PsyKoLoGeek : Batman

PsyKoLoGeek Batman : The Psy Kanalyse Begins

ParOMAC SPYDER

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PsyKoLoGeek : la rubrique qui parle psychanalyse et culture geek! Un thème abordé avec des exemples issus de la culture comics, manga, ciné, jeux vidéo pour porter un regard décalé sur tout ce que nous connaissons déjà, ou croyons connaître.

Ce numéro va s’intéresser à un superhéros mythique. Il est grand, il est brun, il sent bon les ruelles sombres : j’ai nommé Batman! Batman est plus qu’un héros, c’est un mythe, que dis-je? Un monolithe! Son costume est connu de tous, son logo est reconnu entre tous. Il fait partie des références désormais universelles, déclinées de nombreuses façons : comics, film, animation.

De nombreuses tentatives d’éclairage de sa sombre psyché ont été tentées. Ici et maintenant, sous vos regards affolés : Batman enfin éclairé par une batanalyse menée par un psychanalyste chevronné, un vrai de vrai! Sans usurpation d’identité! Nous allons ainsi tenter de résoudre ce mystère sombre : quel diagnostic correspond à notre Dark Knight? Let The Psy Kanalyse Begins!

BATMAN LE PSYCHOTIQUE SCHIZO?

La première idée reçue que l’on entend régulièrement sur Batman est la suivante : il est aussi fou que ceux qu’il combat, c’est un psychotique lui aussi, aliéné dans son costume de chauve-souris.
Comment se caractérise la psychose? C’est un décrochage vis-à-vis de la réalité amenant le psychotique à se construire une néo-réalité, sur un mode hallucinatoire angoissant : c’est la schizophrénie, ou sur un mode de pensée fonctionnant en système persécutif : c’est la paranoïa.

Si Batman a l’habitude de décrocher des toits de Gotham en se récupérant grâce à son bat-grappin, en va-t-il autant de son rapport à la réalité? Bruce Wayne en soi ne se prend pas pour une chauve-souris : il arbore un costume de chauve-souris qu’il utilise comme métaphore : c’est un signal de peur à l’intention des criminels. Le rapport à la réalité ne paraît pas altéré, Batman n’ayant pas besoin de se créer une réalité différente. Il accepte la réalité cruelle du meurtre de ses parents et celle des crimes de Gotham qu’il cherche à défendre.
En outre, nulle hallucination en dehors des rencontres de produits hallucinogènes distribués par le Joker ou l’Epouvantail. Ses ennemis existent bel et bien tout comme ses alliés. Pas de schizophrénie à l’horizon.

Dark Knight Parano ©DC Comics

Dark Knight Parano
©DC Comics

BATMAN LE PARANOÏAQUE TOTALITAIRE

La paranoïa alors? Batman est quand même connu pour se méfier de tout et de tout le monde. Dans sa version futuriste Batman Dark Knight, il se méfie de tous. Dans d’autres épisodes, il aura rassemblé des protocoles sur chacun de ses alliés pour les neutraliser. Cependant, Batman n’anticipe jamais l’usage de ses moyens de contrôle. S’il les met en place, c’est pour se protéger ou protéger autrui, il n’anticipe pas les attaques sur un versant persécutif. Il ne montre pas de signes de pensée paranoïaque interprétative dans lesquelles chaque acte de son entourage serait interprété comme une tentative de lui nuire. Etre prévoyant et chercher à contrôler son environnement ne sont pas des éléments de paranoïa.

Conclusion : Batman n’étant ni schizophrène, ni paranoïaque, il n’est donc pas du registre de la psychose. Les autres modalités psychotiques ne sont pas appropriées à partir du moment où le contact avec la réalité est maintenue, sans élément délirant ni interprétatif. La psychose, ça n’est pas Batman.

BATMAN LE PERVERS DÉGUISÉ

A l’heure des pervers narcissiques comme une catégorie nouvelle permettant de parler notamment de l’emprise de certains hommes sur certaines femmes, nous pourrions voir Bruce Wayne comme un manipulateur accompli au narcissisme flamboyant à travers son identité super-héroïque!
Comment se caractérise la perversion? C’est un mode de relation à autrui qui projette sa propre impuissance et ses failles l’autre afin de nier les siennes au passage. Il cherche ainsi dans un double-mouvement à pointer la faille de l’autre, tout en la niant en partie, pour se protéger lui-même de cette faille (autrement appelée la castration). Cela comprend le fétichisme, l’exhibitionnisme, le masochisme, le sadisme, la pédophilie etc.

