MONSTERS & CO (The Godzilla story 2/2)

Encyclopegeek : Godzilla

AUTEUR : 6 PATRICK FAIVRE

1ère publication le 24/10/17-Maj le 14/10/18

Cet article est la suite et la fin de la saga Godzilla racontée pour Bruce Lit. La première partie se trouve ici.

2/ Finie la rigolade ! (1984 – 1995 : 7 films)

 

1984 : Le Retour de Godzilla (Gojira), de Koji Hashimoto

10 ans après sa dernière apparition à l’écran,  le cahier des charges a été totalement revu pour le roi des monstres ! Fini le gentil monstre qui joue au ping-pong à coup de rochers avec un homard géant ! Retour aux sources et au monstre nucléaire aussi dangereux et qu’effrayant ! Pour ce faire, il sera décidé de faire abstraction des 14 films précédents ! (en matière de non-respect de la continuité DC Comics peut aller se rhabiller). Désormais seul existe le premier opus dont Le retour de Godzilla est supposé être la suite directe !

Le retour du roi !

Le retour du roi ! © Tōhō. Source : Scifi-movies.

Son look a été revu également, son visage est désormais plus mobile. Il retrousse les babines, là où autrefois il ne faisait qu’ouvrir la bouche sans expression faciale particulière.
Sa taille a également changée puisqu’il fait désormais 80 mètres au lieu de 50 préalablement.
Le ton du film est lui aussi plus réaliste. En pleine guerre froide les tensions entre Américains et Russes sont parfaitement rendues : une première attaque de Godzilla est à deux doigts de déclencher une guerre nucléaire entre les deux superpuissances !

Une large place est faite à la géopolitique et aux négociations Est/Ouest portant sur la riposte à apporter aux attaques de Godzilla. Le Japon s’accordant le beau rôle en refusant l’utilisation de l’arme nucléaire sur son territoire (en même temps ils ont déjà donné) !
Tokyo se transformant une nouvelle fois en champ de bataille, le dernier espoir des nippons réside dans une forteresse flottante mise au point pour résister aux rayons de Godzilla : Le Super-X !

Il faut également signaler que pour la première fois depuis fort longtemps les personnages sont crédibles et attachants. Un effort particulier a été fait pour les doter d’une psychologie crédible. Seule ombre au tableau qui fait que cette mouture n’égale pas tout à fait l’originale : son léger manque de rythme. On sent bien le coté contemplatif des nippons même au cœur d’un film d’action !

 

1989 : Godzilla vs Biollante (Gojira tai Biorante) de Kazuki Omori

Le succès de cette nouvelle mouture étant au rendez-vous c’est fort logiquement que la firme Toho entama une nouvelle série de séquelles ! Ce film, bien que réalisé 5 ans plus tard, est la suite directe du précédent et commence donc sur les ruines de Shinjuku réduit en cendre par l’affrontement entre le roi des monstre et le Super X.

Une nouvelle bataille fait rage mais cette fois-ci entre humains pour récupérer les traces d’ADN de Godzilla ! En effet plusieurs laboratoires veulent utiliser l’ADN du monstre à des fins de créations génétiques !
Le docteur Shiragami, en république de Saradia, ne mettra pas moins de 5 ans (ramenant donc le film en 1989) pour mélanger l’ADN du monstre avec celui d’une plante afin de créer une fleur capable de pousser dans le désert.

Nous faisons ici connaissance de Miki une jeune télépathe capable de communiquer avec les monstres et de ressentir leurs émotions. Du reste c’est l’une des grandes nouveautés de cette série de films : l’apparition de personnages récurrents ! Afin de créer une cohérence dans la franchise et de fidéliser le public, les même personnages seront opposés au roi des monstres !

Quoi qu’il en soit les expérimentations du professeur ont surtout pour effet de créer une nouvelle plante géante en forme de rose, certes, mais non dénuées d’épines comme va l’apprendre à ses dépens l’armée Nipponne !
Sans compter qu’à la suite d’un odieux chantage de bio terroristes Godzilla en personne est libéré du volcan au fond duquel il était prisonnier depuis le film précédent…
Et si au lieu d’un monstre, le Japon devait en affronter deux ?

