People Are Strange (Review : Je suis Dr Strange)

Je Suis Doctor Strange, anthologie par divers auteurs

 Stephen Strange : Un super-héros pas comme les autres

Stephen Strange : Un super-héros pas comme les autres © Marvel Comics

Par : TORNADO

VO : Marvel

VF: Panini

Ici, chez Bruce Lit, on aime les comics. C’est la raison d’être du blog, depuis le début. Et la plupart des contributeurs de notre blog bien aimé aiment les comics de super-héros old school ; ceux qui ont bercé notre enfance dans les publications LUG, à commencer par Strange et Special Strange (il revient souvent ce nom étrange !).

Mais moi… non. Je n’aime pas ça. Ou en tout cas, je ne l’aime plus. Car j’ai aimé ça quand j’étais gosse. Je collectionnais ardemment les « magazines de l’Araignée », ceux des X-men et des Quatre Fantastiques. Les Titans, les Spidey et les Nova. Et puis même les magazines Artima avec Hulk, Thor et les Vengeurs. Mais ça, c’était avant.

Aujourd’hui, bien que je garde un souvenir attendri de ces lectures de jadis, je n’arrive plus à relire cela avec un regard adulte. Ça me tombe des mains. Et rares sont les comics en questions que j’aime encore me relire. J’ai toujours des vieux Strange, des Titans et des Nova dans ma cave, et il m’arrive parfois de me refaire la Mort de Gwen Stacy  ou encore la première Saga du Clone  sous cette formule de vieux magazine, car la nostalgie supporte encore le poids de l’âge. Mais sans la nostalgie, ça ne fonctionne plus du tout.

C’est à ce moment là que je parle de lecture infantile. Et ça, ce n’est pas très gentil pour ceux qui aiment encore lire tout ça, j’en ai bien conscience. Pour autant, c’est la sensation que me procurent ces vieux comics. Je les trouve imbitables pour un adulte. Il me semble qu’ils ne lui sont pas destinés. C’est exactement pareil que lorsque je revois certains des dessins animés de l’époque qui passaient à la TV. Par exemple Mighty Mightor ou David & Goliath

Je conçois ainsi parfaitement que l’on puisse aimer replonger dans les sensations de son enfance en toute connaissance de cause. En sachant à l’avance que l’on va retrouver des histoires gentiment tartignolles avec des héros fringués de manière improbable, avec des slips par dessus le pantalon (il y aurait probablement matière à tergiverser longuement sur cet attrait incongru pour le slip flashy, non ?), des héros qui se comportent comme des présentateurs TV au sourire Colgate, qui prennent des positions ridicules en parlant d’eux à la troisième personne tel le premier Alain Delon venu, qui déroulent fièrement un vocabulaire moyenâgeux tout en se battant bêtement avec tout autre bonhomme en slip qui passe par là, comme un chien qui marquerait son territoire, et qui entament des amourettes sirupeuses à faire pâlir le moindre soap-opera pour ménagère de moins de 65 ans. Et cela tout au long d’une série d’histoires grotesques à base de méchant d’opérette cherchant à dominer le monde tout seul, avec sa bite et son couteau…

Oui, je peux comprendre que l’on aime retrouver ces « oldies » ou ces « funnys », comme disent les fans qui tentent presque maladroitement de s’excuser comme s’ils savaient quelque part que tout cela est bien kitsch. Je le comprends d’autant mieux que, de mon côté, j’éprouve une affection sans bornes pour les vieux films fantastiques WTF à base de King Kong robotisés  ou même pour les blockbusters déviants de type Flash Gordon  !

Je comprends donc parfaitement bien tout ça. En revanche, ce que j’ai du mal à avaler, c’est lorsqu’un péquin vient me faire la leçon en me disant que le Batman d’Alan Moore  c’est du chiqué, tandis que celui de Steve Englehart c’est nettement au dessus. Un peu comme si je tentais de vous convaincre qu’un opéra de Mozart, franchement, ça ne vaut pas le tam-tam d’un homme des cavernes, ou que les plats de chez Bocuse c’est surfait, alors qu’un donut bien gras de chez Bobonne, c’est la classe internationale. Ou encore que pour votre problème cardiaque, un grand cardiologue, ça ne vaut pas un bon vieux druide gaulois…

Ainsi vont les choses. A présent que j’ai grandi, que j’ai appris et que j’ai lu un grand nombre d’œuvres remarquables, je ne peux plus lire un comi book de super-héros old-school en me disant que c’est génial. Un peu comme si, après avoir mangé des huitres accompagnées d’une bonne coupe de champagne, j’avalais une fraise Tagada. Le goût va soudain me paraitre un peu naze et, au bout du compte, infantile…

Je vous raconte tout cela afin de m’excuser par avance à propos de mes coups de gueule et de mes airs de mépris à destination de ces vieux épisodes de Marvel dont je m’apprête à parler dans les lignes qui suivent. Car je tenais à expliquer la raison de ce déni pour les oldies.
On peut cependant regarder la chose pour les seuls dessins, comme un beau livre illustré qui s’imposerait comme la trace de son époque. Parce que du côté du dessin, comme nous allons le voir, la série qui nous intéresse aujourd’hui a été gâtée…

 Psychedelic style (Gene Colan)

Psychedelic style (Gene Colan) © Marvel Comics

Le livre sur lequel nous nous penchons est un recueil de la collection Je Suis Marvel Précisons une fois encore que cette collection d’albums au prix abordable (ce qui est plutôt rare chez Panini Comics) ne regroupe qu’une sélection d’histoires très sélective et qu’elle ne constitue en rien un récit complet et encore moins une intégrale. Il s’agit donc d’une suite de petits récits choisis, parfois des extraits puisés au milieu d’une saga culte. L’idée est de présenter le personnage aux néophytes et, une fois n’est pas coutume, Panini a agrémenté la chose d’un rédactionnel substantiel avec une belle présentation pour chaque morceau choisi.

