Robin des Toits (Catwoman de Darwyn Cooke)

Le dernier braquage par Darwyn Cooke

A chat perché avec BRUCE LIT

VO: DC Comics

VF : Semic, Urban Comics

Chapardeuse !
©DC Comics / Urban Comics

LE DERNIER BRAQUAGE paru chez Urban Comics compile l’intégralité du travail de Darwyn Cooke pour Catwoman produit au début des années 2000.
Au programme de ce recueil de 250 pages, SUR LA PISTE DE CATWOMAN, un court récit façon polar avec Ed Brubaker au scénario et Cooke aux crayons accompagné de Cameron Stewart.
Vient ensuite la suite directe de ce récit avec LE DERNIER BRAQUAGE (SELINA’S BIG SCORE), intégralement composé par Cooke toujours dans la veine polar.

Selina reprend ensuite ses aventures super-héroïques pour ANONYME un mini récit de 4 épisodes avec le retour de Brubaker au scénario et Cooke secondé par un Mike Allred en forme éblouissante.

CHEVALIER SERVANT, une histoire de 10 pages avec Cooke au scénario et Tim Sale aux dessins parachèvent cette généreuse compilation, Dave Stewart et Matt Hollingsworth assurent la colorisation ce qui ne gâche rien.

Des courbes et du félin mouvement.
©Urban Comics / Dc Comics

C’est un argument bien connu des amateurs de comics : lorsque le récit de super-héros sort de sa litanie d’affrontements de lavage de slips sales en famille, il est possible d’utiliser ces fantastiques personnages de manière plus littéraire, plus stylisée, plus mature. Le genre peut aussi bien se prêter au thriller, au film noir, au récit de science fiction voire à la comédie.

Nous sommes au début des 00’s. Chez Marvel, c’est l’ère bénie du Marvel Knights qui fait la part belle aux auteurs souhaitant imprimer une griffe à une maison des idées alors en perdition.
On peut voir dans ce DERNIER BRAQUAGE un écho chez DC à ce Zeitgeist créatif avec des auteurs qui ont depuis vu leur talent exploser. Que ce soit Cooke mais aussi Brubaker, Sale et Allred, tous ont signé des œuvres majeures du médium.

Et ce Catwoman leur permet de tester le matériel, d’expérimenter leurs obsessions, de prologuer le corps d’une oeuvre balbutiante.
Dans les deux récits principaux, Catwoman laissée pour morte reprend du service en organisant un braquage aux enjeux faramineux. Poursuivie par le maire de Gotham, par un détective privé et la mafia, la belle devra faire équipe avec…Parker, un vieux baroudeur qui a été son premier amour.

Du polar chiadé
©Urban Comics / Dc Comics

SUR LA PISTE DE CATWOMAN et LE DERNIER BRAQUAGE sont des comics d’appropriation. Catwoman n’y porte jamais son costume, Batman n’y apparaît que le temps d’une courte séquence.
C’est surtout pour Brubaker qui signera également GOTHAM CENTRAL l’occasion de raconter une histoire criminelle réaliste dans les rues de Gotham avec une femme plus acrobatique que la moyenne. Chose rarissime, son écriture laisse apparaître des traits d’humour.

Quant à Cooke, il est clair que Catwoman prépare le terrain pour sa grande oeuvre : l’adaptation de PARKER d’après les livres de Donald Westlake. Il ne fait aucun mystère de ses sources en préface : son dur-à-cuire s’appelle Stark, le pseudonyme de Donald Westlake et il lui donne les traits de Lee Marvin.
Quant au détective privé qui se fait manipuler et casser la gueule, il est tout droit sorti de l’imagination de Siegel et Schuster, les créateurs de Superman.
Les personnages secondaires ont les traits de Pam Grier et de l’acteur Burgess Meredith qui œuvrait dans la série sixties BATMAN ET ROBIN puis qui entraîna Stallone dans ROCKY.


