Rock in progress (comics et rock progressif)

Encyclopegeek : Comics et Rock Progressif

AUTEUR : Lion STEPHANE MAILLARD PERETTI

Cet article abordera les travaux de Roger Dean, Storm Thorgerson, Hypnosis, Morcock, Tolkien, Genesis, Pink Floyd dans la culture populaire et par extension la culture geek.cover_0

En juin 1968, quand le second album du Pink Floyd débarque dans les bacs des disquaires, le groupe a déjà perdu son dandy, Syd Barrett, parti chercher le lapin blanc d’Alice au fond du trou. Il laisse sur le vinyle quelques participations et son ultime titre avec ses potes, « Jugband Blues » qui sonne comme un affreux chant du cygne des dernières bribes de sa raison.

L’album est un patchwork des efforts des 4 autres, Waters et Wright en tête, et cette ambiance se ressent sur la pochette: un tableau aux couleurs acides, aux planètes s’imbriquant les unes dans les autres et aux références astrologiques que feu Storm Thorgerson (le responsable de la maison Hypgnosis, célbèbre designer de pochettes de disques)  étale ici …et, derrière une myriade d’étoiles et quelques bouteilles posées là, le Docteur Stephen Strange affronte le tricéphale Tribunal Vivant.

Ce n’est que l’un des nombreux albums où le monde de la pop culture va rencontrer de près ou de loin l’univers du rock.
Alors que les Beatles font leurs chemins solitaires de leurs 4 côtés, des genres nouveaux vont fleurir ça et là, propices à ces rencontres: psychédélique, space rock, hard rock, rock progressif…

Un Docteur Strange est caché dans cette image. Saurez-vous le retrouver ?

And Dr Strange is always changing his size

Mais revenons au second opus du Floyd, escorté par ce dessin sorti du Strange Tales #158, illustré par Marie Severin. A la fin des années 60, le mouvement psychédélique est en essor. Le comic book Dr Strange est emblématique de cette période, avec ses projections astrales, ses voyages hors du corps et ses mondes hors le Monde: Ici, donc, Strange fait face au Tribunal Vivant, qui lui montre la destruction prévue de la Terre. L’album lui-même est à la frontière du psyché et du space rock, on y parle du débarquement de soucoupes volantes, et le premier titre s’appelle « Let There Be More Light… Des mots rappelant la genèse.
“Open Your Mind » disait la bande annonce du film Dr Strange… Faisons donc ça en allant plus loin dans l’univers coloré des pochettes de vinyles.

Le rock progressif s’illustre par ses morceaux souvent longs, déstructurés face aux couplets-refrains-couplets de la pop, et pour sa thématique souvent héroic-fantasy, SF ou carrément horrifique. Avant-gardiste, sans nul doute.

Le dessin original datant de 1967 par Marie Severin

Le dessin original datant de 1967 par Marie Severin

L’un des premiers annonciateurs du prog c’est le groupe Moody Blues. Si on est encore loin de ce qui viendra, l’utilisation du mellotron et de la flûte, et le titre de l’album « Days of Future Passed » montrent la voie.

C’est avec des groupes tels King Crimson, Genesis ou Yes que l’architecture du Art Rock va s’épanouir au grand jour.
Les titres de ces groupes, ainsi que les couvertures d’albums indiqueront à plusieurs reprises un intérêt vers des romans d’anticipations, de contes médiévaux ou autres, ou du moins des univers empreint des mêmes pensées directrices.

Le célèbre cri de King Crimson

Le célèbre cri de King Crimson

Ainsi, les pochettes du groupe Yes, pour la plupart peintes par Roger Dean, montreront une symbiose entre ses paysages fantasques et la musique du groupe. Dean a oeuvré pour nombre de groupes de rock, et dès 1971, son travail pour Osibisa, présente des créatures étranges et chimériques que l’on retrouvera souvent par la suite. Conan de Cimérie ou Elric de Melnibonée pourraient à tout moment être croisés dans les décors de ces pochettes: oiseau-rocs, dragons et autres créatures insectoïdes, formations géologiques improbables et îles flottantes s’accordent à merveille avec la musique et les textes incongrus du groupe, parlant de Starship Troopers, de Machines Messies, et autres voyages vers différents mondes et plans.

