QUI SE CACHE DERRIÈRE LES PERSONNAGES DES AVENTURES DE TINTIN ?

 Enceyclopegeek : Les personnages cachés chez Ttintin

Par : JEAN-LUC REMY

Tintin et ses amis ont traversé les moments clés de l’Histoire du XXe siècle. Les aventures sont pratiquement toutes inspirées par des événements réels et Hergé a su tirer parti de la réalité historique pour magnifiquement nourrir la fiction.
Hergé a saisi les moments clés et les tendances profondes qui deviendront pour en faire, plus ou moins transposés, la toile de fond, voire le moteur des péripéties que va traverser Tintin.
Voici donc un rapide survol sur ces hommes et femmes, réels ou non, qui ont inspirés certains personnages des Aventures de Tintin. Il y en a eu des dizaines, en voici quelques-uns.

LE PROFESSEUR TOURNESOL

Tout le monde connait le Professeur. Sa première apparition dans les aventures de Tintin date du vendredi 5 mars 1943 dans le quotidien Le Soir. Ayant appris par le journal “La Dépêche” que Tintin partait à la recherche d’un trésor, il sonne chez l’intéressé pour lui proposer son fameux petit sous-marin en forme de requin. Mais c’est le capitaine qui lui ouvre la porte…! Et son accueil est plutôt violent !jl_0

Le Soir était un quotidien germanophile dans lequel Hergé poursuivait les Aventures de Tintin pendant la guerre.
À partir de 1943, il sera présent dans tous les albums qui suivront et une aventure portera même son nom ! Avec son crâne en pain de sucre, sa couronne de cheveux en demi-cercle, ses sourcils en accent circonflexe, son faux-col amidonné et son improbable passé d’athlète qu’il rappelle souvent, le Professeur Tournesol succède à une longue série de savants fous ou farfelus qui ont fait les délices des premières aventures de Tintin.

Pour l’aspect “physique” du Professeur Tournesol, c’est le physicien suisse Auguste Piccard qui a inspiré Hergé.
Voici ce qu’il en dit :
“…Tournesol et son sous-marin, c’était aussi, c’était surtout le professeur Auguste Piccard et son Bathyscaphe. Mais un Piccard en réduction, car le vrai était très grand. Il avait un cou interminable qui surgissait d’un col trop large. Je le croisais parfois dans la rue, et il m’apparaissait comme l’incarnation même du “savant”. J’ai fait de Tournesol un “mini-Piccard”, sans quoi j’aurais dû agrandir les cases des dessins…”jl_1

Auguste Piccard fut l’ami de Einstein et de Marie Curie, c’était un original qui portait une montre à chaque poignet. Il a ouvert la voie à l’aviation moderne et à la conquête spatiale en inventant le principe de la cabine pressurisée et du ballon stratosphérique.
Appliquant le principe de son ballon stratosphérique à l’exploration des abysses, il invente et construit (un peu comme le professeur Tournesol avant lui) un sous-marin révolutionnaire : le Bathyscaphe et plonge ainsi la profondeur de 3 150 mètres en 1953.

Pour le prénom de Tryphon, Hergé l’a emprunté à un menuisier de son quartier de Boitsfort, Tryphon Beckaert. Enfin, pour la surdité de Tournesol, il s’est inspiré d’un de ses anciens collaborateurs du journal “Le XXème Siècle” : Paul Eydt, dit Paul Hythe, (qui rédigea aussi des contes pour le “Petit Vingtième”).

