Un petit verre de poitin ? (Dicks )

Dicks 1 – Détectives très privés par Garth Ennis & John McCrea

Vous ne pouvez pas leur faire confiance

Vous ne pouvez pas leur faire confiance ©Caliber Press / Avatar Press

PRESENCE

VO : Caliber Press / Avatar Press

VF : Panini

Tous les scans de cet article ©Caliber Press / Avatar Press

Ce tome est le premier d’une série de 3. Il comprend les 4 numéros initialement parus en 1997, publiés par Caliber Press, et réédité une première fois par Avatar Press en 2002, puis une seconde fois en 2012. Ce tome contient la version colorisée de ces épisodes, écrits par Garth Ennis, dessinés et encrés par John McCrea, et mis en couleurs par le studio Digikore.

L’histoire se déroule à Belfast, alors que Dougie Patterson est au volant de sa voiture, et qu’Ivor Thompson occupe le siège passager et lui demande d’aller plus vite car il doit absolument passer aux toilettes pour couler un énorme bronze. Il s’arrête donc chez Oncle Shuggie pour se soulager, et ce dernier leur demande de prendre soin d’Eve, son serpent apprivoisé pendant qu’il doit s’absenter. Ivor Thompson le prend en charge mais il ne peut pas s’empêcher de s’en servir comme d’un accessoire pour une blague en le collant dans le slip de Big Billy, lors de leur arrêt au pub. Ce dernier leur en veut à mort.

Le lendemain, Igor retourne chez Oncle Shuggie et il finit par lâcher le morceau : quelqu’un a écrasé Eve en lui roulant dessus. L’oncle en fait une attaque et meurt sur le coup. Pas de bol, Mister Bell arrive sur ces entrefaites et demande à Igor où se trouve la livraison de poitin (alcool à base de pomme de terre, issue d’une distillation maison). Igor lui promet de s’en occuper dans les plus brefs délais. Il est ensuite question du mariage proche de Dougie Patterson, et de la cérémonie prévue dans quelques jours.

Vite, faut que je coule un bronze

Vite, faut que je coule un bronze ©Caliber Press / Avatar Press

Par la suite, Ivor Thompson se fait remarquer par sa vulgarité lors du repas de noce, et le père de Valerie Patterson (la mariée) le prend méchamment en grippe. Dougie est violemment malade pendant son voyage de noces, devant se rendre aux toilettes très rapidement et très fréquemment de toute urgence. Peu de temps après il finit par se faire mettre à la porte par son épouse. Igor a l’idée de monter une agence de détectives privés, certain d’avoir de la clientèle, car il n’y pas d’agence de ce type à Belfast. Par un concours de circonstances navrant, les 2 compères se voient remettre un chargement cocaïne qui ne leur était pas destiné. Ivor y voit immédiatement l’occasion de se renflouer et de distiller le poitin dont il doit une livraison à Mister Bell. Ils ne sont pas au bout de leurs déboires car ils découvrent que Big Billy travaille pour Mister Bell, et est accessoirement le vrai père de l’enfant de Valerie. Mais le père de cette dernière en veut toujours mortellement à son gendre de quelques jours. Etc.

En 1997, Garth Ennis a déjà quelques années de carrière derrière lui, ayant produit des scénarios pour Judge Dredd (publié dans l’hebdomadaire 2000 AD), des histoires pour la série de John Constantine et ayant débuté en 1995 la série qui l’a rendu célèbre  Preacher avec Steve Dillon. Il a également réalisé 18 épisodes de la série The Demon (1993/1994) avec John McCrea. Le lecteur sait donc que ce scénariste sait générer un humour très noir et irréconciliable avec le politiquement correct, dans des scènes d’anthologie qui marquent les esprits les plus blasés.

Une belle collection de cas sociaux

Une belle collection de cas sociaux ©Caliber Press / Avatar Press

S’il a lu les épisodes de The Demon, il sait également que John McCrea a choisi un registre graphique qui s’éloigne de plus en plus du réalisme pour la caricature et l’exagération comique. La couverture de ce tome montre qu’il est à fond dans ce registre, et un feuilletage rapide confirme qu’il est à bloc dans la parodie comique. S’il reste un doute au lecteur, il lui suffit de regarder le titre de la série, et de se souvenir qu’il est possible de la traduire littéralement par Détectives Privés, mais aussi par un terme vulgaire désignant la verge, ou encore comme une insulte pour personne se comportant comme un abruti vulgaire.

