Le cas Vivès (Focus Bastien Vivès )

Focus : Bastien Vivès

Pourquoi tant de haine ? (C) Glénat

Pourquoi tant de haine ?
(C) Glénat

Une éjaculation signée BRUCE LIT

VF : Casterman et Glénat

Ce focus se « faux cu-ssera « sur les deux dernières oeuvres du jeune Bastien Vivès, prodige de la BD française qui vient de susciter coup sur coup de jolis scandales médiatiques en publiant UNE SOEUR (l’initiation érotique d’un préado de 13 ans) et surtout PETIT PAUL, une BD ouvertement pornographique, qui devant la pression publique, a dû interrompre le coït avec les magasins Cultura et, de manière plus surprenante, Gibert Joseph. 

Avant de commencer, chers lecteurs, ne faîtes pas ça à la maison. L’auteur de ces lignes ne cautionne ni la pédophilie, ni tout acte de maltraitances quelle qu’elle soit envers des mineurs (et les majeurs d’ailleurs).  Et les animaux aussi.

On va parler crû et cul. Donc les plus sensibles peuvent s’arrêter là et attendre l’article de demain, deal ?  

Le voyez vous venir ?
Le nouvel ordre moral.
Non, on ne parle pas ici d’un tribute band frenchy de New Order, mais du retour au puritanisme le plus abscons.
Celui où la liberté sexuelle des femmes et leur droit à l’avortement est remis en cause.
Où le simple fait d’être homo est passible de ratonnade.
Où Juifs, migrants, musulmans, étrangers sont unis (au moins ici) dans leur statut de bouc émissaire des défaillances de démocraties affaiblies.
Où ces démocraties plébiscitent  une à une le bras en l’air et la main ouverte le retour à plus d’ordre, de valeurs, de répression et d’interdiction, en réponse aux outrages de 50 ans de culture libertaire née de la culture rock.

Une époque où l’exception devient la règle.
Où comme dans CIVIL WAR, le dysfonctionnement d’une minorité permet l’écrasement de la majorité.
Où il est toujours permis de tuer, exploser, violer, détruire, charcuter, découper, séquestrer, mutiler, amputer,défigurer à l’écran tandis la question sexuelle reste taboue, notamment en BD.
Où il sera plus facile d’appeler à brûler du flic, de mandaler du pédé ou de faire le Djihad que de poster L’ORIGINE DU MONDE sur Facebook.
Où Lobbys, groupes de pression, associations demandent à l’Etat, une entité réputée pour son altruisme et sa clairvoyance d’interdire tout ce qui choque, dérange, dégoûte, répugne, annihilant là un demi siècle de lutte pour la liberté d’expression du peuple contre…l’Etat !

Dans UNE SOEUR, la vie du petit Antoine bascule en une semaine. Il la commence en dessinant des Pokemons, il la finit dans les bras d'une ado (C) Casterman

Dans UNE SOEUR, la vie du petit Antoine bascule en une semaine. Il la commence en dessinant des Pokemons et la finit dans les bras d’une ado
(C) Casterman

Et là arrive Bastien Vivès. Le mec à qui tout réussissait. Au passé.
Auréolé par la grâce de POLINA.
Sanctifié par la sensibilité du GOUT DU CHLORE.
Célébré par la réussite de LAST MAN, un truc incroyable qui se permet de bouffer à tous les râteliers de la culture populaire sans puer de la gueule.
Tout était là pour un Happy End d’un auteur encore jeune sur le marché : en voilà un qui vivait enfin au dessus du seuil de pauvreté (salauds d’artistes qui profitent de ces aides sociales qui coûtent un pognon de dingue), brillant ambassadeur d’un French Suckcess.

Sauf que Vivès cultive en interview l’image du petit con arrogant qui tend la couille gauche en proférant de parfaites idioties aux antipodes de la délicatesse de son dessin (son fantasme serait de se masturber au dessus de photos de déportés).
Le rocker en nous avalera sans cracher pour autant : l’histoire du rock de Bowie à Siouxie en passant par Lemmy ou Keith Richards rengorge de conneries bien pires que le mode troll de Vivès.

Il existe cependant en Fance depuis Proust et Sainte Beuve, une ligne de conduite séparant l’homme de l’artiste, l’écrivain Céline du collabo antisémite, le peintre Le Caravage du meurtrier, le poète Rimbaud du trafiquant d’armes, le Jedi prometteur de l’ordure Sith (cherchez l’erreur). Je est un autre.
Et Vivès.

Hélène, l'initiatrice.  Comme toutes les femmes de Vivès, le lecteur l'aime au premier regard  (C) Casterman

Hélène, l’initiatrice.
Comme toutes les femmes de Vivès, le lecteur l’aime au premier regard
(C) Casterman

UNE SOEUR raconte l’histoire d’un jeune garçon de 13 ans qui va être dépucelé sur son lieu de vacances par Hélène, une ado de 16 ans. Dit comme ça, c’est abrupt voire peu bandant. Quant aux séquences cul, c’est pas non plus l’orgie : une fellation hors cadre, deux séances de masturbation sous la couverture et une branlette sous la douche, on se rappellera que Gotlib faisait plus trash avec toute la famille du Petit Poucet se masturbant face au lecteur jusqu’à une éjaculation faciale collective.

Antoine reste donc étymologiquement vierge.  On aurait tort de jeter l’opprobre à qui n’apprécierait pas de voir un gamin de 13 ans se faire sucer dans une bande dessinée alors que tant de drames, de l’affaire Maellys aux scandales à répétition des prêtres pédophiles remuent l’opinion publique de ces abus d’enfants révoltants. Mais rien de tout ça ici.

