Top 10 tounes de l’ouest (Les Cowboys Fringants)

Top 10 tounes de l’ouest

Article de MATTIE-BOY

Aujourd’hui, on va parler d’un groupe de folk et country québécois : Les Cowboys fringants.

Un nom bien québecois

Un nom bien québecois

De quoi ? Mattie qui parle de musique ? Ouais ben ne vous y habituez pas trop. Eh ! Faut pas croire, j’en écoute plein. Mais pas les « classiques » par lesquels tout le monde jure. Et je ne sais pas tellement parler de musique non plus. Et je me fiche pas mal également de la vie privée des artistes. Pour moi, il s’agit d’un plaisir sensoriel et il m’est très difficile d’argumenter pour défendre tel ou tel type de musique. Si on n’aime pas, ben on n’aime pas. C’est comme le dessin. On peut argumenter et discuter de la qualité d’une BD en fonction de sa structure, de la capacité de son auteur à traiter les thèmes qu’il aborde. Mais un dessin, ma foi…à moins de faire des erreurs catastrophiques de proportions (et que le style soit suffisamment réaliste pour que ce soit impardonnable), il est difficile d’expliquer pourquoi c’est bien ou pas bien. On peut parler des plus grands peintres sans qui le monde de l’art ne serait pas le même, mais ça n’explique pas non plus pourquoi on aime ceci ou cela.

Bref, qui sont les Cowboys fringants ? Eh bien un groupe québécois qui a commencé à se former en 1997. Mais il aura fallu attendre 2004 pour qu’il commence à se faire connaître en France.
Tout a commencé avec le chanteur du groupe Karl Tremblay qui a rencontré le guitariste Jean-François Pauzé. Ce dernier sera aussi le principal écrivain des chansons. Ils seront ensuite rejoints par l’impressionnante Marie-Annick Lépine, initialement violoniste devenue multi-instrumentiste (il faut la voir sur scène alterner en live entre les instruments, jouant quelques notes de piano avec la guitare encore en bandoulière) et par son petit cousin Jérôme Dupras.

 L’équipe au complet  © Samuel Freli Source :  Wikipedia

L’équipe au complet
© Samuel Freli
Source : Wikipedia

Le groupe a commencé à autoproduire ses premiers albums avant de percer avec « Break Syndical »
Pour ma part, je les ai découvert un peu par hasard sur Internet avec leur clip « plus rien », une chanson sur le dernier être humain survivant sur une terre aride, le tout illustré par un petit court métrage en stop motion de marionnettes.
Alors oui, les spécialités du groupe, ce sont les chansons engagées et les portraits de personnes. Leurs premiers titres sont d’ailleurs souvent très explicites et énervés, condamnant un système économique qui favorise toujours les riches et détruisant l’environnement (comme les titres « en berne », « le gars de la compagnie », « si la vie vous intéresse », etc.) Evidemment ça ne risque pas de plaire aux plus gros capitalistes de droite mais bon…je les emmerde, ceux là.

Au milieu de ces titres, on trouve aussi des chansons plus légères et amusantes mais aussi des histoires de chagrin, des « tounes » – comme on dit là bas – mélancoliques.
Pour ma part, même si j’ai découvert le groupe avec leur album « la grand messe » qui contient de bonnes chansons comme « joyeux calvaire », « ti-cul », « les étoiles filantes » et autres « plus rien », je dois reconnaître que leurs deux derniers albums « l’expédition » et « octobre » sont mes préférés. On y sent une plus grande maturité, des chansons qui continuent de véhiculer des messages auxquels ils croient mais avec un peu plus de subtilité et d’efforts de style dans des paroles plus recherchées. On sent dans leurs premières chansons la fougue de la jeunesse qui s’accompagne d’un côté un peu plus brut des paroles très directes. Après chacun jugera ce qu’il préfère mais pour ma part je trouve que le groupe a muri musicalement au fil des années.

 Marie-Annick Lépine et Karl Tremblay (avec la même légendaire barbe qu’il y a 10 ans) © Samuel Freli Source :  Wikipedia  et  Wikipedia

Marie-Annick Lépine et Karl Tremblay (avec la même légendaire barbe qu’il y a 10 ans)
© Samuel Freli
Source : Wikipedia et Wikipedia

Côté musique, sans mentionner les paroles, il y a malgré tout du très bon dans leurs premiers titres. Evidemment, il faut adhérer à leur style folk varié qui convie parfois des instruments plus rustiques comme l’accordéon.
Je les ai vus une fois en concert (puisqu’ils se déplacent en France régulièrement), mais bon…en bon pantouflard que je suis, j’avoue qu’entendre davantage le public qui hurle que les paroles des chansons, ça m’a un peu conforté dans l’idée qu’on est mieux chez soi pour écouter de la musique.
Les titres que j’ai réunis dans cet article ont été choisis pour illustrer la variété de leur musique ainsi que les thèmes abordés.