Effectivement dès la première page, il est question de passer aux toilettes pour se soulager d’une déjection monumentale, et par la suite Igor sort tous les stéréotypes les plus misogynes possibles sur l’institution du mariage et sur les femmes. Amis du bon goût, ne vous contentez pas de passer votre chemin, mais fuyez en prenant les jambes à votre cou. Garth Ennis ne fait pas les choses à moitié et débite des grossièretés et des obscénités à un rythme effréné qui ne faiblit jamais, même pas sur une seule page. Le lecteur doit donc se préparer à la vulgarité la plus crasse : du vomi sur gâteau, des blagues scatophiles, des adultes mâles qui montrent leurs fesses avec un énorme gros plan sur le trou associé (un dessin en pleine page quand même), des coups de pied dans les bijoux de famille, du cocufiage, des insultes racistes et homophobes, un personnage avec un bras droit anormalement développé du fait d’une pratique immodérée de la masturbation, des jets de fluide corporel, des blagues graveleuses, une parodie de Predator (tiens ? qu’est-ce que ça vient faire là ?), des assassinats à bout portant pour un humour bien gras, etc. ça n’arrête pas une minute ! Si le lecteur est allergique à cet humour scatophile et bien gras, ou si plus simplement ça ne le fait pas rire, inutile d’ouvrir cet ouvrage.

Blague de chiotte

Blague de chiotte ©Caliber Press / Avatar Press

Les dessins de John McCrea sont totalement en phase avec l’exubérance crade du scénariste. L’artiste est dans l’exagération comique à chaque case, avec également une verve qui laisse pantois. Il a conçu des trognes inoubliables pour chacun des personnages, avec une méchanceté caractérisée pour tous les protagonistes masculins, tous plus bêtes ou répugnants les uns que les autres. Le visage de Dougie Patterson respire la comprenette limitée, malgré une mise qui présente plutôt bien. Ivor Patterson est vulgaire à souhait, totalement à l’aise dans son manque de tact, de propreté, d’hygiène et de savoir-vivre, absolument insensible au regard des autres, et d’une bonne humeur qui n’a d’égale que son manque de retenu en tout.

Les autres personnages sont tout aussi bien croqués que ce soit l’oncle Shuggie énorme, Big Billy et sa carrure de footballeur américain, avec un cou de taureau et pas une once d’intelligence dans son regard, Mister Bell en caricature d’italien mafieux, etc. McCrea joue à merveille des déformations morphologiques, pour accentuer les émotions sur les visages, ou pour les gestuelles un peu caoutchouteuses, évoquant celles de personnages de dessin animé.

Et je l'ai bien niqué !

Et je l’ai bien niqué ! ©Caliber Press / Avatar Press

John McCrea adapte sa manière de représenter les décors, pour être cohérent avec celle de représenter les personnages. Ils sont donc simplifiés comme dans des dessins animés pour la jeunesse, avec souvent des courbes en lieu et place de lignes droites pour augmenter la parodie visuelle et aboutir à des dessins plus dynamiques. Le scénario étant tout feu flamme, McCrea peut s’en donner à cœur joie dans plusieurs registres. Il y a une moitié d’épisode qui évoque la jeunesse d’Ivor et Dougie encore enfants, fréquentant la même école, et John McCrea joue avec des représentations super-déformées sans leur donner le côté mignon que l’on peut trouver dans les mangas utilisant ce registre.

Le dessinateur n’hésite jamais à en rajouter dans l’exagération crade, à commencer par les cervelles qui giclent hors de leur boîte crânienne défoncée par une balle, ou les giclées de liquide séminal d’une abondance qui défie les lois de la nature. Dans le même temps, il ne joue pas sur la nudité féminine (même pour la péripatéticienne ne résistant jamais à la proposition des 3 partenaires masculins à la fois), ne la limitant qu’au strict nécessaire alors que la nudité masculine est régulièrement source de raillerie. Le lecteur aura bien du mal à oublier, s’il y arrive un jour, ce dessin en pleine page et en gros plan de l’anus d’Ivor (excusez-moi, il faut que j’aille rendre).