UNE SOEUR est une histoire d’une infinie sensibilité, d’une délicatesse inouïe bien loin de la provocation assumée d’un LEMON INCEST  ou du très joli BEAU-PÈRE de Blier.
C’est surtout la description méticuleuse de l’érection du désir érotique. Vivès n’écrit pas une histoire d’amour, il est trop tôt pour nos jeunes amis pour vivre ce sentiment à fond. Il décrit avec grâce les premiers atomes crochus, la séduction grandissante, les rendez-vous manqués et les déceptions inutiles, les premières caresses, la découverte maladroite du corps d’autrui jusqu’au twist final où la mort vient s’immiscer dans ce bel été.

La magie du premier baiser, celui qu'on n'oublie jamais. (C) Casterman

La magie du premier baiser, celui qu’on n’oublie jamais.
(C) Casterman

Les dialogues de Vivès sont plein de vie, parsemés de souvenirs autobiographiques avec en filigrane une belle description des relations qu’Antoine entretient avec son jeune frère. C’est souvent drôle, tendre et le désir des personnages se calque avec celui de son lecteur de voir évoluer cette relation de confiance entre un garçon terrifié par ses premières érections publiques et Hélène qui souhaite vivre intensément pour oublier la mort qui lui colle aux tongs

Chaque scène érotique se construit lentement, patiemment par Vivès entrecoupées d’authenticité avant que celles-ci soient constamment interrompus avec humour : tous les amants sont dérangés, l’acte est moins important que sa construction, JE T’AIME MOI NON PLUS- Le film, reprenait le même schéma d’un amour romantique toujours contrarié. Brillant et beau de bout en bout. 5 étoiles.

La dernière nuit entre Antoine et Hélène n'a rien de torride. Juste le besoin de respirer l'odeur d'une femme. Quel salaud ce Vivès ! (C) Casterman

La dernière nuit entre Antoine et Hélène n’a rien de torride. Juste le besoin de respirer l’odeur d’une femme.
Quel salaud ce Vivès !
(C) Casterman

Alors que UNE SOEUR mise sur l’érotisme d’une histoire longue, PETIT PAUL est un recueil de nouvelles ouvertement pornographiques mettant en scène un enfant de 10 ans avec une verge éléphantesque accompagné d’une soeur et sa poitrine Airbag. Sur le modèle des AVENTURES DE MARTINE, Petit Paul vit des mésaventures sexuelles construites sur un même schéma : la curiosité et l’innocence naturelle de l’enfant le conduisent toujours au mauvais endroit au mauvais moment dans des endroits dominés par des femmes : des toilettes d’autoroute, à l’école,  chez une amie musulmane, à un cours de Judo, à la Ferme ou…parmi les extraterrestres.

Alors que chaque scène commence calmement avec une description de l’endroit et des personnages, un événement extérieur va entraîner une série de quiproquos sexuels aboutissant systématiquement à l’érection involontaire de Petit Paul qu’il tente de contenir désespérément comme Banner souhaite contrôler Hulk  Avec son bâton de chaise en guise de pénis, celui-ci pénètre souvent involontairement des femmes qui à la base n’avaient aucune vue sur l’enfant. L’orgie peut alors commencer avec des gaffes, des malentendus et des explosions de sperme. Fellation, Cunninlingus, Feet Fucking (!), Sodomie : Vivès s’en donne à coeur joie.

Petit Paul joue à Martine (C) Glénat

Petit Paul joue à Martine
(C) Glénat

Le dossier de presse de Glénat publie une courte interview du bonhomme : lorsque on lui demande s’il n’a pas l’impression de dépasser les limites, sa réponse est cinglante : pourquoi devrait il s’en fixer alors que le monde n’en a plus aucune ? Cette collection est volontairement publiée par Glénat pour réattribuer au porno sa place dans la culture populaire. Et sa directrice de publication n’est autre que Céline Tran, ancienne hardeuse, qui signe une préface pertinente en disant ne pas vouloir publier du porno masturbatoire mais jubilatoire.

A partir de là, tout dépendra de votre rapport au trash, au sexe, à la morale et à l’humour too much. PETIT PAUL n’est pas destiné au grand public, c’est un fait.  L’objet est précautionneusement planqué à la maison hors de portée des enfants. Pour ma part, j’ai trouvé ça sensationnel : tout est tellement énorme, ridicule, exacerbé, caricatural que l’amateur des moments Ennis loufoques que je suis y trouve son compte : explosion de toilettes surréaliste, coït clandestin comme dans LE TAMBOUR, baise sauvage sur un tatami à base de kata de Judo, Alien hermaphrodite : PETIT PAUL rappelle à la fois GROLAND pour le trash du terroir, les articles du légendaire Christophe Lemaire pour Rock’n’Folk capable de passer de Visconti à Marc Dorcel, LE VAGABOND DE TOKYO pour ses fantasmes de freaks et le Gotlib de RHÂÂ LOVELY et de FLUIDE GLACIAL.

Petit Paul et sa soeur Magalie : comme un parfum de Gotlib (C) Glénat

Petit Paul et sa soeur Magalie : comme un parfum de Gotlib
(C) Glénat

Une évidence, oui….Ce petit con de Vivès fait partie de la famille. D’un art populaire scandaleux et outrancier qui rappelle que le rock, les comics, la BD, les mangas, le Cinéma, le jeu vidéo ont tour à tour été accusés de la dépravation de toutes les jeunesses du monde.  Aussi dérangeante soit-elle, la démarche de Vivès est d’une redoutable efficacité : le scénariste dessinateur s’approprie tous ces codes en y ajoutant sa touche : cette incroyable sensualité et cette douceur dans son dessin même dans les situations les plus scabreuses.

