PsyKoLoGeek : La castration

PsyKoLoGeek : La castration

ParOMAC SPYDER
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PsyKoLoGeek : la rubrique qui parle psychanalyse et culture geek ! Un thème abordé avec des exemples issus de la culture comics, manga, ciné, jeux vidéo pour porter un regard décalé sur tout ce que nous connaissons déjà, ou croyons connaître.

La castration : ça paraît d’emblée un mot pas très sympathique, voire un peu effrayant. Il signifie pour « faire court » justement : la fin de la toute-puissance. Du coup, cette notion pourrait sembler contradictoire avec notre univers peuplé de héros surpuissants, en collants moulants ou armures High Tech, aux armes et gadgets faisant rêver, et aux pouvoirs incommensurables ! Et si nous pouvions voir au fond que la castration est en fait dans l’ADN même des héros cultes ?

SanGoku se fait arracher la queue par son grand-père Une question de transmission tranchante ! © Toei Animation/Source : http://www.dragonball-ultimate.com/wp-content/uploads/2015/06/gokus-tail-cutted-by-gohan-200x199.jpg

Goku se fait arracher la queue par son grand-père; Une question de transmission tranchante !
© Toei Animation/Source :  Dragon Ball Ultimate 

AVEC OU SANGOKU

Premier candidat à notre illustration : SanGoku, de Dragon Ball (puis Z puis GT puis Super). Ce qui est intéressant ici, pour notre jeune SanGoku, est qu’en dépit de sa puissance phénoménale qui se développe d’épisode en épisode, puis de saga en saga, notre petit Goku semble bien avoir subi une castration nécessaire.
Souvenez-vous. Il était une époque où le petit Goku se transformait en singe géant chaque nuit de pleine Lune. Un singe géant et destructeur représentant le potentiel de puissance du petit Goku, mais incontrôlable. Goku était alors comme un enfant « piquant une crise » et détruisant tout sur son passage, tel un petit dans sa chambre qui se met à tout saccager sous le regard impuissant de son entourage. Goku était ce petit monstre surpuissant, défaisant une armée entière (celle du Ruban Rouge), et qui de plus pouvait tout ravager la pleine Lune arrivant.

C’en était trop, même pour notre petit héros ! Trop de puissance pour ce petit monstre à queue de singe. Et c’est justement ce petit bout de queue représentant par métonymie (c’est-à-dire en prenant une partie pour le tout) sa colossale puissance qui dut faire les frais afin de contenir ce monstre simiesque. Cela n’a ainsi rien d’anodin que le petit Goku dut se résoudre à couper cet appendice velu pour cesser de montrer sa puissance destructrice et incontrôlable.

Voilà donc la castration arrivant chez notre petit héros : accepter de perdre une part de sa puissance pour devenir plus humain, et continuer son cheminement vers l’âge adulte. C’est ce renoncement qui inscrit ce petit homme dans la progression. La castration fait ainsi passer de l’âge du tout petit tout puissant à l’enfant qui accepte de ne plus l’être mais s’engage ainsi sur le chemin de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte avec cette perte symbolique. Il s’agit d’accepter de ne plus être une sorte de King Kong cassant tout !

Les ciseaux de Puer coupent court au Gorille surpuissant © Toei Animation/Source : https://qph.fs.quoracdn.net/main-qimg-ba52f7c3bbe788949be71cb031b97d53

Les ciseaux de Puer coupent court au Gorille surpuissant
© Toei Animation/Source : Qph 

Alors est-ce que la castration serait seulement ce petit passage de rien du tout : on renonce à une toute-puissance imaginaire, « lunaire », et hop ! le tour est joué. Cela n’est pas toujours aussi simple, et les réactions de nos héros à la castration en racontent beaucoup sur leur devenir.

SKYWALKER AND SON : « ACTION…COUPEZ ! »

Puisque nous parlons castration, il allait de soi que la famille Skywalker allait être convoquée ! Père et fils sont des illustrations parfaites pour nous parler de la castration et des implications concernant les réactions à celle-ci.

Ainsi que chacun s’en souvient dans la trilogie originelle, Luke Skywalker en plein apprentissage de la Force se retrouve dans un duel face à son propre père. Dans ce combat qu’il perdra, en réchappant de justesse, il perdra aussi un élément qui peut paraître anecdotique sur le moment mais qui veut dire beaucoup : sa main droite. La main chez les Jedi est particulièrement importante puisqu’elle tient notamment le sabrolaser, symbole de la maîtrise de la Force. Perdant son sabre et sa main, notre apprenti Jedi Luke en sera pour ses frais, devant fuir ce combat la queue entre les jambes, récupéré par la Faucon Millenium avec sa main en moins. Il ne restera pas manchot pour autant puisque la technologie lui offrira une main robotisée flambant neuve. Mais la perte symbolique est là : il a perdu la main face à ce père qui la lui a tranchée.

La main (et pas que !) tu perdras © Lucasfilm Ltd/Source : https://qph.fs.quoracdn.net/main-qimg-62230cf3f9845f5d5e94a0b5239f04f6-c

Même pas mal !
Une opération nulle, Anakin restera tête de mule
© Lucasfilm Ltd/Source : i.stack.imgur.com

Voilà la castration à l’œuvre. Le petit homme, ou l’apprenti Jedi dans le cas présent, se confronte inévitablement à la puissance paternelle afin d’éprouver la sienne propre, et, lorsque les choses se déroulent correctement, y perd un bout de sa toute-puissance au passage. Le père, s’il réalise son œuvre sans encombre, castre le petit enfant voulant se hisser trop rapidement plus haut que lui, le replaçant à sa place dans l’ordre des générations. Une façon de lui dire : « Attends ton tour ! ». C’est d’ailleurs après ce moment que Luke pourra faire son « retour du Jedi » : après être passé sous le couperet de la castration. Et c’est consécutivement à cette castration qu’il cessera de convoiter Leïa, en comprenant, ou en acceptant de voir, qu’elle est sa sœur. Et donc qu’une relation charnelle est tabou, en dépit du baiser échangé rapidement à la fin de l’Empire contre-attaque. La castration renvoie bel et b(i)en (Kenobi) à du renoncement !

