LE BLUES DU MÂLE OMÉGA

Encyclopegeek : Orelsan

Cet article vous proposera une rétrospective de la carrière du rappeur Orelsan

Par : PATRICK 6

Orelsan est un vrai ovni dans le panorama musical actuel. Le rappeur perdu d’avance, qui avait tout pour donner raison au titre de son premier album, est parvenu à se hisser au sommet des ventes (et à aligner 5 Bercy à la suite cette année), sans pour autant se compromettre, ni vendre son âme au music business. Voilà qui méritait bien qu’on lui consacre un Vendredi Rock (ou plutôt un Vendredi Rap) chez Bruce Lit ! (En plus, mettre son rédacteur en chef en PLS est un plaisir qui ne se refuse pas).

Débutons par un historique succin. Aurélien Cotentin, né le 1er août 1982. Musicalement tout commence pour lui en 2000, à Caen, alors qu’il étudie à l’École de Management de Normandie, puisque c’est là qu’il rencontre le producteur musical Skread. Rencontre déterminante s’il en est, puisque celui-ci coécrira la totalité des albums d’Orelsan par la suite.

Cette même année il rencontre également Guillaume Tranchant, alias Gringe, avec qui il forme les Casseurs Flowters (jeu de mot entre le mot Flow et les Casseurs flotteurs, les deux nuisibles du film MAMAN, J’AI RATE L’AVION. La référence qui tue). En 2004 ils sortent leur première mixtape FANTASY : EPISODE – 1.

Mais la carrière solo d’Aurélien (renommé Orelsan entre temps) commence réellement en 2006 avec un premier clip diffusé sur Youtube : RAMEN. Soyons indulgent avec cette première production et disons simplement que ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux (doux euphémisme). L’année suivante sort un autre le clip : SAINT VALENTIN. Ce morceau a tout de la -mauvaise- blague potache dont l’immaturité se dispute au kitsch de la mélodie (on ne peut s’empêcher de penser aux Inconnus). Ces coups d’essai sentent bon l’amateurisme et la provocation gratuite autant que puérile.
Passons rapidement sur ces péchés de jeunesse…

PERDU D’AVANCE

C’est finalement en février 2009 qu’Orelsan trouve son vrai créneau et sort son premier album : PERDU D’AVANCE. Les musiques sont composées par Skread et, étonnement, on compte parmi les invités Ron Thal (ancien guitariste des Guns n’Roses). L’album se révèle toute fois inégal, parfois musicalement non abouti. Il est, de plus, desservi par l’immaturité de certains textes. Cependant, lorsque l’on écarte les morceaux les plus futiles (CHANGEMENT, JIMMY PUNCHLINE, DIFFERENT…) l’album devient alors remarquable ! Remettons nous, en effet, dans le contexte de l’époque : à ce moment-là régnaient sur le rap hexagonal des crétins bodybuildés brillants plus par leurs frasques que par leur talent (je ne donne pas de nom, de peur de ne plus pouvoir me balader dans les aéroports tranquillement). Au milieu de tout ça Orelsan fait figure d’alien : il est blanc, il est petit, un peu gros, son père est directeur de collège, sa mère est institutrice, il a fait des études… Bref le mec part avec un bénéfice crédibilité proche du zéro dans le Rap business !

Loin de prétendre jouer dans la cour des apprenties cailles (#Weshgrostamerelapute) Orelsan prendra soin, au contraire, d’afficher sa différence de petit blanc, fils de bourges, en jouant en permanence avec ce décalage. Loin du mâle dominant Orelsan était plutôt celui qui se faisait harceler à la récré. Il évoque notamment son passé de souffre-douleur/tête de turc dans le morceau COUREZ COUREZ.

Chroniques de l’ennui et du désenchantement sur des rythmes lo-fi, voilà le programme du premier album.

A la fin de ses études Aurélien accepte un poste de réceptionniste dans un hôtel. De simple job d’été cet emploi s’étalera finalement sur 3 ans ! Ses chansons se nourriront de cette frustration professionnelle et de ce manque de perspective (notamment dans le morceau UN GROS POISSON DANS UNE PETITE MARE).

Musicalement, on ne peut pas dire que le disque soit franchement innovant, même si les productions minimalistes de Skread sont, malgré tout, efficaces. Quoi qu’il en soit, ce qui séduit le plus est avant tout le sens évident du storytelling d’Orelsan. Tout empeste la frustration (sexuelle, mais pas seulement) et le désenchantement. L’auteur avoue ses échecs et son aigreur avec une franchise aussi désarmante que déconcertante. Il expose ses déboires et sa peur de l’engagement sans aucun filtre, ni aucune fausse pudeur. Dans un style musical où le culte de la virilité est poussé à son paroxysme, on est sidéré par l’honnêteté et la franchise d’Orelsan ! Le chanteur incarne à merveille le blues du mâle Omega.

L’album se termine sur le formidable LA PEUR DE L’ECHEC hymne à ses angoisses post-adolescentes. A noter qu’avec le solo de guitare de l’ex Guns n’Roses, le chanteur renoue avec ses premières amours : le Rock !