Je fais ici un résumé très court du scénario, tant celui-ci est dense et touffu, peut-être trop du reste, donnant une certaine impression de lourdeur et de complexité gratuite au film.
Quoi qu’il en soit ne boudons pas notre plaisir, si cet épisode n’égale pas le précédent il se laisse cependant très agréablement regarder.
Un bon divertissement.

1992 : Godzilla vs Mothra (Gojira tai Mosura) de Takao Okawara

Dans l’épisode précédent de 1991 : Godzilla vs King Ghidorah le roi des monstre a subit une nouvelle mutation et atteint désormais les 100 mètres de haut !
Le Kaiju Battra est le défenseur de la nature. Excédé par la pollution produit par les humains,  il décide de passer à l’offensive et de rayer de la carte ces maudits pollueurs que sont les nippons !

Parallèlement les personnages principaux du film découvrent un nouvel œuf géant de Mothra (la phalène géante protectrice de l’humanité déjà vu dans l’épisode de 1964). Malheureusement l’œuf est attaqué par Godzilla provoquant son éclosion prématurée…
La larve géante à peine éclose saura-t-elle faire face au roi des monstres ? Et saura-t-elle convaincre Battra que, non, l’humanité dans son ensemble n’est pas si nuisible que cela ?
That’s the question !

Le présent épisode se veut avant tout une fable écologique. Le résultat est hélas un peu mitigé et manque de peu de sombrer dans le grotesque. Il est à noter que des références très appuyées à Indiana Jones émailleront tout le début du film. Du reste en y prêtant attention on constatera que des clins d’œil (ou du pillage pur et simple selon votre point de vue) seront distillées tout au long de la série des films consacrés à Godzilla ! On pourra y voir de manière assez claire, du Star Wars, du Terminator, de L’Alien, ou même du Matrix ! Nous en reparlerons plus bas…

1993 : Godzilla vs Mechagodzilla 2 (Gojira VS Mekagojira) de Takao Okawara

L’UNGCC, traduisez The United Nations Godzilla Countermeasures Center, un organisme créé pour se battre contre le monstre à queue, a construit le Mechagodzilla, l’arme ultime contre le roi des monstres !

Sur l’ile Andoa des scientifiques découvre un œuf d’une taille peu commune. Malgré l’intervention de Godzilla et du ptérodactyle géant Rodan les scientifiques arrivent à s’enfuir avec l’œuf. Peu de temps après l’œuf éclot et à donne naissance à un petit Godzillozaure ! Aussi bien Godzilla que Rodan se mettent en tête de récupérer le bébé dinosaure ! Après une première défaite Mechagodzilla sera-t-il de taille pour leur faire barrage ?

Le scénario est cette fois-ci extrêmement confus et au final on ne sait ni d’où vient le bébé Godzilla, ni pourquoi Rodan lui court après (à part pour l’envie de s’en faire un bon Dino-Burger). Cependant malgré ces zones d’ombres le film se laisse malgré tout voir agréablement. Un spectacle distrayant sans grande prétention en somme, mas l’on sent clairement que le genre est (à nouveau) au bord de l’impasse.

1994 : Godzilla vs SpaceGodzilla (Gojira vs Supesugojira) de Kensho Yamashita

Le Mechagodzilla ayant été ridiculisé par le saurien géant dans l’épisode précédent, l’UNGCC se met en tête de construire un nouveau robot tueur de monstre : Mogera ! (A noter que ce robot n’est pas tout à fait un inconnu puisqu’en 1957 il a déjà eu son propre film).

A l’issu du dernier film Godzilla et son fils se sont installés sur une ile où ils coulent des jours heureux. Pas pour longtemps car des militaires et la télépathe Miki (vu dans les films précédents) le pourchassent.

Pendant ce temps un monstre venu de l’espace fait route vers la terre. Il s’agit de Space Godzilla (que personne ne rigole !) une créature hybride née des ADN de Godzilla et de Biollante.

Arrivée sur terre la créature affronte le roi des monstres et lui inflige une sévère correction ! Dans la foulée il kidnappe bébé Godzilla (pour des motifs restés obscurs) puis se met en tête de détruire la ville avoisinante : Fukuoka !
Devant la puissance de la créature de l’espace, les hommes doivent conclure une alliance avec Godzilla pour détruire l’Alien !