LE PROFESSEUR BERGAMOTTE

Hyppolite Bergamotte, le plus souvent, vêtu d’un costume noir et d’un gilet gris est un savant « américaniste », c’est-à-dire un spécialiste (ethnologue, archéologue, linguiste) du continent américain, de ses civilisations autochtones : précolombiennes, indiennes. Bergamotte a notamment rédigé un mémoire sur les sciences occultes de l’ancien Pérou. Il apparaît dans le diptyque que forment Les 7 Boules de cristal et Le Temple du Soleil.
Le Professeur Bergamotte a pris part à l’expédition ethnographique qui découvrit et ramena du Pérou la momie du roi inca Rascar Capac, Celui-qui-déchaîne-le-feu-du-ciel… Il est le dernier des sept (allusion aux six autres membres de l’expédition). Hyppolite fut un compagnon d’études de Tournesol. Même si ce dernier ne s’est jamais présenté comme un américaniste…jl_3

Il semblerait que Hergé, pour ce personnage, se soit inspiré du professeur Jean CAPART, (21 février 1877 – 16 juin 1947), Égyptologue, fondateur de l’égyptologie belge, conservateur de musées et professeur d’université. Ce dernier a aussi, semble-t-il aussi inspiré Edgar-Pierre Jacobs qui l’a caricaturé sous les traits du Dr Grossgrabenstein (Blake et Mortimer : Le Mystère de la Grande Pyramide).

Passionné par l’Égypte dès son plus jeune âge, il donne sa première conférence illustrée à l’âge de quinze ans. Lorsqu’il termine ses humanités gréco-latines en 1893, il n’existe pas encore en Belgique d’enseignement organisé en égyptologie.
C’est la raison pour laquelle il entreprend des études de droit, d’abord au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur (l’actuelle Université de Namur), puis à l’Université Libre de Bruxelles. En juillet 1898, il décroche son diplôme de docteur avec une thèse consacrée à l’histoire du droit pénal égyptien ancien.
Aux Musées royaux des Arts décoratifs et industriels de Bruxelles, la carrière de Capart s’étire sur un demi-siècle : entre 1897 et 1947. Durant ce demi-siècle, on le retrouve au cœur de tous les grands travaux et de toutes les réformes.
Signalons aussi que dans les années 1908-1909, il est la victime naïve d’une escroquerie retentissante : l’affaire des faux scarabées de Néchao. Ayant acheté deux scarabées relatant une soi-disant circumnavigation de l’Afrique à l’époque du pharaon Néchao II (7e s. av. J.-C.), il est mis en échec par des savants prussiens qui démontrent que ces scarabées sont faux. Tandis que les faussaires sont arrêtés et condamnés, il doit lui-même faire face à une violente campagne de dénigrement dans la presse avant de parvenir à rétablir sa réputation scientifique.jl_2

Le 18 février 1923, il lui échoit ainsi l’honneur d’être l’un des premiers et des seuls égyptologues au monde à pouvoir pénétrer dans le célèbre tombeau avant qu’il ne soit vidé de son précieux contenu.
À l’automne 1945, les hostilités finies, il retourne en Égypte. Mais, en février 1946, après avoir appris l’incendie du Musée du Cinquantenaire et avoir lui-même échappé à la mort lors d’une émeute nationaliste au Caire. Mais, quelques semaines plus tard, le 16 juin 1947, il décède à la clinique Saint-Joseph d’Etterbeek des suites d’une opération chirurgicale.

L’ACTEUR DES CIGARES DU PHARAON

Dans Les cigares du pharaon, première version noir & blanc de 1934, Hergé croque très certainement le célèbre acteur des années 20 : Rudolph Valentino, lorsque Tintin interrompt sans le savoir une scène de film tourné dans le désert arabe par la firme Cosmos Picture appartenant à Rastapopoulos.
Le film, quant à lui, évoque un film bien réel, de George Fitzmaurice, sorti en 1926 : Le Fils du Sheik (The Son of the Sheik) dans lequel Rudolph Valentino tenait justement le rôle principal. Dans Les Cigares du Pharaon, le film s’appelle Haine d’Arabe. En France, ce film est sorti et ressorti sous plusieurs appellation: L’Amant éternel, Le fils du Cheik, et Le Fils du Sheik. Par conséquent, l’actrice à qui Tintin « sauve la vie » pourrait donc être celle qui accompagnait Valentino dans le film, Vilma Blanky.
Dans la version en noir et blanc des Cigares du pharaon, L’acteur représenté par Hergé ressemblait vraiment à Rudolf Valentino, mais avec le passage ultérieur à la couleur, il changera de physionomie et deviendra plus proche du physique de certains acteurs américains des années 1950, de Gary Cooper en particulierjl_4