Comme Will Eisner, il s’affranchit des gaufriers traditionnels du 9ème art pour une mise en pagé aérée, ultra dynamique et rappelant le scrolling d’une navigation internet. Toutes ces orgies ont souvent une finalité voire une morale : Magalie terrasse son professeur de Judo qui tente de profiter de la confusion pour abuser d’elle. Vivès rappelle avec ce PETIT PAUL que les fantasmes sexuels existent dès l’enfance et qu’il appartient à nos sociétés de les encadrer sans les réprimer.

Ça n’a pas tardé : que l’on puisse être mal à l’aise, bien entendu. Mais qu’on en vienne à vouloir interdire ce livre pourtant vendu sous plastique, de l’accuser d’être un manuel de pédopornographie, de livre de chevet du tueur de Maellys,  le tout sur fond de déclarations troll de Vivès, c’est tellement surréaliste quand on sait que PETIT PAUL dans toutes ses outrances n’arrive jamais à la cheville de celles de Jodorowski ou d’Alan Moore dans LOST GIRLS. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille ouvrir une brèche et se lancer dans un nouveau genre mais prendre cette BD comme elle est : la dérive de fantasmes absurdes et totalement crétins.

S’il fallait blâmer Vivès, c’est qu’autant la première partie de son PETIT PAUL est brillante, autant la deuxième peine à renouveler son rythme et son déroulement.  Dommage…Pour une si grosse bite, on serait tenté de dire que c’était bien trop court…. 3 Etoiles et demie.

Le communiqué de Glénat (C) Glénat

Le communiqué de Glénat
(C) Glénat

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Interdit au moins de 15 ans

47 comments

  • JP Nguyen  

    Je n’ai pas lu grand chose de Vivès. Emprunté en bibli il y a quelques années, Amitiés Etroites ne m’avait qu’à moitié convaincu. Entre ses interviews et les deux oeuvres chroniquées ici, je dois lui reconnaître d’avoir du caractère. Pas sûr que cela me fasse partir en (qué)quête de ces deux lectures, cela dit…

    Concernant l’intro de ton article, Bruce, tu relèves des choses très vraies mais je pense que la situation est encore plus complexe. En fait, il n’y a pas un nouvel ordre moral mais plutôt un grand désordre parce que globalement, les gens sont déboussolés par le monde qui change très vite sur certains points. Du coup, c’est un terrain favorable pour essayer de les embobiner et se présenter avec des solutions simples/simplistes, des choix clivants, pour remporter leur adhésion. C’est la recette du populisme. Dans ce contexte, la subtilité est quasiment hors-la-loi.

  • Vindicator  

    Une tribune engagée mais pas enragée. Merci bruce

  • Présence  

    Je suis bien embêté car je n’ai pas lu ces BD de Bastien Vivès, ni celles parues avant, ou entre les 2 (Attention chien méchant, La décharge mentale, Le chemisier). Par contre, j’ai lu avec plaisir l’article de Bruce. C’est une excellente initiative que d’avoir ajouté le communiqué des éditions Glénat qui défend à la fois la liberté d’expression et la nature de Petit Paul, en justifiant qu’il ne s’agit pas de pédopornographie. Du coup, cet article me permet de me faire un avis sur ces BD sans avoir à les lire.

    • Bruce lit  

      @Présence : Je suis bien embêté car je n’ai pas lu ces BD de Bastien Vivès ça peut s’arranger ;)
      @JP : Black is white and up is down. Je n’ai pas l’impression de vivre une époque plus complexe qu’avant. Mais d’avantage communautaire où la capacité de riposte et la dictature de l’émotion. Politiquement, nous sommes dans un pays qui lutte depuis 30 ans pour ne pas céder aux populismes (avec un -S) et qui se voit pour chaque Président rétorquer une fin de non recevoir ainsi qu’un , et ça c’est plutôt inédit depuis une dizaine d’années, mépris affiché pour le peuple et ses souffrances. Il est possible désormais pour un dirigeant politique de railler les pauvres, de les traiter de cancer de la société, sans que ça ne scandalise plus que ça les élites politiques. Un mépris de classe bien analysé notamment par Houellebecq qui n’est pas l’écrivain le plus à gauche que je connaisse.
      @Vindicator : une rubrique lue et relue plusieurs fois pour ne pas être trop bilaire. Content que tu l’ais perçu.

  • Tornado  

    Très bel article.
    D’ordinaire, ce n’est pas du tout un terrain littéraire vers lequel je me serais dirigé. Mais tu m’as rendu curieux (de lire ces BDs, surtout la 2nde) et positivement furieux (face à la connerie bienpensante qui nous pollue la vie).

    • Bruce lit  

      @Tornado : le titre initial était Violator inspiré par Depeche Mode que j’écoutais pendant sa rédaction. J’ai trouvé ça too much et pouvant prêter à confusion, tout comme les scans de l’article choisis avec soin.

  • Jyrille  

    Je l’attendais de pied ferme, cet article, et je ne suis pas déçu ! Je n’ai pas été étonné tant je retrouve tes lubies et préférences, mais tu t’en sers magnifiquement pour la défense de ces oeuvres.

    Vraiment un très bel article donc, auquel je souscris totalement, même si je n’ai pas lu ces bds. En fait je n’ai pas trop envie d’investir là-dedans même si la curiosité de les lire est toujours présente. De Vivès, j’ai les LAST MAN que j’adore (même si on va dire qu’ils sont à Maël), un petit bouquin porno de la collection BD CUL (LES MELONS DE LA COLERE… bof, sympa), ELLES, une de ses premières oeuvres, et c’est tout. J’ai lu POLINA qui est splendide.

    Ce que dit Vivès en interviw, je n’en ai aucune idée tant je sépare de plus en plus l’oeuvre de l’artiste. Tes comparaisons avec Gotlib et LOST GIRLS (je me demandais si tu allais y faire référence, tellement cela me semble évident) sont plus que pertinentes et le texte de Glénat me semble on ne peut plus clair. Merci Bruce.