Un petit crachat ?

Un petit crachat ? ©Caliber Press / Avatar Press

John McCrea et Garth Ennis arrivent quand même à maintenir un fil conducteur que l’on peut qualifier d’intrigue dans chaque épisode, et des correspondances de continuité d’un épisode à l’autre. L’intérêt du lecteur reste donc entretenu par une progression dramatique dont il n’aurait pas soupçonné l’existence a priori. Il lui est difficile de se projeter dans de tels personnages, mais en même il ne peut pas s’empêcher de reconnaître que parfois (pas souvent quand même), il lui arrive de ne pas se montrer beaucoup plus futé qu’eux (mais pas souvent). Il se rend compte que McCrea & Ennis ont réussi à trouver le ton juste pour pousser la parodie jusqu’à l’absurde (quant aux blessures, aux péripéties à la bêtise) pour un humour dévastateur qui fonctionne parfaitement.

Ce n’est pas une mince réussite que de savoir se montrer provocateur du début jusqu’à la fin avec un humour potache, bien gras qui tâche, de débiter les pires énormités, sans que jamais le lecteur ne puisse s’y tromper sur le fait qu’il ne s’agit à aucun moment de premier degré. C’est énorme du début jusqu’à la fin. Contre toute attente, la narration s’avère parfois instructive, que ce soit pour les stéréotypes sur les irlandais qui sont passés à la moulinette, ou pour le rendu des accents régionaux, parfois un défi à la lecture et à la compréhension, mais très savoureux. D’ailleurs, Ennis a pris la précaution d’intégrer un lexique de 8 pages à la fin de l’ouvrage et ça a dû être un défi à la traduction.

Il est impossible de recommander cette lecture à n’importe qui, et il ne suffit pas d’être un lecteur averti, il faut encore être consentant. Sous cette réserve de taille, le lecteur peut apprécier une verve comique et absurde d’une grande richesse tant dans les situations que dans les visuels, avec une inventivité dans le crade et la provocation difficile à croire, qui ne tarit jamais. Garth Ennis & John McCrea osent regarder l’humanité dans ce qu’elle a de plus vulgaire et réussissent à en faire une bande dessinée qui tient la longueur et qui est énorme de bout en bout. 5 étoiles pour les lecteurs avertis et consentants.

Un bien bel hommage

Un bien bel hommage ©Caliber Press / Avatar Press

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23 comments

  • Eddy Vanleffe....  

    AAAh Garth Ennis et ses beaufs de comptoirs… c’est un peu son « meme » non?
    Là c »est totalement consacré au concept. Je me laisserais bien tenter un de ces quatre…
    Après je ne suis pas convaincu de trouver ça très marrant…mais bon…

    • Présence  

      En plus, je ne suis pas certain que l’énormité du langage puisse être traduite avec un même impact.

  • Matt  

    Moui bon, du Ennis quoi. Toujours pareil^^ Et toujours pas le truc qui m’attire. Du tout.

    • Présence  

      Je te le confirme : si tu n’aimes pas les énormités Ennis, fuis pauvre lecteur car il n’y a que ça dans ces pages.

  • Tornado  

    Voici l’un des rares ouvrages par Garth Ennis que je ne me suis pas offert (avec Crossed).
    Tout d’abord parce que le dessin ne me plait pas. J’adore la BD humoristique et les caricatures, mais il y a ici un aspect uniforme qui me déplait. Je ne me suis pas suffisamment arrêté dessus pour savoir exactement lequel.
    Ensuite, il paraissait évident que Panini Comics ne publierait pas la suite du 1° tome. Je ne leur faisait pas confiance sur ce point et j’avais raison.
    Et puis la chose n’a pas de très bonnes critiques en général.