Rudolph Valentino (1895-1926) était un acteur italien. Il part à dix-huit ans aux États-Unis où il exerce différents métiers avant de devenir danseur, spécialiste du tango, dans un cabaret new-yorkais. À Hollywood, le jeune homme débute comme figurant sous différents pseudonymes dans quelques films muets. Conseillé par un ami, il adopte le nom de Rudolph Valentino. À la fin des années 1910, il donne la réplique à quelques-unes des plus grandes actrices du cinéma muet, parmi lesquelles: Vera Sisson dans La vierge mariée en 1918, Mae Murray dans Un délicieux petit diable en 1919, Dorothy Gish dans Nobody home, et Clara Kimball Young dans Les yeux de la jeunesse toujours en 1919. Doté d’un physique d’athlète et d’une grande beauté, Rudolph est remarqué par la Metro Goldwyn Mayer qui le prend aussitôt sous contrat. En 1921, il tourne en vedette dans Les quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram. Le film est un triomphe et Valentino devient la première star latine du cinéma américain. Pour la Paramount, il interprète le rôle d’Ahmed dans Le fils du Sheik de George Fitzmaurice.

Durant les cinq années qui suivent, Valentino est la star numéro un du box-office, tous ses films sont des succès phénoménaux, parmi lesquels: Le droit d’aimer, Arènes sanglantes, Monsieur Beaucaire, L’hacienda rouge, L’aigle noir, et Cobra. En 1923, Rudolph Valentino se marie avec la grande artiste Natacha Rambova dont il divorce en 1926. Durant leur séparation, Natacha émet des doutes sur la virilité de son mari. Ses déclarations ternissent l’image de la star, d’autant plus que, dans ses derniers rôles, il apparaît de plus en plus maquillé. Pour l’anecdote, à cette époque, le Chicago Tribune l’accuse de féminiser l’image du mâle américain.jl_6

Rudolph Valentino n’a pas le temps de démentir ces rumeurs. En effet, alors qu’il est à l’apogée de sa carrière, le 23 août 1926, Rudolph Valentino meurt à l’âge de 31 ans à New York en raison d’une septicémie survenue après une opération chirurgicale pour un ulcère gastrique aigu. Il s’était effondré sur un trottoir de Manhattan. Des funérailles grandioses sont organisées. C’est la désolation la plus totale et de nombreuses femmes, complètement désespérées, se suicident en apprenant sa mort. Valentino entre dans la légende du cinéma. Il est la première superstar masculine du cinéma mondial.

LES PERSONNAGES DE L’OREILLE CASSÉE

BASILE BAZAROFF
Pour ce marchand de canons (qui deviendra Basile Bazaroff dans l’Oreille Cassée) Hergé s’est inspiré d’un personnage authentique qui défrayait la chronique à l’époque : il s’agissait de Basile Zaharoff, trafiquant d’armes richissime qui dirigeait la Vickers Armstrong (qui deviendra la Vicking Arms Company Limited dans l’aventure) et possédait plusieurs journaux.
Il avait la particularité d’être toujours vêtu de la même façon : la même gabardine, le même chapeau cloche et la même canne. Pour la petite histoire signalons que c’est lui qui vendit le premier sous-marin fabriqué… au gouvernement grec dans les années 30.
Basil Bazaroff qui incite le San Théodoros du général Alcazar à s’armer pour prendre le contrôle de la région du Gran Chapo riche en pétrole, avant de s’envoler pour la république du Nuevo Rico vendre le même type d’armes au général Mogador le président du pays voisin. Dans l’aventure on le voit vendre un canon, le 75 T.G.R.P qui lance à 15 kilomètres de “jolis petits obus nickelés” !jl_7