Le tout est publié en papier mat, ce qui sied parfaitement aux anciennes histoires datant des années 60, 70 ou 80, mais nettement moins aux plus récentes…

- La sélection débute par l’incontournable premier épisode (Strange Tales #110) suivi du tout aussi incontournable épisode consacré aux origines du personnage (Strange Tales #115), tous deux publiés en 1963 sur un scénario de Stan Lee et des dessins de Steve Ditko . Soit les deux créateurs du héros.
Ces deux épisodes historiques de neuf pages chacun doivent impérativement être replacés dans leur époque tant ils sont archaïques. Steve Ditko dessinait ses planches en roue libre et Stan Lee ajoutait par dessus une tonne de texte (cellules, phylactères et bulles de pensée) afin d’en raconter un maximum en un minimum d’espace. Le style de Ditko est encore précipité et l’ensemble rappelle les petites histoires des anthologies fantastiques publiées dans les magazines de l’éditeur EC Comics dans les années 50, comme Tales From the Crypt ou Crime Suspenstories . Deux petites histoires qui mettent en place, l’air de rien, une mythologie interne, ici au stade de fœtus. Bref, c’est simple, sans fioritures et historique.

De EC Comics à Marvel…

De EC Comics à Marvel… © Marvel Comics

- Panini insère en deuxième position un épisode de la série dédiée à Spider-man (Amazing Spider-man Annual #2) datant de 1965 (« Le Monde Enchanté du Dr Strange »), toujours coréalisé par Lee & Ditko. Un épisode spécial où les auteurs en profitent pour opérer une rencontre entre leurs deux personnages et ainsi offrir une visibilité optimale au Dr Strange (qui ne bénéficiait pas du même succès que l’Homme-araignée !). Une forme de crossover archaïque, finalement.

Plus encore que les épisodes précédents, celui-ci n’a guère de valeur en dehors de son intérêt historique et de sa place dans la continuité, puisqu’il marque la rencontre entre deux personnages destinés à se rencontrer à l’occasion de maintes sagas importantes pour la suite de leurs « carrières » respectives. Il s’agit néanmoins d’un matériel old-school réservé aux aficionados car ce style de comics très naïf souffre désormais d’une narration théâtrale et ampoulée qui a vraiment très mal vieilli, servie par un dessin un peu abrupt, même s’il convient de reconnaitre que Steve Ditko est bien plus à l’aise dès qu’il s’agit de s’immerger dans le monde psychédélique du Dr Strange !
Panini n’ayant pas refait la traduction, il faut en plus supporter le travail calamiteux de Geneviève Coulomb sur cet épisode, parsemé de formules inadmissibles issues de la bouche de Spiderman (« Ils sentent que dalle », « Con de moi, comment j’ai pas compris ?! », etc.).

Vintage crossover !

Vintage crossover ! © Marvel Comics

- La sélection se poursuit avec le dernier arc narratif de la série illustré par Steve Ditko (Strange Tales #142 à 146), datant de 1966. A cette époque, les relations entre Stan Lee & le dessinateur se désagrègent pour cause de divergences artistiques et l’éditeur en chef de la Marvel passe donc les commandes à ses collaborateurs, c’est-à-dire Roy Thomas et Dennis O’Neil, qui se succèdent sur cette saga.

C’est l’époque où les auteurs définissent en profondeur la mythologie interne de la série en opposant le héros à ses ennemis emblématiques qui se nomment le Baron Mordo, Dormammu, Eternité ou Cauchemar. Pour autant, les histoires souffrent d’un caractère particulièrement infantile qui reflète la politique éditoriale de l’époque, soumise à un comics-code rigoureux qui destinait ces publications aux enfants. Très difficile à lire aujourd’hui avec un regard adulte entant que lecture pure, en dehors de l’effet nostalgie !

Ouille ouille ouille…

Ouille ouille ouille… © Marvel Comics

- L’épisode suivant, Dr Strange #177 (« Asmodeus et la Malédiction »), daté de 1969, nous sort la tête de l’eau, non pas grâce au scénario mainstream de Roy Thomas, mais bel et bien par la grâce des planches extraordinaires de Gene Colan. Ce dernier réussit l’exploit de donner une tonalité plus adulte à la série, alors que Roy Thomas fait tout pour la plonger au fin-fond de sa sphère infantile en affublant Stephen Strange d’un costume grotesque, dans le pur esprit des super-héros de l’époque, dans l’espoir d’attirer plus de jeunes lecteurs.

Et pourtant, on se surprend à tourner les pages avec un intérêt réel, tant le dessinateur parvient à conférer une atmosphère sinistre incroyable à une histoire somme toute complètement inepte !

Merci Gene Colan (et c’était pas gagné…) !

