Une équipe formidable pour une société fort minable

The Formidables tome 2 par Chris Malgrain

Une couverture en forme d’hommage au Wolverine de Byrne

Une couverture en forme d’hommage au Wolverine de Byrne©Oniric Comics

AUTEUR SONIA SMITH

VF : Oniric Comics

Dans un magnifique article, Jord Ar Meur vous avait présenté le premier tome de la série de Chris Malgrain, The Formidables dont le sous-titre, fierté et préjugés, habile détournement du titre de Jane Austen, laissait présager un comics engagé, rappelant en cela les récits des X-Men de Claremont et de Byrne que Malgrain admire.

Je ne reviendrai donc pas sur la présentation de l’auteur sinon pour souligner l’amour que Chris Malgrain porte aux comics des années 1960 à 1980 ce qui fait des Formidables un hommage non dissimulé aux grands maîtres que sont Stan Lee, Jack Kirby ou John Byrne.
Le présent article traitera donc du deuxième volume des Formidables sorti en novembre 2015 chez Oniric Comics, maison d’édition créée par Chris Malgrain en personne.

La naissance d’une formidable équipe

Le premier volume des Formidables permettait de présenter l’équipe de Franck Foster composée de jeunes super-héros atypiques aux caractères bien trempés. Le groupe faisait face à son premier ennemi mais aussi à tous les préjugés de la société américaine des années 1960 encore en proie à la ségrégation et à une homophobie qui rappelle des temps plus récents.

A la suite de leur affrontement avec un super-vilain soviétique qui veut se faire passer pour un nazi, les Formidables sont traités comme des parias et le premier tome se referme sur l’intervention de l’armée et de son super-soldat : le Steel patriot qui évoque sans détours le Captain America marvellien.

une tripotée de nouveaux méchants qui montrent les dents

Une tripotée de nouveaux méchants qui montrent les dents©Oniric Comics

Dans le premier volume installant les personnages principaux dans leur contexte géographique : les Etats-Unis et notamment la ville d’Arrow city, clin d’œil à un autre maître de Malgrain, Jean-Yves Mitton et politique : guerre froide, tensions raciales, société aux valeurs traditionnelles agressives…le décor est planté, l’histoire peut donc se développer dans un deuxième volume tout aussi dense en événements.

Formidables, vous n’êtes pas seuls !

Dans la seconde partie de son récit, Chris Malgrain ouvre l’univers super-héroïque qu’il a créé et replace son groupe des Formidables dans un monde élargi. L’homme à qui Arrow City doit son nom n’est autre que le premier héros américain, apparu en 1776 pendant la Guerre d’Indépendance. Plutôt cocasse car Arrow est finalement un emprunt à l’Archer blanc de François Corteggiani et Jean-Yves Mitton qui luttait également pour débarrasser le monde de la tyrannie. Mais alors que l’Archer luttait contre des extra-terrestres malfaisants, Arrow élimine les Anglais du territoire américain.

Dans les cinq premières pages de son ouvrage, Malgrain crée une flopée de personnages dotés de super-pouvoirs qui évoquent pour la plupart aussi bien visuellement que par leurs capacités des héros de chez Marvel ou DC : Elastic-Lad ressemble de prime abord à un Mister Fantastic blond, le Béhémot n’est pas sans rappeler Hulk en plus poilu, Wildfoot fait référence à Flash et soupçonne même l’auteur d’avoir fortement pensé à Jean Grey lorsqu’il a créé sa Lady Flame. Vous pourrez vous amuser à retrouver les correspondances. L’univers créé par Malgrain s’enrichit donc d’un coup parce qu’il ne faut pas voir comme des copies de héros que nous connaissons mais comme des hommages aux héros de son enfance.

 Tiens, Phénix est là ?

