Miller’s Crossing (Miller au comic con)

Frank Miller au Comic Con

Special Guest : DAVID BREHON

Croisé de conférence en conventions, c’est à l’ami David Brehon de chez MDCU  de jouer les guests et nous raconter sa rencontre avec Frank Miller lors de la Comic Con 2018. Texte et photos exclusives. Merci à lui pour m’avoir fourni en urgence et par MSN (!) ce témoignage précieux.

  Merci également à Farah Dionnet pour m’avoir accordé si naturellement le droit de publier la photo de son illustre papa ! -Bruce

Grand voyageur, Frank Miller a décidé de rentrer en stop ! (c) David Brehon

Grand voyageur, Frank Miller a décidé de rentrer en stop !
(c) David Brehon

Frank Miller. Le maître revient enfin en France. Je n’avais pu l’approcher lors de sa précédente venue. Le voir de nouveau en France était inespéré. Cette fois-ci, il n’était pas question de le rater. Attention, les conditions pour le rencontrer étaient drastiques. 150 personnes maximum. Deux signatures par personne, dont une obligatoirement sur un tome de la saga Dark Knight. Et pas de selfie. Bref, il allait falloir se lever tôt et montrer pattes blanches. Qu’à cela ne tienne, ça ne devrait pas être si compliqué.

Le jour J, j’arrive bien en avance. Il y a déjà pas mal de monde qui fait la queue devant l’entrée. 3 files d’attente. Impossible de savoir laquelle entrera le plus rapidement. Je choisis celle de droite. Contrôle de sécurité. Ça coince et je perds une vingtaine de places. La tension monte. Mais je reste confiant : la distribution des tickets pour Miller est prévue à 10h30. Je ferai la queue des 9h30. Les portes s’ouvrent. Ce n’est pas la cohue, la plupart des gens ne sont pas là pour Miller. Je me précipite au pied des escaliers pour pour récupérer le fameux sésame donnant droit à rencontrer Frankie. Je me précipite au pied de l’escalier de gauche, c’était à celui de droite. Erreur de débutant. Sueurs froides. Vite, traversons pour atteindre la file de distribution des tickets. Ouf. Il n’y a pas énormément de monde. Quelques dizaines de personnes. Moins de 100 en tout cas. Une connaissance passe par là. Elle me montre son ticket et me dit : « J’étais 142e. C’est mort pour toi ». Éclat de rire de sa part. « Mais non, je déconne« . Sourire forcé entre soulagement et rire jaune.

La file avance. Ca y est, ça va être mon tour de recevoir le précieux pass, l’atteinte du Graal. Et l’agent distribuant des tickets lance, sans crier gare : « Pour Frank Miller, c’est fini. Il n’y a plus de place« . Je ris. C’est bon, on me l’a déjà faite, celle-là. Je lui demande donc mon ticket. Il me répond, avec un visage totalement neutre, que les 150 billets viennent d’être distribués. J’étais 153e. J’essaie de négocier, d’insister, de soudoyer. Rien à faire, il reste imperturbable. Et là, le choc. Après le déni, le marchandage et la colère, vient la 4e phase du deuil : la dépression. Je sors de la file d’attente qui se délite assommé, abasourdi, dégoûté et j’erre sans but dans les allées de la convention. Que faire maintenant que la raison principale de ma venue ?

Dionnet et Miller : deux monstres sacrés ! (C) Farah Dionnet Avec l'aimable autorisation de Farah Dionnet

Dionnet et Miller : deux monstres sacrés !
(C) Farah Dionnet
Avec l’aimable autorisation de Farah Dionnet

Le temps s’écoule quand je me rends compte que la conférence sur Moebius a déjà commencé. Miller y est annoncé. J’y cours. Il reste de la place dans les derniers rangs. Ouf. L’excellent Jean-Pierre Dionnet y raconte de succulentes anecdotes sur Giraud. Mais point de traces de Miller. Vais-je rester ? Je décide que oui. Et grand bien me prend. L’animateur annonce au bout d’un quart d’heure que Frankie va rejoindre le plateau. Et là, un vieil homme assis au premier rang se lève et marche un peu laborieusement pour rejoindre les autres invités sous les applaudissements. Il ne semble pas dans une forme exceptionnelle mais apparaît toutefois moins frêle que lors de sa venue à Paris pour la sortie de Sin City 2. Il marche et s’asseoit seul, parle sans tousser, ne tremble pas. Il a beau faire 30 ans de plus que son âge (rappelons qu’il n’a que 61 ans), avoir la barbe et les cheveux blancs comme neige, il n’a plus son teint blafard et fait montre de vivacité d’esprit.

