Thulé dragons !

L’ordre des dragons & l’apogée des dragons par Istin,  Rodier et Bonetti

De belles couvertures

De belles couvertures ©Soleil

AUTEUR : MATTIE-BOY

VF : Soleil

L’article d’aujourd’hui sera consacré à la série en 4 tomes L’ordre des dragons de Jean-Luc Istin et Denis Rodier, ainsi qu’au le spin off L’apogée des dragons de Eric Corbeyran et du même Denis Rodier.

Tous les scans de cet article ©Soleil

L’ordre des dragons

La série initiale comprend 3 tomes auxquels a été ajouté un tome 0 en guise de prologue, dessiné par Elia Bonetti. Ne cherchez pas de lézards géants ! Cette série est une sorte de thriller ésotérique impliquant sociétés secrètes, conspirations et chasse au trésor dans un contexte de seconde guerre mondiale avec nazis, vampires et reliques magiques. Bien que friand de récits du genre, je dois avouer que je me méfie tout de même car souvent c’est la même recette à base de révélations sur les saintes écritures qui vont bouleverser la religion (depuis que Dan Brown a popularisé le truc avec son Da Vinci code ). Mais ici on s’éloigne de cette recette. On reste malgré tout un peu dans le pulp ou la série B, mais une série B très bien écrite. Jean-Luc Istin est un bon scénariste. Même lorsque ses intrigues versent un peu dans le divertissement populaire pas toujours original, c’est souvent prenant et bien raconté.

Le tome 0 se déroule en 1930 et nous présente, au travers d’une enquête policière à Munich, un conflit opposant des hommes et d’étranges individus aux dents longues. Un enquêteur allemand est assisté de la belle (mais glaciale) Daria Fulci, médecin légiste et diplômée d’archéologie, pour enquêter sur un pendentif retrouvé sur le cadavre du vampire présumé. Elle découvrira qu’il s’agit de l’emblème d’une ancienne société secrète nommée « société de Thulé », une organisation fasciste qui organise dans l’ombre le massacre des juifs et des communistes et par voie de fait, soutient l’ascension d’Hitler. Ces hommes seraient d’ailleurs même des pantins dirigés par des maîtres encore plus anciens qu’on soupçonne être des vampires.

Daria Fulci mène l’enquête et attire les vampires sur elle

Daria Fulci mène l’enquête et attire les vampires sur elle ©Soleil

Pendant ce temps, un excommunié de l’ordre des dragons, une autre société secrète opposée à celle de Thulé va prendre le risque de sortir de sa retraite pour tenter d’éliminer Hitler qu’on lui a désigné comme le futur responsable d’un holocauste.

J’ai découvert la série en intégrale qui compile donc les 4 tomes, avec le tome 0 en premier. Je ne peux donc pas dire quel aurait été mon ressenti si j’avais commencé par le tome 1, mais je considère le tome 0 comme un ajout heureux. Cela permet de débuter l’intrigue en douceur du point de vue d’un individu lambda qui n’a aucune connaissance de l’existence de ces organisations secrètes. A l’inverse, peut-être que ceux qui l’ont lu après la série ont pu trouver qu’il n’apportait pas grand-chose. Mais j’ai apprécié ce tome qui nous propose de nous familiariser davantage avec Daria Fulci qui sera affiliée à la société de Thulé et qu’on retrouvera dans le tome 2. On débute donc avec un personnage qui n’est pas une héroïne, et c’est plutôt original. Sans être attachante (c’est une méchante, quoi), Daria montre des faiblesses qui la rendent humaine et non bêtement maléfique. Elle a une peur maladive de la vieillesse et de la mort, d’être oubliée et évite un maximum de s’impliquer émotionnellement avec ses amants à cause d’une vieille douleur inconnue. Des faiblesses que la société de Thulé saura exploiter pour s’assurer ses services (les vampires pouvant lui faire miroiter des promesses de vie éternelle). Elle est tout sauf une héroïne mais n’affiche jamais la moindre croyance en l’idéologie nazie. Elle est là pour poursuivre ses propres ambitions.