Dans le cas du pervers dit « narcissique », on y ajoute le versant de la manipulation comme un élément déterminant : le pervers détruit l’autre afin de se construire une image plus solide de lui-même. Il est décrit par certains comme une sorte de vampire moderne.
Pour Batman, cette image du vampire moderne correspondrait bien à son allure gothique encapée et sombre planant sur les toits. Cependant, aucune manipulation dans ses relations sentimentales pour la simple et bonne raison que les relations amoureuses sont réduites à peau de chagrin. Et lorsqu’il y a amourette, nous sommes assez éloignés d’une manipulation de notre milliardaire à l’encontre des femmes qu’il rencontre. D’ailleurs, les ruptures n’engendrent aucun effondrement, ce qui, chez ceux nommés « pervers narcissiques » forment un élément déterminant. Un effondrement ou un acharnement. Vous noterez que je pose des guillemets autour de cette catégorie de personnalité, car si le terme a rencontré une certaine popularité en lien notamment avec les mouvements légitimes d’émancipation féminine, la catégorie elle-même demanderait à être creusée pour affiner les éléments caractéristiques.

Un catégorie qui elle est sans appel : la perversion, avec toutes ses modalités, variantes plus ou moins exotiques : zoophilie, nécrophilie, et j’en passe.
Rappelons-nous que Batman fut associé à une sorte de pédophile masqué dans sa relation avec Robin, les puritains voyant dans cette relation particulière d’un homme adulte et d’un garçon pré-pubère, sans la présence d’une femme, une chose infâme et honteuse. Peut-on dire que Batman abuse, d’une façon ou d’une autre, des Robin qui l’ont côtoyé? S’il ne se montre pas toujours facile d’accès avec eux, contrairement à un pervers d’ailleurs, il se montre bien davantage sur le registre de la transmission de l’adulte à la génération suivante que sous les traits d’un pervers cherchant à garder son emprise sur un enfant pré-pubère. En l’occurrence, les Robin se succédant, Dick Grayson, Jason Todd, Tim Drake, Damian Wayne, chacun restera dans un rapport de filiation assez évident. Lorsque l’on parvient à échapper à l’emprise d’un pédophile, on ne revient pas dans ses parages. Avec Damian Wayne, le rapport de filiation devient complètement évident, là où il était suggéré avec les autres Robin. De plus, d’aucuns auront l’occasion de prendre l’identité de Batman, assurant ce registre de la transmission, tandis que dans la perversion, les places de l’un et de l’autre sont clairement assignées et aucunement interchangeables. Au temps pour la perversion!

Tout est sous contrôle ©DC Comics

Tout est sous contrôle
©DC Comics

BATMAN L’OBSESSIONNEL DU CONTRÔLE

S’il n’est pas pervers ou manipulateur, Batman est clairement un superhéros dont le super-pouvoir principal serait : le contrôle! Et qui dans les personnalités possibles est expert ès contrôle : le névrosé obsessionnel!
La névrose obsessionnelle, comment se caractérise-t-elle? C’est une « super défense » face à son angoisse, celle d’être faillible. En psychanalyse, on parle d’angoisse de castration. Que fait l’obsessionnel invétéré : il se construit des petits châteaux de sable pour endiguer ses angoisses. Il va ensuite s’interroger, ruminer, douter, se demander sans cesse s’il a agi suffisamment, puis il va vérifier, contrôler, revérifier, avoir un petit doute, un gros doute, se demander s’il y retourne, s’en vouloir d’y retourner, bref… La plupart d’entre vous s’est reconnu! Et comme la plupart d’entre vous n’est pas Batman, nous pourrions dire que la réciproque est vrai : Batman n’est de fait pas obsessionnel. Bon, ça serait aller un peu vite en besogne…