Rassuré, je profite de ses prises de paroles. Il rend bien entendu hommage à Moebius, explique comment il avait voulu l’imiter sur Ronin, pourquoi il était l’une de ses influences. Cependant, ne l’ayant pas cotoyé, il n’a rien d’exceptionnel à raconter sur le dessinateur français. Beaucoup plus légitime en tant que créateur de Métal Hurlant et ami de Giraud, Jean-Pierre Dionnet évoque nombre de souvenirs personnels et professionnels le concernant. Comic Con oblige, on s’intéresse aux relations de Moebius avec la BD américaine, tandis que Jan Kounen, metteur en scène du film Blueberry, l’expérience secrète, va davantage évoquer l’influence de l’artiste sur le cinéma et leur collaboration. Au final, cette conférence avec des intervenants prestigieux fit salle comble et fut une réussite, riche en anecdotes sur l’un des maîtres de la BD mondiale. Après la traditionnelle séance de questions-réponses, l’animateur invite les amateurs de Miller à se rendre dès à présent à la grande salle pour s’assurer de pouvoir participer à la prochaine conférence de Miller. Je ne me fais pas le dire deux fois et m’oriente aussitôt vers le lieu-dit.

Conférence Moebius  (C) David Brehon

Conférence Moebius
(C) David Brehon

La queue a déjà commencé, deux dizaines de fans m’ayant précédé. Cependant, les fans ne se précipitent pas et ceux qui finalement prennent la suite de la file d’attente m’annoncent que Miller était accessible à l’issue de sa première conférence. Certains ont même pu lui serrer la main. Damned ! Je manque de défaillir une seconde fois. Cette fois-ci, je n’avais plus droit à l’erreur. Ce serait ma dernière chance de voir et d’approcher mon idole. Après une longue attente, les portent s’ouvrent. Des personnes sont déjà installées aux premiers rangs sur des chaises blanches. Je m’apprête à les rejoindre quand la sécurité me renvoie poliment vers les places non-VIP, 10 rangs plus loin. Et, médusés, les fans s’entassent sur les chaises noires avec, devant eux, 10 rangs de chaises blanches en grande partie vides. Le chauffeur de salle arrive et commence son travail d’animation, accompagné d’un DJ au costume déjanté. Las, la foule se montre d’un enthousiasme modéré et le chauffeur comprend vite le problème. Il nous autorise alors à rejoindre les premiers rangs. S’en suit un déferlement de fans dont je fus sans doute le plus chanceux. Repérant qu’il y avait des noms sur les places libres des chaises du 1er rang, je me rabats sur le deuxième rang, pile devant la scène. La sécurité expulse rapidement les âmes naïves qui avaient cru bon pouvoir s’installer là. Je me retrouve donc pile poil face à la scène, derrière des chaises qui resteront vides jusqu’au bout. Je profite de cet emplacement idéal pour prendre des photos. Mon mobile n’est pas une machine de guerre mais le zoom modeste me permet de faire des clichés convenables. Et là me vient une idée. Et si je filmais l’annonce pour la diffuser sur le net en exclusivité mondiale ? Je prévient un ami qui m’explique que c’est déjà diffusé en direct mais il accepte de prendre ma vidéo et de poster un article en direct. Un instant, je ressens ce petit frisson que doivent connaître Jimmy Olsen et Loïs Lane à l’idée d’être les premiers sur un scoop.