Deux mois après la sortie de l’album Orelsan publie sur Youtube le morceau SALE PUTE (qui ne sortira jamais au format physique). La tempête médiatique et politique ne sera pas longue à suivre… La chanson raconte l’histoire d’un homme qui, après avoir surpris sa copine embrassant un autre garçon, rentre chez lui, se bourre copieusement la gueule, et envoie un mail d’injure à sa copine, lui promettant moult sévices au milieu dans un flot d’insanités…

Tout d’abord, rappelons que le personnage de la chanson n’est PAS Orelsan, mais une fiction. Le protagoniste, complétement cuit, crache sa haine, bien planqué derrière son écran. On a donc que peu d’estime pour lui. De plus, l’infidèle a un droit de réponse durant la chanson, on l’entend essayer d’exposer ses raisons, avant que le personnage ne lui oppose : Oh je m’en bats les couilles ! Bref, ne tournons pas autour du pot, à la fin du morceau on a plus de sympathie pour la femme pour le narrateur (qui passe clairement pour un crétin) … En clair, SALE PUTE est (presque) un morceau féministe !

Quoi qu’il en soit, tout le monde ne partage pas cette analyse (ont-ils réellement lu les paroles ?) et la polémique éclate jusqu’aux portes du pouvoir. Ségolène Royal, elle-même, monte au créneau, exigeant la censure du morceau (il faut dire que cette politicienne éclairée n’en est plus à une idiotie opportuniste près, remember ses fameuses Japoniaiseries post Goldorak ?). On parle de ce morceau à l’assemblée nationale, des manifestations sont organisées avant les concerts de l’artiste et les Chiennes de garde portent plainte contre lui ! Au final l’artiste sera, dieu merci, relaxé.
Politiquement correct : 0, Orelsan : 1

Pour conclure ce sujet j’aurais tendance à dire que le vrai problème de cette chanson n’est pas son texte, mais sa musique : il s’agit de l’un de ses plus mauvais morceaux ! Du reste, la chanson a été depuis reniée. L’affaire est close.

LE CHANT DES SIRENES

Après cette polémique l’artiste prend du recul sur lui-même et ne livre son deuxième album que 3 ans plus tard. C’est donc en 2011 que sort LE CHANT DES SIRENES. D’office la différence est sidérante ! Fini le Rap Lo-fi du premier album. La production est bien plus fouillée que par le passé et les textes s’envolent, enfin, au-dessus du dernier râteau pris avec les filles… Le public ne s’y trompe pas, puisque le succès sera au rendez-vous. L’album sera consacré double disque de platine et recevra (accessoirement) deux Victoires de la musique.

L’évolution est tout d’abord visuelle : sur la magnifique pochette Aurélien pose en une version relookée de Nightwing. Au revoir le profil petit gros de l’album précédent, et bonjour les séances de muscu («C’est mieux pour les meufs»). Byebye également les vidéos faites main, au budget minimaliste. Désormais ses clips sont de petits bijoux mélangeants univers manga, dessin animés, Jeux vidéo, Super Héros, etc… Du Rap de Geek en somme.

Les Chevaliers du Zodiaque meets Dragon Ball Z ! Ils sont coooools !

Voilà pour la forme, sur le fond, la classe moyenne blanche et provinciale est à l’honneur. Orelsan se présente comme un glandeur forcené, un peu beauf, un peu alcoolo, bref un loser (parfois) magnifique… Le tout servi avec une autodérision qui frise la flagellation pure et simple. L’auteur semble également vouloir tirer un trait ses provocations gratuites et vulgos de l’album précédent (il était temps).

Orelsan succombera-t-il au chant des sirènes ? Pour le cas où, se faire tabasser sur scène l’aidera à redescendre sur terre.

Musicalement, finis les beats approximatifs et kitchs, dont le seul but étaient d’occuper l’espace derrière les textes. Ici les mélodies sont bien plus fouillées et travaillées (même si on n’échappe pas à une certaine facilité sur quelques morceaux comme DOUBLE VIE ou 1990).

Cependant l’album se révèle étonnement cohérent et efficace. Une progression se dessine clairement au fur et à mesure de l’avancée du disque. Du reste, les morceaux fonctionnent souvent par paire, se répondant mutuellement. Ainsi dans DOUBLE VIE, l’auteur raconte son impossibilité d’être fidèle à son amie, malgré les sentiments qu’il éprouve pour elle, alors que dans le morceau suivant FINIR MAL il raconte précisément l’échec de cette relation et sa culpabilité écrasante… Les morceaux 1990 et 2010 se font également écho en parlant de l’évolution du personnage sur deux décennies…
Entre culpabilité et échec, Orelsan livre, en toute intimité, une chronique de la frustration ordinaire dans une écriture limpide et fluide.

L’album culmine avec le titanesque SUICIDE SOCIAL aussi éprouvant qu’impressionnant. Le rappeur y raconte l’histoire d’un homme en rupture avec la société, hurlant sa haine du système, avant de se suicider en fin de morceau ! Une étourdissante spirale de mal-être et de désespoir pur. Probablement le meilleur titre de Rap de sa génération ! (un peu comme DEMAIN C’EST LOIN, groupe I AM, fut celui de la génération précédente).

Je ne pense pas à demain, parce que demain c’est loin.

ORELSAN ET GRINGE SONT LES CASSEURS FLOWTERS

En marge de sa carrière solo, Orelsan réalise un album avec son ami Gringe, en 2013. Le disque se présente comme un album-concept : les 18 (!) morceaux racontent la journée typique de deux branleurs, de leur réveil à 15h jusqu’à leur coucher à 6h le lendemain matin. Entre temps ils auront attendu dans un abribus, essayé de rédiger un CV, parlé des avantages et des inconvénients de la prostitution, passé la soirée à boire, etc…La vie, la vraie, en somme.

