N’oubliez pas le guide (Review Dark Museum)

Dark Museum tome 1 : American Gothic par Alcante, Gihef et Perger

Bienvenue dans la première galerie du Musée des horreurs

Bienvenue dans la première galerie du Musée des horreurs

Cyrille M

VF : Delcourt

American Gothic est le premier titre d’une nouvelle série initiée en 2017, co-scénarisée par Alcante et Gihef, et dessinée et colorisée par Stéphane Perger.

Nous sommes aux Etats-Unis en 1930, en Iowa, dans la petite ville de Eldon. La grande dépression de 1929 puis le Dust Bowl (une période de tempêtes de sable qui a endommagé l’environnement naturel et les cultures jusqu’au Canada) ont écrasé les paysans, qui souffrent du manque d’eau et de nourriture. L’histoire commence à la foire agricole de la ville, où les autochtones bradent les maigres ressources qui leur restent afin de trouver un peu d’argent pour survivre.

Lazarus Henkel et sa fille Epiphany y vendent leur tracteur pour une quinzaine de dollars, espérant ainsi trouver de la nourriture pour le cadet, Caleb, qui souffre d’une sévère malnutrition. Ils sont pris en photo par un certain Wood, qui capture la détresse et la misère de ces temps. Sans le savoir, Lazarus et Epiphany seront immortalisés dans le tableau American Gothic.

Tout commence avec une plongée

Tout commence avec une plongée

Le tableau de Grant Wood tire son nom du style de la maison visible en second plan. Wood cherchait des personnes qui auraient pu vivre dans ce genre de maison, illustrer un certain état des Etats-Unis dans les années 30. La force de son propos, loin de flatter les egos, retournant le principe des portraits de bourgeois (comme celui des Arnolfini par Jan Van Eyck) pour des petites gens a durablement marqué les esprits. Son absence de merveilleux et son réalisme criant ont fourni un nombre élevé de parodies et de détournements, qui parleront ainsi aux fans de super-héros ou aux geeks de tout poil, mais aussi aux lecteurs du Time, de Mad ou de Forbes.

La série Dark Museum propose un concept original, celui de réinventer l’origine d’une œuvre en l’intégrant dans une histoire horrifique. Ici, le lecteur se retrouve en pleine dépression, dans un univers paysan misérable, affamé et qui n’a aucune aide extérieure. Le maire a même décidé d’accueillir une troupe de forains à la source même du point d’eau de la ville.

Le tableau original de Grant Wood

Le tableau original de Grant Wood

En sus de leurs soucis matériels, les habitants sont donc sacrifiés au monde du spectacle, gourmand en ressources : eau, essence, nourriture, le cirque demande beaucoup pour faire vivre ses animaux exotiques parfois énormes. La compassion, la solidarité et la pitié n’ont plus droit de citer : personne ne vient en aide aux Henkel, qui refusent de voir mourir leur plus jeune membre. Toutes les conditions sont ainsi réunies pour que l’horreur explose.

L’Amérique dans les années 70

L’Amérique dans les années 70

Dans sa structure, ce premier tome reste somme toute classique mais diablement efficace. Les trois premières planches sont muettes à l’exception d’un phylactère en toute dernière case de la troisième planche, laissant parler le dessin et les photos de Wood : un homme travaillerait pour un lit du pain et du lait, une famille nombreuse échange son dernier cheval contre de la nourriture, et la chaleur nous semble réellement écrasante. Toutes les conditions sont ainsi exposées sans temps mort, immédiats, et tout aussi rapidement, l’histoire se met en place.

Le dessin très expressif de Perger y est pour beaucoup. Ses couleurs ne prennent pas tout l’espace, favorisant une couleur dominante pour chaque environnement ou moment : du blanc et du bleu éclatants pour la pleine journée, du jaune pour le crépuscule, du rouge pour l’horreur, du noir et blanc pour les photos ou la nuit noire.