    Bon. il faut admettre que l’article de Présence, léger, enlevé et pince sans rire me fait dire que j’ai eu tort. Parce qu’Ennis demeure, quoiqu’il en soit, le scénariste de comics qui parvient le mieux à me faire rire (avec Alan Moore). Et je suis sensible à ses énormités comme j’adore dans la vie les personnages king size qui remuent tout sur leur passage. Mais voilà que l’ami Présence rajoute un frein au final, avec cette histoire de traduction qui risque de ne pas transmettre la verve initiale de l’auteur…

    On verra si je tombe dessus, à l’occasion.
    Mais merci, en tout cas, pour cet article caustique et plein de verve !

    • Présence  

      C’est ce que je voulais dire avec lecteur consentant : il faut être motivé pour se plonger dedans, accepter la forme très personnelle de la narration visuelle.

      Contre toute attente, Panini a bien publié le tome 2 en 2013 (commentaire disponible sur le site habituel). Par ailleurs, il est vraisemblable qu’Ennis & McCrea n’avaient pas envisagé de donner une suite à ces histoires potaches, passé le premier tome. Enfin, chaque tome peut se concevoir comme une saison n’appelant pas une saison suivante.

      • Bruce lit  

        Je pense, je crois, je suis presque sûr que la traduction de Dicks est de Nikolavitch.
        Pour le reste, le trash ne me fait pas peur, mais pour avoir lu le volume 1, la trame de fond m’a peu intéressé pour enchaîner les séquences graveleuses putréfiées de John Mc Crea qui est bien plus à sa place ici que sur THE BOYS. Mais rien n’y fait, je n’aime pas son dessin, c’est rédhibitoire.
        On trouve un écho de ce travail avec les deux détectives sexuels dans PREACHER qui sont probablement les deux personnages que j’aime le moins. L’épisode que je n’aime pas du tout (malgré plein de qualités) reste l’auto stop où Jessie les ramasse à la fin de la série.
        Je passe (en rotant).

        • Présence  

          Sur amazon, il est indiqué que la traduction des deux tomes de Dicks est assurée par le studio Makma.

          • Matt  

            Panini fait beaucoup appel à eux, faut croire. Makma ce sont les traducteurs des nouvelles intégrales depuis 2013, des volumes Hachette, etc.

          • Bruce lit  

            Alors c’est sûrement Edmond Tourriol qui officie sur WALKING DEAD. Je peux lui demander si ça intéresse quelqu’un.

      • Tornado  

        Alors, total mea-culpa par rapport à Panini. J’ai tellement pris l’habitude d’être revêche avec cet éditeur que je n’ai pas fait attention en ce qui concerne la publication de ce 2° tome (m’enfin, il n’ont quand même publié le 3°…).
        Merci pour les renseignements, du fait que chaque tome peut se lire pour lui-même. Tu es un vil tentateur. Néanmoins j’attendrais une occasion de lire la chose si elle se présente d’elle même.

  • Jyrille  

    Je ne connais pas John McCrea et je n’avais jamais entendu parler de cette série. Et a priori, l’hmour potache me fait rarement rire.

    Mais là, et ton article aussi enthousiaste qu’enlevé n’y est pas étranger, j’aurai presque envie d’essayer : ça a l’air d’être n’importe quoi ! Même si il manque sans doute la folie de Tony Chu, cela peut être un moment de détente assumé. Merci Présence !

    La BO : jamais réussi à rentrer dans cet album. Je l’ai donné à une copine avec mes autres Marylin Manson.

    • Présence  

      L’intrigue n’est effectivement pas du tout aussi ambitieuse que celle de Chew, et l’humour est moins varié. En particulier l’humour visuel est très terre à terre.

  • Eddy Vanleffe  

    OMG!
    un Garth Ennis que Bruce n’aime pas?
    C’est une oeuvre de jeunesse qu’Avatar avait republié je crois…
    Tout le monde a bien progressé depuis…
    HITMAN reste un de mes coups de coeur!

  • OmacSpyder  

    Un article au pied léger malgré l’humour lourd, avec ce passage qui m’a amusé où il est fait mention de la traduction du mot « dicks » par une périphrase tellement pudique que ça contrastait merveilleusement avec le propos de cette bd.