D’office, après LE CHANT DES SIRENES, ce disque marque clairement un retour en arrière. L’album se rapproche d’avantage du minimalisme musical du premier LP que de la production riche du second. Le moins que l’on puisse dire c’est que les sonorités sont cheaps et certains instrumentaux se révèlent assez embarrassants. Quoi qu’il en soit, le côté ringard du projet est assumé car le but affiché est d’enchainer des punchlines idiotes (mais drôles) entre potes. On sent bien que les deux compères se sont bien amusés en réalisant ce disque. Seul problème : le public, lui, s’est un peu moins amusé qu’eux en l’écoutant.
Bien essayé ceci dit.

L’un des seuls morceaux sérieux de l’album.

Après la sortie de cet album Orelsan se consacre à moult collaborations avec différents artistes (même les plus inattendues, comme Benjamin Biolay, par exemple). En 2015 il débarque sur Canal+ le temps de petites chroniques quotidiennes, intitulées BLOQUES, avec, une nouvelle fois, son comparse Gringe. Le concept de départ étant de mettre en scène «Deux mecs qui discutent, assis sur un canapé, en attendant qu’il se passe quelque chose». Largement inspirée de leurs propres vies, la série achèvera de populariser le chanteur auprès du grand public.

Le succès de minisérie télévisée donne l’idée au duo de porter leurs aventures sur grand écran. Ainsi donc, la même année, sort dans les salles le film COMMENT C’EST LOIN. L’histoire ? Deux apprentis rappeurs, n’ayant pas composé le moindre morceau depuis 5 ans, sont mis au pied du mur par leurs producteurs : ils doivent écrire un morceau en une journée ou se faire virer du label ! Une mission quasi impossible tant les deux amis sont envahis par la léthargie et la paresse…

Le film, très réussi et totalement décalé, a réjoui les fans tout en amusant les néophytes. Le long mettra ne bénéficiera, cependant, que d’une sortie très modeste (moins de 200 salles à travers la France), son audience sera donc assez limitée. Quoi qu’il en soit, son micro budget lui permettra d’être très largement rentable. Le film connaitra un succès d’estime, à défaut de commercial.

Une bande originale est réalisée pour accompagner le film, assez réussie, mais un peu redondante avec l’album des Casseurs Flowters.

La BO du film : un challenge largement relevé !

LA FÊTE EST FINIE

On pourra reprocher bien des choses à Orelsan, mais pas d’être trop productif ! 6 ans sépareront le 2ème album du suivant, LA FÊTE EST FINIE ! C’est donc en 2017 que sort le 3ème album du roi de la lose. Enfin Lose, si l’on veut, dans le sens où il est passé, entre temps, du statut de tocard du Rap à celui de Boss de fin de partie ! Désormais, Orelsan s’est imposé comme référence dans le Rap, tout comme dans le monde de la chanson française en général.

Une nouvelle fois l’album est basé sur le spleen introspectif livré dans une absence totale de filtre. Le morceau introductif SAN pose, d’entrée de jeu, les bases de ce qui va suivre : une confession sombre et intimiste, qui parle pourtant à toute une génération. Mais déjà une ombre se fait sentir : et si le rappeur tombait dans la redondance ? Et si Orelsan ne savait pas se renouveler, condamné à répéter advitam le même album ?

Le fait est que le disque ne surprend pas vraiment et aurait, tout aussi bien, pu sortir un an après le précédent, LE CHANT DES SIRENES, et non pas 6 ! Techniquement, rien de bien nouveau donc. Orelsan n’est pas un grand rappeur et son flow reste étonnement similaire d’un album à l’autre. Mais comme il le disait lui-même dès le premier album : «T’arrives à rapper super vite, pas mal, mais si t’as du flow et pas d’paroles, tu seras jamais plus fort que Scatman».

Seule véritable innovation du disque : le nombre invités (pardon featurings) qui figurent sur l’album, du meilleur au plus douteux (euh Maitre Gims… Vraiment ? Jul n’était pas dispo ou quoi ??)

Ainsi donc, ce qui continue, encore et toujours, de différencier Orelsan de la concurrence c’est sa fragilité. Parler de choses simples (basiques) et quotidiennes : les repas de familles, les soirées d’ivresse entre amis (ou même seul), le manque d’espoir, la banalité du quotidien… Bref exactement le contraire de ce qui intéresse le rappeur moyen.

Arrivé à la trentaine le chanteur a conscience de ses limites, mais a appris à les contourner. A base de sincérité et d’humilité, le chanteur créé un monument de mélancolie dansante.
Plus électro et plus sombre, sans révolutionner le genre LA FÊTE EST FINIE enfonce le clou de sa créativité et de sa singularité. Le clip du single BASIQUE est tourné en plan séquence à Kyiv, en Ukraine, sur un pont en construction (peut-être détruit depuis).

En novembre 2018 l’album est réédité sous le titre : LA FÊTE EST FINIE – EPILOGUE, avec 11 nouvelles chansons (ajoutées aux précédentes). La durée de vie moyenne d’un album étant de 6 mois, il n’est pas rare de voir un disque être rebooté, passé ce délai, gratifié de quelques morceaux supplémentaires, mais nous parlons ici d’un album complet totalement inédit ! Une nouvelle pochette est également produite pour l’occasion. Orelsan ne fait pas les choses à moitié.

Sans être meilleur que l’album auquel il vient s’ajouter, cet EPILOGUE est de très bonne tenue et éclaire d’une lumière différente LA FÊTE EST FINIE. En effet certains nouveaux morceaux font directement écho à ceux de l’album initial : ADIEU LES FILLES et une suite à BONNE MEUF, LA FAMILLE est une réponse positive à DÉFAITE DE FAMILLE, etc …
Un très bon disque de bonus, doublé d’une très bonne surprise.

