PsyKoLoGeek : Vegeta

psy _0PsyKoLoGeek : Vegeta, la destructivité à l’oeuvre

1ère publication le 18/03/19- MAJ le 27/04/19

Un teamup de OMAC SPYDER et BRUCE LIT

PsyKoLoGeek : la rubrique qui parle psychanalyse et culture geek ! Un thème abordé avec des exemples issus de la culture comics, manga, ciné, jeux vidéo pour porter un regard décalé sur tout ce que nous connaissons déjà, ou croyons connaître.
Et puisqu’une fois peut devenir coutume, voici une nouvelle interview du Dr Alex Hivence ! Après Daredevil et la dépression,Vegeta et la destructivité.
Qu’est-ce que c’est? « Alors, c’est l’histoire de Namek… » Non, lisez plutôt!

Bonjour Dr Hivence, ravi de vous retrouver pour vos éclaircissements sur les personnalités des héros populaires. Aujourd’hui je souhaiterais aborder avec vous l’éternel second rôle de la saga Dragonball Z : Le prince Vegeta. Ce personnage arrive dans la série comme un conquistador à peu près aussi répugnant que Pissaro et Cortez, il continue comme un allié de circonstance avant de devenir le Wolverine de l’équipe de Goku : puissant mais orgueilleux, imprévisible, courageux et pourtant éternel perdant.J’aimerais vos lumières autour de la confiance démesurée du personnage en lui même. Prêt à relever le défi ?

Avec un personnage comme Vegeta, l’idée de défi va de soi! Donc jetons-nous dans l’arène!

Dans la tête de Vegeta Ou Vegeta passé au scouter! ©TOEI Animation et Kaze Source : http://static.hitek.fr/img/actualite/2015/09/30/capture-doecran-2015-09-30-a-11-29-35.png

Dans la tête de Vegeta
Ou
Vegeta passé au scouter!
©TOEI Animation et Kaze
Source : Static

1/ La saga des Saiyens

Vegeta est le fils du roi des Saiyens : une race de guerriers impitoyables qui asservissent les planètes et leurs habitants pour les vendre au tyran Freezer. Naturellement, les Saiyens seront à leur tour décimés par le dictateur.
Un Flashback nous montre le jeune Vegeta tétanisé par la vision de son père soumis aux pieds du tyran.  Il en résultera une haine farouche pour le vilain. La même scène apparaît ensuite dans DRAGON BALL SUPER où Vegeta père sert de paillasson au Dieu Beerus. Voir un parent dominé est-ce un départ d’une vie traumatique ou la clé de la résilience ?

Nous pouvons noter deux choses intéressantes dans ce flashback : comme vous le notez, le premier souvenir de Vegeta concerne une destruction. Rien de moins. La destruction totale de son monde. Voir son père, celui qui à cet âge représente le protecteur absolu, diminué, ne plus correspondre à l’idéal nécessaire pour se forger une image de soi suffisamment solide atteint le narcissisme. Rappelons que le narcissisme dit primaire renvoie à ce sentiment de sécurité intérieure qui nous permet notamment de développer des élans de créativité vis-à-vis du monde qui nous entoure. C’est déjà un premier point.
Mais le point peut-être le plus important ici, et qui est hors champ en quelque sorte, tient au fait que Vegeta n’a pas de mère. Où est passée dans cette scène et les autres la mère de Vegeta? Moi, ça m’a plutôt questionné cette affaire-là. Et bien nous pouvons penser que cette mère, c’est la destruction!
Je vous vois lever un sourcil interrogateur… Voici une petite explication nécessaire.

Rappelons que le petit d’homme, mais disons que ça vaut pour le petit Saiyen, trouve en sa mère lorsqu’il est nourrisson l’objet de toutes ses satisfactions immédiates. Il a faim, elle le nourrit, il est sale, elle le change, etc. Vous m’accorderez bien sûr au passage que lorsque je dis « la mère », je parle de la figure maternante. Chez les petits terriens ça peut être le père aussi, bien entendu. Mais disons que chez ces Sayens, aux hommes conquérants, les choses sont plus marqués!
Donc la mère pourvoit à tous les besoins élémentaires du nourrisson, jusqu’à un certain temps, autour de 6 mois allons-nous dire. Puis à un moment, parce qu’il ne faut pas pousser non plus, la mère retourne un peu à d’autres moutons. Elle a d’autres planètes à fouetter! Et là, le nourrisson qui avait baigné dans ce temps nirvanesque de chaque besoin comblé se retrouve en fâcheuse posture. C’est pour lui un effondrement. La toute-puissance qu’il hallucinait est morte, détruite. Et il va devoir lutter pour retrouver à quoi se raccrocher.
Et bien nous pourrions faire l’analogie entre la destruction du monde de Vegeta et cette période. Vous noterez au passage que celui qui « détruit » est un personnage blanc et rose, à la peau lisse et à la voix de miel. Et que Vegeta n’aura de cesse de détruire ce personnage-là. Et si Freezer était l’incarnation de la mauvaise mère qui l’a lâché et a ainsi détruit son monde?
Ah, je vois votre second sourcil se lever…

La destruction comme point de départ
Ou
La destructivité comme pulsion hyperbare!

Lorsqu’il rencontre Goku, Vegeta est un être froid, cruel et arrogant, Il est aussi petit par la taille que par son comportement. Que ce soit sous sa forme humaine ou lorsqu’il se transforme en gorille, Vegeta est un être de pure agressivité que ni la mort ou la souffrance ne semblent arrêter. En dépit de tous ses forfaits, Goku discerne chez lui une aptitude au bien qu’il ignore lui-même et qui rappelle l’attitude de Xavier face à Wolverine.
Dr Hivence, un psychopathe comme Vegeta est-il capable d’altruisme ? Quel est le mode de communication inconsciente entre Goku et ce frère ennemi ?

Alors nous voici d’emblée dans la phase suivante. Ce « petit » être comme vous le rappelez, par la taille, se montre destructeur! Rappelons qu’avant d’arriver, il a semé la destruction autour de lui. C’est comme un enfant faisant une crise dans un magasin bondé, c’est un vrai tyran semant le chaos et la destruction autour de lui ce petit Vegeta!
Vous dîtes « pure agressivité » et vous avez tout à fait raison : c’est de la destructivité à l’état pur. Dans l’agressivité il y a une prise en compte de l’autre qu’on agresse, dans la destructivité, qui est une étape du développement de l’enfant mais à laquelle il peut rester « coincé » pour plein de raisons, partiellement ou totalement, le petit d’homme ne « calcule » même pas l’autre. Ce sont des insectes sur son chemin! C’est Galactus cherchant sa planète!