Il s’agit ici d’un des épisodes les plus faibles de la 2éme période de Godzilla. On s’ennuie ferme dans cet épisode plombé par un manque de rythme criant, des trucages qui auraient déjà parus ringard en 1954, et surtout par un scénario totalement inepte !
Le roi des monstres est vraiment très mal en point à l’issue de cette séquelle calamiteuse !

1995 : Godzilla vs Destroyah (Gojira VS Desutoroia) de Takao Okawara

Miki veut rendre visite à Godzilla et à son fils sur leur île, mais à sa grande surprise, elle a disparu ! On retrouve plus tard une version écarlate du roi des monstres attaquant Hong Kong ! Les scientifiques nippons pensent que le cœur de Godzilla fonctionne comme un réacteur nucléaire et que celui-ci serait sur le point d’exploser, provoquant sa rage actuelle et son coté rouge vif ! Ma fois l’annonce de sa mort prochaine pourrait être une bonne nouvelle pour les humains sauf qu’en explosant le monstre pourrait détruire et irradier la totalité de la planète !

Des chercheurs ont poursuivi les travaux du professeur Daisuke Serizawa (le scientifique du tout 1er film) et tentent de construire une nouvelle bombe « destructrice d’oxygène » pour se débarrasser du monstre avant qu’il n’explose.

Parallèlement un nouvel organisme apparaît, semble-t-il issue de la première bombe destructrice d’oxygène ! Le xénomorphe ne tarde pas à croître et à se multiplier… Certaines scènes du film font alors furieusement penser à Aliens 2, notamment les militaires recherchant les extraterrestres avec des détecteurs de mouvements tout comme dans le film de Cameron. Sans compter que les E.T en question, sont eux aussi doté d’un dentier amovible ne demandant qu’à défoncer la boite crânienne de leurs victimes ! Tout le début du film balance entre hommage et plagiat pur et simple. Contre toute attente les créatures finissent par fusionner et ne former plus qu’une seule entité gigantesque : Destroyah !

L’armée est dépassée et se retrouve coincée entre trois monstres : Destroyah, Godzilla (sur le point d’exploser réduisant la planète en cendre) et Junior, le fils de Godzilla ! Ce dernier a beaucoup grandi depuis le dernier film et ressemble désormais trait pour trait à son géniteur – fission nucléaire en moins. La planète survivra-t-elle à l’affrontement de cette trilogie infernale ?

Bien que pourvu d’un scénario un poil brouillon, ce film n’en reste pas moins l’un des plus émouvants de la série ! Aucune suite n’étant prévue pour ce film, les concepteurs ont tenu à laisser le meilleur pour la fin et à présenter un Godzilla plus dangereux et impressionnant que jamais ! Et force est de constater que le pari est plutôt réussi, car en dépit d’un budget réduit et d’effets spéciaux frisant parfois le kitsch, le film fonctionne bien et sa fin tragique est parfaitement bouleversante !

A l’instar du tout premier épisode on est ému par le sort dramatique de Godzilla et de son fils. Animal aussi noble que majestueux, traqué et incompris, Godzilla renoue avec sa grandeur passée. La franchise après un parcours (très) chaotique a conclu en beauté presque 40 ans d’aventures !

L’histoire pourrait en rester là et le roi des monstres tirer sa révérence avec grâce et élégance après 4 décennies de (quasi) bons et loyaux services, mais un certain Roland Emmerich en décidera autrement…

3/ Back to the future (1999 – 2004 : 6 films)

Ainsi donc en 1998 Roland Emmerich s’empare de la franchise Nippone et livre au monde un blockbuster typique : décérébré mais efficace. Que l’on cautionne ou pas la démarche (des effets spectaculaires au détriment de la moindre trace de scénario), le problème principal du film n’en reste pas moins qu’il n’a tout simplement aucun rapport avec le concept de départ ! Ici Godzilla n’est qu’un iguane qui a muté et perd au passage toute sa dimension mystique.

Les réactions des fans furent totalement négatives et la Toho choisira même de rebaptiser le film « Zilla » (exit donc le God et sa dimension divine) pour souligner la trahison de l’idée de départ.