    La BO : j’adore. L’album qui m’a fait aimer Depeche Mode.

    • Bruce lit  

      Gasp !
      J’ai des lubbies, moi ?
      Je dois avouer quelque chose : autant j’ai grand plaisir à faire des itws pour le blog, autant je suis très étranger à celles pour tous les auteurs de BD-Comics. Ma culture itw est essentiellement rock.

      DM : Music for the masses est pour moi le 1er vrai album de DM. Ceux d’avant me sont assez pénibles d’écoute.

      • Jyrille  

        DM : je pensais comme toi, et en fait non. Enfin, pour le moment je ne remonte pas plus loin que Some Great Reward (en gros, je n’ai jamais tenté leurs trois premiers albums). Réessaie Black Celebration, il est terrible : Fly on Windshield, New Dress, Sometimes… et sur Some Great Reward, tu as Somebody (magnifique). Avant, je ne supportais pas People Are People, maintenant je la trouve super.

        • Eddy Vanleffe  

          Je commence avec Construction time again.. C’est déjà assez délire.

          • Jyrille  

            De cette période, je n’ai que Some Great Reward et le Singles 81-85 (seul album où on peut trouver la magnifique Shake The Disease).

          • Bruce lit  

            Ah oui, Shake the disease est superbe !

  • OmacSpyder  

    Un article introduit par une mise en contexte dépeinte à l’acide, amenant un propos en retenue sur les deux bd présentées. La contextualisation donne ainsi le cadre noirci permettant de voir à quelle lumière apprécier ces deux récits et la polémique suscitée notamment par le dernier.
    Et c’est intéressant d’assister dans l’article à une inversion dans laquelle la société est décrite comme en recul quant au progrès social, et où Une soeur et Petit Paul sont abordés comme des récits rassurants quant à notre capacité à accueillir des propos le plus souvent mis sous un couvercle par les adultes. Ici : L’érotisme adolescent ordinaire et l’humour débordant autour de la sexualité infantile.

    Les dessins choisis montrent la douceur apportée aux représentations, sans voyeurisme. Petit Paul manifeste d’emblée une sexualité infantile qui a trait aux fantasmes des plus jeunes (avant 6 ans) et qui de fait est débordante. Il existe bien une sexualité infantile refoulée ensuite, occultée le plus souvent par les parents et niée assez fréquemment aussi par la société, plus à même de s’occuper du cerveau de nos bambins à grand renfort de neurosciences bien propres que d’éclairer en quoi la sexualité infantile fait partie intégrante du développement de l’individu.

    Que la société s’offusque n’est cependant peut-être que le signe d’un refoulement massif des mouvements psychiques des jeunes enfants ainsi, et c’est plus inquiétant, que l’expression inconsciente d’une lutte face à leurs propres penchants pédophiles refoulés. A l’ère de l’enfant potentialité devant recouvrir tous les fantasmes de réalisation de ses parents, cette érection comme une résurgence de ce qui lui est propre peut comporter un aspect insoutenable.

    Une critique vis-à-vis de la bd, peut-être : ce que tu décris de Petit Paul laisse penser que les scènes sexuelles sont assez calquées sur une sexualité adulte. Or, l’enfant est bien plus créatif et inventif dans ses fantasmes sexuels. Freud n’appelait pas le petit d’Homme « pervers polymorphe » pour rien! Les situations sexuelles ne sont-elles pas plus diversifiées que cela?

  • Matt  

    Ce n’est pas mon type de BD. Même si c’est vrai que j’ai chroniqué du coquin. Mais je préfère peut être quand le dessin est plus réaliste et les situations complètement connes et marrantes^^ Même s’il est vrai que tu mentionnes des trucs bizarres avec des extraterrestres qui peuvent être marrants.
    L’idée de l’enfant n’est peut être tout simplement pas à mon goût. Le gros nawak sexuel, c’est plus rigolo avec des persos adultes.
    Mais je n’irais pas jusqu’à dire bien sûr qu’il faut interdire la chose.
    Je suis bien d’accord avec ta position.
    Et je suis encore plus d’accord avec l’analyse de JP je pense. Il y a de la manipulation dans tout ça.

    Après si Vivès dit des trucs idiots en interview, c’est pas forcément non plus très judicieux. Les photos de déportés, bon…
    Enfin après faut pas s’étonner quand on provoque de se manger des retours de bâton.

    • Bruce lit  

      @Matt : preuve qu’avec le temps et surtout à votre contact, je m’adoucis, la réflexion sur les déportés, ça n’aurait pas passé il y a quelques années. C’est tellement con….Aujourdhui je relativise. Sans banaliser non plus.
      faut pas s’étonner quand on provoque de se manger des retours de bâton. C’est le grand problème des provocateurs et là s’y trouve la limite. Comme Gainsbourg qui s’offusquait des critiques de LEMON INCEST ou CHARLOTTE FOREVER alors qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait.
      Concernant Petit Paul, encore une fois, je vois plus une incarnation de l’innocence qu’un véritable enfant. Par contre une soeur, est un très portrait de cette fin d’enfance, doux et sensible, le meilleur de ce que vIvès peut offrir.