Une longue route écrasée par la chaleur

Une longue route écrasée par la chaleur

De plus, il laisse de nombreuses zones non colorisées, qui appuient ainsi les pliures, les rides, les textures. Au fur et à mesure de l’horreur grandissante, les traits des personnages se transforment sous ces effets : les rictus en deviennent glaçants. Contrairement à des histoires d’horreur comme Massacre à la tronçonneuse ou La colline a des yeux, les paysans ici décrits ne sont pas dégénérés ou retardés. Acculés, les hommes se transforment en bêtes sauvages, en monstres.

De la même manière, le zoo et son cirque, qui pourraient nous faire croire en une nouvelle histoire à la Freaks ou à une galerie de monstres humains à la House of a 1000 corpses de Rob Zombie, participent à l’horreur ambiant sans fournir un nid de caricatures comme la femme à barbe ou le nain disgracieux. Et sa présence est pourtant totalement nécessaire.

Y a du boulot

Y a du boulot

Je n’ai pas fait de recherches poussées, mais cette description de la campagne américaine des années 30 semble très documentée. Ainsi, l’horreur qui apparaît au fur et à mesure n’en est que plus édifiante : le réalisme cru prime à tous les niveaux, dessin, couleur, vêtements, outils, habitations et personnages. Cependant, certains détails sonnent différemment à la fin de la lecture : dans la Bible, Lazare est le nom du premier saint ressuscité.

La colère de Lazarus

La colère de Lazarus

Comme toujours lorsque je rédige un article sur une bd, j’essaie de ne pas déflorer les intrigues, pour laisser toute la surprise aux éventuels lecteurs. Et j’ai déjà l’impression que j’en ai déjà trop dit, je ne vais donc pas m’appesantir plus et conclure sur l’ensemble des points forts de ce premier tome : un dessin réaliste, vivant, dynamique, des couleurs soignées et expressives, une histoire sans faille, des dialogues qui sonnent toujours vrais, et de la pure horreur sans effets chocs. En cinquante-cinq planches, Dark Museum rend hommage au genre en en prenant les meilleures recettes, avec à la clé une idée de base originale qui incite à se documenter sur des œuvres percutantes faisant partie de l’inconscient collectif.

Un trio d’auteurs heureux

Un trio d’auteurs heureux

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La BO du jour : une triple dédicace, pour Patrick 6, Mattie Boy et Gihef. Un jour nous serons tous squelettes.

44 comments

  • Matt & Maticien  

    Étonnant concept où l’on part d’une oeuvre iconique qui appartient à la mémoire collective pour la réinterprèter dans un concept horrifique réaliste semble t il. Chaque tome portera ainsi sur une oeuvre réinterprèter ?

    L’horreur mise en scène est celle de la famine et la misère ou y a t il une dimension « surnaturelle’?

    • Jyrille  

      Oui hein ? Très bon concept. Quatre tomes sont prévus, à chaque fois sur une oeuvre différente. Quant à l’horreur, elle n’est pas surnaturelle dans le sens strict, mais peut atteindre une dimension très étonnante.

      Merci pour ton commentaire nocturne Matt !

  • Matt  

    Je suis tombé sur cette série concept lors de mes recherches de BD d’horreur sur un site.
    Je n’avais pas spécialement retenu ce tome pour ma liste d’achat, ne sachant pas trop à quoi m’attendre.
    Cela fait plaisir de voir que tu en penses du bien, même si au final tu en révèles très peu aussi^^ Mais je comprends l’approche. Moi, j’ai tendance à en dire un peu trop dans mes articles. J’ai du mal à parler d’une oeuvre sans spoiler.
    En tous cas ton article est intrigant et renouvèle ma curiosité pour cette série. Ce qui est sympa aussi, c’est qu’il s’agira d’une série de one shot, je me trompe ? Donc pas d’obligation de poursuivre ou de risque d’être déçu si les autres tomes sont ratés.

    • Jyrille  

      Mercie Mattie ! Tu as raison, chaque tome est un one-shot, un peu comme certaines séries télé actuelles (je pense à Black Mirror par exemple). Sincèrement cette bd est très bien, et je n’ai pas assez insisté sur le dessin. Et j’en raconte déjà trop selon moi :)

  • Présence  

    Je ne connais pas du tout. J’y jetterai un coup d’œil lors de mon prochain passage en librairie. Merci pour cette découverte.