L’obsessionnel est un maniaque du contrôle, de l’organisation, et au passage il adooooore collectionner des trucs. Ainsi de nombreux geeks adoreraient l’idée d’une batcave, voire s’en sont aménagé une en douce. Maniaque du contrôle, pour un obsessionnel lambda, ça va consister à éradiquer le désordre et nettoyer ce qui l’entoure. On peut dire que côté nettoyage des rues de Gotham, notre chauve-souris se pose là! L’organisation, pour un obsessionnel ordinaire, va se manifester dans le souci de prévoir l’imprévisible : il va faire des listes, il va faire de super tableaux, des super plans, sur lesquels il va douter tout le temps, mais ça c’est autre chose. Pour notre milliardaire nocturne, tout va être planification. Il va chercher à mettre de l’ordre là où des Joker ou des Double-Face sèment le chaos! Et pour cette lutter contre ce chaos, il va échafauder des plans.

Cependant, nous voyons que contrairement à l’obsessionnel, Batman a toujours un train de retard sur ses ennemis. Là où l’obsessionnel doute, échafaude, doute, Batman organise son combat en réaction aux événements chaotiques de Gotham. S’il met en place des protocoles d’intervention, ceux-ci ne sont jamais complètement efficaces puisque ses ennemis le prennent au dépourvu et de surcroît sortent aussi vite qu’ils sont rentrés à l’Asile d’Arkham!
Il reste la collectionnite d’objets. Mais ils sont fonctionnels pour une grande partie : les bat-machins, tandis que pour l’autre partie, les objets conservés au sein de la Batcave, ils constituent des traces de souvenirs. Souvenir, réminiscence, traumatisme..? Une piste à suivre..!

Dans la tête de Batman ©DC Comics

Dans la tête de Batman
©DC Comics

BATMAN LE TRAUMATISE

S’il est une évidence souvent ressassée, de façon cyclique et quasi… obsessionnelle, c’est bien le traumatisme du jeune Bruce Wayne. Témoin du meurtre atroce et gratuit de ses parents dans une ruelle sombre en sortant d’un spectacle, par un voleur armé, le jeune Bruce Wayne devient brutalement l’orphelin milliardaire dont le majordome Alfred assurera la tutelle.
Le spectacle violent et traumatisant de cette scène, répétée dans les comics, films, animés, font de celle-ci la scène originelle. Batman naît dans cette ruelle sombre, et sa vocation sera de tenter d’empêcher d’autres crimes de se perpétuer. Nous pourrions dire : d’empêcher ce crime a posteriori d’exister. Car voilà ce qui caractériserait en partie le syndrome post-traumatique.

Ce Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD) comme disent les anglo-saxons (Bon, c’est Batman, il faut s’accorder un peu quand même!), se manifeste notamment par des réminiscences sensorielles (visuelles, auditives, olfactives) de la scène vécue, la culpabilité d’avoir survécu et une rumination autour de la question : «Et si…javais fait autrement?». En outre nous retrouvons des symptômes tels que le sentiment d’intrusion : le sujet ressent une crainte de la répétition de l’effraction vécue, le sentiment d’évitement : l’individu va tenter d’éviter de façon irrationnelle les situations susceptibles de réactiver le vécu traumatique. Il va aussi de façon interne éviter les émotions liées à l’évènement et parfois progressivement laisser s’installer une sorte d’émoussement des émotions généralisé, ainsi que des symptômes d’hypervigilance : la personne traumatisée va ressentir une impression permanente plus ou moins diffuse de danger et réagir de façon exagérément massive aux situations extérieures. Cela engendre insomnie, irritabilité voire comportement violent.

Mais bon sang mais c’est Batman, pourrait-on dire! Sa lutte contre le crime à Gotham correspond à cette tentative d’éviter la répétition du meurtre originel. Ses émotions sont réduites au strict minimum, et c’est pas peu dire, pour agir le plus méthodiquement possible, dans une sorte d’apathie généralisée. L’hypervigilance à travers tous ses ordinateurs de la batcave est pour le moins de mise. Batman est un « super vigilante ». Son pouvoir est de pouvoir voir, percer à jour les mystères de Gotham. L’insomnie est masquée derrière ses sorties nocturnes, l’irritabilité, certains Robin en ont notamment fait les frais.