Tiens, Phénix est là ?©Oniric Comics

Tous ces nouveaux personnages, présentés au début du récit, n’apparaissent plus dans l’histoire principale qui tourne autour de l’équipe des Formidables mais Malgrain ne les a pas créés pour rien. Il développe dans un récit annexe le secret d’Elastic Lad, délaissant le crayon pour l’occasion puisque la partie graphique de ce mini-récit est confiée au talent de Jean-Marie Minguez qui offre un style très différent de celui de Chris Malgrain avec des personnages plus anguleux. Cette petite histoire met l’accent sur les faiblesses du héros et fait inévitablement penser au Photonik de Ciro Tota qui, lorsqu’il n’est plus le héros de lumière, redevient le pathétique bossu Taddeus Tenterhook.

Un monde à feu et à sang

Revenons à l’histoire principale qui tourne autour du groupe de « Formidable » Franck Foster. Après son combat en plein cœur d’Arrow City contre Storm Fighter, l’équipe des Formidables est contrainte à la fuite puisqu’elle est devenue le bouc émissaire d’une Amérique étriquée, effrayée par l’inconnu et campée sur une vision traditionnaliste de la société. Chris Malgrain s’attarde sur la présentation que la télévision donne des faits. Le présentateur exhale des relents maccarthystes et évoque les dissensions existant entre les partisans de Martin Luther King et ceux de Malcom X. Malgrain rappelle ainsi dans quelles tensions la société américaine se débat entre la peur des « Rouges » et le délitement d’un système ségrégationniste à bout de souffle. Sachant combien l’auteur est sensible aux montées des périls contemporains, on ne peut voir dans ce récit qu’une transposition de notre société menacée par des tensions internationales et rongées par des peurs intestines.

L’équipe des Formidables, elle-même, n’est pas épargnée par ces débats entre ceux qui font confiance à l’espèce humaine qui peut devenir meilleure si on lui en laisse le temps et ceux comme Mark qui ne supportent plus la discrimination et éprouvent un dégoût mêlé de colère envers ceux qui le rejettent.

 Une apparition dérangeante

Une apparition dérangeante©Oniric Comics

Ce deuxième volume, malgré la densité du récit, prend le temps de s’arrêter sur les origines de certains personnages comme Steel Patriot et surtout Franck Foster qui est au cœur de l’histoire la plus émouvante et dramatique de ce volume et dont les aventures posent à nouveau la question de l’acceptation des différences et de la haine raciste aveugle et destructrice.
Ce moment de répit est de courte durée pour le lecteur car il est placé entre le développement de la menace communiste déjà incarnée par Storm Fighter dont on découvre qu’il n’agit pas seul et l’apparition d’un nouveau danger venu de l’espace. Ainsi, comme dans le premier volume, Malgrain sait soigner ses cliffhanger puisque l’histoire se termine sur la vision d’une terrible menace venue d’ailleurs.

Le lecteur retrouve donc dans ce second tome des Formidables ce qui a fait le succès du premier. Jord avait souligné fortement la parenté de style existant entre John Byrne et Chris Malgrain sur le plan graphique, je ne ferai donc que redire la même chose, ce qui n’est pas pour me déplaire. Malgrain reste nostalgique du trait de Byrne et offre ici un dessin qui ressemble vraiment beaucoup à celui de son maître. Personnellement, étant nostalgique de cette période, tout en appréciant la production contemporaine, je trouve un grand plaisir à lire ce titre où les super-héros ont chacun une personnalité définie, où on ne balance pas des dizaines de personnages dans des crossovers dénués de profondeur. On sent que l’auteur est attentif à chacun de ses personnages et qu’il veut en explorer les recoins, les failles et les qualités.

Un autre récit annexe permet à Malgrain de faire un clin d’œil à d’autres talentueux auteurs et dessinateurs français puisqu’il offre à Stéphane Louis et Véra Daviet la possibilité de réaliser un crossover qui met en scène leur héroïne, Miss Deeplane, et le Steel Patriot qui se retrouvent aux prises avec des nazis et avec Hitler en personne.

