No more turning away

Walking Dead 25 : No Turning Back par Robert Kirkman et Charlie Adlard

No more turning away

Communication Breakdown
©Image Comics

AUTEUR:THIERRY ARAUD

VO : Image

VF Delcourt

C’est une tache ardue que de reprendre les comptes rendus de cette série des mains de Bruce. J’en profite d’ailleurs pour le remercier pour sa confiance.
Une petite différence quant à mon mode de lecture par rapport à celui de Bruce, c’est que je lis la série en fascicules à parution. Ma lecture est donc moins « linéaire » mais l’attente entre chaque numéro laisse le temps aux impressions de lecture de s’apaiser et à la réflexion de se construire (du moins espérons le…).

Assez tergiversé, rentrons donc dans le vif du sujet bien des spoilers pour QUI ne connait pas la série.

Tout le monde, j’imagine, garde à l’esprit la fin dramatique du tome précédent. Afin de borner la frontière de son clan, Alpha a décapité 12 personnages comptant parmi les proches de nos héros et a planté leurs têtes sur des piquets.

Ce sont les conséquences à très court et à moyen termes que cet album explore.
La première page est tripale et nous replace immédiatement dans l’horreur et le choc de la fin du tome 24. Un strip de 3 cases avec vues de plus en plus serrées de la tête d’Ezechiel ouvrant la bouche. Il s’agit donc bien de têtes zombifiées. Puis un bandeau avec Rick en gros plan détournant les yeux de l’horreur et enfin une grande case en plongée de l’ensemble du groupe. Au cours de cet album Adlard aura d’autres occasions de nous régaler de ses mises en page pleine d’émotion.

With a little help from my friends

With a little help from my friends©Image Comics

Partout dans la communauté c’est l’inquiétude. Où sont passées les personnes disparues ?
C’est à Rick, en leader responsable qu’il incombe d’informer l’ensemble des habitants. Le premier épisode de ce tome se termine sur ces simples mots de Rick : « I’m afraid I have terrible news… ». C’est le crépuscule et le ciel est sombre.

L’épisode suivant est sans doute l’un des plus touchants qu’ait dessiné Charlie Adlard.
8 pages muettes : l’effondrement des gens devant l’horreur, 2 pages doubles pour montrer la douleur de chacun des personnages touchés par le drame et la façon dont chacun vie le deuil, puis une double page pour le dernier hommage tous réunis devant l’église, puis un plan général sous la pluie.

A partir de là se pose le problème de la validité de l’utopie que Rick a mis des années à construire. Ce principe fédératif de petites unités autogérées subvenant, chacune, à ses besoins et pouvant troquer ses surplus aux autres en échange de ce qui leur manque, semble bien avoir des limites.
Tout à fait opérant, lorsque il s’agit de rester entre soi, il ne peut pas assurer la sécurité de son peuple face à une menace inconnue venue de l’extérieur. De plus Rick a toujours été un homme de décisions.
Et là, il doute.

Back in black

Back in black©Image Comics

Partagé entre la certitude qu’une attaque frontale des Whisperers serait cause de nombreuses morts parmi ses troupes, sa première décision sera de temporiser. Cette décision sera très mal prise par tous ceux et celles ayant subi un deuil et l’autorité de Rick commence à faiblir.

Rick a toujours imposé à son groupe des règles morales très précises. La dernière en date étant de ne plus tuer. Le voilà confronté à des gens pour qui l’assassinat fait partie du quotidien. Et l’aveu de Maggie concernant l’exécution de Gregory ainsi que la volonté fermement marquée chez ses concitoyens de se venger va le mettre dans une situation de plus en plus difficile à gérer.

Careful with that axe Eugene

Careful with that axe Eugene©Image Comics

Les instincts primaires des uns et des autres rejaillissent, obligeant Rick à réagir rapidement. Première décision, mettre Lydia en sécurité. Ancien membre des Whisperers, elle ne peux plus être en sécurité dans la communauté.
Au milieu de cette confusion, il reste encore des moments d’émotion très dense, notamment une discussion profonde entre Michonne et Rick qui se met à nu quant à ses sentiments pour Andréa.

C’est d’ailleurs un exercice que Kirkman refera plusieurs fois dans le tome : donner à voir des personnages très caractérisés dans des situations où un autre aspect de leur caractère apparaît : Rick, Michonne, Alpha, Negan. Mais la colère gronde toujours dans la communauté, au point qu’un discours de Rick met le feu aux poudres.Celui ci doit alors se rendre à l’évidence : la situation lui échappe. Il a besoin de conseils et il sait où les trouver.