Cependant, ne peut-on voir, plutôt qu’un syndrome de stress post-tramatique une résilience réussie? Batman a survécu psychiquement au meurtre de ses parents. Il ne s’est pas effondré, il a saisi ce qu’il pouvait de son vécu et de son ressenti pour le sublimer en des actions concrètes. Il ne s’est pas replié sur lui-même : la famille de Batman a fini par s’agrandir au fil des ans. S’il conserve la cicatrice de ce moment tragique, cette cicatrice, à l’instar des autres sur son corps, fait désormais partie intégrante du personnage, mais ne le réduit pas. Ce vécu traumatique ne l’a pas paralysé, ni sidéré. Il a bâti une personnalité certes particulière mais qui demeure en mouvement, non capturée par ce moment. Ainsi Batman est davantage un résilient. Mais de sa personnalité en mouvement, qui expliquerait peut-être sa plasticité en tant que personnage, vers quel type de diagnostic cela nous amène-t-il?

La survivance au traumatisme ©DC Comics

La survivance au traumatisme
©DC Comics

BATMAN LE PHOBIQUE

Batman s’est construit sur la peur. La peur à inspirer aux criminels de Gotham, et d’ailleurs, par son costume. Il n’est donc certainement pas phobique puisqu’il se présente lui-même comme celui qui effraie et tétanise les coupables.
Mais la phobie, comment se caractérise-t-elle? C’est une façon de porter son angoisse sur un objet, une situation, afin d’éviter d’être confronté à son angoisse de façon diffuse. Cette focalisation de son angoisse sur un objet permet en partie de la résoudre puisqu’elle ne va désormais se déclencher qu’en présence de cet objet, qu’il suffira d’éviter. C’est une façon de s’en débarrasser à peu de frais. L’angoisse en question, c’est l’angoisse de castration, c’est-à-dire l’angoisse concernant sa propre impuissance et sa propre faille, incomplétude, laquelle nous met suffisamment à mal pour qu’on tente tout un chacun de l’envoyer voir plus loin si on y est! Alors justement parfois, nous y sommes, lorsqu’elle revient avec l’objet en question, comme un boomerang en pleine figure!

Vu ainsi, la phobie, cette peur d’un objet qui ferait perdre tout contrôle et placerait face à une angoisse incontrôlable, voilà bel et bien l’antithèse de Batman.
Il existe néanmoins une parade à la névrose phobique qui présente un caractère intéressant : l’objet contra-phobique. C’est un objet qui permet de neutraliser le caractère angoissant tout en demeurant sur le registre de la phobie, en la retournant en quelque sorte. L’objet contra-phobique n’est pas choisi par hasard, il agit comme une sorte de totem permettant de se prémunir des effets néfastes et anxiogène de la phobie. Il a souvent une signification symbolique inconsciente et permet notamment de se réassurer sur son caractère phallique. Il peut être une personne ou un objet.

Pensez maintenant à cette phrase, sorte de gimmick du héros dont nous tentons de percer ici la psyché : « Je suis Batman ». Je suis l’homme qui se présente sous les atours de l’objet associé à ma peur tout en inspirant la peur à mes ennemis. Chacun se souvient, et c’est un élément spécifique de la phobie, du déplacement de l’angoisse liée au meurtre de ses parents vers la peur des chauve-souris. La phobie procède ainsi : elle déplace l’angoisse sur un objet. La phobie des araignées en est un exemple typique. Ici, c’est la chauve-souris qui focalise l’impuissance, l’angoisse de castration du jeune Bruce Wayne. Et c’est ce même objet symbolisé via un costume et un nom qui jouera désormais le rôle d’objet contra-phobique. S’habillant de cet objet en le transformant, Bruce Wayne neutralise sa peur et représente la peur, cette fois-ci, pour autrui. Un renversement lui permettant de s’assurer de sa puissance phallique incontestée.

LA PLAQUE TOURNANTE

Voici donc le diagnostic posé : la personnalité de Batman s’organise sur le registre phobique. Ni psychotique, ni schizophrène, ni maniaque obsessionnel, la névrose phobique est ce qui l’habille de pied en cap. Mais d’une façon particulièrement habile et sublimée pour contourner ses propres angoisses. La sublimation consiste en une opération psychique de transformation des pulsions. Ici, Batman a réussi sa transformation.