Une intéressante discussion sur les talents d'artiste d'Adolf Hitler. Un moment d'analyse du chaos qui règne dans son cœur

Une intéressante discussion sur les talents d’artiste d’Adolf Hitler. Un moment d’analyse du chaos qui règne dans son cœur ©Soleil

Le tome s’achève alors que les futurs personnages de la saga nous sont introduits. Le professeur Harrison, membre de l’ordre des dragons, qui organise une expédition dans l’Himalaya pour retrouver des vestiges anciens et le jeune Ernst Schäfer apparemment lié à ceux de Thulé mais plutôt indécis sur ses allégeances et que Harrison cherche à ramener du bon côté.
Le tome 1 débute en nous montrant rapidement une découverte faite par Harrison et Schäfer, un temple ancien couvert d’Oghams (langue celte) en Himalaya. Des celtes en Himalaya ? Plutôt étrange.

3 ans plus tard, en 1933, une nouvelle héroïne nous est présentée en la personne d’Eva Wilson, ethnologue et experte en culture celte qui se verra révéler l’existence du conflit entre les deux sociétés secrète par une lettre de son ami Elie Strauss, membre des dragons, assassiné dès les premières pages. Les renseignements qu’il lui a laissé va la mettre en danger et fera glisser l’intrigue vers l’espionnage sur fond de fascisme montant avec les S.A de Ernst Röhm occupés à harceler les juifs et bruler leur littérature.

Montée du fascisme en 1933

Montée du fascisme en 1933 ©Soleil

La quête d’Eva la mènera à la découverte d’un artefact puissant, la lance de Lug, le dieu de lumière celte, qui serait en réalité liée aux Promères, une très ancienne civilisation qui aurait laissé des traces dans le monde (ces mêmes traces associées aux Oghams celtes découvertes en Himalaya). Istin utilise ici son amour pour la culture celtique (il est après tout le directeur d’une collection « Soleil Celtic ») pour reprendre le principe de l’ancienne civilisation à l’origine de toutes les cultures du monde, comme ça a déjà pu être fait avec l’Atlantide. Ici ce sont les Promères qui seraient associés aux anges de la culture chrétienne ou aux dieux celtes. Et apparemment, ceux de Thulé cherchent à détruire le « premier », un Promère qui serait toujours en vie.

Le tome 2 change de point de vue et nous raconte la suite de l’histoire de Ernst Schäfer 9 ans plus tard qui, accompagnée de Daria Fulci, poursuit ses recherches de reliques antiques. On l’avait laissé en Himalaya la dernière fois et il semblerait qu’il soit le seul survivant de ce voyage. Cette fois-ci il se rend en Afrique du nord près du mont Sinaï.

Etude d’anciens écrits, parchemins, théories occultes. Mystères et suspense sont au rendez-vous

Etude d’anciens écrits, parchemins, théories occultes. Mystères et suspense sont au rendez-vous ©Soleil

La particularité de cette série est qu’elle fonctionne sur une narration à base de destins croisés, de personnages variés ayant chacun leurs objectifs et œuvrant pour l’un ou l’autre camp. Schäfer s’attirera la méfiance de l’Oberleutnant Weitland qui est presque le personnage principal de ce tome. Ce dernier croit Hitler fou pour financer des recherches obscures dans des pays éloignés et essaie d’en apprendre davantage sur l’objectif de Ernst Schäfer et Daria Fulci. Ces derniers cherchent en réalité l’Agartha, demeure du « premier ». Selon les légendes (pas celles de la BD, en vrai) il s’agirait d’un monde perdu dépositaire de connaissances ou de pouvoirs surnaturels tel l’Atlantide ou autre cité ancienne. Istin continue de faire s’entremêler des croyances pour étoffer son univers. Schäfer semble d’ailleurs s’intéresser davantage à ses travaux qu’aux objectifs de Thulé. On dirait même qu’il joue le rôle d’agent double pour les deux camps.

Le tome 3 lève le voile sur l’implication du « premier » dans les agissements de l’ordre du dragon grâce à un flash back nous montrant leurs membres recevoir des visions du « premier » pour protéger le monde. Parmi les membres, il y a d’ailleurs le célèbre Van Helsing qui traque Vlad Tepes, le personnage historique ayant inspiré Dracula, membre de Thulé (donc qui est bien devenu un vampire comme eux) et qui a renié la cause de son père Vlad II Dracul (« le dragon ») un des fondateurs de l’ordre des dragons (ben ouais, logique, non ?). Ceux de Thulé cherchent donc à anéantir les dragons en tuant le premier.