Au regard de la castration, Luke et son père Anakin ont un cheminement différent. Là où Luke subit la perte dans un aveu d’impuissance et admettant qu’il lui faudra du temps pour revenir en tant qu’homme ou Jedi, Anakin lui flambe les étapes. Dans la prélogie, nous voyons très clairement ce petit garçon en pincer pour une femme plus âgé, puis un jeune homme transgresser l’interdit de célibat des Jedi, un apprenti visant la place de son Maître et une place au Conseil, réservé aux Jedis les plus sages et aguerris. Il se précipité couramment sur ses ennemis, y perdra un bout lui aussi, face au Comte Doku.

Mais loin de le freiner, il sera l’agent castrateur de l’empereur coupant la tête du même Comte quelques temps plus tard. Et enfin, point important, Anakin ne pourra jamais accepter la mort comme réalité. L’angoisse de mort est aussi une figure de l’angoisse de castration, en ce sens où elle représente une finitude. Anakin aspire à l’infinitude : être le plus puissant et vaincre la Mort elle-même. Refusant la castration, c’est-à-dire une limite à son pouvoir, il s’engage dans une voie où la perte réelle sera plus terrible que la perte symbolique. Les deux jambes coupées par son ami et mentor, il ne cessera toujours pas d’aspirer à dépasser les limites humaines. Ainsi sa transformation en un Vador froid et mécanique, immuable derrière son masque, sera inéluctable.

Même pas mal ! Une opération nulle, Anakin restera tête de mule © Lucasfilm Ltd/Source : https://i.stack.imgur.com/X9xBn.jpg

La main (et pas que !) tu perdras
© Lucasfilm Ltd/Source : Qph  

La réaction face à la castration et l’angoisse qu’elle peut produire chez le petit homme comme chez nos héros est donc un élément distinctif. Cette réaction indiquera en germe le devenir. Accepter ou refuser, avec les conséquences !

Mais pourquoi tout le monde devrait-il passer sous les fourches caudines de cette satanée castration ? Pour quelle raison les petits humains ont-ils cette drôle d’épreuve de passage ? Freud y répond dans un essai « Totem et Tabou » dans lequel il relate un mythe de la horde primitive. Dans cette horde primitive (faisons court !), Freud imagine un Père de la horde qui lui ne serait pas castré, et qui amènerait chacun des autres hommes à l’être. Parce qu’il ne peut y en avoir qu’un, pas castré ! Cela vous semble étrange comme mythe ? Et pourtant, nous avons notre remake geek…

HIGHLANDER : THERE CAN BE ONLY ONE… NOT CASTRATED

Nous avons ici notre propre mythe de la Horde ! Et on peut dire que ça tranche à tour de bras, que ce soit dans les films ou les épisodes de la série éponyme. Le principe est simple : « il ne peut en rester qu’un ». Oui, mais… Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ? Parce que le principe n’est pas qu’il ne reste qu’un camp : les bons ou les méchants. Mais qu’il n’en reste qu’un seul, unique, un seul membre de ces immortels qui ne soit pas castré.
Alors qu’est-ce que ça raconte, du coup, cette histoire ?

Dans « Totem et Tabou » Freud décrit des hordes primitives aux origines de l’humanité, dans lesquelles le mâle le plus âgé et le plus fort se réservait les femmes et les filles de la horde. Dans ce mythe, les fils se révoltent et tuent le père. Puis ils le mangent (ce qui fera dire au dessin animé éponyme « pourquoi j’ai pas mangé mon père »). Après ce meurtre, les fils de la horde ressentent un fort sentiment de culpabilité, et vont établir un Totem, représentant la figure paternelle, et des tabous : ne pas se partager leurs mères et leurs sœurs mais chercher des femmes dans les autres tribus. Le Totem paternel est ainsi créé, et représente celui qui n’a pas dû passer par ces règles et tabous pour assouvir ses pulsions et désirs. Il n’y en a qu’un qui ne subit pas la castration (il se fait juste trucider), et qui se trouve érigé en Totem imposant les tabous et les fêtes rituels pendant lesquelles on mangera l’animal totémique mais pas le totem lui-même. Pour Un qui n’est pas castré, tous les autres le sont. C’est ainsi que se situent les hommes, castrés face à un Père mythique qui ne l’est pas.

« Coupez-lui la tête ! » Qu’il n’en reste qu’un mais sans commettre d’un-père ! © 20th Century Fox/Source : http://thenerderypublic.com/wp-content/uploads/2015/12/np_hl_1.jpg

« Coupez-lui la tête ! »
Qu’il n’en reste qu’un mais sans commettre d’un-père !
© 20th Century Fox/Source :thenerderypublic.com 

Si nous revenons à nos petits immortels de « Highlander », le mythe est le même, sauf qu’il procède dans l’autre sens : on cherche à retrouver celui qui n’a pas la tête coupée et qui sera donc le dernier des immortels. Nous avons là une reconstitution à rebours du mythe de la horde primitive. Tous auront la tête coupée, l’autre récupérant ses forces au passage, pour aboutir à un ultime affrontement d’où émergera le Père de la Horde des immortels.
Bien sûr que c’est un mythe qu’a construit Freud, afin d’expliquer des phénomènes psychopathologiques. Et puisque c’est un mythe, nous ne verrons jamais dans Highlander cet avènement du Père de la Horde, chacun pouvant imaginer qu’il s’agira du Highlander lui-même, celui qui vient des « Hautes Terres », mais l’issue ne sera qu’imaginaire, jamais réalisée en tant que telle.