Enfin, la conférence commence et, à l’annonce des invités, je sors mon appareil et mitraille de photos Frank Miller et Andy Kubert. On va enfin savoir quel est ce secret projet sur lesquels travaillent les deux compères. L’animateur les fait parler un peu et, heureusement, ne tarde pas trop pour leur demander de cracher le morceau. Comme vous avez pu le lire depuis, il s’agit d’un comic book centré sur la trinité DC (Superman, Batman et Wonder Woman) et se déroulant pendant la seconde guerre mondiale. Les héros ayant été créés juste avant l’entrée en guerre des Etats-Unis, leur utilisation dans ce conflit est donc justifié. Wonder Woman est affichée dans toutes les compagnies, Batman terrorise les nazis, bref, les auteurs comptent bien exploiter le contexte. Ils feront d’ailleurs intervenir le Sergent Rock, personnage emblématique de Joe Kubert, le père d’Andy, ainsi que d’autres personnages connus. Et, pour couronner le tout, ça se passera en partie à Paris. On comprend mieux pourquoi les deux auteurs sont arrivés à la convention quelques jours avant pour visiter notre capitale. On devrait donc pouvoir s’attendre à retrouver une batcave dans les catacombes. Le scoop est à la hauteur des attentes car il s’agit bien d’une vraie exclusivité et non d’une suite à Dark Knight III à laquelle on aurait pu s’attendre. Après un long échange sur ce projet, la conversation dévie sur un autre comic book sur lequel travaille Miller : Superman Year One. Il donne diverses précisions sur le récit et l’angle sur lequel il sera abordé.

S’ensuit là aussi une séance d’échanges avec les spectateurs. Les volontaires sont nombreux pour adresser la parole au créateur de Sin City. Le premier d’entre eux donne le ton avec un consternant : « C’est mon anniversaire. Pourriez-vous me signer ce bouquin ? ». Si quelques-uns des fans se montrent pertinents dans un excellent anglais, le public assiste à un défilé de questions lénifiantes dont un merveilleux « Je ne connais pas votre œuvre mais qu’avez-vous pensé du film Superman Vs Batman ? ».

Heureusement que Frank Miller et Andy Kubert ont le sens de l’humour et répondent qu’ils ont aimé le film Wonder Woman. Une façon de botter en touche avec élégance. Et il leur en a fallu de l’élégance pour affronter sans sourciller les hurluberlus qui ont défilé sous leurs yeux incrédules. A défaut d’achever les fans, les organisateurs ont achevé la session par une photo souvenir de Miller et Kubert et l’ensemble de la salle. L’occasion est trop belle et j’en profite pour photographier Frankie de très près. Je n’ai pas eu mon autographe mais je repars des étoiles dans les yeux et la tête pleine de souvenirs. Merci Frank. Rendez-vous pour une prochaine Comic Con. La troisième fois sera la bonne.

Avec Andy Kubert C David Brehon

Avec Andy Kubert
(C) David Brehon

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La BO du jour :
L’hommage à un autre Frank…

31 comments

  • Présence  

    On ne se connaît pas, et j’ai conscience que c’est un peu cavalier et taquin de ma part, mais j’ai trouvé très drôle la blague : J’étais 142e. C’est mort pour toi. :)

    J’ignorais la précision sur l’un des influences de Miller pour Ronin, et je vais la garder à l’esprit quand je le relirai.

    Je ne connais pas votre œuvre mais qu’avez-vous pensé du film Superman Vs Batman ? – Excellent aussi, et un peu consternant quand on est un lecteur pour qui Frank Miller a constitué une véritable révolution à lui tout seul pour nos personnages préférés.

    C’était sympathique de pouvoir arpenter ainsi les files d’attente de la Comic Con, pour une expérience totalement différente de celle d’hier.

  • Patrick 6  

    Mince ! Tourner du mauvais coté t’aura couté une dédicace de Miller ! Ce n’est vraiment pas de chance :(
    Même si objectivement les conditions pour la rencontre était assez radicales : 2 signatures (pas de dessin ?) pas de photo… euh on peut s’approcher à moins de 50 mètres aussi ? ^^
    Bref en tous cas merci pour cet article qui me fait regretter (une deuxième fois) de ne pas y être allé !