      @Omac : la société est décrite comme en recul
      Dans recul, il y a…

      Que la société s’offusque n’est cependant peut-être que le signe d’un refoulement massif des mouvements psychiques des jeunes enfants Ouf ! Y ‘a un truc qui déconne pas chez moi !
      Les situations sexuelles ne sont-elles pas plus diversifiées que cela? Je n’ai pas voulu jeter de l’huile sur le feu en montrant des scans explicites, parce que le sujet et parce que, ben je publie sous mon vrai nom, hein…
      Il y a des scènes énormes avec un combat de judo qui finit en partouze, petit Paul caché derrière des rideaux qui bande comme un âne parce qu’il assiste à un spectacle érotique chez sa copine qui s’asseoit sur son pénis pour éviter que ses parents ne le découvre. Le comique de situation est assez fort.
      C’est d’avantage l’inventivité des situations que les positions qui marque, si je réponds bien à ta question. Je le répète : Petit Paul est un être neutre et innocent comme Tintin et qui se retrouve embarqué dans ses situations absurdes. Il n’a aucun fantasme ou perversion à assouvir.

      @Cyrille : bon je vais faire un effort. J’ai écouter celui avec Everything COunts et ça sonnait trop nouveaux romantiques pour moi.

  • Ozymandias  

    Une chronique apollinienne et très réussie. J’avoue que je pourrais facilement écrire un roman ce que m’a inspiré cette campagne contre la BD petit Paul. Quand on connaît un peu la littérature érotique, notamment asiatique, il n’est pas rare d’ rencontrer des moines, clercs ou paysans « affligés » d’un pénis géant.

    Il ne fait aucun doute que la sexualité de l’enfant pose problème au adulte. Pourtant Etienne Daho, dans une émission grand public du service public, avait fait l’aveu d’une première expérience sexuelle à 12 ans. Il suffit de ne pas faire l’amalgame entre relation consentie (amour) et forcée (viol, pédophilie). L’innocence des héros de Bastien Vivès est leur meilleure arme contre la censure et la connerie bien-pensante. Il n’y a, mais encore faut-il les lire pour s’en rendre compte, aucune perversité dans ces BD. D’ailleurs, la comparaison avec Gotilb est très pertinente, contrairement à une comparaison avec LOST GIRLS qui n’a pas la même finalité.

    Quand on se penche sur l’affaire Cultura, qui accepte d’avoir le livre en réserve, mais pas en rayon (ce serait con de perdre du fric en étant honnête avec ses convictions) démontre l’hypocrisie de notre société. La possibilité de l’obtenir (commande ou réserve) implique que l’acheteur potentiel fasse la démarche de demander à un(e) vendeur(se) ce bouquin, au risque de se faire étiqueter « pédophile potentiel » par des gens qui se seront contentés de lire les ITW trollesques de Vivès et les condamnations d’une certaine presse…

    Le problème, c’est que Vivès, s’il s’avère souvent très con dans ses itw racoleuses, demeure un génie dès qu’il redevient un artiste. Ce type est sans aucun doute un des meilleurs dessinateurs et scénaristes de notre époque. Pour ceux qu’il faudrait encore convaincre, lisez LE CHEMISIER. Votre réputation en souffrira moins, et vous aurez toutes les preuves de son talent.

    Petite parenthèse que j’aimerais ouvrir et refermer rapidement et qui concerne le téléchargement illégal. J’aurais l’occasion d’y revenir en profondeur dans une future chronique, oublieuse des chiffres qui circulent dans chaque camp pour nous convaincre de sa malfaisance ou de l’inverse.
    J’ai eu l’occasion de dire dans plusieurs de mes commentaires (ici et ailleurs) que je me livrais parfois/souvent (ça dépend les genres) au piratage pour obtenir des oeuvres que, sinon, je ne pourrais pas m’offrir, et qui en outre ne font pas partie des commandes habituelles en médiathèque. Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, plus précisément l’album PETIT PAUL, il me semble tout à fait justifiable de le télécharger, ne serait-ce que pour confirmer/infirmer sa sinistre réputation et ensuite l’acheter sur une plateforme quelconque ou chez un libraire qui sait ce que signifie la liberté d’expression et dispose d’un personnel qui sache les livres et ne se contente pas de les vendre. C’est aussi ça la différence entre vraie librairie et franchise à connotation culturelle.

    Pour conclure, je dirais que si personne n’est obligé de lire ces deux albums, pourtant excellents, il existe bien d’autres albums de Bastien Vivès qui valent le détour. D’ailleurs, il n’est jamais si bon que quand il ferme sa gueule et se contente de produire ses petits chefs-d’oeuvre. :-)

    Nous vivons une époque où il devient de plus en plus nécessaire de ne pas compter sur la doxa et l’opinion publique pour se forger un avis sur le monde qui nous entoure. Je me réjouis donc de faire partie d’une équipe (Bruce Lit pour ceux qui dorment au fond de la classe) ouverte d’esprit et capable de ne pas céder au chant des sirènes du populisme.

    • Bruce lit  

      Merci pour cet avis Ozy qui m’a fait bien rigoler via son humour ravageur.
      Le parallèle avec LOST GIRLS : on parle d’une BD où se multiplient des scènes d’incestes joyeux et/ou de zoophilie assez trash. A ma connaissance, personne n’a attaqué Alan Moore en le traitant comme Vivès a été traité. J’ai conversé en marge de cet article avec des auteurs de BD qui admirent son talent mais trouve le mec tête à claques et infect avec le reste du métier. Ceci explique sans doute cela et, Matt me le reproche suffisamment, je n’aurais certainement pas été si bienveillant si j’avais eu ces dossiers de presse qui semblent le rendre aussi infect que Mark Millar. Je me tire donc une balle dans le pied, car désormais je ne pourrais plus critiquer les personnalités de mes têtes de turc préférées : Millar et Morrison. Merde….

      Je retiens donc LE CHEMISIER pour lequel je vais m’enquérir.
      Concernant le téléchargement, j’ai eu je pense la même démarche que toi notamment vis à vis de la musique : télécharger des trucs impossibles à trouver en magasin (L’ost de DeUs EX, de God of War, pas mal de trucs de Lee Hazzlewood pour une première écoute nettement plus sympathique que les écouteurs de la FNAC. Ca évite l’achat d’impulsion, et cette maxime de Fred Chichin que j’ai adoptée : de toute façon les gosses qui téléchargent également n’auraient pas acheté le disque.
      C’est ce que je fais lorsque j’aime.