Le monumental « Gates of Delirium » est inspiré de Guerre et Paix de Tolstoi, ainsi que d’une BD française -qui m’est inconnue… Sur « Relayer », des chevaliers errent sur leurs montures derrières de titanesques pylônes de marbres cyclopéens. Ils ne dépareraient pas dans une adaptation de Morcock. D’autres titres seront inspirés de Bradburry, et toute l’aventure picturale de Yes et de Dean fait furieusement penser à la planète Pandora dans le Avatar de James Cameron.

Les croisés de Relayer par Roger Dean

Les croisés de Relayer par Roger Dean

A un point tel que l’artiste intentera un procès, qu’il perdra -bien que les concepteurs du films avoueront entre-temps s’être laissés grandement influencer par le boulot du monsieur.
Sur l’album de Gentle Giant Octopus, la gigantesque pieuvre a des airs bien lovecraftiens et les animaux cybernétiques vus sur les afro-pops Osibisa rappellent nombre d’animaux et machines croisés ici et là, « il y a très longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine ».

Roger Dean a aussi travaillé pour les jeux vidéos chez Psygnosis, et son personnage sur Bedsides Manners are Extra de Greenslade est digne de n’importe quel comic book par Starlin ou Wolfman.
D’ailleurs, Patrick James Woodroffe qui travaillera sur l’album Time and Tide du groupe était spécialisé dans l’illustration de la SF et de la fantasy.

Un monde de deanosaures, inspirant Avatar

Un monde de deanosaures, inspirant Avatar

A cette période, les Anglais de Genesis, menés par Peter Gabriel, connaissent leur âge d’or. Les pochettes pointent l’imaginaire et le fantastique comme peu d’autres. C’est l’époque des pochettes qui livrent une épopée en se dépliant et s’ouvrant sur le vinyle: les mythes arthuriens sont bien présents, de cette vue imprenable de château moyenâgeux de Trespass (dont Omac Spyder vous fera une rétrospective demain) aux créatures étranges, tourmentées et si britanniques de A Trick of the Tail. Chevaliers et mages d’antan, gamines au regard mauvais prêtes à décapiter un compagnon de jeu avec un maillet de crocket, le ton est indéniablement différent des couvertures d’album de la décennie précédente, qui montraient invariablement les musiciens s’illustrant dans le disque.

Le côté urbain et cauchemardesque de l’ultime Genesis avec Peter Gabriel, en 1974, The Lamb Lies Down on Broadway est digne d’une affiche de film, avec son personnage central faisant face à différentes versions de lui-même dans un monde tentaculaire et pourtant claustrophobique comme autant de mondes parallèles dignes de Days of Future Past.

Les supermen sont pris dans la kryptonite, chante Gabriel en 1974

Les supermen sont pris dans la kryptonite, chante Gabriel en 1974

En effet, le rock progressif livre des histoires et les pochettes d’album du genre, comme pour le hard rock, sont des fresques illustrant les morceaux présents dans le disque, souvent en résonance avec le cinéma ou la bande dessinée.

Ainsi, lorsqu’en 1973 Pink Floyd sort Dark Side Of The Moon, devenant par là-même le monolithe immuable qu’il était appelé à devenir, l’idée d’une photographie du Surfer d’Argent a été soumise au groupe qui la déclina. On retrouvera le personnage plus d’une dizaine d’années plus tard sur Surfing With the Alien de Joe Satriani. Le dessin sort tout droit du premier épisode du Silver Surfer par John Byrne qui n’avait pas donné sa permission et n’en reçut aucun paiement.  Musique, art et pop culture, un grand tout.

Sous ce heaume, le multiverse

Sous ce heaume, le multiverse

Je citais l’anti-héros Elric de Michael Morcock, un peu plus haut. Cet auteur légendaire a travaillé avec les pionniers du Spacerock, Hawkwind, sur plusieurs albums.

En 1975, le 5eme opus, (et l’ultime avec Lemmy Kilmister ) Warrior on the Edge of Time est basé sur le personnage récurent de l’écrivain, le Champion Éternel. Il écrit pour eux de nombreux textes, ramenant à Elric le nécromancien, et l’affiche dépliante montre un cavalier au bord d’un gouffre abyssale entre deux falaises. Une fois dépliée, la couverture évoque aussi le heaume d’un guerrier, les soleils remplissent le rôle d’yeux vides ainsi qu’un bouclier marqué de l’emblème du chaos. Même si l’album ne fit pas du tout l’unanimité pour le groupe, il est indéniable que n’importe quel habitué de Dungeons & Dragons et autres jeux de rôles y verrait de nombreuses allusions à ses univers favoris. Personnellement, j’y ai toujours vu le reflet du Dévoreur d’Âmes, l’adversaire de Conan le barbare.