On arrive au centre d’un des thèmes principal du tome : Une fois en charge d’un pouvoir sur un groupe de personnes comment gouverner en mettant en avant la sécurité et la survie du « peuple » ?
Rick doute. Son message maladroit ne peut évidemment pas passer face à des gens voulant la guerre, alors qu’il veut à tout prix l’éviter. Le rôle du « Prince » pour reprendre la terminologie de Machiavel est de fait plus trouble que dans les tomes précédents.

Help !

Help !©Image Comics

La philosophie attentiste de Rick pourrait, il me semble, se résumer dans cet aphorisme de Marc-Aurèle : « Une excellente manière de te défendre d’eux, c’est d’éviter de leur ressembler. »
Mais ça ne les empêchera pas de tuer.

Rick va alors, contre toute attente, trouver en Negan un stratège du pouvoir digne de l’écrivain florentin. Rick est confronté à une situation qui ne se résoudra pas pacifiquement. Eux contre Nous. Et c’est Negan qui trouvera la solution : les gens ne veulent pas de l’action. Ils veulent de la sécurité.

La belle petite utopie que Thomas More n’aurait pas désavouée se doit de se doter d’un appareil de défense efficace contre l’extérieur.
Dans ce dialogue, Negan se dévoile en meneur d’hommes pas si imbécile et impulsif qu’on pourrait le penser. Il expliquera même à Rick en quoi le massacre de Glenn était un acte « politique » autant qu’un boucherie.

Il fait alors sienne l’analyse de Machiavel selon laquelle : « En dehors de la vaillance et de la fortune, on peut devenir prince par le plébiscite des concitoyens ou par la scélératesse.»
Rick a alors toutes les données en main et il va prendre la décision vers laquelle Negan l’a aiguillé avec une rare psychologie.

Shock me

Shock me©Image Comics

Les communautés doivent se doter d’une armée bien entrainée qui les protégera (besoin de sécurité) et permettra d’accomplir des actions de force sans mettre la vie de tous en danger (besoin d’action).
Reste que le temps lui manque, certains membres de la communauté, trouvant sa temporisation trop lâche, veulent y remédier de manière « ultime » et il faudra à Rick tuer ou mourir. C’est ni plus ni moins que l’intrusion d’un « eux » chez « nous ».
Kirkman clos son récit d’une manière assez troussée : le tome avait commencé par un discours de Rick annonçant les décès de leurs compagnons et le tome se termine par un autre discours. Si le premier était éludé, il n’en reste pas moins évident.

Le second est un appel aux armes de Rick en rappelant que jamais il ne sera question de revenir en arrière, à l’époque de l’errance et de la violence quotidienne. Et pour cela, les décisions à prendre seront prises. Kirkman développe ici des thématiques fortes et complexes.

L’inanité d’une utopie coupée des réalités du monde. On a un peu l’impression que Rick et les siens pensaient vivre cachés à tout jamais. Toutefois, qu’il y ait encore des gens porteurs du rêve d’une société plus humaine est une excellente chose, mais il doit aussi exister des gens qui puissent permettre de mettre ces rêves en pratique en toute sécurité.

Heroes

Heroes©Image Comics

Kirkman s’interroge aussi sur le pouvoir. Un pouvoir acquis n’est pas éternel et parfois le plus compliqué est de conserver ce pouvoir dont on vous a investi. Prendre les bonnes décisions, ne pas montrer ses doutes et se rappeler que, comme Nietzsche disait : « Toute politique, même chez les plus grands hommes d’Etat, est de l’improvisation au petit bonheur. »

La création vitale d’une armée bien entrainée est une nécessité que le même philosophe mettait en évidence quand il écrivait : « C’est un songe creux de belles âmes utopiques que d’attendre encore beaucoup de l’humanité dès lors qu’elle aura désappris à faire la guerre (voire même de mettre tout son espoir en ce moment-là) ». Mais pour que la vie seule triomphe.

Satisfaction

Satisfaction©Image Comics

27 comments

  • Bruce lit  

    Et bien la relève est assurée ! Tu te débrouilles vraiment bien pour un gars qui écoute KISS (rires) mais pas que….!
    WD rentre dans une phase fascinante: comment gagner la paix et surtout la conserver, voici une problématique plus qu’actuelle non ? J4ai toujours trouvé que Neggan était un personnage fascinant, hâte de lire ça ! Car je n’ai rien compris pour ce volume ! La VF semble être sortie avant la VO !

    • Thierry Araud  

      Je confirme : la VF est sortie une bonne dizaine de jours avant la VO qui, de fait, n’est plus une version originale puisqu’arrivant en second. Donc, la VF est donc la VO bien que traduite et par conséquent… Aïe, mon crâne !