Ce qui explique le succès protéiforme de Batman sur le plan de sa personnalité? C’est que la phobie présente un avantage conséquent : c’est une sorte de plaque-tournante psychique. A l’instar de plaques-tournantes du crime, celle-ci présente la possibilité d’évoluer vers une autre organisation psychique (pas criminelle!) allant de symptômes psychotiques à des aspects obsessionnels, voire des éléments de masochisme. Une plasticité psychique de la phobie permet ainsi à Batman, selon les situations, périodes, auteurs de sa vie, de se présenter sous un jour différent, d’être lui-même mais différent. La phobie est une sorte de carrefour psychique, où le sujet n’a pas encore décidé d’une construction définitive de sa personnalité. L’invention inconsciente mais hautement symbolique de son objet contra-phobique : son costume lui permettant d’incarner lui-même son objet de peur en la projetant sur autrui, permet à Batman de demeurer sur cette plateforme sans y être figé. Il est ainsi en mouvement depuis des décennies, dans les ombres de ses peurs et de celles de ses ennemis, un mouvement lui permettant de durer. « Je suis Batman », mais « je ne suis pas là où vous croyez », pourrait-on ajouter…

Batman : la plaque tournante de l'héroïsme ©DC Comics

Batman : la plaque tournante de l’héroïsme
©DC Comics

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Depuis 80 ans la psyché de Batman intrigue, fascine ou révulse. Schizo ? Parano ? Pervers ? Pédophile ? Chez Bruce Lit, nous avons un véritable psy, Omac Spyder, qui explore de manière ludique et pédagogique chacune de ces pistes et livre son diagnostic dans ce nouveau Psykologeek chez Bruce Lit !

La BO du jour : bienvenu dans l’esprit de Batman !

28 comments

  • Eddy Vanleffe....  

    habile démonstration déjouant les théories les plus faciles…Bravo.

    • OmacSpyder  

      @ Eddy : le diagnostic différentiel posé ici s’attache en effet non pas à ce qui apparaît en premier mais à ce qui structure la personnalité. Donc dé-jouer me convient très bien comme idée ;) Merci!

  • JP Nguyen  

    Omac joue les détectives de la psy et déroule avec maestria sa théorie, en se ménageant même une porte de sortie puisque son diagnostic ouvre la porte à des variations !
    Bravo ! Si le Joker est toqué, toi, « t’es Bat »!

    • OmacSpyder  

      Détective et psy, c’est en fait le même métier disait Freud dans le fond.
      Le diagnostic posé est celui qui rassemble les éléments disparates de l’homme chauve-souris.
      Et pour rebondir sur ton propos, non seulement il ménage une porte de sortie mais il ouvre de surcroît une suite! ;)

  • Céline  

    Brillante démonstration, qui fait apparaître que Batman se situe définitivement du côté de la névrose sur le plan psychique, structure caractérisée par l’angoisse de la castration, l’incomplétude de l’être, dont les constructions symptomatiques phobiques, obsessionnelles voire hystériques et autres déclinaisons, ne sont que des modalités de résolution, de résilience parfois…

    • OmacSpyder  

      Merci Céline pour ton passage ici.
      Une démonstration brillante pour éclairer un personnage s’étant fait de l’ombre une alliée, c c’est un bat-signal lancé à l’intérieur de la psyché!^^
      Ton ajout sur ce qui caractérise une névrose complète de façon très juste mon propos!

  • Jyrille  

    Merci pour le cours Omac et bravo pour les démonstrations didactiques et toujours compréhensibles ! En plus tu laisses une ouverture sur le fait d’avoir pléthore d’auteurs qui ont écrit leur Batman… j’imagine que certaines versions te contredisent mais elles doivent être confidentielles. Enfin merci pour nous confirmer que Le Batman n’est pas criminel !

    La BO : plus tard.

    • OmacSpyder  

      Merci Jyrille! Tant mieux si la leçon de bat-psycho s’est bien passée! ^^
      Moi, j’imagine que toutes les versions de Batman peuvent entrer dans mon analyse! ;)
      Ou alors ce sont des terres parallèles :D

  • Manu  

    je n’ai pas entendu dire que c’est l’article le plus intéressant que j’ai lu à propos de Batman depuis plusieurs décennies.
    Chapeau bas et total respect…
    Du coup une question me taraude : vu que Batman est souvent associé à l’expression  » le meilleur détective de tous les temps », je me demande quelle comparaison on pourra en faire avec par exemple Sherlock Holmes ?