THOR : CELA CRÈVE LES YEUX

De façon plus récente, on voit dans le film « Thor Ragnarok » l’outil de Thor se briser dans la main de sa sœur cachée, Héla, le laissant sur le carreau. Si l’on peut admettre qu’il s’est débrouillé comme un manche (sic !) c’est un peu le début de la fin pour notre Dieu Viking puisqu’il perdra un œil quelques minutes plus tard dans un combat où on se demande s’il voit le coup venir…Une « coupe » de cheveux dans l’intervalle, et c’est tout le personnage qui se trouve transformé. Et devant faire face à la mort du Père. Haut d’un… mètre quatre-vingt-dix, Thor se retrouve bien petit devant les dangers qui menacent la Horde des Asgardiens.

L’appendice brisé dans la main de sa sœur : Désordre familial en Asgardie ! © Marvel Studios/Source : https://imgix.ranker.com/user_node_img/50066/1001316477/original/mjolnir-isn_t-indestructible-photo-u1?w=650&q=50&fm=jpg&fit=crop&crop=faces

L’appendice brisé dans la main de sa sœur :
Désordre familial en Asgardie !
© Marvel Studios/Source : imgix. ranker 

Histoire de famille cachée, perte d’un membre : le marteau apparaît comme un prolongement du bras de Thor, œil crevé par sa propre sœur, voilà bien une affaire familiale qui agite la castration sous le nez ! Devant affronter plutôt que nier cette perte afin d’accéder à son véritable pouvoir (« Tu n’es pas le Dieu des marteaux », lui soufflera son père), Thor doit apprendre à faire sans. Sans cet outil de pouvoir fabuleux qui réglait les problèmes à sa place ; ce que l’on voit dans la scène d’introduction face à Surtur pour le sortir d’une fâcheuse posture. Thor apprend à ne compter que sur ce qu’il a à l’intérieur de lui. Il réapprend à marcher sans cet appendice magique. Et il faudra qu’il y perde un œil, quand Œdipe en perdit deux, pour y voir plus clair.

Bien sûr nous n’avons pas fait le tour, mais il nous faut couper là. Que la castration s’invite chez nos héros pour leur plus grand bien leur apporte un caractère plus humain, et explique les ressorts psychologiques sous-jacents. Cela nous en dit « un petit bout » sur nous-mêmes aussi. Etes-vous d’accord, ou dans le déni? A vous… de voir.

PsykoLoGeek reviendra en 2019.

La castration pour devenir un homme ? Mon œil ! © Marvel Studios/Source : https://cdn.vox-cdn.com/thumbor/cmD5dlIutl-Z66dEg5fIOgUyYXY=/0x0:3360x1388/920x613/filters:focal(1412x426:1948x962)/cdn.vox-cdn.com/uploads/chorus_image/image/55844801/Screen_Shot_2017_07_23_at_3.51.21_PM.0.png

La castration pour devenir un homme ? Mon œil !
© Marvel Studios/Source : cdn vox 

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Parce qu’il faut parfois vérifier que tout est en place : and checking everything is in place »…
Passée la castration, on sait qu’on ne devra trouver sa propre façon de marcher.
« I can’t dance, I can’t talk, the only thing about me is the way that I walk… »
La Genèse de la rubrique méritait son Genesis!

53 comments

  • Présence  

    Je suis plutôt dans l’accord que dans le déni. Je suis très admiratif de la construction de l’article qui part d’une castration quasi littérale (la perte d’une queue) pour arriver à des formes de castration plus symboliques. Du coup, il devient très tenant de rapprocher cette lecture de celle de Joseph Campbell sur les schémas archétypaux du monomythe.

    Les exemples de ton article le rendent uniques et très éclairant pour moi : le refus d’une limite à son pouvoir pour Dark Vador et le prix à payer, la destruction de l’objet de pouvoir de Thor (par sa sœur en plus). Le court paragraphe de vulgarisation de Totem et tabous était passionnant, à la fois parce qu’il s’agit d’une découverte totale pour moi, à la fois pour son intelligibilité. Un article de haut vol.

    • OmacSpyder  

      Je note pour l’accord!
      La rubrique se veut didactique et tant mieux si les exemples étaient suffisamment parlants pour suivre le propos sur un concept à la fois simple à saisir mais plus complexe dans ce qu’il met en lumière.
      Merci pour le « haut vol », l’idée était de faire simple tout en étant « à la hauteur »^^

  • JP Nguyen  

    Un article qui vous la coupe !
    Bien construit, avec des exemples bien choisis.

    Cependant, pour débattre, je dirais que, dans la fiction, la castration symbolique est bien arrangeante et réversible (ou réparable) tandis qu’en vrai, c’est quand même un point de non retour.
    Dans Sin City- That Yellow Bastard, Hartigan explose les coucougnettes de Junior et ce dernier, grâce à beaucoup d’argent et la chirurgie, revient des années plus tard.
    La perte de queue de Goku ne l’empêchera d’accéder aux transformations de Super Sayen et cætera, une fuite en avant de scénariste en panne d’idée…

    Pour la BO : tu as réussi à caser du Genesis période Phil Collins sur le blog de Bruce, bravo !

    • Bruce lit  

      C’est le mal….
      Une vraie torture déontologique….
      Phil… Collins…
      Je regardais hier un document sur Netflix sur le groupe Oasis que j’ai appris à apprécier avec le temps. Leur objectif de l’époque ? Devenir célèbre et avoir dans leur frigo la tête de Collins. Comment ne pas aimer ces gens là ?

      • Tornado  

        Ouh purée ! Tu nous fait un coming out sur Oasis !!!
        (cool, j’ai toujours aimé leurs albums, moi)
        Je me faisais la réflexion comme quoi, dans un film à la Scorcese qui égraine les chansons pop-rock de l’époque consacrée (comme dans les Affranchis par exemple), il pourraient y avoir moult tubes d’Oasis pour des histoires se déroulant dans les 90′s. Il n’y a pas tellement de groupes ou d’artistes qui peuvent prétendre à une telle résonance avec le temps (et tant pis si les frères Galagher sont à baffer dans la vie).