Le lézard de Roland Emmerich copule avec  un building

Le lézard de Roland Emmerich copule avec un building © Fried Films/TriStar/Tōhō. Source : Denofgeek.

Paradoxalement cette déception aura pour effet d’activer le retour du roi des monstres en version Japonaise ! En effet dès l’année suivante (soit 1999),  Godzilla revient sur les écrans pour une nouvelle série de 6 films !

Ces longs métrages seront plus violents (notamment le premier Godzilla 2000 qui se termine par la destruction pure et simple d’une ville par le roi des monstres) et l’accent est d’avantage mis sur les effets spéciaux, tout en restant fidèle aux tenues en latex.

On notera également que la plupart de ces films peuvent se regarder indépendamment les uns des autres car, d’une part ils font abstraction de toute continuité, et d’autre part ils ne se suivent absolument pas !
De plus le look de Godzilla sera revu d’un film à l’autre.

2004 : Godzilla: Final Wars (Gojira: Fainaru uôzu) de Ryuhei Kitamura

Le cycle de 6 films se termine par la célébration du 50ème anniversaire de Godzilla ! Pour ce faire, la Toho a mis les petits plats dans les grands et a doté le film d’un budget colossal (pour un film Japonais – relativisons quand même) et pas moins de 15 monstres se bousculent au casting de cette superproduction ! La réalisation quant à elle sera confiée à Ryuhei Kitamura (à qui l’on doit Versus).

L’affiche originale… Plus impressionnante que le film !

L’affiche originale… Plus impressionnante que le film ! © Tōhō. Source : Screenmania.

Mais commençons par l’histoire : Comme les 5 précédents , ce film ne se situe dans aucune continuité, l’action commence donc au pôle sud par un affrontement entre Godzilla et le Gotengo (une sorte d’Atlantis mais sans Albator ). Le vaisseau humain expédie en 5 minutes le roi des monstres en l’ensevelissant sous une avalanche de glace ! Le saurien géant mettra plus d’une heure pour réapparaître !

En attendant on nous explique que depuis l’apparition des Kaijus le monde a décidé de s’unir sous la bannière de… l’EDF (une idée lumineuse) alias l’Earth Defense Force ! En utilisant l’ADN des monstres, ils ont créé une armée de surhommes, qui aiment se battre avec des manteaux en cuir noir en bougeant au ralenti et sur fond de techno… (Vous l’aurez compris nous sommes ici à mi-chemin entre Matrix et San Ku Kai  !).

L’histoire ne dit pas si les hommes de l’EDF sont des lumières ou pas ( ! ) mais ils ont en tous cas fort à faire : une quinzaine de monstres apparaissent simultanément et ravagent les grandes capitales de la planète !
Il va sans dire que tous ces Kaijus ont déjà été vus dans les précédents épisodes de Godzilla ! Pour satisfaire les fans le réalisateur a truffé son film de référence à la mythologie Saurienne.

Alors que tout semble perdu, des extraterrestres (les Xilians) surgissent de nulle part et font disparaître tous les monstres d’un seul coup ! Les aimables E.T. prétendent aider les terriens et les prévenir du futur passage d’une météorite filant droit vers la terre… Cependant l’EDF a vu clair ( ! ) dans leur jeu : ce sont les aliens eux même qui sont à l’origine du réveil de tous les monstres et leur but caché est de conquérir la terre ! Désormais les humains n’ont plus qu’une seule ligne de défense : libérer Godzilla de sa prison de glace afin qu’il détruise ses ennemis naturels : tous les autres Kaijus !

Que dire de l’épitaphe de cette série ? Le résultat n’est hélas pas brillant : le jeu des acteurs est outré (traduisez ils jouent comme des savates), l’influence mal digérée de Matrix est vraiment TRÈS embarrassante, le scénario est gratuitement alambiquée, les combats entre Kaijus sont expédiés en 30 secondes… Bref en un mot comme en 100, c’est très mauvais ! Et pourtant, étrangement, on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine tendresse pour cette compil un peu ratée de 50 années de Godzilla ! Le coté Best of sauve paradoxalement le film du naufrage total.

Moment le plus savoureux du film : l’apparition du Zilla de Roland Emmerich ! Il fait partie des monstres réveillés pas les Xilians. La copie se retrouve confrontée à l’original ! Il va sans dire que le roi des monstres expédie son clone en 15 secondes montre en main ! Voilà qui résume bien l’estime qu’à la Toho de son remake Américain !