  • JP Nguyen  

    Ouh punaise ! Un article « machiavélique » qui me donnerait presque envie de me mettre à lire WD ! Je dois résister, ma CB et mes étagères ne sont pas prêtes !
    Ta citation de Nietzsche sur la nécessité de la création d’une armée me pose toutefois question. Il me semble que le philosophe était favorable à l’esprit guerrier mais pas forcément à l’institution militaire. Dans Zarathoustra, il disait quelque chose comme « Je vois parmi vous beaucoup de soldats, j’aimerais voir plus de guerriers… »
    Enfin, je ne connais pas toutes les chansons utilisées pour tes légendes d’image mais j’apprécie l’intention du fil rouge. A l’évidence, pour captiver ton lecteur, tu connais la musique !

    • Thierry Araud  

      Tu as raison pour Nietzsche : ma phrase, à la relecture, est mal tournée. Il pointe surtout ici l’esprit guerrier plus que l’institution militaire. Mea Culpa !
      Merci pour tes critiques.

      • JP Nguyen  

        Oh, c’était juste pour poursuivre le débat, la pensée de Nietzsche n’est pas du tout évidente à saisir et en plus, sur certains points, il a évolué pendant toute son existence.
        Concernant Nietzsche et la guerre, j’ai trouvé un article qui confirmerait à moitié ton interprétation :
        http://www.webnietzsche.fr/paixveri.htm
        En fait, il semblerait que dans le texte cité, Nietzsche appelait de ses voeux une civilisation renonçant à la guerre mais seulement après avoir atteint un degré de puissance absolue… Quelque part, cela rejoint la nécessité de constituer une armée, toutefois cela va à l’encontre des concepts de « paix armée » ou « guerre défensive »…

        • Thierry Araud  

          J’ai effectivement consulté cette page pour l’article. Par contre, je n’ai pas retrouvé la référence précise. Sachant ce que sa soeur nazie a fait de certains aspects de sa philosophie j’aurai dû être plus clair dans ma citation.

  • Patrick 6  

    Bravo Thierry tu as repris le flambeau avec brio !
    Les références philosophiques sont plus que bienvenues et rappellent que le comics peut être, à ses heures, autres choses que du Crac-boum-hu (ce que l’on semble avoir oublié du coté de chez Marvel ces temps ci me semble t-il).
    Quoi qu’il en soit, si ton article me donne envie de lire ce tome, j’ai cependant quelques réserves sur la série. J’ai arrêté de la suivre après l’arc de Negan que j’avais trouvé long et ennuyeux. Comprenant sans doute son impasse Kirkman avait eu la bonne idée d’avoir ensuite recours à l’ellipse temporelle et de passer à la génération suivante, soit le fils de Rick. Ok très bien, mais voir Negan revenir à présent me laisse plus que perplexe…
    Bien que n’ayant pas lu ce numéro, l’idée que Rick prenne conseil auprès de Negan me parait une pirouette scénaristique un peu stérile et surtout terriblement prévisible pour la suite…
    Est-ce que je me trompe ou est-ce que cette série tourne violemment en rond ?

    • Thierry Araud  

      Point par point :
      Merci pour le brio mais une fois n’est pas coutume. Et quand je lis l’article de Tornado sur V for Vendetta, je me trouve tout petit.
      La philosophie chez Marvel, je t’avoue que j’en ai rarement rencontré… (rires)
      L’arc de Negan, n’était pas ennuyeux me semble-t-il. Il était plus lent et préparait l’avenir. Sans Negan, Rick en serait toujours à une vision en noir et blanc. Negan a fait évoluer Rick dans son rôle de leader… A contrario, mais pas que…
      Le « retour » de Negan est en soi, très relatif puisque qu’il n’a jamais disparu de la série.
      Pour la suite, je ne veux rien spoiler, mais à partir du numéro 151 c’est un coup de théâtre par fascicule. Je te jure que le rythme s’accélère. Disons que si l’arc « Negan » était plutôt « rock progressif », là on est dans le trash le plus hardcore… Nuff said !
      Sinon : au plaisir de te lire !

      • Patrick 6  

        Ah ta métaphore me parle ! Si l’arc Negan était du rock progressif il est donc tout à fait normal que je l’ai trouvé long et pénible ! Par contre si le présent arc c’est du trash hardcore alors voilà qui change littéralement la donne ! Bon ton discours a fait mouche je vais essayer de rattraper mon retard sur cette série de ce pas ! Rock’n’roll attitude et merci à toi 😉

  • Bruce lit  

    Et les titres de chansons sont parfaitement appropriées au fait !

    • Thierry Araud  

      Même ceux de KISS, Boss ? Hihihihihihihi. (Rire sardonique)

  • Tornado  

    Houlah, j’ai pas lu Nietzsche moi. Je me sens un peu exclu les gars ! 😉
    Comme d’hab, je suis forcé de lire l’article en diagonales pour ne pas me spolier… la série TV (je ne lis pas le comics) ! 🙂
    Et sinon : Led Zep ou Beatles ?