      • Jyrille  

        Phil Collins est un de mes héros. Oasis c’est le mal. Je les hais. Blur est un groupe bien plus intéressant, marquant et qui se bonifie avec le temps. Oasis ont juste quelques bonnes chansons, pas un seul album complet. J’ai acheté le premier album à sa sortie (j’étais à fond), je l’ai revendu.

        • Bruce lit  

          Oh putain….
          Des Freaks !
          Mon équipe est folle !
          Patrick un inrock écoutant du métal ?
          Cyrille, Phil Collins ?
          Achevez moi !

          • Jyrille  

            Je vais vous répondre à tous les deux, Bruce et Tornado : Phil Collins, c’est le gars qui ressemble à rien, qui est l’antithèse de la star, et qui en est une. Qui pousse l’humour et l’auto-dérision sans jamais en prendre ombrage, c’est un batteur de génie qui est presque arrivé par hasard comme chanteur de son groupe, c’est un entertainer. Il ne triche sur rien, il ne pose pas, il propose, et dans les années 80 il a tout explosé en termes de popularité et de variété de qualité, intégrant le jazz, le big band, les musiques du monde. Ne va pas me dire que In The Air Tonight n’est pas une immense chanson. Même ses chansons pour Tarzan sont bien.

            Oasis, c’est l’anti Strokes. C’est l’anti Blur. La seule chose que l’on peut sauver chez eux, c’est leur origine, de vrais prolétaires. Mais devenus rapidement arrogants, se basant sur leur origine pour affirmer qu’ils sont importants, et surtout sans imagination. Ils recyclent, tout comme Blur, leurs aînés (Beatles, Kinks, Sex Pistols…) mais sans apport, sans nouveauté. Blur sera passé de ce stade (Parklife) à Blur, qui n’a rien à voir. De quels classiques parles-tu Tornado ? Le premier est pénible (deux bonnes chansons ? Et encore ? Tiens d’ailleurs il y en a une à la limite du plagiat, Cigarettes & Alcohol, qui doit être piquée à T-Rex ou un truc comme ça je sais plus) et le second, de loin leur meilleur, a tous leurs tubes : Wonderwall, Don’t Look Back in Anger et Champagne Supernova. Après ça, il n’y a plus rien.

          • Eddy Vanleffe  

            Finalement Matt a raison :)
            la musique est un terrain de discorde..
            Pourquoi détester Phil Collins? il est gentil et grâce à sa calvitie galopante, on peut dater n’importe quelle photo.
            Oasis et Blur? je sais pas j’ai jamais écouté vraiment…
            la dernière fois, j’ai entendu des notes de piano et je me suis dit: merde une Lennon que je connais pas et non quand le chanteur a démarré, j’ai réalisé que c’était Ghallagher… j’ai bien rigolé en me souvenant une de ses interview où il donnait l’impression d’avoir inventé la roue.
            ça ne me touchait pas comme musique…

          • Tornado  

            Ah mais moi j’aime bien Phil Collins. Je suis bien meilleur public en musique qu’en BD !*

            Je le dis et je le répète, je me suis complètement décomplexé avec l’écoute de la musique et les critiques snobs (genre rocker intègre) me gavent.*
            Et désormais ma ligne de conduite est celle que j’ai construite à partir des 3 lois des robots de Asimov :
            1° loi : La musique doit plaire à mes oreilles.
            2° loi : J’ai le droit d’écouter de la musique commerciale si ça colle à la 1° loi.
            3° loi : Le côté artistique de la musique est un plus, sauf s’il entre en opposition avec la 1° loi.

            Un exemple ? J’aime toute la discographie de Pink Floyd. Tous leurs albums me sont agréables aux oreilles. Mais mes préférés sont ceux des années 70, parce que je les trouve meilleurs, entendus qu’ils sont hautement plus ambitieux et importants. Et puis il y a une exception : Ummaguma (la partie studio) : C’est très créatif, mais c’est avant tout une immonde torture sonore pour mes pauvres oreilles…
            On retrouve mes trois lois dans cet exemple.

            Si j’écoutais les critiques rocks, je me priverais, purée, du 3/4 des trucs que j’adore, parce que c’est pas assez comme ci ou trop comme ça… Qu’ils me fichent la paix ! ^^

            *En fait je suis l’exact contraire en moi-même pour la musique par rapport à la BD. Pour la BD, je suis un horrible snob chiant ! :D

          • Jyrille  

            Ah mais on est totalement d’accord Tornado. J’explique juste mon point de vue, mes goûts à moi.

      • Nikolavitch  

        Oasis, ça reste quand même de sérieux connards.

    • Bruce lit  

      @JP : toi vilain basher anti Goku.
      Au vu de ce que décrit Omac et le rapport de Goku à la lune, c’est au contraire incroyablement cohérent. Un peu comme une Jean Grey surpuissante muselée par sécurité par Xavier, Goku puis Gohan sont des puissances destructrices que des figures paternelles doivent contrôler (Piccolo qui détruit la lune).
      Goku comme Superman est une figure solaire : en perdant ce pouvoir il devient ce petit garçon adorable alors qu’il aurait dû tous nous détruire (sa mission initiale). Il s’humanise comme le décrit Omac pour renier son peuple de barbares sanguinaires lors de la saga des Sayens.
      Cette humanité ne lui suffira plus pour vaincre le tyran Freezer et GOku créé sa propre puissance. IL n’est plus un guerrier de la nuit qui dépendait de la lune mais un feu protecteur évoquant le soleil. Un soleil où il enverra périr certains de ses adversaires.
      A la différence de Jean Grey, sa puissance est sage, contrôlée, bienveillante parce que son innocence l’a protégé de toute mégalomanie.