Une époque bénie donc, où les auteurs pratiquaient le credo de notre petite entreprise : de la culture geek à la culture tout court avec des références littéraires, cinématographiques et musicales puisées dans la culture populaire allant plus loin que celle du comics autocentré.

Les personnages masculins sont hard-boiled, Catwoman une femme fatale dont la beauté fait aussi la malédiction. Un pitch dont Ed Bruker se servira pour développer son… FATALE.
Quant à Cooke, il affuble Selina de la grâce d’une héroïne des années 50. Il lui donne en fait son YEAR 1 où, elle devient la championne des putes maltraitées de Gotham.
Selina Kyle ne couche plus pour gagner sa vie, elle la risque dans le feu de l’action, volant à travers les balles, rusant comme son animal totem, s’imposant dans le milieu masculin du braquage.

Chat perché
©Dc Comics

Comme dans tous les classiques du genre, Cooke et Brubaker ont à coeur de montrer que le travail de Braqueur est un… vrai travail, certes illégal, mais avec ses obligations, sa hiérarchie, ses risques du métier, ses codes et ses collègues à supporter.
Le trait de Cooke y est plus gras qu’à l’accoutumée ce qui renforce l’atmosphère poisseuse d’un univers urbain où la chatte de gouttière se rêve angora.

ANONYME est un récit plus léger et coloré. Les personnages ont un déroutage plus fin, ils vont avoir besoin d’un maximum d’aérodynamisme pour bondir sur les toits de Gotham le temps d’une séquence époustouflante où Catwoman utilise les fils d’un poteau électrique comme un lance-pierre.

Jeu sur les ombres, découpage à couper le souffle, Allred et Cooke s’en donnent à cœur joie pour servir cette chatte qui griffe autant qu’elle cajole. Selina commence comme un chat écorché pour devenir une Robin des Toits qui redistribue aux femmes des richesses bien mal acquises à ses principales victimes. Elle bondit, virevolte, séduit et crache en titillant Batman tel un animal qui refuserait de se laisser domestiquer sans perdre son intérêt à rester à proximité.

Un album immanquable d’auteurs qui ont des histoires à raconter, des personnages à faire vivre et des fantasmes à illustrer. Et bien entendu, c’est le lecteur qui ronronne.

En catimini
©DC Comics

La BO du jour

La chatte qui casse les rats de Gotham.

38 comments

  • Surfer  

    Tu parles d’une ère bénie…Celle du début des 00´s : Le MARVEL KNIGHTS.
    Comme tu as raison 👍😉
    C’est justement à cette époque que j’ai repris la lecture intensive de comics. Cependant je me suis surtout investi dans du MARVEL .
    Du peu que j’ai lu de DC j’ai adoré GOTHAM CENTRAL dont tu fais référence. Une œuvre sous estimée et méconnue car elle s’affranchit de Super-héros.
    Manifestement ce recueil est dans la même veine. En tout cas les auteurs ont le talent pour.

    Tu m’as convaincu avec ton billet court, drôle et qui vas à l’essentiel. Il se déguste comme un bonbon acidulé 👍😉.

    Ce qui est bien avec tes articles c’est que soit, ils me donnent la banane avant d’aller bosser le matin. Soit ils accompagnent parfaitement mes moments de solitude le midi au restau entre le dessert et le café.
    J’aime pas manger seul. Mais je n’ai pas le choix.☹️

    Manque plus qu’une bonne BO pour être parfait 😉

    • Surfer  

      La BO: bien trouvée…Top👍.

    • Bruce lit  

      C’est la première fois qu’un de mes articles est comparé à un bonbon. Parfum Anis, bien entendu.
      Il y a quand même plus d’action ici que dans GOTHAM CENTRAL dont je n’aime ni les dessins de Michael Lark trop figés, ni les personnages assez antipathiques.
      Je me demandais si ce n’était pas la faute de Greg Rucka car lors des épisodes signés Brubaker en solo, j’accroche plus.