Les nouveaux protagonistes du tome 2 : des membres du 3ème Reich

Les nouveaux protagonistes du tome 2 : des membres du 3ème Reich ©Soleil

Un autre flash back nous explique ce que Ernst Schäfer a fait entre 1933 après la disparation d’Eva jusqu’à 1942 à son arrivée dans l’Agartha du mont Sinaï. Ce tome contient son lot de réponses, de révélations sur les motivations de Schäfer et propose un final très satisfaisant dans lequel les allemands retrouveront Eva Wilson, aveugle mais gardienne d’un patrimoine ancien, guidée par la voix du Promère qui lui parle au travers de la lance de Lug. S’en suivra un affrontement contre le grand maître de Thulé.
Le seul truc qui manque peut être, c’est un point expliquant davantage les problèmes de Daria Fulci, car on apprend que sa famille est manipulée depuis longtemps par la loge de Thulé pour alimenter sa haine et faire d’elle un agent efficace, mais sans avoir un visuel de ce qui s’est passé. Daria étant un personnage intéressant à suivre malgré son affiliation aux méchants, un petit flash back aurait été sympa pour qu’on la comprenne davantage.

Mais ne boudons pas notre plaisir. On est ici face à une saga très agréable, bien écrite et dont l’intérêt réside dans son équilibre très bien dosé entre espionnage, implications historiques, mystères et mythologie qui nous délivre ce qu’il faut de suspense, d’action et de révélations sans tomber dans le fantastique Grand-Guignol ni le récit mystique gonflant plein de références culturelles complexes (même si ça peut en avoir l’air quand je vous résume ça en quelques phrases vite fait).

Des lieux légendaires cachés, demeures d’anciens dieux ou d’objets sacrés dragons

Des lieux légendaires cachés, demeures d’anciens dieux ou d’objets sacrés dragons ©Soleil

L’autre originalité est cette idée de raconter une histoire au travers de divers personnages atypiques dont les destins se croisent et qui pour la plupart œuvrent même pour le mauvais camp, du moins en apparence. Puisqu’ils agissent surtout dans leur propre intérêt sans se préoccuper tant que ça des ambitions de Thulé, il en résulte pour le lecteur une sensation qu’il suit tout autant des destins d’humains dépassés par tous ces complots secrets, qu’une lutte millénaire entre anges et vampires.
On ne peut hélas pas en dire autant de sa pseudo-suite (au demeurant inutile, sachant que vous pouvez vous arrêter à ces 4 tomes)

Le grand maître de Thulé en colère dragons

Le grand maître de Thulé en colère dragons ©Soleil

L’apogée des dragons

Eric Corbeyran n’est pas Jean-Luc Istin et ça se sent rapidement. Là où la série mère se focalise sur les mystères, le mysticisme à la Indiana Jones et dans laquelle la moindre apparition d’une créature fantastique est construite sur le suspense, conférant au tout une atmosphère d’enquête mystique, chez Corbeyran, on dirait qu’il suffit d’ouvrir une porte dans un vieux château pour tomber sur une cité antédiluvienne peuplée d’atlantes et de vampires ailés. Peut-être est-ce du au fait que ce spin-off ne soit constitué que de deux tomes, mais tout va beaucoup trop vite et les grosses ficelles sont trop visibles.

Cette suite se déroule donc après la seconde guerre mondiale alors qu’Hitler, bien que présumé mort, a survécu et s’apprête à recevoir l’immortalité grâce à un calice magique en possession de la loge de Thulé (le fameux Calice des Promères qui a changé les humains en vampires il y a des millénaires). Celle-ci cherche en effet à remplacer le grand maître et leur choix se porte sur le führer.

Ah…c’est tout de suite plus peuplé et plein de bastons les lieux soi-disant secrets et perdus

Ah…c’est tout de suite plus peuplé et plein de bastons les lieux soi-disant secrets et perdus ©Soleil

Paula Wilson, la sœur d’Eva, va être témoin d’un étrange cortège qui se promène sous l’eau en portant un cercueil lors de l’inondation du métro de Berlin par l’état major nazi (événement authentique destiné à ralentir la progression des alliés vers le bunker d’Hitler qui a causé des centaines de morts chez les civils allemands). Paula s’en sort et avec un vieil homme qui a déjà été témoin d’un événement similaire, elle va retrouver sa sœur Eva et Ernst Schäfer pour stopper la loge de Thulé. Avant cela, Schäfer, mandaté par l’ordre des dragons, avait enquêté sur un vieux château non loin de Berlin et rencontré le « roi du monde », le dirigeant des derniers atlantes à qui appartenait le calice (rien que ça !) Le tout en moins d’un tome.