      En somme Dragon Ball, c’est génial !!!!!

    • OmacSpyder  

      Pour la BO, nous atteignons ici la mise en abyme : Bruce à concédé de sa toute-puissance pour admettre ce Genesis dans l’article! ;)

      Pour répondre aux points mentionnés, la castration symbolique en soi pose la condition d’une irréversibilité, et pour rebondir sur l’évocation de Présence sur le monomythe (que je trouve très pertinente), il en va de l’accession du personnage au rang d’une construction mythique. Si le personnage peut se « réparer » et si cette « castration » n’apporte aucun élément supplémentaire (pour faire écho à cette perte), cela reste juste une… mutilation.
      Par exemple, Wolverine qui perd régulièrement des parties de son corps, cela n’est pas du ressort d’une castration. La mutilation est dans la réalité seulement, la castration s’inscrit dans le symbolique, c’est-à-dire modifie la portée du personnage.
      Pour Goku, Bruce a formulé une réponse que je rejoins : son accession à une forme de puissance passe par autrui et n’est plus « lunatique » comme un petit enfant destructeur. Le Genkidama en est une illustration.

  • Manu  

    Encore un superbe article extrêmement intéressantsur ce blog, sans parler des sublimes jeux de mot qui me laissent sans voix ( parler… mots… voix… Ok, je sors).
    L’approche psychanalytique m’intéresse grandement. Je vais surveiller l’approche du prochain article avec un vif intérêt.
    Bravo Omac Spyder

    • OmacSpyder  

      Merci Manu! Il est vrai que les jeux de langage apportent du sens supplémentaire aux propos, alors je ne m’en prive guère! Stat tuned so :)

  • Tornado  

    Ça partait mal avec Goku, dont je me fu… Mais après, Star Wars, Highlander ! Ah… oui, y avait aussi l’autre là, avec son marteau… :D
    Plus sérieusement ce second « Psychologeek » confirme l’essai ! (et j’aime bien le logo)

    • Jyrille  

      Ah oui qui a fait ce montage ? C’est très chouette.

    • OmacSpyder  

      Merci pour le logo. C’est le fruit d’un travail d’un cabinet spécialisé qui doit envoyer sa facture prochainem. Ça va nous coûter un bras cette affaire! ;)

    • OmacSpyder  

      Et Merci pour la transformation… de l’essai!^^

  • Eddy Vanleffe  

    Ca rappelle une rubrique de Comic Box: Dr Psycho en fin de magazine.
    le mag n’est plus et c’est vrai que cette approche manquait.
    le passage en revue d’exemple à l’appui d’une idée, c’est récréatif en même temps qu’instructif.
    et bien plus digeste pour le néophyte que le « divan »…

    Bravo.

    • PierreN  

      « Ca rappelle une rubrique de Comic Box: Dr Psycho en fin de magazine. »

      Il me semble qu’un bouquin les compile (mais j’ai oublié son titre).

    • Bruce lit  

      A la différence que Omac est psychologue de métier….

      • Eddy Vanleffe  

        Oui je me faisais aussi a réflexion après…
        du coup, il doit en fait une centaine et il sort un bouquin.

    • OmacSpyder  

      Tant mieux pour l’appareil digestif! Il est vrai que les concepts psychanalytiques les sollicitent beaucoup ;)

      PsyKoLoGeek se veut une approche par la psychanalyse. La rubrique « Dr Psycho » comme je l’avais fait remarquer à son auteur était en fait un exercice de sémiologie. Rien de « psycho » mêle si l’exercice était marrant à lire à l’époque.

  • nicolas  

    Dans Highlander, Connor ne parvient pas a couper la tête du Kurgan, donc a châtrer le père. C’est grace à sa petite amie qu’il réussit à lui porter le coup fatal. En fait son amante est sa « mère » avec qui il a une relation sexuelle et par elle, il châtre le père.

    Très Freudien.

    • OmacSpyder  

      Super complément à l’article Nicolas! :)

  • Jyrille  

    Super article dans lequel j’apprends une foultitude de choses. Ce mythe du père unique trucidé mais non castré est plutôt puissant et pousse à la réflexion. Je m’étais posé la question pour Highlander, mais jamais jusqu’à en faire une analyse, laissant le film pour ce qu’il est, un divertissement geek…

    Pour répondre à ta question, je suis plutôt d’accord. Et à cause de ton article, je vais commencer à me demander où d’autres castrations peuvent apparaître, y compris dans ce que j’ai déjà vu / lu.

    La BO : j’adore ! Super clip. Je les ai vus sur cette tournée à Paris, Hippodrome de Vincennes, en 1992. L’album n’est pas terrible mais quatre ou cinq titres sont bien, dont ce I Can’t Dance. Jeune étudiant devenu rapidement Inrock, mes camarades désespéraient de me voir écouter ça en 1991, ayant même acheté le CD.

    • OmacSpyder  

      Alors si ça ouvre sur un petit jeu de pistes pour trouver les autres castrations symboliques, l’article a réussi sa visée! L’idée est en effet de poser quelques éclairages et à chacun de se les approprier dans ses lectures. Donc ce que tu dis me ravit! :)

      Quelle chance pour le concert! J’ai trouvé que ces danseurs un peu gauches voire boîteux qui vérifient s’ils on ce qu’il faut là où il faut, ça collait bien. Et oui, Phil Collins possède ce second degré pour aller sur ce registre! :)

  • Tornado  

    On a vu la même tournée Genesis en 1992 (moi c’était à Nice !). J’avais quand même été déçu et c’est la 1° et dernière fois que je suis allé voir un méga-concert en stade. Ayant passé toutes les années 90 et le début des années 2000 à aller voir des concerts (je n’y vais plus aujourd’hui par saturation), je mettais un point d’honneur à ne fréquenter que les petites salles, comme l’Aéronef de Lille ou L’Espace Julien à Marseille.
    Il y a un Zénith à Toulon où j’habite, mais je n’y vais plus depuis longtemps (la dernière fois ça devait être ZZ Top il y a au moins 20 ans).