Quoi qu’il en soit une conclusion s’impose clairement à l’issue de ce film : les scènes les plus ridicules ne sont pas celles où les monstres s’affrontent mais bel et bien celles où les troupes de l’EDF cabotinent à qui mieux mieux ! (de quoi nous faire péter les plombs – hum-).

Bref la saga se termine en demi-teinte par un opus qui oscille dangereusement entre hommage raté et franc nanar ! Dommage le roi des monstres méritait mieux que cette fin involontairement drôle.

4/ What now, little man ?

On en aurait donc fini avec le roi des monstres ? Certainement pas ! Un élément aussi important de la culture populaire nippone ne saurait connaitre de fin !

Pour commencer les studios Legendary pictures ont racheté les droits de Godzilla à la Toho. Après moult rebondissements,  le remake fut finalement confié à Gareth Edwards en 2014. Cet article traitant uniquement des films Japonais je ne m’attarderai donc pas sur cette mouture. Je dirais simplement que si elle n’est pas le désastre créatif du film de Roland Emmerich, elle n’est pas inoubliable non plus. Un honnête blockbuster dirions-nous.

L’aspect positif de la chose, c’est qu’une nouvelle fois le succès du film Américain a permis le reboot de la série au pays du soleil levant ! Ainsi donc en 2016 est sorti Godzilla : Resurgence !

Un Godzilla (enfin) impressionnant ?

Un Godzilla (enfin) impressionnant ? © Tōhō. Source : Wikipedia.

Contre toute attente ce reboot n’est jamais sorti en France (pas même directement en vidéo) ! Ce qui est totalement incompréhensible tant ce film est tout simplement l’un des meilleurs de la série ! (A égalité avec l’original de 1954 me concernant).

Lorsque j’écrivais ces lignes le film était déjà sorti en DVD au Japon… mais en VO non sous-titrés (bravo les Nippons) ! Comme bien souvent j’ai dû acheter par la suite la version Hong-Kongaise pour enfin bénéficier de sous-titres Anglais (en Français je peux toujours me brosser bien évidemment).

Bref tout ça pour dire que je me fendrai d’ici peu sur un article spécialement consacré à Shin Gojira (« Le nouveau Godzilla » en Japonais) tant ce film fut une renaissance aussi exceptionnelle qu’inespérée !

La suite que réservera la Tōhō à cette mouture est encore incertaine à ce jour, on parle cependant depuis de nombreux mois d’un King Kong vs Godzilla (il s’agirait de la suite du film Kong : Skull island sorti en 2017). Rien de moins que le deuxième affrontement au somment pour les deux super monstres après leur première rencontre explosive de 1962 ! Gageons que cette fois-ci le coté comique sera nettement moins prédominant !

Toujours au rayon nouveauté on peut également signaler une trilogie de dessins animés actuellement en cours au pays du soleil levant. Deux Animés sont déjà sortis : Godzilla : Planet of monsters et Godzilla : City on the edge of battle.

Plus de 50 ans après sa création le roi des monstres n’a manifestement pas fini de faire de lui !

 © Tōhō. Source : Doblu http://doblu.com/2014/08/26/godzilla-final-wars-blu-ray-review/


© Tōhō. Source : Doblu 

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Suite et fin de la monstrueuse encyclopegeek de Patrick Faivre consacrée à Godzilla avec son entrée dans l’ère moderne, ses reboots, le nanar de Roland Emmerich et la réaction japonaise à cela.

La BO du jour : Lezards volants ou pas, tout ça n’est qu’une question de pognon….

48 comments

  • Matt  

    1984 : Le Retour de Godzilla : Très sympa ce reboot qui ne conserve de la continuité que le premier film de 1954. Certains plans sur la tête mécanique de Godzilla ne sont pas bien convaincants mais le film est prenant. Les personnages humains sont en effet attachants.

    1989 : Godzilla vs Biollante : J’ai bien aimé aussi, je suis globalement du même avis que dans l’article. Quelques longueurs dues à la complexité inutile de l’histoire mais des bons persos, un monstre végétal super réussi, des effets spéciaux améliorés par rapport au premier film. Bon moment.