Jusqu’ici ça va, jusqu’ici ça va…

CIVILISATION

Après la réédition de l’album, Orelsan marque une nouvelle pause de 3 années. Pause qu’il mettra à profit pour, notamment, se marier ! Félicitations et vive les mariés !

C’est donc en 2021 que sort son nouvel album CIVILISATION.
Comme il le dit lui-même, en introduction d’un morceau des morceaux : «J’ai fait un album qui ne parle de que ma meuf et de la société». Ainsi donc, fidèle à lui-même, il consacre tout d’abord plusieurs titres à parler de ses angoisses et de sa relation avec sa femme. Par contre, pour la première fois, dans les morceaux suivants, il parle d’autre chose que de son nombril ! Incroyable. Il aborde ainsi, avec pertinence, les travers de notre société moderne. Bref l’album oscille entre intimité et étude sociologique. Pour le coup voilà une grande nouveauté bienvenue dans la carrière de l’artiste désormais quarantenaire.

Musicalement la volonté de l’auteur est de produire un album à mi-chemin entre Disco et Drill (Bon je ne vais pas faire mon malin, je ne savais pas ce qu’était le Drill en entamant cet article ! Donc mon ami Google m’informe qu’il s’agit : d’un sous-genre du Rap, né à Chicago, dont le tempo a été accéléré, mais posé sur un rythme irrégulier – souvent un charley de batterie à contretemps – Démerdez vous avec ça). Outre cette innovation (on se comprend), l’album se tournera d’avantage vers la Pop. Les rappeurs intégristes sont en PLS, mais cette orientation assure le succès du disque.

En avant-première de l’album sort le single L’ODEUR DE L’ESSENCE. La surprise est de taille car le texte illustre parfaitement la situation pré élection en France. Petit bijou de précision sombre et désabusé, ce morceau se révèle au niveau du précédent SUICIDE SOCIAL et permet tous les espoirs pour l’album à venir.

Au feu les pompiers !

Hélas, cet espoir sera un peu déçu puisque le reste de l’album sera dans un style quelque peu différent. D’ailleurs, l’aspect disparate du disque en déstabilisera plus d’un. (Mince du Disco au 21ème siècle !). Et pourtant, passé le choc de la première écoute, CIVILISATION se révèle comme totalement abouti, créatif et surtout totalement addictif !

Encore et toujours les textes sont au rendez-vous. Etonnants et percutants comme jamais. Il y a t-il un seul rappeur (ou même un seul chanteur tout court) qui parle de l’odeur de la pâte à modeler ? (LA QUETE). Il y a t-il un seul chanteur qui explique l’alcoolisme de sa femme ? -sur un air musical sautillant qui plus est- (BEBEBOA). Qui parle ouvertement de ses tentations pour les relations extraconjugales ? (DERNIER VERRE) …

Comme il le dit lui-même : «Les choses que j’ose dire à personne sont les mêmes qui remplissent des salles». Orelsan nous livre, avec la plus désarmante des franchises, des éléments totalement autobiographiques (et pas nécessairement flatteurs). De plus, en totale humilité, il déclare sans ambages : «J’ai quelques éclairs de génie mais, la plupart du temps, j’suis teubé.»
Puisqu’il le dit, on ne va pas en douter.

Orelsan face à la dépression (et à son jeune double) : Quand t’as le désert à traverser, il y a rien à faire, sauf d’avancer.

Orelsan le martèle en interview : «Je cherche tout le temps à faire une musique qui corresponde à mon âge.» Donc, après les premiers morceaux, où il se tourne vers son passé (l’enfance particulièrement dans LA QUÊTE), Orelsan s’oriente, dans la 2ème partie de l’album, vers une vision plus sociétale. Outre le single, le morceau MANIFESTE illustre le mieux ce virage. Sur 7 minutes le chanteur décrit une manifestation de Gilets Jaunes dans un réalisme cru, aussi bien dans la violence de la répression, que la naïveté de certains manifestants. L’album se termine sur CIVILISATION et la terrifiante conclusion : «J’essaye d’avoir un enfant. J’essaye d’avoir autre chose que des regrets. Quand il verra 2022, je comprendrais qu’il se mette à pleurer.»

Seule ombre au tableau : l’album s’articule assez mal à cause de certains morceaux assez faiblards, voir un peu décevants, BAISE LE MONDE, notamment, est fadasse et franchement plat. DERNIER VERRE malgré (ou devrais-je dire à cause de) la présence des NEPTUNES (Chad Hugo et Pharrell Williams) manque cruellement de relief et se révèle assez ennuyeux. ATHENA s’aventure sur le terrain du piano/voix sans vraiment transformer l’essai…

Bref, n’épiloguons pas, CIVILISATION est un album imparfait (comme son auteur) mais si l’on supprime les morceaux les plus faibles (3 ou 4 sur les 15 présents sur le disque) on obtient finalement un album diablement bon ! Une fois de plus la quantité ne fait pas la qualité, et avec un track list plus resserré, Orelsan aurait tout simplement sorti son meilleur album à ce jour !

On se quitte avec les premières minutes de l’un de ses 5 récents concerts à Bercy : Orelsan monte seul sur scène, alors que les lumières sont encore allumées et commence le concert à cappella, devant un public chaud bouillant ! Il sera rejoint, au fur et à mesure, par les autres musiciens pour un set acoustique. (Le vrai concert ne commencera qu’une douzaine de minutes plus tard, de manière assez théâtrale).