  • Ozymandias  

    Aucun regret pour ma part, je suis relativement misanthrope, notamment en ce qui concerne les débordements bovins dans ce genre de festival. Et puis cela m’aura permis de savourer ton récit, que dis-je, ton aventure (quête du Graal) durant laquelle j’ai ri et partagé nombre de tes émotions. Au vu des questions posées à Fran k Miller, il faudrait faire passer un test de QI avant d’autoriser certaines interventions. Je suis aussi consterné que personne ne soit inquiété de sa santé (?).
    Quelques jours à peine me séparent d’un achat dont je rêvais depuis quelques semaines : la biographie du Maître par jean-Marc Lainé chez Fantask. J’espère y faire de belles découvertes, notamment le scoop concernant l’influence de Giraud sur Ronin.
    Je te souhaite d’avoir plus de chance la prochaine fois pour ton autographe. Envoyons de belles ondes positives à cet artiste de talent, en espérant que son état de santé lui permettra, longtemps encore, de nous fasciner comme il le fait depuis Daredevil.

  • David Brehon  

    Si Présence, on s’est vus à l’anniversaire de Bruce. Et oui, la blague était drôle. Tout cela était une belle farce. Avoir le précieux sésame dépendait de tellement de facteurs (tourner du bon côté comme le fait remarquer Patrick 6), marcher plus vite et prendre le métro d’avant, me lever 5 minutes plus tôt) que c’en.est en effet risible. Quant au pas de chance, j’avais acheté à la précédente Comic Con un comic book pas cher avec une couverture de Miller que je ne connaissais pas. En ouvrant l’ouvrage, j’ai découvert une signature du maître. J’ai donc déjà sa signature. Et pour ce que j’ai pu entendre, la séance de signatures à la chaîne ne permettait pas de réeld échanges. Au moins, je l’aurai vu de près.

    • Présence  

      Oups ! Ma mémoire m’a trahi, je te présente mes excuses.

    • Bruce lit  

      @Présence : Pan ! Sur le bec ! Ca t’apprendra à railler mon étourderie !
      @David : Encore 1000 merci pour cet article façon Selby Jr qui inaugure une nouvelle performance pour le blog : l’article mondain totalement écrit en MSN !
      Merci pour ce compte rendu. Comme toi, je suis atteré pour tout ce qui me gonfle dans la culture, ou plutôt la non culture geek….Imagine t’on un mec demandant à Hergé : je ne connais pas votre oeuvre, qu’avez vous pensé du film de Spielberg »….Indirectement ceci contribue à mon rejet total de ces films (La Panthère Noire est surement le meilleur somnifère testé depuis des années, bien moins nocif que le Lexomil) qui attirent leur cohorte d’abrutis au coefficient 0.
      Pardon, je suis en colère et je sais que ces films sont aussi appréciés par plein de gens bien. C’est juste triste d’avoir rêvé que cette culture soit partagée pour en arriver là.
      Anyway…
      Tu es ici chez toi David.

      @Ozy : poser la question à Miller de son état de santé me parait douloureux ainsi en public. Je ne crois pas d’ailleurs qu’il l’a officiellement déclarée même si personne n’est dupe. Ce serait comme demander à Tonton à un repas de noël devant les enfants comment va son cancer….Ambiance…

      • David Brehon  

        Aucun souci :) Tu avais devant toi un inconnu alors que j’avais devant moi le légendaire Présence. Normal que je me rappelle plus de toi que l’inverse.
        Merci à toi de m’avoir invité, Bruce. Et merci de laisser la porte ouverte pour d’autres articles.

        • Bruce lit  

          Ah au fait…
          Je connais Jan Kounen personnellement :)
          Si vous voulez une itw…..

          • Matt  

            Je n’ai vu que 99 francs de lui.
            Mais why not tiens ?