    Trouvant l’actualité comme transportant suffisamment de crasses en tous genres, de caricatures caustiques de grossièreté cynique qu’on puisse s’imaginer être des personnages malgré nous errant dans une bd dans laquelle deux auteurs se lâcheraient en permanence, je ferai l’économie de cette lecture tant la redondance m’apparaîtrait de mauvais goût.

    Je laisse donc cet écrasement entre l’humanité en chaussures boueuses de sécurité.
    J’opte à cette heure pour des récits plus contrastés dans lesquelles les failles affleurent.

    Je sais que ça existe, ça me suffira. Mais je retiens l’enfant pudique n’osant pas écrire un gros mot dans l’article, et ça ça me fait sourire… Et rien que pour ça, il fallait l’écrire!

    • Présence  

      Trouvant l’actualité comme transportant suffisamment de crasses en tous genres, de caricatures caustiques de grossièreté cynique – Effectivement (et malheureusement), la réalité dépasse la fiction. Du coup ce type de récit énorme et vulgaire me sert à la fois de défouloir par procuration (parce que je ne me conduirais jamais comme ça dans la vie), mais aussi de décodeur faisant à la fois ressortir l’incorrection de tels comportements et l’état d’esprit ou les circonstances qui peuvent les produire.

      • OmacSpyder  

        Qu’il y ait une portée cathartique dans cette bd est fort probable. Qu’elle serve de décodeur pour saisir le contexte qui fait émerger- ou plutôt ici s’immerger dans- la crasse vulgaire, j’aurais bien aimé un exemple pour le coup qui éclaire le propos sous cet angle. Est-ce proposé par l’auteur ou est-ce ta lecture distanciée?

        Que cette bd provoque du rejet en ce sens où elle semble condenser en effet les travers de l’humanité quand celle-ci cesse de vouloir s’élever pour se rouler dans la fange, et nier l’altérité : misogynie, homophobie… pour se fixer sur le registre de l’absence de pensée et se gausser des actes perpétrés, cela donne une impression de fin du monde. Toutes jouissances dehors sans une once de culpabilité ou de scrupule. Je pense que ma première réponse vient de là : l’impression que cette bd parle trop du monde qui commence en emboîtant le pas sur là où il semble se terminer.
        Le Vil sans retenue
        Le Vol de la pensée
        Le Viol de la civilisation

        P@$^# de têtes de n#$@ds!!

        • Présence  

          C’est plutôt ma lecture distanciée, parce que sous le vernis d’exagération, ce sont des comportements très humains, des réactions que je peux observer toute proportion gardée bien sûr, ou qui sont parfois les miennes, toute proportion gardée aussi. Un exemple représentatif : le plaisir physique qu’éprouve Ivor Thompson en se soulageant.

          • OmacSpyder  

            Je pense qu’il y a un saut qualitatif qui s’opère néanmoins dans cette exagération qui paraît engloutir tout autre aspect. Si se soulager physiquement est une affaire corporelle incontournable, jouir de cette affaire et l’exhiber sans retenue en est une autre.

          • Présence  

            Oui, c’est une autre affaire. D’ailleurs, je ne me livre pas à ce comportement et je n’ai pas de personne dans mon entourage qui l’exhibe sans retenue. Peut-être ai-je mal choisi mon exemple. En gardant à l’esprit que j’utilise un vocabulaire de profane, Ennis & McCrea me donnent à voir une transgression d’une règle implicite de vie en société, matérialisant ainsi cette convention, montrant un individu pour qui elle ne va pas de soi, tester mes réactions face à cette transgression, me positionner par rapport à mon ressenti, etc.

  • JP Nguyen  

    Après cet article très explicite sur le contenu de cette BD, j’ai envie de prendre la voix du personnage de Thierry Lhermitte dans Le père Noël est une ordure, lorsqu’il répond à un gros pervers au téléphone :
    « Cela ne nous intéresse pas, monsieur ! »

    Désolé, je passe, les dessins sont moches et le sujet ne m’attire pas. Sorry.

    • Présence  

      Comme tu peux l’imaginer, c’est mon obsession de complétiste qui m’a amené à franchir mes réticences pour lire les 3 tomes, pour me faire ma dose d’Ennis.

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