    Evidemment je ne partage pas ton avis sur Oasis (« c’est le mal » ça veut dire quoi ? :D ), que j’ai toujours préféré à Blur. J’ai beau être d’accord que Blur à un côté beaucoup plus créatif, je trouve Oasis beaucoup plus directement excitant et plaisant dans ma grille d’écoute. Et je garde leurs mélodies bien plus longtemps en tête. Le seul album de Blur que j’écoute encore c’est Think Tank, tandis que je me repasse volontiers tous les classiques d’Oasis (c’est bizarre en écrivant ça j’ai comme l’impression qu’on a déjà eu cette discussion ! :D ).

    • Eddy Vanleffe  

      L’aeronef à Lille?
      mais…mais c’est chez moi!

      • Tornado  

        Mais oui Eddy. J’ai vécu à Lille entre 1999 et 2002. 1 an à Wazemme, le reste à Moulin.
        Mon bar préféré : Le Kremlin. :)

        • Eddy Vanleffe  

          Tu connais donc Astro City?
          si oui, on s’est croisé…forcément.

          • Tornado  

            Je vois le magasin, mais je n’y suis pas beaucoup allé car à l’époque je ne lisais pas beaucoup de BDs. J’avais fait une grosse pause en la matière et je ne lisais quasiment que des romans.
            J’allais souvent à la Fnac et au Furet. C’est à la Fnac de Lille, par contre, que je me suis acheté mes intégrales Watchmen, V pour Vendetta et From Hell parus chez Delcourt.
            Mais en revanche, à cet époque, avec mon coloc, on s’était inscrit à la médiathèque de Moulins et on bouffait de la série B à gogo ! :)

  • Présence  

    Au vu des exemples choisis, je me demande quel serait le pendant féminin de cet article.

    • OmacSpyder  

      @ Présence : Ah en voilà une bonne question! Quid de la castration du côté féminin? Peut-être un autre article PsyKoLoGeek pour aborder cet épineux sujet..!

  • OmacSpyder  

    Et pour ceux qui se sont dits : chouette voilà la rubrique psy plus light qui remplace Collants sur le Divan qui reste sur l’estomac, je suis hélas dans l’obligation de vous décevoir : PsyKoLoGeek est un supplément, pas un remplaçant! :D
    Alors, toujours debout?

    • Jyrille  

      Il faudra que je lise les autres Collants sur le divan que je n’ai pas encore lus… y a de quoi faire…

      • OmacSpyder  

        Des vacances arrivent bientôt! Auprès d’un bon feu… ;)

  • JP Nguyen  

    @Bruce : on a déjà eu ce débat, mais je te trouve très tolérant/complaisant avec Dragon Ball alors que les évolutions de certains persos ont une subtilité et une cohérence très moyennes…
    Vegeta, il s’est jamais vraiment arraché la queue, si ?
    Et il a bien massacré des planètes entières au nom de Freezer ? Plus des Namecs ?
    Et pof, il se maque avec Bulma et il a un gosse, tranquille…
    Et pour Goku :
    « A la différence de Jean Grey, sa puissance est sage, contrôlée, bienveillante parce que son innocence l’a protégé de toute mégalomanie.  »
    Ouaip, c’est bien emballé, pour dire que c’est un personnage insipide !!!
    Toutes mes excuses, je trolle, mais ça fait du bien, de temps en temps !
    Let’s agree to disagree…

    • OmacSpyder  

      @JP : Bientôt (comme annoncé sur FB) un PsyKoLoGeek sur Vegeta en mode questions/réponses …
      Où nous verrons que Dragon Ball parle surtout de développement de l’enfant ;)

    • Bruce lit  

      Grrr et ma belle argumentation alors ????
      AAAAAAAAHHHHHHHH
      (Ki up !) .

  • Bruce lit  

    Omac ton passage sur Anakin brûlant les étapes en tranchant main et tête de Dooku m’a beaucoup plu. Je ne l’avais vu que comme une référence ou un pis aller : après tout le propre du sabre laser est de trancher non ?
    Mais ta review remet la main dans son contexte et c’est très éclairant. Une vraie mafia ces Skylwakers (un surnom de La Mafia, non, La Main).
    Bon 8 décembre à tous, je bosse, je serais donc absent des commentaires et forcément le cycle des rediffs du WE en souffrira.

    • OmacSpyder  

      Oui, Anakin Skywalker est en quelque sorte un peu comme ces enfants dits « hyperactifs » qui cherchent à tout prix à éviter l’angoisse de castration en allant trop vite.
      Ils tentent de résoudre leur angoisse en évitant d’y être confrontés, en renvoyant les autres à leur impuissance supposée pour mieux éviter la leur. Ils ne grandissent ainsi pas, piégés dans leurs illusions de toute puissance, quitte à utiliser le déni jusqu’au bout…

  • Bruce lit  

    Grrr !
    J’ai perdu toute mon argumentation anti Collins….
    Bon….
    En court.
    L’homme ne m’est pas antipathique, mais avec Sting, Gabriel, Geldof, Tina Turner, Huey Lewis le mec incarne à mes yeux, tout ce qui a merdé dans les ’80s : la transformation du rock en musique de supermarché responsable et engagé. Les années Reagn dans toute leur horreur. Même Bowie, Macca et les Stones y ont été mauvais. Madonna régnait. Samantha Fox faisait la une de Rock’n’Folk ! Sabrina….