    A la lecture de l’article, je ne suis pas sûr d’avoir saisi ce qui t’a conduit à attribuer 4 étoiles, plutôt que 5.

    • Jyrille  

      Merci Présence pour ton petit mot. Tu as raison : je ne sais pas vraiment noter. J’ai mis également quatre étoiles à Trashed et Blast alors qu’objectivement, tout comme ce tome de Dark Museum, rien n’est à jeter. Ce sont des notes subjectives basées sur mon ressenti : super bds, mais avec des éléments qui me perturbent personnellement, comme une incertitude sur leur pérennité de lecture ou mon aversion naturelle envers certaines horreurs.

      • Matt  

        La notation, c’est pénible en fait. Parfois on trouve une série légère, fun et inoffensive très agréable, on passe un super moment, mais peut-on mettre 5 étoiles alors que c’est assez classique, simple, tous publics et gentillet ? A côté de ça si on met 5 étoiles aussi à Scalped…c’est presque comme dire que ce sont des œuvres équivalentes alors que Scalped serait plus ambitieuse, profonde, etc.
        Il y a certes une différence dans le genre et non dans la qualité d’écriture, et techniquement tous les genres se valent (mais pas toutes les œuvres s’inscrivant dans ces genres) donc ça ne devrait pas poser de problème de mettre 5 étoiles partout. Mais pour ma part j’ai peur de fausser la perception de ceux qui viennent lire l’article et qui pourraient penser tomber sur un chef d’œuvre avec une notation de 5 étoiles. Alors que tout ce que je veux faire passer comme message c’est que c’est plaisant. Pour cette raison des fois je vire une étoile alors que je n’ai pas spécialement de reproche à faire à l’œuvre.

        • Jyrille  

          J’ai le même sentiment Mattie et tu l’as bien mieux exprimé que je n’aurai pu le faire. As-tu écouté ma BO du jour dédicacée ?

          • Matt  

            Alors désolé, j’ai bien noté la dédicace sympa, mais je suis encore en mode « hors forfait 4G » jusqu’à ce soir. Ayant éclaté mon forfait mensuel pour cause de foutues mises à jour Windows, je suis revenu à l’époque du 56k en débit. J’arrive à peine à ouvrir le blog et ma messagerie^^
            Donc lire une video youtube c’est assez chaotique. Je verrai ça demain.

  • Tornado  

    Ahhhh ! Voilà un article qui tombe à pic. J’ai immédiatement flashé sur cet album et sur son concept lorsque je suis tombé dessus en librairie. Ne tenant pas à continuer à surcharger inutilement mes étagères, je ne l’ai pas pris, attendant d’en lire ici et là quelques avis, sans imaginer que l’un d’entre eux arriverait directement ici !

    Je suis très curieux de connaitre les trois prochaines oeuvres qui vont servir de toile de fond aux albums suivants. C’est un peu ce qu’avaient fait Mosdi & Sorel sur « L’Île des Morts » d’ailleurs, même si dans ce cas c’était carrément orienté fantastique !

    Bon, encore une fois j’ai ressenti une certaine frustration en arrivant en fin d’article en ayant l’impression d’être à la moitié… Méchant Cyrille !

    • Jyrille  

      Ahah merci beaucoup Tornado ! J’avoue, cet article est trop court, pour deux raisons : je ne voulais pas gâcher la lecture en en dévoilant trop (et je ne suis pas certain d’y être parvenu), et j’ai effectué un certain travail rapidement pour interviewer Gihef. J’espère ainsi que au-delà de cette présentation un peu succinte, cette bd donne un nouvel angle via l’interview.

      Cela dit, j’aurai pu peut-être parler un peu plus du dessin. Car j’ai omis de dire que les planches de Perger sont vraiment splendides et qu’elles me rappellent par moment le trait de JH Williams III. Il y a plusieurs planches muettes saisissantes (rien que les trois premières valent le coup), notamment une qui propose un découpage de cases rappelant une fourche, tout comme le schéma de ma fourche revient plusieurs fois dans le tableau de Grant Wood.

  • OmacSpyder  

    J’avais déjà aperçu cette bd en coup de coeur chez mon libraire. Et la couverture m’avait intriguée. Ton article continue d’insinuer doucement une envie de jeter un deuxième oeil, voire un troisième mais il paraît que…. chut!
    Tu avais prévenu que ça allait être court. Certes, mais il semble que l’essentiel soit dit pour fixer le propos et tenir en haleine sans déflorer l’issue que l’on pressent terrible. L’horreur prend souvent des sources dans la banalité du jour pour se dévoiler au crépuscule. J’aime d’ailleurs ta remarque sur l’utilisation des couleurs de Stéphane Perger pour coller à l’ambiance.

    En écrivant, j’ai la petite musique de la quatrième dimension qui me vient. Ça aurait pu en faire un volet : »Imaginez ce tableau accroché dans ce simple musée prendre vie la nuit, et raconter lui-même l’origine de ce portrait vraiment pas si naturel que les apparences le laisser penser. Entrons ensemble… talalala talala.. » :)
    Et si j’ai bien lu une interview va suivre: ça sera bien ça aussi en complément!

    • Jyrille  

      « L’horreur prend souvent des sources dans la banalité du jour pour se dévoiler au crépuscule. » Tout à fait ! Et joliment dit. La vraie horreur vient vraiment de la réalité pour moi.

      Ta comparaison avec la quatrième dimension est très pertinente et ton petit scénario colle parfaitement à l’ambiance de Dark Museum. Merci beaucoup Omac !

  • Bruce lit  

    Un concept aussi simple que génial ! Je prends !
    Et du coup pour avoir lu en avant première l’interview à paraître demain de Gihef, j’ai investi pas plus tard qu’hier dans Le Complot. Affaire à suivre.
    Effectivement, cette histoire ne dépareillerait pas dans la quatrième dimension.
    Mes critères de notation : -le plaisir
    – Cette histoire tient-elle la route face aux pontes de mon musée imaginaire
    -La replay value : ai je envie de relire cette histoire et que vais je y trouver d’autres ?

    Les articles de Cyrille: arrêtez de l’embêter ! Cyrille publie cette semaine 3 articles en 6 jours ! Les articles courts, c’est bien aussi. Ca permet une respiration entre deux pavés. Et inversement.

    La BO: bof….tous ces groupes à guitares reverberisées vaguement neurasthéniques manquent d’agressivité, de carrure et surtout d’énergie.

    • Jyrille  

      Merci chef ! Je vois que finalement, tu as presque le même système de notation que moi :)

      La série Complot comporte également quatre tomes. J’ai beaucoup aimé le Krach de 29 malgré un dessin trop académique pour moi, et je ferai la même remarque sur le tome consacré au Titanic ainsi que celui sur les Templiers. Par contre celui sur Hamburger Hill est dessiné par Perger et du coup je le trouve au-dessus du lot.

      La musique ? Et bien oui, c’est du post-punk, ce n’est pas fait pour être énergique ;) Leurs deux albums sont splendides et classieux et datent de 1980 et 1981. Je suis en train de me réécouter les Buzzcocks, fonce si tu ne connais pas !

      Allez un autre titre du même groupe plus entraînant : https://youtu.be/qCJVvZGvl_A

      • Bruce lit  

        Ahem….Les Buzzcocks, je connais quand même….Je les ai même vus en première partie de Nirvana durant la tournée In Utero. Je leur préfère Magazine de leur leader Devoto.
        C’est justement celui de Hamburger Hill que j’ai acquis ! Joie !

        • Jyrille  

          Jalousie : je n’ai jamais vu les Buzzcocks ni Nirvana. As-tu écouté le second titre que j’ai mis en commentaire ?

          Tant mieux pour Hamburger Hill ! J’attends ton retour…

          • Bruce lit  

            Ah mieux ! On dirait presque du Knack electro.
            Je viens d’écouter du coup » Missiles » qui m’évoque un peu ce que feront les Killers par la suite (en plus racoleurs).

          • Jyrille  

            De manière générale le premier album devrait plus te plaire. Quant à Magazine, cela fait pourtant très post-punk, avec une ambiance plus bluesy il est vrai.

          • Jyrille  

            Ca va, la reprise de Radiohead n’est pas honteuse et dans la même veine que l’originale. Je ne connais vraiment bien que le premier Magazine et je viens de vérifier, Devoto n’a pas fait partie des Buzzcocks très longtemps, il a participé à leur premier EP seulement.

            Et tu connais les Only Ones ? J’ai leur trois albums, il faut que je me les rippe sur l’ipod….

            https://www.youtube.com/watch?v=lKuc3faQAEs

  • Tornado  

    Ouch… les Buzzcocks… Mon horreur. J’ai dû supporter ça pendant des lustres à l’internat. Vade retro ! :D

    • Jyrille  

      Pourtant ils sont largement moins basiques que les Ramones et moins hardcore que les Dead Kennedys non ? Très mélodiques et très précis dans leur jeu, avec un son bien plus propre que la plupart de leurs pairs de la même époque… Je ne pense pas que The Sound te plaise mais je te conseille néanmoins de jeter une oreille sur le second titre que j’ai mis en commentaire.

  • Tornado  

    Ça reste du punk, avec le son idoine que j’ai en horreur. Et le jeu du batteur, qui en fait des caisses (c’est le cas de le dire), c’est faussement virtuose (rien de plus facile que de meubler avec des roulements partout) et ronflant au possible. Mais il est vrai que je déteste le son même du punk, son style de chant et, de fait, je ne suis pas l’auditeur le plus objectif sur ce terrain…
    Il y a quand même un titre que j’aime des Buzzcocks. Mais je ne me souviens pas comment il s’appelle (un riff entêtant et efficace, un peu dans ce genre : https://www.youtube.com/watch?v=vdkmhquF60o).

    • Jyrille  

      Ah oui j’aime beaucoup ce premier album de Bloc Party. Peut-être Ever Fallen in Love ?

      • Tornado  

        Ah non. C’est ça du tout.

        • Jyrille  

          What Can’t I touch it ? Everybody’s happy nowadays ? Orgasm addict ? Fast Cars ? Autonomy ? Noise annoys ?

  • JP Nguyen  

    Hello Cyrille. Merci pour cet article concis (non, je n’ai pas dit « court » …)
    Ceci dit, pour préparer Figure Replay, j’étais allé lire une autre review afin de savoir de quoi ça parlait…
    Comme cet autre article spoilait un peu, je pense pouvoir dire que, malgré les « beaux » dessins, cette BD n’est pas pour moi…
    On ne se refait pas…

    • Tornado  

      Chochote…

      • Jyrille  

        Huhuhu

        Merci JP ! Tu me rassures quant au fait que je ne spoile pas trop :) D’ailleurs aucun scan rouge n’est présent sur cette page… pressé de voir ton oeuvre sur le Figure Replay !

  • Matt  

    Bon ben t’as gagné Jyrille. Je l’ai acheté chez mon libraire cette aprem. Il m’a dit que le tome 2 serait basé sur « le cri » de Munch.

    Et je me suis fait conseiller deux mangas one shot fantastique/horrifique. Hideout et L’ïle du temps. On verra ce que ça vaut.

    Qu’est-ce qui nous pousse à aimer l’horreur sinon (à part JP) ? La recherche de sensations fortes ? Parce que je ne pense pas être un sadique^^ J’ai même du mal avec tout ce qui tourne autour du domaine médical dans la vraie vie.
    Pourquoi les enfants aiment bien les histoires qui font peur ? ça nous fait oublier nos propres angoisses personnelles ?

    • Jyrille  

      Je ne connais pas les mangas que tu cites (ou alors de nom seulement) mais j’espère que Dark Museum va te plaire. Je viens de passer chez Culterella et ils l’avaient mis en coup de coeur. J’ai la pression !

      Pour la peur, je ne sais pas… Je pense que Tornado a raison, un exutoire, un rite pour se sentir fort.

  • Tornado  

    C’est le principe de l’exutoire, non ?
    Sinon j’aime aussi tout ce qui est gothique, parce que c’est une ambiance qui me fascine. C’est une horreur enfantine qui ressurgit. Une angoisse diffuse et inoffensive…

    • Matt  

      Et que dire du fait que je crains e body horror mais que je le recherche aussi ? Je suis maso ?^^
      Une confrontation avec ses démons ?
      L’exutoire je le ressens davantage quand je dessine moi même, ou que j’écris.