Alors certes, si nous ramenons cet état dans un corps d’adulte, cela fait penser à un « psychopathe », c’est-à-dire un être qui ne va pas composer avec l’altérité autrement qu’en visant sa destruction de multiples façons. Mais ce qu’il va se passer entre Goku et Vegeta va se révéler intéressant, parce qu’en quelque sorte ,en Goku, Vegeta va rencontrer son exact opposé. Si l’un est la destructivité, c’est-à-dire une pulsion ayant trait à la pulsion de mort, Goku peut être vu comme l’incarnation de la créativité, en lien avec la pulsion de vie. Forcément qu’une rencontre comme celle-ci ne peut produire que des étincelles produites par des luttes et des alliances incessantes! Un peu comme chacun entend les voix de Goku et de Vegeta au fond de soi. Et d’ailleurs, inconsciemment Vegeta n’est pas dupe de ce rapprochement puisque lui, portant un nom faisant penser à « Vegetable », soit en anglais « Légume », s’évertuera à nommer Goku de son nom Sayen « Kakarot »; on dit que ça rend… aimable! (rires) Et c’est d’ailleurs ce que nous confirmera la suite…

Bulma signifie « soutien-gorge »: retour au sein pour Vegeta Ou Le retour de la bienveillance maternelle ©TOEI Animation et Kaze Source: https://assets.rbl.ms/14639992/980x.png

Bulma signifie « soutien-gorge »: retour au sein pour Vegeta
Ou
Le retour de la bienveillance maternelle
©TOEI Animation et Kaze
Source: Assets

2/ La Saga Freezer

Battu et humilié par Goku, Vegeta doit faire une alliance contre nature avec lui contre Freezer.  Vegeta se bat courageusement mais rien n’y fait, il n’est pas de taille. Le public éprouve de la pitié pour un salopard qui pleure de honte avant de mourir. Il supplie Goku de venger un peuple à qui le héros ne doit rien. C’est une étrange logique, non ?

Avec ce que nous venons d’avancer, Vegeta et Goku formant les deux faces d’une même pièce constitutive de l’enfant du premier âge, cette alliance n’est pas si étonnante. D’un côté l’Eros, de l’autre côté la pulsion de destruction. Le but de la première est d’établir de toujours plus grandes unités : c’est la liaison. Le but de l’autre pulsion c’est au contrare de briser les rapports, de détruire les choses. Ici, face à Freezer, incarnation de la destruction primordiale pour Vegeta : à la fois le prince, le Roi et la planète soit dit en passant, la pulsion destrutrice de Vegeta, aussi puissante soit-elle ne peut rien. Nous pourrions dire que cela correspond à la deuxième étape du développement de l’enfant pendant laquelle il va devoir faire preuve de créativité et de liens pour sortir de cette impasse de la destructivité qui le tenaille après que la mère se soit, de façon tout à fait logique, détournée de lui partiellement. La façon de résoudre cette situation, ou ici de faire face à un Freezer incarnant la destruction, est de passer à la seconde étape : créer du lien. Et c’est bel et bien ce que fait Vegeta, il crée un lien avec Goku, en lui confiant sa propre mission à laquelle il échoue. Du coup, la logique se tient! (sourire)

Ressuscité par les boules de cristal Vegeta s’installe provisoirement sur terre en attendant le moment opportun pour tuer Goku. En attendant, il se marie avec Bulma et donne naissance au petit Trunks. Tous les fans de la série se sont toujours demandés comment le conquérant a t’il été conquis ?

Je vous remercie de faire le… lien avant moi, à cette… relation avec Bulma! « Mais qu’est-ce qui a bien pu rassembler ces deux-là? » pourrait-on se demander. Avec ce que nous avançons ensemble, cela devient de fait évident : Vegeta retrouve un mère bienveillante! Puisque tout le monde l’avait déduit, nous pouvons vite passer là-dessus. Mais juste pour le plaisir, faisons un petit arrêt sur image. La première rencontre entre Vegeta et Bulma voit celui-ci carrément la menacer de la tuer si elle ne lui remet pas les boules de cristal : voilà qui commençait très bien, non? La haine! Et comme nous le savons, la haine est première avant l’amour. C’était donc la meilleure déclaration que Vegeta notre bébé bêta pouvait formuler à l’époque! Le passage par le lien crée avec Goku permet à Vegeta de se poser suffisamment pour être un peu plus « abordable »
Et ce qui est intéressant ici notamment, c’est qu’à l’instar du flashback où il n’y a pas de mère dans l’histoire de Vegeta, et bien sa relation sentimentale va suivre le même chemin. Elle est hors champ. Et pourquoi? Parce qu’elle est de même nature. Après avoir ressenti cette pulsion de destruction après cette perte, comme tout nourrisson qui se respecte, Vegeta retrouve une mère à la fois bienveillante tout en ayant sa vie personnelle et professionnelle. Comme un nourrisson devant renoncer à une mère omniprésente pour en trouver une « suffisamment bonne » comme disait le pédiatre et psychanalyste Winnicott. Bon, comme couple, ça en vaut largement un autre, entendons-nous bien! (clin d’oeil)

La « Freeztration » à l’oeuvre:
Quand la destructivité Freeze ses limites
Ou
Se prendre un mur pour grandir

3/ La saga Cell :

Le mariage n’a pas assagi Vegeta. Durant la saga Cell, il fait tous les mauvais choix possibles : se croyant invincible, il se prend des trempes mémorables et son choix d’aider le vilain à devenir plus puissant conduit à la mort de son propre fils. Comment cette fierté peut rendre si stupide ? C’est à croire que le mariage et la paternité l’ont rendu plus immature que jamais.