Cela s’enchaine si vite que les nouveaux personnages étrangers à toutes ces histoires mystiques (Paula et le vieil homme) n’auront même pas le temps de paraître surpris par tout ce bazar et parleront de vampires, de lance et de bâton magique, de nazi immortel…comme si de rien n’était. Si les idées ne sont pas forcément mauvaises (bien qu’un peu clichées, mais après tout c’est propre au genre), c’est la succession de ces scènes fantastiques plus proche de la fantasy que du thriller ésotérique, et à une vitesse folle, qui donne vraiment un aspect kitsch à l’ensemble. Après les Promères et l’histoire de la lance, était-il nécessaire d’introduire les atlantes et un ancien roi en armure mystique ?

Bonjour, je suis le roi du monde, et je n’ai rien d’autre à foutre de mes journées que de rester assis sur mon trône dans une caverne vide en attendant qu’un mec me trouve.

Bonjour, je suis le roi du monde, et je n’ai rien d’autre à foutre de mes journées que de rester assis sur mon trône dans une caverne vide en attendant qu’un mec me trouve. ©Soleil

L’élément le plus improbable est certainement cette histoire de bâton magique d’un ancien chef arabe qui arrive comme un cheveu sur la soupe au début du 2ème tome et qui n’a rien à voir avec le reste de l’intrigue. Cette arme providentielle que nos héros vont retrouver dans un tombeau semble juste là pour leur donner de quoi vaincre la loge de Thulé. Dans la première série il y avait la lance de Lug qui était étroitement liée à l’intrigue et qui avait été introduite tôt dans l’histoire de manière intrigante, mais ici, comme la lance de Lug n’est visiblement plus disponible, hop on nous parachute de nulle part un autre artefact magique que nos héros devront manier de concert (Eva guidant Ernst par la pensée pour je ne sais quelle obscure raison et grâce à je ne sais quel pouvoir mental sorti de nulle part) pour vaincre le méchant Hitler…et d’une façon complètement calquée sur la mort du grand maître dans la série mère.

C’est pourquoi, alors que L’ordre des dragons constituait une bonne série B intelligemment écrite faisant la part belle au suspense et racontée selon le point de vue de personnages variés, cette suite lorgne plutôt vers la série Z avec Hitler à la tête d’une armée de vampires et des bastons peu inspirées dans des cavernes à base de pouvoirs magiques improbables. Je ne comprends pas pourquoi ces séries sont régulièrement évaluées comme étant du même niveau. Pour moi, c’est un vrai gâchis. Surement qu’en 4 ou 5 tomes comme la série principale, en ménageant le suspense, en prenant le temps de parler des motivations des personnages (on ne sait même pas pourquoi le vieil homme suit Paula dans cette histoire alors qu’ils ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam), ça aurait pu fonctionner. Mais là, non. Mon conseil : contentez vous de la série mère. Sans être la BD du siècle, elle est bien plus sympa. Et n’appelait même pas de suite en fait.

La série principale nous proposait des relations entre les personnages explorant leurs motivations, leurs doutes

La série principale nous proposait des relations entre les personnages explorant leurs motivations, leurs doutes ©Soleil

Le même Eric Corbeyran écrit encore une préquelle à cette série intitulé Dracula – l’ordre des dragons mais ce sera sans moi. C’était mon premier contact avec ce scénariste donc je ne vais pas le juger trop vite, et sans doute que 2 tomes, c’était trop court pour raconter une telle histoire qui nous balance en trois pages des histoires d’armure magique offerte par les mayas aux atlantes, de cheval magique et blablabla, mais ça m’incite en tous cas à ne plus m’intéresser aux spin-off de la série de Jean-Luc Istin qui savait ménager son ambiance et ses révélations.