    1992 : Godzilla vs Mothra : Celui-là je serais un peu moins sévère que dans l’article. On dérive davantage vers le gentil conte pour un public plus jeune mais ce n’est encore un nanar ridicule. C’est plutôt bien fichu, un peu naïf mais assez prenant aussi. Avec même une belle scène lors de l’éclosion de la forme finale de Mothra. C’est rigolo ces passages contemplatifs et merveilleux face à la nature quand ça concerne des monstres immenses qui peuvent nous marcher dessus sans faire exprès^^ Mais c’est gentillet.

    1993 : Godzilla vs Mechagodzilla 2 : Pfiou…celui-là je me suis fait chier. Du coup je serais tenté d’être plus sévère que l’article. Je crois que ça se veut à nouveau plus sombre que Godzilla vs Mothra mais il se passe tellement de trucs grotesques et le scénar est si alambiqué que ça devient ridicule…mais sans être spécialement marrant. J’ai pas franchement aimé. Limite je préfère le gros nanar de 1974 avec Mechagodzilla^^

    Je n’ai pas vu Spacegodzilla. Et je ne sais pas si j’ai envie compte tenu de la note donnée. Encore que…si c’est drôle au moins, ça peut être plaisant^^

    1995 : Godzilla vs Destroyah : Celui-là est pas mal mais j’ai souffert de ne pouvoir le regarder qu’avec le doublage anglais. Pfiou…que c’est mal doublé ! Franchement ça m’empêche de bien rentrer dans le film ce genre de truc. Les doubleurs ont l’air de se foutre de tout, comme allongés sur un sofa pendant qu’ils sortent leurs répliques^^ Dommage, je ne peux pas trop dire si le film est sympa ou pas. Globalement c’était pas mal avec toujours quelques trucs exagérés qui passent moins bien quand le film se prend au sérieux, mais mon visionnage a vraiment été gâché par la piste audio.

  • Matt  

    Au passage les 3 films Gamera du Shushuke Kaneko des années 90 sont très bons. Bon…Gamera reste une tortue à réactions protectrice de la terre, ça peut faire sourire sur le principe^^ mais les films sont malgré tout assez sombres et les effets spéciaux bien meilleurs que ceux des films Godzilla de l’époque (même s’il y a un peu trop de CGI dans le 3eme film, ça vieillit mal les CGI de la fin des années 90)
    Persos attachants, monstres créatifs. Franchement ça vaut le coup d’oeil pour les fans de Kaiju-eiga

  • Bruce lit  

    Parfait équilibre entre image, texte et vidéos. Avec en prime un nouveau paragraphe de conclusion.
    Merci pour ce reboot Mr6.

  • Jyrille  

    Décidément je ne savais rien de tout ça, encore merci Patrick pour ce tour d’horizon quasi exhaustif ! J’ai vu le Godzilla de Emmerich en fait, et je crois bien l’avoir immédiatement effacé de ma mémoire.

    Par contre j’ai adoré THE HOST en 2006 : https://www.youtube.com/watch?v=fupWquPNoTc

    Pour le reste cela m’a l’air bien sympa mais je ne pense pas faire l’effort outre mesure pour voir tout ça. A moins que je tombe dessus sans aucune urgence.

    La BO : mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?

  • Matt  

    Bon alors, qui a vu Godzilla: King of the Monsters ?^^

    • Kaori  

      Patrick6 a visiblement beaucoup aimé, vu ce qu’il en écrit sur FB ! Y a plus qu’à attendre qu’il pointe le bout de son nez ici ;)

      • Matt  

        L’esthétique du truc me fait un peu peur. Tout est sombre tout le temps, et sous la pluie, la nuit, ou dans la fumée. Comme s’ils avaient honte de montrer les monstres en plein jour^^ ça fait un peu trop…Zack Snyder…

        • Kaori  

          Bon, je résume le post de l’ami Patrick : scénar pas terrible (blockbuster US quoi), mais magnifiques photographie, réalisation et chorégraphies des combats, et des références aux Godzillas nippons.