Soyons clairs. Vegeta a juste trouvé une meilleure mère. Et même s’ils ont eu un enfant ensemble, procréer n’est pas être père. Il a l’occasion ici de donner libre cours à la pulsion de destruction qui couve en lui et de montrer que celle-ci est plus puissante que Kakarot, c’est-à-dire la pulsion de vie. Là où il a échoué face à sa mauvaise mère Freezer, Cell lui donne l’occasion de tenter le quitte ou double. Malheureusement, ce sera quitte doublement! La pulsion de destruction agit comme un aimant une fois installée. Elle rejoint aussi le sentiment de toute-puissance infantile qui préfère perdre tout que céder là-dessus. Regardez un enfant faire une crise, une vraie, pas juste un caprice, mais une vraie crise de nourrisson, de celles qui vous prennent aux tripes et font remonter vos angoisses profondes : il joue parfois tout son être. Vegeta ici joue tout son être, jusqu’à la perte. Il n’est ici ni mari ni père encore. Il faudra justement cette perte pour que s’amorce, comme une étape là aussi supplémentaire, une autre phase de développement.

La saga Cell met Goku et Vegeta en miroir inversé : Goku se suicide pour faciliter l’Oedipe de son fils tandis que la mort de Trunks fait subitement grandir Vegeta…

Exactement. Là où chez Goku la destruction doit concerner le père pour laisser en vie le fils, chez Vegeta, n’ayant pas encore acquis cette étape de développement, c’est la destruction emportant son fils qui lui signifiera la perte. Et le miroir inversé renvoyant ce qu’il en est de la transmission et de la créativité face à la destructivité briseuse de liens. L’altérité semble naître véritablement ici pour Vegeta, ce que nous confirme la suite de la série.

L’adolescence du père
Ou
De la destructivité à la transmission
©TOEI Animation et Kaze

4/ La saga Boo

On retrouve un Vegeta apaisé tout du moins en apparence, il ne porte plus d’amure mais passe un pacte avec le Diable : le guerrier se trouve désormais trop doux et est prêt à vendre son âme pour retrouver sa vilenie d’antan. L’être humain se caractérise par sa résistance au changement. On a tous quelque chose de Vegeta, Dr Hivence ?

L’apaisement de Vegeta pourrait être vu comme la période de latence de l’enfant, cette période entre 6 et 11 ans pendant laquelle les pulsions sont mises de côté, en sommeil, laissant la place aux désirs plus tranquilles : l’école, le sport etc. Et paf! L’adolescence débarque comme un fantôme du placard! Boo!! (rires)
Mais j’adore votre formule. Oui, on a tous quelquechose en nous de Vegeta, il nous raconte nos élans destructeurs présents depuis la petite enfance jusqu’à notre vie adulte, en passant par l’adolescence. Et avec sa marque en tatouage, ce Majin Vegeta, ce Vegeta du retour aux sources, ressemble bien à l’adolescent qui va réactiver toutes les pulsions endormies en lui! Et la marque corporelle signe bien cette période particulièrement dense…

Le moment le plus émouvant de la série : Vegeta pour la première fois donne sa vie pour autrui. Avare en affection, il serre silencieusement son fils avant de lui dire qu’il l’aime. Il se fait ensuite…exploser ! C’est la mort d’un salopard qui devient enfin un héros. Que se passe-t-il dans sa tête selon vous ?

Il fait ce qu’un parent peut faire : il lui transmet ce qu’il a appris. Après avoir affronté la destruction, avoir été traversé par cette destructivité à l’oeuvre dans sa trajectoire, avoir croisé un rival lui ayant appris à créer des liens malgré tout, une femme suffisamment maternante et bienveillante pour le faire grandir, Vegeta apprend à considérer l’autre. Et à tranformer, à sublimer cette force, cette pulsion de destruction en acte altruiste. C’est un moment important car cet acte de sublimation permet à l’individu de donner un sens à ses actions. N’est-ce pas ce qui fait grandir?

La mort a purifié Vegeta de ses péchés, il revient sur terre pour fusionner à contrecoeur avec Goku. Une étape obligatoire de sa rédemption ?

Si nous suivons le fil de la trajectoire de Vegeta, cette fusion acte le fait que dans sa destructivité, Vegeta y a intégré un bout de la créativité de Goku. Et peut-être inversement. N’est-ce pas ce que signifie cette synchronisation des gestes en miroir? Chacun, comme nous le disions, est la face d’une même pièce.

Quand la destructivité ploie sous la créativité
Ou
Faire du lien sans complexe
( sans lui dire adieu )

Le combat final contre Boo amène Vegeta à reconnaître la supériorité de Goku. Vegeta devient enfin un allié fiable digne de confiance. Est-ce l’âge de raison ?

C’est en tout cas l’étape où la destructivité cède à la pulsion de vie que cette dernière est la plus à même de résoudre les situations de la Vie. Si la destructivité vise le plus de force personnelle, la musculature du corps, le sentiment de toute-puissance, elle n’arrive qu’en ultime second dans cette situation qu’est la vie. Sinon il n’y aurait même pas d’histoire. Elle ne se réduit pas à rien, car être second rappelle bien qu’on doit compter avec elle. Mais en l’associant pour qu’elle s’intègre à ce que Goku met en oeuvre de son côté : tisser malgré tout. Y intégrer toutes les facettes de l’existence…

5/ Dragon Ball Super

Quelques années après la saga Boo, le dieu de la destruction Beerus menace de pulvériser la planète. Alors que Goku échoue par la force, Vegeta est désormais le sayen mature prêt à son tour à s’humilier comme son père pour acheter la paix. Progrès ou régression ?

Nous pourrions dire : ni l’un ni l’autre, mais plutôt Répétition! Car voilà où mène la pulsion de mort associée à la destructivité : à revenir toujours au même point. Cette pulsion de mort, ça n’est pas à proprement parler le désir de mourir. C’est celui de ne pas vivre, et donc de répéter le même disque, schéma, sillon, à l’infini. Avec parfois une tendance auto-destructice. C’est pas la fête chez les petits Vegeta que nous sommes tous! (rires)

Alors que commence un tournoi qui décidera du sort de son univers, Vegeta rechigne à aller au combat pour assister à la naissance de son enfant. La paternité nous rend elle plus doux, même le plus sauvage des guerriers ?