      • Surfer  

        Parfum Anis. Yes
        Le préféré de Gainsbourg 😉

        • Surfer  

          Pour GOTHAM CENTRAL, j’ai beaucoup aimé les épisodes avec Renée MONTOYA l’inspectrice lesbienne. J’ai trouvé ce personnage attachant.

  • Présence  

    Des comics d’appropriation et un peu de régurgitation : Ed Brubaker écrit à la manière des auteurs de polar, sans avoir encore acquis sa propre voix, et il le fait bien car j’avais effectivement retrouvé le ton d’auteurs que j’aimais bien. Darwyn Cooke n’a pas encore stabilisé son trait, mais est déjà très agréable à regarder. Comme tu le soulignes, ce sont leurs débuts et ils ont fait plus mémorables par la suite.

    • Bruce lit  

      Tu chipotes quand même un peu.
      Même balbutiant le style des auteurs explose toute la concurrence alentour.

  • Jyrille  

    Bon, celle-ci m’attend, je lirais donc cet article plus tard, une fois que je l’aurais lue. Par contre je viens de voir THE SUICIDE SQUAD de James Gunn et la BO est très bien, du coup j’aurais mis ceci : https://www.youtube.com/watch?v=kgCAKP5H8cs

    • Bruce lit  

      Je n’ai lu que de bons papiers sur ce SUICIDE SQUAD. Peut-être me laisserai-je tenter.
      Morceau sympa en effet.

      • Jyrille  

        Il est très sympa (quoique ultra-violent) mais ce n’est pas non plus exceptionnel. C’est un bon divertissement gentiment sale gosse avec quelques jolis moments.

  • Tornado  

    Bah oui. C’est ça qu’il faut lire. Ça reste dans ma bibliothèque d’ailleurs, quand la quasi-totalité de l’ongoing a dégagé.

    « C’est un argument bien connu des amateurs de comics : lorsque le récit de super-héros sort de sa litanie d’affrontements de lavage de slips sales en famille, il est possible d’utiliser ces fantastiques personnages de manière plus littéraire, plus stylisée, plus mature. »
    Je ne suis pas sûr que la plupart des fans de comics qui continuent de baigner dans l’ongoing ad vitam eternam partagent cet argument. Moi je le partage à 10 000%. Mais les autres… ils préfèrent en général le tout-venant en y trouvant toujours de l’intérêt et boudent le plus souvent ce qui sort du lot.

    La BO : Syd Barrett est déjà cramé au moment de son premier album solo et ce sont Waters et Gilmour qui font la prod et jouent dessus (pour l’essentiel). Ils réussissent à enregistrer quelques trucs mais, franchement, il n’y a pas grand chose à sauver de ce marasme. Quelques perles en début d’album (OCTOPUS) ne suffisent pas à contrebalancer le remplissage qui vient ensuite. RATS est à cette image : quelques bons passages dans un ensemble bordélique et typiquement en roue libre de cette fin des 60’s.

    • Bruce lit  

      « Je ne suis pas sûr que la plupart des fans de comics qui continuent de baigner dans l’ongoing ad vitam eternam partagent cet argument. Moi je le partage à 10 000%. Mais les autres… ils préfèrent en général le tout-venant en y trouvant toujours de l’intérêt et boudent le plus souvent ce qui sort du lot. »
      On appelle ça le mainstream quand nous faisons partie de la frange des lecteurs préférant l’indie.

      Syd Barrett est effectivement ardu à écouter sur une anthologie. Mais il a commis quelques perles époustouflantes dont celle-ci où l’agressivité même acoustique est prégnante.

