joyeuse, ce monde possède de nombreux attraits, à commencer par sa dangerosité. C’est pour ça que Neverwhere se lit avec plaisir. Certains touches d’humour sont même réussies ; parfois, ça tombe à plat. Mais finalement peu de choses transpirent de cet univers merveilleux, il n’est pas assez pensé, conçu : quelles sont les règles ? Quelles sont les baronnies ? Comment tout cela tient-il ? Pourquoi existe-t-il ? Comment se font les passages du temps, les diverses magies ?

    Car toute la structure du livre, le style et son passé de série télé en font un scénario très prévisible avec des personnages classiques : le héros, la belle, le magicien, le gros bras, les méchants très méchants. Du coup, on traverse la Londres d’En Bas comme des touristes qui bouclent quatre grandes villes en bus, à fond la caisse et avec une vue très superficielle des endroits visités : la quête n’attend pas. Au final, Neverwhere m’a fait l’effet d’un bon divertissement un peu original, ce qui n’est déjà pas si mal.

    Suite aux conseils de Présence, j’avais lu De bons présages, un livre écrit par Gaiman et Terry Pratchett, et j’avais bien aimé. Mais c’est surtout Coraline qui est terrible. Tiens, encore une chronique :

    Il semblerait que l’écriture de livres pour enfants soit bien plus compliquée que celle pour adultes. Il faut sans cesse trouver un équilibre ténu, éviter la gentillesse gratuite qui abêtit sous peine de rejet de la part des têtes blondes, et laisser une part de fantastique ou d’improbable qui donneront aux enfants l’envie de continuer. J’ai découvert Roald Dahl bien trop tard, mais j’en ai dévoré beaucoup, une fois adulte. Mes enfants en profitèrent en même temps que moi.

    Coraline réussit les mêmes tours de passe-passe qu’on peut lire dans Sacrées sorcières : histoire hautement improbable et fantastique, personnages hauts en couleurs, décor presque unique et menace terrifiante. Coraline propose un Dahl gothique, avec une héroïne bien moderne, déjà jeune femme libre et indépendante, et un imaginaire sombre, peuplé de chats, rats, araignées et chauves-souris. Comme chez Dahl, le style de Gaiman est ici remarquable : faussement simple et enjoué, arrivant à condenser énormément en quelques lignes. Je pense avoir plus été terrifié que mes propres enfants. Eux savaient que tout allait bien se terminer. Aux deux tiers, je n’en étais plus sûr. L’humour, le dernier élément nécessaire à l’écriture d’un livre pour enfants, très difficile à doser lui aussi, est bien celui d’un écrivain anglais, pince-sans-rire et absurde ; celui que je préfère sans doute.

    D’après l’auteur, c’est le livre qui lui a pris le plus de temps à écrire. Or il s’agit sans doute de son plus court. Si vous tombez dans les filets de Coraline, vous trouverez bien vite son plus gros défaut : il peut se lire en une paire d’heures. Comme mon édition reprend les visuels de l’édition anglaise, je n’ai aucune envie de m’en séparer : on y trouve trois illustrations de Dave McKean (dont la magnifique couverture) en plus d’une leçon d’écriture et d’un roman à prêter à tous ses amis, aux amis de ses enfants, aux enfants de ses amis, aux voisins, aux profs, aux patrons.

    Bref, Lionel, très bon article, qui soulève bien des points et résume tout à fait la série, et à l’irrévérence bienvenue. Ellis l’adorerait.

    • Lionel Roudoudou  

      Ou bien il me tirerait dessus avec un flingue à me faire terminer sur les toilettes… ^_^

      @Jyrille : merci pour le comm. ;-)
      Qui aime bien, châtie bien et j’adore Ellis, du coup…

      Et malgré tout ce que je peux en penser, je serais, quand même, curieux de savoir comment Spider Jerusalem aurait réagi à la récente élection américaine… *_*

  • JP Nguyen  

    Je suis plutôt fan d’Ellis, enfin, pas fan absolu, mais j’ai apprécié plusieurs trucs de lui (Planetary, Desolation Jones, Gravel, Stormwatch, Authority…) Je n’ai jamais lu Transmet’. La longueur me dissuade un peu… Ton article est bien foutu et c’est bien de donner un avis un peu dissonant dans le concert de louanges pour cette oeuvre désormais un peu culte pour les fans de comics et d’Ellis.
    Léger pinaillage, comme relevé par d’autres, « ligne claire » pour Darick Robertson ? Euh, nous n’avons sans doute pas la même définition de « ligne claire »… Contrastée, à la rigueur… mais claire…

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