La paternité est peut-être l’occasion d’être sauvé. L’occasion de grandir et de cesser de répéter les erreurs destructrices du passé. Et quand je dis paternité, c’est au sens large : un projet qui dépasse l’individu et qui l’amène à transmettre plus que ce qu’il pensait être. Vegeta saisit certainement là que c’est l’occasion de se montrer digne d’être aimé, aimable. A force de côtoyer Kakarot aussi..! (rires) Mais voilà, Vegeta se trouve en effet à ce moment de sa trajectoire face à un dilemme : assouvir son envie, aller dans le sens de sa pulsion, ou aller dans celui de son désir, le désir de s’élever comme il l’a toujours voulu. Et avec une paternité assumée il a là l’occasion d’être bien plus grand que Goku sur ce coup… (clin d’oeil)

Itinéraire d’un enfant détruit
Ou
La trajectoire du nourrisson destructeur au père sublimé
©TOEI Animation et Kaze

—–
Il est l’éternel second et le premier des perdants. Meurtrier, orgueilleux, manipulateur et odieux, Vegeta est le vilain qu’on déteste adorer.
Mais pourquoi est-il si méchant ? Où est la part de bon en lui ? POurquoi Bulma ? Vegeta a enfin sa séance chez le psy chez Bruce Lit.

L’OST de Dragon Ball repris par Kavinsky avec de vrais baffes de Vegeta dedans.

47 comments

  • Manu  

    Wowowowwwww! C’est tellement intéressant que je vais le relire encore deux ou trois fois!
    Total respect pour le sens de l’écriture et de l’analyse si pointue…

  • Matt  

    Voilà surement pourquoi j’ai toujours bien aimé suivre Vegeta dans l’anime, sans forcément avoir les mots pour expliquer pourquoi.
    Il était parfois con, destructeur, toujours prétentieux, mais ça rendait certains contrastes plus marquants : il pleure en parlant de Freezer et de ce qu’il a fait à son peuple, il se marrie et fait un gosse, il cache son amour mais s’énerve quand on s’en prend à son fils, il se fait exploser pour protéger les autres. C’était rare ces moments là mais ça les rendait plus marquants. On se disait « mince, mais est-il si méchant en fait ? »
    Très chouette analyse^^

    • OmacSpyder  

      Merci Matt!
      Si avec cet article tu saisis en quoi le Vegeta est en toi, alors l’objectif est atteint! Trouver des éclairages chez ces personnages et ce qui nous fait nous y reconnaître. Donc : mission accomplie pour ma part.

      • Bruce lit  

        Le personnage de Vegeta fonctionne à l’économie. En cela, on peut le rapprocher de Wolverine je trouve (on attend la réaction de JP qui déteste le personnage).

        • Kaori  

          Je n’aurais jamais (mais alors jamais) fait le rapprochement avec Wolverine (que je n’aime pas spécialement). Mais c’est vrai que le début commun est bien trouvé.
          Bon, du coup, je n’aurais pas vu Goku en Xavier non plus !!
          C’est donc vrai que tu vois les X-Men partout ;-).

          Qu’appelles-tu « fonctionner à l’économie » ? Je ne cerne pas le principe.

          • Bruce lit  

            Non, GOku, c’est Cyclope, version claremont : un boyscout qui terrasse Sinistre, Apocalypse ou Magneto au petit dej’, stratège et exécrable avec les femmes ;).
            Comme Wolverine, Vegeta fonctionne à l’économie : il est mieux de lui laisser une aura de mystère, peu de dialogue pour que ses révélations soient plus impactantes. Les deux connaissent une évolution plus ou moins similaires : Wolvie est ridiculisé en tant que directeur de l’école Jean Grey tandis que Vegeta danse, joue au Bingo ou suce une tétine. Les auteurs prennent du recul par rapport à l’image du solitaire ténébreux et violent, ce que beaucoup de fans n’ont pas supporté de part et d’autre.

          • Kaori  

            Oui mais là, quand même, tu insultes l’intelligence de Cyclope ;-).

            Je vois ce que tu veux dire pour l’économie. Et ça laisse libre court à l’imagination du spectateur, qui peut broder des tas de choses concernant les raisons de tel ou tel acte. Et se retrouver dans le personnage, ou pas.

            Pour le ridicule, oui j’ai lu des fans crier au scandale pour la cuisine et le bingo au début de DBS. Moi, ça m’a amusé.
            Et puis il se faisait déjà bien ridiculisé lors des combats. Bon, il l’avait bien cherché, certes, mais quand même, il se fait humilié presque à chaque fois dans DBZ…

            Concernant Wolverine, je ne le suis tellement pas que je n’ai pas eu connaissance de ce genre de scandale.

            Je ne suis pas difficile pour ma part, j’arrive toujours à trouver une explication pour excuser les pires comportements…

          • Bruce lit  

            Bcp ont applaudi des deux mains la mort de Wolvie en espérant qu’il revienne Badass et non plus Directeur d’école.

  • Matt  

    N’empêche c’est marrant ce que permet le recul sur la fiction. Parce que dans la vie réelle, on ne chercherait jamais à expliquer ou pardonner à un mec comme ça^^
    Enfin imaginez un article qui se pencherait sur Hitler et le pourquoi il aurait fait tout ça, et aurait-t-il du bon en lui ? Houlà la levée de boucliers que ça ferait^^
    C’est pour ça des fois que je vous trouve durs avec des persos comme Emma Frost dont les crimes sont de…draguer ? Manipuler sans tuer ? Et à côté des meurtriers de masse comme Magneto et Vegeta sont intéressants, bla bla…^^

    En fait plus ça nous touche personnellement (j’ai pas connu de meurtriers de masse, mais des manipulatrices allumeuses oui), plus ça nous emmerde. Mais dans les faits, c’est assez cocasse de s’énerver contre les persos les moins violents.^^

    • Manu  

      Remarque fort pertinente… Peut être qu’inconsciemment on s’attaque à ce qui plus « abordable » selon notre niveau d’analyse ? N’étant pas psy comme Omac, je ne saurai l’affirmer avec certitude, mais ça a du sens…

    • Kaori  

      C’est exactement ce que je me disais ce matin… Dans la vraie vie, je serais à l’asile ou en prison pour soutenir un personnage comme ça !
      Ce perso, je l’adore depuis la saga Freezer, pourtant il a commis des meurtres, même dans la saga Boo (pensait-il aux boules de crystal ??). Je pourrais tout lui pardonner tellement je le trouve passionnant et badass.
      J’adorais son regard de tueur avec le M, et le sourire en coin, et la levée de bras pour exploser les gradins. Mais je me demande si la réponse n’est pas dans l’article, sur le fait qu’on a tous un côté Vegeta, cette histoire de destructivité. Va falloir que je le relise plusieurs fois…

  • OmacSpyder  

    Pour rebondir rapidement sur cet exercice de psychanalyse, et ce que la fiction permet, l’idée est de pouvoir saisir ce à quoi ce personnage renvoie en nous. Le titre « La destructivité à l’œuvre » correspond à cette idée selon laquelle chacun possède en soi cette destructivité, qui fait partie du développement psychique de chacun. Chacun ensuite en fait ce qu’il peut, en l’articulant aux autres composantes de sa personnalité.
    Végéta est donc ici l’autre nom de cette pulsion. Cette partie de soi qui nous pousse à agir de cette façon, cette destructivité qui surgit de loin.
    C’est aussi pourquoi ça n’est pas un numéro de Collants sur le Divan, où les personnages sont pris dans leur complexité inhérente. Ici, PsyKoLogeeK permet d’aborder un angle du personnage, dans ce qu’il représente, et l’écho qu’il trouve en notre propre vie interne.