      Merci enfin pour ton début de commentaire : Apollinaire-Critique d’art a longtemps été avec Le Spleen de Paris de Baudelaire mon livre de chevet !

      • Matt  

        Ha ! Ha ! Eh oui c’est ça de mélanger l’auteur à son œuvre.
        D’ailleurs si pour toi c’est tellement important la personne derrière les œuvres, comment tu fais pour regarder des films de Polanski ?
        C’est le risque de chercher des excuses à des gens parce qu’ils ont du talent, ou condamner rapidement les défauts des gens parce que leurs œuvres nous emmerdent. En gros un jugement complètement partial et pas loin d’être hypocrite^^

        T’as pas voulu tenter une interview avec Vivès ? t’as eu peur qu’il dise que des conneries ?^^

        • Bruce lit  

          Je n’ai pas tenté l’itw Vivès tout simplement parce que sa page n’est pas à jour depuis 3 ans.
          Polanski, Brando, Bertullucci, Kinski, je l’ai dit et écrit, je m’intéresse à leurs oeuvres moins à leurs déboires.
          Par contre pour Morrison ou Millar, je m’attaque souvent à leurs styles et leurs intentions d’auteurs. En celà, je ne me sens pas en contradiction avec moi-même.

          • Matt  

            « Polanski, Brando, Bertullucci, Kinski, je l’ai dit et écrit, je m’intéresse à leurs oeuvres moins à leurs déboires. »

            Ben ça je comprends bien. Mais pourquoi certains autres ont droit à des réflexions parce qu’ils viennent chercher un Oscar ?^^ C’est pas pire que des histoires de viol quand même…

  • OmacSpyder  

    @ Ozymandias et Bruce : « Il ne fait aucun doute que la sexualité de l’enfant pose problème au adulte » dit Ozy. Il ne fait aucun doute que cette assertion ne vaut ici que pour celui qui la prononce. Des illustrations?

  • jqtm  

    une revue aussi crasse que son auteur. il vaut mieux retourner à vos comics. vous perdés un fidèle lecteur !

    • Bruce lit  

      @Jqtm (sur un air de EN RELISANT TA LETTRE de Serge Gainsbourg) : ouf, une note dissonante, j’étais presque déçu. Parmi les 36 976 commentaires publiés sur le blog à ce jour, aucun ne porte votre illustre pseudo. La fidélité prend parfois d’étranges détours. Je vous laisse tout à votre dépit, c’est l’heure de ma douche…

    • Matt  

      Monsieur jqtm, surtout faîtes bien attention à ne jamais acheter du Glénat non plus. Après tout, ils défendent aussi leur position de publier cette BD. Alors la solution intelligente c’est de boycotter l’éditeur hein !

  • nico  

    Lorsque j ai pris connaissance de tout ce bordel avec Vivès, je me suis demandé si tout cela serait évoqué sur Bruce Lit… Sans rentrer dans le débat, je suis heureux et fier de savoir qu il reste des espaces de libertés comme ce site ou l on peut exposer ses opinions, débattre, échanger sur un sujet polémique avec intelligence… ou presque. Bravo à vous tous.

    • Bruce lit  

      @Nico : j’apprécie le vote de confiance de l’admirateur de Céline.

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai vraiment réfléchi pour savoir quel commentaire intelligent je pourrais ajouter…
    mais je n’en ai pas.
    j’ai du mal à savoir pourquoi d’ailleurs…
    mais si.
    CA NE ME CHOQUE PAS
    Quiconque a déjà tenu une de ces vieilles bd porno de poche sait que la plupart des personnages étaient mineures (mais pubères, il n’y a jamais eu d’ambiguïté la dessus), Je me souviens des trucs dessinées par jean Sidobre qui faisait aussi les dessins du Club des cinq (gasp).
    quiconque a lu le Pervers Pépère (est-il sous blister aujourd’hui) de Gotlib a déjà lu pire.
    des histoires de zobs détournés?
    ben….City Hunter (Nicky Larson) en est blindé…
    des gars qui provoquent le bourgeois en arborant des crois à l’envers, des croix gammés et autre signes craignos..je connais et je pratique aussi…
    donc.
    l’érotisme est un truc que l’ensemble de la société cale sur l’age de la majorité, mais qui titille surtout pendant l’adolescence… l’age des personnages proches de ceux du lecteur ne choque donc pas.
    Ado, j’avais accès à des trucs bien pire que maintenant.
    donc oui, il y a hypocrisie.
    une hypocrisie qui se marie avec une angoisse bien réelle de sentir nos enfants en insécurité.
    une nouvelle prédation sexuelle prend une forme très insidieuse dans les collège, entre ados parfois entre enfants. elle a toujours existé mais sa violence a pris une ampleur assez inédite. cette peur qui ne sait pas se matérialiser ne mène qu’à des comportements sécuritaires/paranoïaques à base de « interdiction » « censure » etc…
    En ce qui concerne l’auteur, il ne m’intéressait pas des masses avant, pour tout un tas de raisons de lecteurs. il faut donc tout le talent et la passion d’un Bruce mordant pour que je m’intéresse un peu à Une sœur… Pour Petit Paul, je dois dire que je m’en balance à fond parce que il y a l’intégrale de Docteur Slump à la bibli…