Salade servie glacée par Giger

Salade servie glacée par Giger

L’effroyable xénomorphe du Alien de Riddley Scott a été créé par H.R. Giger, le graphiste et sculpteur Suisse. Son style glaçant l’âme imprègne la pochette de Brain Salad Surgery, du groupe Emerson Lake and Palmer, qui s’ouvre tel un caisson cryogénique sur le disque. Puis, il travaille en 1978 avec le groupe Français Magma sur Attahk.

Plus chaleureuses, les pochettes de Jethro Tull plongent du côté du médiéval, à nouveau, avec l’éternelle figure de proue du leader/faune du groupe, Ian Anderson et sa flûte traversière souvent en son centre. Le ménestrel ramène avec sa bande une imagerie digne de Tolkien, en l’assombrissant souvent, et certains accords se perdraient aisément sur certains films tels Excalibur  ou Dark Crystal. Plus facilement abordable, Alan Parsons Project aborde le monde littéraire avec son premier album sur les écrits d’Edgard Allan Poe et ils composeront (assez mal) la bande son du film Ladyhawke.

le faune son drakkar et son épée bâtarde

Le faune son drakkar et son épée bâtarde

A l’aube des années 80, le rock prog est en perdition et les musiciens de Marillion, héritiers de Genesis, sont pratiquement les sauveurs du genre. Leur nom vient du Silmarillion, la bible de Tolkien et le chanteur parolier du groupe se grime sur scène comme le faisait Peter Gabriel, incarnant personnages après personnage, dont Grendel, la créature ennemie de Beowulf. Ainsi, les showmen du prog, comme les héros de comics, ont costumes et armures et double vie derrière les masques. Et ces personnages se retrouvent souvent sur les couv’ des albums. Tel le arlequin cher à Fish sur celles de Marillion

Pendragon et IQ, quant à eux, repartent du côté CS Lewis, Tolkien, ou mythes arthuriens, avec, disséminés dans les détails de la pochette, Merlin et Mordred du film Excalibur. Arrakeen est une référence directe à Dune, qui fut adapté aussi au cinéma et en comic books et en mini-série TV.
Pour le côté dark fantasy, citons Mike Oldfield, qui débuta à l’âge de 18 en 1973 avec son Tubular Bells, canonisé dans le film L’Exorciste. Pour son nouvel album Return to Ommadawn, Oldfield, a demandé une pochette rappelant l’ambiance hivernale de la série Game of Thrones. Le résultat fait effectivement penser que l’hiver est là.

Derrière le masque, un autre masque

Derrière le masque, un autre masque

Et du côté Japonais? En 1982, un groupe d’amateurs composés de Hideaki Anno, Hiroyuki Yamaga et Takami Akai produisent après une somme gargantuesque de travail, 2 courts métrages d’animation dont un sur le titre « Twilight » du groupe pop-prog Electric Light Orchestra (ELO): Daicon III et IV qui feront référence à tout un tas de symboles « geeks »: de Godzilla à Starwars en passant par Spiderman et Batman, ou la Guerre des Mondes. Si on échappe au sujet exclusif de la pochette d’album, on peut ici voir le processus inverse et être témoins de combien la musique rock, la pop culture et la littérature peuvent être intriqués. Ces magnifiques animés seront tellement appréciés qu’ils ouvriront la porte à la toute nouvelle Gainax et la suite fait partir de l’histoire: la firme créera une dizaine d’années plus tard le hit Neon Genesis Evangelion, qui changera la face de l’animation Japonaise.

A la fin des années 1990, le manga Beck montrera des réinterprétations de pochettes d’albums rock (prog ou non) telles celles de Radiohead. Oui, Radiohead, par son côté expérimental, parfois atonal, appartient au giron du progressif. Nier l’influence du Floyd, de Peter Gabriel ou autres King Crimson pour ne nommer qu’eux, sur la bande à Thom Yorke serait ridicule, et des groupes tels celui-ci, Muse ou Arcade Fire sont bien les enfants du genre.

Winter is coming, winter is coming... Winter has come!

Winter is coming, winter is coming… Winter has come!