32 comments

  • Eddy vanleffe  

    Orelsan, c’est un équilibriste,
    j’ai du mal à le placer… Pour être honnête , je n’arrive pas à aimer ce qu’il fait du fait de son identité « rap-hip-hop ». ce n’est pas mon univers, le phrasé, les arrangements…j’aime pas çà.
    le fameux flow, ça ne me touche pas…
    Pourtant je n’arrive pas non plus à le détester, je vois totalement son talent, sa patte, etc…
    Dommage qu’il rappe quoi!
    pour moi il est au croisement de la chanson française, du rap et même un peu du rock au sens large sans se compromettre, il faut avouer que c’est pas évident. c’est pas un Eminem français non plus,.
    il y a même une sorte de grand corps malade en lui…
    j’oserais même dire quand à se posture de petit bourgeois qui parle du peuple tout en posant la question de sa crédibilité un peu de Renaud. après tout ce dernier serait jeune, il ferait sans doute duu rap.

    • Jyrille  

      En effet les rappeurs sont souvent influencés par Renaud (pas tous), et les grands de la chanson française aiment souvent le rap (comme Aznavour) : après tout, le texte est prépondérant dans ce genre. Bien plus développé que dans le rock.

      Je ne le connais pas bien, mais c’est pareil pour Oxmo Puccino, c’est à la croisée des genres. Selon des potes, Orelsan est tellement fédérateur que c’est le nouveau Jean-Jacques Goldman.

      • Eddy vanleffe  

        pour des raisons je suppose culturelles du fait des valeurs qu’on m’a vrillées au corps, j’ai une idée assez haute de la poésie et pour moi le rap n’en est pas… je n’arrive pas à trouver ça beau ou joli, élégant à l’oreille…
        mais ma mère me récitait des tirades entières du CIO ou de la Légende des siècles de Victor Hugo quand j’étais petit… donc la bouillie verbale de gens qui font des fautes, c’était juste pas possible.
        les rappers avaient jusque très récemment souvent du mépris pour Renaud (IAM par exemple) pour qui ce « faux banlieusard » n’était qu’un imposteur. il a depuis quelques années, acquis un statut de quasi intouchable dans le métier (sur les RS c’est autre chose)
        j’ai toujours été convaincu que les grands de la chanson française faisaient semblant d’aimer le rap pour ne pas paraître trop ringard…
        Le nouveau JJ Goldman…je crois avoir entendu un long cri déchirant.au loin … 🙂 🙂

  • Jyrille  

    Comment ça fait plaisir de lire un tel article sur un artiste qui me tient énormément à coeur ! Merci Pat, et bravo ! Et comme tu le soulignes, je suis totalement d’accord avec ça : « En plus, mettre son rédacteur en chef en PLS est un plaisir qui ne se refuse pas » 😀

    C’est exactement ça, pour Saint Valentin : une blague des Inconnus.

    Résumé parfait en une seule légende du premier album. J’imagine que tu n’as pas remarqué que j’ai moi-même utilisé du Orelsan pour légender une image dans mon dernier article sur Donjon…

    Merci de remettre les choses à leur place pour SALE PUTE. J’ai été effaré par la violence des journalistes et des manifestants dans le reportage MONTRE JAMAIS CA A PERSONNE. Car oui, j’avais vu SAINT VALENTIN mais pas suivi ces jeunes, je ne l’ai vraiment redécouvert qu’avec SUICIDE SOCIAL qui m’a mis une claque magistrale : c’était le retour du rap énervé et engagé, ou au moins avec une conscience. Ensuite, à cause des enfants, on a écouté le premier album des Casseurs Flowters environ 500 fois…

    Les titres 1990 et 2010 sont aussi de très courts résumé du rap tel qu’il apparaissait musicalement à ces périodes. En plus de la claque musicale et textuelle de SUICIDE SOCIAL, son clip est terrible je trouve. Le parallèle avec DEMAIN C’EST LOIN est évident mais j’y ajouterai le J’APPUIE SUR LA GÂCHETTE de NTM qui se termine de la même façon avec un sujet très proche…

    Idem, souviens-toi : mon article sur THE LEFTOVERS porte le titre de la meilleure chanson de l’album des Casseurs Flowters, celle que tu mets en premier en clip. C’est un grand morceau. Les clips sont, de manière générale, très imaginatifs et bien faits. J’adore celui de REGARDE COMME IL FAIT BEAU.

    https://www.youtube.com/watch?v=4qaTeHEo-28

    Sans même le vouloir, j’ai vu COMMENT C’EST LOIN au moins quatre fois. Il reprend l’histoire du premier album et est en effet très réussi. J’ai même vu tous les BLOQUES… sur Youtube, pas à la télé.

    Je reviendrais pour la suite 😉

  • Jyrille  

    INACHEVES est une de mes préférées. Le clip est aussi excellent je trouve, avec les prémices de BASIQUE : un plan séquence où l’on traverse les illustrations des paroles…

    Sur LA FETE EST FINIE, disque sans gras, je suis complètement fan de NOTES POUR TROP TARD. Instant classic.

    Je suis complètement d’accord avec tout ce que tu dis sur CIVILISATION. Le clip de LA QUETE est incroyable.

    Et pour l’avoir vu trois fois en concert, je suis totalement conquis, alors que je préfère en général les petites salles, les concerts et pas les spectacles. Mais tout ça, toute la scénographie et la scénarisation des shows, ça fait partie intégrante de Orelsan et de son équipe.

    Encore bravo Pat pour ce bel article, je retiendrais surtout une connaissance parfaite et des analyses musicales très pertinentes, vraiment merci merci 🙏

  • zen arcade  

    «T’arrives à rapper super vite, pas mal, mais si t’as du flow et pas d’paroles, tu seras jamais plus fort que Scatman».