        • Présence  

          Légendaire ? Ça veut dire que je suis mort ? :)

          • Tornado  

            C’est parce que c’est Halloween ! :D

  • David Brehon  

    Ozymandias, Miller a dit lors de la conférence sur Moebius l’avoir copié pour Robin afin d’apprendre à faire comme lui. Personne ne l’a interrogé sur sa santé mais il n’en a jamais parlé ailleurs à ma connaissance. Je.doute donc qu’il ait envie qu’on lui pose cette question très personnelle en public J’avais évoqué il y a quelques temps la question avec Xavier Fournier qui avait eu le privilège de l’interviewer et il m’a répondu un laconique :  » je ne suis pas sûr que ce soit un cancer ». En tout cas, je l’ai trouvé en meilleure forme que lorsqu’il était venu à Paris pour la promotion de Sin City II où je pensais ne jamais le revoir.

  • Matt  

    AH là là j’avoue que ces questions, faut oser quand même. « je sais pas qui vous êtes mais z’avez aimé tel film ? » Euh…
    Après d’un autre côté si le mec connaissait Miller et voulait savoir ce qu’il pensait du massacre cinématographique de DC, ça pouvait quand même être sympa à entendre. Même si à mon avis les auteurs ne peuvent pas ouvrir leur gueule pour dire du mal de la branche cinéma de la boite qui les emploie.

    Attention Bruce hein, tous les comics ne sont pas super intelligents non plus. Si on commence à dire que les amateurs des films sont des attardés, ça nous ramène à la place des gens qui jugent les lecteurs de comics comme des attardés aussi. Les films, c’est comme le reste. Y’en a des sympas, des bons, et des nazes. Et y’en a qui lisent ou regardent tout.
    Rien qu’ici on a des divergences sur ce qui fait une bonne BD (le fond ? la forme ? les 2 ? L’intention ?) et nous ne sommes pas entre attardés je pense^^

    Sinon c’est juste moi ou il fait un peu peur Miller ? Pinaise j’oserais pas aller lui parler.

    • Bruce lit  

      Je le trouve en meilleur forme qu’il y a deux ans. Apparemment il arrive à marcher et se tenir debout.
      Kounen est un habitué du bar de mon Frangin. Je peux organiser ça.

  • Eddy Vanleffe  

    oui, même si la sincérité de l’inquiétude n’est pas en doute, peu de personne n’aime rendre de compte sur leur santé. Je vis près de l’hôpital où je travaille, et ça arrive que des patients font semblant de ne pas me reconnaître dans la rue. Au début j’avais trouvé ça bizarre. Les infirmières m’ont expliqué que cela relève de la sphère intime et comme tout le monde n’ayant pas les mêmes tabous là dessus, il fallait à l’extérieur adopter une attitude passive et laisser les autres venir. depuis je laisse tous ceux que je connais sous le prisme de leur maladie venir vers moi sans jamais m’avancer le premier, même si je les ai vu la veille pour une quelconque prestation.

    Pour les films et les autres trucs, j’ai l’impression de revivre la scène hard rock des années 80. On aimerait que ça soit respecté partout, mais surtout pas que ça sorte du truc d’initié. c’est schizophrène comme logique.
    je déplore aussi souvent le « galvaudage » des comics par le cinoche. mais plutôt que de critiquer vraiment ces films, je me contente de rappeler comme un mantra que la BD n’est pas un parent pauvre et qu’il faut lire Born again, la bd n’a pas vocation d’être les brouillons de scripts de films.
    j’use de ma salive régulièrement de ma salive (je dois être aussi chiant que Ross dans Friends…^^) pour toujours décrire les armes et les spécificités de la BD…
    En attendant, c’est ainsi et les films ramènent du monde et des cosplayers (ce dont personne ne se plaint n’est-ce pas? ;)
    il y a une métamorphose du monde culturel
    les blogs y participent d’ailleurs en parlant bien plus des rumeurs des films que des titres qui sortent.
    du coup il ya un peu de tout dans le public, et des gens qui imaginent sans doute que Frank Miller est un vulgaire script doctor qui fait du Batman comme n’importe quel programmeur du jeu arkham asylum…
    la notion d’auteur est complètement étrangère au personnes qui ne lisent pas de comics. ce sont des franchise et c’est comme Pif, Picsou ou le club des cinq… qui se soucie de savoir qui écrit ça…
    in parle de dark knight mais c’est une goutte d’eau pour un tas de gens…

    • Matt  

      Ah t’es docteur ?
      Je dirais même pour la santé, en parlant en connaissance de cause, qu’on a parfois envie de devenir invisible, de ne plus sortir, de ne croiser surtout personne qu’on connait pour éviter les questions, les regards sans doute compatissants mais qui donnent l’impression d’être pris en pitié, etc.