      • Surfer  

        Sud Barrett est surtout génial sur le 1er Album du Floyd 👍. Où il compose la quasi-totalité des morceaux.
        Un disque que j’écoute régulièrement. Impossible de rester insensible à l’évocation d’astres de planètes et d’espace.
        Cette musique est dans mes oreilles ( même si je n’en ai pas 😀) lorsque je sillonne l’univers avec mon surf ballotté entre les courants cosmiques 👍👍👍

        • Surfer  

          Syd*

  • Eddy Vanleffe  

    chef d’oeuvre absolu du maisntream, Bruce a tout dit. LE GRAND BRAQUAGE est un immense plaisir de lecture, relecture et relecture. un petit film bien troussé. Le dessin est à tomber et les ombres tellement élégantes elle caressent les silhouettes.

  • JB  

    Il va falloir que je me retrouve ces récits : je pense avoir la version semic du GRAND BRAQUAGE en album ainsi que le récit de Brubaker dans un magazine Spécial DC consacré à Catwoman (une courte histoire s’y amusait également des inconstances sur la mort d’Holly Robinson).
    Mais j’ai l’impression que la série régulière CATWOMAN par le duo Brubaker / Cooke (pour les débuts au moins) a un peu effacé le souvenir de ces premières histoires. Le titre va pourtant conserver cette atmosphère de film noir ainsi que le personnage de Slam Bradley.

    • Tornado  

      Plus de la moitié du sommaire de cette édition Urban est issue de la série Catwoman par Brubaker. Ceux qui possèdent la collection ED BRUBAKER PRESENTE CATWOMAN l’ont donc déjà (ce qui est mon cas). Elle compose entièrement le premier tome de cette collection.
      Le reste du sommaire (LE GRAND BRAQUAGE) avait été publié chez Panini dans un recueil intitulé EGO + CATWOMAN, LE GROS COUP DE SELINA, dans lequel on trouvait également la mini BATMAN EGO chroniquée récemment ici par le même Bruce.
      Attention aux doublons, donc…

      Je reviens sur l’entrée en matière indiquant que « lorsque le récit de super-héros sort de sa litanie d’affrontements de lavage de slips sales en famille, il est possible d’utiliser ces fantastiques personnages de manière plus littéraire, plus stylisée, plus mature.» :
      Tandis que ça marche très bien avec certains personnages de DC Comics et notamment Batman pour lequel ont été tirées des hordes de mini-séries totalement déconnectées et autonomes, tu ne trouves rien de ce genre avec la plupart des grandes figures Marvel.
      Exemple typique avec Spiderman dont aucun scénariste ne parvient à écrire de one-shot autonome et/ou hors continuité. Je rêve de trouver ça depuis des années et personne n’est capable d’en écrire.
      Est-ce si compliqué que ça ? Est-ce si compliqué d’écrire une histoire autonome dans laquelle, par exemple, Peter Parker rentre chez lui après une journée de travail, croise quelqu’un dans le couloir de son immeuble qui lui déclenche son sens d’araignée, puis se retrouve propulsé dans une aventure autocontenue le menant dans quelque chose de l’ordre du polar, du serial killer ou de l’espionnage ? C’est tellement la mer à boire à écrire quelque chose d’aussi évident ?

      • Bruce lit  

        C’est un peu ce qui est tenté avec le Spider-Man de Zdarsky et celui de Peter David. Je ne trouve pas ça intéressant.
        Marvel faisait ça très bien avec le duo Sale / Loeb, remember ?

        • Tornado  

          Oui mais ça reste des réécritures (le BLUE de Loeb/Sale est la plus belle histoire de Spidey ever pour moi mais c’était une réécriture, tandis que Peter David veux faire pareil avec ses SYMBIOTES mais c’est pathétique). Ce ne sont pas des histoires originales qui sortent du format « série ».
          Effectivement Zdarsky fait ça (une nouvelle histoire) mais un massacre. Il ne raconte pas une nouvelle histoire originale de Spiderman d’ailleurs. Il se contente de démolir l’histoire originelle de Spiderman que tout le monde connait…

          • Fletcher Arrowsmith  

            une très bonne ré écriture de Spider-Man : LEFELINE par Fabian Nicieza et Steve Rude.