Si j’ai tenu à chroniquer ces deux séries en même temps, c’est parce que je pense que nous avons là un bel exemple de ce qui fait qu’un thriller ésotérique fonctionne ou ne fonctionne pas. Alors que les réfractaires aux histoires de ce genre s’empresseraient de tout mettre dans le même panier dès qu’on leur parle de nazis, de vampires, d’anciennes civilisations enfouies et d’objets magiques, nous avons ici un exemple de ce qui les différencie. Le spin-off vire beaucoup trop dans le grand n’importe quoi sans subtilité qui nous bombarde de reliques magiques, de conflits entre civilisations qui vivent sous nos pieds, etc. Et alors qu’Hitler était quasiment absent de la série mère, ce qui renforçait l’impression d’être seulement témoins de ce qui se passait en coulisses pour influencer le cours de la guerre, ici c’est le grand vilain qui ricane et cherche à devenir immortel grâce à la magie. Carrément moins subtil que l’homme qui parlait de sa frustration en tant qu’artiste dans le tome 0 et qui n’était d’ailleurs qu’une marionnette de Thulé. Les personnages n’ont pas le temps d’exister dans ce spin-off. On les suit et on les écoute expliquer ce qu’ils vont faire, alors que la série mère n’oubliait pas d’inclure des scènes intimes, des personnages qui doutent et ont du caractère. Bref, pour ma part ce fut la grosse déception.

Quelques passages graphiquement mémorables tout de même avec le métro inondé de Berlin

Quelques passages graphiquement mémorables tout de même avec le métro inondé de Berlin ©Soleil

Graphiquement, le tome 0 de l’ordre des dragons est illustré par Elia Bonetti et tout le reste des deux séries par Denis Rodier. En découvrant l’intégrale par le tome 0, on regrette presque que tout ne soit pas illustré par Elia Bonetti qui confère à son style réaliste une atmosphère sombre et mystérieuse, presque gothique. Denis Rodier s’en sort très bien aussi mais dans un style plus classique, néanmoins fort plaisant à l’œil. Cependant, il semble moins en forme sur L’apogée des dragons dont les décors sont plus ternes et moins détaillés. A moins que cela vienne du fait qu’il n’est plus assisté d’Elodie Jacquemoire qui officie sur les tomes 1 à 3 de la première série en tant que coloriste.

En conclusion : la série principale est pour moi une réussite qui, sans révolutionner le monde de la BD, est très plaisante à suivre et assez dépaysante par son approche narrative. Mais vous pouvez vous passer des spin-off.

L’ordre des dragons en 1896, du temps de Dracula (scan tiré de la série principale)

L’ordre des dragons en 1896, du temps de Dracula (scan tiré de la série principale) ©Soleil

23 comments

  • Matt  

    Il y a une erreur sur la note du spin off. J’avais mis 1 ou 2 sur 5 ^^ Je précise puisque le chef n’est pas là.

  • Tornado  

    Ahlalà, pour moi, les histoires de nazis vampires à base de sociétés secrètes et de mystères ésotériques… Il n’y a que ça de vrai ! (manque juste les dinosaures et la blonde pulpeuse) 😀
    Merci pour cette découverte, Matt (je n’en avais jamais entendu parler !). Du coup je ne pense pas résister longtemps à la 1° intégrale (malgré mes bonnes résolutions pour diminuer le volume de mes étagères).

    Heu… Par contre, le boss a un peu fumé la moquette en mettant cet article dans la semaine « Heroic Fantasy », non ? 😀

    • Matt  

      Bah je ne sais pas si Bruce a programmé mon article sur « les druides » ou « les contes de l’ankou » cette semaine aussi, mais il m’avait dit « y’a de quoi faire avec tes trucs pour la semaine heroic fantasy »

      Sauf qu’à part les forêts d’Opale, c’est plutôt des contes bretons et des trucs ésotériques que je lui ai envoyés. On verra dans la semaine s’il à tout mis dans le même panier ou pas^^

    • Matt  

      Sinon, il n’y a pas de dinosaures mais Daria Fulci est une rousse pulpeuse^^ Bon…c’est une meuchante un peu par contre^^

      • Tornado  

        Et au fait, personne ne relève la référence pour Daria Fulci ? (Dario Argento + Lucio Fulci)

        • Matt  

          Mince ! Je dois avouer qu’en lisant ce nom ça m’évoquait un truc mais impossible de mettre le doigt dessus^^
          Daria = Dario, j’y ai bien pensé mais sans le reste de l’énigme ça faisait léger^^

        • Jyrille  

          J’ai oublié de le dire mais je savais que tu l’aurais fait !