    • Manu  

      Mon correcteur automatique m’a trahi : je voulais dire « je n’ai pas honte de dire… »

    • OmacSpyder  

      Je suis tout à fait d’accord! C’était l’objectif de ce premier volet d’articles PsyKoLogeeK sur Batman ^^
      Merci pour ton retour enthousiaste!
      Une comparaison entre Batman et Sherlock? En sachant que ce dernier a connu plusieurs… incarnations, de l’originel de Conan Doyle aux facéties de Downey Jr…. Bon, disons que nous partons du personnage d’origine : celui-ci semble réussir à être bien plus obsessionnel dans son approche que Batman mais y perd en plasticité d’esprit au passage ;)
      En résumé. Il faudrait un article complet!^^

  • Bruce lit  

    Diantre !
    Batman ne serait pas psychotique !
    Mais il va falloir que je revoie totalement ma grille de lecture.
    La tienne est très convaincante et en des mots simples et choisis tu parviens aussi à déjouer le piège du héros pédophile. C’est très enrichissant d’apprendre en s’amusant.
    Quel article génial ! Et ce n’est pas fini d’après ce que je sais.
    Nikolavitch viendra étayer tes hypothèses avec son article sur la BAtcave demain.
    Génial ! Merci Omac pour ces moments bien plus sympas que ceux de Valérie….

    Une question que je me pose souvent dans la culture héroïque : la volonté de faire le bien est-elle toujours issue d’un trauma ?

    • OmacSpyder  

      Il va falloir s’y faire en effet. Ça n’empêche pas quelques aspects psychotisants mais Batman est définitivement du côté de la névrose. Pas de la psychose!
      Le souci de faire le bien, si l’on suit ton fil, peut découler d’un désir de réparation. Pas nécessairement traumatique, mais lié à une frustration. Si celle-ci est sublimée, transformée, alors le désir d’aider autrui peut surgir. Une attention particulière à l’autre…
      Tu penses à un ami? :D

      Ravi que l’article soit aussi ludique, « de la culture geek à la culture tout court » comme dirait quelqu’un! ;)

      Et en effet, d’après ce que tu sais nous avons là le premier volet d’une… trilogie! ^^

  • Présence  

    Un diagnostic sous forme d’enquête avec un suspense inattendu. Je rejoins Bruce sur le plaisir d’apprendre en s’amusant, de voir ainsi remis des termes dévoyés dans le cadre technique dont ils sont issus.

    • OmacSpyder  

      Un diagnostic enquête, c’est tout à fait l’idée qui a germé : et si pour ses 80 ans nous enquêtions sur ce plus grand détective des superhéros? Et voilà le premier relevé d’indices!
      Apprendre en s’amusant, c’est quasiment une chanson ça ( siffler en travaillant… lala lala lala… :D )

  • Matt  

    Et ça ne peut pas être un névrosé obsessionnel qui n’a pas de bol ?^^
    Du genre il se prépare tout le temps, mais il a quand même un train de retard parce qu’il n’a pas pensé à X ou Y trucs.
    Parce que je pense que parmi les obsessionnels, il doit bien y en avoir que tu peux surprendre. Et ça doit être super frustrant d’ailleurs, après le temps qu’ils ont passé à se préparer.

    En tous cas super article que je trouve pertinent, et qui permet aussi de s’écarter de la solution facile de dire que « machin est cinglé ou psychopathe ou psychotique, etc » sans connaitre le sens des mots.
    Je pense à un membre de ma famille qui dit souvent que tel ou tel artiste est fou pour peindre ceci ou cela.
    Je la reprends souvent et elle me dit que je prends ça trop au sérieux, mais le truc c’est que ce terme « fou » est péjoratif et englobe trop de maladies, traumas qu’on peut tous avoir vécu sans être des fous dangereux. Comme tu le dis on se retrouve pas mal dans l’obsessionnel du contrôle (enfin moi oui…)

    • OmacSpyder  

      J’adore cette piste : Je suis Batman, le névrosé obsessionnel qui n’a pas de bol!
      En effet, on peut surprendre un obsessionnel, mais ça ne l’empêche pas de faire des plans sur la comète. Et lorsque ses plans ne marchent pas de façon répétée, l’obsessionnel va… douter. Ruminer. Être inquiet. Pas Batman.