    Peut-être bien mais si t’as un flow qui casse rien et des prods pas mieux, t’écoutes le texte une fois et tu ranges le skeud.
    C’est ça mon problème avec Orelsan.
    « Demain, c’est loin », c’est une merveille que je peux écouter des zillions de fois. « Suicide social », une fois et c’est bon.

  • Patrick 6  

    @Eddy : Lorsque l’on vient du Rock le Rap est une éducation à refaire ^^ Les sonorités sont différentes, les codes sont différents… C’est un mini clash culturel en somme.
    Grand corps malade ? Ahah la vache ça c’est une insulte ^^
    Concernant Renaud, oui le parallèle est tout à fait pertinent, notamment dans le côté un peu impudique qui déballe tout : alcoolisme et crise de couple à la télé ! (mais sur disque Orelsan va carrément plus loin en la matière)

    Pour le reste le Rap n’est pas (nécessairement) de la poésie, mais je pense que le Rock non plus 😉
    Concernant le morceau d’IAM c’est un petit sketch entre deux morceaux de leur 2eme album. Il se moque de Renaud en fait ^^ Il y en a un autre où ils se moquent de la New Wave c’était assez drôle il faut bien le dire ^^

    @Jyrille : Dans la série la croisée des chemins j’adore aussi ZED YUN PAVAROTTI dont j’ai écouté le disque en boucle ! Si seulement il avait fouillé un peu plus ses textes son album aurait été un chef d’œuvre !
    https://www.youtube.com/watch?v=ruOB32ZHnD0

    Je ne connaissais pas Less Du Neuf, je vais fouiller la question, merci !
    Hum sur ton dernier article sur Donjon c’est ULTRA VOMIT et non pas Orelsan ^^

    Pour le coup je n’ai, hélas, pas vu le documentaire MONTRE JAMAIS CA A PERSONNE car je ne suis sur aucune plateforme ^^
    Ah oui effectivement le parallèle entre J’APPUIE SUR LA GÂCHETTE et SUICIDE SOCIAL est évident ! Tellement évident que je n’y avais pas pensé ^^

    REGARDE COMME IL FAIT BEAU est très drôle, je l’écoute toujours quand il commence à faire chaud ^^
    Je retournerai volontiers le voir en concert, il repasse d’ailleurs en fin d’année à Paris, mais hélas ses places sont parties vitesse grand V !

    @ zen arcade : et bien tant pis ^^

    • Jyrille  

      Merci pour le retour, je vais jeter un oeil et une oreille à ton lien, je ne connais pas du tout ! Less du neuf, je ne connais pas vraiment non plus (j’ai dû écouter un album) mais cette reprise m’avait marqué.

      Si tu peux, vois le documentaire, c’est une réussite et on ne s’y ennuie pas du tout.

      Sur Donjon je parle pas musique mais d’une légende d’une image (la couverture du Potron Minet) 😉

      Moi aussi je retourne le voir en concert dès que possible…

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Patrick,

    bon à la maison je passe de VANGELIS à ORELSAN, actualité oblige, c’est bien le grand écart.

    J’ai découvert Orelsan avec le documentaire sur Netflix. Avec ma chère moitié nous n’avons pas été convaincu de pousser jusqu’à l’achat, par contre l’homme et le parcours créatif nous ont intéressé.

    Depuis je suis persuadé, et ton article fleuve (mais comment vous faites pour écrire si bien sur la musique) l’a confirmé, que Orelsan est un artiste majeur de la France de 2022.

    Je suis tombé récemment sur un documentaire sur l’histoire du RAP en Marseille, et j’ai fait un rejet total des rappeurs à la mode qui s’arrache dans les bacs à sable. C’est là qu’un Orelsan, sans que sa musique n’arrive à me convaincre, me semble tellement plus intéressant.

    A l’écoute de ses textes, je lui reproche quand même d’être très autocentré sur lui même et de trop jouer de la provocation gratuite. Cela en arrive à avoir l’effet contraire de celui escompté.

    On sent quand même qu’il met parfaitement à profit ses études de commerce et de management. Tout est murement réfléchi, de la blague potache provocatrice, au passage sur C+ puis un album assez pop-hip pop.

    Maintenant je bloque sur l’alliance musique – texte. Côté voix, bof pas un grand chanteur non plus.

    Ma référence reste le groupe I AM et sur un autre créneau GRAND CORPS MALADE.

    En tout cas merci de m’avoir éclairer et je vais continuer à jeter un oeil et une oreille sur la carrière d’Orelsan.

  • Présence  

    Cher Patrick 6 : Total respect : tu es parvenu à me faire écouter Orelsan et à apprécier les paroles.

    Peut-être puis-je avouer que j’ai acheter un de ses albums à sa sortie : Casseurs Flowteurs… mais ce n’était pas pour moi, c’était pour ma fille, je le jure !!! J’ignorais totalement l’origine de ce nom en provenance de Maman j’ai raté l’avion.

    Un solo de Ron Thal : quelle étrange rencontre.

    Un énorme merci pour cet article : depuis le temps que j’entends parler de ce monsieur et que j’avais la flemme de me renseigner sur lui, voilà que ça me tombe tout rôti dans les bras.

    Je crains d’être atteint du même syndrome qu’Eddy : le rap-hip-hop n’est pas mon univers. Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est que ça ne me parle pas, je n’y trouve pas mon content. Pour autant, je suis effectivement sensible aux propos du chanteur dans les morceaux que tu as choisis.

