Prescience de l’Holocauste (L’étoile mystérieuse)

L’Etoile Mystérieuse, par Hergé

La partie émergée de l’iceberg…

La partie émergée de l’iceberg…

Par : TORNADO

VF: Casterman, Editionsmoulinsart

Cet article portera sur le dixième album (si l’on tient compte également de Tintin Au Pays des Soviets) des aventures de Tintin : L’Etoile Mystérieuse.

Cet article est le septième d’une suite regroupant l’intégralité de la série, après :
1) Tintin Au Pays des Soviets 
2) Tintin au Congo & Tintin en Amérique 
3) Les Cigares du Pharaon & Le Lotus Bleu
4) L’Oreille Cassée & L’Île Noire
5) Le Sceptre d’Ottokar 
6) Le Crabe Aux Pinces D’Or

@Copyright Casterman-Editionsmoulinsart

Comme toujours avec Tintin, l’Aventure est au coin de la rue…

Comme toujours avec Tintin, l’Aventure est au coin de la rue…

Bien qu’il ait été publié une première fois sous la forme d’un long feuilleton en noir et blanc, entre 1941 et 1942, dans les pages du journal belge Le Soir, L’Etoile mystérieuse est le premier album de Tintin à avoir été conçu pour être édité directement en album couleur sous sa pagination définitive de 62 planches. Il fut donc le premier album publié directement en couleur.

Sur bien des points, L’Etoile mystérieuse demeure un tome un peu à part dans la série des 22 albums de Tintin (même s’il est vrai qu’ils sont presque tous à part !) et mérite un focus à lui seul.

L’histoire en elle-même est spéciale, puisqu’elle marque la rencontre entre Hergé et le genre de la science-fiction, un genre que l’auteur ne retrouvera guère qu’à l’occasion de On A Marché Sur la Lune, mais de manière scientifique (sans la dimension fantastique), et lors du final de Vol 714 Pour Sidney. Ici, Hergé embrasse le genre pleinement en multipliant les manifestations surnaturelles, qui culminent lors du dénouement sur la fameuse « étoile », en réalité la partie émergée du fragment de météorite censé, au début du récit, déclencher la fin du monde…

La fin du monde… Voilà un thème qui porte une résonnance toute particulière en ces années 1941/42 (en plein cœur de l’Holocauste que l’on nommera un jour la Shoah), alors que la Belgique est envahie par l’Allemagne et qu’Hergé travaille pour Le Soir, un journal collaborant officiellement avec l’occupant.
A maintes reprises, il a été reproché au créateur de Tintin de prendre parti pour le régime nazi et d’afficher un racisme et un antisémitisme prononcé. A ce titre, L’Etoile Mystérieuse arrive en second, après Tintin au Congo pour ce qui est d’alimenter cette polémique, et s’impose avec le recul comme l’un des albums les plus sulfureux de toute la série sur le terrain des accusations perpétrées à l’encontre de l’auteur.

Holocauste (1), du Grec Holokaustos (de Holos : entier, et Kaustos : brûlé).

Holocauste (1), du Grec Holokaustos (de Holos : entier, et Kaustos : brûlé).

Accuser Hergé d’avoir collaboré avec l’envahisseur nazi en écrivant le script de L’Etoile Mystérieuse, et même si l’album n’est pas exempt d’éléments embarrassants comme nous le verrons plus bas, est tout de même paradoxal. Car, comme il l’avait fait un an auparavant avec Le Crabe Aux Pinces d’Or, Hergé cherchait avant tout à fuir les sujets pouvant le rattacher aux événements de la guerre et cette plongée dans la science-fiction relève précisément de ce désir de s’écarter de la réalité afin de s’orienter vers la destination la plus opposée possible, c’est-à-dire celle de l’imaginaire.

Avant le début de la guerre, le créateur de Tintin avait multiplié les critiques envers les états totalitaires, fascistes et agressifs, dénonçant l’invasion de la Chine par le Japon dans Le Lotus Bleu, critiquant la politique impie des dictatures sud-américaines dans L’Oreille Cassée, et illustrant un Anschluss raté en Europe centrale, soit une manière de dénoncer l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, dans Le Sceptre d’Ottokar. Ainsi, il s’était imposé comme l’un des premiers auteurs à avoir clairement pris conscience des méfaits perpétrés par ces états totalitaires et à avoir annoncé, par le biais de quelques analogies, l’avènement de l’impérialisme allemand.
Il y a donc quelque chose qui cloche lorsque l’on entend aujourd’hui qu’il fut un collaborateur actif du régime nazi au temps de l’occupation. Alors peut-être ne voyons-nous que la partie émergée de l’iceberg (comme semble l’indiquer l’infime partie visible de la fameuse étoile mystérieuse) et peut-être faut-il essayer de lire entre les lignes (ou entre les vignettes)…

N’y aurait-il pas comme un message subliminal chez Hergé ?