Merci Gene Colan (et c’était pas gagné…) ! © Marvel Comics

- C’est un autre dessinateur de premier plan qui est mis à l’honneur avec Marvel Premiere #3 (« Le Monde Perd la Boule ! »), publié en 1972, à savoir Barry Winsor-Smith. Celui-ci imagine lui-même un one-shot intimiste et original opposant le héros à l’un de ses ennemis récurrents. Hélas, entretemps, l’inénarrable Stan Lee s’empare des planches de l’épisode soi-disant pour en peaufiner les dialogues et, si l’on en croit le rédactionnel, sans rien dire à Mr BWS, change complètement le déroulement de l’histoire ! Reste une curiosité dominée par le trait raffiné du co-créateur de la série Conan le Barbare.

Pour Barry Winsor Smith, bien sûr…

Pour Barry Winsor Smith, bien sûr… © Marvel Comics

- On retrouve le grand Gene Colan avec Dr Strange #13 (« La Terre A Disparu ! ») publié en 1976 (la série ayant été rebootée en 1974), sur un scénario de Steve Englehart. Il s’agit du dénouement d’une saga publiée précédemment et, pris entant que lecture seule, l’épisode, un peu abstrait et tarabiscoté, est plutôt soporifique (et très ampoulé). Mais les planches de Colan, qui reprennent l’esprit psychédélique et chamarré des délires de Steve Ditko, assurent le spectacle.

No more ! No more !

No more ! No more ! © Marvel Comics

- S’ensuit un grand classique avec le crossover « Le Tombeau du Dr Strange » (Tomb of Dracula #44 et Dr Strange #14 de 1976). Marv Wolfman & Steve Englehart, respectivement scénaristes sur les deux séries, nous content la première rencontre entre le Dr Strange et le Conte Dracula, qui s’affronteront à plusieurs reprises dans des combats de très haut niveau, par exemple dans Spider-man team-up #6 de 1997 (Spiderman extra N°9 en VF), où le scénariste J.M.DeMatteis réalisera un hommage direct au présent récit, sous la forme d’une suite référentielle.

Si Gene Colan (qui dessine les deux séries) nous offre encore un superbe panel de planches gothiques et iconiques, le scénario n’en demeure pas moins guindé, répétitif et pétri de clichés, assez hasardeux, alourdi encore par une narration ampoulée où les personnages commentent tout ce qu’ils font à haute voix en parlant d’eux à la troisième personne.
Reste le charme suranné d’un récit semblant sortir des studios Hammer

Vous reprendrez bien un peu de crossover ?

Vous reprendrez bien un peu de crossover ? © Marvel Comics

- L’épisode suivant (Dr Strange Annual #1 de 1976), intitulé « Et Il Y Aura des Mondes Nouveaux », est encore dévolu à un dessinateur de premier plan : P. Craig Russell. L’artiste est crédité au scénario, bien que le rédactionnel indique que Marv Wolfman, alors rédacteur en chef de Marvel, a repris le récit pour lui donner une nouvelle orientation. Le résultat ne satisfaisait apparemment pas Russel, puisqu’il réalisa, en 1997, une sorte de remake de cet annual en forme de one-shot (alors intitulé « What Is It That Disturbs You, Stephen ? »), beaucoup plus proche de sa vision initiale.

Pour le coup, le scénario de cette version de 1976, où l’on voit Strange (à la recherche de sa bien-aimée Cléa) attiré dans un monde de fantasy dominé par deux sœurs illustrant la lutte entre le bien et le mal, ne vaut pas tripette et se révèle d’un ennui abyssal tout au long de ses 37 planches. C’est vraiment dommage car le style de Russel, qui évoque le raffinement décoratif tout en volutes végétales de l’Art Nouveau, est un régal pour les rétines.

L’autre volet intéressant de cet annual apparait dans sa mise en forme narrative : P. Craig Russel a choisi d’utiliser une voix-off qui restitue les pensées du Dr Strange et qui fonctionne ainsi comme un soliloque, évacuant de ce fait toute forme de cellule de texte ou de bulle de pensée. Ce procédé est exactement le même que celui qu’utilisera plus tard Frank Miller sur la série Daredevil  (au début des années 80), qui révolutionnera la manière de raconter une histoire dans un comic book de super-héros ! C’est donc avec une très grande surprise que le lecteur découvre cette forme de narration sur un épisode datant de 1976. Certes, le style d’écriture conjugué de Russel & Wolfman est loin de posséder la classe et la force de celui de Miller, mais il s’agit là d’une surprenante découverte à une époque où les scénaristes sont encore cantonnés à une formule plutôt envahissante formée par la conjugaison et l’entrecroisement d’une multitude de procédés narratifs pas toujours très élégants.

Presque du Frank Miller. Y a même un personnage qui s’appelle Electra !!!

Presque du Frank Miller. Y a même un personnage qui s’appelle Electra !!! © Marvel Comics

(pour le dessin).

- Avec l’arc narratif « Epée & Sorcellerie » (Dr Strange #68), on fait un bon dans le temps pour se retrouver en 1984, au moment où la série est sous l’égide du scénariste Roger Stern et du dessinateur Paul Smith. Soit un autre run culte en ce qui concerne l’historique de notre personnage.