Ce personnage célèbre a alimenté de nombreux conflits en vendant des armes à diverses nations opposées et ennemies. Paul Morand l’a dépeint comme « un splendide aventurier, roi secret de l’Europe », en raison à la fois des nombreux mystères et des zones d’ombre qui entouraient plusieurs périodes de son existence, et des relations internationales qu’il avait su nouer à travers le monde.
Il a fréquenté les plus hautes personnalités politiques, comme Georges Clemenceau à qui il offrit une Rolls-Royce et qui – par l’entremise de Nicolas Pietri, son représentant en France – recruta son fils Michel dans la société Vickers.
Son importante fortune lui a aussi permis d’être en maintes occasions un philanthrope :
• Fondation de la Chaire d’aviation à la Sorbonne : 700 000 francs (avant 1914)
• Fondation de la Chaire d’aviation en Russie pour l’amitié franco-russe : 500 000 francs
• Services exceptionnels à la Marine de guerre avant 1914 : estimation à 2 000 000 francs
• Fondation des Cercles du marin à Toulon : 250 000 francs
• Fondation de l’Hôtel du soldat à Paris : 300 000 francs
• Don au Comité national des sports pour les jeux olympiques de 1916 : 500 000 francsjl_8

Son association avec Albert Ier de Monaco, puis avec Louis II, l’amena à acheter la Société des bains de mer couverte de dettes. À la même époque, Zaharoff s’assura auprès de Georges Clemenceau que le Traité de Versailles garantirait la protection des droits de Monaco comme ils avaient été établis plusieurs siècles auparavant en 1641.
L’aviez-vous remarqué ? Lors de la première publication de l’aventure dans le Petit Vingtième, Hergé a lui avait donné le nom de MAZAROFF, et dans l’album couleurs, il a été remplacé par BAZAROFF.

RIDGEWELL L’EXPLORATEUR

Pour cet étonnant explorateur, virtuose de la sarbacane, Hergé s’est inspiré du colonel britannique Percy Harrison Fawcett (1867 – 1925 ?), lequel avait servi en Orient, et notamment à Ceylan, en tant que fonctionnaire des services secrets britanniques.
Ce dernier était un excellent connaisseur de l’Amérique du Sud où il avait travaillé, en tant qu’expert international, à la délimitation des frontières de certains états du continent.
Convaincu de l’existence quelque part au Brésil d’une fabuleuse cité perdue, décrite dans un manuscrit retrouvé dans les archives de la bibliothèque nationale de Rio de Janeiro, il décida de partir à sa recherche. Après une première expédition manquée, Fawcett persévère : il est persuadé de l’existence dans la région d’une cité secrète où auraient vécu les rescapés de l’île mythique.jl_9

En 1925, il organise une seconde expédition avec l’appui de la Société Royale de Géographie de Londres. Accompagné de son fils, âgé de 23 ans ils s’enfoncèrent dans l’enfer vert amazonien pour se perdre à tout jamais. Des années durant, on les rechercha, sans résultat.
Les témoignages les plus divergents se succèdent : l’un prétend avoir rencontré des indiens portant une plaque avec le nom de Fawcett, un second affirme avoir vu un blanc dans la jungle qui ne souhaitait plus retourner vivre dans la civilisation, un troisième aurait vu une tête coupée ayant les traits de Fawcett, etc…
Nul doute qu’Hergé avait dû lire tout cela dans les journaux de l’époque et qu’il s’inspira du personnage.