    • Bruce lit  

      @Eddy : Merci pour compléter mes arguments. C’était mieux avant ? De la même manière que Baba le pirate chez Asterix ne peut plus manger les -R, que Lucky Luke ne peut plus fesser Billy the Kid, tous les regards sont désormais tournés vers Dragonball et les touche pipi de Goku….
      Je partage avec vous un truc rigolo que j’ai trouvé sur Internet ces jours-ci. Je n’en connais ni l’auteur ni la provenance donc je ne mets rien sur le mur FB, c’est caricatural mais ça m’a fait marrer…

      LA LIBERTÉ D’AUJOURD’HUI

      Il a neigé toute la nuit. Donc ce matin…
      8h00: je fais un bonhomme de neige
      8h10: une féministe passe et me demande pourquoi je n’ai pas fait une bonne femme de neige.
      8h15: je fais une bonne femme de neige.
      8h17: La voisine féministe se plaint de la poitrine trop généreuse de ma bonne femme de neige. Ça rabaisse les bonne femmes de neige à un objet sexuel.
      8h20: le couple gay du quartier me mentionne que ça aurait pu être deux bonhommes de neige.
      8h22: le trans genre me demande pourquoi je n’ai pas simplement fait une personne de neige avec des pièces détachables.
      8h25: les végétaliens du bout de la rue se plaignent du nez en carotte. Les carottes sont de la nourriture et non pas un objet de décoration.
      8h28: je me fais traiter de raciste parce que le couple de neige est blanc.
      8h31: la famille musulmane de la rue me demande de mettre une burqa à la bonne femme de neige.
      8h40: la police débarque pour me dire qu’une plainte a été déposée.
      8h42: la féministe se plaint encore… le balai de la bonne femme de neige doit être enlevé parce que ça donne une image de ménagère aux femmes.
      8h43: le conseiller pour l’égalité des gens menace de m’évincer.
      8h45: le journaliste de TVA se pointe. On me demande si je connais la différence entre un bonhomme et une bonne femme de neige. Je réponds: des boules de neige. On me traite de sexiste.
      9h00: je passe au bulletin de nouvelles comme un terroriste, raciste et homophobe qui cherche le trouble en ces moments difficiles avec la météo.
      9h10: on me demande si j’ai des complices. Mes deux enfants sont arrêtés.

      @Tornado : nos enfants ont, à mon sens, nettement moins de liberté qu’auparavant. Moi le premier, je suis désormais incapable d’envoyer ma fille à l’école (CE1) pour un trajet de 10 minutes à pied que je faisais seul au même âge qu’elle .

      • Jyrille  

        Et encore avant, il y a longtemps maintenant, Lucky Luke a perdu sa cigarette…

        Le texte : mouais. Je comprends l’intention mais je ne cautionne pas le coeur de la comparaison.

        Et oui, on a tous tendance désormais à surprotéger nos enfants…

      • Matt  

        On pourrait rajouter au texte :

        10h00 : je fais tout ce qu’on m’a dit. Un couple homo de neige avec une femme de neige à petite poitrine et un enfant de neige joyeux, une bonne femme de neige en burqa, etc.
        10h10 : Un voisin me demande si je suis un putain de bienpensant.

        ^^

  • Tornado  

    Par Gotlib, ce n’est pas Pervers Pépère le plus trash, mais surtout Hamster Jovial. Là, il va vraiment très loin.

    Le sentiment des parents sur l’insécurité des enfants à l’école a bel et bien été augmenté. En fait c’est à cause des réseaux sociaux. Il y a quelques années, le collège dans lequel je travaillais voyait une recrudescence de cas malsains, où certains élèves en manipulaient d’autres afin de les faire poser nus, et publiaient ensuite les photos sur internet.

    • Eddy Vanleffe  

      @Tornado…
      je n’ai pas lu Hamster jovial… c’est bien?
      pour le collège, j’ai entendu le témoignage d’une mère dont la fille a été forcé de pratiquer des trucs pour avoir des cosmétiques gratuits… mais vraiment très jeune (11-12 ans?)
      la banalisation de la pornographie n’y est -bienpensance ou pas-pas étrangère. une certaine démission non plus d’ailleurs.

      le truc facebook traduit en blague la chape de plombs de culpabilité que nous anciens libertaires devons subir au regard des mœurs actuelles.
      Tu parle de rerour l’ordre moral…
      Je sais que par mon refus de vouloir obéir à tous les trucs les plus absurdes, c’est moi qui passe pour le réactionnaire. un coupable. un mec bizarre voir un pervers le jour où j’ai dit que le monokini, c’était normal. voilà on vit dans ce monde là aujourd’hui.
      un monde qui a peur de son ombre et qui ne sait pas discerner le vrai danger d’un faux.
      un peuple entier qui hurle « au loup! ».

      • Jyrille  

        Excellent Hamster Jovial.

    • Matt  

      Punaise, je suis bien content de ne pas être prof. ça devient glauque les cas de manipulations entre gosses qui utilisent Internet n’importe comment…

  • Ozymandias  

    @ Ozymandias et Bruce : « Il ne fait aucun doute que la sexualité de l’enfant pose problème au adulte » dit Ozy. Il ne fait aucun doute que cette assertion ne vaut ici que pour celui qui la prononce. Des illustrations?

    Déjà, j’aurais dû écrire « aux adultes ». Il suffit de suivre l’actualité concernant la loi sur l’âge de consentement. On ne vit plus, aujourd’hui, dans un monde où nos enfants rêvent de ressembler à Peter Pan. Les changement sociétaux sont très rapides et d’une génération à l’autre, on peut voir de vrais fossés se creuser, ne serait-ce que dans le domaine de la sexualité. Alors, oui, les adultes ont peur de la sexualité des enfants, mais pas nécessairement celle des leurs.