    J’avais acheté à 16 ans son But…Seriously et déjà à l’époque, j’avais été consterné par la faiblesse des compositions. Hang In Long Enough, c’est juste pas possible cette mixture Funk / rock blanc, ces cuivres horribles, cette basse, ce son de synthé….Si je déteste ça chez Gainsbourg, je n’ai aucune raison de l’apprécier chez Collins.
    Sussudio : cette voix toute droit sortie de Max la Menace, l’arrangement des cuivres, c’est insupportable à mes oreilles.
    Ceci dit hier au boulot, j’ai dû subir pendant 4 heures l’album de Seal : Soul et à côté, Phil Collins c’est Iron Maiden : ces musiciens qui ne joue pas d’une décibel l’un au dessus de l’autre, ces mélodies de supermarché, cette interprétation si convenue, oh mon Dieu……

    Avec le temps les copains vous avez réussi à me convertir à des trucs qui me gonflaient auparavant : tiens, j’ai bien aimé le Batman Silence de Loeb et Lee cette semaine, j’ai adoré le Blackout de Scorpions, je réécoute du Dio avec Plaisir. Collins je ne le supporte que sur l’album de George Harrison : All things must pass.

    Allez, parce que je vous aime, je dirais qu’en toute mauvaise fois, ce que je rejette chez Collins je le retrouve chez Goldman ! Un petit mec poli avec une voix trrrrrès spéciale qui pond des chansons super commerciales aux arrangements pompiers. Sauf que…je trouve Goldman plus rock, on sent son passé hard + Pink Floyd.. Ses textes me touchent.

    Peace.

    • Jyrille  

      Sur l’image de Collins et ses disques, tu as raison. J’ai rapidement laissé tomber ce héros de jeunesse lorsque je l’ai redécouvert chez Genesis : Mama m’a scotché dès sa sortie.

      Mais le temps a passé. Il faut se repencher sur ces oeuvres en les sortant de leur contexte, : est-ce que les chansons sont bonnes maintenant, hors de la mode de l’époque ?

      Si tu veux voir le vrai Collins, il faut te pencher sur son premier album solo et ceux avec Genesis. Un album très sous-estimé c’est Abacab, même si tu m’as dit ne pas aimer No Reply At All, tu dois au moins écouter les titres Abacab, Me And Sarah Jane, Another Record On, Dodo/Lurker et Keep It Dark. Et Whodunnit? pour rigoler.

      Les albums Wind and wuthering et A Trick of the tail sont splendides et une transition entre le prog période Gab et la suite en trio du groupe.

  • Tornado  

    La musique, c’est sacrément intime. Un son un peu trop comme ci ou pas assez comme ça, et ça ne nous plait plus…
    Comme pour tous les arts, la musique nécessite une certaine culture pour pouvoir disserter. Cependant, on peut aussi essayer de ne pas être trop snob au bout d’un moment et accepter qu’un truc un peu simplet puisse plaire à nos oreilles sans trop chercher à comprendre.
    J’imagine un grand chef cuistot qui, une fois qu’il n’a plus rien à prouver, à envie de manger au McDo avec ses copains pour apprécier de passer un bon moment simple avec des gens simples. Il sait qu’il va en entendre plein hurler au « manque d’intégrité », à « la trahison ». Et pourtant il ne fait rien d’autre que de savoir se faire plaisir avec des choses simples.
    Je vois les choses comme ça : On ne devrait pas à avoir à rougir quand on aime des trucs cons à partir du moment où on sait faire la différence. Pour cette raison, je hais les musicologues qui te font la leçon avec le « musicalement correct » et le « rock intègre ». Ils se gourent complètement de philosophie.
    A l’opposée, il ne faut pas non plus dire que tout se vaut (ce que je déteste avec les BDs quand je lis que Englehart c’est mieux que Moore, par exemple). C’est vrai que les albums de Phil Collins c’est moins bon que ceux de Genesis avec Peter Gabriel. Celui qui prétendrait le contraire se ridiculiserait vite. Maintenant on peut quand même préférer les albums de Phil Collins si on n’a pas envie de se taper des albums hyper chiants comme Foxtrot…
    Tiens, moi je préfère 100 fois m’écouter les premiers albums d’Oasis que ceux de Blur parce que je les trouve chiants ! :D

    Tel morceau est trop lent ? trop mou ? trop propre ? trop long ? il y a trop de violons ? trop de synthé ? trop de batterie ? C’est pas assez comme ci ? pas assez comme ça ?
    Je n’entends plus ce genre d’argument. Je ne me sens pas concerné.

    Mais j’aime bien quand même que Bruce sorte son argumentation anti-Collins. Il ne cherche pas à faire la leçon et c’est rigolo. Ça me va ! :)

    • Matt  

      « A l’opposée, il ne faut pas non plus dire que tout se vaut (ce que je déteste avec les BDs quand je lis que Englehart c’est mieux que Moore, par exemple). C’est vrai que les albums de Phil Collins c’est moins bon que ceux de Genesis avec Peter Gabriel. Celui qui prétendrait le contraire se ridiculiserait vite.  »

      Mouais…j’en sais rien. La musique n’est pas comparable à des talents de conteurs d’un scénariste pour moi. Dans un scénar on peut parler de plein de choses relevant de la cohérence des comportements humains (pour les personnages) ou de pertinence dans le traitement de thèmes de fond (critique sociale, métaphores raciales, etc.) et aussi de la capacité de tenir en haleine les lecteurs avec un rythme, etc.

      La musique je rapproche davantage ça du style de dessin. Tu peux disserter tant que tu veux, t’as rien à opposer à un mec qui préférerait Jim Lee à Richard Corben. C’est une appréciation qui ne relève pas de l’aspect intellectuel, c’est un feeling. Comment tu veux forcer un mec à reconnaître que c’est mieux Corben ? C’est juste possible sur l’aspect technique de la chose (la maitrise de la perspective, des proportions, etc.) Et notez bien que je parle de dessin, pas de méthode de narration dans une BD. Juste d’un style de dessin. Et tout le monde sait que la qualité de la technique, en dessin ou en musique, ça ne garantit pas l’adhésion.