      Batman lui passe à autre chose. Il s’adapte. Son objet d’angoisse n’est pas dans la pensée, contrairement à l’obsessionnel. Il a son objet d’angoisse sur lui et a mis en place de quoi s’en préserver. Donc c’était bien tenté ( Et j’adore quand vous vous appropriez les notions pour jouer aussi avec ) mais il faudra… jouer encore! ;)

      Et merci pour l’article pertinent. L’idée était bien celle-là : sortir de la facilité pour émettre un avis sérieux et argumenté en s’amusant.
      Et pour paraphraser Lacan :  » N’est en effet pas fou qui veut!  » ^^

      • Matt  

        Zut, je pensais que je pouvais être Batman. Mais j’suis juste un obsessionnel tout le temps inquiet en fait^^

  • Tornado  

    Ce que j’ai apprécié le plus dans cet article, c’est la manière de démonter les clichés qu’a pu véhiculer le personnage, un par un.
    Il est pour le coup étonnant que ce soit un véritable psychiatre, j’ai bien sûr nommé Fredric Wertham, qui a émis le thèse de Batman-le-pédophile. Être aussi peu perspicace sur le sujet (à moins qu’il ait été d’une mauvaise foi carabinée), ça laisse songeur. Le présent article aurait pu lui être adressé !

    Je note enfin que l’auteur de l’article semble se démener afin de défendre becs et ongles l’intégrité de Bruce Wayne entant que héros pur et séminal. De là à penser qu’il y a une petite (ou grande) part d’identification, et que l’article peut être perçu comme une forme d’auto-thérapie par procuration (la thèse du geek névrosé, avec ses listes et sa collectionnite, est très convaincante), il n’y a peut-être qu’un pas ! :)

    • OmacSpyder  

      Et bien tu as saisi le fondement souterrain de cet article : déconstruire les clichés sur Batman et cesser de mélanger les registres pour le cerner au plus près! De façon méthodique et méticuleuse.

      Le Dr Wertham voyait en Batman une incitation implicite, inconsciente, à la pédophilie à travers sa relation avec Robin. Nous voyons que ce propos ne survit pas à une approche plus objective. D’ailleurs nous aurons l’occasion de revenir sur la place des Robin ;)

      Objectivité : voilà donc un terme qui me permet de répondre à la dernière partie de ton malicieux commentaire. J’ai tenté de procéder justement sans identification et sans projection ( ce que fit peut-être le Dr Wertham avec ces pulsions pédophiles qu’il projeta vers Batman. Fort heureusement, je suis psychologue psychanalyste et pas psychiatre! )

      Toujours est-il, et c’est en quoi Batman est fascinant, c’est que l’on peut toujours s’identifier à un moment à ce justicier. Y compris sur le mode du rejet. Mais Batman possède ce charisme à plusieurs faces qui explique en partie son succès et le fait que tôt ou tard on y retrouve un peu de soi. N’est-ce pas? ;)

  • Xabaris  

    Magnifique article qui devait être fait ! Bravo.

    Par contre le problèmes qui me semble évident c’est que BATMAN n’est pas une personne.

    Et pourtant tout au long de ton article je lit « batman n’est pas… « , « la famille de batman… « , « la personnalité de batman… ».

    Et Bruce Wayne dans tout ça ? Et bien Bruce Wayne est mort avec ses parents. Le milliardaire play-boy et souriant n’est autre qu’une façade au même titre que Clark Kent le journaliste maladroit.

    Et voilà tout le problèmes. Il pense Batman, vie Batman, respire Batman et même ces conquêtes… Soyons honnête elle plaise à BATMAN… Bruce Wayne (un gosse de riche qui n’a jamais bossé de sa vie) choisirai une potiche…

    Je sais pas comment ça peu s’appeler médicalement. Mais je ne dirait pas que notre ami obscur soit « saint d’esprit ».