A cette occasion, notre bon docteur vient en aide au Chevalier Noir, un super-héros de seconde zone mélangeant le genre avec la chevalerie médiévale (!) ayant appartenu aux Avengers.
Bien que l’association de Roger Stern & Paul Smith possède un large panel d’admirateurs, il convient de reconnaitre qu’avec le recul, nous avons, là encore, du matériel old-school très médiocre, une histoire ridicule et une narration aussi légère qu’un troupeau de baleineaux. La relation sous forme de triangle amoureux entre Strange, Black Knight et Victoria Bentley est tartignole au possible et, l’espace d’un instant, on croirait lire un mélange entre l’univers Marvel et la série TV Amour, Gloire et Beauté

Quant au dessin de Paul Smith, j’avoue n’avoir jamais compris comment le bonhomme pouvait à ce point fédérer autant d’admirateurs. Des personnages figés ayant tous la même tête et les mêmes expressions… Voyons, voyons… N’aurions-nous pas trouvé l’ancêtre de Steve Dillon ? Mais il est de coutume de célébrer, depuis la réhabilitation d’Alex Toth, les dessinateurs prônant le parti-pris de l’épure… Toutefois, le dessinateur ne s’en sort pas trop mal ici grâce à l’encrage extrêmement élégant de Terry Austin, qui rehausse grandement le trait monotone de son collègue.

Complètement grotesque !

Complètement grotesque ! © Marvel Comics

- On touche le fond avec « Le Retour des Défenseurs » (The Return of the Defenders part 4 : Dr Strange : Sorcerer Supreme Annual 2), réalisé en 1992 par le scénariste Roy Thomas et le dessinateur M.C. Wyman. Il s’agit d’un crossover entre quatre séries, histoire de mettre en scène, comme indiqué dans le titre, le retour des quatre membres originels de cette équipe super-héroïque (Dr Strange, Hulk, Namor et Silver Surfer).

On se doutait bien que cette compilation ne pouvait pas faire l’impasse sur les Defenders, car Stephen Strange a été un membre actif de cette formation (fondée en 1971 par le même Roy Thomas) qui représente ainsi une partie non négligeable de sa « carrière ».
Voilà une autre histoire particulièrement indigeste, dont on ne nous montre ici que le dénouement. Soit 23 pages de cacophonie en forme de bagarre de bac à sable, nos quatre puissants héros (accompagnés du jeune Rick Jones) affrontant un certain Savage, lui-même flanqué de deux sbires belliqueux (deux autres vilains nommés l’apprenti-sorcier Lucian Aster et le sorcier-alien Shanzar), pour une suite ininterrompue de bastons insupportables, où les personnages s’échangent leur corps, font des blagues en plein milieu de l’action, illustrant à merveille le principe de la partouze super-héroïque, superbe métaphore, quand on y pense, de cet étrange fantasme qu’ont les fans à vouloir voir un maximum de bonshommes en slip se vautrer les uns sur les autres…

Le dessin, fonctionnel, ne nivelle pas vraiment l’ensemble par le haut et, si l’on ne fait pas partie du club (ceux qui trouvent cela fun, divertissant ou je ne sais quoi d’autre), on tourne les pages avec un ennui abyssal le long d’une succession de combats sans aucun suspense ni aucun enjeu dramatique.
L’horreur ! De la matière fécale bruyante et vulgaire. Au secours. A l’aide. Sauvez-moi.

Il disait quoi déjà Marlon Brando à la fin du film Apocalypse Now ?

Il disait quoi déjà Marlon Brando à la fin du film Apocalypse Now ? © Marvel Comics

- S’ensuit une petite récréation sympathique avec un court one-shot de 10 pages écrit en 2006 par Stan Lee et illustré par le grand Alan Davis (Stan Lee Meets Dr Strange #1). On fait un saut de plus de vingt ans en avant car le personnage n’étant pas très populaire, il n’a bénéficié d’aucune série régulière pendant tout ce temps.

Stan Lee se met ici en scène lui-même et joue avec malice de sa réputation de démiurge mégalomane. On le voit flâner distraitement un soir d’hiver dans les rues de New York. Apercevant dans un comic-shop une figurine du Dr Strange, il décide soudain de se rendre dans le domicile de ce dernier. Il découvre alors une boutique de souvenirs où tout est payant, y compris la rencontre avec le sorcier suprême, même pour son créateur !
La mise en abîme est sympathique et Alan Davis nous fait un beau cadeau en livrant dix planches somptueuses, dans lesquelles la mythologie du personnage est illustrée comme autant de divagations référentielles à destination du lecteur.

Les divagations d’un Stan…

Les divagations d’un Stan… © Marvel Comics

- On termine la compilation avec un one shot publié en 2014 (New Avengers Annual # 1), intitulé « Automédication ». Le scénariste Frank Barbiere et le dessinateur-illustrateur Marco Rudy imaginent un récit alternant le souvenir douloureux du premier échec de Stephen Strange entant que neurochirurgien avec un combat mené au temps présent contre une entité démoniaque ayant pris possession d’une jeune princesse dans une région reculée du monde (probablement le Tibet). Le récit illustre alors le point jusqu’auquel le personnage est capable d’aller afin de remporter ses combats et d’acquérir davantage de pouvoir, même lorsqu’il s’agit de plonger dans la magie noire…
Depuis longtemps, déjà, l’univers du Dr Strange flirte avec celui de l’écrivain HP Lovecraft. Cet épisode est la concrétisation parfaite de cette confluence, mêlant les deux mythologies dans une osmose pleinement accomplie.