  • Présence  

    Cet Ordre des dragons a l’air bien sympathique. Le jeu sur la mythologie chrétienne n’est pas du seul fait de Dan Simmons, on peut citer aussi Le troisième testament d’Alex Alice & Xavier Dorrison, ou encore Le triangle secret de Didier Convard. J’ai bien aimé comment ton article met en lumière la la narration sur la base de destins croisés et le fait qu’il n’y a pas de bons à proprement parler. D’eric Corbeyran, j’avais lu le Chant des Stryges, une série B dont je garde un bon souvenir.

    • Matt  

      Dan Brown, pas Simmons^^ Ne confondons pas. Je n’aime pas Dan Brown alors que Simmons a écrit de très bonnes choses.
      Je n’ai jamais tenté le chant des Stryges. Surement parce que là non plus ce n’est pas fini. Je ne connais pas Corbeyran mais ce spin off qu’il a écrit m’a refroidi quand même.
      Par contre en général j’aime bien les séries de Jean-Luc Istin.

      Vous restez persuadés que Soleil est le spécialiste des séries à rallonge ?^^ J’ai envie de dire que les BD franco belges sont très souvent à rallonge. Tiens même Thorgal ce n’est toujours pas fini. Ce qu’il faut c’est trouver des séries à base de cycles (de VRAIS cycles avec de vraies fins) comme ça on peut s’arrêter au milieu de la série.

      • JP Nguyen  

        Puisque tu parles de cycles et de Thorgal, je révèle la suite du programme : demain et après demain : Thorgal. Avec le cycle du pays Qâ en teamup entre Cyrille et Tornado (oui, ils ont osé teamupé sans moi, ouin ouin…) puis le tome de reprise du scénar par Xavier Dorison…

        Sur l’article du jour : il y a de la qualité dans le dessin mais, à nouveau, comme pour les Forêts d’Opale, ça me laisse un peu froid. En fait, je crois que j’ai une préférence pour les artistes avec une patte plus marquée (mais pas trop, si le style est trop zarb… en fait, je suis chiant…)

        • Matt  

          Ce qui m’étonne, c’est que vous n’avez pas ce genre d’exigence quand on parle de super slips il me semble. Du dessin mainstream classique, il y en a un paquet chez Marvel et DC pourtant^^ Et sur des histoires qui vous ont plu je crois.
          Mais bon après je respecte vos choix^^
          Pour ma part comme je l’ai dit, j’apprécie pas mal de styles. Et à force de fuir celui un peu trop classique, je veux le retrouver aussi.

          Du coup compte tenu de la suite, c’est vrai que c’est bizarre que cet article soit publié cette semaine. J’avais quelques articles en stock qui évoquaient un peu plus l’heroic fantasy que celui-là.^^

          • Présence  

            Touché ! C’est vrai que je suis plus tolérant sur les dessins industriels des comics. Je pense que j’attends plus du franco-belge qu’une production industrielle supplémentaire dont j’ingurgite déjà des grandes quantités en comics.

          • Artemus Dada  

            D’une manière générale les rythmes de production sont aussi très différents. Dans le mainstream aux U.S.A, on compte en mois.

            En franco-belgerie (souvent) en années.

          • Matt  

            Certes mais après quand on n’aime pas, on n’aime pas. Qu’il y ait une excuse pour l’aspect classique du dessin ou pas.
            Du coup pour ma part si je peux apprécier les dessins « industriels » chez Marvel, je peux les apprécier ailleurs. ça peut être classique, industriel mais agréable à l’œil.
            Les films et les dessins animés (Disney, tout ça) ont finalement des styles visuels souvent similaires. Les films n’en parlons pas…ce sont des vrais gens filmés donc…ça ressemble toujours à un truc réaliste^^ Si je peux apprécier ça en film ou en dessin animé, je peux apprécier en BD.
            Bien sûr j’ai des préférences de styles mais les rares cas où je suis carrément rebutés par un style, c’est quand c’est trop bizarre, trop stylisé, trop peu détaillé ou trop conceptuel. Jamais quand c’est classique. Même si le classique ne va pas forcément toujours me faire vibrer, je vais souvent trouver ça plaisant. Alors que si on me sert du Eddie Campbell…je fuis.