Alors évidemment Québec oblige, vous allez avoir droit à des mots anglais ou expressions très curieuses, en plus de l’accent du chanteur. Je vous propose d’éclaircir votre lanterne entre chaque morceau pour vous donner des pistes pour mieux comprendre.
Commençons donc par une de ces chansons énervées assez directe tirée de l’album « la grand messe ». Alors…pour vous aider « faire des bidous »  signifie « se faire de l’argent ». « Péter de la broue » c’est « essayer d’en imposer, de faire de l’esbroufe » Et…ça devrait aller pour le reste.
Si la vie vous intéresse :

On continue avec une de ces chansons qui proposent un portrait de personnage fictif. Ici on reste comme souvent dans le domaine des démunis et des petites gens. Avec un petit clip kitsch pour aller avec.
La reine :

Ensuite, une toune nostalgique sur le temps qui passe, un sujet qui revient assez régulièrement aussi chez le groupe, comme dans « l’horloge », ou « rue des souvenirs ». Vous aurez droit ici à « chum » qui veut dire ami/copain et parfois plus si affinités, « n’arracher » qui est une contraction de « en arracher » qui signifie avoir des difficultés, avoir la vie dure.
Etoiles filantes :

Variante sur le temps qui passe, voilà une chanson sur la façon dont l’être humain, pogné dans le tourbillon comme ils disent (pogné = pris), ne prête plus attention à ce qui l’entoure et vit à 100 à l’heure.
Octobre :

Nouvelle chanson sur le temps dont notre mode de vie nous prive. Je vous la mets surtout pour la diversité musicale, au-delà des paroles. Même si la fin de la chanson nous parle du courage de prendre des décisions, le message global peut sembler pessimiste. Il faut bien avouer que leurs chansons ne sont pas les plus drôles du monde.
L’horloge :

Ah ! On rentre dans un nouveau sujet de prédilection du groupe. L’enfance, l’adolescence, les valeurs importantes auxquelles croire pour faire son propre chemin de vie.
Droit devant :

Dans la même veine, une chanson sur l’adolescence et la pression de la famille. Alors pour info, un « ti-cul » est un adolescent. Et « pelleter des nuages » signifie…euh…pisser dans un violon, un truc du genre. En gros faire quelque chose de complètement inutile.
Ti cul :

Pour varier les plaisirs, voici un portrait de personnage qui vaut surtout pour sa mélodie bien différente avec la sonorité dominante du violon. Parce que c’est bien joli de parler des paroles mais la musique ça compte aussi. Alors cette fois… « bébelles des flos » c’est « jouets des enfants » (bébelle= babiole, truc…et flos = enfants), « en avoir son voayge » = en avoir marre, et « pacté » c’est « être soûl » ou… « être rond comme une queue de pelle » (eh oui, on a des expressions bizarres nous aussi en fait.)
Joyeux calvaire :

Bon, on se marre un peu trop là, vous ne croyez pas ? Comment ça non ? Ah ben dommage, parce qu’en voilà une autre sur la solitude. Lexique : « me mettre chaud » = se saouler, une personne « poquée » = personne mal en point, meurtrie par la vie, laissée pour compte.
Pizza galaxie :

Bon ok les gars, je vous ai explosé le moral avec mes choix pas bien marrants. Mais promis le groupe fait aussi des chansons rigolotes. Allez on termine avec l’une d’elle pour se quitter sur un sourire. Celle-ci fait penser à certaines chansons irlandaises conçues pour mettre de l’ambiance dans un pub.
Marine marchande :

Voilà pour un tour d’horizon. Alors qu’est-ce qui me plaît spécialement chez ce groupe ? Ben…des paroles pertinentes qui mettent dans le mille, des élans de nostalgie ou de mélancolie qui sonnent juste, une musique faisant appel à des associations d’instruments pas forcément très communes et…ben…j’aime ça. Ah, je vous avais prévenus, je ne sais pas parler musique. Que voulez-vous que je vous dise ? ça marche sur moi ce style de musique. Alors c’est sûr, certains grands connaisseurs qui aiment bien étaler leur science me diront que c’est inspiré de l’héritage de truc ou bidule des années 60 et que ce groupe lui doit tout ou je ne sais quoi. Moui bon…vous savez l’inventeur du gratin dauphinois ou des frites n’aurait rien pu faire sans celui qui a découvert la pomme de terre. Je ne suis pas certain pour autant que ce premier cultivateur soit le seul à féliciter. Exploiter les choses qui existent, ça demande aussi du talent. C’est pourquoi la musique pour moi est surtout un plaisir sensoriel qui ne requiert aucune culture pour être appréciée. Il peut toujours être intéressant pour ceux que ça passionne de remonter aux origines et de hiérarchiser l’importance des groupes si ça leur chante, mais au final ça n’a que peu d’importance pour moi. Il n’y a finalement que ceux qui n’assument pas leurs goûts qui ont besoin de se rassurer en se disant que leurs groupes favoris sont les plus importants du monde.

Il y a pas mal d’autres chansons que j’aurais pu vous mettre, comme « les vers de terre », « pub royal » ou « l’hiver approche », « entre deux taxis », etc. Mais je vous laisse le soin d’aller les écouter vous-mêmes si c’est votre genre de musique.
Oh, et puis allez, une petite chanson naïve positive parce que vous le méritez bien :

62 comments

    • Présence  

      Merci, c’est effectivement un bon soutien.

    • Kaori  

      Avec des potes, pour passer le temps pendant le déconfinement, on s’est fait une playlist, un titre chacun par jour. Dès le premier jour, un des gars a mis « L’Amérique pleure » 🙂 (et moi j’ai mis « Plus rien » !)

      Je vais aller écouter tes deux autres titres !

    • matt  

      Ah je n’avais pas vu ton commentaire.

      T’as des potes qui connaissent maintenant ? Tu les as convertis, ou tu as découvert qu’ils connaissaient déjà ?^^

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