    • Thierry Araud  

      Ha bin tiens, tu tombes bien : un grand bravo pour ton article sur V for Vendetta version BD et Film. J’ai enfin compris pourquoi le film me gênais un peu aux entournures…
      Perso je n’ai pas dépassé la saison 2 de la série télé. Mais à la lecture de déclarations de Kirkman, les deux sont totalement différentes. Par contre, il est vrai que l’arrivée de Negan est imminente…
      Sinon, Beatles ou Led Zep ? Pourquoi choisir ? LES DEUX, plus les Stones, les Ramones, Dropkcik Murphy, Springsteen et Mellencamp, Dylan et Tom Petty, Slayer et Charlie Parker. Pas d’horizon en musique !!! Yep !!!

      • Tornado  

        Je suis d’accord pour les deux. Mais pas pour les Ramones, que je déteste ! 😀

  • Tornado  

    (Et merci)

  • Présence  

    Excellent article qui me donne de plus en plus envie de prendre cette série en route. Je suis très intéressé par l’ambition de Robert Kirkman concernant les problématiques de gouvernance, de prix à payer pour la survie et la sécurité de la communauté.

    Au travers des planches choisies, je suis surpris par le nombre élevé de cases consacrées à têtes en train de parler. C’est peut-être un effet de prisme déformant lié à la taille restreinte de l’échantillon.

  • Jyrille  

    Il est très bien ton article Thierry ! Alors tu reprends définitivement les articles sur Walking Dead ? Moi je veux bien que tu continues car je n’y connais rien en philosophie et je trouve que cette oeuvre s’y prête magnifiquement. Ton éclairage est donc plus que bienvenu ! Bruce, fort judicieusement, empruntait le versant social de Walking Dead, toi tu la dépeins plus globalement en tant qu’expérience politique et sociétale, c’est encore plus bluffant.

    En fait, en partant d’un pitch classique d’histoire de zombie, Kirkman pousse les idées au maximum de tout ce que pourrait être un monde post-apocalyptique où la nature serait préservée. WD n’a donc rien de fantastique mais fait partie des comics les plus réalistes du moment non ?

    PS : je n’ai pas reconnu tous les titres de chansons (Talk To Me, Lucille, Shock Me, Betrayed)

    • Thierry Araud  

      Salut,
      Merci pour ton avis. Le fat que TWD puisse se lire sous l’angle social, philosophique ou politique montre bien la richesse inouïe de l’oeuvre.
      Tout à fait d’accord avec toi, TWD est une série réaliste basée sur un postulat horrifique et dont le but me semble surtout de mettre en avant la psychologie de personnages, leur relation entre eux ainsi qu’à la nature (au sens environnement, pas au sens les jolies petites fleurs).

  • Jyrille  

    Merci ! Je ne connais pas du tout cette chanson de Nirvana, elle sort d’où ?

    • Bruce lit  

      @Cyrille : A l’époque d’avant Internet, il fallait parcourir Puces et boutiques Undergroungd pour se procurer les démos de Nirvana. Talk to me était sur le célébre bootleg Outsecticide où figuraient inédits, démo et reprise de Kiss. D’où ma confusion Thierry Araud.

      • Thierry Araud  

        Mince ! Nirvana a repris du KISS ? Purée je vais écouter ça tout de suite…

        • Bruce lit  

          @Thierry : la reprise de kiss : Do you love me ?

          Talk to me : ouais, pas mal, première chanson de Kiss que j’aime bien. On dirait un truc sorti de Who’s next…Du rock de stade un peu gras….mais oui, c’est pas mal !

  • Thierry Araud  

    Désolé de contredire Bruce, mais :
    Talk to me : KISS. Je ne connais pas la chanson éponyme de Nirvana
    Shock me : KISS aussi
    A noter qu’il s’agit de deux chansons composées par Ace Frehley, le guitariste d’origine qui reste une des figures les plus attachantes du quatuor.
    Pour le reste, Bruce fait un sans faute

  • Jyrille  

    Je viens enfin de lire ce tome, et ton article Thierry est un très beau résumé de ces épisodes. Comme toujours, l’appel aux philosophes est nécessaire pour comprendre Walking Dead. Je dois avouer que cela faisait longtemps qu’un album de WD ne m’avait fait autant plaisir tellement les propos de son scénariste me semblent forts : les moments intimes où les personnages se livrent, ainsi que la problématique du pouvoir sont finement menés et pensés.

    Le plus étonnant pour moi, c’est de voir le trait de Adlard évoluer. Je ne l’ai jamais vu aussi bon. Tu soulignes les pages muettes, très fortes, mais je trouve également qu’il a désormais une finesse proche d’un McGinnis ou d’un Risso. Cela se voit bien sur la première planche présentée ici. Serait-ce le fait d’un autre encreur ?

    Je vais enchaîner de suite avec le tome suivant.

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