Miss Deeplane et Steel Patriot mettent la pâtée à Adolph

Miss Deeplane et Steel Patriot mettent la pâtée à Adolph©Oniric Comics

C’est un des mérites de Chris Malgrain de chercher à travailler en équipe et de mettre ainsi en valeur d’autres talents, montrant ainsi que l’on n’est pas toujours dans un monde concurrentiel. Malgrain s’adjoint ainsi les talents d’Oliver Hudson dont je vous conseille fortement le dernier sketchbook, des coloristes Christophe Lacroix (déjà présent sur le volume précédent tout comme Rhom pour le lettrage) et Véra Daviet, des dessinateurs Jean-Marie Minguez et Stéphane Louis (qui assure aussi le scénario de Miss Deeplane).

En conclusion, ce deuxième volume des Formidables confirme les promesses du premier. C’est un album engagé qui met le doigt sur tous les blocages et les contradictions d’une société menée par la peur. Graphiquement, The Formidables est un titre au style retro qui plaira aux amoureux des comics de l’âge d’argent et de l’âge de bronze, principalement aux amoureux de John Byrne dont je suis. Soutenir ce titre, c’est aussi soutenir un auteur modeste, passionné et engagé qui a eu le courage de créer sa propre maison d’édition pour pouvoir réaliser son rêve et défendre sa vision des comics.
Sur le fond comme sur la forme, The Formidables est un titre qui cultive la douce nostalgie tout en revêtant un aspect militant nécessaire dans la période où nous nous trouvons.

23 comments

  • Patrick 6  

    Bigre ! A ce stade de similitude avec l’œuvre de Byrne ce n’est plus de l’admiration c’est du clonage :))
    -C’est en tous cas ce que laisse penser les scans de l’article-
    Cependant le coté oldschool que tu mentionnes n’est pas désagréable, mais je me demande si le comics arrive à s’émanciper du coté fan-boy (trop) révérencieux. Ton article donne au moins envie de vérifier ce point !
    Dont acte.

  • Tornado  

    Bigre aussi !
    Je n’avais pas été happé en feuilletant le premier tome à cause de mon aversion pour les comics du Silver et du Bronze âge au niveau du style narratif, dont la copie était trop proche, justement (je suis fan du Dark âge, on se refait pas ^^).
    Mais après deux articles aussi élogieux, je suis prêt à revoir mes aprioris ! Je pense donc redonner sa chance à cette série. 🙂

  • Matt  

    Intéressant.
    Surtout que je dois admettre avoir une certaines tendresse envers ce style old school de dessins. Parce que pour moi ce n’est pas vraiment le dessin qui a vieilli dans les vieux comics, mais plutôt les thèmes abordés, les dialogues et la narration bavarde avec les bulles de pensée.
    Je ne serai pas aussi radical que Tornado, il y a des choses que j’aime parmi les vieux comics, notamment les X-men des années 80, certaines périodes de Spider-man ainsi que la première série des gardiens de la galaxie avec des scénarios intéressants et sortant de l’ordinaire de Steve Gerber.
    Mais je n’ai pas grand chose de plus en terme de vieux comics. Pas d’autres séries que celles-ci et quand j’ai essayé, c’est vrai que parfois c’était un peu neuneu et c’était plus agréable à regarder qu’à lire.

    Mais les dessins, ça ne vieillit pas, voilà ! Il y a des styles différents, mais avec un découpage plus moderne et des thèmes intéressants, il n’y a aucune raison que ce style de dessin soit déplaisant.

    Sinon, on dirait un Galactus vert le géant.

  • Présence  

    Je suis très impressionné par la détermination qui transparaît dans cet article, par l’engagement total du créateur, sa pugnacité et sa détermination. Chaque illustration de l’article atteste son amour révérencieux pour des créateurs dont les œuvres m’ont accompagné dans mon adolescence. Le choix de l’autoédition m’évoque également le chemin suivi par des artistes outre-atlantique, décidés à conserver la mainmise sur leur œuvre, pour pouvoir la voir aboutir, sans subir de dénaturation par rapport à leur vision.