N’y aurait-il pas comme un message subliminal chez Hergé ?

Pourtant, c’est vrai : La première version de L’Etoile Mystérieuse, principalement celle qui fut publiée dans Le Soir, est jalonnée d’éléments qui pourraient laisser penser qu’Hergé faisait de l’œil à son occupant.

Tout le monde connait l’histoire de L’Etoile Mystérieuse : Une météorite s’apprête à s’écraser sur Terre et à déclencher la fin du monde. Finalement, le bolide frôle la Terre et le choc se révèle moins tragique que prévu, n’engendrant qu’un simple tremblement de terre dû à la chute d’un fragment de l’étoile. Tintin embarque avec un groupe de scientifiques afin de rejoindre l’arctique, où une partie du rocher est probablement émergée, spéculant sur la possibilité qu’il soit fait d’un matériau extraterrestre encore inconnu. Mais un pays rival envoie lui aussi une expédition, n’hésitant pas à choisir les solutions les plus infâmes afin de gagner la course contre la montre.
Finalement, Tintin parviendra à rejoindre l’île le premier, vivra quelques aventures surnaturelles sur le sol encore chaud du fragment d’étoile, avant que celui-ci ne soit définitivement englouti par les eaux.

 Ambiance au beau fixe pour une aventure censée nous distraire…

Ambiance au beau fixe pour une aventure censée nous distraire…

Concédons le : La version de L’Etoile Mystérieuse publiée sous forme de feuilleton dans Le Soir entre octobre 1941 et mai 1942 est dans l’ensemble une simple aventure fantastique déconnectée du cadre de la guerre et de l’occupation, mais elle est teintée de plusieurs éléments qui, avec le recul, semblent aller dans le sens du III° Reich : Les gentils forment une équipe de scientifiques qui sont, soit issus de pays neutres (Belgique, Suède, Portugal, Suisse), soit des pays de l’Axe (l’Allemagne) ou en cobelligérance (l’Espagne). Les méchants sont américains et, qui plus-est, à la solde d’un banquier new-yorkais qui se nomme « Blumenstein » et qui arbore un faciès qui ressemble fortement aux caricatures antisémites qui s’affichent en Europe sous l’impulsion du régime nazi. C’est d’ailleurs en Belgique que, dès 1942, sont publiées les lois antijuives les plus répressives de tout l’Axe.
Dans L’Etoile Mystérieuse, le concurrent américain qui envoie son expédition en Arctique n’est pas avare de fourberies et, sous l’impulsion de son commanditaire (le fameux Blumenstein), s’adonne à toutes les bassesses afin de damer le pion à Tintin et ses amis. De plus, Tintin pilote un hydravion allemand. Mais surtout, un passage publié dans les pages du Soir, et qui n’apparaitra pas dans la version éditée en album, montre deux juifs entrain de plaisanter sur la fin du monde. En cherchant un peu, on peut retrouver l’image et le dialogue en question, qui donnent ceci :

 No comment.

No comment.

Non seulement Hergé enlèvera le passage des deux juifs dans la première version de l’album, mais il transformera aussi l’ennemi américain dès la fin de la guerre en remplaçant les Etats-Unis par le « Sao Rico », un pays imaginaire dans la lignée de ceux qu’il avait créés avant le conflit à partir de L’Oreille Cassée.
Enfin, Hergé remplacera le nom du méchant banquier « Blumenstein » par « Bohlwinkel », qui signifie « magasin de bombons » en flamand.

On ne peut nier que tous ces éléments sont gênants et, d’ailleurs, ironie du sort, on apprendra par la suite que « Bohlwinkel » est un véritable patronyme sémite, au grand dam d’un Hergé en quête de rédemption, incapable de se débarrasser de ses casseroles bruyantes !

USA puis Sao Rico. Changement de cap entre les deux versions de l’album ?

USA puis Sao Rico. Changement de cap entre les deux versions de l’album ?