    • Matt  

      Parce que d’ailleurs, c’est quoi un « truc con » en musique ? SI les paroles sont débiles, on peut éventuellement identifier ça comme un truc con, mais sinon ? Des accords musicaux peuvent être cons ?

  • Tornado  

    Tu as des albums plus importants que d’autres. Comme en arts plastiques tu as des tableaux plus importants que d’autres. Ils sont objectivement plus importants par leur richesse, leur aspect révolutionnaire, novateur, leurs divers niveaux de lecture. Le côté historique aussi (tout ce qui nécessite un peu de culture pour comprendre). L’aspect technique passe bien après.

    Un album ou une chanson purement commerciale, sans ambition artistique, c’est ça que je qualifie « d’un peu con ». Mais pour le coup c’est affectueux car j’adore au moins autant de trucs « un peu cons » que de trucs plus artistiques (je suis fan de Julio Iglesias quand même ! :D ).
    En arts plastiques c’est pareil. J’ai beau savoir que Picasso c’est vachement plus important que Gustave Doré, je préfère Gustave Doré. Je sais pourquoi Picasso c’est vachement plus important que Doré. Je sais que j’irais voir les deux expos. Mais je sais que je vais prendre mon pied avec Doré davantage qu’avec Picasso.

    • Matt  

      Ouais mais alors à ce moment là on parle de patrimoine, d’importance dans l’histoire de l’art, de pionniers ou de fondateurs. Mais on ne parle pas tellement de qualité non plus. C’est assez difficile de parler de qualité pour des trucs complètement soumis à un « feeling » comme je l’appelle^^ (même si des trucs comme maitre Gims, j’aurais quand même du mal à dire que c’est de la musique…pour le coup c’est très con au niveau des paroles.)
      Enfin moi je ne débat pas sur la musique. ça attire surtout des embrouilles, et les gros fanatiques qui hurlent contre certains artistes comme quoi c’est pas de la vraie musique ou que c’est une cacophonie pourrie…bah…ils m’agacent.
      Et pourtant il y a plein de trucs que je n’aime pas, comme le metal hardcore avec des chanteurs qui donnent l’impression de vomir…mais ma foi si ça plait à d’autres…
      Ce que je veux dire c’est que j’ai pas d’arguments contre à part la mauvaise foi. Parce que le « c’est moche, ça vrille les tympans » c’est complètement subjectif. Il n’y a que les niveau intellectuel de certaines paroles que je peux trouver impardonnable.

      • Eddy Vanleffe  

        oui Matt, la musique, on peut pas débattre. c’est complètement, mais complètement sujet à caution. ça doit de contrarier les trucs sur lesquels on peut pas débattre… :)
        tu tomberas toujours sur des axes à propos de vraie musique ou pas.. de qualité ou pas.
        C’est le royaume des passionnés, parce que ce qu’ils aiment revêt une importance dans leur intimité, leur for intérieur, une résonance tellement puissante qu’on ne peut pas la défendre autrement qu’avec des trucs non cerebraux.
        Ton approche de la musique m’interpelle car pour la première fois de ma vie je discute avec une personne qui ne veut pas entendre parler de l’artiste, du genre, de l’année et tout autre décorum mais qui veut consommer ça comme du vin à l’aveugle.
        c’est trop tard pour moi car je sais déjà trop de choses, mais c’est cool.
        après tu y greffes des traumas comme quoi des intégristes ont classifié la musique dans un ordre précis. ce qui d’autant plus ridicule qu’il suffit de traverser la rue pour trouver ET du travail (;)) et des gens qui ont des avis totalement opposé.
        j’ai construit ma propre culture musicale exactement de la même manière que toutes les autres. un coup de cœur pour ci ou ça et en creusant.
        pourtant on peut discerner quand même des intentions qui n’ont pas la même portée, même sans savoir quoi que ce soit sur qui que ce soit. Le thème du bon, la brute et le truand respire quand même plus le boulot que Viens boire un petit coup à la maison. mais il faut être beau joueur et sourire à une chanson qui n’a été faite que pour les bals musette en campagne. c’est rigolo de s’autoriser de sortir de sa posture et boire un bol de blanc avec papy moustache…
        quand je rentre chez moi en mon sanctuaire, je peux revenir à de la musique qui parle directement à mes synapses sans prendre le moindre détour à autorisation.
        dans le snobisme rock n roll, il y aussi ce paradoxe qu’on est toujours les persécutés de l’autre.
        je suppose que je suis snob mais j’ai toujours rechigné à la lecture de rock n folk, les tenant en titre du bon gout, déifiant et rejetant à tout de bras. et comme un fait exprès tout ce que j’aime. je ris de les voir faire des hors séries sur Depeche mode alors qu’ils crachaient dessus. c’est bien simple il faut avoir 20 de carrière, a partir du moment où ça devient respectable et vieilli en fût de chêne, c’est bon ils aiment bien.

  • Tornado  

    Mais il n’y a que ça de la mauvaise foi chez les critiques de musique ! C’est pour ça qu’ils ont inventé des notions insupportables comme « le musicalement correct » ou « le rock intègre » ! C’est complètement de la mauvaise foi ! Ils ont voulu imposer une doctrine des oreilles !
    La musique, c’est un univers fourre-tout. C’est génial !
    Dans mon i-phone, j’ai mis un peu de tout, sauf les genres de musique que je déteste (hip hop notamment). tu trouveras autant de trucs importants que des musiques bien kitsch ou commerciales. J’adore les deux.
    Au cinéma c’est pareil, j’ai autant de films d’auteurs que de nanars. Il n’y a qu’en lecture que je suis plus snob ! :D (et encore, je me soigne)

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