Présent en devenir (Days of Future Past)

Xmen, days of futur past par Chris Claremont et John Byrne

Première publication le 24/05/14- Mise à jour le  06/08/18

Par :  STEPHANE MAILLARD PERETTI

cover days

Sous les feux des sentinelles©Marvel Comics

VO : Marvel

VF : Lug, Semic, Panini

Il s’agit de la plus célèbre saga des Xmen avec celle du Phénix noir et God Loves, Man Kills.   Days of future past est la dernière collaboration entre Chris Claremont et John Byrne. 

L’idée serait venue à John Byrne de souvenirs d’un ancien épisode du Dr Who. A cette époque, l’artiste Canadien est, avec l’auteur Chris Claremont, l’un des pilotes du l’univers Marvel. Ils viennent de terminer la phénoménale et traumatisante Dark Phoenix Saga et les X-men, plus que jamais, mènent la danse à la Maison des Idées. C’est alors que l’histoire la plus sombre jamais écrite va germer de l’imagination des deux compères, encore amis…

 La jeune Kitty Pryde, 13 ans, vient alors de rejoindre la bande de mutants juste avant la mort de Phoenix. Elle ignore que, plus de 30 ans dans le futur, précisément en 2013, elle parcourra les rues d’un Manhattan en ruine, pour recevoir le dernier composant d’un gadget pouvant annuler les effets du collier inhibiteur de pouvoirs qu’elle, et tous ses amis, portent au cou.

Sous les feux des sentinelles

Le manhattan sordide de 2013, pendant le règne des Sentinelles©Marvel Comics

De retour dans le camp de prisonniers qui lui sert de maison, passant devant un champ de tombes toujours plus nombreuses , elle rejoint les survivants des héros du passé. Le plan est incroyable: projeter sa psyché dans le corps de celle qu’elle était à son entrée chez les X-men, pour prévenir un événement qui déclenchera une montée de paranoïa et de haine envers les siens et l’avènement des sentinelles, robots géants chasseurs de mutants.

L’histoire se divise ainsi en deux, l’équipe de 1981 tentant de stopper un assassinat qui déclenchera la réaction en chaine, celle de 2013 voulant asséner un coup au QG des robots, le Baxter Building, ancien home des Fantastic Four, pour enrayer la situation d’imminente guerre nucléaire entre les autres pays du mondes et les machines.

J’ai découvert cette histoire vers l’âge de 10 ans. Je ne connaissais pas l’autre grande fresque mutante, Dieu crée, l’Homme détruit ni aucune oeuvre sur un futur dystopique. J’étais horrifié par cet avenir sombre, aux buildings délabrés, sans lumières, montrant mes personnages favoris vieillis et fatigués, abattus… Pour ceux que je retrouvais.

Scène choc:  on découvrait le squelette d'adamantium de Wolverine pour la première fois.

Scène choc: on découvrait le squelette d’adamantium de Wolverine pour la première fois©Marvel Comics

Le récit de Kate Pryde aux X-men du présent (1981 pour l’édition US) était conté avec des mots simples et justes, et ceux de Claremont touchaient à chaque coup. Le combat qui opposait l’équipe de chaque tranche temporelle semblait plus important que tout autre déjà lu. Il fallait empêcher l’horreur d’arriver. Ou de se perpétuer.

Les dessins plus organiques que jamais de Byrne montraient le désespoir de ce futur, le temps passé à essayer de survivre… On rencontrait Rachel Summers, fille de Cyclope et Jean, on comprenait tout à fait comment le plus doux des X-men, Colossus, était devenu si froid et résolu… c’était une claque.

Des Xmen qui tombent comme des mouches face à des sentinelles enfin dangereuses

Des Xmen qui tombent comme des mouches face à des sentinelles enfin dangereuses©Marvel Comics

Il est amusant aussi de remarquer que le summum de la paranoïa anti-mutants, dans l’histoire de Kate Pryde arrive en… 1984. Orwellien. Peu après, une histoire similaire deviendra un blockbuster qui marquera son temps…Terminator, de James Cameron.