Présence élargira le sujet au hard rock et ses différentes branches et brindilles, passer par le fait que bien des groupes ont goûté au prog pour être plus complet -Dire Straits, Metalica, Iron Maiden, Black Sabbath, Police, Tears For Fears… et les rattacher aux comics, au cinéma, à la littérature SF, HF ou autre.

Deadpool adore Genesis. Cassidy de Preacher les trouve atroces.
Jethro Tull est cité dans l’effroyable Armagedon. Inversement, Doc Strange l’est dans « Cymbaline » de Pink Floyd, Spider-man et un certain Rubber-man (Mr Fantastic?) par Supertramp… Il y a même un album du très Marillion/Genesis/Supertramp Carptree qui se nomme… Superhero.

Le rock progressif et ses multiples cousins partagent leur adn avec de nombreux médiums illustrant l’imaginaire des 100 dernières années… au bas mot. Du cinéma aux séries télés, des comic books anglosaxons aux mangas Japonais, des liens de parentés sont perceptibles à tout esprit et coeur attentif. Qui se nourrit de mondes imaginaires aura souvent l’oeil suffisamment aiguisé pour suivre les traces invisibles qui lient les uns aux autres… ce rayon de lumière traversant un prisme bien connu. A nous de le suivre à notre manière, sur les ondes, dans les salles obscures ou les pages des livres que le monde nous offre.

La bunny girl de Gainax dans Daicon IV, son sabre laser et l'Etoile Noire

La bunny girl de Gainax dans Daicon IV, son sabre laser et l’Etoile Noire

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Comics’n’roll » 3/7
Où Stephane Maillard Peretti nous explique les liens familiaux entre le rock progressif et la culture comics : Dr Strange et Pink Floyd, Genesis et les X-Men ou encore Conan et Hawkind. Tout ça et bien plus dans un All new, all different numéro de Bruce Lit.

LA BO du jour

29 comments

  • OmacSpyder  

    Quel article richement documenté! Il nous permet de suivre un fil conducteur dans les méandres d’une création dont je ne connais pas toutes les planètes mais dont on finit par ressentir la force de gravitation. C’est un voyage onirique où le Docteur Strange trouve sa place dans ses élucubrations psychédéliques et allégoriques. J’ai trouvé ton article foisonnant et passionnant tant la vue de haut permet d’apprécier des horizons sous un jour nouveau.

    Forcément j’ai été surpris positivement de ton passage par la galaxie Genesis, et ta légende sous la pochette de The Lamb Lies Down On Broadway rappelle en effet les paroles évoquant Superman. Ton allusion à Days Of Future Past pour cette pochette est bien vue, dans cette extraction du personnage qui regarde la scène.
    Inscrire Genesis dans ce mouvement musical et cette effervescence artistique prend tout son sens. Cet éclairage est super intéressant!!

    Mon petit article très focalisé de demain sur la pochette de Trespass sera plus autobiographique et donc bien moins documenté. Ce sera mon Trespass à moi, comme un divan sous forme de pochette…

    Merci Stéphane pour cette belle plongée dans L’ADN, et tous ces ponts que tu éclairés, qui permettent de ressentir l’essence de ce qui nous attire l’oreille et la vue…

  • Présence  

    Je pensais que je serais plus familier de l’univers du prog que de celui de Marvin Gaye, mais en fait pas tant que ça. En fréquentant assidûment les rayonnages de la FNAC pendant des années j’étais resté intrigué et séduit par les pochettes de Roger Dean, mais sans aller jusqu’à écouter ce groupe que je ne connaissais pas. J’ai rattrapé mon retard depuis. Je ne savais pas qu’elles avaient eu une telle influence sur la conception de l’univers visuel d’Avatar.

    De la même manière, je n’ai jamais eu la curiosité d’écouter les premiers albums de Genesis, n’ayant pas de goût particulier pour ce groupe, certainement faute d’un passeur qui aurait su m’y intéresser. Je suis déjà beaucoup plus familier de Marillion et de leurs magnifiques pochettes à l’aérographe.

    Est-ce que j’ai l’esprit mal tourné, ou est-ce que la pochette de Warrior on the edge of time est construite sur une forme phallique ?