    Pour l’exemple de Hitler, dans un numéro de Collants sur le Divan nous pourrions évoquer sa paranoïa et la projection sur une catégorie d’autres de son propre mépris de soi, alors que dans un numéro de PsyKoLogeeK, nous pourrions traiter de cette part de négation de l’autre présent en chacun de nous dans notre développement psychique.
    Ce sont deux éclairages différents. D’où les titres différents en fait : chaque rubrique éclaire à sa façon, en tout cas ont cette intention. Il y a le phare, et la lampe torche ;)
    Merci pour ces remarques, elles me permettent de préciser ce point de départ…

  • Présence  

    J’ai commencé cet article avec un peu d’appréhension car j’ai arrêté de regarder la série Dragonball au bout d’une dizaine d’épisodes, et je n’ai lu que les 2 tiers de la première série manga. Autant dire que Vegeta est une personne que je connais pas, un individu pour lequel je n’ai aucune affinité, aucune histoire personnelle partagée : je ne me suis jamais projeté ou reconnu dans cet inconnu.

    La construction de l’article prouve son intelligence par le fait que les informations synthétiques en début de chapitre permettent de comprendre de quoi il est question. Comme pour chaque consultation du docteur Alex Hivence, c’est une cascade de révélations qui viennent expliquer, éclairer, démonter nos mécanismes psychiques, un acte de vulgarisation tellement efficace qu’il en devient évident, ce qui atteste d’une pédagogie sophistiquée et élégante. Du coup j’ai dévoré cet article avec autant de plaisir que s’il s’agissait d’un personnage avec lequel j’ai grandi. Félicitations à tous les deux pour ce tour de force.

    Au fil des sagas, j’en viens aussi à m’émerveiller de l’intelligence psychologique de la progression du personnage, comme s’il existait vraiment, ou comme si les différentes équipes de scénaristes suivaient une ligne directrice élaborée dès la première apparition de Vegeta. Ta précision supplémentaire permet de prendre un peu de recul et garder à l’esprit que la logique naturelle du développement de Vegeta provient surtout de la cohérence de l’article développé suivant un angle, dans ce qu’il représente, et l’écho qu’il trouve en notre propre vie interne.

    • Kaori  

      Il me semble que pour Vegeta, ce n’était pas du tout prévu qu’il évolue si positivement, à sa création.
      J’avais lu que comme le personnage commençait à plaire au public, il a évolué favorablement.

      À partir de l’arc Freezer, on voit une différence, dans le graphisme, la taille…

      • Bruce lit  

        La force de l’arc Freezer est qu’elle met en scène la rébellion d’un salaud (Vegeta) contre une pourriture (Freezer).
        Vegeta acquiert malgré lui une certaine classe, il est plus affiné, plus élancé, son armure est moins primitive.
        On sent que la tentation de faire de même avec Freezer est là durant Dragonball Super.

        • Matt  

          Mais Dragon ball Super, c’est vraiment pas super…
          Et puis bon…revenir à un humour de la série « dragon ball » (sans le Z) après avoir fait vivre plein de situations terribles aux personnages, ça marche pas.
          Freezer qui veut les Dragon Ball pour grandir de quelques centimètres parce qu’on se moque de lui…euuuh…comment dire…ça passerait dans DB avec l’ambiance comique mais après toutes ces sagas sérieuses et tragiques, non, c’est un peu concon.
          De toutes façons je reste sur ma position : je ne veux plus de nouveautés Dragon Ball. ça tire trop sur la corde, les échelles de puissance sont stupides, l’humour ou les tentatives de rendre tout le monde un peu gentil, stop !
          J’ai juste jeté un oeil pour voir et ça ne m’a pas convaincu.
          Le reboot de Broly en film est bluffant visuellement mais c’est encore naze niveau histoire. Et allez-y maintenant pour justifier pourquoi Goku et Vegeta ne fusionneraient pas sans arrêt pour résoudre les problèmes. La fierté ça va 2min mais quand le monde est en danger…
          Et Goku est redevenu encore plus con. Sérieux il n’aurait jamais embrassé Chichi ? Hein ? Après avoir fait 2 gosses ? WTF ?

          • Bruce lit  

            Je suis d’accord : vivre avec Goku, c’est pas un cadeau. A aucun moment le héros n’a de geste ou de mots attentionnés envers sa femme.

            Freezer qui veut les Dragon Ball pour grandir de quelques centimètres parce qu’on se moque de lui

            Je n’ai aucun souvenir de ça. Tu es sûr de toi ?

          • Matt  

            C’est dans le film Broly. Qui serait apparemment canon.

    • OmacSpyder  

      Merci Présence!
      Il est vrai que laisser Bruce poser les questions forme autant une introduction aux situations elles-mêmes qu’aux éclairages proposés. Et ça permet d’y retrouver ses petits. Je suis content de lire que ça fonctionne même en connaissant très peu le personnage!

      Pour qu’un personnage nous touche, il faut je pense que sa ligne directrice échappe en partie à ses auteurs, et que son évolution s’impose en soi. Vegeta fait partie de ceux-là. Si on traite avec cohérence un personnage, alors il peut nous en dire un bout sur nous-mêmes. Ainsi il possède quelque part, comme tu le pointes, une sorte d’existence propre dont il s’agit de suivre la trajectoire…

      • Kaori  

        Je suis de plus en plus persuadée de ça.

        Depuis que je suis sur le blog, je réfléchis beaucoup à pourquoi tel ou tel personnage me touche particulièrement. Qu’est-ce qu’ils ont en commun. Et surtout, qu’est-ce qu’ils disent de moi.