    Pour ma part, je ne pense pas que la pornographie soit plus nuisible depuis Internet. Simplement, elle est plus prégnante, même si je me souviens encore de mes sorties chez le buraliste avec mes enfants et de la découverte, à l’entrée, aux yeux de tout le monde, de panneaux d’affichages de revues X. Sur Internet, au moins, tu dois cliquer pour te prendre du nichon ou du vagin dans la gueule. Dans la rue, en revanche, aucun contrôle parental. Alors, quand ces mêmes buralistes se plaignent de ne plus pouvoir vendre des clopes aux ados, j’ai presque envie de me foutre de la gueule de ces vautours qui compensent leurs pertes en exposant du porno en pleine rue.

    Franchement, j’adorerais voir des savants créer des univers alternatifs où la pornographie serait prohibée. Je suis persuadé que l’image de la femme retournerait à l’âge du silex en moins d’un quinquennat. Je reste persuadé que, comme la violence graphique ou sur écran, elle possède un effet cathartique et sert de garde-fou. Il suffit simplement de ne pas devenir complaisant et de balancer du sexe partout, comme la scène de luc syndicale dans 90% des BD franco-belges.

    • OmacSpyder  

      @ Ozymandias : Je ne vois toujours pas d’élément allant dans le sens du postulat de départ « la sexualité des enfants pose problème aux adultes ».
      La loi sur le consentement est une projection de la sexualité des adultes qui pose problème aux enfants. Ces adultes font erreur justement quant aux intentions sexuelles dans la réalité. Pour l’accès à Internet, chaque génération a dû apprivoiser la façon de se représenter la sexualité de la génération suivante. Rien de nouveau ici. Et rien en tout cas qui pose problème aux adultes de façon aussi générale que la phrase le laisse supposer. Ou alors il s’agirait d’écrire « l’accès des enfants aux images sexualisées pose problème aux enfants ». Ou « l’accès des enfants à la pornographie pose problème aux parents ».
      Cela peut donner l’impression de pinailler. Mais c’est important d’être pris et de ne pas lancer des postulats aussi conséquents sans prendre quelques pincettes…

  • Bruce lit  

    Message pour Présence qui chipotait face à PETIT PAUL en privé.
    Dis, une petite fille de 12 ans qui dit « Suce Moi », « Fuck » et tout un chapelet d’injures et qui a 12 ans extermine, décapite, torture, génocide, boit de la bière et balance des insultes sexuelles, même sous la plume de Jeff Lemire si délicat d’habitude, c’est moins choquant que du Vivès ?
    Ca s’appelle HITGIRL AU CANADA, sortie de Kickass et c’est jouissif. Merci pour cette découverte.

    • Présence  

      C’est rigolo parce que dans le commentaire que j’ai pu en faire, je faisais le constat que Mindy McReady n’a de petite fille que l’apparence physique, tout le reste en elle est adulte. Elle manie les armes et la motoneige avec une force d’adulte (et même d’homme musclé). Elle jure comme un adulte. Elle endure la souffrance comme un adulte (et même de manière impossible à croire dès la page d’ouverture). Elle fait preuve d’une autonomie et d’une capacité de prise d’initiative d’un adulte de plus de 35 ans. Impossible pour moi de la considérer comme une jeune fille de 12 ans, même avec ma plus forte dose possible de suspension consentie d’incrédulité. Bien tenté.

      Pour le petit détail, elle ne boit pas de la bière mais de la racinette (root beer en anglais), une boisson gazeuse sucrée aux arômes de sassafras et salsepareille, et autres extraits de plantes. Merci wikipedia.

      • Bruce lit  

        Moui….Tu triches un peu….
        Le titre c’est Hit-Girl et non Hit-Woman. Gageons que sans l’aspect enfantin du personnage qui n’a pas la force d’une adulte pour se libérer d’un piège à ours, qui se fait chapeauté par des grands parents de substitution, qui tire partie de sa petite taille et qui retrouve son enfance dans la neige, le bouquin n’aurait pas la même saveur.

        • Matt  

          béh non je suis d’acc avec Présence^^, c’est toi qui te braque sur un titre alors que le perso est complètement over the top et pas du tout comme une petite fille réaliste. See comment below !

          Et tant pis si vous voulez juste causer entre vous, si tu le fais ici, j’ai le droit de me taper l’incruste^^

          • Bruce lit  

            Je peux vous assurer que les aventures et le physique de Petit Paul n’ont rien de réalistes et que ses aventures sont over the top.

          • Matt  

            Ah ça j’ai pas dit le contraire^^ J’ai pas suivi le début de votre conversation privée.

    • Matt  

      C’est vrai que les personnages plus grand que nature, c’est plus facile de prendre du recul sur eux, de se distancier d’une comparaison avec la réalité. Plus le dessin et le comportement est proche du réel, plus la moindre violence ou cochonnerie devient potentiellement choquante ou malsaine, car ça devient plus sérieux.

      • Présence  

        Entièrement d’accord. En fonction d’où le dessinateur place le curseur entre réalisme et cartoon, cela influe fortement sur la nature du ressenti, entre atrocité premier degré, ou exagération comique. Il suffit de regarder un dessin animé de Bip Bip et le Coyote pour se dire que dessiné de manière réaliste, on souffrirait pour le coyote du fait du sadisme du Grand Géocoucou.

        • Matt  

          C’est le principe de Itchy et Scratchy dans les Simpsons. Si les cartoons étaient plus réalistes et plein de sang…c’est vachement moins drôle. Bon ça reste n’importe quoi, c’est pas traumatisant et le détournement reste marrant (pour un adulte), mais t’imagines de montrer ça à des gosses de 6 ans ??

          • Présence  

            C’est exactement à ça que je pensais : Itchy & Scratchy. C’est très drôle en tant que parodie de Tom & Jerry, mais certainement pas pour de jeunes enfants.

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