    • Jyrille  

      Pareil

  • Bruce lit  

    Je n’apprécie pas John Byrne en tant qu’homme. Tout ce que j’ai pu lire de lui, vraiment, ne me donne pas une image positive de ce type. Sans l’encrage de Terry Austin pour les Xmen, je n’ai vraiment jamais accroché avec son style. Et il est coupable de la résurrection la plus minable de Marvel, celle de Tante May à la fin de la saga du clone.
    Mais s’il a pu influencer des p’tits gars comme Chris Malgrain, so be it ! J’y jetterai un oeil à l’occasion car tu sais maintenant comment m’amadouer Sonia: des Super Héros qui combattent autre chose que leurs copains ou leur majordome, oui ça m’intéresse !
    Ahem….le look du Galatus blanc et vert m’a fait sourire…..la cravate en tant que cache sexe, c’est totalement « in » 🙂

  • Matt  

    Je m’aperçois que je n’ai rien lu de Byrne (en tant que scénariste) Sauf peut être 1 ou 2 épisodes éparpillés au milieu de ceux de Lobdell sur X-men ou de Claremont dans la résurrection de Jean Grey.
    Mais j’aime bien son style de dessin par contre.

    Il parait que son passage sur les 4 fantastiques est réputé. Dispo en omnibus en VO mais je n’ai jamais essayé. J’ai du mal à accrocher aux 4 fantastiques.

  • Jyrille  

    Blague à part, merci Sonia pour cet article dense mais suffisant, et surtout pour donner des nouvelles de jeunes auteurs qui en veulent ! C’est sans doute le plus important pour moi ici. Niveau goûts ce n’est pas du tout ma tasse de thé même si j’apprécie le savoir-faire du dessin sans erreurs d’anatomie et la planche d’un invité, qui lorgne vers le manga.

    • Présence  

      Pareil

      • Jyrille  

        Huhuhu

  • comics-et-merveilles.fr  

    Le nombre de fois que Byrne est cité, c’est presque criminel 😉
    Je vais forcément m’y intéresser…

    Les premières images me font penser à un croisement John Byrne – Al Milgrom – Dave Cockrum

    Merci quand même^^

  • Bruce lit  

    Le FB du soir:
    « Nous aussi, on sait faire » ! 3/6
    Un hommage enamouré à John Byrne (et aussi à Jack Kirby), toute une foule de nouveaux superhéros, un retour à des comportements héroïques, la tolérance comme socle social : The Formidables tome 2, c’est tout ça et plus encore. C’est aussi Sonia Smith sous le charme de l’écriture de Chris Malgrain.

    @Sonia: sinon, très bon titre plein de colère froide….

  • patrick perrin  

    Avec « les Formidables », Chris Malgrain réussit le tour de force de nous ramener en arrière, à l’époque bénie des dessins « Byrniens » et autres…
    Les comics de maintenant me font mal à la tête, avec leurs couleurs vives, leurs cases dans tous les sens, leur superficialité, tant dans les rapports humains que dans la dimension humaine, les scénarios sont absurdes ou totalement embrouillés…quand aux dessins, on ne sait même plus où regarder…
    Les formidables nous font revivre la bonne époque; et ça, punaise, qu’est ce que c’est bon !!!

  • JP Nguyen  

    Ben franchement, j’hésite… Le design de certains personnages fait quand même « too much » et le style de dessin est bien réalisé, joli mais fortement dérivatif, avec des hommages un peu trop appuyés.
    Peut-être qu’une rencontre fortuite en médiathèque ou autre me fera franchir le pas…

    Je suis actuellement dans une petite phase de lecture de « vieux comics » : le Moon Knight de Moench/Sienkewicz et le Captain America de Waid/Garney… Ce sont des runs plutôt bien perçus par les critiques, voire culte pour certains et là… aux 3/4 de ma lecture, je suis pas vraiment soufflé… D’où mon gros questionnement sur l’influence de la nostalgie sur mon appréciation de certains comics, influence probablement plus grande que je ne le pensais…

    • Tornado  

      Je me retrouve complètement dans ce que dit JP. De tous les « vieux » comics que j’ai essayé de lire ces dernières années, seuls ceux que j’ai adoré quand j’étais gamin m’ont plu. Et encore, pas dans n’importe quel contexte. J’ai rapidement compris que je ne devais surtout pas les relire dans les intégrales aseptisées de chez Panini, mais bel et bien dans mes vieux Strange. Il n’y a que comme ça que j’arrive encore à les apprécier !