      • Présence  

        Houla ! Horrible confusion entre les 2 Dan, en plus je n’en ai pas lu de l’un ou de l’autre. J’ai voulu laisser un message trop vite.

        Je n’a i pas d’a priori sur Soleil parce qu’il s’agit d’un éditeur qui a émergé après que je sois passé en comics VO et au manga VF. Du coup, je n’ai pas eu l’occasion d’en lire beaucoup, quelques Lanfeust.

  • Jyrille  

    « Je ne comprends pas pourquoi ces séries sont régulièrement évaluées comme étant du même niveau. » Pourtant tu leur mets exactement la même note ! 🙂

    Les dessins me sont plus agréables que ceux de Philippe Pellet, mais tout cela sent trop la série B pour moi. Cela a l’air marrant. Dans le genre, je crois que je préfère le côté fun de Cross Fire, une série dont le septième tome vient de sortir et qui mélange un style manga avec le franco-belge pour un peu le même type d’histoire, avec le Vatican et des secrets d’archéologues.

    http://www.bedetheque.com/serie-9676-BD-Cross-fire.html

    Merci encore une fois de me faire découvrir des auteurs connus auxquels je ne me suis jamais intéressés, en l’occurrence Corbeyran et Istin.

    • Matt  

      NAN ! J’ai dit en premier commentaire que y’a boulette sur la note^^

      Je connais crossfire. ça peut me tenter. Mais oui cela semble plus « fun ». Là ce n’est pas le but.

  • Matt  

    Bon sinon faut arrêter d’associer le terme « série B » avec un truc pas bien. Bon…c’est chacun ses goûts certes, mais on dirait que de nos jours il n’est plus possible de raconter une histoire à la Indiana Jones sans que cela passe…ben…pour du SOUS-Indiana Jones de « série B » à la con.

    A la base une série B ça désigne un film fait avec peu de moyens dont les critiques se désintéressaient alors que ça pouvait arriver qu’il y ait une plus grande liberté de ton dedans et des idées ingénieuses.
    Wikipédia dit :
    « Retenant moins l’attention des critiques que les grosses productions, les séries B ont souvent été délaissées, bien qu’elles puissent faire l’objet parfois d’une grande ingéniosité artistique et de certaines prouesses scénaristiques. Aujourd’hui, le terme de série B peut désigner de manière péjorative un film de genre sans ambition artistique, ou un film vif et énergique, délesté des contraintes imposées par une production de grande envergure. Le terme est également utilisé pour quelques films très coûteux, qui empruntent aux codes traditionnels des séries B. »

    Pour ma part j’emploie le terme série B pour désigne un type de récit qui ne s’embarrasse pas forcément d’un grand réalisme et qui n’a pas pour vocation de soulever des réflexions profondes mais privilégie les codes de la SF ou de l’horreur un peu vintage voire de l’action. Comme là on peut trouver certains archétypes de ce genre de production : vilains nazis, vampires, objets magiques. Mais ça n’empêche pas qu’on peut raconter une série B avec talent, originalité, sérieux, et imaginer une mythologie derrière.

    Je n’attaque personne hein^^ Je précise ma pensée parce que je n’ai pas voulu dire par là que c’était « une série à la con débile mais fun ». Non. C’est pas con, c’est fait sérieusement, mais en effet c’est pas un traité de philo et je pense que Istin s’amuse à mélanger nazis, divers monstres et légendes mythologiques.

    • Jyrille  

      Ah mais ce n’était pas péjoratif. Indiana Jones, Travis la bd, pour moi c’est de la série B mais j’adore.

      • Matt  

        Je précise juste^^
        Sinon toi qui connait Sillage et qui parle de Crossfire, tu penses quoi de Sillage première armes dessiné par le même Pierre-Mony Chan ? J’aime assez son style de dessin pas mal influencé par le manga et au ton un peu typé « jeunesse », mais ça donne quoi quand il s’attaque à remplacer Buchet ?

        • Jyrille  

          Je ne l’ai pas lu ! Par contre j’ai les cinq premières Chroniques de Sillage avec beaucoup de dessinateurs différents et l’album Le collectionneur.

  • Tornado  

    L’histoire de la série B est jalonnée de chefs d’oeuvre : Les films d’horreur de la Universal, de la Hammer, des films de science fiction comme L’HOMME qui Rétrécit, le king Kong de 1933, etc. Etc.

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