Alors posons franchement la question : Est-ce qu’Hergé était véritablement un infâme collabo et est-ce qu’il était aussi antijuif que le premier nazi venu ? Personnellement, j’aime à penser que c’est complètement faux. J’en suis même intimement convaincu.
Pour commencer, pourquoi Hergé aurait-il enlevé le gag des deux juifs dès la publication en album en cette même année 1942 s’il était vraiment aussi antisémite que certains veulent bien le croire ? Je pense que tous les vrais fans de Tintin seront d’accord avec moi quand je dis que ce gag n’était probablement pas une idée d’Hergé. Ceux qui connaissent bien son humour habituel ne peuvent nier que cette blague primaire ne lui ressemble pas. Elle ne sonne pas « Hergé », tout simplement.
Ensuite, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : C’est facile de jeter la pierre aujourd’hui et d’accuser à tout-va. Mais en 1942, personne en dehors des victimes et de leurs bourreaux n’était au courant de l’Holocauste nazi (rappelons que les russes et les américains, en libérant les prisonniers des camps de la mort, avaient été traumatisés en découvrant un spectacle auquel ils ne s’attendaient pas du tout). Charles Chaplin lui-même affirmait qu’il n’aurait jamais tourné Le Dictateur sous forme de comédie burlesque s’il avait pris connaissance de la Shoah et s’il avait su à quel point l’horreur de la réalité était au dessus de son imagination.
Pour les gens qui vivaient sous l’occupation, les nazis faisaient peur, certes, mais le monde était loin de se douter de ce qu’il se passait réellement à Auschwitz. Ainsi, même si ce passage ne fait pas honneur à Hergé, je suis convaincu qu’il effectuait, à travers ces quelques éléments aujourd’hui gênants, une poignée de concessions afin qu’on le laisse travailler dans de bonnes conditions (la censure de l’occupant lui ayant déjà interdit de réimprimer Tintin en Amérique et… L’Île Noire, dans lequel le principal antagoniste était un allemand nommé Müller, et ce en pleine montée du III° Reich !), sans imaginer que sa maladresse allait prendre, à la lumière d’événements encore inconnus à cette période, une dimension extrêmement grave.

Comme il l’avait fait au temps du Lotus Bleu, dont l’objectif était de gommer les erreurs et l’aveuglement colonialiste du Congo, Hergé fera tout, ensuite, pour effectuer une véritable quête de rédemption. Et très franchement, faut-il être à ce point obtus pour ne pas voir l’humanisme sincère et lumineux de l’auteur lorsqu’il prend, à travers Tintin, la défense de roms dans Les Bijoux de la Castafiore ? Alors personne ne parlera donc de l‘élégance de son discours lorsqu’il aborde avec un respect infini les peuples que l’on pourrait qualifier de « primitifs » dans Le Temple du Soleil, Tintin au Tibet et Tintin et les Picaros ? Et enfin, personne ne se souviendra de l’album Coke en Stock, dans lequel Hergé pointait admirablement l’horrible réalité d’une époque moderne où le trafic d’esclaves noirs existait encore dans l’actualité, alors que personne ne s’en souciait ?
Soyons un peu clairvoyants et ne confondons pas racisme primaire avec erreurs de jeunesse : L’humanisme d’Hergé n’est plus à prouver, et toute son œuvre n’est qu’une longue déconstruction de lui-même, à travers laquelle il aura essayé, toute sa vie, d’être un homme meilleur, transmettant au final un grand nombre de valeurs universelles destinées à tous les enfants de 7 à 77 ans, transcendées par un message de tolérance et d’empathie parmi les plus beaux jamais écrits.

Et pour terminer je dirais ceci : C’est encore facile d’exiger la perfection chez un autre être humain et de l’accuser depuis son fauteuil et son anonymat quand on ne fait rien de sa vie. Hergé, lui, aura eu le courage de travailler comme un forcené à une époque trouble et d’offrir au monde une œuvre totale. Enfin, il aura pris le taureau par les cornes afin d’affronter ses démons, ses erreurs, et aura tout fait pour tenter de les racheter. Qui peut en dire autant ?
Fin de la plaidoirie.

Et si, à travers Tintin, Hergé s’était lui-même menacé de quelque châtiment ?

Et si, à travers Tintin, Hergé s’était lui-même menacé de quelque châtiment ?

Et sinon, L’Etoile Mystérieuse, est-ce que c’est bien ?
Pour l’avoir relu à l’occasion de cet article, je dois dire que j’ai été très impressionné par la qualité formelle de l’ensemble qui se lit d’une traite, et qui frise la perfection malgré un deuxième acte un peu moins dynamique que le reste de l’album. Car le récit est découpé en trois actes : La montée en puissance de la peur de la fin du monde avec l’arrivée depuis l’espace du météorite ; la course contre la montre entre les deux navires concurrents pour arriver le premier sur les lieux convoités ; et les aventures de Tintin coincé sur la fameuse étoile mystérieuse.

Toujours cet arthropode, métaphore de l’apocalypse…

Toujours cet arthropode, métaphore de l’apocalypse…

Le premier acte a conservé toute sa magie depuis la première fois que je l’ai lu, enfant. Il s’y dégage une atmosphère angoissante qui suscite une vertigineuse montée de terreur pulsionnelle, dans une ambiance d’apocalypse qui fait, avec le recul, curieusement écho aux événements encore inconnus de l’Holocauste dont nous parlions plus haut. Comme très souvent, Hergé se montre visionnaire et, dix ans avant que le genre « science-fiction » ne devienne la mode à Hollywood, aborde une série de thèmes que l’on retrouvera plus tard au cinéma. Ce qui est étonnant, c’est que les américains se saisiront de cet univers romanesque afin de dresser une métaphore de la guerre froide (avec des films comme Le Choc des Mondes ou L’Invasion Vient de Mars, où la menace venant de l’espace symbolisait la peur de voir tomber la bombe atomique, et où le martien incarnait l’horreur venue de Russie la rouge !) quand Hergé utilisait certains de ces mêmes codes dans le cadre de la 2nde guerre mondiale. Un peu comme si la science-fiction était le terrain idéal dès qu’il s’agit de dresser une parabole de nos peurs eschatologiques.