          • Matt  

            Bon…à voir.
            N’empêche que ça fait sombre et fumeux^^
            ça fait surement plus sérieux que c’est dark…

      • Patrick 6  

        Bon je reproduis en l’état ce que j’ai écris sur Fessebouc (vu que je suis une grosse feignasse) :

        Que pouvait-on attendre de cette nouvelle mouture américaine de Godzilla après la désastreuse version de Roland Emmerich et celle assez fadasse de Gareth Edwards ? Et bien contre toute attente ce Godzilla 2 est un putain de bon film !

        Bon alors comprenons-nous bien, ce film est blockbuster US, il en présente donc tous les défauts : un scénario inepte bourré d’incohérences, des acteurs en roue libre cabotinant à qui mieux mieux, des bons sentiments dégoulinants, etc etc… (bon on ne va pas y passer 3 plombes vous savez tous ce qu’est un blockbuster)

        Cependant ces défauts sont ici transcendés par une réalisation impeccable et un sens de l’esthétisme époustouflant ! Les images sont tout simplement splendides, les monstres sont extrêmement réalistes et imposants et les scènes de batailles incroyablement prenantes !

        De plus, autant les films précédents faisaient limite abstraction du matériel d’origine (je pense particulièrement au film d’Emmerich qui avait transformé Godzilla en un pathétique mélange de Jurasik park et d’Alien ! Une trahison autant qu’une incompréhension de l’essence même de Godzilla) Ici non seulement l’idée du roi des monstres est respectée mais les emprunts aux films nippons sont nombreux : l’oxygen destroyer, faire revivre godzilla a coup de bombe atomique… et surtout la réutilisation aux moments clés du thème original Akira Ifukube !
        Quel plaisir de voir Godzilla partir à la charge sur le thème lancinant et hypnotique d’Ifukube !

        Bref enfin une relecture respectueuse du monstre nippon, magnifiée par une photographie remarquable et des combats très bien chorégraphiés !
        (ok ok un bon scénario n’aurait pas été de trop, mais il ne faut pas trop en demander je crois..)

        • Matt  

          Bon ok. ça se tente alors^^
          Du réalisateur Michael Dougherty, j’ai vu Krampus (Tornado connait, même si plein de gens semblent être passés à côté de ce film sorti direct en DVD. Un film sur le mauvais esprit de Noël à la fois comique façon Gremlins, et assez cruel. Et très beau visuellement)
          Et j’ai vu aussi Trick r’ Treat, son premier film, un petit film à sketch sur Halloween, même pas sorti chez nous en vidéo^^
          C’est pas bien juste parce que ce réalisateur est intéressant.
          Bon…dans un gros blockbuster, faut pas s’attendre à ce qu’il ait eu carte blanche (notamment niveau scénar) mais déjà le mec a un sens de l’esthétique.
          Gareth Edward avait d’ailleurs fait un tout petit film plutôt chouette avant d’être recruté pour un blockbuster ; Monsters (un film d’aliens…plus ou moins pacifistes mais dangereux puisqu’ils sont énormes quand même)

  • Tornado  

    Et oui tout ce qu’a fait Dougherty (les deux films dont parle Matt donc, et que j’ai découvert grâce à lui) étaient intéressant. Je vais peut-être aller voir ça avec mon fils, qui a l’air très intéressé ! :) (ses oreilles de lapin viennent de se hérisser là, en même temps que je parlais de la sortie prochaine du film…)

    • Matt  

      Je m’interroge quand même sur les techniques de « recrutement » des gros studios.
      Gareth Edward avait fait un seul film (Monsters) avant qu’on lui demande de faire du Star Wars et Godzilla…
      Et son premier film, il avait tout fait : photo, scénar, réal, montage. Il avait embauché des amateurs sur les lieux du tournage. Il y a même des scènes qui ont été tournées sans autorisation parce que le budget était plus petit : 500 000$ (et il en a rapporté 4 millions^^)

      Dougherty n’est pas un mec bien connu non plus, et on lui confie aussi de grosses licenses. Dans un sens c’est cool pour eux, mais si tu prends des mecs issus du cinéma indépendant, c’est bizarre de leur coller des films qui vont être surveillés de partout par des producteurs…
      Genre « on aime bien ce que vous faites, venez, mais vous ferez ce qu’on dit » Euh…ok

    • Matt  

      Gareth Edward est aussi un mec qui a une approche esthétique. La photographie est le meilleur truc de Rogue One.
      Mais son Godzilla…bon…c’était pas nul mais il jouait presque trop la même carte que son « Monsters », à savoir « on ne montre pas trop les monstres » Sauf que pour Monsters, ça s’expliquait par le budget, et aussi l’idée de rester à hauteur humaine, les conséquences d’un monde sur lequel des aliens énormes ont élu domicile. Et même une légère critique des militaires puisque les seuls victimes que les monstres font, c’est quand ils se font tirer dessus.