            Nicieza (encore) et Roberson sur THE FINAL ADVENTURE

            Sinon l’OGN FAMILY BUSINESS par Waid/Robinson et Dell’Otto.

            ou bien l’OGN SPIRITS OF THE EARTH par Charles Vess

            FRERES ENNEMIS par DeMatteis et John Romita Jr

            DEAD MAN’S HAND par Stern et Darick Robertson

            le RCM OUTRE MONDE par Conway et Bair.

            Spider-Man : Hobgoblin par Stern et Frenz

          • Tornado  

            @ Fletch :
            – FAMILY BUSINESS : Ah non, pas trouvé ça bon du tout.
            – SPIRITS OF THE EARTH : Idem. Old school infantile plutôt embarrassant malgré les jolis dessins.
            – FRERES ENNEMIS : Génial, grandiose. mais pas indépendant du tout… L’autre mini du même tandem, REDEMPTION, est un cran en dessous mais tout de même conseillée.
            – Spider-Man : Hobgoblin : Relu l’an dernier. De la BD pour enfant, et pas bien malin…
            (désolé pour ma rudesse anti old-school, on s’habitue quand on me connait 🙂 ).

            Le reste je ne connais pas. Tu peux m’en dire plus ?

          • JB  

            Oh, tu avais aimé les TANGLED WEB, il me semble ^^

          • Tornado  

            Oui TANGLED WEB est un idéal de série en effet. Ere MK.
            Spider-Man Unlimited Vol.3 est vraiment très chouette aussi comme petite série anthologique. J’aimerais vraiment avoir une intégrale de ces deux séries d’une qualité exemplaire.
            A la même époque, les pourtant très bons Kurt Busiek et Robert Kirkman ont fait des trucs très mauvais (vraiment) avec, respectivement, les séries Untold Tales of Spider-Man et Spider-Man Team-up. Enfin, je trouve…

      • Eddy Vanleffe  

        alors je crois que tu peux faire une belle croix la dessus depuis que Slott a fiat spider-verse…qui a mis une mandale au mythe du héros urbain proche des gens…

        • Tornado  

          La tendance est effectivement au space opéra décomplexé…
          Ce que tu dis plus bas du dernier SYMBIOTE, pour moi c’est le cas dès le premier… Et effectivement ça s’empire dès le second dans le nawak…
          J’ai fini DE PERE EN FILS et j’ai été plutôt agréablement surpris. C’est le moins pire de tous les trucs récents qui tentent des récits indépendants. C’est pas trop mal écrit et il y a quelques scènes touchantes. Je ne l’achèterais pas mais ça se lit bien.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Bruce,

    j’ai possédé ce GRAND BRAQUAGE à l’époque Semic puis revendu (ou disparu). Trop jeune pour l’apprécier pleinement. Le trait de Darwyn Cooke ne m’avait à l’époque pas frappé. J’ai largement changé d’avis depuis jusqu’à même lui consacrer un article sur TOP COMICS.

    Peut être aussi que le personnage de Catwoman ne m’avait pas plus intéressé que cela : sauf en Michelle Pfeiffer (BATMAN LE DEFI, le meilleur film de Batman à mes yeux) ou dans le YEAR ONE de Miller et Mazzucchelli.

    Je crois que j’ai apprécié réellement Catwoman avec justement l’on-going de Brubaker et les albums d’Urban. Quel dommage qu’ils n’aient pas continué (que 4 tomes il me semble) : récit + design

    Très bien les références : GOTHAM CENTRAL (j’adore) et les débuts de MARVEL KNIGHTS : du lourd, du bon, des récits mainstream qui sortent des sentiers battues, transpirant l’amour du travail bien fait et du respect des personnages, les comprenant surtout.

    Joli travail de synthèse, finalement assez court, mais assez virevoltant avec les mots. Sheba délices du jour pour la Robin des Toits. Je t’aurais bien vu convier Tennessee Williams dans ta prose.

    La BO : pas pour moi bien que …. A ré écouter plus tard pour un autre avis.