… qui revient comme un écho !

… qui revient comme un écho !

Un premier acte magique, où les scènes d’anthologie se succèdent, avec la chaleur montante qui fait fondre l’asphalte, les hordes de rats qui se déversent des égouts, les apparitions stressantes de Philippulus le prophète qui annonce le châtiment divin, et l’image de la fausse araignée géante, qui fait savamment écho au dernier acte, comme pour préparer le lecteur à l’horreur à venir…

Le tout nous est conté avec un art consommé de la narration concise, où chaque élément forme un tout épuré, où rien ne manque et où rien n’est en trop, où tout est fondé sur cet équilibre entre l’efficacité narrative et le graphisme purgé de tout détail inutile, que l’on nommera un jour la « Ligne claire ».
Exceptionnel ! surtout pour une époque encore immature en termes de bandes dessinées.

Et encore des bestioles de cauchemar !

Et encore des bestioles de cauchemar !

Le deuxième acte est le plus long et, de ce fait, opère une rupture de ton qui fait parfois souffrir le récit de quelques longueurs. Hergé ne chôme pourtant pas en revenant à son genre de prédilection –le récit d’aventures aux multiples rebondissements- et en pimentant cette traversée marine d’une série de gags dont il a le secret (et ce malgré l’absence exceptionnelle des Dupondt). Un passage a notamment ma préférence : c’est celui où le capitaine Haddock, qui vient de rencontrer un vieil ami (le capitaine Chester), lui propose de fêter leurs retrouvailles en commandant une bouteille de whisky dans un bar. Je vous laisse apprécier la scène dans l’image ci-dessous, sachant que notre bon vieux loup de mer est sensé, désormais, être le président de la « Ligue des Marins Antialcooliques »…

Et c’est plutôt rock’n roll en plus, non ?

Et c’est plutôt rock’n roll en plus, non ?

Pour le reste, cette longue poursuite maritime souffre de quelques aspects répétitifs, heureusement contrebalancés par toute cette série de gags parfaitement disséminés au fur et à mesure de la traversée, et bien entendu par la présence du truculent capitaine Haddock, qui marque ainsi l’essai (après avoir rencontré Tintin dans Le Crabe Aux Pinces d’Or) en confirmant qu’il fait désormais entièrement partie de cet univers de papier.

Le dernier acte, bien qu’assez court (15 pages tout au plus, mais le premier acte ne faisait que 13 pages également) opère une plongée brutale dans le fantastique tout en isolant Tintin du reste des protagonistes de l’album. Cette soudaine séparation exhale un sentiment de stress très particulier, un peu comme si le lecteur se sentait isolé lui aussi, perdu en milieu hostile, d’autant que la nature mystérieuse du météorite se révèle propice à toutes les manifestations surnaturelles et nous entraine inexorablement vers un ailleurs inconnu et terrifiant.
Hergé, une fois encore, joue merveilleusement de son art de conteur en jonglant systématiquement entre l’émerveillement et l’angoisse, comme lorsque l’on voit ces champignons géants venir joliment colorer le décor (affreusement morne et désertique jusqu’ici), avant de commencer à exploser dans tous les coins, annonçant de manière prophétique le futur péril atomique (Bruxelles fera par ailleurs les frais, avec Londres, des premiers bombardements de missiles V1 en 1944) !
Bien entendu, le tout culmine avec l’apparition de l’araignée géante (qui était nettement plus grande et effrayante dans mes souvenirs d’enfance) et, in fine, avec cette oppressante submersion de l’étoile, faisant écho, ici encore, à notre monde fragile et aux apocalyptiques possibilités de voir un jour la fin des temps nous rayer de la surface de la planète…

Des champignons… atomiques ?

Des champignons… atomiques ?

Tel est ce dixième album de la série. Une nouvelle étape extraordinaire sur le chemin de l’une des plus belles œuvres du XX° siècle. Où un auteur traverse une époque trouble et parvient à saisir l’esprit de son temps, tout en essayant de raconter une simple histoire d’aventures divertissantes.
Le postulat est bel et bien édifiant : en cherchant à fuir l’actualité brûlante et cauchemardesque de cette période de guerre par le biais de l’évasion dans l’imaginaire, Hergé n’aura fait que tisser une métaphore du conflit en parvenant même, de manière plus ou moins inconsciente mais visionnaire, à en percevoir les conséquences qui nous feront prononcer un jour, à propos de l’Holocauste et de la menace nucléaire, le mot « Apocalypse ». Y a-t-il encore quelqu’un, ici, pour nier le statut de génie du créateur de Tintin ?

(1) : Pour diverses raisons tenant à l’histoire de leur religion, les Juifs considèrent le terme « holocauste » (qui désigne un sacrifice par le feu, offert à Dieu) comme un contresens important. Ce terme avait néanmoins été employé dès 1937 par le poète Max Jacob à propos d’une possible « solution finale » (car la souffrance du peuple juif était selon lui vécu comme un sacrifice). Il devait rester le terme principal pour dénoncer le génocide juif jusqu’au début des années 80, avant que celui de « Shoah » (qui signifie « catastrophe » en hébreu) ne lui soit préféré.

C’est comment la vision de la guerre pour un homme bon ?

C’est comment la vision de la guerre pour un homme bon ?

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La fin du monde ! Philipus et l’araignée géante ! L’accusation d’antisémitisme qui éclate comme les champignons de cette étoile mystérieuse. Review et analyse par Tornado chez Bruce Lit.

BO  du jour : Stevie Wonder – Visions

Stevie Wonder rêvait d’un monde meilleur tout en sachant que l’automne succède à l’été. Hergé voulait fuir la réalité de la guerre avec une histoire de science-fiction mais ne faisait rien d’autre que de tisser des analogies sur les conséquences du conflit. On est visionnaire chez les génies…

26 comments

  • Matt  

    « il transformera aussi l’ennemi américain dès la fin de la guerre en remplaçant les Etats-Unis par le « Sao Rico », un pays imaginaire dans la lignée de ceux qu’il avait créés avant le conflit à partir de L’Oreille Cassée.
    Enfin, Hergé remplacera le nom du méchant banquier « Blumenstein » par « Bohlwinkel », qui signifie « magasin de bombons » en flamand.

    On ne peut nier que tous ces éléments sont gênants »

    Euh…ah bon ? Punaise si on ne peut plus donner le mauvais rôle aux américains sans passer pour un collabo. Bon à l’époque ok ça pouvait donner l’impression que Hergé était du mauvais côté, mais honnêtement, si on sort ça du contexte et qu’on juge ça comme une simple BD intemporelle…pourquoi le méchant ne pourrait-il pas être américain ?
    Bon enfin en ce qui me concerne tu prêches un converti^^
    Très bon article comme d’hab, tu dissèques tout l’album pour tout analyser. Je me souviens surtout de la partie fantastique finale moi dans cet album^^ J’avais trouvé ça rigolo avec les trucs géants (mon dieu, l’araignée !) Je me souviens presque plus de l’acte 2. C’est vrai que cet album est assez curieux avec ses 3 actes aux tons bien différents.

  • Matt  

    Et sinon…cinéma + Marvel + X-men + Tintin ? Hum…c’est quoi le thème de la semaine ?

    • Bruce lit  

      Le cinéma s’est terminé avec Le Parrain.
      Du fait des ponts de mai, j’ai fait deux cycles courts :
      -Un consacré aux Crossovers ce qui m’a permis de publier l’article de Patrick à l’arrachée.
      -Un consacré à Tintin car ça fait longtemps que je n’ai pas publié Jean Luc Remy également.

  • Eddy Vanleffe  

    excellent comme toujours sur Tintin.
    J’ai tout retrouvé et je suis d’accord avec la magie intacte du premier acte. la première partie de cette BD est juste parfaite, pleine d’angoisse ordinaire… le goudron, les rats, l’araignée…plein de de fausses pistes déroutantes…

  • Présence  

    Comme d’habitude, les éléments de contextualisation sont précieux et riches d’enseignement. Je ne savais pas que c’était le premier album conçu pour être édité directement en album couleur.

    Je suis d’habitude assez frileux pour effectuer une interprétation a posteriori des intentions de l’auteur dans un sens ou dans l’autre, quand on n’a pas vécu à l’époque, comme tu le rappelles. Néanmoins ta dialectique m’a convaincu que cet album porte la marque de l’époque à laquelle il a été réalisé, de manière plus ou moins consciente, car chacun d’entre nous est le fruit de son époque et de son milieu social, etc.

    Sur bien des points, L’Étoile mystérieuse demeure un tome un peu à part dans la série des 22 albums de Tintin (même s’il est vrai qu’ils sont presque tous à part !). – Je me faisais la même réflexion en ce qui concerne la première partie de la phrase, et du coup la deuxième partie m’est également apparue comme une évidence. L’ambiance de fin du monde est très bien rendue, avec une dimension angoissante et pesante, à travers la meute de rats, les araignées et la pomme géante. C’est comme si la nature perdait le contrôle d’elle-même, brisait ses propres lois et devenait imprévisible en regagnant en dangerosité. De ce point de vue, cela s’avère totalement en phase avec les bouleversements brutaux et mortels engendrés par la guerre, comme un reflet inconscient (ou peut-être même fait sciemment) de ce conflit à l’échelle de la planète.

    Comme toi, en revoyant la case de l’échange entre Isaac et Salomon, je trouve le décalage hallucinant avec l’œuvre d’Hergé. Il est possible aussi que ce soit un exemple d’un humour soft de l’époque sur la communauté juive, ou même d’un exemple d’humour juif auto critique et banal pour l’époque.

    • Eddy Vanleffe  

      C’est vrai que même sans vouloir absoudre Hergé à tout prix, cette blague fait intruse dans son oeuvre…
      je veux dire c’est un peu comme si dans Asterix qui nous a habitué avec un humour éthique fin et ironique, on avait soudainement un gars qui venait faire: C’est l’histoire d’un belge, d’un arabe et d’un noir qui….
      bizarre!

  • Tornado  

    Avant de réaliser cet article, je n’avais jamais vu cette vignette avec Isaac et Salomon.
    Ma première réaction a été l’indignation, immédiatement suivie par celle de trouver que ça ne sonnait pas Hergé. Hergé n’avait pas cet humour basique et populaire. Il ne l’a jamais eu dans aucune des ses créations. Même dans sa prime jeunesse, il était déjà plus fin que ça ; il avait sa voix propre. Cette idée ne peut pas être de lui selon moi. Je ne le reconnais pas ainsi.
    « Il est possible aussi que ce soit un exemple d’un humour soft de l’époque sur la communauté juive, ou même d’un exemple d’humour juif auto critique et banal pour l’époque. »
    Oui, je n’y avais pas pensé comme ça. C’est vrai qu’il est souvent compliqué de se remettre dans le contexte des époques passées. Dit comme ça, il s’agit effectivement d’un humour « soft ». Raciste mais soft. Aujourd’hui, avec la bienpensance, tout prend des proportions hallucinantes.
    Je note tout de même qu’Hergé a tenu à enlever cette vignette de la version définitive de l’album. La preuve, quoiqu’il en soit, de son élégance et de son intégrité qui, selon moi, ne sont plus à prouver.
    C’est d’autant plus navrant de voir aujourd’hui, sur les sites internet, que des nigauds bienpensants utilisent ces détails passés (car ici, contrairement aux camps de concentration selon LePen, il s’agit vraiment de « détails ») pour se faire mousser et passer pour des chevaliers blancs de pacotille. Ils font des dégâts en salissant bêtement une oeuvre. C’est quand même assez grave de les laisser faire. cet article est ma réponse

    • Matt  

      Surtout que bon…ça peut toujours vexer quelqu’un l’humour. Après tout c’est souvent basé sur une forme de misère ou de malheurs la comédie. Mais pris à la légère. Alors si on enlève tout ce qui peut potentiellement offenser…on ne rigole plus de rien. Après il faut juste faire gaffe à la forme de la blague, il faut que ce soit marrant et pas juste bêtement méchant.
      Mais oui c’est triste dans un sens, parce que les Inconnus, Coluche…ça ne passerait plus de nos jours avec tous ces gens qui cherchent des polémiques partout et voient du racisme dans Astérix. Une caricature, c’est une caricature. Si ça concerne un noir, d’un coup c’est du racisme ? Alors un blanc mince hétéro ne pourrait faire des blagues que sur des blancs minces et hétéros, etc ? Tss…

      • Présence  

        C’est une problématique très délicate. Il existe une page wikipedia dédiée à l’humour juif qui en donne la définition suivante :

        L’humour juif est l’humour des Juifs sur le monde et sur eux-mêmes.

        Quand je lis les exemples d’humour contenus dans cette page (que je trouve très drôles), je ne me vois pas reprendre une seule de ces blagues à mon compte, en tant que blanc hétéro (je ne suis pas mince) et goy.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Humour_juif

        • Eddy Vanleffe  

          Et bien moi par contre, si!
          pas pas pure provocation mais parce que je trouve ça salvateur, le recul, la critique, le débat par l’humour…
          après les blagues américaines sur les français existent depuis… 1945 je suppose… :)

          pour être concret est-ce qu’être fan de sit-com (qui constitue presque le fer de lance du visage mondialement connu de l’humour juif new yorkais ) en étant Goy fait de nous des anti-sémites?
          Non je ne crois pas, j’ai une connexion particulière avec cet humour là, je le comprends et j’ai souvent envie de le pratiquer…

          • Matt  

            Dans un épisode des Simpsons, les français sont représentés comme des vilains qui rigolent en croassant comme les bouffeurs de grenouilles que nous sommes.
            Ben je vais pas aller hurler que Matt Groening est un raciste anti-français.
            Bon les américains ne nous aiment pas trop parait-il donc ça reste possible^^ mais c’est clairement de l’humour pour déconner.
            Et puis un groupe de personnes n’a pas une pensée unique. Donc il y a surement des juifs, des noirs, des gros ou des gays qui sont capables de rigoler de leurs propres comportements. Et d’autres ultra susceptibles.