  • Bruce lit  

    Merci, merci, merci Stéphane. Tout d’abord pour cet article et pour élever encore le niveau de cette semaine riche en découverte. Oui : Bd et musique, c’est un grand tout.
    Et merci aussi de m’initier à l’art du progressif, une musique que je fuis en temps ordinaire. Grâce à ton article, je me comprends mieux en tant que lecteur et mélomane. Car ce qui me fait fuir en BD : alien, vision cosmique et psychédélique, culte des mages, nains, elfes, orques, baleines volantes, chevaliers moyen âgeux, tout ce petit monde se retrouve dans les codes graphiques du rock progressif que je n’ai jamais aimé. Saucerful of secret est d’ailleurs la pochette du Floyd que j’aime le moins…. C’est donc plutôt cohérent. Cette musique est basée sur des codes graphiques allant à l’encontre de mes goûts. Ce qui finalement nous raconte aussi en temps qu’être humains : oui, les goûts et les couleurs, ça se discute, ça nous dit quelque chose sur nous mêmes….

    Je ne supporte pas Genesis, Jethro Trull et la plupart des groupes évoqués ici. Même King Crimson et ses envolées jazz rock c’est dur. 21 century est le seul album de ce groupe que j’ai à la maison avec Red qui est très bon. Et Radiohead me touche beaucoup moins que Pink Floyd. Ah si ! Tubullar Bells : j’ai écouté ça récemment et c’est excellent !

    En tout cas, je sais maintenant que Marie Serverin, l’auteure de la plus culte cover de Hulk est aussi l’illustratrice du Strange apparaissant dans le Floyd….Même si je n’arrive pas à visualiser Roger Waters lisant du Marvel Comics….

  • JP Nguyen  

    Ca fait plaisir de te (re)lire, Stéphane ! D’autant que le sujet semble t’avoir bien inspiré !

    La minute de Relektor : je crois bien que le nom du créateur d’Elric s’orthographie Moorcock et pas Morcock (et pas More Cock, non plus, car là, on sombrerait dans le X)

    Pour en revenir à la musique, ça ne vous étonnera pas si je vous dis que je connais (et apprécie!) davantage Genesis dans sa période Phil Collins que Pete Gab.

    Petite question, par rapport à « Le rock progressif s’illustre par ses morceaux souvent longs, déstructurés face aux couplets-refrains-couplets de la pop » :
    est-ce qu’un titre comme « Bohemian Rhapsody » de Queen pourrait correspondre ? ou bien l’absence de thématique SF/Med-Fan disqualifie-t-elle ce morceau pour le label « progressif » ?

    • Léo Peretti  

      Salut JP. Je pense que Bohemian Rhapsody est tout à fait prog. Bien des morceaux ne contant que des états d’âmes ou des problème sociaux sont ainsi classés, comme chez Pink Floyd, Marillion ou Supertramp…
      Donc…

      • Tornado  

        Je suis d’accord. Bohemian Rhapsody est un titre complètement progressif. Mais il constitue une exception au sein du groupe qui fait qu’on ne peut pas dire, non plus, que Queen est un groupe de rock Progressif.

  • Tornado  

    Au contraire de Bruce, le Rock Progressif représente tout un pan de mes goûts musicaux et fait corps avec ma sensibilité.
    J’ai commencé par écouter Pink Floyd et ça m’a ouvert la voie à King Crimson (petite exception en précisant que les deux préférés de Bruce sont les mêmes pour moi) et Genesis pour commencer, et ensuite Jethro Tull et Ange. J’ai par contre du mal avec la discographie des autres groupes, comme Yes, Emerson, Lake & Palmer, Amon Duul II, Caravan, Camel, The Orb, Strawbs, Styx, Gong et Van Der Graaf Generator, dont chaque album m’est indigeste en entier.
    J’ai en revanche vécu une grosse période Magma, que j’ai vu en concert sous toutes ses formes, et même en trio dans une petite boite de jazz, avec un Christian Vander qui termine le concert (uniquement des reprises de John Coltrane !) en me tendant les baguettes en disant : « Le boeuf est ouvert ». Inutile de préciser que je me suis défilé… :D

    Mon album de Mike Olfield préféré est Hergest Ridge. Le reste, c’est comme dit plus haut, très indigeste en entier, de même que certains albums de Genesis, d’ailleurs.
    Il y a ensuite tout un tas de groupe ou d’artistes qui flirtent avec le progressif et le jazz, comme Sweet Smoke, Soft Machine, Robert Wyatt, Aphrodite Childs, Supertramp (au début) et Grateful Dead. J’aime bien piocher dedans aussi, sans tout prendre, nécessairement.