Le récit, déconnecté de la série New Avengers, peut se lire de manière totalement autonome et justifie à lui-seul l’achat de ce recueil tant il est somptueux, autant dans le fond que dans la forme. Si le scénario en lui-même est à la fois profond et fédérateur dans la perspective d’illustrer le mythe du personnage (dont les résonances du passé apportent du sens aux actions du présent), la mise en image offre une vertigineuse plongée dans ce que l’art séquentiel peut posséder de plus abouti entant que medium artistique pur. Le découpage et la construction des planches, aussi virtuoses que splendides, sont un pur enchantement et Marco Rudy rivalise ici avec J.H. Williams III, dont on se souvient encore du travail éblouissant sur la série Batwoman. On prend alors, n’en déplaise aux puristes pour lesquels les premières histoires sont toujours les meilleures malgré leur qualité narrative épouvantable, la mesure des progrès effectués en matière de mise en forme artistique depuis quelques années au rayon des comics de super-héros.

Et ben voilà ! C’est tout de suite mieux comme ça !

Et ben voilà ! C’est tout de suite mieux comme ça ! © Marvel Comics

Au final, ce recueil consacré à l’histoire éditoriale du personnage de Dr Strange est une entrée en matière plus ou moins intéressante pour le néophyte. Si la compilation peut se justifier dans sa volonté d’illustrer les diverses périodes de cette publication, elle nous propose néanmoins un panel d’épisodes à la qualité souvent calamiteuse au rayon du scénario. La partie graphique est cependant très appréciable, et le livre en lui-même est assez bien fait. On regrettera tout de même, au niveau du rédactionnel, la participation des sbires de Panini Comics qui, autour de Christian Grasse, ne peuvent s’empêcher de faire, toutes les trois lignes, de la pub pour les autres livres parus chez leur employeur, voire même pour le film de Scott Derickson sorti cette année. Ultra factice attitude…

En bref, un bouquin réservé soit aux amateurs de comics old-school pas très regardants sur le contenu du scénario et sur le style de la narration, soit aux curieux ne souhaitant pas investir dans la collection des Intégrales. Soit, enfin, à ceux qui sont venus là pour regarder les beaux dessins…

Pour terminer, je précise que j’aime les histoires enfantines et les simples divertissements innocents. Mais je pense sincèrement que l’on peut faire la différence entre ce qui est enfantin et ce qui est infantile.
Le monde de l’enfance offre un merveilleux refuge pour nous autres adultes en quête de douceurs nostalgiques et de terreurs inoffensives ; les Peter Pan du monde réel ayant refusé de grandir complètement et aimant se ménager une échappatoire bénéfique vers le Pays Imaginaire. Mais ce n’est pas une raison pour opérer un nivellement artistique vers le bas.
Pour un adulte mature et raisonnablement cultivé, regarder un classique de Disney ou même lire un Picsou par Carl Barks ou Don Rosa , c’est parfaitement jouable. C’est extrêmement bien fait, élégant, empreint de finesse, de poésie et souvent profond. Mais supporter un vieux comic book de super-héros datant de l’âge d’or, de l’âge d’argent ou de l’âge de bronze, c’est franchement une autre affaire. Tout simplement parce que, techniquement, c’est très mauvais.
Mal racontés, mal dialogués, risibles, publiés à la va-vite et soumis à un comics-code authority sclérosant, ces comics étaient d’un niveau littéraire assez catastrophique et formellement laborieux, écrits avec un bonnet d’âne par le dernier de la classe dont on ne voulait pas ailleurs.

Ainsi, malgré l’embryon d’une toile de fond fédératrice de l’ordre de la dimension mythologique (je parle d’embryon, parce que la parabole raciale chez les X-men à la sauce Stan Lee, purée qu’est-ce que c’est tarte !), ces séries étaient d’une qualité de l’ordre du reader-digest destinées aux enfants. Certes, au-delà de leur stade larvaire, elles possédaient un sacré potentiel puisqu’elles sont toujours là, Hollywood prenant aujourd’hui le relais de ce qui semble d’ailleurs être devenu la poule aux œufs d’or. Mais quant à leur niveau artistique, je campe sur mes positions car, lorsque l’on s’adresse aux enfants et qu’on le fait de manière aussi minable, sans élégance dans l’écriture, on cesse d’être universel et l’on s’enfonce dans la médiocrité. Et c’est bien cette stagnation dans la médiocrité qui me fait employer le mot… infantile.

Alors… Aimer lire ces vieux comics, quel est le mal ? Diantre ! Aucun !
Mais, quand même, Que ce soit Dr Strange ou Batman dessiné jadis par Steve Ditko ou Paul Smith, écrit par Steve Englehart ou Tartempion, ne venez plus me dire que, artistiquement parlant, c’est meilleur que du Alan Moore et du Frank Miller…

Youpi !

Youpi ! © Marvel Comics

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LA BO du jour : un fan de comics qui n’aime plus les comics…Des jours étranges nous attendent ! Rouvrons les portes de la perception…

https://www.youtube.com/watch?v=-NSz-9qqgKE

74 comments

  • Tornado  

    La définition (officielle) du mot infantile qui me sert de référence :
    « Qui n’a pas l’attitude d’un adulte, qui manque de maturité ». Ce n’est pas si insultant que ça en définitive ! :)

  • Matt  

    Ouah, elle a pas bugué la notation des étoiles ? Je comprends rien. « petite récréation sympathique » = zéro étoile. « on touche le fond » = 1,5 étoile.
    Gné ?

  • Tornado  

    Tu as raison, c’est bizarre. Les étoiles viennent après les commentaires, avant de passer à l’épisode suivant. Mais c’est mal fait. Et il manque les 5 étoiles après le commentaire du dernier épisode.

    • Matt  

      Ah oui j’y ai pensé, mais ça collait pas pour le dernier épisode qui n’avait pas de note…

      Bon moi j’ai fait le foufou, je vais lire « une réalité à part ». Je prends le risque que ce soit pas top. Mais ça manque un peu les bons récits avec Strange. Il est souvent sympa en perso secondaire mais dans ses propres aventures, j’ai pas grand chose…
      Bah je crois que je n’ai que « le serment » de Vaughan.

      • PierreN  

        « Mais ça manque un peu les bons récits avec Strange. »

        Pourtant il doit avoir au moins un bon run pour chaque décennie.

        • Matt  

          Ah ben je veux bien savoir lesquels alors^^

          Mais après il se peut qu’on n’ait pas les mêmes goûts. Je ne m’appelle pas Tornado mais quand même, ça passe pas toujours le old school.

          • PierreN  

            60′s : Ditko/Lee
            70′s : Englehart (en particulier la période avec Frank Brunner) ou Starlin
            80′s : Stern (en particulier la période avec Paul Smith) voire Gillis, le team-up avec Fatalis contre Méphisto
            90′s: DeMatteis, le team-up avec Spidey par Conway & Thomas, pas celui d’Ellis
            2000′s : pas de série régulière durant cette période, correspondant à une grappe de mini-séries à la qualité très variable (la plus apprécié étant généralement celle de Vaughan et Martin)
            2010 : Aaron/Bachalo & Cates/Walta

          • Matt  

            « le team-up avec Spidey par Conway & Thomas »

            C’est « outre monde » ça ? En récit complet marvel ?

            Tu énumères un peu tout quand même, non ?^^ Je vais déjà voir si le Englehart/Brunner est sympa.

            Oui bien sûr il y a Triomphe et Tourments. Je l’avais oublié.

  • Tornado  

    Ben moi j’ai déjà dit ce que j’en pensais hein… Lee/Ditko/Englehart/Starlin/Stern/Smith : C’est tout pourri et infantile… (comment ça je suis méchant ? :D )

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai mis longtemps à apprécier Docteur Strange mais grâce à Hachette (collection noire) n°94 Une réalité à part de Engleheart et Frank Brummer m’a fait changer d’avis. c’est complètement taré dans la mise en scène.
    Je ne parlerais pas du Stern/Paul Smith pour ne pas me prendre de cailloux mais c’est sympa?
    le graphic novel de De Matteis et Dan Green (en mode peinture) me tente pas mal, si le je le trouve…

    Peut-être celui de Aaron et Bachalo, mais si c’est pour avoir des blagues à base de monstre dans le frigo pour rigoler que Strange, il fait pas son ménage, c’est pas la peine.

    • Présence  

      Je recommande chaudement Into Shamballa de JM DeMatteis & Dan Green. J’ai laissé un commentaire sur enthousiaste sur amazon.

    • Matt  

      J’ai pris une réalité à part, mais chez Panini. Pour le coup le papier mat de la collection vintage me parait mieux que le papier glacé de Hachette pour des oldies.
      J’ai vu que Hachette sortait pas mal de trucs sur Strange. Mais le Stern/Smith est aussi dispo dans une revue kiosque Marvel classic 7 qui coute surement moins cher^^ (enfin techniquement la revue va de l’épisode 69 à 73, et le Hachette du 68 au 74 mais bon…le 68 semble assez indépendant…puisqu’ils l’ont mis dans ce recueil « je suis… »)

      Je regrette que la période Roy THomas et Gene Colan ne semble pas super. Ils en sont arrivés là dans les intégrales, et visuellement c’est classe.

      • Eddy Vanleffe  

        polémiques à part (parce que maintenant ça me saoule)
        les Gene Colan et les Frank Brunner sont vraiment le graphisme qui m’a fait aimer les BD américaines. les ombres, la mise en page, je parcours ça toujours émerveillé. Je suis donc totalement inapte à être « objectif » sur ces objets…
        la collection Hachette m’a fait redécouvrir certains petits ouvrages que je déplore n’avoir pas connu plus tôt comme la Panther’s rage de Mac Gregor Billy Graham et Gene Colan ou le Deathlock de Rich Buckler et Doug Moench
        ce sont vraiment les racines de ce que je recherche en matière de BD.

    • Matt  

      J’aime bien le boulot de Thomas sur Conan.
      Du coup je ne sais pas si Tornado fait son Tornado anti-oldies ou si c’est vraiment très inférieur à son boulot sur Conan…

      @Eddy : Je ne suis pas anti blagounettes de Aaron, j’aime bien quand il fait ça avec les X-men dans Wolverine & the X-men. Mais en effet c’est pas trop le ton qui m’attire pour un comics sur Strange. Du coup j’ai toujours pas testé son Strange.

      • Eddy Vanleffe  

        Je ne suis pas fan d’Aaron en général. Je ne me souviens pas d’un truc à lui que j’ai remarqué en fait…

        • Matt  

          Même pas son Ghost Rider ?
          Tu parles chez Marvel ou n’es-tu pas fan non plus de ses trucs indé ? Comme Scalped.

          Sinon tu as lu du coup les Roy Thomas/Gene Colan ? Dans l’intégrale 3 (qui me fait de l’oeil malgré les avis divergents) il y a la fin des Strange Tales avec Dan Atkins au dessin (qui se débrouille pas mal aussi d’ailleurs) puis la continuation sous l’appelation « Dr Strange » avec Atkins et Gene Colan aux dessins.
          Pour avoir feuilleté, en tous cas c’est chouette visuellement !

          • Eddy Vanleffe  

            Je suis assez mal à l’aise avec ça…
            Aaron, je ne le « vois » pas…
            Le peu que j’ai lu de ses Wolverine, ben c’était du wolverine typique et « rassurant ». c’était sympa mais je ne les ai pas en mémoire.
            Wolverine and the X-Men. c’est un boulot formidable de nostalgie et d’hommage à…Excalibur. un étrange projet fortement déboulonné par les éditeurs et les crossovers…
            Thor: une version néo-féministe de la mythologie nordique où tous les persos masculins sont devenus soudainement débiles, belliqueux et dépourvus de grandeur au profit de femmes qui se tartinent de leur complexe de supériorité. Une héroïne qui ne veut pas se soigner par la magie?
            Je peux vous garantir sur facture que tous ceux que j’ai connu en vrai en cure de chimio, on leur dirait qu’il existe une fontaine, une patte de lapin ou un traitement quel qu’il soit pour les guérir. il le prennent.
            il y a des patients qui traversent la moitié de la planète, s’endettent à vie et jouent le tout pour le tout pour venir se faire soigner en France au cas où…
            il faut qu’ils arrêtent de vendre le cancer comme une maladie romantique.
            certaines phrases dans le Thor de Aaron m’ont revulsées…

          • Matt  

            Je n’ai pas lu son Thor. Surtout Wolverine & the X-men et son Ghost Rider. Et j’ai aimé les 2.
            Enfin techniquement j’ai lu le début de son Thor avec le massacreur de Dieux. C’était sympa.

            J’en déduis que tu n’as pas d’avis sur le Strange de Thomas…^^

          • Eddy Vanleffe  

            Non je ne les pas lu de manière à pouvoir donner une opinion argumentée.
            J’aime beaucoup Thomas et son style verbeux (j’oserais dire le premier à être littéraire en glissant des citations partout et en reprenant des romans?). il convient souvent à tous les trucs issus du pulp.
            Sur spider-man, il avait fait un passage éclair et il ne savait pas quoi raconter, du coup, il l’avait envoyé en pleine terre sauvage avec Ka-Zar affronter des créatures des jungles obscures… on ne se refait pas.
            Sur Strange?
            no sé! a part que le graphisme est top.

          • PierreN  

            Thomas est revenu sur Strange à la fin des années 80/début années 90 (le Gambit du Faust et tutti quanti), mais là il faudrait plutôt demander à Fred le Mallrat pour avoir un avis détaillé…

          • Matt  

            Et toi Pierre tu as lu la partie de Thomas avec Colan ? Tu ne la mentionnes pas dans tes bons runs. Donc même toi t’as pas été convaincu ?

          • PierreN  

            Pas lu donc je peut pas donner mon avis, mais si cela correspond à la période post-Ditko/pré-Englehart, qui voit le héros porter un masque (pour attirer les lecteurs de super-héros), elle n’est pas la plus renommée, en plus d’être prise en sandwich entre les deux périodes pré-citées (si je me souviens bien c’est à cette époque-là que le titre, alors en perte de vitesse, sera arrêté, avant qu’Englehart ne remette cent balles dans la machine avec son début de run dans Marvel Premiere, prolongé ensuite dans un nouveau volume du sorcier suprême) .
            Je préfère de loin ce que Colan a fait avec Englehart (Colan a aussi bossé sur le Strange de Claremont, mine de rien il a pas mal oeuvré sur le docteur).

          • Matt  

            Le problème des trucs renommés c’est que je ne suis pas toujours d’accord. Par exemple la saga d’Eternité de Lee/Ditko, je suis obligé d’être d’accord avec Tornado, je trouve ça à peine lisible. Je préfère même les tous premiers épisodes qui racontaient de courtes histoires mystiques qui pouvaient faire penser aux EC comics. Et je le vois parfois trôner en tête des lectures recommandées sur le perso. Ouais ben…comme je le dis, je ne partage pas forcément le même avis^^

            Bon en tous cas je suis un peu confus dans la chronologie du perso.
            Du coup il y a d’abord les Strange Tales 110 à 168, puis la série s’appelle Dr Strange pour les épisodes 169 à 183.
            Et après ?
            J’imagine qu’il se passe des trucs dans les Defendeurs, mais ensuite faut aller ou ?
            Marvel premiere ? Vu qu’apparemment le reboot Dr Strange V2 de 1974 est publié à la suite des épisodes Marvel premiere de Englehart/Brunner.

            Je me demande comment ils vont publier ça en VF. Ils vont sauter de l’épisode 183 avec un Strange masqué au Marvel premiere 3 avec un Strange qui a renoncé au masque ?
            Vu que les Defenders sont publiés séparément…

            Aspirine !

          • Eddy Vanleffe  

            C’est vraiment un personnage très particulier dans le quel Steve Ditko a mis beaucoup de lui-même…
            c’est bizarre et j’avoue ne pas adorer Ditko… tout ce’uil fait me paraît toujours vouloir être fataliste, je ne sais pas.
            Mais il est indéniable qu’il a crée tout l’univers du Docteur que d’autres ont étoffé.
            Je ne suis pas le plus gros fan du personnage, c’est pour ça que je me contente sans trop me forcer du Frank Brunner et de deux ou trois autres trucs autour de lui
            Le serment m’a pas mal déçu, j’attendais un truc bien plus perché qu’un whodunnit avec un seul suspect…

          • Matt  

            Pour ma part j’aime beaucoup le perso, son look, et tout ça.
            Mais d’un autre côté la magie c’est un peu casse gueule pour raconter de bonnes histoires dans lesquelles on peut toujours dire « et pourquoi il a pas un sort bien pratique pour le sortir de là ? » ou « pfff, s’il a toujours un sort pour s’en sortir, y’a plus de suspense » ^^
            En gros tout est possible, mais il faut des règles pour qu’on se sente impliqué, inquiet pour le perso, etc.
            Ou alors faut vraiment nous faire rêver avec un truc délirant super original.

            Et c’est indéniablement (pour moi en tous cas) un personnage qui mérite un traitement graphique soigné. Juste parce que s’il y a de la magie, ça doit nous transporter visuellement.^^
            Et c’est peut être aussi pour ça que la partie Ditko…j’accroche pas. Je reconnais une grande créativité et imagination au monsieur mais sur le plan de la mise en scène ou de la manière de dessiner ses persos…c’est un peu trop pla plan à mon goût.

          • Matt  

            Mais j’aime bien le perso quand il est secondaire et que d’autres héros vont le consulter. Il a une présence mystique super classe. Comme dans le DD de Smith, le run de JMS sur Spidey, etc.
            Mais contrairement au boss, j’aime bien cet univers mystique et magique. C’est juste qu’à mon avis c’est un perso plus compliqué à mettre en scène dans des aventures à cause de ses pouvoirs justement.
            J’aime bien le serment de Vaughan, mais justement ce qu’on pourrait reprocher au truc ce sont les règles de la magie pas toujours claires. L’auteur essaie de justifier que Strange ne peut pas tout faire sinon adieu le suspense, mais ça fait un peu bancal des fois.
            M’enfin pour moi ça reste une bonne histoire. Un « who has done it ? » comme tu dis mais pourquoi pas ? ça change.

  • Matt  

    Il y a aussi doctor Strange v2 #55 « To Have Loved… and Lost! » qui est souvent cité comme lecture valant le coup.
    Publié dans la collection Comics USA en VF sous le titre « pour l’amour de Cléa »

    • PierreN  

      Celui avec Michael Golden au dessin ? Ouais, il est chouette.

  • Matt  

    Et là encore il y a un Season One. Mais comme personne n’en a lu…on saura jamais si y’en a des réussis^^

    Et l’origine story moderne par JMS du coup ? Quelqu’un a lu ?

  • Tornado  

    Je le répète, j’ai commenté le Wolverine sizon ouane sur la Mazone… (tout le monde s’en fout apparemment)
    J’ai lu l’origin story de JMS sur Strange. A l’époque j’avais bien aimé. Mais c’est au début où je me remettais aux comics et j’étais moins exigent qu’aujourd’hui. En général, les connaisseurs du personnage disent que c’est naze…
    Pour moi qui trouve que le Strange old-school est imbitable, ça offre une bonne entrée en matière.

  • Matt  

    Bah j’ai pas demandé pour Wolverine, donc ouais je m’en fous un peu^^ En plus t’as déjà dit que c’était nippon ni mauvais donc…ça veut dire bof quoi.
    Je ne suis pas attiré par le dessin de la mini de JMS.
    Le dessin de Emma Rios sur le Season one m’attire davantage (même si c’est un style qui peut faire brouillon, mais très adapté au personnage selon moi), mais aucune idée de la qualité de l’histoire de Greg Pak.
    J’ai plus ou moins lu par ci par là que les meilleurs « season one » étaient ceux des X-men et de Strange. Et que le Spider-man était tout pourri.

  • Matt  

    A propos d’Emma Rios, c’est moi qui plane ou il y avait une review de Pretty Deadly ici ? Non ? Je confonds ?
    Parce que…euh…elle est passée où ?
    La madame a illustré Hexed aussi, récemment sorti en Omnibus chez Glenat. Quelqu’un connait ?

  • Matt  

    Ayé j’ai lu « une réalité à part »
    Ah ouais c’est…pas mal perché comme truc.^^
    On dirait un bon délire cosmique à la Gerber ou Starlin.
    Et je me demande si les rumeurs comme quoi Englehart sniffait de la drogue à l’époque ne seraient pas vraies^^
    C’est assez délirant mais pour un comics de Dr Strange, ça colle bien.
    J’aime bien l’histoire de Sise-Neg, et aussi les épreuves de Strange dans l’irréalité du globe d’Agamotto (certains ont du lire Alice au pays des merveilles avant de faire ce comics^^)

    Et la mise en forme de Frank Brunner est très belle.

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