      • Tornado  

        C’est vrai qu’on peut se poser la question : A quoi est-ce que ça sert d’embaucher un auteur ou un cinéaste avec de la personnalité si c’est pour lui imposer un cahier des charges tellement strict qu’il n’aura pas son mot à dire ? Exemple avec SUICIDE SQUAD où on embauche un cinéaste underground qui ne peut jamais réaliser le film qu’il veut, notamment à cause de Will Smith qui parvient à imposer tous ses caprices à la production…
        A quoi est-ce que ça sert ? La question reste ouverte :)

        • Matt  

          José Padilha, le réalisateur du remake de Robocop parle aussi de la pire expérience de tournage qu’il a vécu.
          Bon je sais qu’ici certains aiment le film…même si moi je le trouve générique, dépourvu de violence ou de vision satirique (sauf les rares déclarations médiatiques de Samuel L. Jackson qui semblent avoir réussi à être conservées dans le film, mais tombent comme un cheveu sur la soupe) Bref un film de super héros premier degré pas franchement terrible.

          Enfin bref le réalisateur faisait des documentaires et des petits films avant, on vient le chercher pour un remake, et il déclarera qu’il s’est senti dépossédé du truc.

          Extrait :

          Une fois de plus, et / ou une fois de trop, le film a été victime de l’opposition désormais bien connue entre un cinéaste cherchant à imprimer sa patte pour réaliser un film classé « R », question de cohérence face au Robocop original, très violent, qui récolta même dans un premier temps un infâmant classement « NC 17″ -soit strictement interdit au moins de 17 ans, même accompagné ce qui signait l’arrêt de mort du film-, ramené à un classement « R » après quelques menues coupes effectuées par Verhoeven dans la version américaine. La Major productrice de la version 2014, MGM, voulait quant à elle le sacro-saint classement « PG-13″, celui qui affuble désormais tous les blockbusters des Majors depuis The Dark Knight.

          Paul Verhoeven, régulièrement pillé comme son confrère John Carpenter côté Remake, n’était d’ailleurs pas spécialement tendre avec le Robocop version 2014 : « J’ai un peu l’impression d’être enterré vivant ! [...] J’ai eu l’occasion de parcourir le scénario, et il souffre du même problème que celui du remake de Total Recall : il n’y a aucun humour ! » disait-il dans une interview accordée au journaliste Olivier Bonnard du Nouvel Obs.

          Conclusion ? Robocop version 2014 n’a pas trouvé son public, en plus d’avoir été vidé de toute la substance corrosive de la version de 1987. « Je n’ai pas eu la liberté créatrice que je voulais » explique le cinéaste; « j’ai passé 90% de mon temps à me battre. Ca m’a fait réaliser à quel point faire un film de studio n’est pas la même chose que de faire un film. Désormais, je réfléchirai un million de fois avant d’accepter une telle offre et de me lancer à nouveau dans une production d’une telle envergure. Je suis arrivé dans l’industrie hollywoodienne pensant que je pouvais faire le film que je voulais, avec mes normes cinématographiques. Quelle erreur ! Je préfère me confronter à la réalité plutôt que de faire un film de super-héros ! »

          • Patrick 6  

            Je ne connais ni Krampus ni Monsters je vais me renseigner sur la question ! Merci à toi ;)

          • Matt  

            Très chouette Krampus. Un bon film d’horreur de Noël^^
            Et superbes effets, costumes et maquillages (signés Weta, les mecs derrière le seigneur des anneaux)
            Il y a même un petit segment en animation quand la grand mère raconte le conte de Krampus.

        • Kaori  

          « Pour faire genre » ?
          Pour faire parler les critiques (en positif bien sûr) ?
          Bref, pour faire le buzz je suppose…

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