        C’est vraiment intéressant, surtout quand à un tournant de sa vie, on peut avoir l’impression de s’être perdu, de s’être détourné de l’enfant que nous étions.
        Je crois qu’il y a une part de ça qui fait qu’on reste tant attaché à ces personnages de notre enfance.
        Et ça permet aussi de se regarder et de se dire « finalement, si ça me touche toujours, c’est que je n’ai pas complètement perdu qui j’étais ». Est-ce un bien ou un mal, ça c’est autre chose…

        En tout cas, cette histoire de créativité/destructivité m’intéresse vraiment beaucoup, ça mérite plusieurs lectures de l’article ! Ainsi que le parallèle sur la construction et le passage à l’âge adulte. Vraiment très bon article.

        Ah, et bravo, je n’aurais jamais deviné que tu connaissais assez peu Vegeta !

        • OmacSpyder  

          @ Kaori :  » même en connaissant très peu le personnage » s’adressait à Présence. Je le connais quand même plus que ça pour que l’article soit parlant ;)

          • Kaori  

            Oups, au temps pour moi ;-).

  • Bruce lit  

    Ce qui est rigolo quand on fait un teamup, c’est de commenter l’article auquel on a participé.
    Que dire ? Que c’est aussi fun à lire qu’à préparer en coulisses ?
    Je dirais surtout que si l’adage veut que les questions comptent plus que les réponses, de temps en temps, en avoir de ces réponses, et les bonnes en plus, ça fait du bien !
    Ce psykologeek me permet en tant que fan de DB d’avoir des réponses plus que pertinentes (des Raiponces ? Avec tous ces chevelus, c’est pas anodin !!!).

    J’adore ton interprétation Anthony de la destructivité en tant que mère de Vegeta. Bien que non psy, celà m’inspire plein de pistes complémentaires :

    -Vegeta se donne tout entier à sa colère dis-tu comme un enfant. Cette piste est effectivement bien amenée par la série :
    - Le premier acte d’évolution de Vegeta ne serait pas de casser son détecteur, un jouet d’enfant qui permet de voir ce que les copains n’ont pas. Le Scooter c’est un doudou qui permet de la réassurance non ?

    -La fonction maternelle est effectivement inexistante dans DB. Je la vois essentiellement dans l’appareil de régénération où les Sayiens sont plongés dans de l’eau chaude comme des foetus. Durant l’arc Freezer, il est « attendrissant » de voir Vegeta veiller à la guérison de son ennemi : il dort à côté de Goku.

    Bulma pour moi fait plus qu’incarner la figure maternelle. En te lisant et en ayant revu toute la série ces jours ci, je suis frappé des points communs qu’on Vegeta et Bulma. Bulma est rigolote et sympa, mais jusqu’à la naissance de Trunks, elle est aussi et surtout vaniteuse, arrogante, narcissique, brutale (il faut voir comment elle s’adresse à Krillin et Gohan- On ne compte plus les fois où elle engueule Goku et ses copains). Lorsque elle s’adresse à Vegeta, même lui est « sidéré » par son toupet et son culot. Le personnage devient vraiment sympathique à partir de l’arc Cell où ses qualités de génie et de mère prennent le pas sur la matrone, réservé désormais à Chichi.
    Ton scan qui montre Vegeta et Bulma est canonique au fait ? Ils se rencontrent la première fois à la fin de l’arc Freezer. Là je ne vois pas de quel épisode il s’agit.

    Enfin, tout ceci m’a donné envie d’une nouvelle séance avec un grand destructeur : Anakin Skywalker !

    @Manu : merci, c’est sympa de se savoir lu et relu… D’ici que le blog se renomme Bruce Relu tant que ça ne devienne pas Relou…

    @Matt : comme ta remarque le souligne, on a plus de chances de rencontrer une allumeuse qu’un criminel contre l’humanité. Or c’est bien de cette humanité que l’on recherche même chez le pire des monstres comme Hitler. Il ne s’agit pas de pardonner mais de comprendre, pour moi en tout cas. C’est le sujet d’un livre dont je parle souvent de Alice Miller, psychanalyste qui dans C’EST POUR TON BIEN fait le lien entre les éducations désastreuses en amour de Staline, Ceoucescu et Hitler et ce qu’ils ont imposé à leur peuple.

    • OmacSpyder  

      C’est en tout cas toujours amusant à faire! Tu fais tout le travail et je viens juste répondre, c’est confortable ^^

      Pour le scouter, on peut aussi le voir comme un objet que fournit l’autre pour ajuster les relations entre lui et l’extérieur. Montrer sa puissance en fonction de ce qu’il détecte. Cet objet est donc un objet-autre qui indiquerait comment se comporter face à telle ou telle personne : un regard superposé de l’autre pour que l’enfant voit juste.
      Le détruire pourrait alors correspondre aux moments où l’enfant échappe à l’ascendance du parent pour faire sa crise : ne plus prendre en compte les recommandations parentales, regarder par son propre regard et détruire s’il le veut. Comme un enfant qui échappe à la vigilance du parent pour venir sans crier gare donner un coup de pied bien senti à quelqu’un avec qui le courant ne passe pas. Sans freins ni ajustement. La destructivité ne prend pas en compte la « force » ou le « statut » de l’autre. Un enfant peut se jeter sur un adulte et le mordre à pleines dents dans ces moments-là.

      La fonction maternelle (biologique) est en effet dissociée de la fonction maternante (le fait de prendre soin d’un enfant)

      Ce qui mène à Bulma : elle est maternante. Et- elle est capable comme un adulte maternant de prendre soin de Vegeta tout en ne le craignant pas. Comme tu le dis, ils se ressemblent. Comme un fils et sa… mère!
      Et avant Vegeta, elle est femme, pas mère. Mais une femme qui ne s’en laisse pas conter par ces petits garcons. Donc potentiellement une figure parentale. D’où sa capacité à prendre soin de Vegeta y compris. Lui seul a besoin de cette présence maternante.
      Le scan n’est peut-être pas canonique ( garlic!^^ ) mais, disons, représentatif …

  • Kaori  

    J’adore les psykologeeks !

    Les questions sont vraiment pertinentes, et les réponses bien amenées.
    Il y a juste un paragraphe que je n’ai pas bien saisi, sur la pulsion de la vie.
    Bon, si, en relisant bien, ça y est, j’ai compris ;-).

    Vraiment très pertinent ce parallèle entre la construction de soi et l’évolution de Vegeta.

    Et c’est amusant parce que le vrai début de l’histoire entre Vegeta et Bulma, c’est quand il revient sur Terre, peu avant l’arrivée de « futur Trunks ». Bulma lui lave ses vêtements, le soigne, veille sur lui quand il est blessé, donc oui, comme une mère…
    Je me rappelle de cet épisode parce que la chemise rose avec écrit « Bad Man » m’avait fait hurler de rire ! Genre « je suis méchant, mais pas trop » !

    • OmacSpyder  

      Une fan des PsyKoLogeeK! Super! :)

      Quand tu ne comprends pas d’emblée, reprends le bâton sur tes épaules, un seau d’eau de chaque côté, puis remonte et redescends les marches… ;)

      On a tous en effet quelque chose de Vegeta!
      Et je souscris à ce que ajoutes sur Bulma la mère bienveillante et sécurisante.

  • Eddy Vanleffe  

    Psychologeek est vraiment une rubrique pédagogique expliquant tout sur un sujet par un prisme très intéressant et bizarrement universel. (quelques soit le niveau effectif qu’on peut avoir en psychanalyse, on en a tous des notions de bases de par la culture générale)
    Bon ici, je ne peux pas en dire grand chose parce que je ne connais pas DBZ…

    • OmacSpyder  

      Voilà un très bon résumé du principe même et de la raison d’être de la rubrique! Merci Eddy!
      J’espère qu’une prochaine fois le sujet te parlera davantage!

  • Bruce lit  

    Le sacrifice est un mot employé pour éviter de dire que le Christ s’est suicidé….
    Je plaisante.
    La différence est infime mais elle est là. N’oublions pas non plus la notion de sacrifice très présente dans les animés japonais.

  • JP Nguyen  

    Bon, ben moi, Vegeta, je l’aime pas.
    Dans la catégorie « ennemi devenu allié », il y avait déjà Ten-Shin-An et Picolo.
    Pour le coup, « Satan Petit Coeur » était un méchant devenu gentil plus potable. Déjà parce que « Petit coeur » était une espèce de « fils » du Satan original (qui cracha un oeuf avant de mourir, vaincu par le jeune Goku) et qu’avec le duo Petit Coeur / Tout Puissant, on pouvait comprendre qu’il était une sorte de mal nécessaire, puisque sa mort causerait celle du Tout Puissant.

    Vegeta a massacré des planètes entières et a obtenu sa rédemption… « parce que ». Pour moi, ça n’est jamais passé. Et Akira Toriyama écrit vraiment les femmes à la truelle. Chichi ou Bulma, elles sont ultra-caricaturales et, à partir de DBZ, ne sont que des servantes/génitrices (alors qu’au début dans DB, Bulma a un côté aventurière qui contribue à faire avancer les quêtes…)

    Non, désolé, votre article n’a pas changé mon point de vue, le personnage de Vegeta est juste un gros enfoiré qui a trouvé une place en or dans la séance recyclage des méchants.
    Quand on sait que Bruce méprise Namor, ça parait étonnant qu’il apprécie Vegeta, un type largement aussi prétentieux que le Prince des Mers…

    Bon après, ce n’est pas très grave, hein, on est d’accord, ce n’est qu’un personnage de fiction pour lequel mon appréciation diffère de la vôtre… Peace et tout et tout…

    • Matt  

      Pour Namor, on pourrait dire qu’il n’a pas évolué d’un poil depuis les années 40. Il n’a jamais pleuré, aimé son fils, ni s’est fait exploser pour protéger la terre. Peut être que s’il avait montré des faiblesses ou juste des sentiments autres que son arrogance, Bruce aurait pu laisser une chance à Namor^^

        • JP Nguyen  

          Namor a pleuré la perte de beaucoup d’êtres chers. Ca me donnerait presque envie de vous en faire l’article.

          • Kaori  

            Je vote pour un article sur Namor !

    • Kaori  

      Peace aussi, JP.

      Le but n’est pas de te convaincre de quoi que ce soit, les goûts et les couleurs bla bla.

      Visiblement, tu es resté sur DB et n’as pas aimé le passage à DBZ.
      J’ai le chemin inverse. DB m’a toujours ennuyée. Et Vegeta apportait ce que Matt décrit si bien, ce petit truc qui pimente la série.

      Je ne trouve pas que cette rédemption soit juste du « parce que ».
      Les Saiyens sont à la base une espèce cruelle et meurtrière. C’est un fait, c’est reconnu. Tous des ordures, sauf Goku parce qu’il est tombé sur la tête petit, mais sinon, c’était pareil.
      Vegeta n’est pas tombé sur la tête, il a changé, au contact de Goku et de Bulma. Il est mort, il est allé en enfer, c’est reconnu aussi, c’était une ordure.
      Que la Z team ait fini par lui pardonner ses crimes et l’ait intégré dans le groupe est tout à leur honneur je trouve.
      Et puis, il a fini par faire LE sacrifice, ce qui a « réglé sa dette », si on peut dire.

      Oui, il est arrogant et fier, c’est un Prince, élevé pour être le meilleur. C’est aussi ce qui donne de l’intérêt : le voir se débattre avec ses émotions humaines alors qu’il a appris à mépriser les races supérieures.

      J’apprécie ton honnêteté, j’espère que tu comprendras que je ne cherche pas à te convaincre de quoi que ce soit, juste à t’expliquer en quoi le personnage peut être apprécié malgré ses pêchés.

  • OmacSpyder  

    @ JP : Tu peux aussi lire l’article avant de commenter. On y parle de quoi Vegeta est le nom, pas du personnage en soi. La destructivité est en chacun. Elle fait partie intégrante du développement psychique de chacun. Et comment elle s’articule pour devenir une composante du psychisme adulte.
    Parler du personnage ici comme tu le fais, c’est faire son Kakarot qui tombe du ciel avec son auréole en toisant Chichi pour aller se bastonner plus loin. Hors.. sujet.

    • JP Nguyen  

      Je t’assure Omac, j’ai lu l’article, deux fois. Une fois ce matin, et une fois ce soir. Je ne voulais pas commenter à la légère, justement.
      C’est juste que, ce qui a fonctionné à bien des reprises dans tes articles (sur Storm, Magnéto, Matt Murdock) n’a pas fonctionné ici, avec moi (et je le répète, avec moi, ou devrai-je dire avec moi et Vegeta).
      J’ai bien lu également la différence énoncée entre tes deux rubriques Collants et Psykologeek, tu ne peux toutefois nier que les deux rubriques utilisent des éléments d’intrigue de fiction pour apporter un éclairage psy et développer/vulgariser certaines notions.