En 1951, l’explorateur brésilien Orlando Vilas Boas réussit à obtenir les aveux d’un chef de tribu des Indiens Kayapos, déjà très vieux, lequel l’informa qu’il avait purement et simplement tué à coups de gourdin Fawcett et ses deux compagnons de voyage… Or, peu après la narration de cette fin misérable, voilà qu’un prétendu proche parent, neveu en l’occurrence, fit son apparition pour raconter que le colonel, épargné par le chef indien, avait continué sa route et découvert la mystérieuse « cité de l’or du déluge », ville souterraine sise sous la montagne sacrée de Ron cador. Une ville habitée par 100 initiés dont certains vivaient dans des corps éthériques, invisibles et impalpables… !!!!jl_10

 

LES PERSONNAGES DE TINTIN EN AMÉRIQUE

AL CAPONE
Quand Hergé commence à dessiner Tintin en Amérique, Alphonse (d’où le diminutif Al) “scarface” Capone est en pleine gloire (ses revenus annuels atteignent 100 millions de dollars) et il fait parler de lui dans le monde entier. Hergé s’attaque donc à un mythe en représentant le célèbre gangster dès le premier strip. Hergé avait déclaré : “Al Capone était pour moi un personnage quasi légendaire. C’est pour ça que je l’ai mis en scène tel quel”. Notez, en ce qui concerne Al Capone que c’est le seul personnage réel des aventures de Tintin qui porte son vrai nom. Les autres personnages réels dont Hergé s’est inspiré ont toujours été affublés d’un nom de circonstance.jl_11

MARY PICKFORD
Tintin rencontre, lors d’une réception organisée en son honneur, Mary Pickeford, une de ces starlettes modernes et excentriques. Il s’agit bien évidemment de Mary Pickford, immense star du cinéma muet Surnommée “la petite fiancée de l’Amérique”, elle était née en 1892 à Toronto et s’appelait en réalité Gladys Louise Smith. En 1919 elle fut co-fondatrice avec Griffith, Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks (qu’elle épousa l’année suivante) de la célèbre compagnie cinématographique “United Artists”. Comme pour beaucoup d’autres, la fin du cinéma muet fut fatale à sa carrière. Elle est morte en avril 1979.jl_12
BOBBY SMILES
Pour Bobby Smiles, que Tintin livrera à la police dans une caisse, Hergé s’est là encore inspiré d’un autre gangster “chicagolais” bien réel : Georges “Bugs” Moran (“Bugs” signifiant : “le branque”).
Cet irlandais sera l’un des ennemis jurés d’Al Capone. La lutte qui va les opposer sera jalonnée de cadavres. Le 20 septembre 1926, il tente d’assassiner Al Capone dans son fief de Cicero, dans l’Illinois. L’entreprise est un fiasco, Al Capone s’en sort sans une égratignure. Le 14 février 1929, au cours du fameux massacre de la Saint-Valentin, les hommes d’Al Capone déguisés en policiers abattent dans le dos les lieutenants de Moran. Celui-ci, arrivé en retard au rendez-vous, échappe à la mort de justesse.jl_13
PHILIPPULUS
Philippulus est certainement un des personnages qui nous a le plus impressionnés quand nous lisions, enfant, les Aventures de Tintin.  C’est ce vieillard barbichu qui annonce le châtiment en brandissant un index menaçant.
Esprit particulièrement dérangé, il parcourt la ville, muni de sa canne serpentiforme, vêtu d’une toge blanche, pointant son doigt vers le ciel et rythmant à coup de gongs ses invectives apocalyptiques.