    Et puisqu’on parle de Progressif, je suis en ce moment même dans une grosse période de Néo-prog où je me rappelle que j’adore cette musique à rallonge qui s’écarte complètement du rock binaire que je n’aime pas. J’écoute depuis plusieurs mois des groupes comme Riverside, Anathema, Pourcupine Tree, Gazpacho (une découverte que je dois à Présence), Archive, les floydiens de RPWL (Présence too), Elbow, Steven Wilson en solo, et bien évidemment les Marillion période Steve Hogarth (parce que j’adore la période Steve Hogarth autant que je n’aime pas la période Fish).

    Pour en revenir à l’article, c’est un bonheur malheureusement éphémère qui, pour le coup, est trop court et mériterait d’être étiré, ne serait-ce que pour y montrer plus de pochettes encore ! Allez, Steph, dis nous qu’il y a une deuxième et une troisième partie ! ;)

    • Jyrille  

      Je ne connais pas assez Magma mais j’aurai adoré les voir en concert ! Vander est un malade et grand fan de Coltrane. Je les ai loupés il y a quelques années, je loupe plein de concerts c’est horrible.

      • Jyrille  

        J’adore Hergest Ridge de Mike Oldfield aussi. Je dois encore l’avoir en cd faut que je vérifie… je ne connais ni Gazpacho ni RPWL ni Riverside ni Anathema mais le premier Robert Wyatt est un choc renouvelé à chaque écoute. Grand disque complexe. J’aime beaucoup Elbow. Mais pour le reste, en général, je n’accroche pas. J’aime bien un album de Amon Duul II, Yeti je crois.

  • Léo Peretti  

    Salut à tous.
    La pochette ne fait malheureusement pas l’album, mais gamin, comme pour les films, ça peut permettre une belle découverte. J’ai beaucoup de mal avec la plupart des King Crimson qui sont trop barés et expérimentaux pour moi, à part les classiques Starless, Red ou Dinosaur… Par contre, j’accroche pas mal à Steve Wilson et Porcupine Tree. Certains morceaux me font pas mal penser au Floyd, dans l’ambiance.
    Il a fallu sacrifier pas mal de pochettes d’album, ici, pour ne pas inonder l’article… Celles de Marillion sont magnifiques, mais comme Tornado, je préfère de très loin la période Hogarth.
    Quant à Genesis et Peter Gabriel (en solo) ça a été un grand choc avec Pink Floyd, quand j’ai eu 16 ans. Je ne comprenais déjà pas mes contemporains qui écoutaient de la dance quand j’écoutais Sting, Police ou Cabrel (oui, oui) mais avec ce genre de groupe, je me sentais encore plus éloigné des goûts de beaucoup.
    Archive et Gazpacho, c’est plutôt sympa, le dernier est une petite découverte de ces derniers mois…

    Une deuxième partie? Hmm, you never know! ;)

  • Emmanuel Pixton  

    Voilà un article passionnant et richement documenté. Bravo et merci Stéphane. Tu parles à un moment du titre « Cymbaline » des Pinkl Floyd, j’en profite pour préciser que ce titre planant est issu de la BO de l’excellent film « More » de Barbet Schröder, un classique des 70′s qui à l’instar de « On achève bien les chevaux » de Sidney Pollack ou « Easy rider », préfigurait la fin sordide de l’aventure hippie.

    • Bruce lit  

      Hello Emmanuel.
      La version studio de Cymbaline est tout ce qu’il y a de plus classique. Par contre, oui, sur scène, elle sentait la fumée….
      @Léo : Hawkind : jamais écouté.
      Peter Gabriel a longtemps été surnommé par Best ou Rock’n’folk dans les 80′s: l’homme le plus chiant du monde. Ex-aequo avec Sting…Ce dernier est très copain avec Waters qui aurait pu aussi concourir au titre…

      • Léo Peretti  

        Disons qu’au contraire de gens comme Mick Jagger ou autres Prince, ou Michael Jackson, il y a peu de scandales sur ce gars. Ni drogue, ni énorme égo (bon, il faut pas non plus rêver, hein, il avait sûrement pas de leçons à prendre, quand il était frontman de Genesis) pour ce globe-rocker, un humaniste qui a su se mouiller pour des causes valables, comme par exemple Paul Simon.. En quoi est-ce intéressant pour les journaleux des 80s?
        Sa bizarrerie (que je n’aime pas franchement dans son entier) n’est pas vraiment vendeuse, et ne cadre pas vraiment avec les frasques habituelles de ce « petit » monde.