  • OmacSpyder  

    Petit message à caractère informatif ;)
    Sur le sujet de la peur : on peut dire que l’angoisse est une chose sans nom. Se faire peur, c’est donner corps à la peur, ce qui soulage l’angoisse qui trouve ainsi un moyen d’expression.
    Sur l’exutoire : on peut dire que c’est davantage en rapport avec les pulsions agressives tapies en chacun. Trouver un exutoire, ça permet de défouler des pulsions par un objet interposé pour soulager ces pulsions.
    Donc oui, se faire peur est bien en lien avec les contes pour enfants qui leur permettent de poser des images et des mots sur des angoisses profondes. Et ça, ça fait du bien!

    • Matt  

      Cool^^ J’étais pas trop éloigné en disant que ça nous faisait oublier ou soulageait nos peurs personnelles.

      • OmacSpyder  

        @Matt : En effet, on sent là l’habitué! ;)

        • Bruce lit  

          @Mattie Boy : il doit rester sur la zone un vieux commentaire sur Hideout.

          • Matt  

            J’ai bien aimé Hideout aussi. Ton vieux commentaire amazon n’est pas faux concernant l’originalité mais ça ne m’a pas dérangé. C’est plus intimiste que The Descent par exemple qui met juste en scène des « monstres » sans la dimension de l’être humain désabusé qui se confine lui-même dans une grotte.

            Pour le livre trouvé, j’ai juste pris ça comme un prétexte pour justifier la voix off. On n’y pense jamais mais les voix off abondamment utilisées dans les comics, ça sort d’où ? Les mecs parlent tout seul dans leur tête ? Ils se racontent à eux mêmes leur histoire ? Souvent il n’y a pas d’explication et ça n’a aucun sens, c’est juste pour que le lecteur suive.

            Et puis quand bien même ce manga ressemblerait trop à autre chose, on peut considérer ça comme un hommage à un genre. L’auteur dit en postface d’essayer au genre. Pas déçu pour ma part. J’aurais mis une étoile de plus que toi je pense^^

          • Matt  

            Disons que c’est classique mais efficace tout de même. Sans être un chef d’œuvre non plus.

  • Matt  

    J’ai bien aimé ce one shot. Je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi loin.
    L’ambiance est très réussie. L’alternance des teintes (chaudes, sombres, et le fameux rouge) donne un rendu très efficace.
    Le petit côté malsain vient surtout du fait qu’on est du côté de ces gens qui font…tu sais quoi. ça ne veut pas dire qu’on pardonne mais il y a une sorte de complicité avec le lecteur. Pas comme lorsque c’est un vilain monstre qui sévit dans certains récits d’horreur. Bon…c’est pas facile à expliquer sans spoiler mais on se comprend surement, Jyrille^^
    Le dessin joue en effet un rôle très important car c’est tout de même un récit d’atmosphère. L’histoire est « simple » (ce qui n’est pas un mal)

    • Jyrille  

      Merci Mattie ! Content que ça t’ait plu :D

  • Bruce lit  

    Bon j’ai lu Complot : Hamburguer Hill hier…..
    C’est chouettement dessiné, mais je me suis un peu ennuyé. J’ai trouvé l’histoire un peu sans surprise, paresseuse en terme d’action et de révélations. En outre, j’ai du mal à m’identifier à un journaliste de choc avec le visage d’Elton John. Pas assez de séquences au Vietnam.
    LA fin est réussie mais cruelle ! 3 étoiles pour moi.

    • Jyrille  

      Ah justement je pense que le manque d’action est totalement profitable à ce genre d’histoires, tout comme la fin est logique si le concept est poussé dans ses retranchements. Mais je comprends ton ressenti. Par contre, le journaliste a les traits de Hunter S. Thompson, celui joué par Johnny Depp dans Las Vegas Parano. Merci pour ton avis Bruce, content que tu aies trouvé ça pas si mal !

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