Les spécialistes de l’œuvre de Hergé s’accordent pour affirmer que derrière Philippulus se cache un ami proche de Hergé : Philippe Gérard. Les deux hommes s’étaient rencontrés à l’adolescence et avaient partagé leurs années de scoutisme. Philippe, à l’époque, avait prédit à son ami, dans un article, que les reproductions de ses dessins se vendraient à des prix astronomiques, que Hergé serait statufié, que les villes de Belgique se disputeraient l’honneur de l’avoir vu naître, etc.…Il a ensuite inspiré Hergé pour certaines aventures dont le Sceptre d’Ottokar notammentjl_1
Mais le 30 juin 1941, lors d’une réunion des anciens scouts à Saint Boniface une violente dispute oppose les deux amis à propos de l’attitude qu’il convient d’adopter face l’occupant. Pris à partie Hergé s’est défendu, le ton est monté rapidement et devants leurs compagnons une violente dispute les as opposés. Philippe attaque Hergé sur son attitude qu’il juge trop accommodante à l’égard des Allemands, le menaçant de représailles lorsque le moment serait venu.

Le 2 juillet Philippe Gérard récidive et dans une lettre envoyée à Hergé, il lui reproche : « … Tu t’es rangé du côté de ceux qui font…une sale besogne… »
Le 5 juillet Hergé lui répondra par une longue lettre dans laquelle il se justifie Mais, le mal est fait et Philippe Gérard et lui ne se reverront plus jamais. Tous deux ne se sont jamais réconciliés. Et Hergé se vengera à sa façon, en créant l’inquiétant Philippulus… Allusion transparente à Philippe Gérard qui lui avait promis « des lendemains qui déchantent ».jl_2

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Qui sont les personnages qui ont inspiré Hergé pour le cinglé Philippulus, les professeurs Tournesol, Bergamotte et bien d autres ?
Notre professeur JL Remy vous en dresse les biographies, photos à la clé chez Bruce Lit.
Dong !

La BO du jour : notre expert en Tintin vous dresse son Whoswho !

7 comments

  • midnighter  

    il me semble que zaharoff a inspiré le personnage de mr arkadin de orson welles
    Percy Fawcett a donné lieu au récent film de james gray  » the lost city of Z « 

  • Présence  

    Un article très impressionnant qui produit une étrange sensation celle de redécouvrir des personnages que l’on croit connaître sur le bout des doigts au travers de leur version de papier.

    De manière tout aussi étrange, savoir quel individu réel a inspiré Hergé n’enlève rien à leur statut iconique. Ces aventuriers bien réels (Basile Zaharoff ou Rudolph Valentino) en deviennent encore plus immortels dans leur version papier, quel paradoxe. Cet article permet de découvrir qui Hergé a magnifié et dans quelle mesure il s’agit de création ou de recréation, mais aussi de recontextualiser les albums correspondants dans leur époque. Je reste toujours aussi étonné que Tintin en Amérique soit aussi « vieux », alors que quand je l’ai lu enfant pour la première fois, il ne me paraissait pas daté.

  • Jyrille  

    Je suis très impressionné par l’article. Je me doutais que certains personnages étaient inspirés de personnes réelles, mais je ne les connaissais pas (à part Rudolph Valentino). Cela m’était plus évident dans Astérix qui est plus contemporain de mon enfance. Ces détournements donnent sans doute une nouvelle dimension à la lecture à Tintin.

    Je ne suis pas certain que les dons de Basile Zahaof soient vraiment de la philanthropie…

    La BO : une chanson que je déteste d’un groupe que j’adore.

  • JP Nguyen  

    Bigre ! Je ne connaissais pas toutes ces références cachées à des personnages ayant existé. Décidément, la Tintinophilie est une discipline très pointue… C’est marrant de voir comment, malgré des intrigues rocambolesques, pleines de hasards et de coïncidences plus ou moins heureuses, Hergé aimait ancrer ses histoires dans le réel. A travers les personnages secondaires, comme cet article le montre, mais aussi la représentation des lieux ou des véhicules, souvent fort détaillés…

  • Bruce lit  

    Rudolf Valentino chez Tintin !!!
    Merci Jean Luc !

  • Vindicator  

    Au top !

  • Tornado  

    Comme Bruce, je ne connaissais pas l’anecdote « Valentino ». Le reste, oui ! :)

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