  • Matt  

    Pfiou, sacrée mine d’informations cet article.
    Un bon paquet de références culturelles glissées dans toutes ces pochettes. Je ne connaissais rien de tout ça.
    Cela dit je dois avoir l’esprit aussi mal tourné que Présence mais le heaume me fait pas mal penser à une…bref…vous avez compris. Le dévoreur d’âme, ennemi de Conan ? C’est qui lui ? On le voit dans quoi ? Le comics ?

    J’aime bien le clip de la Gainax. Et avant de faire Neon Genesis Evangelion, ils ont fait Nadia aussi ! J’en parlais sur l’article de Tornado sur le château des étoiles d’Alex Alice.
    Rien à voir avec les étoiles en fait dans Nadia. Mais une série bien inspirée de Jules Verne très sympa.

    • Léo Peretti  

      Très bon et annonciateur de ce qui viendrait ensuite chez Gainax, Nadia.
      Faut que je me trouve les DVD.

      • Matt  

        J’ai bien envie de faire un article dessus mais il faudrait aussi que je revoie toute la série avant.

  • Matt  

    La contextualisation est intéressante aussi. Est-ce que le comics Dr Strange était novateur à l’époque avec tous ses délires magiques (qu’on trouve ou non ça kitsch de nos jours) ?

  • Jyrille  

    Bravo Léo pour ce tour de force que de vouloir faire le tour du progressif ! En fait, comme Tornado, je trouve que tu vas trop vite et du coup, je n’ai pas tout compris, cela manque de liant… Notamment ce titre à la fin en rapport avec le manga : c’est le titre du DA ? On dirait vraiment du ELO, que j’aime bien : je trouve leur album A New World Record d’extrêmement bon goût, il me donne le sourire (pourtant leur suivant est bien trop ampoulé malgré quelques bons titres, le reste, je ne connais pas). Est-ce que Jeff Lynne a fait ce titre ?

    Sinon j’ai appris pleins de trucs, parce que le progressif, je ne suis pas fan. J’ai adoré comment tu as lié les mondes ésotériques, oniriques, horrifiques, SF et fantasy avec ce genre musical : c’est exactement ça. Car j’écoutais tout ça lorsque je jouais aux jeux de rôle, ado, j’étais à fond dans Genesis, Mike Oldfield, Peter Gabriel…

    Mais à part Genesis et les albums solos de Pete Gab (et même ceux de Phil Collins à l’époque), je n’ai jamais accroché au reste. Je mets King Crimson à part tant ce groupe a changé de style. De leur premier album, je n’aime que trois titres sur cinq, je suis absolument raide dingue de leur Red, j’aime beaucoup leur live USA et Starless and Bible Black, mais je connais peu leur Beat, Discipline, Three of a perfect pair… et pourtant ils ne m’ont pas déplu. Tout comme Thrak et Vrooom qui étaient bien cool mais bien loin de leurs premières oeuvres : beaucoup de membres ont changé, Tony Levin à la basse et Adrian Belew à la guitare en sont devenus membres presque permanents.

    Par contre Yes m’a toujours gonflé (je ne supporte pas la voix de Jon Anderson), Caravan, Van Der Graaf Generator et toute l’école de Canterbury en général me fatigue. J’ai préféré me tourner vers Can, dont j’adore au moins deux de leurs albums, Tago Mago (même si un titre est vraiment hard) et Future Days.

    Je n’ai jamais tenté de nombreux groupes que tu cites (Hawkwind, un titre de-ci de-là, Pendragon, IQ etc… sans moi), et je ne supporte ni Marillion ni Porcupine Tree. Pourtant, croyez-moi, j’ai essayé.

    D’ailleurs Présence, je ne suis pas d’accord avec toi pour les pochettes de Marillion : je trouve la plupart très laides. On parlait de « beau dessin » il y a quelques temps avec Mattie Boy, c’est typiquement ce genre-là que je fuis. La preuve avec la pire de leur pochette, leur live : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/9/91/La_Gazza_Ladra_cover.jpg

    J’aime beaucoup les pochettes de Yes par contre. Serait-ce le même dessinateur que les pochettes de Asia, groupe descendant du prog des années 80 que je ne supporte pas (tout comme Toto, les groupes MIDI que je les appelle).

    Je ne savais pas que la pochette du Floyd reprenait autant le dessin de Dr Strange, avec les planètes au milieu… je suis comme Bruce, je n’aime pas trop ce disque. Enfin, je suis pas fan du Floyd de toute façon.