      • JP Nguyen  

        Je me faisais la réflexion en écrivant le commentaire précédent que je me Tornadisais… 😉

        Toutefois, ce n’est pas aussi marqué chez moi. Par exemple le run de Batman par Moench/Jones, découvert dans les derniers jours de Strange, je l’ai relu en TPB il y a quelques mois avec plaisir. Certains graphismes vieillissent mieux que d’autres.

    • Matt  

      Moi je pense que la nostalgie joue un rôle certain, mais que la « hype » aussi. Genre si c’est culte pour les gens, on en attend toujours davantage que de raison. Et la déception est souvent au rendez-vous. Alors que l’œuvre, sans être extra, n’a peut être rien de honteux non plus.
      J’essaie vraiment de ne pas me faire avoir par ces cultes des « chef d’œuvre » Et du coup je me surprend à aimer des vieux comics (pas tous hein)

      Après je ne sais pas vous mais pour les vieux comics, j’essaie de faire comme pour le cinéma. C’est moins simple parce que dans les vieux films il y a des contraintes évidentes (technologie moins avancée par exemple pour les effets spéciaux), alors qu’en BD on dessine bien ce qu’on veut sans difficulté, mais il y a quand même un contexte de publication. Il y a eu le comics code aux US, une liberté d’expression bien moins grande que maintenant. Donc rien qu’un petit commentaire de Peter Parker sur la guerre au Viêtnam pouvait paraître osé et appréciable. Alors que de nos jours, on perçoit ça comme une tentative de critique bien timide et superficielle.
      Bon je n’essaie pas de tout défendre dans les vieux comics. Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai surtout lu du Spidey et des X-men, avec une touche de gardiens de la galaxie mais jamais vraiment autre chose donc je ne doute pas qu’il y a des bouses qui pouvaient être perçues comme infantiles même à l’époque.

      Je dis juste que c’est bien aussi de porter un regard bienveillant sur ce qui a vieilli car au cinéma par exemple, c’est assez déplacé de critiquer les effets spéciaux datés. C’était le mieux possible à l’époque avec le budget alloué donc c’est moche de s’arrêter à ça. Mieux vaut ne pas en regarder du tout s’il est impossible de passer outre cet aspect là.

      Du coup, de la même manière que les effets spéciaux de Ray Harryhausen m’impressionnent encore (car j’ai en tête les limitations de l’époque qui au final rendent cette prouesse technique plus étonnante que les facilités qu’on a de nos jours à tout faire à l’ordi), je peux parfois être agréablement surpris par une histoire tiré d’un vieux comics, alors qu’elle n’a rien de révolutionnaire par rapport à ce qui a été écrit depuis, mais pour l’époque, elle était osée et/ou originale et intrigante. Je pourrais citer le team-up entre Spider-man et Iron-man contre le spectre, avec l’inspecteur Jean Dewolff. Ou même d’ailleurs l’histoire sur la mort de cette fameuse Jean Dewolff. Même la première saga du clone avec celui de Gwen abordait un thème assez nouveau à l’époque et mettait en scène un personnage carrément dérangeant (le chacal est quand même une sorte d’obsédé malsain bien loin du vilain cambrioleur de banque) Alors oui au milieu de ça il y a des affrontements un peu nazes entre des persos aux costumes de carnaval. C’est vrai. Mais c’était l’époque quoi.

      Avis perso comme toujours, je ne cherche pas à vous convaincre que c’est génial les vieux comics. Mais je préfère les juger avec une certaine bienveillance (qui n’excuse pas tout non plus, évidemment)

  • Tornado  

    Ah mais je l’aime beaucoup moi l’arc avec la mort de Jean Dewolf ! http://www.brucetringale.com/descente-aux-enfers/ (il faut aller en bas de l’article).