      « On y parle de quoi Vegeta est le nom, pas du personnage en soi. »
      Je suis désolé, avec tous les éléments de la biographie parcourus dans l’article, on parle bien aussi du perso.

      Par conséquent, j’espère que tu pourras comprendre qu’on puisse ne pas apprécier ou s’enthousiasmer sur l’article si à la base, le personnage provoque un profond rejet.
      C’est juste ma réaction et je la partage honnêtement.

      • OmacSpyder  

        Je plaisante JP. Ma réponse était en mode Vegeta : d’où mon utilisation du nom Kakarot ;)
        C’était donc Omajin Spyder qui te répondait! ^^

        Toujours est-il que la rubrique ne vise pas à réhabiliter un personnage, juste d’en éclairer les ressorts. Ici la destructivité en chacun.
        Si Bruce part de la bio, les réponses tendent à illustrer ce qu’une composante psychique nommée Vegeta/destructivité peut montrer dans son évolution chez un individu, un sujet.

        PsyKoLogeeK part en effet d’un angle pour aborder un personnage ou un thème, là où Collants sur le Divan traverse le personnage et sa complexité. J’entends bien que la nuance est fine et que ça se rejoint à un moment : ce que nous comprenons à travers les personnages et comment ceux-ci parlent de nous ;)

        Merci de ton retour et d’avoir pris la peine de lire deux fois cet article en dépassant le rejet premier! Ça c’est une prouesse! :)

      • Bruce lit  

        Sans vouloir te Bruce-Qué ? JP, comment différencierais-tu Vegeta de Wolverine, un autre tueur en série qui le faisait lui aussi sur commande pour la CIA ?

        • JP Nguyen  

          Quand on fait sa connaissance, Wolvie à perdu la mémoire et les Hudson l’ont recueilli à l’état sauvage. Il a subi l’expérience X. Il a surtout tué d’autres soldats ou espions (certainement pas que, mais c’est surtout ça qui est évoqué). Vegeta a détruit des planètes entières.

          • Bruce lit  

            De mémoire Vegeta a détruit moins de planètes que Galactus ;) Ou Picolo qui détruit la Lune. Il les a seulement asservies, quoi…
            ahem…
            Euh…
            Wolverine a aussi tué pas mal de civils. C’est la grande révélation de ASSAUT ON WEAPON XII : il a décimé un village de civil innocent.
            Réhabiliter Namor ici même ? Défi retenu !

  • OmacSpyder  

    Je me répète un peu mais ça me paraît important : Vegeta est abordé ici sous un angle métaphorique. Il incarne cette destructivité archaïque du nourrisson du très jeune enfant.
    Ainsi les « planètes » sont ces mondes que l’enfant détruit régulièrement.
    Observez un enfant construire un château de sable puis prendre plaisir à le détruire, voire détruire celui de ses camarades avec une jubilation manifeste. Voici les « planètes » de Vegeta. Comment expliquer chez le jeune enfant cette destructivité? Est-ce que ses parents pensent que c’est un psychopathe? Qu’est-ce qui explique cela et quel est le destin possible de cette pulsion de destruction?
    Voici l’échelle de destruction de Vegeta: comme l’enfant quand il détruit il détruit des mondes. Quand un enfant met à sac sa chambre, quand un ado donne un coup de poing qui traverse une cloison, ils détruisent leur monde. Ils attendent ensuite qu’un autre le répare, pour les sécuriser. Ou alors ils s’enferment dans cette destructivité. Et les exemples du quotidien illustrent bien ce que peuvent faire des enfants perdus.

    Dragon Ball est l’histoire de très jeunes enfants qui se croisent, avec leurs pulsions. Vegeta est cette pulsion de destruction qu’ont les jeunes enfants. Tous. Et que les adultes conservent à des degrés divers.
    Ça n’est pas l’histoire d’un psychopathe. C’est l’histoire de la part de destruction de chaque enfant. D’où la fusion avec Goku qui incarne l’autre pôle de l’enfance. Et la bio de Vegeta raconte comment un enfant peut grandir avec cette part.
    La nier, c’est être certain de la retrouver à un moment comme un boomerang…
    D’où le titre : la destructivité à l’œuvre. Comment chacun peut transformer, ou pas, cette part de soi, en force motrice. Ou la laisser consumer le psychisme. De différentes façons, y compris dans les doutes qui assaillent…

  • Jyrille  

    Très bel article, le format interview nous donne facilement le mode d’emploi pour nous intégrer, nous faire jouer le rôle de l’interrogateur. Ne connaissant pas vraiment tout ça (je n’ai lu que quinze tomes de Dragon Ball, jusqu’aux cyborgs en fait, et en DA j’en ai vu un peu au Club Do et c’est tout), je ne comprends pas tout de la trajectoire de Vegeta mais cette lecture est très intéressante et interpelante. Un focus qui fournit autant de consistances sur un personnage plutôt secondaire pourrait faire penser que les auteurs ne font pas n’importe quoi, même sur vingt ans…

    La BO : plus tard…

    • Jyrille  

      Oh ben ça c’est ton taf mec ^^

  • Ed'  

    Très subtil et agréable à lire.
    Toutes ces réflexions, ces développements d’analyses psychologiques rendent compte de la complexité de l’être humain. Ces infos (commentaires compris à ne surtout pas négliger) font accèder le lecteur à cette réflexion de la pensée humaine. C’est super pertinent !!! Ça me bluffe… Une re lecture pour ma part par jour et les éléments me viennent (à demi-voix(e)) et les explications simbriquent au personnage. Fin de semaine tout sera poser ;-) Merci!

    • OmacSpyder  

      Merci Ed’ pour ce retour!
      Tant mieux si la complexité de l’être humain ressort dans cet article et son thème que le personnage de Vegeta illustre dans son parcours. Freud parlait des pulsions et de leur destin, thème d’un de ses ouvrages ; nous avons ici un destin possible de la pulsion de destructivité qui habite chacun d’entre nous. On peut lui laisser libre cours, la nier, la refouler, l’intégrer à son fonctionnement global, voire la sublimer et ça devient potentiellement… de l’art! ;)
      L’idée est de réfléchir en s’amusant sur ce que nous dit un personnage. Ravi si cela trouve écho!

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