      Euh du coup désolé pour ma remarque au dessus sur l’aspect ronchon du vieux Miller. Il est peut être juste fatigué le monsieur. Mais c’est sûr qu’il ne semble pas très affable.

      • Eddy Vanleffe  

        Pas du tout, je travaille à l’hosto. je ne suis ni médical, ni paramédical.
        je suis à l’accueil et je suis amené à discuter beaucoup avec les patient et quand on passe 10 ans dans le service des maladies rares, on apprend pas mal de trucs « tous public » de manière empirique. je n’ai aucune compétence médicale.

      • Matt  

        Ok. Tu parlais de consultations alors j’ai pensé…
        Enfin bref…ça ne change pas ce que j’ai dit^^
        Peut être est-ce de la fierté mal placée mais certaines personnes ont honte d’être malades. En particulier si c’est dans la tête, et pas une grippe qui a une explication plus physique qu’on peut pointer du doigt (et donc rejeter la culpabilité sur un virus ou microbe^^)

    • Matt  

      Sinon pour moi le souci des films, outre leurs qualités ou défauts individuels, c’est que ça doit ratisser large donc chaque film est assimilable à une sorte d’event ou de crossover en comics.
      Il n’y a pas trop de films intimiste. ça doit à chaque fois défourailler et exploser.
      Mais techniquement, je pense qu’il y a pas mal de films qui sont meilleurs que certains events en comics. Genre Infinity War est surement mieux que Fear Itself, les films Captain America meilleurs que les X-men de Bendis, les films gardiens de la galaxie bien meilleurs que Siege, Secret Invasion ou les comics de Charles Soule.^^
      Donc tout caca ? Non.

  • Tornado  

    Quand Bruce Lit et le journalisme ne font plus qu’un ! :)

    Au delà de tout ce qui est expliqué, c’est surtout la perspective de voir Frank Miller aller mieux et envisager des projets très excitants qui m’a le plus emporté !
    - La Trinité dans une mini-série se déroulant pendant la guerre mondiale ?
    - Un Superman Year One dans la veine de Batman Year One ?
    Des nouveaux récits autonomes sur nos personnages préférés réalisés par un des plus grands génies du monde des comics de super-héros ?
    Bigre, j’en suis !

    … et au fait, c’était comment le Dark Knight III ?

  • Jyrille  

    Merci beaucoup David pour le résumé ! Le titre de l’article est bien vu et j’aurai aimé assister à tout ça (mais surtout à la conférence Moebius en fait). Il y a aussi ce qui me chagrine dans ce genre d’événements : des gens qui n’ont rien à faire là et prennent de la place et du temps pour d’autres peut-être plus intéressés… ou qvec des questions pertinentes ! Personnellement je serai incapable de prendre la parole et de poser une question à quelque artiste intimidant que ce soit. J’ai déjà eu du mal lors de mes dédicaces avec Mezzo et Bouzard alors qu’ils étaient très gentils et que les conditions étaient optimales… il n’y a qu’avec Boilet que je me suis senti finalement à l’aise. Quoique les trois auteurs de Last Man furent bien sympas aussi. Peut-être que ça dépend des jours finalement. Bref.

    Ca a dû être dur de se faire repousser alors que tu n’étais que 153ème ! Quelle déception. Mais au final tu as eu pas mal de chances avec la suite. Les photos sont pas si mal. Bon celle de la fille de Dionnet est super…

    La BO : j’adore.