    Sinon je suis d’accord pour dire que le prog se trouve un peu partout, surtout dans Bohemian Rhapsody. Même Bicycle Race est un titre prog pour moi, même s’il fait trois minutes. Même les Melvins peuvent en faire. Mr Bungle aussi. Tout ce qui sort du couplet-refrain pourrait être du prog. William Sheller en a fait !

    Bref, Stéphane, il faudra que je relise ton article et que je comble les pans qui me manquent ! Et comme Tornado, j’imagine aisément que tu puisses écrire plusieurs articles sur le même thème.

    • Léo Peretti  

      Ouaip, Roger Dean à peint les pochettes de Asia, groupe qui me gonfle assez (voire très) vite comme Styx et consorts.
      Je n’aime pas grand chose chez Yes et la voix , les paroles de leur chanteur me font facilement fuir. J’aime beaucoup un album d’eux, « Drama », avec les panthères noires et les hérons, et Anderson n’est pas dans le groupe pour cet opus.
      Lynne a écrit le titre « Twilight », oui, et les Japonais s’en sont servis sans trop demander la permission pour leur second court métrage.
      Le premier album de Phil Collins est très bon. J’ai toujours trouvé l’acharnement sur ce que ce gars faisait au début de sa carrière solo, dans la plupart des disques de Genesis ou dans Brand X très con.

      Comme Bruce et toi, « Saucerfull of Secrets » ne me plait pas vraiment.

      Vers la fin de l’article, Bruce a dû essayer de recomposer une phrase avec une autre qui à la base était en milieu d’article, au fait.

  • lemmy  

    La transcription vidéo du concert de décembre 1970 d’Emerson, Lake & Palmer, « Pictures at an exhibition », mixe au show des images psyché de comics Marvel (attention aux yeux), notamment à partir de la 29ème minute (les amateurs reconnaîtront sans peine) :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZTU1eYjxNSg

    • Léo Peretti  

      Merci pour le lien, Lemmy :)

  • EmdeMad  

    Merci pour cet article très intéressant et documenté! J’ai appris beaucoup de choses ^^

    Je me demandais, comme tu dis que Muse est l’un des héritier du genre, penses -tu que leurs pochettes d’albums soient dans la même veine visuellement?

    • Léo  

      Salut!
      La pochette de l »album « The Resistance » (je connais peu Muse) me fait penser à pas mal de choses qui sonnent « films de SF » ou autre… mais le lien est plus ténu.
      Leur chanson « Knights of Sidonia » à le même nom qu’un manga de Tsutomu Nihei, un très bon mangaka à l’origine de l’ovni « Blame ». Des titres comme « Space Dementia » et « Bliss », dans « Origin of Symmetry » sont clairement influencé Genesis vers la fin de l’ère Peter Gabriel, le premier cité sonne comme un « Anyway » (de l’album « The Lamb Lies Down on Broadway ») en plus moderne et moins tourmenté, peut-etre.

      Mais le lien « pochette-comics » est moins visible, néanmoins :)

    • Bruce lit  

      Pas d’accès : cette playliste est privée :(

  • Léo, king of the youtube private lists -_-  

    Voilà… ça devrait être réglé
    Écoute la quand l’envie y est. Et pas tout d’un coup ^^ (à moins que ça te plaise vraiment)

  • Bruce lit  

    Premier bilan : j’ai écouté TOUS les Genesis de la PLaylist.
    Je trouve les intros instrumentales de Anyway, The Lamia et spécialement house of 32 doors très jolies avec de belles alternances en accords mineurs. Puis vient le chiant…Pardon le chant, et là j’accroche plus du tout. Je trouve que ça part dans tous les sens comme du prog’ quoi. Et les harmonies entre Gabriel et Collins sur Harlequin c’est itou.
    Ne connaissant d’eux que Invisible Touch, je suis néanmoins agréablement surpris de la tonalité rock arty du son.

    Marillion : Berlin : Ah ! Pas mal, joli son de guitare, mélodie intéressante, voix ok. Ça se gâte avec Gaspacho que je n’aime pas du tout. Je préfère ma soupe chaude….
    (A suivre)

    • Leo le fléau rétro  

      Ah, tout de même quelques titres font mouche… Tu n’as pas aimé les titres de Brave? Bridge-Living With the big Lie-Runaway Girl-etc ?

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