La similitude  des deux histoires est intéressante: Deux futurs apocalyptiques, chacun ravagé par des robots humanoïdes qui apprennent de leurs erreurs, à cause du manque de clairvoyance de l’Être Humain. L’un des mondes sur le point d’être brûlé par l’enfer nucléaire (DOFP) l’autre déjà calciné; la solution à chacun est cherchée dans le passé, plus subtilement chez les X-men, peut-être. Les deux futurs ne sont pas écartés à la fin des périples, comme on le sait. Un hasard selon Claremont, qui me laissera toujours plein de questions à ce propos.

Les machines exterminent les humains ! Terminator ?

Les machines exterminent les humains ! Terminator ?©Marvel Comics

Des années après, pour les personnages comme pour moi, le spectre de ce Futur Antérieur comme les éditions Lug l’avaient joliment traduit n’avait pas disparu, revu dans les pages des X-men, où débarqua Rachel et dans celles des benjamins, les Nouveaux Mutants.

C’est d’ailleurs avec New Mutants annual#6 que l’histoire intitulée Days Of Future Present reprend. Paradoxe temporel ambulant, le Franklin Richards du futur, fils de Mister Fantastic et de la Femme Invisible débarque dans notre continuum temporel. Le jeune homme aux immenses pouvoirs recrée ses compagnons Nouveaux Mutants abattus à son époque et se dirige vers l’école de Charles Xavier. A ce moment-là, la dite école est en ruine, et les Nouveaux Mutants actuels sont dirigés par Cable.

ahab

Droit sorti du futur, Ahab laisse tomber les baleines pour s’occuper des mutants©Marvel Comics

Après un court affrontement entre Mutants du présent et du futur, et arrivée des X-men Banshee et Forge, le calme relatif est brisé par le terrible Ahab, chasseur implacable de mutant à la poursuite de Franklin.

X-Factor Annual #5 et X-Men Annual #14 (Scénario de Louise Simonson, Chris Claremont, dessins de Jon Bogdanove, Arthur Adams) montrera la réaction des différentes équipes face à ce futur révélé par leur plus proche famille, les amants Franklin et Rachel et l’âpre combat contre Ahab et ses limiers. On saute ensuite aux épisodes d’Excalibur (la faction anglaise des X-men) # 52,66 et 67 par le très bon Alan Davis. Les sentinelles toujours bien actives dans le futur déciment les dernières lignes de résistance.On a enfin les étonnantes origines de Widget/Bidule … et Rachel Grey a un compte à régler…

La saga continue dans Excalibur avec un personnage clé: Rachel Summers

La saga continue dans Excalibur avec un personnage clé: Rachel Summers©Marvel Comics

 

17 comments

  • Bruce  

    Bonjour Léo,
    Voilà ! Tu es la star du jour ! J’espère que la mise en page te plait ainsi que ta signature ! Je me suis juste permis de modifier la phrase concernant Kitty qui faisait un trop gros bloc de texte par rapport aux photos!
    J’ai vécu la même expérience que tu décris sur ta chro ! Un traumatisme, car on sortait à peine du Phénix noir et les exécutions semblaient très crédibles.

    Pour la petite histoire, c’est également ici que Wolvie mentionne pour la première fois son pouvoir guérisseur!

    Il est brulé par Pyro au cours de l’affrontement avec la confrérie !

    A l’époque ce pouvoir reste limité ! Il est clairement sous entendu par Claremont que Wolverine est mortel! Ce n’est pas un gadget utilisé par les scénaristes pour en faire, tiens décidément ! un Terminator invulnérable. Aujourd’hui Logan se relèverait sans transpirer avoir été incinéré des sentinelles !

    J’ai également ajouté la première apparition de Mystique qui est aussi un événement considérable dans la mythologie des mutants. Enfin la couverture de la saga est un événement tout aussi historique qui sera pastiché encore de nos jours !

    Tu n’as pas choisi le plus simple pour commencer et tu t’en es très bien sorti ! Bien maintenant que tu es rodé, on attend le film !

    Encore bienvenue dans notre (plus si ) petite équipe !

    • Matt & Maticien  

      Ps. Il est toujours 22h05 au pays de Bruce Lit ;)

  • Matt & Maticien  

    Bienvenue Léo, Bravo pour ce commentaire très complet. Et merci de partager avec nous ces souvenirs de premières lectures.

    Une petite question qu’est ce que tu entends par un « recueil qui aurait pu atteindre les 5 étoiles avec un choix plus judicieux et moins mercantiliste… » ?

  • Présence  

    Bonjour Léo,

    bienvenue dans l’équipe avec ce commentaire sur une époque essentielle des X-Men.

  • Leo Swampy  

    Hey!
    Merci à tous pour l »accueil, c’est sympa.
    Alors, qui a vu le film?

  • Marti  

    Merci pour cet article qui donne un joli coup de projo sur cette saga mythique et ses suites !

    Bien vu la comparaison avec Terminator, et elle ne s’arrête pas là… mais je me garderai d’en dire plus, je prépare sur le peu de temps libre que j’ai en ce moment un article sur ce sujet pour Comixity.

    @Bruce :
    La première mention du facteur auto-guérisseur date en fait d’Uncanny X-Men #116 (1978), la première saga de Claremont au Savage Land où Wolverine se fait manger le bras par un raptor qu’il exécute d’un coup de griffe, précisant ensuite qu’il guérissait vite et qu’aucun animal ne pouvait lui briser les os (prémices du squelette recouvert entièrement d’adamantium ?). C’est également dans cette saga il me semble que ses coéquipiers découvrent la facilité et la froideur avec lesquelles Wolverine peut tuer des ennemis humains si nécessaire. Wolverine est vraiment un personnage créé de manière empirique à tous les niveaux : personnalité (le côté colérique est là dès le départ, mais sa sensibilité se complexifie sur les années suivantes entre sa rage animale, son aptitude à tuer froidement et son attachement au code des samouraïs) mais surtout son background (au départ rien n’indique qu’il est réellement « sans passé », il mentionne des amis travaillant au Mont Doom dans la première mission post-Krakoa) et ses pouvoirs (au départ flous et se limitant à des sens sur-développés).

    Pour Mystique, Claremont l’introduit ici chez les X-Men mais il l’avait déjà utilisé avant, contre les Avengers notamment. Elle apparaît dans DoFP comme la leader de la nouvelle Confrérie qui ne compte que le Blob comme ancien membre, et c’est assez cocasse de voir que malgré une reprise de flambeau symbolique elle n’a jamais aucun rapport avec Magneto, chez Claremont ou ses continuateurs, alors que dans les séries animées et films ils sont régulièrement alliés dès le départ. Hormis une mission de la Freedom Force dont le but est de capturer le maître du magnétisme, je ne crois pas qu’elle ne rencontre jamais Magneto dans l’ère Claremont et aujourd’hui encore leurs rapports ne sont pas très développés.

  • Leo Swampy  

    En effet, il y a cet épisode dessiné par Michael Golden , l’Avengers Annual, où Rogue vole les pouvoirs et la psyché de Carole Danvers… Je n’étais plus sûr de sa place avant ou après DOFP et j’ai eu la flemme de chercher (je suis moyennement fan des Vengeurs, à part les années 80 avec John Buscema au dessin)

    Je pense qu’on revoit ensuite la Confrérie dans Rom (une sacrée série!) mais je n’ai pas de souvenir d’une quelconque affiliation avec Magnéto . Peut-être dans Age Of Apocalypse.

    Bien vu, Marty!

    • Marti  

      La question des origines de Magneto a été tranchée depuis, mais ses enfants sont bien d’origine juive et gitane vu que leur mère Magda est de la seconde catégorie.

  • Tornado  

    J’ai vu le film et j’ai bien aimé. Le début ressemble vraiment au « Days Of The Futur Past » de Claremont (qui joue dans le film !). Le scénario est très habile et installe une très belle continuité au cinéma (distincte de celle des comics). Les acteurs rivalisent de charisme entre Hugh Jackman (Wolvie), Michael Fassbender (Magneto), James Mac Avoy (Xavier), Peter Dinklage (le nain de Game Of Thrones, qui incarne Bolivar Trask !!!) et Jennifer Lawrence (Mystique).
    Quelques ellipses m’ont un peu gêné, (les événements du film X-men 3 ayant été quasiment ignorés) mais j’ai passé un excellent moment de cinéma.
    Ne pas s’attendre à trouver la même histoire que le comicbook original, hein ! C’est une relecture sous forme de blockbuster. Mais pris comme ça, ça le fait.

  • jyrille  

    Il me semble bien ne l’avoir jamais lue, celle-ci. Par contre le dessin de John Byrne m’a marqué, je le trouve tellement élégant et efficace. Le seul Marvel de l’époque qui me reste est un X-Men se passant au Club des Damnés. Bon, je vais voir si j’ai pas moyen de retrouver tout ça.

  • Leo Swampy  

    Les Claremontismes m’amusent. L’imagerie SM est sacrément répandue chez lui (bonjour Ilyanna!) et j’ai bien envie d’écrire un truc là-dessus…

  • Tornado  

    Panini Comics vient de sortir une anthologie :
    http://www.amazon.fr/Nous-sommes-X-Men-Collectif/dp/2809439362/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1401214829&sr=1-1&keywords=nous+sommes+les+x-men
    « Days of the future past » est dedans. Personne ne veut s’y coller ? En général, je ne suis pas du tout intéressé par ce type d’ouvrage. Mais si l’on y trouve l’ESSENTIEL, je l’échangerais bien contre ma vingtaine d’intégrales X-men, dans laquelle il y a à boire et à manger !!!

  • Marti  

    Vu comment les X-Men son acculés et éparpillés dans l’espace et le temps, ils n’avaient pas trop l’occasion de se taper dessus ce coup-ci !

  • Eddy Vanleffe  

    Cette saga est un vrai trauma.
    elle préfigure tellement de chose. une des premiers avenirs dystopiques dans le mainstream.
    graphiquement inégalé et inégalable…
    j’ai lu parfois des gens qui disaient que Byrne était « rigide », vieillot ou bâclait ses décors…
    Non revoyez cet planches en Noir et blanc et regardez ces trottoirs délabrés. les cernes sur les personnages, les coupes de cheveux négligées…
    En terme de BD on est dans le top niveau.
    la longueur d’un franco-belge et l’impact toujours chaud aujourd’hui (chaque scénariste sur les X se croit obligé de faire SON days of the future past…)
    un version apocryphe avec des robots nommé Terminator ( influence avouée il me semble par Cameron himself à l’épqoue…)

    et le texte de Metal Gods de judas Priest ne vous fait penser à rien?

    • PierreN  

      « un version apocryphe avec des robots nommé Terminator ( influence avouée il me semble par Cameron himself à l’épqoue…) »

      Je ne sais pas s’il a véritablement admis cette influence (quand il se remémore la genèse du premier film, il évoque généralement ce rêve qu’il a fait en Italie, avec un squelette métallique sortant des flammes, ce qui nous rappelle forcément l’aperçu du squelette de Logan dans DOFP) mais il a en tout cas avoué l’influence d’Harlan Ellison au générique. Je me souviens d’un article de Comic Box qui faisait justement le lien entre l’oeuvre de Cameron et les Comics (les Broods, etc…).

      • Eddy Vanleffe  

        De mémoire, il me semble justement que dans ce Comic Box il était établi le rapport de boomerang entre les deux œuvres…
        Après recherche, il semblerait que même si influence, il y avait, elle serait inconsciente….
        la ressemblance est l’air d’être actée mais ne rentre pas dans la genèse de Terminator…

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