    • Tornado  

      Syd Barrett en solo est pour moi totalement surestimé, j’insiste.
      Sont convoqués pour le pousser à écrire deux albums les gars de Pink Floyd (qui le produisent) et de Soft Machine, quand même. Quelques titres sont enregistrés convenablement (le superbe OCTOPUS notamment), mais la plupart c’est quoi ? Uniquement des ébauches de chansons que Barrett fredonne avec son unique guitare quand il y arrive. Morceaux qui sont ensuite remixés par petits bouts qu’on arrive à coller les uns avec les autres, et qui sont complétés par les musiciens précités qui viennent se réenregistrer par dessus…
      Au final, oui, tu arrives à percevoir un petit truc intéressant par ci (la montée au milieu du titre RATS ici présent par exemple), un petit éclair de génie furtif par là… Mais le reste du temps, tu as un gars qui s’endort sur sa guitare parce qu’on l’oblige quasiment à enregistrer un album alors qu’il n’en est plus capable. Et c’est très perturbant je trouve. Surtout quant on qualifie le résultat de chef d’oeuvre…

      Ça me fait penser aux peintures de Géricault qui allait représenter des fous dans des asiles. C’est saisissant entant que document mais c’est avant tout des fous qu’on obligeait à poser pour « l’art ».

      • Bruce lit  

        Oui mais pas que….
        Plein d’artistes majeurs revendiquent ces albums. Il existe des reprises très sympas de personnes qui ont été au delà de ces défauts pour en faire ressortir la sève, Graham Coxon et Elliot Smith notamment.

        • Tornado  

          Mouais… Un phénomène de litanie et de culte pour moi. Je suis indécrottable avec ces « effets mouton » chez les puristes…
          Bon OK, je suis prêt à écouter la reprise de Smith pour voir…

          • Tornado  

            … et d’ailleurs la reprise de Bowie est immonde…

          • Tornado  

            Je ne trouve pas de reprise de Barrett par Elliot Smith. C’est quel titre ?

            C’est drôle mais on a inversé notre rapport à Syd Barrett tous les deux. A l’époque d’Amazon tu m’avais confié que tu n’étais pas fan du tout alors que moi je citais régulièrement son premier album que je mettais au même plan que ceux de Nick Drake.
            C’est en réécoutant ses albums plus ou moins récemment que j’ai révisé mon jugement. Il y a à mon avis trois, quatre, peut-être cinq titres à sauver de sa courte carrière solo. Le reste c’est du bidouillage et il faut vraiment être de mauvaise foi pour y voir des chefs d’oeuvre quand on sait comment ça a été produit et enregistré, c’es-à-dire par d’autres qui bidouillaient autour de quelques bouts de prise chaotiques qu’il balançait au petit bonheur la chance…

          • Bruce lit  

            Les reprises de Smith ont été retirées de Youtube. Avec le temps, j’ai appris à entendre les chansons de Barrett.
            J’adore celle-là de Jesus et Mary Chain https://www.youtube.com/watch?v=vnayLVt2bW0
            REM fait du bon boulot : https://www.youtube.com/watch?v=S21l4MwoL2E
            La même par Chris Cornel https://www.youtube.com/watch?v=5baGh5CMMVY
            Une autre reprise de Graham Coxon https://www.youtube.com/watch?v=MUpZCm-lzNE
            Damon Albarn : https://www.youtube.com/watch?v=x9rMCN8AL-s
            Sinon celle de Gilmour https://www.youtube.com/watch?v=056u0hnHsEE qui montre que ce sont des chansons plus complexes et difficiles à jouer qu’elles en ont l’air. Il a le plus grand mal à chanter dessus !

            Tu vois, le répertoire de Barrett est plus vaste qu’on peut le supposer.