    • OmacSpyder  

      A l’instar de Rimbaud formulant « Je est un autre », nous pourrions entendre ce « Je suis Batman » comme un « Je est Batman ». Il existe donc ce que l’on appelle un clivage.

      Cette division subjective caractérisant la névrose fait dire par exemple à nombre de personnes assez saines d’esprit :  » Je sais bien… mais quand même.. ». On peut placer dans ces pointillés « que fumer n’est pas bon pour ma santé »,  » que les horoscopes racontent n’importe quoi » etc.

      L’article parle de Batman car c’est de cet aspect de la personnalité qu’on s’intéresse. Batman est une façon pour Bruce Wayne de se reconstruire. Comme après un trauma. Et ça divise forcément la personnalité en deux, mais pas de façon psychotique. De façon « ordinaire ». Comme les hommes qui ont « Un type de femme » et tombent amoureux d’une autre…

      Merci pour  » l’article qui devait être fait » ! :)

      • Matt  

        Un rapport avec le concept de dualité de l’homme de Jung, ou rien à voir ?
        (je connais juste la théorie de nom^^)

        • OmacSpyder  

          Ça se rejoint en partie en effet.
          Jung y ajoutait cependant un aspect spirituel que Freud ne reprendra pas, restant au plus près de l’expérience de la psychanalyse et du fonctionnement psychique. Mais l’idée est la même : le psychisme humain est bien composé d’un clivage, de deux parties différentes.
          Jung les assimilait globalement à la conscience et à l’inconscient. A la raison et à ce qu’il nomma… l’ombre!

          Un exemple cinématographique :

          Dans Full Metal Jacket, par l’entremise du personnage de  J.T. Davis, plus connu sous le surnom de « Guignol » (ou « Joker » dans la version originelle^^),celui-ci répond à une injonction d’un colonel contrarié par une association contradictoire sur son casque où il fait figurer le symbole de la paix à côté de l’inscription…  « né pour tuer »!

          L’homme est bel bien un assemblage de contradictions qui forment la personnalité.
          Je parlais dans l’introduction de l’article de Batman comme un monolithe : le développement a consisté notamment à le déconstruire pour en saisir les points d’assemblage. Celui-ci reste à poursuive par ailleurs sous un autre angle…

  • Pingback: Batcast #18 : La psychologie et Batman - Podcast Batman Legend

  • Kaori  

    Article très intéressant, moi qui accorde beaucoup d’importance à la psychologie des personnages, j’ai vraiment beaucoup apprécié, et je ne m’attendais pas à cette conclusion qui est finalement très pertinente !

    Je suis en train d’écouter le podcast et j’ai vraiment hâte de lire le deuxième article, parce que ce que j’aime dans Batman, c’est justement sa relation avec ses « Robin ». Cette façon qu’il a d’interagir différemment selon qu’il se trouve avec le premier, le deuxième, le troisième ou le quatrième, alors qu’il les considère tous comme ses fils.
    Enfin, j’en dirai plus après la parution de l’article, mais j’ai hâte d’en discuter !!

    • OmacSpyder  

      Merci Kaori!
      La psychologie des personnages, ça me parle un petit peu aussi. Mais si le twist final est réussi, c’est que l’enquête psy a été bien menée ^^

      Le teasing pour le deuxième article fonctionne bien alors ;)
      Bien entendu, l’article ne fouillera pas de façon exhaustive la relation de Batman avec chacun des Robin ( il faudrait sans doute un article pr chacun), mais disons qu’il en proposera une lecture sous un angle psychanalytique…

      A suivre…

      • Kaori  

        Mais c’est justement ce qui est intéressant : avoir l’avis d’un vrai spécialiste en psychanalyse. Les Robin sont les mal aimés des fans de Batman, d’après ce que je peux lire régulièrement dans les commentaires, alors expliquer ce qu’ils apportent à Batman, c’est une idée qui m’enthousiasme beaucoup !
        Pas besoin de décortiquer chacune des relations ; je suis sûre que ça doit être intéressant de voir une mise en lumière de l’évolution de Batman avec leurs arrivées successives. Et puis je vais pouvoir discuter d’un sujet qui me passionne ;).

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