    Bon, ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas autant éloigné de ma zone de confort. Il va me falloir du temps pour m’en remettre…

  • JP Nguyen  

    Bon, j’ai essayé, j’ai pas aimé. La voix manque d’impact. Les paroles… c’est correct, c’est pas torché mais rien qui ne me touche vraiment. Je n’ai pas de plaisir à écouter cette musique alors que certains morceaux de IAM ou MC Solaar me bottent plus.

  • Bruce lit  

    Contre toute attente, non, je ne suis pas en PLS, nettement moins que lorsque vous venez me causer de Queen et Coldplay en tout cas. J’aime bien les mauvais garçons, les emmerdeurs, les voyous et les méchants. J’aime particulièrement tout ce qui peut rendre la vie de Ségolène Royale misérable.
    Donc, j’aime bien Orelsan et considère que l’ODEUR DE L’ESSENCE est le SMELLS LIKE TEEN SPIRIT du rap français : désenchantement, amertume et lucidité pleine de rage capable de fédérer au delà des amateurs de rap. C’est d’ailleurs mon signe de reconnaissance des grands artistes.
    Tu as raison Eddy, il y a du Renaud dans cette chanson. Pour Goldman, on peut faire le rapprochement avec celui du premier album jaune énervé, après nettement moins.
    J’avais bien aimé son duo avec Biolay et j’aime carrément toutes les chansons que tu as présenté même si je les trouve moins intenses que l’essence. Mais le mec est super attachant et fait oublier une écriture un peu bancale.
    J’ai beaucoup aimé lire son histoire ici.
    Merci Pat.

    • Jyrille  

      On peut voir dans leurs albums respectifs que Renaud et Orelsan font des journaux intimes avec leurs disques. Ils se racontent et ça parle à tout le monde. Surtout qu’ils n’hésitent pas à décrire les travers de la société par des chansons qui mettent en scène des personnages un peu caricaturaux, mais par leur écriture, ils sonnent vrais. Sur ce point, c’est aussi ce que faisait Brel.

  • Bruce lit  

    Et j’apprends que Izzy Stradlin a joué avec Orelsan + fan des CDZ + DBZ.
    Décidément ce garçon a tout pour me plaire.

  • Patrick 6  

    @ Fletcher : Orelsan est son propre fonds de commerce ! Mais sa franchise désarmante fait qu’on lui pardonne tout !

    @ Présence : Woaw ! Tu as écouté du Rap ! Rien que pour ça, ça valait le coup d’écrire cet article ^^
    Alors dis-moi quels étaient les symptômes ? Saignements de nez ? Maux de tête ? Sifflement dans les oreilles ? En tous cas si les effets perdurent n’hésite pas à consulter !! Et bravo à toi pour ton courage 🙂

    @ JP : Merci d’avoir essayé ^^

    @ Bruce : Ah ! Voilà une bonne surprise ! El Gringo aime bien quelques morceaux d’Orelsan ! Ca c’est du scoop !
    Pour le coup je confirme que je ne vois pas du tout du Goldman dans ses chansons… dieu merci ^^

    • Jyrille  

      En effet, il y a une filiation. Je ne connaissais pas. Bon par contre je ne pense pas la réécouter de si tôt…

  • Tornado  

    Bon.

    Super article comme d’hab avec Pat qui mélange précision, anecdotes et humour.
    J’en ressors convaincu que l’artiste est attachant et convaincant dans son genre.
    Maintenant c’est juste inécoutable (même le morceau avec Biolay, pourtant superbe en dehors du passage rap, je me souviens d’avoir hurlé « mais qui la ferme ce con !!! » avant de passer au suivant tellement je me sentais agressé niveau sonore !). Ecoutez, les bras m’en tombent. Comment un adulte relativement mélomane et musicalement cultivé peut aimer écouter une telle mélasse sonore (où est la musique ?) et dans le même temps cracher sur des groupes de rock alternatifs blindés de musiciens excellents ? Et je ne parle pas seulement pour Pat, bien sûr.
    Si même Bruce préfère s’enfiler un titre d’Orelsan plutôt que du Coldplay (sacrés boucs émissaires ceux-là (juste parce qu’ils sont « gentils » ??????)) ou du Queen, je me dis que vous n’écoutez pas de la musique. Vous êtes juste branché « attitude ». Là, musicalement, c’est juste de la bousasse. Je me faisais la même réflexion quand ça faisait super bien de dire en société qu’on écoutait I AM à l’époque du Micro D’argent (il y a 25 ans), et je me la fais encore aujourd’hui avec Orelsan.
    La « sincérité » est devenue avec le temps une attitude qui semble justifier à elle-seule l’adoubement du « connaisseur ». Et peu importe si techniquement c’est juste de la merde en boite.

    Voilà. J’ai encore cassé l’ambiance. Mais je vous aime quand même. On va pas se disputer pour ça, hein ? 😃

    J’ai quand même pris du plaisir à lire l’article et j’ai appris plein de choses. Le parcours de l’artiste est assez remarquable. Mais je dis comme Eddy : Dommage qu’il rappe !

    • Jyrille  

      Ralala mais non ce n’est pas une attitude… Coldplay sont d’excellents musiciens et alors ? C’est pas pour ça que leur musique me parle. Orelsan, si. BASIQUE, je trouve ça génial, minimaliste mais percutant.

      Et puis j’adore plein de groupes dont les musiciens ne sont pas très forts : le Velvet Underground, Pavement, Television, Joy Division… même The Who. En plus, personnellement, j’aime écouter du bruit donc les trucs léchés, en général, comme plein de trucs dans le jazz-rock, ça m’ennuie.

  • Patrick 6  

    @Tornado : Je sens une tension ^^
    Le problème de Coldplay ce n’est pas tellement qu’ils soient gentils mais l’incroyable manque de relief de leur musique (qui pour le coup est très « gentille » oui).

    Pour le reste je crois qu’on peut résumer la situation en une phrase : « Tu n’aimes pas le Rap » (simple basique) ^^ Pour le coup je pense qu’Orelsan, qui est un peu à la croisée des chemins, peut ouvrir des portes et jeter des passerelles entre des genres, autrefois, inconciliables.

  • Tornado  

    Oui effectivement je n’aime pas le rap, excepté quand il y a du rock (Beastie Boys ou le Lose Yourself d’Eminem et son riff de guitare monstrueux), et j’adore la fusion (RATM). C’est rien de le dire. Le rap tout en sample je peux pas écouter ça. Pour moi ce n’est juste pas de la musique.
    Coldplay c’est juste un exemple aussi. Je n’en écoute quasiment jamais en dehors de leurs 3 premiers albums, qui datent quand même d’une vingtaine d’années…
    Il n’y a aucune tension, rassure-toi (ton article est top), juste une totale incompréhension ! 🙂

    • zen arcade  

      Si c’est juste de l’incompréhension, pourquoi extrapoler une fois de plus avec ta marotte sur l’attitude ?
      C’est pas grave de ne pas aimer le rap, ni même de ne pas comprendre ce que cette musique peut avoir d’intéressant. Personne n’est obligé de tout aimer. Mais y a pas besoin d’inventer des explications en se mettant dans la tête de ceux qui aiment en prétendant que c’est juste pour faire branché ou pour la « sincérité » de l’artiste.
      Moi, je tiens L’école du micro d’argent, je le cite parce que tu le cites, comme un immense album d’un immense groupe. Et j’aime pas Orelsan.
      Et quand j’écoute du Wu-Tang, la dernière chose que je me demande, c’est de savoir s’ils sont sincères ou pas. 🙂
      Bon, maintenantqu’on a réglé le cas du rap, on passe à l’électro ? 🙂 : )

    • Eddy Vanleffe  

      Pas de tension non plus de mon coté. j’ai écouté les clips et j’ai découvert un personnage attachant et sans doute un « important » du paysage actuel.
      Je partage par contre l’espèce de non-compréhension pour le style musical..
      je ne saurais à quoi c’est du , mais pour moi c’est important que la musique soit à minima exercé par des musiciens. ça m’a profondément choqué ado, de voir que c’était des gens qui collectaient de la musique et des sons ailleurs. pour moi si tu ne composes pas, et que tu ne joues pas, qu’est ce que tu fous sur une scène?
      j’ai mis de l’eau dans mon vin depuis ma jeunesse en réalisant qu’il fallait de tout et pour tout le monde, mais que simplement j’avais besoin d’avoir une certaine dose d’admiration/estime pour ceux que j’écoutais..
      Ensuite le message du rap (en général), je le conchie… la culture banlieue, pour y avoir vécu… c’est juste impossible. impossible d’applaudir des gens qui veulent voir Paris sous les bombes etc…
      j’ai bien aimé IAM, parce qu’ils étaient clairement au dessus du lot et savait parler d’autre chose et de manière bien mieux formulée.
      j’aime bien aussi le personnage que Joey Starr s’est forgé à travers les années.
      mais la musique, sa construction, son message m’ont ulcérées tellement d’années que je ne peux au mieux que l’écouter en fond sonore et pas longtemps…

      • Eddy Vanleffe  

        ce que je partage, c’est le point de vue de Tornado.. ^^

        MAIS maximum respect pour l’article qui sort de notre zone de confort qui nous fait découvrir un artiste bien coll quand même.

      • Bruce lit  

        Je n’aime pas le RAP et je crois que je n’y arriverai jamais. Pourtant ces dernières semaines j’en ai bcp écouté notamment le dernier Kendrick Lamar don je n’ai entendu que le plus grand bien et dans lequel il y a bcp de musiques noires. Cypress Hill c’est très bien aussi. J’ai tenté hier du Wu-Tang Clan et je comprends que celà puisse rendre dingue les amateurs de ce genre musical. Dernièrement on m’a commandé un article sur le rappeur Scylla qui associé au formidable pianiste Sofian Palmart signe des morceaux d’une grande sensibilité https://www.youtube.com/watch?v=QPdVr8oEaM0 qui quitte la rythmique pour privilégier la musique.
        C’est ce que j’aime chez Orelsan et l’odeur de l’essence ; c’est une chanson mélodique, pleine d’énergie qui ne perd rien de sa force lorsqu’il la chante A Capella. Il m’en a donné des frissons. C’est suffisant pour moi.

  • Eddy Valeffe  

    Ce matin en allant au boulot et en passant sur le pont qui chevauche l’autoroute, je repensais à cette conversation sur le rap et je me suis dit:
    « Je n’ai pas les bases, Je n’ai pas les bases, Je n’ai pas les bases…. »

    Drôlement entêtant ce bordel…

    • Tornado  

      « Je n’ai pas les bases » : Et bien si tu es comme moi ou même qu’un peu, le combo « basique/bruit/binaire » ça passera jamais. C’est l’antithèse de tout ce que j’aime en musique. Raison pour laquelle je ne supporte pas les arguments qui claironnent que c’est le mantra. Qu’on puisse aimer ça, ça ne me dérange pas. Mais que l’on matraque depuis 40 ans, via la presse rock, que c’est la panacée, la cocotte-minute, dans ma tête, ça fait un bail qu’elle a explosée ! 😀

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