          • Tornado  

            La vache… Tu aimes vraiment ces reprises, voire ces chansons ? A part OCTOPUS, je viens de les écouter et je les ai trouvées toutes plus immondes les unes que les autres ! 😨
            Même la 1° qui est pourtant un titre du Floyd du temps de la grandeur de Barrett (je ne la connaissais pas, ou je l’ai oubliée).
            Mes deux préférées de sa carrière solo sont OCTOPUS et TERRAPIN. Sinon j’adore celles de Piper, et j’aime même celle qui clôture Saucerful.
            Mes préférées sont LUCIFER SAM, MATHILDA MOTHER et SCARECROW. Et bien sûr ASTRONOMY DOMINE et INTERSTELLAR OVERDRIVE pour les compos communes avec le Floyd.
            Je ne prétends pas avoir la science infuse. Mais face à ce que je ressens en écoutant ces reprises, je n’arrive pas à y voir autre chose que du snobisme de puristes rock qui idôlatrent tous les mêmes icones pour faire « crédible ». Je perçois ça de manière aigüe. Parce que, merde, il y a quand même des milliards de chansons beaucoup plus belles à reprendre avant celles-là…
            Enfin, au pire si j’ai tort, on va dire que c’est pas mon truc en tout cas… 😅

          • Jyrille  

            J’écouterais toutes ces reprises Bruce mais je ne suis pas loin de penser comme Tornado. Les albums solos de Barrett ne m’ont jamais convaincu.

            J’aime bien cette reprise du premier Floyd par At The Drive-In : https://www.youtube.com/watch?v=UJ5DvP439Fc

    • Bruce lit  

      Merci.
      Je pense que désormais mes articles n’excéderont pas ce format court. C’est celui que je préfère et le seul que je puisse produire actuellement.

      • Fletcher Arrowsmith  

        j’y travaille également sur ce format « court » (du moins ce que j’appelle court chez moi :)) .

  • Glen Runciter  

    Un grand hommage au génial Donald Westlake. Ce dernier ne s’y est pas trompé car il a autorisé Darwyn Cooke à utiliser le nom de Parker pour les adaptations des romans de la série Parker alors qu’il l’a toujours interdit pour les autres adaptations, cinématographique surtout.
    Brubaker est le digne héritier de Donald Westlake. Du bon, du vrai roman noir. Je vous invite à lire l’œuvre de Westlake: la série des Dortmunder si vous avez envie de rire, celle de Parker (Signé du pseudo de Richard Stark) pour découvrir un personnage de truand sans foi ni loi contre lequel le Punisher ne tiendrait pas deux minutes. Et Kahawa, où l’histoire d’un vol de haute volée dans l’Ouganda d’Idi Amin Dada.

  • Eddy Vanleffe  

    Question comics , bien que je ne sois plus très collé à l’actu super héroique, c’est encore le seul secteur qui m’éveille un sourcil…
    bizarrement je trouve l’indépendant américain très peu original…je n’ai plus eu de claque à la Miller ou Terrry Moore depuis des années… les histoires sont des pitchs de films qui fotn rarement plus de deux tomes. *
    Il n’y a plus que Brian vaughan ou Kirkman ou même Hickman pour oser tender des trucs un petit peu au dessus du lot je trouve…
    on dirait qu’ils ont tous postulé pour pitcher Netflix avec des storytelling hyper sage… enfin qui sont peu emballant pour moi. les Cullen bunn, Dony cates, Lemire etc… ne me séduisent pas
    j’aime quand le mainstream se dépasse un peu comme par exemple
    j’aime autant les protpositions de Hulk qu’on eu Bruce Jones, Al Ewing en passant même par le Planet Hulk.
    C’est vrai qu’on a eu un boom créatif au début des années 2000 avec du très bon mainstream.

    j’ai continuer la saga SYMBIOTE SPIDER-MAN et si j’ai apprécié le volet sur King in black avec une équipe assez sympa…j’ai été vraiment douché froid par le dernier qui ne raconte rien et qui fait des guest et des blagues MCU en veut tu en voilà, c’est à peu près aussi opportuniste que LES MONDES DE RALPH 2 ou le film officiel du placement de produit infect…

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *