Rahan recherche du temps perdu

Jord Special Origines : Rahan par Lecureux et Chéret

Première publication le 26/11/14- Mise à jour le 02/01/18

AUTEUR : JORD AR MEUR

Cheveux de feu aux fesses !

Bon, là je m’attaque à un personnage de Bande Dessinée monolithique, paléolithique, idéologique, fantasmagorique, grand public, éthique mais certainement pas très pratique à commenter : Le très politiquement correct Rahan, le MacGyver des âges farouches, le fils de Crado… heu ! Craô, le père du paternalisme, le surdoué qui découvre le feu, l’usage des armes, le monte charges, le delta-plane, l’arbalète géante, le pont tournant, etc., l’homme qui tient absolument à partager ses connaissances avec « ceux qui marchent debout » sans trop se préoccuper de l’usage qu’ils en feront dans l’avenir, le grand voyageur qui passera la majeure partie de son existence à la recherche du temple du soleil…

Tiens jte donne un truc, mais tu dois me promette de lenelver pour dormir !

Tiens j’te donne un truc, mais tu dois me promette de l’enlever pour dormir !

Son époque : Située entre celle du film «One Million B.C. » et celle de « La Guerre du feu ». Son parcours : La Route du Rhum multipliée par 100, même si sa première apparition se fit dans le Pif… Son âge : Indéterminé au début, vingt ans dans un épisode où il s’en inquiète, plus jeune dans le « Petit Rahan », plus vieux dans ses nouvelles aventures …

Son nombre d’aventures : du N° 1 du journal Pif Gadget (3 mars 1969) au dernier album en date « L’Incroyable Romain la roche » (2010). Un nombre important d’épisodes basés sur le concept de « premier contact ». Moi je n’ai pas le temps de compter ! Amusez-vous bien ! (rires sadiques).

Comment ça, Rahan n’a pas le droit d’avoir un coutelas en ivoire ?

Rahan, premier trafiquant d’ivoire !

Son but : Au début, essayer de bronzer un peu plus en se rapprochant du soleil sans prendre vraiment de raccourcis, enseigner aux humains la façon de détruire le monde, combattre de méchants sorciers, de vilains tyrans, des superstitions débiles et des bestioles souvent anachroniques. Dans les derniers albums, le retour aux sources, le mariage, la recherche de ses deux enfants et la publicité pour les sites archéologiques de France… Ah oui, il meurt dans un épisode en 1977 (rires sardoniques)…

Sa langue : Français proto-historique évidemment puisqu’à part quelques individus, il parle le même idiome que ses compatriotes (Bien que pratiquant des voyages en distorsion ou une sorte de téléportation, il n’a jamais inventé le traducteur universel…). Ses pères : Roger Lecureux au scénario et André Chéret aux dessins.

Tentative de reconstitution du parcours probable de Rahan dans ses aventures.

Tentative de reconstitution du parcours probable de Rahan dans ses aventures

La première aventure du clone préhistorique de Tarzan, « Le Secret du Soleil », je l’ai découverte dans le premier Pif Gadget à sa parution qui inaugurait alors les grands récits de 20 pages. Ce sont les illustrations qui m’ont attiré et j’ai, comme beaucoup de gamins à l’époque, été séduit par ce personnage (et ses rencontres féminines très… Heu ! Ma vie privée de gosse ne regarde que moi !) haut en couleur en noir et blanc, jusqu’à déchirer ses aventures pour les rassembler et essayer vainement d’y trouver un semblant de continuité…

Dès son apparition, Rahan, qui n’a pas encore laissé pousser ses arcades sourcilières, combat un super-slip comme dans les Comics : un Kangourou, puis affronte des aborigènes qui ont eu l’idée avant lui du bâton-papillon revenant tout seul et qui lui expliquent que « L’homme-aux-longues-jambes » n’est pas un homme mais une bête.

Grâce à Rahan, les gens ne se droguent plus ! Pas besoin de débats sur les salles de shoot !

Grâce à Rahan, les gens ne se droguent plus ! Pas besoin de débats sur les salles de shoot !

Il ne semble pas très surdoué dans ses débuts et pourtant, après avoir essayé de chevaucher une tortue marine et nagé comme un chien, se confectionne quand même un radeau assez rudimentaire pour s’aventurer sur le « Désert d’Eau »… Puis être accueilli comme un frère chez des Africains.

Et Roger Lecureux de clore cette aventure improbable par  Tel allait vivre Rahan au premier âge de l’Humanité, en ces temps où tout était encore inconnu, danger et mystère pour l’espèce de « Ceux qui marchaient debout ».

Hé oui ! Il n’y a pas que Woverine qui a le droit de porter des griffes !

Hé oui ! Il n’y a pas que Woverine qui a le droit de porter des griffes !

C’est le cas de le dire, dans l’épisode suivant, Rahan boit un breuvage appelé « sang des fruits », tue un tigre à dents de sabre et parvient à désintoxiquer une tribu. Et dans le troisième il fait vraiment sa première trouvaille : la canne à pêche, pour surpasser un ptéranodon (il semble connaître déjà ce reptile volant anachronique puisqu’il le nomme « Wampa ») et commencer vraiment sa carrière d’éducateur avec une tribu…Le ton est donné et le succès de cette bande dessinée au rendez-vous… La fabuleuse saga d’un héros reconnu comme l’un des premiers de la BD française  peut continuer…

Au fur et à mesure des épisodes, les illustrations de l’autodidacte André Chéret vont devenir plus personnelles et s’éloigner progressivement de l’influence graphique de Raymond Poïvet (Roger Lecureux lui avait été demandé à sa première entrevue de revenir quand il saurait dessiner comme lui et Chéret commença par la suite sa carrière aux éditions Vaillant par la reprise de  « Bob Mallard »). Et son style particulier ne trouvera par la suite que d’honnêtes imitateurs, jamais d’égals.

Un de mes dessins de l’époque pour le lycée… Je n’ai plus que le négatif !

Un de mes dessins de l’époque pour le lycée… Je n’ai plus que le négatif !

Gamin, j’ai commencé à l’imiter dans mes premières BD, copiant beaucoup de personnages sur ceux de Chéret (ainsi que Druillet et Giraud). J’ai toutefois toujours préféré les histoires en noir et blanc à celles rééditées ultérieurement en couleurs (les hommes préhistoriques en violet, jaune, vert, etc…, ne sont vraiment pas naturels).

André Chéret les dessinait au début pour une parution qui n’était pas faite pour être colorisée, ses splendides décors très fouillés et ses merveilleuses représentations animales sombres le prouvent. Sa façon d’illustrer suivra d’ailleurs l’évolution avec un dessin plus épuré pour des éditions en albums. Et mes plagiats ne furent toujours que par rapport aux premiers épisodes.

1972 : Rahan en couleur ! Bof ! Avec des gadgets en plus !

1972 : Rahan en couleur ! Bof ! Avec des gadgets en plus !

De 1972 à 1974, Rahan eut le droit à un propre fascicule trimestriel puis bimestriel… Un Hors-Série (1971) et 27 Numéros en couleur et accompagnés aussi de gadgets. Une autre différence dans cette reprise de quelques épisodes de Pif : Des planches inédites intercalées en raccord pour donner une continuité aux aventures. Une idée que j’avais eue bien avant en échouant, n’ayant jamais pensé mélanger les épisodes sans tenir compte de leur chronologie comme dans cette revue.

Puis une nouvelle série de reprises en 1978 avant la véritable Intégrale aux éditions Soleil (Tiens ! il a fini par le trouver son soleil finalement, Rahan) en 1992, avec la jeunesse de Rahan en prime dans les Tomes 1 et 2.

Exemple de planches inédites intercalées… Rahan passe d’un climat polaire à une forêt tropicale !

Exemple de planches inédites intercalées… Rahan passe d’un climat polaire à une forêt tropicale !

En 1972, je tombe amoureux de ma première fille de bandes dessinées. La toute jeune Orooa de l’épisode «L’île du clan perdue ». Ben quoi ! J’avais 15 ans et trouver une fille dans cette tenue à l’intérieur d’un magazine destinée à la jeunesse n’était vraiment pas courant à l’époque. D’ailleurs, j’ai dû le cacher pour éviter que mes parents le feuillètent et me le jettent à la poubelle !  À 15 ans, en 1972, on était encore pour eux que des gosses et le couvre-feu du soir était souvent de mise…

Je reproduisais cette Orooa partout sur mes essais de BD, maudissant Rahan de ne pas profiter de l’occasion. D’ailleurs, il ne profitera pas avant longtemps de toutes ces lolitas qui croiseront son chemin, triste sort d’un héros de BD pour la jeunesse…

Mon premier amour dans la BD… Orooa ! Je me demande encore pourquoi ?

En décembre 1973, c’est la catastrophe… Le début tout au moins. Un épisode, « Le Pont des Singes » est dessiné par un certain Zampéroni. Chéret revient pour l’épisode suivant et je respire. Fausse alerte ! Après avoir illustré 4 épisodes sans que Chéret ne soit au courant ni prévenu d’ailleurs, Guido Zamperoni abandonne la série. Mais le mal est fait…

La forte demande des lecteurs pour avoir plus d’aventures de Rahan a poussé les éditions Vaillant à faire comprendre au dessinateur qu’il n’est pas propriétaire de son personnage. Il s’entoure alors d’assistants pour augmenter sa production, mais cet essai est vite abandonné, personne n’arrivant à vraiment encrer ses crayonnés. Et il devra se consacrer pratiquement à Rahan jusqu’en juin 1975.

Et Orooa se retrouvait partout dans mes plagiats de BD de l’époque. Je n’avais que 15 ans !

Et Orooa se retrouvait partout dans mes plagiats de BD de l’époque. Je n’avais que 15 ans !

Le scénario de Roger Lecureux, dans cette période, est assez répétitif, parfois ponctué par de bonnes idées. Même Rahan semble avoir oublié certains détails de sa vie et s’étonne de voir des dinosaures comme s’il n’en avait jamais aperçu auparavant. Je n’ai plus souvenir de tout et n’ai pas envie de relire la totalité des épisodes, mais la phrase du genre « Rahan n’avait jamais vu un tel animal de toute sa vie ! » revient assez souvent. Et comme je grandis, mon intérêt pour cette série diminue tandis que je commence à me passionner à d’autres. Même si Rahan rencontre de plus en plus de tribus plus évoluées que des hommes des cavernes, les histoires me paraissent de plus en plus fades.

Je crois que c’est vers la fin des années 70, quand Romero a commencé par seconder André Chéret, pour finir par le remplacer totalement par la suite, que j’ai arrêté la lecture des Rahan. Ce dessinateur espagnol fut d’ailleurs à l’origine du différent qui opposa Chéret avec les éditions Vaillant et qui se termina par plusieurs procès.

Pas à dire ! Je préférais Rahan en noir et blanc !

Pas à dire ! Je préférais Rahan en noir et blanc !

Je ne repris la lecture de cette série qu’en 1992 avec l’Intégrale des éditions Soleil. Nous passons donc à une autre période où j’ai relu avec plaisir les épisodes de mon enfance, ainsi que les suites (avec peut-être moins de nostalgie, mais quand-même une réelle redécouverte du personnage). En 1984, les magazines périodiques étaient en déclin et les albums en pleine expansion. André Chéret avait repris sa place dans la série.

Mais la politique éditoriale de « Pif Gadget » concernant la publication en album n’étant pas de mise, les droits de « Rahan » sont vendus à la petite une maison d’édition belge Novedi qui publie trois albums, avant que Soleil ne sorte son intégrale. Et je vous fais grâce des résumés de tous ses tomes que j’ai achetés jusqu’au N° 16.

Contre « le Temps » ! Rahan a bien de la chance d’avoir gagné un tel combat !

Mais la politique éditoriale de « Pif Gadget » concernant la publication en album n’étant pas de mise, les droits de « Rahan » sont vendus à la petite une maison d’édition belge Novedi qui publie trois albums, avant que Soleil ne sorte son intégrale. Et je vous fais grâce des résumés de tous ses tomes que j’ai achetés jusqu’au N° 16.

Un petit Hors-série assez particulier et inédit en juin 1997, « Rahan et l’Homme de Tautavel » mériterait presque un article à part, Rahan remontant le temps en esprit pour rencontrer un des tout premiers de « Ceux-qui-marchent-debout » Mais cet ouvrage n’est pas si anodin : Pour la première fois, les lieux de l’action sont identifiables, les Pyrénées-Orientales, où fut découvert le crâne d’un Homo-erectus (pas de jeux de mots vaseux, je vous prie !) européen de 450 000 ans .

Rahan remonte le temps !

Rahan remonte le temps !

En 1998, un nouveau changement (et pas des moindres) attend notre héros. Jean-François Lecureux, le fils de Roger Lecureux, crée la maison d’édition Lecureux productions (Beaucoup de Lecureux dans cette phrase, j’y peux rien !). Et en 1999, le dernier album scénarisé par Roger Lecureux (décédé cette année-là) et le premier inédit proposé par cette nouvelle maison d’éditions est en vente avec un macaron « Nouvel album 30ème anniversaire » et un titre étrange : « Le Mariage de Rahan ».

Avec qui notre chaste héros préhistorique pouvait-il bien se marier ? Lui qui ne vivait pour le moment que dans une liberté totale ! Déjà l’histoire commence par un résumé de trois pages de sa vie passée, la nuit tragique de l’éruption du Mont Bleu, sa vaine quête du temple du soleil, de ses rencontres et affrontements avec des clans étranges et de ses combats contre des animaux monstrueux.

Alors là, c’est le bouquet !

Je vais donc spolier en donnant l’identité de sa future épouse : Taraki. Mais n’ayez crainte, car ce mariage ne se fera pas à cause d’une loi sacrée qui interdit à cette Taraki d’épouser un homme qui a déjà compagne et enfants (Et là, stupéfaction de la part de Rahan, on peut le comprendre !). Il apprend en effet qu’une jeune fille rencontrée il y a dix ans (en fait dans Pif Gadget N° 862- 1985), Nanoua, lui a donné deux fils, Han-ra et Toroar. Le rejeton des âges farouches n’est donc pas resté totalement effarouché devant les charmes du sexe opposé.

Les dessins de Chéret ne sont peut-être plus ce qu’ils ont été et on a parfois l’impression qu’il les bâcle, mais gardent un certain charme. 7 albums suivront ce mariage qui aurait été politiquement incorrect, Rahan ne pouvant devenir bigame.

1985 :Rahan rencontre Nanoua ! 1999 : Rahan est papa !

1985 :Rahan rencontre Nanoua ! 1999 : Rahan est papa !

Après avoir retrouvé son amour d’antan, puis ses deux fils fugueurs, Rahan va poursuivre ses aventures dans des scénarios signés à présent Jean-François Lecureux, suivant de près les découvertes du néolithique de France et lui faisant visiter les sites des futurs musées archéologiques comme la  Roche de Solutré (Saône-et-Loire) , Bélesta (Pyrénées-Orientales) , La grotte de Niaux (Ariège) , etc.

Quand je vous disais que Rahan était Français (Ses yeux bleus et ses cheveux blonds, c’était pour le différencier de Tarzan au début de sa carrière). Un essai du scénariste pour faire naitre des passions chez les jeunes actuels et des albums se terminant par des photos et des commentaires sur ces lieux ?

Comme beaucoup de héros de revues destinées à la jeunesse, Rahan eut aussi le droit à des parodies. Personnellement, celle que je préfère est une BD de Gégé et Malo Louarn parue dans le fanzine « Frilouz » au début des années 80 : « Mââr-Rhan » Et quand je pense que j’ai tout à ranger mes albums sortis pour écrire cet article, j’ai des frissons…

La collection entière des Rahan est assez farouche !

La collection entière des Rahan est assez farouche !

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Séquence nostalgie : quand l’ami Jord Ar Meur nous parlait de SON Rahan.

La BO du jour : La chanson de l’homme Prehisto :

13 comments

  • Tornado  

    Moi aussi je suis tombé dans Rahan étant petit !
    Je lisais Pif gadget religieusement. Je suis en possession d’une splendide collection de Pif Gadget et je les ai tous de 1976 à 1980 !
    J’achetais aussi les Rahan reliés bimestriels (j’en ai encore une dizaine) et je collectionnais les magnifiques gadgets, que je n’ai plus aujourd’hui et que je recherche désespérément (la « Main Mystérieuse » et « l’Hombre de l’homme ») !
    http://www.rahan.org/archive/gadget.html

    J’ai acheté les intégrales Soleil (couv grise) et je les ai relues dans les années 90 en les appréciant énormément malgré leurs naïvetés.
    L’idéologie est parfois discutable mais rien ne me choque. Je me souviens d’un ami qui lisait les intégrales en même temps que moi et qui était offusqué par un sois-disant discours facho et je trouvais sa réaction navrante (un peu comme les réactions anti-Hergé), sachant que les choses devaient être remises dans leur contexte et que le sous-texte de Roger Lécureux, malgré ses grandes naïvetés, était très humaniste.
    Et puis comme Jord le fait remarquer, les scénarios ont commencé à évoluer à partir de l’époque où les auteurs possédaient davantage de liberté et de latitude.

    Petite anecdote : Lorsque j’étais adolescent, il n’y avait encore qu’une seule librairie spécialisée dans la bande-dessinée au centre de Toulon. La boutique était tenue par un jeune homme très sympathique (en tout cas à l’époque) et s’appelait « Bédule ».
    Quelques années plus tard, ce jeune libraire a monté sa propre maison d’édition nommée « Soleil ».
    Il a alors édité les intégrales de Rahan et s’est enrichi précisément grâce à l’oeuvre de Chéret et Lécureux, car cette collection intégrale a eu un énorme succès.
    La maison d’édition a prospéré et connu beaucoup d’autres succès (toute la série des Lanfeust), relançant la mode de l’Heroic Fantasy en France.
    Fort de cette notoriété, l’ancien libraire devenu éditeur s’est lancé dans le sport en rachetant la direction du club de rugby toulonnais : Le RCT.

    Aujourd’hui, le RCT brille au firmament du rugby mondial et la ville de Toulon a repris ses lettres de noblesse en la matière, quelle avait perdu depuis les années 80.
    Ce jeune libraire devenu éditeur puis directeur de club, c’est bien entendu Mourad Boudjellal !
    Et moi, depuis, je vais toujours acheter mes BD à Bédule !

  • Stan FREDO  

    Je suis aussi en âge d’avoir lu les premières aventures de Rahan dans le journal de Pif Gadget, mais ce dernier a toujours été n° 4 dans mon hit-parade des mercredis : Spirou d’abord, Pilote ensuite, Tintin, puis Pif Gadget. J’ai eu en effet la chance de lire les 4 chaque semaine pendant quelques années. Avec parfois aussi le journal de Mickey. Et Junior, qui était un Tintin bis, chez un copain. Et Spirou le plus longtemps de tous. J’aimais bien aussi Rahan, et je dois avoir dans le garage quelques « recueils à gadgets » des années 1970, dont le premier avec la couverture à moitié brûlée. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être ai-je tenté d’allumer un feu avec deux cailloux…

    • Présence  

      J’ai dû lire quelques épisodes de Rahan dans Pif Gadget également que j’achetais chaque semaine. Merci pour ce tour d’horizon très fluide et très didactique de cette série et de l’histoire de sa publication.

      • Bruce lit  

        Intéressant ton parallèle Tornado avec Tintin au Congo. Mais je reste un peu dérangé par ce volet d’aider toujours les autres malgré eux. Et puis quand même les auteurs ont un peu plus de recul que Hergé dans les années 30. Mais sur la forme je suis d’accord. Rahan a bien un fond humaniste indéniable. Car apprendre et comprendre tel était le destin du fils de Crao dixit le générique du dessin animé que j’ai immédiatement trouvé mauvais lors de sa première diffusion sur canal +.

  • Jord Ar Meur  

    Bon, j’ai rempli ma charrette et je suis sur le point de faire 60 km… Enfin ! Demain matin, si mon chien veut bien prendre les rêne… Je ne pourrais être à l’enterrement de Rahan orchestré par le Révérend Bruce… Et puis voir Rahan prendre une dernière bière (où fumer une dernière fois ?)…
    Je crois que vais d’ailleurs arrêter d’acheter des « Rahan » si c’est pour donner de l’argent à un club de sport. (Je vais revendre tous mes « Vae Victic! » (dommage, je les aimais bien) et je m’en lave les mains. Merci, Tornado, tu m’as donné une raison de ne plus m’intéresser aux productions « Soleil »… Remarque Panini n’est pas beaucoup mieux dans le genre supporter… ;)
    Je regarderai peut-être demain le véritable article sur Rahan avant de prendre la route. Après plus de PC pendant une semaine 1/2… Lecture seulement…
    À bientôt… Kenavo ar c’hentañ tro…

  • JP Nguyen  

    J’ai aussi rencontré Rahan dans les pages de PIF Gadget, mais c’étaient des vieux numéros légués par un voisin qui déménageait et que je n’ai d’ailleurs pas gardés.
    Je me souviens aussi du dessin animé, qui passait en clair sur Canal, vers 1987-88. Il me semble qu’il était plutôt fidèle à la BD (avec une animation un peu poussive mais bon…) avec un joli générique composé par Vladimir Cosma…
    Il y a eu une autre adaptation en DA en 2010 et là, je crois que c’était le drame (Rahan revisité à la sauce heroic fantasy…)
    Cette BD a quand même marqué plusieurs générations : j’ai bossé dans une boîte où il fallait saisir hebdomadairement son CRAO (Compte Rendu d’Activités Opérationnelles) et cela alimentait une autre application informatique qui consolidait tous les Compte-Rendus et qui s’appelait… RAHAN (véridique).

  • Leo Swampy  

    J’ai passé de longues heures avec Rahan…
    Non, je veux dire, avec la bd de Rahan, bande d’idiots!!!

    J’en ai encore une bonne vingtaine, dont les « intégrales » à fond noir, et les bimestriels (dont un de 1972, donc plus vieux que moi!) … J’ai de vieux Pif avec ses aventures éparses… Et je pense avoir des gadgets.
    Je me rappelle qu’il nommait les hommes ses « frères » et je trouvais ça très beau et humaniste.

    Plusieurs aventures me reviennent nettement… Son coutelas prisonnier dans je ne sais quel matériau transparent, un chef de clan lui demandant de sculpter le même, le vol du dit coutelas, les « hommes-sans-peau » et une histoire flippante où le fils des âges farouches descend dans une crevasse d’où proviennent des gémissements et que le clan habitant à côté dit être l’entrée du « royaume des ombres »… En fait , de pauvre erres emportés par les flots des décennies auparavant et bientôt délivrés par Rahan…

    Et ce fleuve infesté de piranhas dont le clan ne peut boire l’eau, la seule source potable étant de l’autre côté… Le premier aqueduc sera donc inventé par Cheveux De Feu!

    @Tornado: je regarderai si j’ai le gadget que tu cherches.

  • Jyrille  

    Bravo. Je lisais également Rahan étant petit, dans Pif, et j’adorai les dessins. Par contre, je n’ai jamais aimé les histoires, qui me paraissaient déjà improbables et surtout totalement inoffensives. Je n’ai jamais vraiment aimé le personnage, mais son influence est indéniable. Bravo donc pour cet article Jord, qui a dû te demander de nombreuses recherches et efforts, car c’est une redécouverte pour moi ! J’ai récemment croisé le dessinateur André Cheret dans ma librairie, ce fut un instant étrange, un décalage incroyable, ayant totalement oublié Rahan. Je ne pense pas en relire un jour mais un article de cette profondeur est largement mérité. Et puis il faut avouer que le principe de base de cette bd est originale et n’a jamais été égalé depuis…

  • Marti  

    Bravo pour cet article, à la fois instructif et hilarant par moment !

    Je n’ai jamais lu de Rahan, les quelques épisodes du dessin animé que j’ai pu voir étant enfant m’avaient laissé assez de marbre, et pourtant j’adorais la préhistoire… Mais bon, un tel monument de la BD française, je ne peux pas passer totalement à côté et je me forcerai le jour où j’aurais le temps !

    J’aimerai juste revenir sur le titre du dernier album sorti : « L’Incroyable Romain la roche ». Euh, il n’y a que moi que ça choc ? Cela m’évoque tout sauf une aventure se passant dans la préhistoire !

  • Jord Ar Meur  

    Pour répondre rapidement à la question de Marty (il me semble que beaucoup de personnes se la pose), sur « L’Incroyable Romain la roche », je précise que ce n’est ni un légionnaire romain qui se serait égaré dans les méandres du Temps pour propager les idées réactionnaires d’un empire dit civilisé ni d’un monstre de pierre, mais d’un site un site paléontologique et préhistorique majeur d’importance européenne situé dans la commune de Romain (Doubs).
    Depuis quelques albums (6 ou 7 albums à partir de 2003) J.F. Lecureux et A. Chéret ballade Rahan dans la France préhistorique (Avec toujours autant d’anachronismes quant aux bestioles antédiluviennes) sur des lieux de futures découvertes paléontologiques avec une postface constituée de documentations et de photos explicatives. En fait Rahan raconte la préhistoire de ce pays et pour une fois évolue dans un endroit précis avec des décors que l’on peut rencontrer actuellement. Une BD éducative en quelques sorte.
    Les scénarios de Rahan ont toujours été écrits pour la jeunesse. Par contre les aventures de son clone féminin « Ly-Noock » (2 albums parus chez Joker), écrites par Michel Rodrigue, est plus adulte. Ly-Noock est une guerrière préhistorique qui se bat pour sa vie et découvre seulement qu’en étant vierge, une partie de jambes en l’air fait saigner son corps après un baignade matinale ce qui la fait douter des ses convictions religieuses sur sa déesse, la Lune, et sur les hommes en même temps…

    • Bruce lit  

      Salut Jord !
      J’ai relu les 5 premiers Rahan hier. C’est très vieillot mais c’est plutôt aimable. Et dès le premier épisode, il est secouru par une peuplade noire pacifique qui lui apprend la pêche. Cela m’a plutôt égayé quant à l’attitude colonialiste de Rahan.
      En relisant tout ça , j’ai été bluffé par la qualité littéraire des textes et la crédibilité de Lécureux et Chenet à incarner un authentique homme préhistorique.

  • Jord Ar Meur  

    Salut Bruce,
    Rahan ne pouvait être que très vieillot, vu l’époque où il évolue. Et je n’ai jamais vu dans Rahan une attitude colonialiste, surtout qu’il est né en 1969, juste après la guerre pendant l’année érotique, même si les scénarios sont destinés à la jeunesse (et encore moins de propagandes politiques, ni de racisme). Mais tout ça, c’est du passé… En 2007, à la fin de l’album « Le Trésor de Bélesta », Rahan troque son fameux pagne contre une tenue plus politiquement correcte qui lui arrive au niveau des genoux. Dans un prochain album, il passera sans-doute chez un sorcier barbier pour se raser le crâne et profiter pour se taguer le torse (comme sont représentés actuellement pas des scientifiques les Homo Sapiens dans les documentaires actuels sur le Néolithique.)

  • Jyrille  

    Tornado, merci pour l’anecdote sur Mourad, et JP, merci pour celle des acronymes, c’est fantastique ! Cela prouve bien que les adultes ne sont que des enfants ayant poussé.

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