    Ce que je reproche à la plupart des comics old-school (mais je ne le dis pas trop fort parce que sinon je me fait allumer), c’est que je trouve que, au delà de l’aspect vieillot, qui par contre reste charmant (comme au cinéma, be oui j’adore ça !), l’écriture est mauvaise. Les premiers Stan Lee sont vraiment (pour moi) mal écrits. C’est très mauvais dans la forme. Des scénaristes comme Steve Englehart, Gardner Fox, ce genre d’auteurs à mon sens extrêmement surestimés, écrivaient extrêmement mal. On ne me l’enlèvera pas de l’esprit.

    • Matt  

      Je n’ai en effet jamais trouvé que Stan Lee était bon scénariste. Il avait plein d’idées et il a lancé plein de personnages donc certes Marvel n’aurait peut être rien été sans lui, mais en tant que scénariste…c’est pas trop ça.
      D’ailleurs y’en a marre de voir des caméos de lui dans les films. Et les autres auteurs hein ? Comment ça on ne serait pas foutu de les reconnaitre ? Euh…certes. Stan Lee c’est l’image médiatique quoi.

      C’est vrai que par rapport au franco belge, les vieux comics ont une narration plus lourde pleine de bulles de pensée et de descriptions de l’action. Je ne sais pas si c’est culturel (mais non je ne cherche pas une excuse ! Je me pose des questions.) Peut être une histoire de format aussi. 20 pages par mois, faut produire vite et avec un nombre de pages plus restreint qu’une BD française.
      On se souvient que les EC comics d’horreur publiaient des petites histoires de 8 pages, et donc c’était ultra bavard. On sent bien que les auteurs auraient été plus à l’aise sur un plus long format.

  • Tornado  

    Stan Lee est surtout mauvais au début. Il s’améliore de manière significative dans la 2° moitié des années 60, avant de stopper nette son activité de scénariste. Les Spiderman qu’il écrit avec John Romita Sr sont parfois assez réussis, malgré des hauts (le côté soap) et des bas (le retour du retour du retour du statuquo après que le vilain ait retrouvé la mémoire pour la 6° fois !).

    Il est certain que les mecs devaient écrire et dessiner à la vitesse de la lumière, avec un comics code sclérosant. Toutefois, je trouve les EC Comics moins fastidieux à lire aujourd’hui. C’est moins naïf, et souvent beaucoup plus beau. Les histoires ont nettement mieux vieilli à mon avis (strictement personnel).

    • Bruce lit  

      Le Galactus des FF est une grande histoire.

    • Matt  

      Après, je crois savoir que tu lis exclusivement en VF. Je pense aussi que se taper les traductions de la mère Coulomb (pourtant acceptable sur « la dernière chasse de Kraven » d’après mes souvenirs) n’aide pas à apprécier la narration. Les intégrales VF X-men je n’arrivais juste pas à les lire en entier. J’étais dégouté à chaque fois. Alors qu’en VO, ça passait tellement mieux. J’ai été très heureux quand elle a foutu le camp.
      Non, ce n’est pas un argument qui vise à te dire que tu as un point de vue biaisé. Je pense que tu es capable de voir le type de narration au delà du dialogue pourri, et que tu as le droit de ne pas l’apprécier…mais ça n’aide pas malgré tout de telles traductions (« oh là là on est dans le pastis ! pour sortir de là, tintin ! » mais tuez-moi ! +_+)

      Je suis bien d’accord pour les EC comics. Mais justement il n’y avait pas le comics code encore. C’est « à cause » d’eux qu’il a été mis en place. Donc difficile de juger ceux qui ont du bosser avec la censure survenue par la suite. C’est là qu’on voit l’évolution des mœurs quand même. Aujourd’hui les EC comics sont charmants et n’ont rien de bien effrayant alors que ça avait terrifié la bien-pensance de l’époque.

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