  • David Brehon  

    Jyrille, rendons à Bruce ce qui lui appartient, le titre de l’article est de lui.
    Matt, Miller était souriant sur d’autres photos. Il n’était pas ronchon du tout et faisait même preuve d’humour. Il a refusé de dire du mal de quoi que ce soit. Que tous les haters qui lui jettent l’anathème en prennent de la graine.
    Effectivement, les places sont limitées et je trouve dommage que certains s’incrustent lorsqu’ils ne connaissent rien aux auteurs d’un panel.
    Après, la chance, je l’ai eue en jouant à photobomber la photo officielle de cette conférence. On m’y voit extatique juste entre les têtes de Miller et Kubert mais, faute d’autorisation de la Comic Con, Bruce n’a pas pu publier le cliché ici.
    Parmi les fans qui posaient des questions, certains étaient authentiques mais gênants. Mon voisin n’arrivait pas à s’arrêter quand un spectateur avec un grave problème d’élocution essayait de poser une question en anglais que personne ne comprenait. D’autres fans avaient des tenues qui prouvent que le Cosplay est un art qui ne s’improvise pas. Bref, j’ai plus eu l’impression de voir un bêtisier qu’un échange instructif comme dans la première conférence avec Donner.

    • Matt  

      C’est vrai qu’on se demande ce qu’ils viennent foutre là les mecs qui ne connaissent pas l’auteur. Qu’est-ce qui les pousse à se taper l’incruste ?

      • Eddy Vanleffe  

        La curiosité?
        Je suis allé voir un chiromancien sur son estrade parce que ça faisait parti des exposés présentés lors d’un salon des médecines douces.
        j’étais totalement profane ainsi que totalement sceptique…

        a vous entendre, on a l’impression qu’il faut un permis pour pouvoir être dans la même pièce que les autres…

        • Jyrille  

          C’est vrai que ma remarque donne un peu cette impression. Mais dans un tel cas, où on parle d’une star, c’est tout de même dommage pour les vrais fans qui se retrouvent éjectés non ?

          • David Brehon  

            Je suis le premier à m’intéresser à ce que je ne connais pas. Je peux aller à une conférence sur un thème qui m’est étranger. Mais si on me parle d’un auteur, je trouve plus logique de découvrir son œuvre avant de l’écouter faire une annonce. Car c’était bien le but affiché de cette conférence et non une rétrospective de son œuvre qui aurait pu séduire les néophytes. Que la personne vienne quand même, elle en a le droit. Qu’elle prenne la parole en disant à l’auteur qu’elle ne connait pas son œuvre et qu’elle lui pose une question sur un travail qui n’est pas le sien, je trouve ça en revanche incorrect. Si on va à un panel sur un auteur, c’est pour parler de lui et de son œuvre.

        • Matt  

          C’est pas ce que je voulais dire.
          Je me dis juste qu’un auteur dont je ne sais absolument rien qui fait une conférence…ben ça ne va pas m’attirer.
          Évidemment qu’ils ont le droit d’aller voir mais ça m’étonne un peu.
          Dans ton exemple tu savais au moins de quoi ça parlait^^

  • lionel GARCIA  

    L’ouvrage de Lainé sur Miller aux éditions Fantask est il une réédition de celui chez les Moutons Electriques?

    • PierreN  

      Oui.
      Mais peut-être qu’il y a eu des légers ajouts ultérieurs dedans (comme pour le bouquin de Lainé sur Stan Lee), va savoir…

  • JP Nguyen  

    Merci pour le compte-rendu et bravo pour avoir accueilli les choses avec autant de philosophie. Louper la dédicace pour 3 places, ça m’aurait beaucoup… crispé.
    Dans un article du Guardian daté d’avril 2018, on peut lire que Neal Adams, relativement proche de Frank Miller, a mentionné un problème d’alcoolisme…
    (Neal) « Adams blames the traditional trappings of fame – bad influences and alcohol. When asked about his absence, the limit to Miller’s candour is revealed. “I just got very distracted by real life,” he says. “I’d rather not go into it.”
    Lien vers l’article entier : https://www.theguardian.com/books/2018/apr/27/frank-miller-xerxes-cursed-sin-city-the-dark-knight-returns

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