  • Tornado  

    Je suis surpris que l’album d’Astérix « Le Domaine des Dieux » n’ait d’ailleurs pas soulevé l’hire des bienpensants. Ils ne sont sûrement pas encore tombé dessus !^^
    On y voit plusieurs groupes d’esclaves représenter un peuple à chaque fois (les numides, les ibères, les lusitaniens, etc.). Par exemple les lusitaniens (portugais) sont représentés tout petits et poilus !
    Goscinny & Uderzo jouaient avec les stéréotypes de manière tellement caricaturale et absurde que c’était à mourir de rire selon moi. Il n’y avait rien de méchant ni de raciste, car en face les gaulois étaient traités de la même manière avec leur caractère à la noix et leur allure grotesque. Cet humour a aujourd’hui hélas disparu à cause de la bienpensance.

    • Matt  

      Bah oui tous les persos sont caricaturaux et pas bien malins, mais il y en a pour râler sur le fait que le pirate black soit bègue et ne sache pas lire. Déjà il n’est pas le seul à ne pas savoir lire il me semble, et dans l’antiquité c’était le cas de plein de gens ! Et bègue…ben…et alors ? C’est surtout drôle parce que c’est la vigie, donc en général on ne colle pas un bègue pour avertir des trucs importants^^ Mais bon un noir bègue ça doit surement exister hein. Sont-ils une insulte pour leur ethnie ?…

    • Matt  

      Le seul truc bon qui ressort de ça, c’est que maintenant certains youtubeurs ou comiques font des blagues sur les bienpensants en désamorçant eux-mêmes leurs vannes pour des raisons absurdes (du genre « éh ce truc est raciste » quand ils te parlent des couleurs noir et blanc sur un graphique, etc.)

  • sébastien zaaf  

    Excellent article comme d’habitude. Il est effectivement important d’apporter des nuances pour cette période compliquée. J’ai été longtemps indigné par cette caricature des deux juifs et j’ai longtemps rejeté Tintin après bien que ce fut une de mes lectures favorites enfant. C’est vrai que certains éléments sont à charge. Surtout a posteriori notamment sa collaboration au Petit Vingtième, journal catholique très à droite et sa proximité à un moment avec le mouvement rexiste et le collaborateur Léon Degrelle. Il aurait aussi apparemment fait quelques caricatures antisémites pour Le Soir (je n’en ai jamais vu). Mais il n’est pas le seul à avoir dû survivre à cette époque. En France on trouve quelques célébrités aussi : Cocteau, Arletty, Belmondo (le père de Bébel) et tant d’autres. Après ce n’est pas cet album dont la lecture me dérange le plus. J’ai un peu plus de mal avec Tintin au Congo. Mais encore une fois, il est plus facile de juger a posteriori et de tirer une œuvre de son contexte. Que penser alors de Bibi Fricotin par exemple?

  • Jyrille  

    Encore une fois un article plein de passion et d’informations, surtout pour moi… Je me souviens bien de la première partie de l’album, qui est la meilleure à mon humble avis. Pour le reste, je ne suis toujours pas convaincu par tes interprétations (champignons atomiques…) mais pourquoi pas. Je reste également convaincu de l’humanisme de Hergé mais je dois t’avouer que cette partie me semble redondante avec les articles précédents et que cela ne m’intéresse pas du tout. Je te rejoins par contre totalement sur une bienpensance fortement caricaturale depuis quelques années qui me met aussi hors de moi.

    La BO : du bon Stevie !

  • Bruce lit  

    J’ai adoré ton article Tornado.
    Oui, c’est un peu redondant dans la défense de Hergé mais les attaques contre lui le sont aussi et tu as fait un formidable travail de recontextualisation.
    Tu pousses très oin l’analyse de la precognition, c’est super. Il y a quelque chose dans l’air dans cet album effectivement, un monde ayant une araignée au plafond (le nazisme) ou des champignons qui explosent. La séquence d’ouverture est la plus sinistre de tous les Tintins avec une conclusion tragicomique : Tintin hilare qui court dans les rues dévastées : Houra, ce n’est qu’un tremblement de terre (au lieu de la fin du monde). C’est une belle illustration de l’optimisme je trouve.
    Je suis pas fan de la partie sur l’île parce que j’ai du mal à me passionner pour ce truc alien qui disparaît comme par magie en plus. PAr contre j’aime beaoucoup la traversée en bateau.
    Loin de l’alcoolique instable, il y a la plus belle séquence de Archibald Haddock : peinard en pleine bourrasque à la barre alors que tout le monde est terrifié…Ce n’est qu’un coup de grisou, ce n’est qu’un tremblement de terre, ce n’est qu’un illuminé (Philippus) : on sent que les personnages frôlent le pire et en réchappent.

    //la caricature juive.
    Je la connaissais du temps où j’étais Titinnophile. J’ai bcp perdu en niveau faute de pratique…
    Mais honnêtement, merde, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.
    Décomposons la séquence qui dure …2 vignettes sur 62 pages !
    La première ? Rien à dire quoi, les deux juifs ne disent rien, ils sont témoins ? Ils ont des gros nez ? Oui, comme tout le monde chez Tintin !
    La deuxième : Isaac s’inquiète de la fin du monde…Rien d’antisémite là dedans
    Le deuxième se frotte les mains…Et alors ? Comme beaucoup de Masters of war fussent ils juifs ou autre. J’entends complètement le contexte, la Shoah et tout ça (hé, on va pas me la faire sur ce sujet). Mais, n’ayons pas peur d’imaginer qu’il peut y avoir des salauds chez des juifs aussi et que TIntin fait la chasse aux salauds mais pas aux hommes.
    La Shoah est une tragédie, une immondice jetée à la dignité humaine. Il est atterrant que l’on puisse torturer Illan Halimi et le tuer parce que les juifs ont du pognon. C’est consternant.
    On peut par contre s’autoriser à penser, que quelque soit le milieu les Juifs ont le droit de réussir en affaires, en amour, au cinéma, d’être dentistes ou bijoutier (Louis Wirth montre que les origines de cette profession « juive » est lié à la volonté de les humilier). Et de se dire que certains, comme tous les êtres humains de toutes les couleurs et confession, peuvent se comporter comme de vrais connards comme en témoigne l’affaire Weinstein.

    • Matt  

      « Mais, n’ayons pas peur d’imaginer qu’il peut y avoir des salauds chez des juifs aussi et que TIntin fait la chasse aux salauds mais pas aux hommes. »

      C’est aussi ce que je dis sur le fait que les méchants auraient pu rester des américains. C’est juste dans le contexte de l’époque que ç’aurait pu paraître déplacé, oui. Mais de nos jours, des méchants américains il y a en partout dans les BD. Même dans les comics américains^^

  • JP Nguyen  

    Celui-là, je l’ai relu l’été dernier et je l’ai davantage apprécié que lorsque j’étais gosse… Ceci dit, je ne suis pas trop fan de la dernière partie avec les champignons…
    Je n’avais pas trop percuté les apparitions répétées de l’araignée… Après tout, elle était certainement à sa place, dans les toiles mystérieuses…

  • Vindicator  

    Wunderbar Tornado. Juste pour savoir : c’est quoi un goy?

    • Tornado  

      C’est le terme avec lesquels les juifs nomment les non-juifs.

  • Tornado  

    Je ne nie pas que ma défense d’Hergé, avec cette insistance sur la négation qu’il fut collabo, soit redondante. Mais franchement, lorsque l’on étudie son oeuvre et son parcours, cet élément est lié intrinsèquement. Jusqu’à sa grande crise existentielle et sa dépression à l’aube de « Tintin au Tibet », il fait partie de l’évolution de l’auteur.
    Impossible de zapper cet élément, fut-il déprimant et répétitif, si l’on veut analyser l’oeuvre et le parcours de George Remy.
    Ceci dit, même si j’en parle encore un peu dans les articles suivants, c’est ici que la plaidoirie sera la plus insistante…

  • Bruce lit  

    Pour quelques relectures de plus-
    En remettant en corrélation la notion de chute de ton article avec tes scans, je suis amusé par la pomme qui manque de tuer Tintin. Que de symboles ! Le paradis perdu qui disparaît sous les pieds de notre héros, Tintin que la tentation a mené jusque ici. Et cette chute qui préfigure celle du xxème siècle après le nazisme.
    Bon je sais , je vais loin….

  • Arminius  

    Un 23 ème commentaire juste pour dire que les 22 premiers suffisent à réaliser une parfaite symétrie avec les 22 albums d’Hergé!
    22 albums comme les 22 arcanes du Tarot…symbole d’une oeuvre alchimique probablement marquée par le Johannisme qui parsème l’oeuvre du dessinateur. Alors qu’on y retrouve une référence à la Fin du Monde (que l’on confond à tord avec le terme d’Apocalypse) ne me semble pas fortuit, mais facétieux de la part de l’auteur. Que le Pôle puisse être le début et le terme d’une Civilisation ou d’un Monde, ne me parait pas plus le fait d’une coïncidence RG a su avant tout crypter son Grand Oeuvre en nous laissant le soin de voir au delà du miroir des aventures de son héros,Tintin!

  • Bruce lit  

    Question au prof d’art plastique : se pourrait ‘il que le visage d’horreur de Tintin apprenant de Philipulus la collision du météorite avec la terre ait une vague parenté avec Le Cri de Munch. Je sais que Hergé était amateur de peinture.

  • Tornado  

    Je n’en sais rien. Hergé était surtout passionné d’arts abstrait. Mais « Le Cri » de Munch est une image qui est rapidement passée dans l’inconscient collectif (même mes élèves les moins cultivés le connaissent). Alors, pourquoi pas…

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